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 Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile

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Takuan
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MessageSujet: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   Sam 16 Juin - 4:27

Citation :
Nom : Toshiya

Prénom : Takuan

Âge : 22 ans

Village : Kumo No Kuni

Affinité : Doton

Kekkai Genkai Souhaitée : Toshiya


Citation :

-1-
Souvenirs






"- Pourquoi ?"

La pointe du pied frottait frénétiquement le tatami de la grande salle du rez-de-chaussé. La nervosité se lisait sur son visage d'ange. Il regardait ça et là, partout et nulle part à la fois, dans l'espoir d'y saisir un signe, un élément, un allié qui viendrait à sa rescousse, et le sauverait des griffes de ces messieurs au regard sévère, venus pour l'emmener au loin avec eux. Loin de sa petite vie tranquille,ici, avec son père, dont il ne pouvait se résoudre à haïr, car il sentait en lui le poids de la tristesse et du regret. Pauvre gosse, sorti de son cocon de quiétude, pour rejoindre un monde inconnu, incertain.

- Il n'y a pas à avoir peur, tu vas simplement rejoindre ta maman. C'est une bonne nouvelle, non?

Qui était il, cet individu à la peau foncée, pour savoir ce qui était bon pour lui ? Pouvait-il comprendre la sensation qu'éprouve un jeune garçon à l'annonce d'une séparation brutale, lorsque du jour au lendemain, tout ce qu'il connaissait deviendrait poussière et serait remplacé par un Autre, effrayant, terrifiant. Ses yeux, plein d'incompréhension et de peur, happèrent fixement ceux de l'adulte qui avait osé répondre à la place de son père.

"- T'es qui toi, à choisir pour moi et mon papa ?"

- "Reste poli, Takuan."

"- Mais... mais..."

Les petits sanglots saccadés qui intervinrent l'empêchèrent de finir sa phrase. Tant mieux, il ne savait pas quoi dire. Takuan était triste, il avait peur, et ma foi, les mots pour l'exprimer n'arriveraient pas jusqu'à sa bouche, parce qu'il n'avait jamais eu à les utiliser auparavant. Les huit premières années de son existence se résumaient à un flot calme et continu de douceur, de bonheur, entouré de son père et de sa soeur, Rioko, partenaire de jeu, souffre douleur, confidente, rivale, amie.

- "C'est moi qui leur ai demandé de venir te chercher. Tu seras mieux là bas."

Il les regarda de nouveau, ces deux messieurs vilains aux habits tout bizarres. Ils ne lui souriaient pas comme le faisait papa, ils n'essayaient pas de paraître accueillants, ou heureux de le voir. Ils étaient simplement là pour venir le chercher. Ses yeux avaient beau jouer les messagers de sa crainte, tenter de résoudre l'équation, rien n'y faisait : il ne comprenait pas.

- "C'est parce que tu m'aimes plus ?"

- " Bien sur que non... Papa va devoir faire un grand voyage, tout seul, et je ne peux pas t'emmener avec moi."

- "Et pourquoi tu emmènes Rioko et pas moi alors?"

- "Rioko non plus ne va pas venir. Mais vous n'avez pas la même maman, donc elle ne peut pas venir avec toi. Elle va aller chez sa grand-mère. Tu te rappelles de Midori-san, avec sa grande maison et son étang où on pouvait voir des poissons ?"

- "Et pourquoi je peux pas aller là bas moi aussi? Midori-san veut pas d'moi ?"

- "Si, bien sur que si. Mais ta maman a envie de te connaître. Et même si tu ne la connais pas encore, ça reste ta maman."

Le petit garçon n'était pas prêt d'abdiquer. Et c'était qui celle-là, à soudainement choisir pour lui alors qu'elle n'avait pas donné signe de vie pendant 8 ans ? Cette femme mystérieuse ne représentait rien pour lui. Il savait qu'il y avait des mamans dans le monde entier, tout un tas de mamans, d'ailleurs tous ses copains avaient une maman à eux tout près pour s'occuper d'eux. Lui il n'avait eu le droit qu'à son papa, mais ça lui convenait très bien comme ça. Inconsciemment, lorsqu'il voyait ses camarades et leurs mamans ensemble, il ressentait ce manque. Souvent, il les observait de loin, l'air pensif, en se demandant ce qu'il pourrait bien faire d'une maman, et comment ça se passait. Un jour, il avait voulu jouer le jeu, et voir s'il pouvait choisir une maman. A la sortie de l'école, il s'était décidé sur une femme à la chevelure de jais et au regard apaisant. S'il devait exister une figure de maman, alors il avait fait son choix, ce serait elle et pas une autre. Au lieu de rentrer directement au dojo avec Rioko, il lui dit de rentrer en avance et s'était avancé vers la dame. "Vous voudriez bien être ma maman?" avait-il demandé, sans détour, comme une récompense envers la dame qu'il avait élu officiellement apte à devenir sa mère. Il s'en rappelait comme si c'était hier, de cette discussion avec la femme. Elle avait d'abord ri, mais pas trop, pour ne pas le vexer, puis elle s'était agenouillé, comme le font tous les adultes pour faire croire aux enfants qu'ils sont leurs égaux. Takuan n'y croyait pas une seconde, il savait bien que ce petit stratagème ne servait qu'à lui faire baisser sa garde, mais il se laissait tromper volontiers quand même, considérant qu'il s'agissait des règles du jeu. "Je suis désolée mais je ne suis pas ta maman mon petit. On ne peut avoir qu'une maman tu sais ?". Lui expliquer que la sienne de mère n'avait jamais daigné montrer le bout de son nez, se serait révélé inutile, en plus de provoquer toute une série de questions auxquelles il n'avait pas spécialement envie de répondre. Il abandonna. La gentille madame lui donna un biscuit, comme on apaise un chien avec une sucrerie, et lui conseilla de rentrer chez lui avant qu'on ne s'inquiète. Il obéit, frustré, mais garda le masque jusqu'à disparaître de la vue de celle qui s'était refusée à lui. Peut-être bien qu'il portait le poids d'une quelconque faute dont il ne soupçonnait pas l'existence, et que sa maman l'avait renié en conséquence. Ou peut être était-ce elle, la vilaine, un monstre maman qui ne voulait pas de son fils. Dès lors il se l'imaginait grande, fine, avec des doigts crochus et qui faisaient un bruit de claquement ignoble, un oeil torve, un sourire malsain et de longues longues jambes pour s'éloigner très vite de ses enfants. Oui, décidément, elle se devait d'être méchante, et ne pas la connaître apparaissait la meilleure solution pour s'éviter des ennuis.

- "Je veux pas la connaître..."

- "Ne dis pas ce genre de choses, Takuan. Il faut lui laisser une chance, ce sera pas facile, mais je suis sur que vous vous entendrez bien."

