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 [CI004] Chemin en sous-bois

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MessageSujet: [CI004] Chemin en sous-bois   Lun 6 Aoû - 5:48

Le parfum de l’écorce humide et de la boue fertile accompagnait le cliquetis des gouttes d’eau, qui dévalaient le long des canopées épaisses. Depuis une petite demi-heure déjà l’équipe Samui s’était mise en route à travers les dédales de forêts, dont la plupart des habitants ne savaient même pas eux-mêmes toujours comment en sortir, à cause des brouillards omniprésents qui brouillaient rapidement tous les repères visuels. Sainan virevoltait de branche en branche, usant de son agilité de Ninja pour se faire le plus léger possible. A cette heure de la journée il était difficile de savoir que trouver à trois mètres devant soi, aussi le Chuunin s’aidait de la boussole pour ne pas perdre sa direction. Au-delà de ça, Sainan était un jeune homme de terrain, et il pouvait le revendiquer. Maintes fois avait-il foulé les alentours de Kiri, arpentant les forêts pour sa protection, si bien qu’il connaissait, d’une mémoire très ancrée, beaucoup de chemins à travers la végétation dense.

Son long vêtement noir était trempé, soit quelque chose d’assez ordinaire pour un Kirijin, qui n’évoquait plus le moindre signe d’agacement pour cela. L’Aisu avait accroché le crâne qui lui servait de masque autour de sa ceinture, de laquelle pendaient quelques maillons des chaînes qui la solidifiaient, rythmant sa course dans les claquements du métal. Il ne portait son double-visage de mort qu’en mission individuelle, choisissant de ne pas se voiler aux côtés de ses Kun. Camouflé sous sa profonde capuche de laquelle ne s’extirpait que son menton au teint pâle, son allure reflétait une aura spectrale.

Sainan avait pris le réflexe de jeter un bref coup d’œil toutes les minutes afin de voir si ses apprentis le suivaient toujours sans problèmes. En raison des brumes ambiantes, il avait ralenti la cadence, ce qui rendait le train beaucoup plus supportable à n’importe quel Shinobi en formation. La seule difficulté à laquelle il fallait palier était celle de ne pas briser les branches sur lesquelles la troupe sautait, l’un après l’autre. Pour l’heure, personne n’avait chuté en tout cas. L’Instructeur continuait donc à mener la danse, ne préférant pas faire de pause en raison d’un délai probablement déjà condamné d’avance en raison d’un climat peu favorable à une ruée.

Lentement, l’atmosphère étouffante et la pluie lourde semblèrent fatiguer ses Kun. A leur mine, quelque chose devait ne pas aller correctement, et Sainan ne tarda pas à marquer un arrêt au creux de la cime d’un arbre pour savoir comment ils se portaient. Il profiterait surement de cette pause pour leur donner les informations sur la mission. S’agrippant d’une main contre le tronc du perchoir centenaire, le jeune Aisu se retourna vers ses élèves, la mine accueillante.

[Sainan] « Vous n’avez pas l’air dans votre assiette. Il est des pâleurs que même les peaux du Pays de l’Eau ne reflètent pas de nature. Comment vous sentez-vous ? »

Après avoir posé sa question, le Chuunin balaya du regard les quelques mètres où il pouvait voir autour de lui, manifestement aux aguets du moindre danger potentiel. Un flash ramena à sa mémoire la douleur qui fut la sienne lorsqu’il vit périr son propre Sensei et sa coéquipière. Un frisson de colère parcourut son expression, tandis qu’il se jura une nouvelle fois intérieurement que rien de tout cela ne saurait lui arriver. Posant de nouveau un regard protecteur sur ses élèves, il les observait.

Derrière son jeune âge, émanait de lui un sentiment de sécurité palpable, pour ceux que Sainan couvait. Non pas qu’il soit le Shinobi le plus renommé du Village, loin de là, mais il pouvait inspirer une confiance à ceux qu’il aimait, et s’était toujours considéré comme le dernier rempart de ses protégés coûte que coûte. Telle était ce qu’il croyait être sa destinée, protéger ceux qui étaient plus faibles que lui, les prévenir de tout mal quel qu’en soit le prix. Il ôta sa capuche, dévoilant sa longue chevelure noire aux reflets pourpres et le cache-œil, aux motifs travaillés, qui dissimulait son œil droit crevé. Ses Kun allaient répondre.


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Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Lun 6 Aoû - 11:53

Cela devait faire une demi heure qu'ils sautaient de branche en branche dans la forêt jouxtant Kiri. Sainan était assez loin devant et ouvrait le chemin. L'aisance avec laquelle il dosait précisément ces sauts pour arriver toujours dans la meilleur position pour rebondir sur la branche suivante était impressionnant. On voyait bien qu'à force de mission, se déplacer ainsi lui était aussi facile et naturelle que marcher.

Soujuu, lui, n'en menait pas large. Il n'avait jamais essayé avant et le brouillard n'arrangeait pas les choses. L'humidité rendait les branches glissantes et la vision était très limitée. Heureusement, il était plutôt agile et effectuait de meilleur saut au fur et à mesure de sa progression dans la forêt.

Mais il n'arrivait pas à utiliser toutes ses capacités à 100% car il avait un mal de ventre sans doute du aux ramens qu'il a mangé trop vite. Pour le moment, cela ne le faisait pas trop souffrir mais il sentait que la douleur augmentait à chacun de ses sauts. Il essayait de pas montrer son problème à son Senseï afin qu'il ne passe pas déjà pour un boulet.

Un coup d’œil derrière lui l'indiqua qu'il n'était pas forcément le plus mal au point. Sa coéquipière était encore plus lente que lui. Même s'il la trouvait bizarre, il ne pouvait s’empêcher de ralentir et de se mettre à sa hauteur. Si jamais elle ratait une branche, il pourrait avoir une chance de la sauver pour qu'elle ne se casse pas quelque chose. Comme elle avait l'air en difficulté, il eut envie de la réconforté.

- Ne t'inquiète pas, Sainan va sans doute faire une pause pour nous expliquer le déroulement de la mission. On pourra souffler un peu.

Il n'entendit pas la réponse si, toute fois, elle en avait prononcé une. Il ne savait pas si cela avait eu l'effet escompté mais son vœu se réalisa quelques minutes plus tard. Sainan s'était arrêté sur une lourde branche d'un grand arbre.
Malgré sa posture accueillante, son regard était plutôt anxieux. Sans doute, avait-il remarqué nos difficultés à effectuer ce simple exercice. Il est vrai qu'autrefois mon grand-père pouvait savoir si j'étais malade uniquement en regardant la couleur de mon visage tant il devenait blanc dans ces rares moments.

D'un geste mal assuré, il atterrie sur la lourde branche pratiquement en même temps que Mizugiwa.

- Vous n’avez pas l’air dans votre assiette. Il est des pâleurs que même les peaux du Pays de l’Eau ne reflètent pas de nature. Comment vous sentez-vous ?

Effectivement, il avait deviné juste. Pour la première mission parfaite, c'était raté. Quoi de plus pitoyable qu'un stupide mal de ventre ?! Il espérait juste maintenant que son Senseï avait quelque chose pour le lui enlever...

Comme Mizugiwa reprenait son souffle, il parla le premier.

- Excusez-moi Senseï. Je crois avoir mangé trop vite avant la mission... J'ai des douleurs à l'estomac. Mais ce n'est pas important, je peux très bien mener cette mission à bien avec ce petit problème.

Finalement, sa fierté personnelle l'avait emporté sur sa sécurité...

MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Lun 6 Aoû - 18:10


Mizugiwa était une fille de l’océan, comme d’autres l’étaient des montagnes ou des plaines. Partout où ses pas l’avaient amené jusqu’à présent, l’Eau ne l’avait jamais quitté. Pour un œil spectateur, la route qu’elle avait suivie depuis ses débuts aurait très bien pu paraître décousue, voir incompréhensible. Pourtant, à bien y regarder, Mizugiwa n’avait cessé de longer les côtes sur des kilomètres et des kilomètres jusqu’à ce fameux soir, sur la plage de Tohoku. L’explication à ça était assez simple à comprendre : Mizugiwa rechignait à se séparer de l’Eau parce qu‘elle rechignait à se séparer du seul réconfort que connaissait son existence. S’il lui était arrivé de s’éloigner des côtes pour s’enfoncer un peu plus dans les terres, Mizugiwa ne le devait qu’au tiraillement de la faim et non à un désir propre d’éloignement. D’ailleurs, depuis que l’ANBU l’avait trouvé, puis amené à Kiri, le phénomène n’avait en rien diminué dans son ampleur. Bien au contraire. Dépaysée par tout ce que Kiri pouvait compter d’immeubles, de routes, de maisons, de tours, de rues, de places, de temples et de ponts, Mizugiwa n’avait cessé de rechercher le moindre plan d’eau que pouvait compter le village dans le seul but de s’y ressourcer quand les évènements ne lui permettaient pas de rester toute la journée sur la plage. Grâce à ça, elle avait dressé une carte bien à elle de Kiri. Une carte qui ne se préoccupait pas de savoir où se trouvait l’Académie, les salles d’entraînement, l’Allée des commerçants ou le bureau du Mizukage, mais qui interconnectaient toutes les fontaines, canaux d’eau et plans d’eau artificiels du village. Un tel besoin de proximité, car c’était bel et bien un besoin réel, posait évidemment un problème insoluble aux personnes qui souhaitaient faire d’elle une kunoichi. Car comment pouvait-on seulement l’envoyer en mission sans réellement connaître la réaction qui serait la sienne après plusieurs heures passées loin de son élément ? Prenait-on le risque de lâcher un animal mortifié par la moindre présence humaine dans une pièce noire de monde ? Le bon sens voulait plutôt qu’on habitue progressivement l’animal à cette présence avant de la faire grossir au compte-gouttes. Mais contre toute attente, Mizugiwa n’avait pas bénéficié de ce traitement de faveur. Elle avait été catapultée dans une mission en dehors de ses repères, peut-être même très loin de l’Eau. C’était un risque que les autorités de Kiri avaient voulu prendre et qu’elles regretteraient peut-être.

Les poissons n’avaient pas la même aisance dans l’eau et en dehors, c’était bien connu. Tout comme les singes n’évoluaient pas de la même manière entre les branches d’arbres et les courants marins. Alors imaginez ce que cela pouvait donner de demander à un poisson de sauter de branche en branche ou à un singe de s’enfoncer dans les abysses. Mizugiwa était dans une situation proche et justifiait ainsi sa dernière place dans le trio de course. Elle ne manquait pas à proprement parler de dextérité, ça non, mais d’agilité et d’autres choses. Plus d’une fois, elle avait manqué de rater son appui et de dégringoler au sol si elle n’avait pas eu l’intelligence ou le réflexe, au dernier moment, de se cramponner des deux mains à la branche. Loin devant elle, Sainan ne semblait pas souffrir du même problème. Il traçait la route sans grande difficulté et sans imprimer un rythme insurmontable en soit. Moins en avant, Soujuu réussissait à tenir l’allure sans signe concret de fatigue.

Tout dans cet endroit mettait Mizugiwa en difficulté. La lourdeur de l’atmosphère ne l’aidait pas à se sentir plus à son aise dans cet univers de branches, de troncs et de feuillages. La bonne odeur du sel marin était volontairement imprimée dans son esprit car les rares courants d’air qui venaient lui caresser le visage lui rapportaient un parfum de verdure tout bonnement insoutenable. Ses appuis n’avaient guère plus d’assurance que ceux d’un nouveau-né, sa tête était embrumée par l’odeur de la forêt et ses yeux ne distinguaient vaguement que les deux silhouettes noires devant elle sans saisir les différences de nuances dans l’océan verdâtre qui s’étendait à perte de vue. Ce monde n’était pas le sien. Tout son corps en était convaincu et s’appliquait à rejeter violemment toute son étendue. La forêt n’en frémissait pas pour autant, les arbres ne s’écartaient pas de sa vue, et l’air ne se vidait certainement pas de son parfum antique. Mizugiwa était condamnée. Heureusement pour le reste de l’équipe, l’échec n’entrait pas en ligne de compte dans ce procédé. Mizugiwa n’avait pas plus conscience que le moindre de ses actes avait une conséquence dans cette mission que de l’importance même d’une mission pour un village caché de la trempe de Kiri. Pour son propre bien être, elle était tout à fait capable de redescendre de quelques strates dans la forêt, voir de remettre les pieds à terre et de déployer ses sens pour trouver un endroit où l’Eau pouvait subsister, même si l’endroit en question n’était qu’une marre nauséabonde. Et cela sans plus accorder d’attention aux deux silhouettes devant elle. Mizugiwa aurait pu et elle l’aurait sans doute fait si les évènements n’avaient pas très vite joué en sa maigre faveur. Soujuu se porta le premier à son chevet et tenta de la rassurer sur les intentions de Sainan. Mizugiwa le fixa de toute l’intensité de son regard pour lui signifier de façon muette que ce n’était pas d’air qu’elle manquait mais d’eau. Son malaise était si grand qu’elle ne remarqua même pas le teint pâle de Soujuu à cet instant et le malaise qu’il devait lui-même combattre. Ses pensées se confondaient. Les mètres défilaient à toute allure sous ses pieds mal assurés et l’impression que la vitesse était la même dans sa tête ne faisait que renforcer ses difficultés.

Soudain, la silhouette de Sainan se figea et quelques bonds et secondes suffirent à regrouper le trio sur la même branche épaisse. La première halte de la journée sonna comme un calvaire pour Mizugiwa. Perdre leur temps à s’arrêter au beau milieu de ce paysage ne lui inspirait rien d’autre que de la douleur, car c’était le mot qu’elle associait à l’angoisse et à toutes les sensations qui lui étreignaient le cœur. Sans le moindre bruit, elle s’installa sur la branche sans éprouver le moindre soupçon de vertige à l’idée que ses pieds se balançassent au-dessus d’un grand vide. Les hauteurs ne lui faisaient rien. La question de Sainan tomba alors avec la force d’un rocher s’échouant au beau milieu d’un lac lisse. Une force si terrible qu’elle renforça presque immédiatement le malaise qui clouait Mizugiwa sur place. Elle se mit à regarder dans le vague puis elle ferma ses yeux pour ne plus avoir à regarder ce cercle de nuances vertes. Sa main gauche, elle la cramponna à la branche pour se donner un meilleur équilibre, mais sa main droite alla droit à sa poitrine, là où son cœur frappait violemment sa carapace. Les bruits de tambour s’imposèrent si nettement à elle que la voix de Soujuu perdit tout son sens au terme de sa première phrase. Mizugiwa n’était pas la seule à rencontrer des difficultés, mais la seule à souffrir. La nuance était là, évidente, mais seulement pour elle. L’interroger sur ce sujet renforçait son angoisse car elle savait que ni Sainan ni Soujuu ne pouvait ni comprendre ni imaginer la puissance du lien qui l’unissait à l’Eau. Dompter l’Eau était une chose dont le clan Aisu pouvait se targuer, mais combien parmi eux avaient seulement vécu des jours et des mois entiers avec elle, simplement assis sur une berge à l’écouter parler ? Combien ressentait un véritable déchirement loin d’elle ? Probablement aucun si ce n’était Mizugiwa. Beaucoup de gens la qualifiaient d’étrange ou de bizarre à l’Académie et sans doute n’avaient-il pas tort. Mizugiwa était consciente qu’elle ne menait pas une existence comme la leur et qu’elle ne nourrissait pas du tout les mêmes besoins qu’eux.

