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 Élégie à Freyja

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MessageSujet: Élégie à Freyja   Sam 18 Aoû - 1:50

Ce matin, le soleil s’était paré d’une douce toison pourpre bénie par un halo de rayons d’une lumière divine. Quelques nuages s’aventuraient avec orgueil sur l’océan des cieux, derniers repères de la dimension terrestre face à un spectacle d’aurore à la grandeur astrale. A moitié ternie par le jour dont elle était la chimère, la Lune s’estompait, prête à disparaître, jusqu’au soir prochain où son royaume règnerait de nouveau en maître sur une nappe d’étoiles. Nul mortel en ce monde ne savait combien d’âmes l’avaient rejointe cette nuit. La valse de la vie suivait depuis toujours le balais céleste, le jour portant le souffle et la nuit les derniers soupirs. Pourtant, eux n’étaient pas les enfants du zénith mais bien du clair-de-lune. Ils étaient les filles et fils des ombres, devenues plus noires qu’elles ne l’étaient par l’ignorance des Hommes.

Sainan contemplait le spectacle d’une aube dont elle ne partageait que peu l’émoi. Il s’était pourtant arrêté pour l’observer, tenter d’y déceler un détail touchant, mais trouvait cela bien moins envoûtant que le spectacle de la voie lactée. Amasa se tenait un peu plus loin, elle se dressait de dos, la mine visiblement basse. Ses mains avaient l’air posées sur son ventre arrondi par la grossesse. Cela faisait deux mois que le Chuunin ne l’avait pas vue et, comme à chacune de leur retrouvailles éphémères, il hésitait, là où d’aucuns se seraient rués vers leurs promises. Alors que les heures étaient comptées avant qu’il ne reparte, il n’était capable que d’attendre, de la regarder, et de vaincre une culpabilité palpable avant d’aller la serrer dans ses bras.

Amasa était belle, elle respirait la splendeur. Ses longs cheveux aux teintes azur chutaient comme une cascade le long de son dos fin. Sa peau était d’une pâleur laiteuse, et sa démarche gracieuse et distinguée. Son visage reflétait à la fois une douceur extrême ainsi qu’une force de l’expérience, derrière des traits sublimes. Elle était la fille de Hajime Aisu, premier Appelé de feu Shinobu. Hajime et la mère de Sainan avaient été élevés ensemble, aussi Amasa et ce dernier avaient-ils grandi côtes à côtes, jusqu’à apprendre à s’aimer conformément à ce qui devait être leur destin. Leurs sentiments étaient forts et complexes, construits depuis leur plus tendre enfance, bien loin des idylles instanciées qui courent le monde. Tous deux avaient empruntés la voie des rangs Kirijin, poussés par le passé illustre de leurs descendants. Mais, depuis qu’elle était enceinte, la douce Aisu errait pensive et souvent seule entre les ruelles du Village et les quartiers du Clan, légitimement écartée des missions le temps qu’elle mette au monde son enfant.

Il est chose simple de s’abandonner à une courte douleur pour renier ce que l’on aime au profit de ce que l’on croit être sa destinée. Il est bien plus difficile de suivre un chemin sinueux tout en restant attaché à la force versatile de l’amour. Aimer ; s’offrir un bonheur momentané et se sacrifier sur l’autel d’un manque qui déchire les entrailles. Nombreux étaient ceux qui redoutaient la douleur des distances lointaines, un retour de flamme qui sert aux tripes à la pensée de l’être tant adoré. Sainan ne s’en était jamais émancipé, il avait accepté une vie d’aigreur pour quelques instants de passion fugaces. Au fil des années, il était parvenu à construire sa force autour de cette peine quotidienne. Amasa et Sainan s’aimaient et s’aimeraient surement jusqu’à leur dernier voyage vers les Astres, alors leurs cœurs valaient ce sacrifice. La vie du jeune homme reposait sur une abnégation permanente, si bien qu’il ne se voyait accompli que lorsqu’il servait une cause de la manière la plus absolue. Parfois, il en venait même à jauger la valeur de ses actes à la souffrance qu’il avait éprouvé à les réaliser, une philosophie du paroxysme souvent proche du fanatisme…

Inspirant une bouffée de courage, il commença à marcher les quelques dizaines de mètres qui le séparaient de sa dulcinée. A chacune de ses foulées son cœur battait un peu plus fort, autant qu’un peu plus vite. Ceux qui avaient eu l’occasion de connaître Sainan au profond de son être le redoutaient souvent pour une seule raison : il était mû par l’affection, l’attachement et l’amour sincère, qui constituait pour ceux qui osaient se l’avouer le rempart le plus absolu d’un déchaînement protecteur. C’était la raison pour laquelle il était aujourd’hui si jeune et tellement taillé par les combats, et pour laquelle on l’avait nommé Instructeur. La vie avait fait de lui une égide salvatrice. Certains témoignages d’anciens de ses proches co-équipiers de mission narraient la haine et la colère qu’il avait pu abattre sur ceux qui avaient osé s’en prendre aux siens. Jeune, Sainan avait perdu ceux sur qui il avait fixé son amour et son existence était vouée à ce que cela ne se reproduise jamais.