Il se dégagea de l'emprise de son père. L'aigreur se lisait dans les pupilles de ses yeux trempés. Il n'avait personne dans cette pièce pour soutenir ses arguments et empêcher l'inéluctable. Rioko jouait un peu plus loin, dans un coin de la pièce, avec une poupée de chiffon et quelques gobelets de bois. Il courut vers elle, et la serra dans ses bras. De deux ans sa cadette, Rioko possédait déjà la reflexion nécessaire pour percevoir que quelque chose ne tournait pas rond. Elle qui d'habitude, dans un souci d'émancipation, refusait de plus en plus les marques de tendresse de son frère, se laissa aller à une empoignade intense, même si elle ne voyait pas sa signification.

- "Je pourrai venir voir Rioko-chan ?"

Le père échangea un bref regard avec l'un des deux inconnus. Sans un mot, celui-ci acquiesça.

- " Ca pourra se faire oui..."

- "J'vous ai pas parlé à vous! J'ai demandé à papa!"

L'agacement commençait à croître chez le grand bonhomme habillé de noir, visiblement peu habitué aux enfants et à leurs réactions si spontanées. Il les avait toujours fait fuir, avec sa grande cicatrice qui lui avait fait perdre un bout de son nez, alors qu'il commençait sa formation. Le père lui empoigna l'épaule et prit l'initiative, histoire de désamorcer la pluie de jurons qui allait s'abattre sur un petit déjà suffisamment apeuré comme ça.

- "Le monsieur a dit que ce serait possible. C'est à lui qu'il va falloir obéir maintenant, en attendant de retrouver ta mère. Tu lui dois le respect. Suis-je clair ?"

- "Oui..."

Rioko comme à son habitude, restait silencieuse. Takuan l'avait entendu parler tellement peu de fois qu'il ne se souvenait plus exactement de la dernière fois où il avait pu percevoir le son de sa voix. L'essentiel de ses émotions, elle les transmettait d'un simple regard. Ses pupilles d'un bleu azuré infini reflétaient un monde inconnu de tous, dont elle ne sortait que rarement. Son frère s'en était rendu compte depuis déjà longtemps, et s'était efforcé de la protéger autant que possible. Qui le ferait lorsqu'il serait loin d'elle ? L'accolade s'acheva sur un goût amer, mais avant de se lever, Rioko lui tint la main, et plongea son iris au plus profond du jeune homme. Comme un appel, un message, "je vais bien" racontait ce moment, "ne t'inquiète pas". Takuan hocha d'un mouvement de tête saccadé.

- "Lorsque Midori-san arrivera, il sera temps de se quitter. Vas finir de préparer tes affaires."

Il se passa une heure, qui parut des années dans la tête de l'enfant, qui mémorisait chaque instant, gravait dans sa mémoire les lieux, les odeurs, les sons, comme s'il savait qu'il ne remettrait plus les pieds ici avant un bon moment, et que tout serait différent.

Il se rappellerait de ces tatamis d'osier, qu'il avait tressé lui même avec Rioko pendant les jours de pluie. Il se rappellerait des rangées de lames aux formes étranges qu'il lui était interdit de manipuler, ce qu'il faisait malgré tout à chaque fois que son père avait le dos tourné. Alors, il revêtait un casque de Kendo dix fois trop grand pour lui, trouvé sur une table tout proche des présentoirs, se mettait en garde, et moulinait dans le vide en manquant de se couper un bras lorsqu'il tentait des postures un peu trop exotiques. Lorsque l'escalier grinçait, il était temps de tout remettre en place en quatrième vitesse pour que le paternel ne découvre la bêtise.

Il se rappellerait de cette même salle, les jours d'enseignement, remplis d'une dizaine de disciples appliqués, pour qui papa était le maître respecté et craint. Il trouvait ça drôle, que son papa soit craint, surtout après une terrible séance de chatouilles ou une partie de cache-cache. Quand les disciples étaient là, ça ne rigolait plus. On demandait à Takuan de monter à l'étage, ou de se faire discret, dans un coin, et de rester silencieux pendant que la compagnie répétait inlassablement les mêmes mouvements, armés de bâtons de bois, à hurler des "haï', "oï" et autres "heï"! Il trouvait ça joli, tous ces monsieurs synchrones, qui suivaient à la lettre les instructions de son papa. Un jour il deviendrait comme eux. Et puis après la leçon, ils venaient le voir, le complimentaient sur sa bonne bouille, lui offraient un gâteau, quelques bonbons, ou même parfois une pièce quand venait une grande occasion. Il s'était fabriqué une épée de bois avec un grand bâton trouvé dans la forêt tout près et un couteau. Le soir venu, il la sortait de son coffre à jouets, tout au fond caché derrière les peluches, tout près du petit coffre à trésor où toutes les pièces récoltées finissaient inéluctablement, et répétait les mouvements vus dans la journée, en chuchotant ces mêmes haï, pas trop fort pour ne pas réveiller tout le monde.

Il se rappellerait de cette odeur d'encens, si forte qu'elle le faisait éternuer pendant les séances d'entraînement, plus diffuse en fin de journée. Il cherchait dans la forêt des fleurs qui sentaient la même chose, mais il n'arrivait jamais à retrouver cette fragrance enveloppante qui lui enrhumait les narines.

Il se rappellerait de cette montagne qui prenait tout l'espace de sa vue à travers la fenêtre quand il allait se coucher mais qu'il ne trouvait pas sommeil. Ces petites lumières mouvantes sur la montagne, signes du passage d'un pèlerin ou d'un commerçant, ou encore d'une maison encore éveillée. Leur danse hypnotique avaient bien souvent raison de lui, quand ce n'était pas le bruit de la pluie sur le toit, dont le clapotis irrégulier lui faisait trouver un sommeil paisible en un instant.

Il se rappellerait, enfin, de ce bruit sourd, un choc contre le sol, qui s'inscrit dans sa chair et lui donna la chair de poule, à peine la maison quittée et les au-revoir consumés, alors que le vilain monsieur le tenait par les épaules et l'empêchait de tourner la tête, ou de se raviser pour aller voir d'où venait ce son.

Quatorze ans plus tard, il s'en souvenait, encore et toujours, de cette vue, de cette odeur, de ce bruit. Elle le hantaient chacune de ses nuits, ces mémoires inamovibles, ancrées dans son âme, où Takuan Toshiya vit Hattori Genzô, son père, pour la toute dernière fois de son existence...


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MessageSujet: Re: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   Dim 17 Juin - 0:53

-2-
Promesses

Takuan - "Pourquoi ?"

Kanza - "Pourquoi quoi ?"

Takuan - "Ben pourquoi ? Pourquoi j'utiliserais ce machin ?"

