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 [Chapitre 2] Seiza

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Takuan
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MessageSujet: [Chapitre 2] Seiza    Ven 24 Aoû - 20:48

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Chapitre 2
Seiza

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La brume habituelle des fins de journée Kuméennes donnaient une atmosphère parfaite à la mystérieuse Asakura, décharge humaine des affres du monde shinobi. Là-bas s’entassaient shinobi à la retraite, qui versaient leur maigre pension dans l’alcool et les femmes pour panser les blessures du passé, une foule d’orphelins nés de parents tués lors de missions et réduits à survivre d’eux même, quelques escrocs de bas étage, propriétaires de casinos souterrains et de maisons de plaisir. Le village n’avait rien à y redire, il se contentait de contenir, modérer, et regarder d’une indifférence calculée les coups tordus des habitants du quartier. Après tout, cette nuée de paumés de la vie, Kumo en était la génitrice, elle qui avait envoyé ces hommes et ces femmes commettre les pires actes, se faire tuer dans des missions irréalisables, elle qui avait détruit la dernière partielle de leur bonté ou de leur dignité. Elle aurait pu les chasser, ces badauds ravagés par l’alcool ou d’autres substances moins avouables, mais non, elle restait leur mère, envers et contre tout, et elle continuerait de les faire survivre dans un monde qui ne veut plus d’eux, jusqu’à ce qu’ils crèvent d’eux-même. Takuan n’en avait jamais douté : Kumo était une salope. Rien dans ce monde ne se révèlerait tout blanc, innocent, chacun avait sa part de fautes et de regrets. A lui d’espérer en avoir le moins possible lorsque la grande faucheuse viendrait faire son travail.

Le Chuunin aimait se promener dans les ruelles brumeuses de l’Asakura. Lui qui passait rarement inaperçu, du haut de son mètre quatre-vingt-dix et de son chapeau de paille, devenait alors fantôme dans un styx de spectres similaires à lui. Il se plaisait à écouter les badauds bourrés se chamailler pour un rien, à voir courir les sales mioches livrés à eux-mêmes, à sentir le parfum enivrant des étals de nouilles aromatisées dont les vapeurs réchauffaient les passants. Habituellement, il entrait alors dans l’un de ces bars à l’odeur douteuse, s’installait au comptoir, et noyait ses tracas quotidiens dans les coupelles d’alcool de riz qui lui montaient à la tête. En cet instant, plus rien n’avait d’importance, son esprit virevoltait au-dessus des effluves de sa conscience moralisatrice. Il sortait enfin, au bout de quelques heures, fantôme éthylique flânant dans les ruelles oniriques de ce quartier ravagé. ‘Que la vie est belle au fond d’une coupelle de saké…’

Aujourd’hui cependant, sa venue était motivée par d’autres motifs, bien plus sérieux. Toujours habillé de son kimono de lin noir et de son chapeau de paille, le Chuunin hâtait le pas vers un troquet au Nord du quartier, le plus dangereux, si tant est qu’on pût utiliser cet adjectif. Dans sa main gauche, au fond de sa poche, il jouait avec le pendentif offert par Kaede. Il partait à la rencontre de Seiza, même s’il ne savait toujours pas à quoi ce nom référait : une personne, un petit groupe, une organisation ? Néanmoins, il avait confiance en Kaede. Si elle lui avait conseillé de requérir leur aide, alors assurément il n’y aurait pas de danger à rencontrer ce fameux Naisen qui l’attendrait au bar Tsukiyo. Enfin, probablement… Takuan n’apporta aucune arme, rien qui puisse indiquer la moindre hostilité de sa part, mais il n’était plus naïf depuis un bon moment. Avant de se rendre au rendez-vous, il avait préparé une porte de sortie. Elle s’appelait Kaerimichi, le Sceau du Retour.

