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 Kaname Maeda

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MessageSujet: Kaname Maeda   Lun 13 Aoû - 22:08


Kaname Maeda - 1

.........Le vent soufflait dans ses cheveux et faisait se coucher les brins de blé qui s’étendaient jusqu’à perte de vue. Elle ne pouvait pas bouger, seulement regarder l’orage menaçant se former au loin. Le ciel s’assombrissait à vue d’œil et tôt ou tard il se mettrait à pleuvoir. C’était dans l’ordre des choses. Le déluge finirait par s’abattre sur elle parce que rien ne pouvait la faire bouger. Elle n’était plus maîtresse de son corps, elle était condamnée.
.........Un éclair fendit le ciel au-dessus de l’horizon et une détonation assourdissante résonna une dizaine de secondes plus tard, faisant trembler le sol sous ses pieds. Mizugiwa gardait son calme. Elle acceptait son sort.
.........Ses cheveux venaient lui fouetter le visage et un court instant, elle crut apercevoir une silhouette entrer dans son champ de vision par la droite. Un coup d’œil plus approfondi lui assura qu’elle avait sans doute rêvé car il n’y avait bel et bien qu’elle dans ce champ.
.........Le temps s’écoula sans qu’elle ne puisse le mesurer et la silhouette réapparut devant elle, à peut-être vingt mètres de distance. La forme était humaine et plus noire encore que la couleur des orages. Il se dégageait d’elle une impression de malfaisance, quelque chose d’apeurant. Sans se l’expliquer, Mizugiwa ressentit tout de suite que cette personne lui voulait du mal et qu’elle était apparue pour cette raison. Elle essaya de se débattre, de se défaire des liens invisibles qui la retenaient prisonnière mais il n’y avait rien à faire. Elle était condamnée.
.........La silhouette s’approcha, grandit pas après pas jusqu’à dépasser les deux mètres à bonne distance de Mizugiwa. L’effroi lui glaça le sang quand un oeil d’un bleu azuré s’illumina au centre de ce qui devait être le front de l’individu. Un grand et terrible œil capable de voir en elle.
.........‘Je te vois,’ gronda l’individu d’une voix lointaine où perçait autant de vigueur que de délicatesse. ‘Bientôt tu seras mienne… bientôt, je te tuerai.’
.........Mizugiwa sentit soudain qu’elle pouvait à nouveau bouger et eut immédiatement un mouvement de recul. Le coup qu’elle prit à l’arrière de la tête la réveilla aussitôt.