[Mizugiwa] – Elle me manque…

Mizugiwa ne s’entendit même pas prononcer ces mots. Elle les avait pourtant prononcés, instinctivement sans doute, après que Soujuu eut parlé. Le plis caractéristique qui apparaissait au milieu de son front lorsque quelque chose lui échappait était là lui aussi. Elle se souvint d’une conversation, une très lointaine conversation qu’elle avait surprise à une époque où ses pas avaient erré à quelques encablures des vestiges d’Izu sur l’île d’Aso. Elle était l’œuvre de deux hommes dont l’allure général et les visages s’étaient effacés de sa mémoire. Elle entendait seulement la voix la plus rocailleuse des deux dire à l’autre qu’un bon chef d’armée devait savoir que l’échéance d’une attaque ne se jouait ni aux forces ni aux talents et encore moins aux compétences disponibles sous sa main, mais seulement à la fraîcheur du moral de ses troupes et au libre accès aux points d’eau. Privée d’eau, aucune armée ne pouvait tenir debout très longtemps. Au rouvrir ses yeux, Mizugiwa se surprit à prendre conscience de l’épaisse brume qui stagnait tout autour d’elle. La brume ne s’était bien évidemment pas matérialisée tout d’un coup. En réalité, elle avait même accompagnée l’équipe Samui depuis son départ de Kiri, seulement le détail avait totalement échappé à Mizugiwa dont l’esprit s’était tout simplement attaché à d’autres détails plus significatifs pendant ce temps. La brume, elle le savait, n’était rien d’autre qu’un voile constitué d’infimes particules d’eau. Cela ne valait certainement pas son océan mais c’était néanmoins un soupçon de réconfort. Mizugiwa se le signifiait comme un long bras nébuleux que la mer aurait étendu jusqu’au plus profond des terres pour poser ses doigts sur elle et lui dire « je suis encore là ». Le creux sur son front se volatilisa. Elle tendit son bras droit et ouvrit sa main dans le seul but de sentir cette présence entre ses doigts.

[Mizugiwa] – Il me faut de l’eau…

Son besoin était sincère et sa voix, aussi délicate fut-elle, exprima cette sincérité avec une force peu commune.


Dernière édition par Mizugiwa le Mer 22 Aoû - 12:36, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Jeu 9 Aoû - 5:02

Citation :
Technique enseignée : Suisouzou - Création d'Eau

Sainan n’avait pas perdu le léger sourire rassurant qu’il tentait toujours d’arborer devant des élèves qu’il apprenait doucement à aimer. Plusieurs fois il s’était demandé ce qui avait fait le succès des différentes équipes qu’il avait eu à mener par le passé, ou la réussite des classes dont il avait eu la charge. Il n’était pas homme à se croire pourvu d’un don pour l’apprentissage, et le fait est qu’il n’avait pas plus de qualités intrinsèques qu’un autre pour cela. En revanche, au terme de sa petite psychanalyse, il s’était rendu compte qu’il n’avait jamais mieux parfait ses méthodes d’enseignement que lorsqu’il avait appris à considérer ses Kun comme ses petits frères et sœurs. Il était un être mû par l’amour, bien plus que par la haine, et cette dernière se déchaînait d’autant plus fort lorsqu’était bafoué ce à quoi il tenait. Il savait qu’au terme d’une courte période, ce serait ainsi qu’il se lierait avec cette équipe Samui. Mizugiwa et Soujuu reflétaient tous deux des personnalités qui lui étaient attachantes, à leur manière. L’une n’inspirait que la protection de sa candeur, tandis que le second semblait déjà d’une ambition sans faille. Tous deux feraient un jour des Shinobi de renom, quelque soit ce qu’ils décideraient de devenir ; c’était là le but que s’était fixé l’Aisu.

Une brise fraiche vint s’insinuer dans l’encolure très ouverte de son long vêtement sombre. Sur son torse, qui n’était qu’à moitié habillé, l’on pouvait voir certains dessins aux beaux aspects, parfois ancrés dans sa peau avec une violence visible. Telles étaient certaines marques des sceaux qu’il s’était vu apposer. Le jeune homme continua à regarder ses élèves, tandis que ceux-ci lui avaient déjà répondu. Les secondes défilèrent sans qu’il n’y ait aucune réaction de sa part, tout juste se contentait-il d’observer les membres de sa petite équipe. Puis, soudainement, le sourire qu’il affichait depuis quelques instants s’estompa. Sainan tourna le visage et alla décrocher de ses vêtements des chaînes de longue taille qui y pendaient et s’y enroulaient. Après avoir déroulé quatre chaînes, il y accrocha des Kunai, et les projeta contre des troncs alentours. Ainsi venait-il de former un petit périmètre de ce qu’il estimait être de sécurité.

[Sainan] « Soujuu, tu pourras te reposer. Reprends ton souffle et, si tu en as besoin, vomis, marche un petit peu en contrebas. Mais ne franchis jamais la zone que je viens de délimiter. Nous allons repartir dans une petite heure. Tu feras attention à manger un peu moins la prochaine fois. Mais d’abord, sois attentif… »

Après avoir terminé ses recommandations à son jeune Shinobi, il lui offrit un dernier sourire en coin, preuve qu’il n’était pas fâché. Puis, dans un mouvement de tête et de regard à la fois doux et réconfortant, il se préoccupa de Mizugiwa, à l’allure faiblarde également. Il prit quelques instants supplémentaires pour réfléchir à la situation. De toute évidence cette fillette était d’une différence plus marquée que ce qu’il avait cru, vis-à-vis des Aisu de Kiri. Il ressentait lui-même de façon palpable, grâce à son affinité avec les Eaux, la douleur d’une sœur de sang en mal d’une source, mais ne pouvait que constater qu’il serait compliqué de la guérir d’une façon ordinaire. Il se demanda alors si son lien si puissant avec l’Eau ne serait pas davantage un handicap qu’un privilège, et ne tarda pas à balayer cette idée de son esprit, bien décidé à ôter la souffrance de sa Kun.

Avec beaucoup de calme et de retenue, il s’approcha d’elle et la blottit contre lui. Son oeil s’illumina d’une lueur azur très vive, tandis que se formait autour des deux Aisu l’équivalent d’un Bouclier d’Eau, à l’intérieur duquel déjà ses douleurs seraient peut-être légèrement atténuées. Forçant le regard de Mizugiwa à suivre le sien, en allant le chercher avec son œil en effervescence, Sainan s’exprima avec sérieux et force. Il sentait que le mal de Mizugiwa ne passait guère plus sous sa bulle d’Eau, et se devait de lui donner une leçon rapidement, sa première leçon. Soujuu aussi apprendrait certainement cette technique, et Sainan savait que ce dernier était attentif à son Sensei. Il espérait que Soujuu ne se sente pas rejeté, du fait qu’il accorde à Mizugiwa autant d’attention, mais le savait suffisamment mature pour comprendre qu’elle était d’une fragilité extrême.

[Sainan] « Mizugiwa, il est nécessaire que tu apprennes à créer ton Eau, sans quoi tu risques de souffrir du manque aquatique très rapidement. Ton corps semble posséder un lien avec les Eaux que je n’ai encore jamais ressenti, aussi il me sera impossible je crois de te venir en aide directement. En revanche je peux t’apprendre à matérialiser ce qui te manque tant, alors fais le vide en toi et suis mes paroles. »

La lueur s’intensifia encore dans la seule pupille dont Sainan était encore pourvu. En même temps qu’il parlait, la technique qu’il enseignait se réalisait sous les yeux de ses Kun.