Le jeune Aisu était maintenant tout proche, Amasa l’avait déjà d’ailleurs surement entendu, sans pour autant faire volte-face. Lorsqu’il s’arrêta, il la prit dans ses bras avec calme et délicatesse. Les épaules frêles d’Amasa touchèrent le torse de Sainan, bafoué de nombreux sceaux. Un souffle de vent balaya leurs chevelures et les entremêla joliment. Il l’embrassa sur la joue, d’un baiser charmant, et ne dit mot pendant plusieurs minutes. Tous deux savouraient la chaleur du moment tandis que leurs cœurs se synchronisaient en même temps que leur étreinte s’intensifiait.

[Sainan] « Tu m’as manquée Amasa… »



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MessageSujet: Re: Élégie à Freyja   Lun 20 Aoû - 1:37

Depuis trop longtemps déjà Amasa se sentait seule, non plus seulement physiquement mais sentimentalement. Durant des années la relation puissante et viscérale qu'elle avait nouée avec Sainan s'était accommodée des périodes de séparation qui avaient, au fur et à mesure, constitué la majeure partie de leur vie commune. Aussi loin que remontaient les pensées de la belle Aisu, jamais depuis trois ans ils n'avaient été réunis tous les deux plus de deux semaines, incessamment interrompus par les missions commandées par le Village. Amasa assumait pleinement cette situation qu'elle l'avait elle-même vécue, durant le plus clair de sa vie de Kunoichi, mais, sans pour autant le reprocher à Sainan, avait du mal à l'endurer en restant solitaire et isolée au Village, en attente de leur enfant à naître. Qu'importe si son sentiment reflétait sa seule envie, faisant fi des contraintes de la réalité, il était bien présent, et il lui était impossible de l'effacer d'un revers de main. Amasa souffrait dans son être, au quotidien, et ne pouvait plus dissimuler sa peine derrière le masque d'un visage au bonheur forcé.

L'aumône d'une simple présence, une vraie présence; voilà ce dont elle rêvait, persuadée que jamais elle ne jouirait de ce souhait pour son accouchement prochain. Elle chérissait Sainan tout autant qu'il l'adorait, mais ne connaissait que trop les revers de l'existence Shinobi pour espérer quoi que ce soit d'autre qu'une permission fugace, durant laquelle ils n'auraient même pas le temps d'oublier les semaines d'inquiétude esseulée qu'ils enduraient, sans jamais se l'avouer autrement que par leurs regards de retrouvailles. La douce Aisu savait que sa vie n'aurait plus le même sens lorsqu'elle serait mère, et qu'elle se retirerait probablement longtemps de la carrière prometteuse qu'elle avait tissée, pour pouvoir se consacrer à son enfant. Cela aurait pu être différent, mais elle ne le voulait pas. Si elle pouvait supporter la distance avec Sainan, elle ne pourrait jamais mener à bien des missions dans lesquelles la pensée de son enfant la hanterait. Amasa se sentait perdue, tiraillée entre sa volonté de retenir Sainan vers lui, à tout jamais, et par un devoir d'honneur et de force dont elle avait hérité bien malgré elle de sa naissance. Les yeux dans le vide, ses mains blanches et fines sondant son ventre, elle subissait sa tristesse, consolée par l'idée d'une proche maternité.

Un frisson de bonheur intense la parcourut lorsqu'elle entendit les pas s'approcher d'elle. Elle savait que Sainan était là sans avoir à se retourner. Le rythme de sa marche, le bruit de ses bottes, le cliquetis des chaînes qui ornaient ses vêtements, son odeur transportée jusqu'à ses narines, qui picotaient déjà d'un sanglot montant, trahissaient son identité. Amasa, à la fois émue et intérieurement rassurée de le savoir présent ne put contenir ses larmes et préféra ne pas les montrer au jeune Chuunin qui espérait surement égoïstement une explosion de joie de sa part. Il n'en fut rien. La dame tentait de calmer ses flots de douleur, n'y parvenant pas vraiment, jusqu'à ce que l'éteinte de Sainan achève de libérer tout ce qu'elle avait en elle depuis des années.