.........Quand Mizugiwa ouvrit les yeux, la douleur à l’arrière de sa tête était toujours là. Elle dégagea l’amas de cheveux emmêlé devant ses yeux et regarda autour d’elle. Elle était dans sa chambre, étendue dans son lit, elle baignait dans la pénombre… avait-elle rêvé ? Elle palpa le drap puis elle passa une main vigilante à l’arrière de sa tête pour s’assurer que tout était bien réel.
.........‘Aoutch!’ laissa-t-elle échapper en effleurant la bosse douloureuse qui s’était formée à l’arrière de son crane.
.........L’esprit encore embrumé, Mizugiwa eut bien du mal à démêler le rêve de la réalité. Ce n’est que lorsqu’elle fut capable de se lever et d’ouvrir les volets pour faire entrer la lumière du jour dans sa chambre qu’elle replaça correctement chaque pièce du puzzle à sa place. Elle avait vraisemblablement fait un très mauvais rêve où quelqu’un la retenait prisonnière. Un homme s’était approché d’elle et l’avait menacé. Elle avait finalement réussi à se libérer mais en reculant dans son rêve, son corps avait également bougé dans la réalité. Vraisemblablement, son crane avait du tester la solidité de la tête de lit et pour récompenser son imprudence elle avait hérité d’une belle bosse à l’arrière de la tête.
.........Trois coups retentirent contre la porte de la chambre. Une voix que Mizugiwa s’était habituée à entendre depuis son arrivée dans la famille Hikari s’éleva soudain.
.........‘Mizugiwa ? Tu es debout ? J’ai entendu un drôle de bruit… Mizugiwa ?’
.........Hana Hikari était la plus jeune de la maison et la personne que Mizugiwa tolérait le plus après Honoka Hikari. Dès le premier jour, elle s’était montrée particulièrement adorable avec elle et c’était en partie grâce à ses précieux conseils que Mizugiwa avait très vite réussi à se trouver une place convenable dans cette famille un peu particulière.
.........‘Grande sœur ? Est-ce que ça va ?’ insista Hana.
.........Mizugiwa se massa le cuir chevelu pour atténuer la douleur, enfila un t-shirt beaucoup trop grand pour elle, et marcha jusqu’à la porte qu’elle ouvrit en grand.
.........‘Bonjour Ha…’
.........Hana ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase. Elle lui rentra littéralement dedans et l’enlaça chaudement. Si les premiers jours, Mizugiwa s’était raidit plus d’une fois à son contact, elle avait appris, depuis, à accepter cette manie qu’avait Hana de toujours l’enlacer pour lui faire entendre qu’elle tenait à elle. Comme à chaque fois, Mizugiwa resta parfaitement immobile en attendant qu’Hana ne se décolle d’elle-même.
.........‘Aujourd’hui est un grand jour grande sœur !’ s’exclama Hana en levant le menton.
.........Mizugiwa baissa le sien et plongea son regard dans celui d’Hana. Elle y lut une forme d’excitation réellement différente de celle que la petite nourrissait habituellement.
.........‘Maman veut que tu rencontres Kaname-sensei ! Tu vas voir, il est vraiment amusant ! Il a une dette envers maman alors il s’occupera bien de toi.’
.........‘Kaname…’ murmura Mizugiwa en regardant dans le vague.
.........‘Oué, Kaname-sensei ! Tu en as de la chance,’ commenta Hana. ‘Allez viens, il faut qu’on se dépêche, on a pas beaucoup de temps !’
.........Hana la tira si fort par le bras que Mizugiwa n’essaya même pas de lui résister. La subtilité était sans doute saisissante, mais la force d’Hana ne souffrait d’aucune comparaison avec celle de Mizugiwa. Cela serait revenu à comparer la providence au néant.
.........Toutes les deux descendirent dans la cuisine où Honoka s’afférait à la préparation du petit-déjeuner. Hana bondit sur sa chaise et insista pour que Mizugiwa s’installe à côté d’elle.
.........‘Est-ce que tu as passé une bonne nuit Mizugiwa ?’ demanda Honoka en déposant sous son nez une assiette de toasts et un grand verre de lait.
.........Mizugiwa répondit par un hochement de la tête et entama sans premier toast avec peu de conviction. Son ventre était noué par le rêve qu’elle avait fait. Elle n’arrivait pas à chasser la peur que lui avait inspirée l’individu en noir et surtout l’image de son unique œil. A chaque fois qu’elle y repensait, elle le sentait lire en elle comme on lisait dans un livre ouvert. Elle se sentait alors vulnérable et cette sensation était de loin la plus désagréable du lot.
.........‘Hana a du déjà te le dire, je souhaiterais te faire rencontrer un ami à moi aujourd’hui. Kaname Maeda. C’est un shinobi. Il t’aidera à développer tes capacités au contact de l’eau. Qu’est-ce que tu en dis ?’
.........Mizugiwa reposa le toast entamé dans son assiette avant d’acquiescer. Si cela pouvait la priver d’Académie, elle n’allait certainement pas dire non, bien qu’elle n’avait pas la moindre idée de qui était ce Kaname et s’il était un enseignant ou non.
.........‘Je ne veux pas retourner à l’Académie…’ commenta-t-elle d’une manière très naturelle.
.........Hana et Honoka échangèrent un regard complice et un sourire dont la subtilité échappa totalement aux soupçons de Mizugiwa.
.........‘Tu n’as pas à t’inquiéter,’ la rassura Honoka. ‘Kaname n’est pas le genre d’homme à fréquenter l’Académie. Il n’aime pas beaucoup les institutions et les institutions le lui ont toujours bien rendu. Si vous vous dépêchez d’avaler votre petit-déjeuner, nous n’aurons pas beaucoup de chemin à faire pour le trouver.’