[Sainan] « Ferme les yeux, ressens les Eaux qui t’entourent. Elles sont omniprésentes Mizugiwa, du Pays de l’Eau jusqu’à celui du Vent, tu trouveras toujours ce que tu chéris au-delà des frontières, car les Astres ont conçu le monde par l’Eau… »

Il marqua une pause très courte.

[Sainan] « Concentre-toi maintenant, et lorsque tu ressens les particules d’Eau qui émerveillent tes sens, efforce-toi de les rassembler, il faut que tu le décides. La clé du Ninjutsu est la volonté. Force l’atmosphère à se plier à la tienne, concentre au creux de ta main toute l’Eau qui t’entoure. Sens ses flux se ruer contre ta paume, et continue à te concentrer, tu ne dois pas rompre l'effort de ton esprit. Pense à la joie que te procureras la sensation de retrouver ton Eau.»

Sainan baissa la tête, il avait dans sa main une petite bulle d’eau. Il observait celle de Mizugiwa qui se formait petit à petit. D’un coin de l’œil, il vit que Soujuu aussi semblait parvenir à créer de l’eau.

[Sainan] « Et d’une dernière volonté sur les forces qui t’encerclent, ordonne à ce qui t’appartient maintenant dans le creux de ta main de ne jamais plus se dissiper. »

Cela semblait porter ses fruits, et lentement Sainan réduisit son Bouclier d’Eau, qui n’était plus d’aucune utilité.

[Sainan] « Ouvre les yeux maintenant. Mais continue à sentir l’énergie vibrer en toi, jusqu’à ta main. Soujuu, tu peux ouvrir les yeux aussi. »

Il n’attendait plus que de voir si Mizugiwa et Soujuu parviendraient à maintenir leur Suisouzou, mais gardait foi en eux. Très calmement, il observait ce qui allait en être.


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Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Jeu 9 Aoû - 18:17

Ainsi le problème de sa coéquipière était un manque d'eau... Soujuu n'arrivait toujours pas à comprendre son problème pour autant. Si elle avait besoin d'eau, Sainan n'avait qu'à lui donner une de leur gourde pour boire non ? Apparemment, le problème était plus compliqué qu'une simple déshydratation. Décidément, il ne comprenait rien à cette situation. Si elle avait tant besoin de ça que de l'eau, peut être était-elle apparentait au clan Aisu ?

Son grand-père lui avait déjà raconté l'histoire de ce clan ainsi que ses caractéristiques principales quand il était petit. Il avait toujours eu du mal a imaginer comment de l'eau pouvait appeler une personne sur des distances de parfois plusieurs kilomètres mais il avait finit par accepter qu'avec le chakra un peu près tout est possible.

Si elle faisait vraiment partie de ce clan alors seul Sainan pourrait lui venir en aide. Tout ce qu'il pouvait faire se résumait à la soutenir... Ou peut être également discuter avec elle pour mieux la connaitre et ainsi mieux comprendre ses problèmes pour l'aider. C'était un peu son devoir de coéquipier ou du moins il le prenait comme ça.

Pendant ses ruminations, Sainan installa quelques défenses provisoires pour faire une pause d'une heure. Il en profita également pour faire ses recommandations à Soujuu. Par un sourire en coin, il comprit que son Senseï n'était pas contrarié par son problème. Il en fut soulagé et du même coup, un nœud dans son ventre se desserra. Ce qui eu pour effet d'atténuer la douleur et de le convaincre qu'il n'aurait plus de problème pour la suite de la mission. Cela faisait déjà un problème de réglé.

Comme il le pensait, Sainan essaya d'apaiser Mizugiwa en créant une protection aqueuse. C'était la première fois qu'il voyait ce jutsu et il était impressionné par quelle facilité Sainan avait réussi à la créer à partir de rien. La surface de la protection était lisse et sans défaut. Il fut tenté de toucher la protection mais s’arrêta à temps de peur de perturber son maître et en particulier Mizugiwa.

Comme cela n'avait pas trop l'air de fonctionner, il demanda à sa disciple de créer de l'eau elle-même. Il dicta la marche suivre doucement et patiemment pour qu'elle s'empreigne bien des paroles. Soujuu comprenait maintenant pourquoi il était devenu Chuunin instructeur.

Soujuu ne put voir si elle y était parvenu car malgré lui, il se laisse également bercé par la voix de l'Aisu. Il ne savait même pas si la technique qu'il apprenait pouvait être appris par quelqu'un extérieur au clan mais il se laissa tout de même guider.

Il commença par fermer les yeux pour ne pas être perturbé par ce sens inutile pour l'occasion. Il s'assit en tailleur pour obtenir une meilleur concentration encore. Il ne se focalisa plus que sur deux choses essentiels : la voix de Sainan et le chakra qui bouillonnait en lui. Il ressentit le même état de transe que quand il frappait le Kunaï à la forge à ceci près que le son était beaucoup plus doux.

Il devait également ressentir l'eau autour de lui, l'humidité dans l'air. Pour une fois, le brouillard servait à quelque chose. Ses habits et sa peau était couvert d'une fine couche d'eau et il lui était plutôt difficile dans cet état de concentration de ne pas le ressentir. Il malaxa son chakra et pensa à toutes ses expérience qu'il avait pu avoir avec l'eau.

Tantôt insaisissable sous forme de vapeur, tantôt pratiquement solide comme une pierre sous forme de glace mais surtout sous forme originelle qu'est l'eau. Tant d'état différent mais au final cela ne restait que de l'eau, simplement une différence de température.

Quand il se sentit prêt, il lança son chakra dans l'air et captura les fines particules d'eau dans l'air pour les rassembler autour de sa main. Celle-ci lui indiqua que ce n'avait marché qu'à moitié, la sphère d'eau était loin d'être parfaite. Il avait oublié d'incorporer la notion de température ! En effet, l'eau devait rester à une température normal pour rester liquide or la chaleur de sa peau déséquilibrait le tout...

Il refit une deuxième tentative qui semblait mieux fonctionner et place cette boule dans sa paume en influant une faible quantité de chakra à l'intérieur en continu comme le voulait Sainan.

Il ouvrit ensuite ses yeux conformément aux dernières paroles de l'Aisu...

MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Sam 11 Aoû - 21:01


Sous la cime des arbres, perchée en hauteur, l’équipe Samui s’afférait. Sainan établit d’abord un périmètre de sécurité en s’aidant de chaînes et de kunais, puis il se porta au chevet de Soujuu que l’indigestion rendait pataud. Mizugiwa était assise à l’écart, en équilibre sur la branche, la main tendue devant elle pour sentir la brume glisser entre ses doigts. Celle-ci était si fraîche que Mizugiwa avait l’impression d’avoir la main à l’intérieur d’un réfrigérateur. Cette sensation avait matière à la rassurer, malgré le malaise profond que lui inspirait la forêt.

Mais ce malaise n’était rien comparé à celui qui s’empara d’elle ensuite.

Tout commença par un étrange remous dans le creux de son estomac. Mizugiwa l’assimila à une réaction de son sang ( ou plutôt l’eau contenue dans son sang ) à un élément extérieur. Elle eut aussitôt le réflexe de tourner la tête pour prendre conscience de ce qu’il se passait autour d’elle, mais contre toute attente sa mire se retrouva bloquée par la silhouette de Sainan qui, sans être enrobé, était assez large pour lui barrer la vue s’il se tenait assez près d’elle. Mizugiwa ne réalisa pas tout de suite ce qui se passait. Son sang ne fit qu’un tour.