D'un coup soudain elle se retourna, s'efforçant de ne pas être vue, et se blottit contre le torse du jeune homme, pleurant toute son âme. Elle n'exigeait que du réconfort, un réconfort qu'il ne lui avait pas accordé depuis des lustres, et qu'il devrait un jour réparer. Au bout de quelques minutes, elle parvint à retrouver ses esprits, toujours enlacée auprès de celui qu'elle aimait. Elle ne tarda plus à lui chuchoter quelques mots, sa bouche encore à moitié posée contre le buste de Sainan.

[Amasa] « Tu m'as manqué aussi... J'ai besoin de toi ici Sainan, et notre enfant aura besoin de son Père. Tu es un Aisu, tu n'appartiens pas à Kiri. Reste quelques temps auprès de moi, nous en avons besoin tous deux... »

Elle releva la tête et observa Sainan. Elle le trouvait toujours beau, malgré ses blessures innombrables et le cache-œil toutefois soigné qui masquait sa pupille crevée. Elle le voyait encore dans son jeune âge, resplendissant, loin des tumultes des missions périlleuses et de son attachement maladif pour le Village. Elle prit les mains de son adoré, et les porta jusqu'à son ventre, lui faisant sentir la vie qui y logeait avec innocence. Elle savait qu'il ne serait pas insensible à cela, lui qui avait toujours été un être d'émotions. Il était parvenu à se bâtir une aura de givre derrière laquelle il était devenu l'un des tueurs les plus en vue du Village. Pour autant, Amasa savait qu'en sa présence il n'écouterait plus que son cœur. Elle était la clé qui permettait d'ouvrir la forteresse glacée qu'il s'était érigée, pour sa propre protection, et comptait bien pour la première fois de sa vie profiter de cela, pas par malice, simplement par sincérité, par amour.

Elle le regarda avec insistance et candeur, lui signifia ses sentiments par les yeux. Puis, lentement, elle alla déposer un baiser chaud et doux sur les lèvres de Sainan. Elle poursuivit calmement.

[Amasa] « Nous avons d'autres chemins à emprunter que ceux de la séparation. Tu ne peux me cacher ta souffrance... Depuis le temps, tu sais, tout comme je le sais, que nous lisons en nous, que nous ne pouvons rien dissimuler. Ôte pour moi cette carapace qui te va si mal, et donne-moi ton amour, comme lorsque nous étions plus jeunes... »

Les larmes l'envahirent de nouveau, mais cette fois-ci elle maintint le regard dans celui de son époux.

[Amasa] « Je suis malheureuse Sainan... »

MessageSujet: Re: Élégie à Freyja   Mer 22 Aoû - 14:25

Nul ne peut un jour prétendre à avoir souffert qui n'a pas vu de ses yeux le chagrin d'un être qui lui est cher, devant lequel seuls les cœurs les plus tristement durs peuvent rester de marbre. Comment ne rien faire face à Amasa, qui manifestait pour la première fois un supplice dont Sainan n'avait jamais vraiment pris la mesure, et qui avait laissé de côté toute sa force et sa fierté intrinsèque pour le prier de répondre à ses attentes. La compassion laissa place à une peine partagée, et cette peine à une haine presque visible. Comment se pouvait-il qu'il n'ait jamais sondé une telle affliction en l'âme de son aimée ? Était-il dorénavant de ceux qu'il détestait, quelqu'un de solitaire, dont la froideur masquait tout sentiment alentours ?

Il tâcha d'abord de réconforter la Aisu de tout son amour, lui dévoilant du même coup le sien lorsqu'il versa à son tour une larme, le visage toujours impassible. La dureté de sa vie de Shinobi l'avait peu à peu émancipée de toute démonstration de sentiments, pour se protéger, et lui lui était difficile aujourd'hui de signifier par l'expression une quelconque amitié, excepté quelques sourires parfois forcés. La goutte d'eau qui dévalait sur sa joue eut alors d'autant plus de sens qu'elle était le fruit de l'homme qu'Amasa n'avait encore jamais vu pleurer. Sainan ne tenta même pas de l'essuyer, préférant consacrer ses efforts à chérir sa douce dans ses bras taillés de quelques cicatrices. Avec les minutes, leurs deux chagrins s'estompaient.