Le Toshiya observait sa paume gauche, fraîchement marquée de son encre spirituelle. Un cercle orné de runes complexes y était clairement visible, comme marqué au fer rouge. Il n’aurait jamais pensé prendre autant de temps à manipuler correctement les arcanes propres aux calligraphes, lui qui avait pourtant pratiqué cet art chez les Toshiya, et même auparavant avec sa sœur, du temps où il vivait toujours chez son père. Insérer son chakra dans la lame d’un katana ne lui posait pas de problème, il se trouvait d’ailleurs de plus en plus doué à manipuler les arts propres aux shinobi, lui qui avait pour le moment reçu uniquement une éducation aux arts de son clan. Lors des quelques missions où il avait rencontré des shinobis de Kumo pour leur prêter main forte, il avait pu voir le potentiel destructeur de ces runes placées sur des morceaux de papier, ou à même la surface, et il s’était promis de maîtriser un jour ce pouvoir. Malgré tout, le Chuunin n’était pas habitué à rencontrer autant de résistance. D’ordinaire, il pouvait jouir d’une aisance naturelle à l’apprentissage, qu’il cachait d’ailleurs à merveille après des années de simulation d’incompétence chez les Toshiya. Toutefois, alors qu’il avait prévu une journée pour maîtriser les arcanes du Fuinjutsu et apprendre le sceau qui lui était nécessaire, il avait pris deux jours de plus. Takuan, à son grand regret, se révélait un horrible dessinateur. Si l’injection de chakra dans le papier ne lui avait demandé que quelques heures d’adaptation, le dessin du plus basique des sceaux l’avait bloqué une journée entière. La forme dessinée ressemblait si peu au sceau d’origine que la transmutation de chakra n’opérait pas. Il dut se servir d’un patron dessiné depuis le livre pour parvenir enfin à donner une forme appropriée qui fonctionna, même si quelques réticences se manifestèrent au moment de la première téléportation.

Le Chemin du Retour était l’assurance d’une porte de sortie si à tout hasard la rencontre avec ce fameux Naisen ne s’avérait pas fructueuse. Son apprentissage l’avait affreusement retardé dans l’exécution de ses plans, mais puisqu’apparemment Naisen avait élu domicile dans le bar, peu importait le jour de la rencontre. Le Tsukiyo se dressa au bout de l’artère principale, au coin de deux ruelles parmi les plus crasseuses du village. Takuan n’y prêta pas attention et s’engouffra dans le bouge enfumé. A en croire Kaede, Naisen cuvait son saké toujours au même endroit, au fond du bar, à une table ombrée à l’abri des regards indiscrets. Le Chuunin balaya du regard l’intérieur des lieux, rien que du banal. Il agrippa son chapeau dans ses mains, puis s’avança dans la salle principale. Quelques secondes furent suffisantes pour repérer le fameux Naisen, ce vieil homme qui renfermait en lui, sans le savoir, l’espoir d’une réponse pour le Toshiya… Il paya une bouteille de saké, puis alla s'asseoir à la table du monsieur. Il possédait un regard étrangement sévère, scrutateur, presque insolent. Ses cheveux gris parfaitement repliés en arrière et sa tenue stricte ne faisaient qu'ajouter de la raideur à son allure stoïque. Takuan posa la bouteille de saké, ornée de la croix du sud plantée dans le bouchon de liège du conteneur.


Takuan - Si vous venez ici dans l'espoir de passer inaperçu, il faudrait songer à changer de tenue...

Le rire du chuunin qui suivit fut simple et naturel. Et peu importe s'il serait suivi par l'inconnu. Takuan était ainsi, sincère et naturel, son image l'importait peu. Il l'assumait jusqu'au plus profond de son âme...

Naisen finit son verre d'alcool de riz. Son haleine empestait mais il ne semblait pas avoir perdu la moindre de ses facultés, du moins en apparence.

[Naisen] " Tiens, vous voilà. "

Il attrapa la bouteille de Saké de Takuan sans tarder et remplit son verre généreusement. Il sembla retenir sa respiration, comme avant de plonger dans l'eau.

[Naisen] " Pourquoi voudriez-vous que je me cache ? "

Et il avale son verre cul sec. Sans plus tarder, il s'en remplit un autre.Takuan rit de plus belle. Il avala de même une gorgée de saké, avant de répondre aussitôt.

Takuan - Je ne sais pas, je ne sais pas... Le fait qu'on me donne un objet pour prouver mon identité, qu'on se rencontre dans le bar le plus miteux du quartier le plus mal famé de Kumo. Ca sonne comme dans un roman policier, vous ne trouvez pas ? Y a des tireurs embusqués aussi, au cas où je deviendrais soudainement violent ?