Kanza-sama claqua la paume de sa main contre son front. De toutes ses années d'enseignement, il en avait entendu des vertes et des pas mures. La toute première séance se révélait bien souvent la plus inattendue de toutes. Certains demandaient dans quel sens un poignard se tenait, d'autres affirmaient que si on se laissait pousser les ongles, on pouvait avoir des griffes plus meurtrières qu'un kunai. Mais qu'on lui demande pourquoi, on ne lui avait jamais fait. S'entraîner aux arts familiaux paraissait tellement naturel pour n'importe quel Toshiya qu'aucun membre du clan élevé à la demeure du mont Kido n'aurait eu l'inspiration suffisante pour une remise en question. Imaginez demander à un oiseau pourquoi il vole... Kanza-sama se trouvait dans un état similaire. Sauf que le petit devant lui, ce n'était pas vraiment un Toshiya.  Un Enfant de la Toile. Ces rejetons représentaient une progéniture collatérale, fruit des aventures romanesques d'assassins en manque de plaisirs charnels pendant des missions qui les avaient tenu bien trop éloignées de la demeure familiale, ou conjugale. Même s'il s'agissait des enfants de la honte pour certains parents, le clan grandissait vite et avait besoin de plus d'enfants pour perpétuer ses plans et honorer ses contrats. Et puis, il n'avait nulle part ailleurs où aller. Une décision de sa mère, quand bien même l'absence de son fils ne l'avait pas touchée au cours des huit dernières années.

Kanza - " Parce qu'il s'agit de l'art principal de ton clan, et qu'il faut faire honneur à ton clan."

Takuan fut tenté de renouveler la procédure par un simple pourquoi suivi d'un sourire narquois mais il sentit que son interlocuteur ne semblait pas prêt à endurer la même épreuve en aussi peu de temps. Il dévia donc l'interrogatoire sur un sujet plus épineux encore.

Takuan - "A quoi ça sert ?"

Il pointa du doigt un arc accroché au mur.

Kanza - " A tuer, ou à blesser. Mais l'objectif, lorsque tu tires une flèche, c'est de donner la mort."

Le garçon arqua un sourcil. Il observa de plus près l'arc, l'aggripa dans ses petites mains frêles, et le jeta sévèrement au sol.

Takuan - "Je préfère donner la vie."

Kanza - " Tu manques de respect, jeune homme..."

La gifle qui suivit fit voler le garçon sur quelques mètres.

Kanza - " De respect, et de discipline."

Takuan prit ses jambes à son cou. Si Kanza pouvait encore rivaliser avec le meilleurs sur la manipulation d'un arc, la perte de sa jambe en mission lui refusait toute compétition de course à pied.

Kanza - " Sale gosse..."

Le sale gosse en question détalait de l'autre côté du jardin, qui en cette matinée de février, donnait des allures de jardin des Cieux. Une odeur fantomatique de parfum et de vieux bois flottait dans les ombres. Le sol de terre meuble était gorgé d'humidité. Des spirales de brume dansaient sous la voûte du petit pont de bois qui enjambait la rivière. Un son étrange palpitait au delà de son champ de vision. Un murmure métallique, comme celui d'une persienne mal fixée, jouait les métronomes dans ce tableau onirique. Ne sachant trop où aller, Takuan continuait d'avancer lentement. Il faisait froid, humide, sa tête bourdonnait de mille et une pensées, et derrière, toujours, le bruissement surnaturel s'agitait toujours dans l'ombre, semblait venir de tous les côtés. Il se retourna, une fois, deux fois, trois fois, puis haussa les épaules. Son chemin s'arrêta près de la grande porte d'entrée, où convergeaient les quelques filets de lumière qui filtraient déjà à travers la cime des sapins, protecteurs du soleil levant. Il songea à fuir, fuguer, retourner voir papa. Mais papa aussi était méchant. Il l'avait laissé tout seul, dans cet endroit avec tous ces gens bizarres qui le dévisageaient. "Ta nouvelle famille", tu parles ! Il se sentait autant chez lui qu'un poulet dans une rôtisseuse. Rejoindre Rioko-chan chez sa grand-mère ? Pourquoi pas, mais il ne connaissait déjà pas le chemin depuis la demeure Toshiya jusqu'à son propre foyer, comment trouver celui vers la maison de Midori-san ? Ou bien mener une vie de bohème, se balader à travers les chemins, chanter et danser pour ramasser quelques pièces, se trouver des compagnons de voyage. Cette idée le fit entrer en extase. Qu'est ce que ce serait chouette ! Il se leva, fit quelques vocalises. Lorsqu'il s'aperçut que les oiseaux installés sur les rochers s'étaient enfuis dès la première note, il ravala son ambition. Son chant était bel et bien une arme, mais de destruction massive, pas de séduction hélas...

Soudain, le ventre gargouilla. Il n'avait pas encore mangé le moindre aliment depuis son arrivée il y a deux jours. Non pas qu'on ne lui en avait pas servi, mais qu'il préférait s'en servir comme d'un projectile à balancer à la tête des autres enfants Toshiya qui voyaient en ce nouveau pensionnaire peu enclin à la sociabilité un sympathique souffre douleur. La grosse porte de bois lui faisait toujours face, impassible, l'air de dire : "Non tu ne passeras pas mon coco, tu es bel et bien coincé ici et il va falloir te tenir à carreau." Il allait falloir ravaler sa fierté, accepter les chocs, et encaisser le poids des promesses non tenues. Ah ça, on lui en avait promis en quarante huit heures...

On lui avait promis qu'il aurait sa chambre à lui sur la calèche qui le ramenait à la demeure Toshiya, alors qu'il piquait une crise pour tout et n'importe quoi. Comme ses accompagnateurs ne pouvaient lui en mettre une bonne de peur de contrarier sa mère, il fallait bien trouver un moyen de le faire taire. Jolie surprise de découvrir six autres pensionnaires dans sa chambre prétendument individuelle.

On lui avait promis qu'il aimerait ce lieu, s'y sentirait comme chez lui, que les gens seraient accueillants. Tout ce qu'il avait pu voir se réduisait à un joli jardin, une grosse maison, et des sales mioches qui l'embêtaient constamment, comme on ennuie tout petit nouveau qui se respecte, dans la plus pure tradition de l'imbécilité enfantine.

On lui avait promis qu'il pourrait revoir Rioko-chan, mais lorsqu'il demanda à ses accompagnateurs s'ils savaient au moins où se trouvait la maison de sa grand-mère, les deux grands dadets n'avaient répondu que d'un silence glacial...

Enfin lui avait promis que sa mère était une femme douce et gentille, qu'il serait ravi de la rencontrer. Qu'ils allaient rattraper le temps perdu, qu'elle avait des tonnes de choses à lui raconter, qu'elle ferait la lumière sur les années passées, le pourquoi de son absence. A la place, il était arrivé de nuit à la demeure, et le lendemain, sa procréatrice n'avait pu s'attarder qu'une dizaine de minutes à la rencontre de son fils. Qu'elle était belle, cette femme, avec ses cheveux bruns et ses grands yeux bleus dans lesquels Takuan pouvait presque se voir lui-même par réflexion... Une affaire urgente à régler avait écourté leur rencontre, dont Takuan garda un souvenir marquant. "Bonjour, mon fils. Que tu es grand pour ton age... ", puis elle l'avait scruté dans tous les sens et d'un air satisfait, lui avait tendu sa main douce, "enchantée jeune homme". En quelques mots il se trouvait sous le charme. Il aurait aimé la détester, lui hurler au visage que ce n'est pas sa mère, qu'il en avait déjà choisi une à la sortie de l'école, mais rien ne vint, et il préféra exhorter ses reproches au domaine des murmures. Il ne put que lui tendre sa main, sans un mot. Sa timidité avait fait surface à la vitesse d'un cheval au galop. Puis ils avaient discuté, rapidement, de tout et de rien, de choses pas importantes. Les vraies questions mettraient du temps à faire surface, au détour de reproches et de disputes. Les vraies réponses mettraient encore plus de temps à les rejoindre, cachées sous les voiles du remord et de la honte. Et puis soudain un message, et dans une fraction de seconde, elle avait disparu non sans s'excuser auparavant, comme un mirage insaisissable.