De son propre chef, le jeune Instructeur s'abaissa et posa l'oreille contre le ventre de sa femme, savourant les échos de sa descendance en agitation. Cette fois-ci, son sourire ne fut pas forcé. Il goutta au plaisir de la paternité pendant quelques instants, avant de relever le visage vers Amasa, tandis qu'il était toujours accroupis. Elle était toujours aussi belle, parée de sa chevelure aux reflets d'azur, et de ses yeux d'opale. Son visage était encore rougi par les dernières perles qu'elle essuyait timidement sur ses joues, tentant de sourire, comme si de rien n'était. Sainan ôta la grande robe sombre qu'il portait toujours, et enroula Amasa avec amour. Son torse nu dévoilait l'entièreté du viol des sceaux sur sa peau blanche. Le jeune homme accompagna sa douce pour qu'ils se mettent en marche ensemble, sans pour autant avoir encore répondu.

Après quelques pas, il sembla trouver les mots adéquats, ou du moins ceux qui lui paraitraient les moins minables au regard de ce qu'il avait commis. Il lui était interdit de fauter, même par la parole. Il s'osa donc à quelque chose de très simple, d'ordinaire.

[Sainan] « Jamais plus je ne t'abandonnerai comme je l'ai fais... Rentrons chez nous. Il me sera impossible d'être toujours présent, mais je jure d'être là pour voir grandir notre enfant, et combler comme je le pourrai le manque cruel que j'ai provoqué en ton âme. Je... »

Non, il s'arrêta là. Il savait que ses mots auraient surement rassurés Amasa, et sentait l'âpre culpabilité le ronger de plus en plus, l'empêchant même de s'exprimer de peur de commettre une nouvelle faute. Le goût était d'autant plus amer que Sainan avait toujours essayé de rendre heureux ceux qui l'entouraient, autant Shinju qu'Amasa, en même temps qu'il évoluait au sein de la hiérarchie du Village. Il était face à une impasse. Comment aspirer un jour à devenir Oi-nin, à pouvoir suivre peut-être son aîné Iba Hiyori dans la traque de l'Aisu déchu, sans que l'on accepte de lui des absences longues et incertaines ? Pour l'heure il ne pouvait pas répondre à cette question, mais sentait intérieurement qu'Amasa serait bien moins peinée lorsque le fruit de leur amour aurait éclos.

Ils déambulèrent avec grand calme dans les ruelles du Village, en direction du Quartier Aisu. Toute l'agitation alentours ne les intéressaient guère, seules savouraient-ils leurs retrouvailles, ils les éprouvaient de tous leurs sens. Ce fut donc en silence qu'ils arrivèrent à leur demeure, une somptueuse bâtisse héritée de leurs parents respectifs, taillée dans une pierre des plus claires, et construite avec finesse. Avant de franchir le pas de la porte, Sainan marqua ses derniers mots. Ils était sincères et lourds dans l'esprit du jeune homme.

[Sainan] « Amasa, nous sommes les fils et filles de la Lune et des océans sauvages. Je resterai auprès de toi autant de temps qu'il le faudra pour que nous nous sentions prêts à prendre le large à nouveau. Laissons passer la tempête. Mais je ne peux te cacher qu'un jour le cor de mon destin retentira de nouveau, et je devrai m'en aller, pour accomplir ce que je crois être bon en ce monde. Ce jour là, laisse-moi suivre cette Étoile du matin, qui a toujours su guider les nôtres de son éclat... »



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MessageSujet: Re: Élégie à Freyja   Dim 2 Sep - 4:30

A peine venait-il de lui dire qu’il ne la laisserait plus jamais seule qu’il envisageait déjà une absence. Toute la réjouissance de ses promesses avait été bien éphémère, à tel point qu’Amasa ne parut cette fois-ci même pas affectée par les deniers mots de Sainan. Elle se contenta simplement de le regarder, les yeux vides et morts, dépourvus de toute émotion, dans lesquels on ne pouvait plus voir que la marque du renoncement le plus effondrant. Jamais il ne changerait pour elle, pour eux y compris. L’enfant qu’elle portait en son ventre devrait lui aussi se satisfaire d’un Père absent.