*
.........Un quart d’heure plus tard, Honoka s’arrêtait au comptoir d’une échoppe située dans une ruelle sombre du centre ville. Mizugiwa et Hana se tenaient dans son ombre. Une petite femme à qui Mizugiwa donna une grosse soixantaine d’années salua Honoka d’un sourire édenté.
.........‘Wakana-san, toujours en forme à ce que je vois… Kaname est ici ?’
.........‘Tu te doutes bien qu’oui ma petite Honoka,’ répondit la vieille femme. ‘Les années passent, mais pour lui les habitudes restent les mêmes. Mais dis-moi, qui est cette pe…’
.........‘Plus tard,’ coupa Honoka. ‘S’il vous plait. Il faut que je lui parle. C’est important.’
.........Mizugiwa remarqua le regard soupçonneux que la vieille femme lança à Honoka. Mais étonnement, il s’effaça aussi vite qu’il était apparu et toutes les deux se mirent à rire. Un coup d’œil à sa gauche fit comprendre à Mizugiwa qu’Hana tirait, elle aussi, un grand amusement de cette scène. Pour sa part, elle n’y comprenait rien.
.........‘Si vous voulez bien vous donner la peine de passer de ce côté du comptoir mes chéries,’ fit la vieille femme en soulevant le seul bout de comptoir amovible.
.........Quant tout le monde se retrouva du bon bord, elle rabaissa le bout de comptoir et toqua lourdement contre le mur. Celui-ci sonna étonnement creux. Ce que Mizugiwa ne croyait être qu’un bien maigre mur se mit à coulisser sur le côté jusqu’à révéler l’entrée d’un escalier qui semblait s’enfoncer dans l’obscurité.
.........‘Je n’ai pas besoin de te montrer le chemin, je crois ?’
.........‘Non, en effet,’ répondit courtoisement Honoka. ‘Merci Wakana-san.’
.........Voyant Honoka et Hana s’aventurer dans l’escalier, Mizugiwa comprit qu’elle avait tout intérêt à les suivre si elle ne voulait pas subir plus longtemps le regard perçant de la vieille femme.
.........En bas de l’escalier, Mizugiwa trouva l’insoupçonnable. Une salle gigantesque soutenue par d’épais pylônes où se trouvaient réunis des dizaines et des dizaines de personnes. Des hommes principalement, penchés sur des tables en bois où s’empilaient des monts de billets, de dés et de cartes. Mais aussi quelques femmes, extrêmement belles et habillées des plus beaux tissus, qui passaient entre les tables pour distribuer des verres. L’atmosphère était étouffante. Mizugiwa leva les yeux et peina à distinguer les lumières sous l’épais nuage de fumée qui dodelinait sous le plafond. Elle toussa d’ailleurs quelques fois, mal à l’aise. Remarquant ses difficultés à respirer, Hana se mit à agiter ses bras.
.........‘Tiens bon, on en a pas pour longtemps grande sœur.’
.........Devant elles, Honoka s’était soudainement arrêtée. Un homme venait de poser sa main sur sa ceinture.
.........‘Hé ma jolie, ça t’dirait de v’nir sur mes genoux que’ques secondes, p’t’être que tu m’porterais chance,’ l’interpella le soûlard, un verre d’alcool dans l’autre main.
.........Mizugiwa écarquilla les yeux et sentit le nœud de son estomac se serrer à l’extrême. La seconde d’après, des éclats de verre et de bois volaient de tous les côtés dans un bruit indescriptible. Tout le monde s’immobilisa. Mizugiwa n’avait pas rêvé. Le phénomène n’avait duré qu’une seconde ou deux à tout casser, mais elle l’avait vu. Elle en était certaine. Elle avait vu le verre d’alcool exploser dans la main de l’homme qui avait retenu Honoka. Elle avait vu son contenu prendre la forme d’une main qui avait saisi l’homme au cou et l’avait ensuite propulsé sur la table qui s’était brisée sous le poids de l’impact.
.........‘Tout va bien Mizugiwa, ne t’en fait pas. Kaname n’aime pas vraiment qu’on me touche,’ lui murmura Honoka en glissant un bras protecteur autour de ses épaules. ‘Je te présente Kaname Maeda, mon ami. Kaname, je te présente Mizugiwa.’
.........Mizugiwa regarda dans la même direction qu’Honoka et vit une forme sombre se dresser dans l’obscurité d’un carré privé. La forme grossit en s’approchant. Mizugiwa sentit l’air se charger d’une horrible odeur d’alcool pur. En entrant dans la lumière, Kaname révéla une carcasse de deux mètres dix cachée sous un kimono noir en piteux état, une mâchoire carrée à peine dissimulée sous une épaisse barbe noire assortie à ses cheveux gras, et des lunettes de soleil pour se protéger d’on ne savait quoi. Mizugiwa le vit tanguer dangereusement puis porter une fiole à sa bouche.
.........‘Honoka-chan… quel plaisir de revoir ta petite frimousse par ici. Tu as ramené ta petite fouineuse (Hana agita la main en souriant) avec toi à ce que je vois… et…’
.........Il s’arrêta au beau milieu de sa phrase et Mizugiwa sentit qu’elle était la raison à cela. Kaname avait beau porter des lunettes de soleil, elle sentit qu’il avait fixé son regard sur elle.
.........‘… et un nid à problèmes.’