Au moment de se coucher, Takuan se demanda s'il l'avait vraiment rencontrée, Seiko Toshiya, Première Sous le Ciel, celle qu'il devait maintenant appeler maman, lui Takuan Genzô, Premier Sur le Sol dur et douloureux d'une réalité à laquelle il ne souhaitait pas appartenir...


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MessageSujet: Re: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   Mar 19 Juin - 23:55

Citation :
-3-
Questions


   
Takuan - "Pourquoi ?'"

Elle ne répondit pas, comme si soudain, elle était prise d'un mutisme inexplicable et incurable. Seul le slurp slurp des nouilles qui se transvasaient du bol de soupe à la bouche affamée interrompait ce silence pesant. Takuan savait qu'il allait trop vite, que demander des explications après une semaine et seulement trois rencontres paraissait précipité. Son esprit encore puéril avait pourtant déjà perçu le malaise que sa mère éprouvait à parler du temps de sa naissance. En dépit de tout, il demanda, par curiosité, mais aussi par esprit de vengeance.

Seiko - Kanza-sama m'a dit que tu t'en sortais très bien à l'arc mais que tu manquais de discipline.

Takuan - ...

Le garçon ignorait royalement les tentatives de diversion de sa mère. Tout ce qui comptait, en cet instant précis, se résumait en quelques mots : obtenir la vérité. Il n'aurait le repos, et elle avec lui, que lorsqu'elle ne s'échapperait plus en digressions vouées à l'échec.

Seiko - Hattori-san n'aurait pas été fier d'un garçon irrespectueux, tu sais ?

Elle marquait un point. Il faudrait redoubler d'efforts, se montrer inflexible, et esquiver ces basses et mesquines attaques, ainsi que ce sourire mielleux, pour mieux porter l'estocade. Takuan ne se dégonfla pas, et faisant fî de la botte secrète qui le destabilisait, renchérit de plus belle.

Takuan - "Et pourquoi n'est-il pas ici pour me le dire ?"

Elle se leva brusquement, manquant d'emporter la table basse devant laquelle elle se trouvait assise en tailleur quelques secondes plus tôt, et tous les aliments du dîner avec par la même occasion. Elle avait préparé un petit festin pour ce premier dîner avec son fils, mais à son grand regret, il n'avait pas encore touché à ses baguettes. A la place, il la fixait, impassible et déterminé. Quelques pas la menèrent vers la grande fenêtre ouverte sur la terrasse du jardin. au devant de la demeure. Elle contempla la course lancinante des lueurs du petit village en contrebas du versant, constellation d'âmes humaines paisibles, partageant le souper du soir avant de dormir. La lune pâle éclairait à peine ce tableau onirique, si bien que la voûte céleste jouait comme un miroir reflétant l'éclairage des hommes.

Takuan - "Moi aussi j'aime bien regarder la nuit."

Le petit homme s'était doucement approché de sa mère. Il ne la touchait pas pour autant. Tous deux mettraient du temps à retrouver une tendresse naturelle et réciproque similaire à ceux qui ont passé leur plus petite enfance couvés par le lien maternel. Peut-être même cela n'arriverait jamais. A la place, il avait posé son menton sur le rebord de la fenêtre. Seiko l'observait avec une perplexité presque coupable. Elle aurait aimé savoir s'y prendre, elle s'en sortait d'ailleurs à merveille quand il s'agissait de s'occuper d'un des petits du clan, mais elle n'avait aucune idée de la manière d'aborder son propre enfant. Takuan venait d'un autre monde, avait été élevé différemment. Cette étrange créature la fascinait et l'effrayait en même temps. Comment se comporter envers lui, qu'attendait-il d'elle ?

Takuan - "Dis, c'est quoi un enfant de la Toile?"

Seiko - Qui t'a dit ça ?

Takuan - "Ben les autres. Ils m'ont dit que j'étais qu'un enfant de la Toile, que j'avais rien à faire ici."

Comment expliquer à son fils qu'il ne fut pas l'enfant du désir, mais l'enfant du hasard, perdu dans la toile de sa mère, incapable de réfréner ses envies de femme ?

Seiko - Ne les écoute pas. Fais toi respecter, le prochain qui te dit ça, montre lui ce qu'il en coûte d'insulter mon fils.

Takuan - "Papa me manque, c'est pas juste qu'il parte en voyage sans moi et Reiko-chan... "

L'art de l'esquive des remarques embarrassantes par d'autres remarques encore plus déstabilisantes ne semblait plus avoir de secrets pour Takuan. Seiko resta coi. Un gamin de huit ans n'avait définitivement pas à apprendre ce genre de choses. Plus tard, un jour, peut être...

Takuan - "Tu sais c'est quand qu'il reviendra ?"

Comment annoncer de telles nouvelles à une âme innocente, d'un coup d'un seul anéantir le début de son existence en expliquant que ce voyage s'appelle la mort, qu'on n'en revient pas, et que le destin de son fils se jouait maintenant auprès d'elle et dans cette famille qu'il peinait tant à accepter pour l'instant ?

On ne l'explique pas. On se tait, on prend son mal en patience, rongée par la honte et la culpabilité, et on se rassure de douces paroles intérieures qui ne retardent que l'inévitable au final, et cachent au loin le fait que cet amour naissant, si pur dans les yeux de son fils, s'était souillé dans le sien dès les premiers instants...

Ah questions, douces questions, simples et légitimes, dont les réponses un jour deviendraient la ballaste acharnée et sans répit de la rancoeur et de la colère tout aussi justifiées d'un fils trahi dès sa naissance...




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MessageSujet: Re: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   Sam 23 Juin - 15:32

-4-
-Oubli-

Je suis celle dont le péché a bouleversé la vie d'un homme. Je suis celle qui s'est joué de lui avant d'en assumer la semence, et qui au terme des cycles lunaires, a donné au monde un enfant de la Toile, placé dans mon grand réseau des oublis. Je suis celle qui plus tard, du fond de ma mémoire, a ravivé le souvenir d'un fils. Celle qui aujourd'hui le regarde grandir, et s'adapter, petit à petit, à sa vie de Toshiya. Je suis la mère de la honte, veuve de fer aux orifices multiples. Qui sait combien de ma descendance j'aurais pu mettre au monde, si la potion de lune n'avait pas poursuivi son implacable travail de sape ces années durant. Mais ce petit bout s'était battu, s'était fondé un foyer en mon sein, envers et contre tout. Combien d'autres, fils et filles de la Toile, mes frères avaient-ils semés à leur tour dans le foyer maternel de ces réceptacles féminins ? Pourrais-je les en blâmer, moi qui en ai fait de même ?