Aussi loin que remontait sa mémoire, la belle Aisu se rappela qu’elle avait toujours nourris une jalousie dissimulée à l’égard de Shinju, la petite sœur de Sainan. Shinju avait toujours reçu de la part de son Frère une affection et une attention inaltérée avec les années, un amour des plus forts, qu’elle n’avait jamais vraiment pu ressentir de la part de Sainan. Jusqu’alors, Amasa avait accepté cette situation, s’étant faite à l’idée que les liens qui unissaient Shinju et Sainan devaient être profonds et inexorables. Pourtant aujourd’hui, elle sentit le dégoût de la rancœur remonter à la pensée de cette sœur cadette. Il ne lui restait plus à son esprit délaissé que l’option de la haine, de l’envie. Et ce sentiment était bien plus agréable que celui de la douleur…

[Amasa] « Non… »

Ce mot s’était échappé sans que la douce puisse le retenir, il exprimait dans son ton froid et profond tout ce qu’elle avait retenu en elle depuis. Ses yeux se teintèrent peu à peu d’une aura bien différente de celle qu’avait pu connaître Sainan. Amasa suintait la colère, la rage à l’état pur, une rage d’autant plus glaciale qu’elle était contenue en elle. Tandis qu’elle fixait toujours le jeune homme, elle commença à trembler de tous ses membres. Mais elle défierait une vie à laquelle elle ne s’était pas destinée.

[Amasa] « Non Sainan, tu m'as répété ce mensonge trop de fois. Tu te mens à toi-même. Ce n’est pas ce que je souhaite. Je ne veux pas passer ma vie à t’attendre, pendant que tu t’accroches à une culpabilité qui te ronge depuis des années. Je peux supporter ta peine, t’aider à surmonter ce qui te fait tant souffrir, mais pas au péril d’un destin heureux que je peux accomplir un jour. Tu ne changeras jamais Sainan, tu le sais comme moi. Nous avons tous deux vingt ans aujourd’hui, et il est encore temps de faire des choix, de décider selon nos actes de ce que nous serons plus tard. Je décide devant toi que je ne veux plus souffrir. Regarde mes yeux, te rappelles-tu la dernière fois que tu les as vus joyeux ? Je n’en ai plus le moindre souvenir. »

Elle déglutit doucement. Son visage était tiraillé par le chagrin qui semblait l’envahir. Pourtant, elle semblait vouloir rester forte ce soir.

[Amasa] « J’ai cru que tout s’atténuerait, mais tout s’est accentué. J’ai cru que tu reviendrais, mais tu t’es éloigné. J’ai cru que tu m’aimerais pourtant c’est surement seule que je vais enfanter. Je suis épuisée d’avoir peur que l’on m’annonce ta mort alors que tu courrais la rejoindre si tu en avais l’occasion. Il n'existe pas de destinée pour ceux de notre famille. Chacun suit le chemin qui lui paraît le plus juste, et tu vas emprunter un sentier à la terre bien noire, très proche de celui que nous haïssons tous, très proche du maudit Karasu. Tu as choisi le sacrifice et la vengeance, et j’ai choisi la vie et la quiétude. »

Amasa marcha quelques pas, digne et fière malgré la peine qui lui balafrait le cœur. Elle resta dos à Sainan, tout comme ils s’étaient retrouvés quelques instants plus tôt.

[Amasa] « Et pourtant, je vais devoir subir la pire des lies afin de trouver le bonheur… Tu connais aussi les récits runiques, tu sais ce qu’il adviendra. Nous sommes nés tous deux des astres de la bienveillance, notre enfant mourra si nous ne sommes plus unis. Mais il retournera aux Eaux, et son esprit n’aura pas à endurer l’existence à laquelle tu le condamnes. Va-t-en Sainan, disparais à jamais. Jamais je ne t'ai parlé aussi sérieusement qu'en cet instant. Pars. Je t’en supplie ! »

A ces mots, elle se retourna brusquement, et courut les quelques mètres qui la séparaient du jeune homme pour venir le frapper de son poing contre le torse. Toute sa peine se serait libérée dans ce modeste coup du désespoir. Sa courte ruée sembla durer plusieurs minutes pour Sainan. Il l’observait une dernière fois, son cœur le faisait terriblement souffrir. Et avant qu’elle ne puisse l’atteindre de son poing, il composa de sa main quelques mudras rapides. Sainan n’était plus là. Amasa s’écroula sur ses genoux, et fut prise par le chagrin. Son ventre la poignardait déjà et, dehors, il neigeait…

[HRP] Demande de validation optionnelle de la technique Permutation. Il est difficile et laborieux de faire une session qui lui serait consacrée, aussi cela m'arrangerait si je pouvais prendre ce RP pour illustrer son utilisation, comme Sainan le fait à la fin.[/HRP]
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MessageSujet: Re: Élégie à Freyja   Mer 5 Sep - 23:34

Sainan : + 43XP - Technique validée
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