Un long et langoureux sourire s'esquissa sur son visage. Il posa ses deux paumes sur son menton avant de se resservir. L'haleine un peu chargé d'alcool, Naisen ne demanda pas son reste et commanda une nouvelle bouteille. Il n'eut pas besoin de se lever, ou même de prononcer ne serait-ce qu'un mot, la main levée suffit à la serveuse pour comprendre ses intentions.

[Naisen] " C'est juste le bar qui sert le saké le moins cher dans toute la région. "

Il recommença à picoler, alignant verre sur verre. Quand la nouvelle bouteille arriva, Takuan posa la main dessus et la ramena à lui.

Takuan - Et si nous commençions à parler avant le coma éthylique ? Avant le réconfort, normalement il y a l'effort, vous savez ?

L'homme fixa Takuan droit dans les yeux pour la première fois, au travers de ses petites lunettes carrées vissées à sa tête. Le ton de sa voix avait quelque peu changé.

[Naisen] " Takuan Toshiya, chuunin de son état. Que me vaut cette honneur ?"

Ils allaient enfin s'attaquer au coeur du problème. Le Chuunin était d'ordinaire quelqu'un de patient, mais le sujet qui l'amenait aujourd'hui semblait l'un des rares qui mérite son agacement ou sa réaction.

Takuan - J'ai besoin d'informations. Sauf que je ne sais ni où chercher, ni comment le faire. Je m'en remets donc à plus compétent que moi.

[Naisen] " Vous recherchez des réponses, comme tout le monde ici à Asakura. Pourquoi je vous aiderais vous plus qu'un ivrogne qui déglutit tout ce qu'il a bu dans le canivot ?"

Le Toshiya comprit là où voulait en venir Naisen, il n'était pas dupe ou naïf au point de croire que tout ce qu'il demandait serait répondu gratuitement. Et puis après tout, cela paraissait normal : ce Naisen aussi allait devoir travailler pour mettre à jour d'éventuelles informations.

Takuan - Parce que Kaede ne m'aurait pas envoyé vers vous pour rien. Et parce qu'on a toujours besoin d'un Takuan Toshiya, Chuunin de son état, n'est-ce pas ?

[Naisen] " Est-ce qu'un Toshiya serait prêt à payer une bouteille de Sake à un inconnu pour obtenir ce qu'il demande ?"

Le regard froid, fixant les yeux de Naisen, Takuan répondit du tac-au-tac :

Takuan - Et l'inconnu serait-il prêt à réfréner ses envies de boisson deux minutes afin de discuter normalement ?

Naisen finit son verre et s'en reversa un autre. Il lui montra instantanément la bouteille vide.

[Naisen] " A votre avis ?"

Takuan se leva et replaca son chapeau sur la tete. Il agrippa le bouchon ou est plantee la croix du sud,, avant de repliquer :

Takuan - A mon avis non, et dans ce cas nous n'avons plus rien a nous dire aujourd'hui. Je vous souhaite un bon coma.

Impossible de participer outre mesure a la dechance humaine de ce pauvre type assoiffe, cela allait contre tous les principes moraux du Chuunin. Takuan preferait encore partir pour le moment, retourner voir Kaede et prendre contact avec cette "Seiza" d'une autre maniere, que de traiter avec un poivrot notoire qui ne se souviendrait pas de la moitie de la discussion le lendemain. Ce Naisen l'avait en outre pris exactement par le mauvais bout. Peu de choses agacaient Takuan, reduire son identite a un nom de famille qu'il execrait au plus haut point en faisait partie.[/justify]




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Takuan
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MessageSujet: Re: [Chapitre 2] Seiza    Lun 27 Aoû - 0:31

Le lendemain, aux aurores, Takuan se dirigea vers la bibliothèque. Kaede, malgré une nuit blanche et des cernes qu'elle trimbalait comme des valides accrochées à ses paupières, restait fidèle à son poste, dans son bureau d'accueil, un magnifique comptoir en érable verni qui allait divinement bien avec le mobilier ancien des alentours.

Kaede - Oh Takuan ! Alors, comment s'est passée cette rencontre ?

Le Chuunin ne dit mot dans un premier temps, se contentant de reposer la croix du sud empruntée à la demoiselle sur le plan de travail.