La seule réaction appropriée qu’elle trouva sur le coup, fut de se raidir et de se faire la plus petite possible pour ne plus avoir à ressentir de contact physique entre elle et Sainan. Aussi imperceptible que soit cette réaction ( elle n’avait pour ainsi dire pas l’élan d’un vrai recul ), c’était la seule que Mizugiwa réussissait généralement à produire lorsque quelqu’un entrait dans son périmètre de sécurité sans qu’elle n’y ait consenti au préalable. Sainan eut beau mettre en avant ses talents de shinobi, Mizugiwa n’y accorda pas une seule seconde d’attention. Tout son être était replié sur lui-même, métaphoriquement parlant, et ne pouvait plus réagir.

La tétanie en était à pointer le bout de son nez quand, au plus grand soulagement de Mizugiwa, Sainan instaura un semblant de distance pour lui livrer le fond de sa pensée.

[Sainan] – Mizugiwa, il est nécessaire que tu apprennes à créer ton Eau, sans quoi tu risques de souffrir du manque aquatique très rapidement. Ton corps semble posséder un lien avec les Eaux que je n’ai encore jamais ressenti, aussi il me sera impossible je crois de te venir en aide directement. En revanche je peux t’apprendre à matérialiser ce qui te manque tant, alors fais le vide en toi et suis mes paroles.

Mizugiwa ne l’avait écouté que d’une seule oreille car même si elle n’en donnait pas les symptômes visuels, elle était bel et bien en état de choc. La voix de Sainan lui parut perdre progressivement de sa force jusqu’à devenir indistincte, comme si quelqu’un avait soudainement posé ses mains sur ses oreilles.

Elle ne tourna la tête que pour voir la bulle d’eau se former dans la main de Sainan. Des flots entiers de pensées se déversèrent alors dans sa tête et formèrent un amas indéchiffrable à l’origine d’un mal de crâne redoutable. Mizugiwa se sentit basculer dans un autre monde, comme si elle avait soudainement perdu l’équilibre, où lui revint le visage d’un homme penchée sur elle avec en arrière plan le ciel étoilé. Elle croisa son regard plein de colère, s’attarda sur son poing menaçant levé au-dessus de sa tête, puis elle le vit l’abattre sur elle…

La conclusion eut valeur d’électrochoc. Mizugiwa émergea brusquement de ses songes, le cœur battant à tout rompre. Elle réalisa qu’une atmosphère studieuse, résolue, planait autour d’elle. Un regard au premier plan puis un autre au second, sur sa gauche, lui fit comprendre que Soujuu tentait d’égaler la bulle d’eau que Sainan tenait dans sa main. Lui avait-on demander d’en faire de même ? Mizugiwa n’en avait aucun souvenir. Elle essaya tant bien que mal de remonter le fil des minutes mais celui-ci finissait toujours pas se rompre au moment où elle revoyait le poing s’abattre sur son visage. Malgré tous ses efforts, il lui était impossible de se rappeler ce qui s’était produit juste avant.

Mizugiwa dévisagea tour à tour Sainan et Soujuu qui étaient tous deux trop concentrés sur leur exercice pour le remarquer.

Elle savait qu’elle avait manqué quelque chose et prit sur elle de saisir le train en marche. Bien qu’elle n’avait entendu aucune des instructions initiales de Sainan, Mizugiwa reconnaissait la technique qu’il était entrain d’utiliser. Elle avait déjà vu une deuxième année en faire usage à l’Académie. Elle la revoyait même très clairement faire des signes énigmatiques pour obtenir la bulle souhaitée. Mizugiwa n’avait jamais eu besoin de passer par des signes pour créer une bulle d’eau. Il lui suffisait de le demander et l’eau venait se blottir contre elle, comme un boulon se collait à un aimant. C’était une approche différente, un autre degré de compréhension où l’eau était une entité vivante, non un jouet qu’on pouvait délibérément maltraiter pour obtenir ce qu’on souhaitait. Mizugiwa bascula doucement son corps vers l’avant, comme pour chuchoter à une oreille invisible.

[Mizugiwa] – Permets-moi de t’utiliser…

Elle présenta une main à plat, le creux dirigé vers le ciel. Son cœur se mit à palpiter. La brume qui l’entourait déroula d’innombrables rubans d’eau. Tous avaient la couleur grisâtre de la brume et sa consistance vaporeuse à l’une de leurs deux extrémités, et le bleu translucide et la consistance liquide de l’eau pure à l’autre. Le phénomène dura deux bonnes minutes avant qu’une bulle digne des deux autres ne se forme dans la main de Mizugiwa. Quoi qu’il lui en coûta, Mizugiwa coupa ensuite un à un tous les rubans pour ne conserver que la bulle. Elle ressentit un forte répulsion envers elle-même à ce moment-là car elle se savait coupable d’un crime qu’elle seule pouvait comprendre.

[Mizugiwa] – Je suis désolé…

Son murmure s’adressait cette fois à la bulle qu’elle avait ramenée contre son ventre.

[Mizugiwa] – Puises dans ma chaleur autant que tu le veux… le temps que je te garde avec moi…

La formation de cette bulle d’eau avait engendrée un très fort sentiment de culpabilité chez Mizugiwa mais elle lui permit aussi de reporter son attention sur elle plutôt que sur son manque. Une volonté nouvelle l’anima, celle d’accomplir le plus rapidement possible ce voyage pour ramener la bulle à son état originel. Mizugiwa se leva et chercha aussitôt le regard de Sainan.

[Mizugiwa] – Nous devons nous dépêcher…

Sa volonté s’était clairement exprimée, une fois encore, mais pas sûr que Sainan et Soujuu l’accepteraient aussi facilement.


Dernière édition par Mizugiwa le Mer 22 Aoû - 12:42, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Mer 15 Aoû - 17:39

Un agréable sentiment de satisfaction emplit le cœur de l’Aisu, l’impression d’une caresse à la chaleur humaine, comblant de son afflux les cratères d’une inquiétude désormais passée. Il prit quelques secondes pour observer les matérialisations d’eau de ses Kun, et ne cacha pas une certaine joie de leur réussite. L’eau était un élément à part entière, quiconque pratiquait le Ninjutsu en connaissait ses traits particuliers. La rage et l’orgueil étaient l’apanage du Feu. L’Eau était à la fois rebelle et volatile, aspirant toujours à la liberté mais capable de donner sa force à quiconque louait sa grandeur. Les manipulateurs du Suiton possédaient tous un point commun, une humilité rendue nécessaire quant à leur affinité de prédilection. Il était tout simplement impossible de puiser au cœur des Eaux sans les avoir comprises et s’en être émerveillé. Aussi, savoir que ses Kun étaient acceptés par les flots était révélateur de la pureté de leurs âmes. Si dures puissent-elles être un jour à l’égard du monde, celles-ci venaient de révéler une nature bonne et claire. Or, au jour du trépas, seul est sondé le cœur, dénudé des vices de l’apparence.

Sainan rompit les flux de Chakra qui matérialisaient sa bulle d’eau, tout en refermant sa main d’un coup sec et circulaire. Un instant après, il laissa se dessiner un de ses habituels rictus tandis que sa chevelure pourpre fut balayée sur le côté, emportée par un courant d’air froid. Fermant ses yeux, le visage paisible et serein, il laissa se dissiper les énergies qui tourbillonnaient en lui, tandis que s’estompait peu à peu la lueur de glace qui émanait de ses pupilles. L’atmosphère redevint tout à fait ordinaire, les brumes ambiantes ne furent plus perturbées par les commandements du Ninjutsu. Rouvrant les yeux, le jeune Chuunin les posa sur chacun de ses élèves, arborant les traits de la fierté.