MessageSujet: Re: Kaname Maeda   Mar 14 Aoû - 20:39


Kaname Maeda - 2

.........‘Aie au moins la décence de surveiller ta langue devant moi,’ dit froidement Honoka, bien que son visage exprima le plus grand ravissement.
.........Kaname hoqueta puis remua la main en signe de déni. Mizugiwa remarqua qu’il avait du mal à tenir sur ses appuis. Tout son corps semblait soumis à des forces contradictoires qui le faisait ressembler à ses clowns sur ressort qui se mettaient à se balancer dans tous les sens quand ils jaillissaient de leur boite surprise.
.........‘Ok ok ma petite dame… je ne voulais pas vous offenser,’ rétorqua-t-il en prenant un ton faussement théâtral. ‘Si vous voulez bien m’ex… oula ! On dirait que la mer est déchaînée par ici.’
.........Hana éclata de rire, mais Honoka se permit un rire beaucoup plus discret, tout à son image, lorsque Kaname dut avorter sa courbette pour ne pas piquer lamentablement du nez vers le sol. Mizugiwa observait l’homme avec un mélange de curiosité et de dégoût. Il lui rappelait autant un pêcheur qui avait failli s’en prendre à elle sur l’île Kaisou que ce héros, sur l’île Ohashi, qui avait sauvé deux enfants de la noyade. C’était la toute première fois qu’une personne lui inspirait deux sentiments diamétralement opposés. Elle ne savait pas comment gérer ça.
.........‘Mizugiwa, c’est ça ?’ l’interrogea soudainement Kaname après avoir ingurgité une autre gorgée de sa mystérieuse fiole. Mizugiwa le fixa mais ne répondit rien. ‘Oué bah oublie ce que je t’ai dit, ok ? Je ne suis pas dans mon état normal, tu comprends ?’
.........Kaname mima un mal de crâne et retourna s’affaler dans l’obscurité de son carré privé. Honoka, dont le bras entourait toujours l’épaule de Mizugiwa, l’entraîna à prendre exemple sur Hana qui était allée prendre place à côté de Kaname sans attendre qu’on l’y invite. Mizugiwa s’avança prudemment et prit soin de s’asseoir à l’une des extrémités de la banquette, le plus loin possible de Kaname. Honoka lui sourit et s’installa entre eux.
.........‘Je vous commande quelque chose à boire ?’ demanda Kaname en agitant sa fiole vers le bas pour constater qu’elle était irrémédiablement vide.
.........‘Non ça ira, Kaname. Je ne compte pas m’attarder ici éternellement,’ répondit poliment Honoka. ‘Et toi non plus d’ailleurs.’
.........Malgré qu’il portait des lunettes, Kaname ne parvint pas à dissimuler sa surprise. Il éclata de rire.
.........‘En voilà une sacré certitude. Mais dis-moi, qu’est-ce qui te fait croire ça ? Je suis bien moi ici. Pas toi ?’
.........‘Au cas où tu ne l’aurais pas compris, c’est une faveur que je viens te demander,’ dit Honoka que son sourire rendait visiblement redoutable en affaire, car l’expression de Kaname changea brusquement du tout au tout.
.........‘Qu’est-ce qui te fait croire que ta faveur m’intéresse ?’
.........‘Elle t’intéressera, crois-moi. Après tout, tu me dois bien ça. Non ?’
.........Kaname s’agita. Mizugiwa eut l’impression d’être assise non loin d’un volcan qui venait soudainement de se réveiller et que la fureur du magma menaçait à tout instant de jaillir et de tout ravager.
.........‘A BOIRE !’ cria Kaname. Au centre de la salle, une serveuse faillit trébucher et renverser tout le contenu de son plateau sur un client en tressaillant de peur. ‘Qu’est-ce que tu attends, hein ? Tu sais bien que ma patience a des limites alors dépêche-toi de cracher le morceau…’
.........Cette fois-ci, sa voix rauque s’était tournée vers Honoka que rien ne semblait perturber. Mizugiwa était vraiment surprise par les manières d’être de cette femme. Elle n’en avait jamais vu de pareille jusqu’à présent.
.........‘Je veux que tu prennes Mizugiwa sous ton aile et que tu lui apprennes tout ce que tu connais,’ répondit-elle avec le plus grand calme. ‘Tu as toujours fui les autorités comme la peste, mais je te connais assez bien pour savoir que si tu l’avais voulu, tu serais sans doute un sannin légendaire à l’heure qu’il est. Je n’ai jamais vu quelqu’un faire ce que tu es capable de faire au contact de l’eau. Je suis certaine que ce serait profitable à Mizugiwa comme à toi que vous travailliez ensemble.’
.........Une serveuse revint avec un pichet dont elle versa l’intégralité du contenu dans la fiole de Kaname. Celui-ci exultait.