Kaede - Qu'est ce que ça veut dire ? Rien de grave ?

Takuan - Non, non, rien de grave. Naisen doit être en train de décuver les trois litres de saké ingurgités avant, pendant, et après ma venue. Je l'ai laissé à sa petite affaire, il semblait tellement occupé à boire que toute la conversation a tourné autour du saké.

Adossée dans sa chaise de bureau, l'air las, Kaede fixait Takuan avec une petite moue dubitative.

Kaede - C'est vrai que Naisen n'est pas du genre à modérer son goût pour l'alcool, mais c'est quelqu'un de professionnel...

Takuan - Professionnel ou pas, je ne lui ai même pas exposé ma demande.

Kaede - Dis moi, tu serais pas un peu rabat-joie et snob sur les bords, on dirait une vierge effarouchée pour trois coupelles de saké.

Takuan - Trois bouteilles...

Kaede - Peu importe, Naisen pourrait en boire une demi douzaine sans que ça ne l'arrête. Il est tellement habitué que cela ne lui fait aucun effet.

Takuan - Et ce ne serait pas possible de parler à quelqu'un de sobre ?

Elle secoua la tête aussitôt.

Kaede - Le problème, c'est que je ne connais que lui. Il est mon contact et je n'ai jamais eu affaire à d'autres.

Takuan - Dans ce cas, j'aimerais que tu lui transmettes une invitation.

Kaede - Mmm... Te connaissant, tu n'as pas dû être tendre avec lui hier, tu crois vraiment qu'il va m'écouter ? Qu'as tu à lui offrir pour qu'il soit tenté de répondre à ta requête ?

Takuan - S'il te demande, réponds lui que ce sera ce qu'il souhaite, tant qu'il ne me force pas à aggraver sa déchéance éthylique.

Takuan déposa un petit papier dans les mains de Kaede. Il indiquait, une heure, un lieu. Le matin, tôt, pour espérer tomber sur un homme sobre, ou en tout cas moins éméché. Le lieu, un square, à la bordure de l'Asakura, là où il serait sur que la seule source de distraction serait sa demande et la discussion qu'ils auraient. A prendre ou à laisser. Et si ce Naisen laissait, et bien ma foi, Takuan emprunterait d'autres chemins pour arriver à ses fins.
Takuan
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MessageSujet: Re: [Chapitre 2] Seiza    Lun 3 Sep - 20:04

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Naisen regarda sa montre d'un air agacé. Son pied tapait frénétiquement sur les pauvres gravillons de l'allée centrale du square Daimatsu, à l'Ouest de l'Asakura. Une sorte de zone franche entre la bienséance des quartiers résidentiels du centre du village et la dépravation de l'Est. Aussi tôt de bon matin, aucun risque d'y rencontrer qui que ce soit, à part des paumés à la dérive, trop pleins de leur soirée de la veille, et quelques passants pressés sur le chemin du travail. Ce matin, deux personnes de plus augmenteraient le compteur.

Naisen - Vous êtes en retard... Bizarre pour un Toshiya.

Takuan - Vous êtes en avance... Bizarre pour un alcoolique.

Le Chuunin venait d'apparaître d'un buisson qui coupait la vue du chemin courbé. Habillé comme toujours de son éternel Kimono et de ce chapeau de paille que le membre de Seiza trouvait moche et complètement dépassé.

Naisen - Vous êtes un adepte des jugements hâtifs, jeune homme.

Takuan - Je peux vous retourner le compliment. Qui me renvoit constamment à ma condition de Toshiya ?

Naisen eut un petit rire amusé. Pris à son propre piège, il dut s'avouer vaincu.

Naisen - Vous avez raison ma foi.

Il garda pour lui sa perplexité. Il avait rencontré quelques membres de ce clan dans sa vie. Il n'étaient pas du genre à étaler avec démesure leur appartenance à l'Araignée, mais ils en tiraient malgré tout une certaine aura, qui passait parfois pour de la fierté, parfois pour de l'arrogance. Rencontrer un Toshiya mal à l'aise vis-à-vis de la question de ses origines, voilà qui lui semblait particulièrement curieux.

Naisen - Bon, j'ai un emploi du temps chargé, allons droit au but. Qu'attendez-vous de nous ? Et surtout, qu'êtes-vous prêt à donner en retour ?