[Sainan] « Vous voici initiés au Suisouzou. Quiconque se voue un jour au Suiton se doit d’entamer son chemin par la création de son Eau. Vous venez de poser les fondations d’un édifice futur, et l’avez fait avec brio. Vous avez une petite demi-heure pour vous reposer, nous n’allons pas tarder à repartir. Je vous félicite tous les deux. »

La pensée de l’Aisu se tourna un temps sur Soujuu. Ce garçon manifestait une soif d’apprendre et une volonté de bien faire qui sautait aux yeux. Ce que Sainan appréciait le plus était sa capacité à se mettre en retrait aux côtés de Mizugiwa, qui avait encore davantage besoin de son Sensei que lui. Pour autant, il ne perdait jamais une miette des directives, et les exécutait bien, offrant toujours ce qui semblait être le meilleur de son effort pour une équipe qu’il apprenait doucement à aimer, dirait-on. La flamme du passé se ravivait d’ailleurs avec une grande intensité lorsque Soujuu prêtait attention à sa co-équipière, comme Sainan l’avait fait des années auparavant, avant de la voir mourir. Mizugiwa et lui étaient très différents, peut-être aux antipodes, mais l’on pouvait déjà lire en Soujuu l’instinct protecteur et fraternel que même les forces les plus sombres du monde redoutent à juste titre.

S’extirpant de sa réflexion, Sainan alla s’adosser contre le tronc, l’une de ses jambes pendantes tandis que l’autre servait d’appuis sur la grosse branche. De ses vêtements et sa ceinture s’extirpaient toujours des dizaines de chaînes cliquetantes plantées un peu plus loin dans le bois. Semblant ailleurs, il fouilla dans sa poche et en ressortit un dé taillé dans l’ébène et bien travaillé. Comme son masque de mort, l’Instructeur aimait se faire artisan de temps à autres, appréciant passer des heures à confectionner ce qu’il souhaitait. Effectuant des lancers répétitifs, Sainan jetait et rattrapait son dé, pensif.

La scène dura cinq très longues minutes, durant lesquelles l’Aisu ne dit pas un mot. Puis il cessa son manège. Il culpabilisa soudain de ne pas couver Mizugiwa qui avait besoin de l’être, il ne lui avait d’ailleurs même pas répondu lorsqu’elle s’était exprimée quelques minutes auparavant. Tendant l’un de ses bras, la main ouverte, signe qu’il l’appelait vers lui avec affection, il reprit la parole.

[Sainan] « Tu peux venir, si tu veux, Mizugiwa. »

Depuis leur première rencontre, un sentiment qu’il ne parvenait pas à imager l’exhortait à prendre soin de la petite élue des Eaux plus qu’il ne le fallait peut-être. Plus fort que lui était l’instinct de la protéger, de la rassurer. Et finalement, son rôle d’Instructeur et sa volonté de garder une certaine distance, dénaturaient ses intentions affectueuses. Mais pouvait-il en être autrement ?
Finalement, il trouva ce qui chez sa Kun l’émouvait tant. Elle lui rappelait Shinju, sa petite sœur, le seul être qu’il chérissait encore en ce monde. Son innocence, une force bridée, sa candeur, autant de traits qui reflétaient celle qu’il s’était juré de protéger coûte que coûte. Il ne savait pas si elle viendrait vers lui, ni si cela servirait à quelque chose. Toutefois il se disait qu’un peu d’amour et de proximité l’aideraient peut-être. De Sainan émanait la sensation palpable qu’il saurait être un réconfort pour Mizugiwa, un frère de sang, un aîné. Aurait-elle eu besoin de se blottir contre une chaleur humaine qu’il l’aurait accepté. Ne sachant pas encore quelle serait la réaction de son élève, il donna ses derniers mots.

[Sainan] « Voilà notre mission. Shinji Naboko est un Père de famille. Depuis quelques temps, il reçoit des menaces de mort de la part de quelqu’un qui se présente comme sa fille abandonnée. Shinji nie connaître une telle personne. Nous allons à sa rencontre pour tenter de retracer l’origine de ces lettres, et résoudre la question. Une curieuse affaire familiale, de prime abord… »


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MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Mer 22 Aoû - 12:28


La réaction de Sainan ne se fit pas attendre, mais elle était loin de répondre à la problématique posée par Mizugiwa. Le chef d’équipe fit comme s’il n’avait rien entendu ou en tout cas le fit-il ressentir de cette façon, et s’assit nonchalamment contre l’arbre. Par chance, sans doute, l’agacement n’était pas une donnée qui entrait en ligne de compte dans l’esprit de Mizugiwa. Elle ne lui tint donc pas rigueur de son comportement. Elle ramena tout juste son attention sur la seule chose qui lui assurait un lien avec la réalité : la sphère d’eau qui palpitait dans le creux de sa main. Immédiatement ses pensées se synchronisèrent aux frissons du faible courant d’eau qui dessinait un cercle imaginaire au cœur de la sphère. La volonté qu’elle avait affichée de partir séance tenante se volatilisa, comme si l’Eau contenue dans la sphère l’avait littéralement happé. Une paix durable, mais fragile, s’installa en elle. En réaction à cela, quelque chose changea dans la sphère. Pour un œil non-averti, cette sphère n’était rien de plus qu’une sphère tout à fait banale. Mais pour Mizugiwa, l’imperfection de son contour lui avait tout de suite bondi aux yeux comme un feu d’alarme bondissait aux yeux d’un éclaireur. Si bien que lorsque ce contour prit soudain un arrondi parfait, Mizugiwa sut que l’Eau avait accepté sa présence.

[Sainan] – Tu peux venir, si tu veux, Mizugiwa.

La proposition de Sainan sortit Mizugiwa de sa contemplation. Elle le regarda avec un hébétement profond, mais à peine perceptible dans le nuancier de ses yeux. Que pouvait-il bien attendre de sa part à lui tendre la main comme il était entrain de le faire ? La question était posée, mais Mizugiwa prit soin de l’éviter car tout ce qui pouvait passer pour un rapprochement non souhaité la mettait mal à l’aise. Or elle n’avait pas oublié la façon dont Sainan s’était approché d’elle un peu plus tôt et comment il avait franchi une limite que peu s’était permis de franchir par le passé, sauf pour la rouer de coups. L’expérience lui avait laissé un goût amer. Sainan n’était pas le fond du problème. Il n’avait manifesté aucune animosité à son égard. Non le problème était plus complexe que ça et plus délicat à résoudre que celui posé par la relation que Mizugiwa entretenait avec l’Eau. Elle hésita pendant un moment à avoir la moindre réaction, mais elle résolut finalement à s’approcher et à s’asseoir à quatre ou cinq mètres de Sainan tandis que celui-ci prenait de nouveau la parole.

[Sainan] – Voilà notre mission. Shinji Naboko est un Père de famille. Depuis quelques temps, il reçoit des menaces de mort de la part de quelqu’un qui se présente comme sa fille abandonnée. Shinji nie connaître une telle personne. Nous allons à sa rencontre pour tenter de retracer l’origine de ces lettres, et résoudre la question. Une curieuse affaire familiale, de prime abord…

La notion de « mission » était quelque chose de très incertain dans l’esprit de Mizugiwa. Ce n’était pas une question d’ignorance cette fois-ci, car le mot ne lui était pas totalement inconnu. Elle n’arrivait seulement pas à poser une signification concrète dessus comme Sainan était entrain de le faire. Se nourrir était une mission, trouver un endroit où dormir à l’abri du vent était une mission, marcher sur des kilomètres était une mission, mais en quoi les problèmes des autres pouvaient-ils représenter une mission pour elle ? Une fois encore, la question était posée mais Mizugiwa ne disposait d’aucun élément en sa faveur pour y répondre. Les problèmes que rencontraient les gens ne l’intéressaient pas. Ce n’était pas de l’égoïsme ou du désintérêt de la part de Mizugiwa. La subtilité était tout autre. Elle considérait simplement que tout le monde devait porter sa propre charge et qu’elle n’avait pas les épaules pour en soutenir beaucoup plus. Quelqu’un lui avait dit, un jour, que la charge de ses propres erreurs et celle de toutes ses décisions en général était l’engrais strictement nécessaire à l’esprit humain pour se développer et déverrouiller les compétences enfouies au plus profond de lui. Sur le coup Mizugiwa n’avait pas tout à fait bien compris cette phrase, mais depuis elle avait beaucoup voyagé, et porté sur elle un poids innommable qui lui avait permis d’ouvrir les yeux sur un certain nombre de choses. Parmi lesquels la leçon qu’on ne devait pas priver quelqu’un de chercher ses propres réponses. Si ce quelqu’un ne se montrait pas intéressé par la tâche, alors c’était un simple d’esprit. Il n’y avait pas de moquerie dans cette conclusion, encore moins de mépris, simplement un choix qui prenait l’allure d’un fait.