Je suis celui pour lequel dame Destin a décidé d'un drôle de parcours. Celui qui s'est fait emporter dans les méandres d'un passé inconnu, qui ne me regardait pas. Celui qui finalement rencontrai sa future vie après 8 longues et douces années oniriques. Celui qui aujourd'hui évolue dans un monde nouveau, qui m'accepte plus ou moins, mais que je me refuse à nommer foyer. Qui sait ce quelle vie j'aurais pu avoir si l'on ne m'avait arraché à ma famille. Combien d'autres, filles et fils de la Toile, avions vécu pareille situation ? Pourrais-je en blâmer mon père, moi qui n'y comprends si peu dans ce jeu d'adultes qui me dépasse ?


Je le regarde, mon fils, grandir auprès des siens. Au refus ont succédé la rébellion, puis la colère, puis les regrets, puis l'acceptation, l'intégration, la maturation. Les mois ont passé comme un cheval au galop, cette petite chose triste devint ce grand et solide roc empli d'optimisme et d'entrain. Le petit louveteau solitaire et blessé s'était mué en chef de meute fédérateur et paisible. Les autres jeunes du clan l’ont accepté plus vite que je ne le pensais. Il possède ce don incroyable d’apaiser les autres, d’un simple regard orné de quelques mots. Ce petit n’avait pas été élevé par les Toshiya, quiconque faisait partie du clan pouvait le sentir dès la première seconde. Les enfants du clan sont éduqués à la discrétion, à la souplesse du corps et de l’esprit, à l’abandon de soi. Ombres parmi les ombres, ils se dissimulent et disparaissent de la perception aussi facilement qu’un caméléon. Takuan semblait leur parfaite antithèse, leur reflet opposé. Quand ils cherchaient les coins, il cherchait le centre, quand ils s’entouraient d’ombre, il s’entourait de lumière. Takuan incarnait cette force de vie qu’aucun Toshiya n’osait arborer comme lui. Les autres ne pouvaient se décider entre mépriser et contempler cet aspect. Ni tout à fait autre, ni tout à fait le même, il s’élevait doucement à mesure que les années passaient. J’étais toutefois inquiète : son opinion de moi ne changeait pas. Si les apparences paraissaient toutes autres ces coups d’œil assassins ne stoppaient pas, l’air de dire : « Tu n’as toujours pas répondu, et je n’ai pas oublié. ». Porter ce fardeau, tel était ma peine, et je l’acceptais malgré tout.

Je la regarde, cette mère, faire comme si de rien n’était. J’ai grandi il est vrai, de mon attitude rebelle, j’ai préféré me résigner en apparence. Une vie seule ne m’enchantait pas, et si ce toit devait être ma future maison, autant que je m’y sente bien. Cependant, je ne les comprenais pas ces Toshiya. Pourquoi se cacher, pourquoi fuir le jour, la vérité, la franchise ? Etais-je vraiment l’un d’eux, moi qui représentais l’inverse ?  Les autres enfants me regardaient d’un air la fois contemplatif et méprisant, sans toutefois parvenir à se décider. Cela m’amusait, je ne rabrouais personne, je me sentais simplement différent, tout en étant parmi eux. Si les apparences sauvaient cette mère souvent absente, pour ses missions, mon regard sur elle n’avait pas changé d’un iota. Mais il s’agissait d’une perception intime, entre elle et moi. Non, je n’ai pas oublié, mère, tu me dois des réponses et je les aurai un jour. Le grand voyage de père ne s’était pas terminé, il ne s’achèverait jamais, je l’avais compris petit à petit quand les adultes du clan me disaient qu’ils avaient eu des nouvelles et que père se trouvait très loin sur un continent à l’Est, qu’il pensait à moi et qu’il espérait revenir bientôt. Baume du cœur et de l’esprit, je l’acceptais sans ciller, mais je savais au fond de moi que ce voyage s’appelait la mort, et que cette histoire qui arrangeait tout le monde se trouvait piètre subterfuge.



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Takuan
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MessageSujet: Re: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   Jeu 28 Juin - 15:20

Citation :
-5-
Donner la vie

   


Takuan - Pourquoi ?

Son compagnon de galère leva les yeux du sol pour fixer son binôme, un sourcil arqué d'incompréhension.

Makoto - De quoi ?

La question lui paraissait pourtant naturelle à lui. Pourquoi ? Quel était le sens de tout ça ?

Takuan - Pourquoi on doit le tuer ce gars ?

Makoto resta ébahi plusieurs minutes durant. Il ne lui était jamais venu à l'esprit de se poser une telle question. Aucun Toshiya ne posait ce genre de questions de toute façon...  

Makoto - Nan mais tu es sérieux là ? C'est une vraie question ?

Ses grands yeux noisette ne pouvaient s'empêcher de bloquer sur le visage de Takuan, à une tête au dessus de lui, qui ressemblait à un grand dadet ingénu.

Takuan - C'est à moi de te demander ça... On t'envoie tuer des gens, on te donne même pas une raison et ça ne te fait rien ? Tu obéis et c'est tout ?

Makoto - Le clan a obtenu un contrat, la mission est de tuer, on tue, et on s'en va, c'est tout.

Takuan - Oui t'as raison, soyons des pantins stupides tout juste bons à utiliser un arc pour planter deux trois flèches dans le crâne d'on ne sait quel clampin pour une poignée de pièces.

Makoto - Je te rappelle que tu es un Toshiya, que même ton code génétique te prédispose à pouvoir tuer facilement. La vie et l'honneur de notre clan repose sur notre rôle et ce genre de missions.

Takuan - Et donc si notre code génétique nous avait permis de faire du feu, on serait devenu un clan de boulangers, ou de pyromanes ?

L'aîné planta la paume de sa main sur son front. Il parlait à un moulin, qui tournait, tournait, tournait. Plus il tapait sur les hélices et plus il tournait fort.

Makoto - Ecoute, fais simplement ce que le clan attend de toi et ferme-la.

Un grand sourire s'esquissait sur le visage de Takuan. Il renchérit de plus belle.

Takuan - Tu sais pourquoi je souris?

Makoto - ...

Quelques secondes passèrent sans le moindre bruit, si ce n'est le crissement des feuilles contre le sol du chemin forestier qu'ils longeaient depuis quelques heures, ou le piaillement soudain de quelques oiseaux vadrouilleurs au dessus de leur tête. Makoto fulminait, mais feignait l'ignorance et faisait semblant de ne pas écouter en taillant un bout de bois avec un Kunaï.