Le Chuunin sortit de sa poche une petite boîte en érable, fermée par un loquet de cuivre aux ciselures travaillées. Il la tendit à l'homme.

Naisen - Une boîte ? Qu'ai-je à faire d'une boîte ?

Le regard irrité de Takuan fit comprendre immédiatement sa méprise au vieil homme. Le cube de bois n'était pas la récompense, mais l'objet de la recherche. Il rendit son regard au Chuunin comme pour lui demander la permission d'ouvrir l'objet. Takuan répondit d'un petit signe de tête.

Qui aurait pu imaginer tant de trésors dans un si petit contenant. Chaque note suivait la précédente dans une harmonie sobre et douce à la fois. Elle évoquait le mystère et la découverte, l'écho guerrier et la rime du poète, la mélancolie et la joie, la chaleur et le froid, la peur et l'émoi. Lui qui avait enduré les épreuves de la vie avec un stoïcisme à toute épreuve s'avouait vaincu devant ça.

Quelques notes dans une boîte en bois.
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Il referma l'objet avant de laisser transparaître la moindre émotion, puis se contenta de regarder le Chuunin, l'invitant à poursuivre ses explications.


Takuan - Je souhaite retrouver sa propriétaire.

Naisen - Quelqu'un de proche ?

Lui qui arborait toujours un sourire quasi béat contemplait le ciel, comme happé par une nostalgie indétrônable. La question paraissait simple, mais il mit du temps à trouver la réponse adéquate.

Takuan - Autrefois. Il s'agit de ma soeur. Nous avons été séparés. J'avais huit ans, elle six. J'ai rejoint les Toshiya, elle, je n'en ai aucune idée.

Naisen - Je ne comprends pas, elle n'était pas Toshiya elle-même ?

Takuan - Non. Je suis un enfant de la Toile, la simple semence d'une aventure d'un jour entre une Toshiya et un inconnu, à qui ma mère m'a confié comme le veulent les traditions du clan. Mais père est mort à mes huit ans, tué par les Toshiya, et je n'ai jamais revu ma soeur.

Tout s'éclairait. Le grand dadet qu'il avait devant lui portait bien plus de blessures que ce qu'il aurait pu penser. Un champ de ruines, sur lequel il avait bâti un monde étonnamment positif, mais bien fragile apparemment, et Naisen comprenait désormais le pourquoi de cette vexation lorsqu'il l'identifiait par son clan.

Naisen - Qui vous qu'ils ne l'ont pas tuée ?

Takuan - Absolument rien. Vous rechercherez peut être un cadavre, en effet.

Naisen se frotta frénétiquement le menton. Il faisait toujours ainsi lorsqu'il réfléchissait intensément. Son esprit l'accaparait tant qu'il n'en contrôlait plus les tics incessants qu'il avait autrefois mais qu'il maîtrisait dorénavant.

Naisen - Un lieu ? Une date ? Un nom ?

Takuan - Reiko Genzô. Il y a quatorze ans. En dehors de Kumo, peut être au Sud, je me souviens d'étés plus chauds et d'hivers plus doux qu'ici. Tout près d'une forêt. Le relief était plat autour de nous, un petit village à deux heures de marche, c'est tout ce dont je me souviens.

Naisen - Une telle information sera difficile à trouver, et qui dit difficulté dit travail. Et vous connaissez la suite, tout travail mérite salaire.

Takuan - Vous voulez de l'argent ?

Naisen - Non, les Ryos ne nous intéressent pas. Mais à service prêté, service rendu...

Le Chuunin des nuages épia l'expression de Naisen. Il tenta de cerner de quel genre de demande il s'agirait, espérant de tout coeur qu'il ne demanderait rien en contradiction avec ses propres principes. La demande qu'il essuya le fit souffler de soulagement.

Takuan - Une livraison ? Oui d'accord.

Naisen briefa rapidement les détails. Un certain Hiyuki Katama, marchand dans la ville de Sora. Un petit parchemin cacheté à transmettre, un message à recevoir de sa part. Puis le retour.

Takuan - Quel genre de message ?

Naisen - Vous n'avez pas besoin de le savoir.