Si Mizugiwa ne s’intéressait pas le moins du monde à cette notion de mission, et se gardait donc bien de faire le lien avec le village, la situation décrite par Sainan l’intrigua. Un père qui ne reconnaissait pas sa fille… une fille qui voulait la mort de son père… c’était bien la première fois qu’elle entendait une chose pareille. Mizugiwa était orpheline. Son père ne réveillait aucune image dans sa mémoire, aucun souvenir en particuliers. Elle était donc bien placer pour approcher la vérité sur les sentiments d’une fille abandonnée. Et la vérité lui dictait que jamais il ne lui serait venu à l’idée d’attenter à la vie de son père. Même pour l’avoir abandonnée. Les rouages de son esprit s’activèrent à la placer dans la peau d’un père de famille et là encore elle ne trouva pas de ressemblance entre ce qu’elle ressentait et les faits déclarés. Un père ne reniait jamais totalement son enfant, quoi qu’il en laisse paraître. C’est le sentiment qu’elle en avait. En conséquence de quoi, Mizugiwa tira la conclusion que l’un des deux mentait, voir peut-être les deux. Cette perspective lui arracha un sentiment de dégoût qu’elle chercha à taire en baissant ses yeux sur la sphère d’eau qu’elle gardait précieusement contre son ventre. Abandonner ou être abandonner, la finalité restait la même. On se mentait à soi-même comme on mentait aux autres.

[Mizugiwa] – L’un des deux ment…

Mizugiwa avait pris la parole d’une façon très calme, très posée. Elle ne chercha pas le regard de Sainan ou de Soujuu pour y lire leur réaction à ce qu’elle venait de dire. Elle n’en ressentait pas le besoin. Le mensonge était une chose qui la répugnait plus que tout autre. Elle avait le sentiment que le fond de cette histoire n’avait rien à voir avec ce qu’il laissait paraître dans la bouche de Sainan.

[Mizugiwa] – Ou les deux…

Devait-on aider des gens qui ne se souciaient pas d’accepter la vérité telle qu’elle était ? Mizugiwa ne comprenait pas encore pourquoi aider ce Naboko Shinji changerait quelque chose à son existence. A raison, sans le savoir, car cette affaire ne changerait véritablement rien à son existence. Mais quelque chose dans le ton que Sainan avait employé depuis le début signifiait que c’était important. Peut-être pour lui personnellement, peut-être pour Soujuu, peut-être pour une autre personne dont Mizugiwa n’avait pas encore fait la connaissance ? Mais c’était assez important pour qu’ils courent à en perdre haleine, alors Mizugiwa pouvait peut-être faire un effort. Peut-être.
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MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Mer 22 Aoû - 18:43

Pause XP

Soujuu : + 14XP
Mizugiwa : + 53XP
Sainan : + 34XP

Technique validée pour tous, félicitations.
Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Jeu 23 Aoû - 18:47

Il l'avait fait ! Il avait produit une source d'eau utilisable grâce à son chakra ! Il devait tout de même avouer qu'elle n'était pas vraiment parfaite, les bords n'étaient pas très lisse et pouvaient voir quelques remous dans l'eau. Le principal est qu'il avait compris le principal, il pourrait maintenant réutiliser cette technique en combat, peu importait sa finition.

Il avait donc réussi à utiliser le Ninjutsu. Il n'aimait pas trop celui-ci car il préférait de loin les combats au corps à corps et les armes mais il était obligé de passer par là pour devenir fort. Malaxer son chakra pour réaliser cette technique ne lui avait pas paru très compliqué. Au moins, cela lui fera plus de temps pour apprendre le Taijutsu et le combat à l'arme dont certains enchainements pouvaient être bien plus long à maîtriser. Il faudrait vérifier avec une technique plus approfondie.

Soujuu jeta un œil à Mizugiwa. Elle avait réussi à créer une sphère d'eau qui ressemblait beaucoup à la sienne malgré son talent héréditaire. Il était soulagé jusqu’à ce qu'une petite poussée de chakra de sa part le fit contredire. Sa sphère d'eau était maintenant parfaitement lisse et la surface de l'eau ne bougeait pas d'un pouce. Elle était naturellement douée et devait réaliser certaines choses sans même savoir comment et sans vouloir le savoir pour autant. Manipuler l'eau devait être pour elle comme respirer ou marcher.

Sainan semblait partager sa satisfaction. Ses lèvres dévoilait un rictus dont il commençait déjà à s'habituer. Il prit son temps avant expliquer la mission et Soujuu attendit donc patiemment la suite. Il fit une étrange proposition à Mizugiwa qui aurait pu être mal interprété selon lui. D'ailleurs, Mizugiwa n’avança timidement que de quelques mètres en prenant soin de ne pas trop s'approcher du Chuunin non plus.

- Voilà notre mission. Shinji Naboko est un Père de famille. Depuis quelques temps, il reçoit des menaces de mort de la part de quelqu’un qui se présente comme sa fille abandonnée. Shinji nie connaître une telle personne. Nous allons à sa rencontre pour tenter de retracer l’origine de ces lettres, et résoudre la question. Une curieuse affaire familiale, de prime abord…

En somme, une mission un peu près banale. C'était juste un petit conflit familial où les complots régnaient en maître et les mensonges et les menaces étaient les seules armes à disposition. Le seul problème serait qu'il ne s'agisse pas que de menaces au quel cas l'équipe pourrait s'attendre à affronter des mercenaires ou en tout cas des personnes armées. Il faudrait interroger les différents parties engagés pour recueillir un maximum de données utilisables.

- L’un des deux ment…Ou les deux...


La fille de l'Eau avait parlé. Elle ne parlait pas beaucoup mais sa voix était plutôt jolie, elle pourrait certainement faire une bonne chanteuse si elle voulait ! Aurait-il fallu d'abord qu'elle comprenne le principe et l'utilité d'une telle pratique.
Elle avait donc entrevue le problème. Il était rare de trouver des personnes honnêtes et ce n'était pas toujours l'employeur qui avait raison. Mais c'était l'employeur qui payait et par conséquent, peu importait la véracité de ces propos...

MessageSujet: Re: [CI004] Chemin en sous-bois   Ven 24 Aoû - 13:49

Les mots teintés d'innocence et de pudeur que prononcèrent Mizugiwa entraîna chez Sainan un rare sourire large et entier. Il n'était pas en train de se moquer, mais ne pouvait qu'être touché devant l'implication de sa Kun, qui essayait déjà à sa manière de résoudre l'énigme alors qu'elle ne comprenait surement pas encore les tenants et les aboutissants d'un contrat pour le Village. Son analyse fut d'ailleurs logique et correcte, bien qu'évidente; en effet le mensonge serait sans doute la clé de leur mission. Toutefois, l'Instructeur préféra ne rien avancer tant qu'ils n'auraient pas rencontré le commanditaire. Soujuu n'osa pour sa part aucune parole, ni aucune question, ce qui convint parfaitement à Sainan. L'important était surtout que ses élèves sachent vers quoi ils s'envolaient, principalement pour que leurs esprits commencent à réfléchir durant le reste du trajet. La plupart des personnes intelligentes savaient s'acclimater psychiquement,savaient conditionner leurs pensées de telle sorte que toutes les informations qui puissent foisonner autour de leur objectif principal soit optimisées et rationalisées. Le Chuunin espérait que ses apprentis soient justement intelligents et, qu'à compter des balbutiements de la mission, ils mobilisent leurs méninges pour sa seule réussite.