.........‘Que de compliments Honoka-chan… que de compliments… mais tu ne m’as toujours pas donné une bonne raison de faire tout ça. Peut-être parce qu’il n’y en a aucune ?’
.........‘Le jour où je t’ai sauvé la vie, tu m’as dit que tu aurais une dette éternelle envers moi,’ déclara Honoka sans le quitter des yeux. ‘Il est temps que tu commences à payer cette dette, d’autant qu’au rythme où tu avales ces quantités astronomiques d’alcool, il ne te restera plus beaucoup de temps devant toi pour la régler.’
.........Kaname retira ses lunettes pour mieux sonder le regard d’Honoka. Malgré la pénombre environnante, Mizugiwa n’eut aucun mal à apprécier le vert intense de son regard.
.........‘Tu as du culot de me dire ça. Tu le sais ça ?’
.........Honoka acquiesça. Kaname la dévisagea elle puis Mizugiwa.
.........‘Apprendre tout ce que je sais… à une maîtresse des eaux… je n’ai jamais rien entendu de plus stupide.’
.........Honoka fit un signe à Hana avant de se lever.
.........‘Stupide ou non, tu lui enseigneras tout ce que tu sais. Ce point est non négociable. A présent, si tu veux bien nous excuser.’
.........Honoka se tourna vers Mizugiwa et se pencha pour lui caresser la joue.
.........‘Tu n’as rien à craindre. Il prendra soin de toi, je t’en fais la promesse. Écoute bien ce qu’il te dira et apprend de lui. Je sais qu’il n’en a pas l’air, mais malgré qu’il n’appartienne pas au clan Aisu, tout le monde pensait qu’il en était un quand nous étions plus jeunes à cause de ce qu‘il faisait.’
.........‘A ce soir grande sœur !’ ajouta Hana en la serrant dans ses bras. ‘A la prochaine Kaname-sensei !’
.........Hana et Honoka partis, un silence dérangeant plana durant plusieurs minutes entre Kaname et Mizugiwa. Visiblement, Kaname ne savait pas comment entamer la conversation et Mizugiwa n’était pas le genre à les entamer tout court. Mizugiwa ne ressentait aucune peur à son contact, seulement une forme d’appréhension quant à ce qu’il était capable de faire et aux limites qu’il était capable d’enfreindre.
.........Kaname eut le temps de vider une nouvelle fois sa fiole et de commander une autre tournée avant que sa voix rauque ne déchire le silence.
.........‘Tu n’es pas du genre très bavarde toi, je me trompe ?’
.........Mizugiwa fit non de la tête.
.........‘Tant mieux, je n’aime pas les filles qui passent leur temps à jacasser.’
.........Mizugiwa continua de l’observer attentivement. Par moment, Kaname la regardait du coin de l’œil mais cela ne durait jamais plus d’une seconde avant qu’il ne reporte ses lèvres sur sa fiole, comme s’il ne tenait pas spécialement à croiser son regard. Les minutes s’écoulaient dans l’indifférence quasi totale. Mizugiwa n’essaya même pas d’imaginer ce qui l’attendait. Elle avait rapidement compris que Kaname Maeda n’était pas le genre d’homme prévisible, même si son très fort penchant pour l’alcool rendait prévisibles ses besoins primaires.
.........‘Écoute-moi bien petite. T’entraîner ne m’enchante pas le moins du monde. Tu m’es insignifiante,’ déclara Kaname en regardant le goulot de sa fiole. ‘Mais la dette que j’ai envers Honoka m’oblige à passer outre ces petits inconvénients. Je t’apprendrais tout ce que je sais. Tu vas en baver. Peut-être même que tu me détesteras, mais autant te le dire tout de suite, je n’en aurais rien à faire. Je le fais pour Honoka, pas pour toi. Si tu es d’accord avec ça, on peut se mettre au travail.’
.........Il ne fallut pas plus d’une fraction de seconde à Mizugiwa pour faire pencher la balance du côté qui lui convenait le mieux. C’était soit Kaname, soit l’Académie. Le choix n’en était pas vraiment un. Elle fit oui de la tête.
.........‘J’espérais que tu dises non…’ ajouta-t-il en poussant un soupire. Heishooshu Fuuin.
.........Mizugiwa ne vit pas la sphère noire se dessiner autour d’elle. Elle eut seulement le temps d’apercevoir un cercle projeté une vive lueur bleue sous ses pieds et se sentit soudainement aspiré. Le décor se volatilisa dans un tourbillon d’étincelles bleues et sa vue se brouilla.
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MessageSujet: Re: Kaname Maeda   Jeu 16 Aoû - 22:46

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