Si ce n'était que ça, le Chuunin n'éprouverait pas de difficulté particulière à remplir un contrat pareil. Sans réfléchir trop longtemps, il accepta le marché.

Takuan - Je vous ai trouvé bien conciliant aujourd'hui

Naisen - Comment ça ?

Takuan - Je ne sais pas. Lors de notre rencontre précédente, vous ne m'aviez pas paru aussi... civilisé.

Naisen - J'ai une petite faiblesse pour les imbéciles qui me tiennent tête.

Le Toshiya se mit immédiatement à rire aux éclats, rayonnant à nouveau comme si la discussion sur ses démons du passé n'avait jamais eu lieu. Il ne fut pas accompagné par Naisen, mais il s'en ficha royalement.

Naisen - Je vous ai trouvé bien bavard aujourd'hui, pour une histoire si difficile.

Takuan prit la même moue bougonne que Naisen lui avait infligé avant de répondre aussitôt :

Takuan - J'ai une petite faiblesse pour les imbéciles qui ont la confiance de Kaede.

Le Chuunin ne semblait pas ravi à l'idée de laisser son seul souvenir d'enfance entre les mains de cet inconnu, mais il comprenait qu'il lui serait plus aisé pour entamer des recherches. Il comprit également que la collecte d'information ne donnerait pas forcément de résultats non plus, mais pour le prix payé, cela valait la peine. De nouveau debout, Takuan réajusta son chapeau puis prit congé de son interlocuteur, le coeur léger d'un espoir nouveau. Ne restait qu'à trouver un motif, et remplir sa part du contrat. Disparu de nouveau derrière le buisson d'où il était venu, il caressa la marque du sceau qu'il avait gravé dans la chair au dos de sa main. Il ne s'en était finalement encore jamais servi et l'avait presque oublié. Il éprouvait à vrai dire une certaine anxiété à l'utiliser pour de bon, tant il faisait peu confiance en ses capacités graphiques, tant ses connaissances en Fuinjutsu lui paraissaient maigres et superficielles. Et pourtant, il l'avait travaillé, ce chemin du retour, passé des heures à calligraphier encore et encore cette forme si étrange sur le papier. La principale difficulté avait résidé dans la contrainte que l'écriture devait impérativement se faire d'un seul coup, sans jamais enlever la plume de la surface, presque inconsciemment, naturellement du moins. Le poignet trop raide, pas assez d'encre, une courbe trop longue, et il fallait tout recommencer, encore et encore, des dizaines de fois, jusqu'à parvenir au premier sceau. Hélas, rebelote lorsqu'il fallut s'occuper du second, son opposé, à placer dans le lieu du retour. Moins complexe, mais plus grand, il avait fini par faire perdre autant de temps au Chuunin, frustré d'avoir trouvé un domaine réticent à sa compréhension habituelle. Deux jours d'intense pratique eurent raison de sa patience, et même si le résultat aurait pu être amélioré, il s'aventura à inscrire le premier au dos de sa main, et à placer le second, délicatement, dans son appartement. Il ne perdrait rien à voir les résultats de son entraînement, et tenta donc la téléportation...

Naisen resta quelques minutes de plus assis sur son banc de pierre. Il sortit une petite fiole métallique de laquelle il but plusieurs gorgées alcoolisées. Les bras étalés sur le long dossier, il soupira longuement. *Ah ces coeurs de guimauve, courir après des fantômes alors que le monde lui ouvre les bras...* Enfin bon, ce n'étaient pas ses affaires, il avait un marché, il s'y tiendrait comme à son habitude, car Seiza tient toujours parole.



MessageSujet: Re: [Chapitre 2] Seiza    Mer 17 Oct - 22:51

Takuan
+30 xp (bonus inclus)

Bien qu'un peu perdu, car je n'ai pas encore eu l'occasion de lire les autres sujets à propos de seiza, j'ai vraiment aimé te lire. J'ai l'impression que tu aimes beaucoup plus Takuan qu'Etsuko, et ça s'en ressent dans la maîtrise de ton récit. Une mention spéciale pour "Que la vie est belle au fond d’une coupelle de saké…". Je t'écrirais surement pour te demander des choses à propos de seiza ou Asakura. Cela m'a donné des idées, j'aimerai te les faire partager Wink
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MessageSujet: Re: [Chapitre 2] Seiza    

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