Une fois cela fait, le jeune homme se laissa aller à un léger repos réparateur, l'œil toujours vif et à l'affut du moindre danger. Il entreprit de relâcher ses muscles et de ne plus penser à rien d'autre que son rôle de protecteur, pour dispenser sa matière grise d'autres efforts supplémentaires. Il constata que son élève s'était timidement rapprochée de lui, sans oser pour autant venir tout proche. L'espace d'une seconde, il se dit qu'elle n'avait peut-être encore jamais connu de réconfort. Il n'en proposa pas davantage, et laissa son apprenti déjà assez autonome vaquer à ses occupations avant qu'ils ne repartent. Sainan appréciait l'environnement, et s'étonnait toujours des millions d'organismes vivants qui y grouillaient. Les marécages et les sous-bois, bien qu'hostiles de nature, étaient toujours pour, qui savait où chercher, une assurance de survie. Mais le temps passa trop vite pour qu'il ne puisse savourer davantage la tranquillité des lieux. De coups de mains secs, il ramena à lui l'ensemble des armes plantées dans les troncs alentours et, en même temps qu'il se redressait, rangea tout son attirail de Kunai et de chaînes autour de sa ceinture et contre ses vêtements.

Il regarda la forêt, la direction qu'ils allaient emprunter, l'air complètement mort mais près au départ. En fait, il comptait les secondes qu'il restait à ses disciples pour jouir de leurs derniers instants de repos. Lorsque le moment fut venu, il s'élança de la même façon qu'il avait pris la route quelques heures plus tôt, empruntant toujours la voie des cimes. Ils arriveraient au point de rendez-vous dans une demi-heure, en tenant ce rythme. Il prévint toutefois Mizugiwa et Soujuu de vive voix, tandis que son éloignement rapide la rendait de moins en moins audible.

[Sainan] « Nous sommes repartis. »

Alors, la valse recommença. Cette fois-ci, il ne s'arrêterait plus jusqu'à l'endroit voulu. Il ne pouvait couver incessamment ses élèves, eux aussi devraient s'habituer aux déconvenues des différents territoires et des différentes situations. Sur les flancs, les arbres semblaient fuser à grande vitesse, ce qui gageait de leur train correct, si bien que ce qui semblait être la fin de leur périple en forêt commença à se distinguer au loin. Des rayons de soleil bien plus visibles perçaient la lisière dans un spectacle naturel envoûtant, et l'équipe Samui y parvint rapidement. C'était là, contre les bois, que se trouvait le Village où ils devaient se présenter.

[Sainan] « Notre homme réside dans cette bourgade. Nous allons nous y rendre calmement, reprenez donc votre souffle. »

L'Aisu ne souhaitait pas faire d'entrée scénique. Même s'il savait parfaitement qu'ils seraient vus de quelques habitants, il était toujours préférable de ne pas rameuter l'ensemble de la communauté. C'est donc en marchant qu'il guida ses élèves sur les quelques centaines de mètres qui les séparaient de l'entrée du patelin. Les instructions faisaient mention d'une façon assez claire de l'endroit où logeait leur commanditaire, si bien qu'il ne fallut pas longtemps pour localiser l'habitation, plutôt cossue au regard de la pauvreté ambiante. Ils parvinrent devant la la porte d'entrée, et Sainan y toqua de la manière la plus plate et la plus ordinaire qui soit. Avant que quelqu'un n'arrive, il tourna légèrement la tête sur le côté, chuchotant quelques instructions à ses élèves. La mission commençait ici.

[Sainan] « Soyez aux aguets, notez chaque information. A compter de maintenant, tout ce que vous pourrez percevoir peut être potentiellement utile. »

Sainan toqua à la porte, une Dame lui ouvrit.

[Femme] « Que puis-je pour vous ?

[Sainan] - Bonjour Madame. Nous cherchons Shinji Naboko. Serait-il ici ?

[Femme] - Mon mari est un bourreau du travail, vous le trouverez à son magasin au marché centrale. Il tiens une boutique d'arme, vous ne pouvez pas la manquer.

[Sainan] - Je vous remercie, Madame. Sans vouloir vous déranger outre-mesure, j'aurais aimé vous poser quelques questions, rien qui ne prenne beaucoup de temps... Nous enquêtons actuellement sur une série de problèmes qui touchent la région. Aussi, nous aimerions savoir si vous aviez remarqué des changements dans l'attitude de votre époux, ou s'il vous aurait fait part de quelconques tracas. Depuis plusieurs jours, bon nombre de commerces alentours subissent des chantages, et nous comptons nous assurer de la situation au sein de votre bourgade.

[Femme] - Qui êtes-vous ?

[Sainan] - Shinobi de Kiri Gakure. Nous sommes en mission. »

L'Instructeur agrémenta ses mots avec la preuve de leurs bandeaux au symbole des quatre vagues.

[Femme] « S'agit-il de la demande faite par mon mari ?

[Sainan] - C'est exact. Aussi, nous avons besoin de tous les renseignements que nous pourrions avoir.

[Femme] - Vous feriez mieux d'aller voir mon mari.

[Sainan] - Vous semblez connaître la raison de notre venue, vous comprendrez que je réitère ma demande. J'aimerais avoir votre témoignage, veuillez coopérer Madame je vous prie, à moins que la vie de votre mari n'ait à vos yeux que peu de valeur.

[Femme] - Ne vous avisez plus de me parler avec prétention et impertinence ou nous nous passerons de vous. Il a reçu cette lettre, pas moi, c'est son histoire. Il semblait troublé, alors qu'il dormait j'ai lu cette lettre. Et tous les deux jours nous en recevons une nouvelle, c'est tout ce que je sais.

[Sainan] - Je vous remercie, nous allons donc voir votre mari. Passez une bonne journée. »

Le Chuunin fit volte-face, et marcha vers le centre du petit Village, où il était difficile de ne pas apercevoir le magasin d'armes. Faisant mine de ne rien dire jusqu'à ce que la Femme ait claqué la porte derrière eux, il parla à ses élèves dès qu'il le put.

[Sainan] « Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais le mariage est une chose bien curieuse parfois, après des années de vie commune. Elle n'a pas bien l'air affectée par les tracas de son mari... Soyons discrets, positionnez-vous autour de la maison dans le plus parfait silence, tentez de trouver un interstice, il sera plus simple d'y entendre quelque chose. Chacun d'entre vous tendra l'oreille près d'une cloison. Vous devez à tout prix savoir si elle réagit à notre visite. Je reviendrai vous chercher, en attendant ne vous faites pas voir. En cas de problème, restez ensemble et solidaires. Pendant ce temps, j'irai parler à Shinji.
Oh et, dernier détail. Approchez-vous de la maison sans qu'elle puisse vous voir par la fenêtre. J'ai confiance en vous...
 »

Prenant un chemin qui le menait tout droit à la boutique, Sainan ne se retourna pas. Ses élèves devraient maintenant faire leurs preuves.


[HRP] Mizugiwa, pour ton prochain post, ouvre un nouveau Sujet dans le Pays de l'Eau qui s'intitulera [CI004]X, X étant le titre que tu auras envie de donner à la suite de nos aventures dans le village. Nous changeons de sujet car la course en forêt est terminée ! [/HRP]


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