Takuan - Parce que tu t'en rends compte toi aussi que tu as tort.

* Toi aussi tu te rends compte de l'insignifiance de ces ordres, de ta vie, tu sais que tu as tort de suivre des ordres qui privent d'autres de ce don exceptionnel que tu ressens au quotidien, de pouvoir respirer l'air frais du matin, rire avec des amis,  manger un fruit frais, boire de l'eau claire, s'allonger dans l'herbe, enlacer tes proches, de voir, de vouloir, d'aller, de venir, d'embrasser tant et si bien cette existence qui t'a été accordée. Tu te détestes toi-même d'ôter cadeau si précieux à tant de gens qui ne le méritent pas. Car personne ne mérite la mort. *

Telle resterait la pensée de Takuan à ce sujet, mais il n'osa pas la dévoiler à son partenaire. Chacun devrait suivre son propre chemin, comprendre à sa manière, et il ne daignerait pas interférer dans ce chemin initiatique. Mais un jour il lui ferait comprendre. Il leur ferait tous comprendre. Un jour, il deviendrait chef de ce clan et le forgerait à son image. Makoto ne broncha pas, se contenta de souffler d'exaspération, et de hâter le pas. Il ne semblait pas prêt. Quel gâchis. Jusqu'à maintenant, Takuan avait pu éviter sans trop d'encombres les missions les plus importantes. Avec la complicité passive de sa mère, il s'était vu assigner des binomes vacants, pour des missions principalement de repérage, de dissuasion, ou même de vol ou de protection de personnes ou de biens. Bien que les Toshiya soient réputés pour leur efficacité à semer la mort, d'autres tâches plus vastes leur étaient confiées par les clients habituels, en accord avec le village des nuages, qui partageait les missions et leurs gains respectifs. C'est ainsi qu'il participa une bonne demi douzaine de fois à des missions plus générales en coopération avec des shinobis de Kumo. Leur rôle n'avait rien d'enviable à ses yeux. Même bataille, mêmes ordres et mêmes rôles que le clan, mais au moins pouvaient-ils choisir leur voie, et si Takuan ne souhaitait pas faire partie des shinobis qu'il cotoyait, il avait appris petit à petit que d'autres se consacraient à des tâches plus propices à sa nature pacifique. Une petite lumière s'était alors illuminée, qui grandissait peu à peu, chaque fois qu'il entendait parler de Kumo, comme un échappatoire à une mission meurtrière qui finirait tôt ou tard par arriver, Seiko ne pouvant le protéger indéfiniment de cette situation d'injustice qui croissait et finissait par éveiller les remarques et les protestations.

Malheureusement, le jour était venu sans qu'il ne s'en rende compte, et il se trouva embarqué aux côtés de ce Makoto pour aller effectuer le sale boulot, sa première mission où il devrait donner la mort... Les compétences de Takuan ne trouvaient aucun détracteur au sein du clan. Il agaçait les puristes de la famille en rechignant tout ce qui consistait à apprendre les mouvements létaux. Pendant toutes ces années, il avait préféré s'entraîner, armé d'un bâton de bois qu'il avait taillé comme un katana, aux arts de la lame. Ces mêmes arts qu'il avait tant de fois observés auprès de son père, dans son dojo. Ses mouvements se faisaient moins précis, plus grossiers, lui qui n'avait jamais eu de maître en tant que tel pour lui expliquer et corriger ses erreurs. Un mal pour un bien, Takuan avait fini par trouver son propre style, qui s'il manquait toujours de finisse, faisait preuve d'une efficacité décente. Les joutes amicales entre jeunes du clan ressemblaient toujours à des spectacles d'absurde lorsque Takuan faisait partie des protagonistes. Quand la plupart dégainaient leur arme dès la première seconde ou préparaient un jutsu familial, lui fonçait directement, en dépit de tous les principes de la famille dans les arts de la guerre, et fort de l'effet de surprise, pulvérisait sans viser un endroit particulier la garde de son adversaire, aidé par sa carrure nettement plus robuste que la plupart de ses compagnons.  Quand son approche devint trop connue, il changea la donne, jouant d'une finesse d'esprit qui rendait son style complètement improbable. Sa plus grande force résidait dans la capacité à faire perdre les nerfs de son adversaire, par tous les moyens : provocations, sons, mouvements ridicules, esquives successives, tout y passait, bien souvent avec grand succès. Takuan était passé maître dans l'art de casser les couilles, un style de combat redoutable, mais pourtant inoffensif, et là résidait sa préférence. Il existe tellement de façons de gagner une bataille, autrement que par la violence...

Cette fois-ci cependant, il ne pourrait s'y soustraire...  La petite colline surplombant la demeure semblait le point de mire idéal pour décocher le trait mortel. Ils s'installerent en silence au bout d'un rocher dont l'angle donnait exactement sur la porte d'entree et sur les jardins a l'avant de la maison. Takuan s'assit en tailleur, bras croises, las et plutot peu presse de se mettre a la tache. Au meme moment, Makoto avait deja termine son installation et verifiait sa fleche.


Makoto - Au boulot feignasse. La cible s'appelle Danzo Hisoka, il habite la maison plus bas. Un simple civil, on decoche, et on s'en va. Compris ?

Takuan - Pourquoi me donnes-tu le nom de la cible ? Quel interet puisqu'il va mourir ?

Les morts n'ont pas besoin d'un nom, Ils meurent, se decomposent et puis c'est tout. Leur nom reste dans la memoire de ceux qui ont survecu, puis disparait pas a pas, dans les meandres d'un temps qui court et qui veux que les jeunes deviennent grands, et que les grands deviennent vieux. Alors pourquoi Makoto se souvenait-il du nom de sa cible ? Souhaitai-il donner reellement la mort ? Etait-ce une facon de soulager sa culpabilite, de se dire que sa future victime ne serait pas morte tant qu'il se souviendrait de ce nom. Qu'il en porterait la memoire comme un fardeau, le prix a payer pour son acte impardonnable ?

Makoto - Je vais lui donner la mort, mais je lui dois le respect.

Takuan - Tu te souviens du nom de tous ceux que tu as tue?

C'etait le cas, un par un, Makoto pouvait se remémorer les noms de ses victimes. Il en savait même bien plus, il tentait souvent d'en apprendre le plus possible, leur histoire, leur vie, il prenait meme le risque de les cotoyer la veille, comme un heureux hasard, et de discuter un moment. Plus il en savait et mieux il se sentait lorsqu'il devait finalement delivrer la derniere touche. Sa vie a lui compenserait pour toutes celles qu'il avait termine. L'heure prevue arriva enfin. Le corps un peu engourdi a force de tant d'attente, l'allonge sur ce rocher froid qui ankylose les muscles et l'esprit, le tout se reveilla dans un tsunami d'adrenaline. Le coeur battant a mille a l'heure, Makoto rapprochait maintenant la fleche de son arc, et ajustait sa position pour decocher. Takuan en fit de même, resigné, s'il ne pouvait sauver ce pauvre monsieur, a lui donner une mort rapide au moins. L'individu ouvrit la porte, finalement, mais l'angle n'etait pas encore propice a initier l'action. Il etait accompagne, d'eclats de rire. Deux enfants sautillants de joie, beaux comme des poupons, qui rigolaient a pleins poumons.

- Papa !

Un ouragan de tristesse transperça le cœur de Takuan, qui secoua l’océan de sa mémoire endormie. Les Toshiya avaient ils fait de même avec son père ? En quelques centièmes de seconde, les évènements de cette triste nuit s’entremêlaient a nouveau dans sa tête jusqu’à réapparaitre sous ses yeux en une mosaïque claire et compréhensible. Que faisait le second homme du clan quand le premier l'emmenait dans la caleche ? Pourquoi était-il reste longtemps avant de revenir ? Pourquoi avait-il une blessure sur son bras ? Et pourquoi le voyage de pere durait aussi longtemps ? Ne serait-il pas temps d’arrêter de se voiler la face ? En une fraction de seconde, le trait mortel de Makoto partit vers sa cible. Peu importait les enfants, le binôme n'en avait que faire, il remplirait sa mission coute que coute. Sauf si Takuan l'en empêchait... D'un mouvement rapide, il bouscula l'épaule de Makoto, et la flèche se planta à quelques centimètres de la tête de la cible, le regard noir du Toshiya se porta sur Takuan, qui feignit la déception.

Takuan -Zut alors, on a pas de chance...

Avant de s'attirer le moindre ennui et d’être pris dans un système de défense qu'ils ne pourraient peut être pas déjouer a deux, Makoto entreprit de battre en retraite. L’inexpérience de Takuan en termes de mission le décida définitivement. Ils aggripèrent leurs armes, puis détalèrent aussitôt. Le chemin du retour fut encore plus tendu que celui de l'aller. Les trente kilomètres qui les séparaient de la demeure s’avalèrent rapidement, mais Makoto ne put s’empêcher de déballer sa rage avant d'arriver.

Makoto - Tu l'as fait exprès !

Takuan -J'ai perdu l'équilibre, je te dis...

Il ne pouvait cependant s’empêcher de ressentir une certaine admiration. Pour réagir aussi vite et être capable de dévier la trajectoire d'une flèche, il fallait être doué d'un sens de la synchronisation et d'une précision incroyable, autrement dit, soit de beaucoup de talent, soit d'une chance inouïe.

*Aujourd'hui, avec cet arc, j'ai donne la vie. Et c'est ce que je continuerai a faire*

L’arrivée a la demeure marqua le début d'une longue explication avec les cadres du clan. Un échec n’était pas fréquent chez les Toshiya, mais acceptable si réussir la mission signifiait par exemple sacrifier sa vie. Le sabotage par un membre même du clan ne faisait pas partie des prérequis. Makoto ne se gêna pas pour expliquer la situation de la manière la plus claire possible. Le poids de l’incompétence serait porte sur Takuan, hors de question qu'il soit pris a parti dans un acte pour lequel il ne pouvait rien. Takuan fut convoque par sa mère, qui se doutait de quelque chose, avant même que le début des explications commencent. Makoto le regarda d'un air de mépris.

Makoto - Toujours sauvé par la Première Sous le Ciel, hein ?

Le jeune homme ne répondit que d'un sourire de satisfaction provocateur, et passa son chemin. Un étage plus haut, il fit glisser le battant de la salle ou Seiko Toshiya prenait son thé. accompagnée d'une petite vieille dame que Takuan reconnut aussitôt : Dame Tezuka, celle dont il avait réussi a esquiver tous les enseignements en marquant des le début une profonde répulsion pour les poisons familiaux.

Seiko - L'avoir épargné ne le sauvera pas, tu le sais ?

Takuan - Lui avoir épargné quelques jours est déjà une petite consolation.

La vieille s’étouffa de rire, manquant de renverser sa coupelle et la théière par la même occasion.

Tezuka - Il est culotté le petit, je l'aime bien !

Seiko - Tu comprends l'impact de l’échec d'une mission pour le clan, Takuan ?

Takuan - Qu'une personne aujourd'hui a compris le reel sens de donner la mort ?

Seiko - Ne joue pas au malin... Nous avons une réputation a tenir, Takuan. En tant que Toshiya, tu te dois de suivre...

Il l'interrompit aussi sec, tapant du pied pour marquer sa désapprobation.

Takuan - Je ne suis pas Toshiya. Ce n'est pas parce que j'ai été recueilli ici et que j'ai passe quelques années dans ce clan que je me sens proche de vous. J’exècre cet apprentissage de la mort, j’exècre cette naïveté macabre qui habite chacun des membres de ce clan. Bon sang ! Nous ôtons la vie, et la plupart d'entre nous n'avons même pas idée de la signification de ce geste ! Tout l'or du monde ne vaut pas la vie d'un homme !

La mère se leva d'un bond et assena une gifle monumentale au fils qui ne broncha pas, malgré la marque rouge qui petit a petit apparaissait sur la joue de l'enfant, qui n'en etait plus tout a fait un.

Seiko - Tu ne sais rien des Toshiya. Tu n'as jamais rien voulu savoir, j'ai voulu te conter des dizaines de fois l'histoire de notre clan et tu as préfère partir.

La rupture était palpable, perceptible, la tension tout autant. Seiko fulminait, mais elle se sentait impuissante. Ils se regardèrent quelques secondes, Takuan soutint la joute, tout en jetant son arc a terre.

Takuan - Et pour tuer mon père, dis moi chère maman, combien de Ryos le clan a-t-il reçu ?

Elle fut tentée d'assener une seconde gifle, puis se ravisa. A la place elle lui tourna le dos et se dirigea vers la fenêtre. Tezuka continuait de siroter son thé tout en observant la scène de ses yeux replies, interdite. Takuan lui aussi tourna les talons.

Takuan - Je m'appelle Takuan Genzo, fils d'Hattori Genzo, et la prochaine fois que j'accepterai de t’écouter, c'est pour entendre la vérité sur la mort de mon père.

Le lendemain, après décision personnelle et accord du clan, Takuan faisait ses bagages pour s'installer a Kumo. Il y deviendrait shinobi du pays des nuages...


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MessageSujet: Re: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   Sam 30 Juin - 20:39

Citation :
-6-
Nuages


   


Un temps magnifique pour tout envoyer en l'air. Takuan regarda derrière lui. Que laissait-il dans son sillage finalement ? Une mère en qui il n'avait jamais réellement eu confiance, des gens qui lui avaient confisqué son enfance et qui avaient voulu faire de lui l'exact opposé de ses convictions. Des amis, oui, certains avaient été de bons amis, mais ils ne s'étaient jamais vraiment compris. Rien ne disait que là où il allait, des personnes le comprendraient, mais le jeu en valait la chandelle. Et s'il partait dans le sens opposé, de retour chez lui ? Revoir Rioko-chan ? Qu'était-elle devenue ? La reconnaîtrait-il ? Serait-elle fière de ce qu'il est devenu ? Qu'était-il devenu finalement ? Comment pouvait-il se définir ? Il mit un bon moment à faire tourner cette question dans sa tête, si bien que lorsqu'il obtint la réponse, la demeure Toshiya ne semblait plus visible, et les flancs du mont Kido se faisaient de plus en plus petits. L'un après l'autre, ses pas le menaient doucement le long du chemin du village des Nuages.

Il fallait connaître la région pour s’engager dans le chemin qui perce la forêt du Sud de Kumo no Kuni, et emmène les voyageurs vers le pré par lequel passent presque tous les voyageurs et shinobis. Cette plaie entre les arbres, des générations d’hommes l’ont entretenue comme feu, coupant les branches à mesure qu’elles repoussaient, luttant sans cesse pour empêcher que la masse des bois ne se refermât. La voie, en proie à l’effacement, résonnait de cris d’oiseaux. Takuan poussait sur ses orteils pour décoller les pieds d’un sol boueux, et qui montait en pente douce des kilomètres durant. Des ronces lui agrippaient les mollets, lui griffaient le visage si jamais ils n’y prêtaient guère. Il en riait. Lui si petit être dans un monde végétal immense. Quelques griffures lui semblèrent un bien maigre tribut pour parcourir de telles contrées. De petites araignées brunes couraient sur la mousse entre les feuilles. Takuan les regardait avec perplexité. Ainsi donc devait-il ressembler à cela, lui, qui tenait plus de l'ours que de l'insecte ? Sous la voûte végétale, que seuls de rares rayons parvenaient à traverser, quelques glaives lumineux zébraient d’or les sous-bois comme dans les enluminures d’un vieux livre de contes.

Enfin la feuillée s’ouvrait et ils débouchaient sur une grande clairière, jadis ceinte d’une gigantesque palissade aux troncs morts puis, depuis quelques années, de quelques ruines de maisons éparpillées ça et là, témoins d’un petit village qui se tenait là autrefois, certainement un relais pour voyageurs fatigués. Un souffle léger lui caressa le visage, joua sur ses cheveux, et à mesure qu’il foulait l’herbe haute des jardins en friche, lui faisait plisser les yeux, et lui chatouillait le creux de l’oreille. Et tout ce chemin qu’il venaient de parcourir en ces bois profonds, ce parfum d’humus et cette rivière aux boucles vertes qu’il savait en contrebas, tout cela se dérobait, paraissait irréel, laissait place à la réalité du monde qui s’étalait devant eux. Lorsqu'il sortit de ce labyrinthe floral, le village de Kumo No Kuni se dressait devant lui...

A quoi pensait donc le voyageur lorsque pour la première fois ses yeux se fixaient sur le céleste village shinobi de Kumo? Takuan eut sa propre réaction, bien à lui. Il s'assit en tailleur, et ne bougea plus de la journée.

*Si ça ressemble à ça de jour, à quoi cela ressemble-t-il la nuit ?*

Il lança ses perceptions autour de lui. Le bruissement des feuilles de l'orée du bois qu'il venait de traverser, le ruissellement sourd de la rivière en contrebas, les piaillements d'une famille de moineaux affamés, le crissement des roues des attelages sur les roches de la route commerciale non loin de la, et au loin, le village des nuages qui petit à petit, revêtait sa robe de lumières pâles et mouvantes comme des fantômes pris dans une tornade. Une fois que le crepuscule esquissa le contour de ces maisons hautes et rondes comme des champignons, le véritable bal des lumières suspendues sous ce ciel orangé commença, parsemé de boules de coton qui ressemblaient à s'y méprendre à de gros bonbons de sucre. Takuan comprit pourquoi on l'appelait le village des Nuages. Ces tours immenses donnaient l'impression de jouer avec les cieux, une partie de cache-cache avec la voûte étoilée qui soudainement se livra à la contemplation du Toshiya. Il s'endormit dans cette position, bercé par le souffle du vent dans la chaleur moite d'un été précoce.

La marche reprit au lever du soleil. Takuan se revigora le long de la rivière, puis héla un bateau de marchandises qui accepta de le prendre pour finir le voyage. Ils partagèrent des histoires, un peu de pain, quelques poissons fumés. L'un des hommes portait un chapeau de paille arrondi qui plut beaucoup au Toshiya. En échange de quelques Ryos, et du reste des vivres qu'il avait emporté et dont il n'aurait plus besoin, il en fit l'acquisition. Il observa son regard au travers du reflet de l'eau, amusé comme un gosse de découvrir son nouveau look. Il se rendit compte par la même occasion qu'il ne s'était rasé depuis plusieurs jours. Les gardes du village des nuages le permettraient-ils de passer les portes avec un tel accoutrement de voyageur mal lavé ? Il allait pouvoir se faire une idée très bientôt, car déjà la rivière coupait le dernier pont avant la destination finale. Takuan fut déposé sur le rebord, et après de brefs adieux avec les passagers de l'embarcation, rajusta son maigre sac de voyage et avala la distance restante. Deux gardes étaient postés à l'entrée du chemin.Il n'avait que 22 ans, mais semblait en faire une dizaine de plus facilement, barbu comme il était. Sa grande taille n'y était pas pour rien non plus. D'un pas assuré, il avala la distance. D'ici peu, Takuan serait shinobi du pays des Nuages...
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MessageSujet: Re: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   Mer 4 Juin - 3:05

Hey les zouzous, me revoilou Smile J'ai modifié l'histoire par rapport à la précédente validation pour enlever ce qui avait attrait aux arcs ainsi qu'à la taille du village de Kumo. Quelques Toshiya utilisent des arcs dans mon histoire, mais tout simplement comme arme régulière (ce qui parait logique car ils restent des assassins).

S'il manque quoi que ce soit, n'hésitez pas !

Taku'
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MessageSujet: Re: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   Mer 4 Juin - 14:55

Bon retour parmi nous  ^^

Après lecture de ton histoire, un détail me laisse perplexe, une incohérence pour être plus exact.  Plusieurs fois, tu parles de dons du clan, des techniques de toiles, de capacités héréditaires… Tout ça est vrai mais le chakra est apparu il y a 5 ans. Tu arrives à 8ans, tu développes ton don « tard » à 14ans, et tu en as aujourd’hui 22. Ca ne colle pas au niveau des dates. Les Toshiya peuvent avoir des traditions d’assassinat, mais les toiles ne peuvent pas en faire partie. Est-ce que tu comprends le problème ?

J’ai conscience aussi que le BG du clan contient bien plus d’incohérence, il faudra que je remédie à ça rapidement.

En résumé, modifie simplement ce détail, ça peut être très rapide, et tu seras validé tout de suite après.

EDIT : Merci pour les modifications. te voilà validé en tant qu'aspirant de Kumo, félicitations !

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MessageSujet: Re: Takuan Toshiya - L'Enfant de la Toile   

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