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 Séquence des Larmes d'Azur

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MessageSujet: Séquence des Larmes d'Azur   Sam 25 Aoû - 1:31

Citation :
Contexte : Moment de recueillement
Date : Il y a deux ans
Apprentissage : Odori Doshaburi - La Danse qui fait Tomber la Pluie

Le bruit, pourtant assourdissant, de la cascade déchaînée apaisait de toute sa magnificence le cœur troublé de l’Aisu. Sainan était assis, face aux chutes d’eau, sur un rocher qui émergeait de l’eau, et qui semblait orgueilleusement se dresser de toute sa petitesse contre les trombes d’eau. Peut-être cette pierre affrontait-elle son ennemi jurée dans une dernière scène, portant le courage de tout son élément, déjà enseveli et creusé par la puissance incessante des flots qui dévalaient les pentes. Le jeune Chuunin fermait les yeux, s’accordait un rare moment de béatitude et de tranquillité, durant lequel il pourrait se ressourcer, lui qui était si souvent éloigné de ce qui lui était vital. Même sans la voir et la contempler, il pouvait s’en imprégner de tous ses sens en éveil, humectés avec délectation par les eaux fougueuses et royales de la cataracte, jusqu’à la percevoir peut-être mieux qu’avec le regard. La bruine fine qui balayait sa peau, les gouttes d’eau qui finissaient parfois leur chute contre son visage serein, les tremblements légers que provoquaient les vagues d’écume contre le rocher où il était installé, toutes ces sensations l’emplissaient d’une joie intérieure inexplicable pour qui n’est pas né enfant des Eaux.

Sainan se laissa aller à quelques réflexions sur son Clan. Il se demanda combien d’âmes errantes pouvaient encore chercher refuge au sein d’une famille, combien de filles et de fils des étoiles souffraient encore de l’éclatement de leur tribu jadis unie et soudée. Lui, était encore jeune, tout juste âgé de dix huit ans, mais ne pouvait que constater la triste réalité : très rares étaient ceux qui avaient perçu l’écho du Village du Brouillard. Peut-être que certains l’avaient senti et n’étaient pas encore éveillés à leur don, peut-être que d’autres ne savaient encore rien de l’existence des Aisu, des Geïrou et des Hiyori de Kiri.
Pourtant, il y croyait toujours… Il se sentait investi du devoir du sang, celui de briller un jour du même éclat que son aïeul. Il était le petit fils de Shinobu, portait en lui tout le poids de l’Histoire des Êtres des Astres, et aurait un jour à en répondre, car tel était son destin. Jamais il n’avait révélé à quiconque son lien de parenté, et jamais il ne le ferait. L’esprit des Hommes est trop hanté par la flatterie et la nostalgie, beaucoup verraient en lui ce qu’il ne voudrait jamais être, quand lui n’aspirait qu’à une vie simple, dictée par ses valeurs inébranlables. Il savait que s’il avait un jour à accomplir quelque chose de bon, il serait mauvais d’y partir en quête. Il ferait ce qu’il sentirait qu’il devrait faire, lorsque cela arriverait.

Les siens avaient reçu le don de l’amour de l’Eau. Tous étaient capables de l’entendre murmurer, de la sentir se mouvoir, elle qui aspirait toujours à plus de liberté. Elle était comme un nouveau-né dans son berceau, sans cesse en train de se tordre, afin de repousser avec frénésie les frontières de ce qui l’entourait. Les Eaux étaient à la fois douces et dévastatrices, elles savaient guérir un mal de leur simple contact, ou déchirer la chair de leur déferlement. Mais surtout, jamais personne en ce monde ne pourrait un jour prétendre les avoir domptées. Elles étaient les premières filles des Cieux, modelant le paysage selon leur volonté. De leur force nourricière jaillissaient les étendues sauvages de la nature, et les fondements même de la vie. Tout autour de soi n’était qu’Eau…

Le jeune homme se laissa alors aller à une prière, une simple et honnête prière à l’attention de la Lune, qui avait toujours béni ses pas. Face à la puissance d’un Astre il n’est nulle place pour la tromperie, seule pouvait compter la blancheur de l’âme de celui qui implore. Il souhaita qu’à sa demande, celle-ci lui offre la vie, que lorsqu’il en aurait besoin les Cieux laissent couler leurs larmes d’azur et fassent tomber la Pluie. Alors, durant deux jours et deux nuits il ne quitta pas position, ne changea pas même de stature, figé dans le temps et l’espace de la même façon que lorsqu’il avait parcouru la Galerie des Glaces. Il était éprouvé par ses Dieux, et devait faire preuve de sa volonté de givre. S’il oubliait son souhait l’espace d’une autre pensée, ce dernier ne serait probablement jamais exhaussé. Alors, Sainan se leva, comme par instinct…

Les paupières toujours closes, il sentit sa tête effectuer quelques mouvements, et laissa ses mains composer une série de signes répétitifs, tout en prononçant des mots à voix très basse. La Danse qui ferait tomber la Pluie débutait sa chorégraphie, et il en serait l’artiste. Il répéta la valse des dizaines de fois, sentant qu’à chaque boucle les Eaux acceptaient davantage sa demande. Après plusieurs heures qui commençaient à éprouver son corps, maintenant fatigué, les premières gouttes d’Eau tombèrent du Ciel, de tout leur poids. Sainan les sentit, elles se distinguaient en tous points de l’eau de la cascade pour un Aisu. Revigoré par un vœu qui se matérialisait lentement, il poursuivit son balai des heures durant, sentant que son Chakra s’imprégnait de cette nouvelle puissance qui s’éveillait en lui, celle de faire pleuvoir un jour. Il continuait à implorer.

[Sainan] « Lune, Mère de mes jours, laisse-moi porter sur mes épaules le poids de tes larmes d’Azur... »

Puis, sentant qu’il perdait prise peu à peu, il s’affaissa d’un seul coup, et tomba dans l’inconscience contre son rocher, au milieu du lac. Il se revit alors, petit, frêle, innocent, emprunter pour la première fois le rêve éveillé auquel les siens avaient parfois l’honneur de pénétrer. Il contemplait comme s’il y était les étendues de vitres de givres qui formaient une haie d’honneur sur sa route. Peut-être un jour pourrait-il trouver le moyen d’entrer de nouveau dans la Galerie des Glaces. Il visualisa alors certains miroirs, put y contempler des Paysages bien différents, comme si chacun d’entre eux étaient la fenêtre vers l’une des beautés que compte ce monde. Sainan s’interrogea. Peut-être que depuis la grande division des leurs, les Astres donnaient naissance à leurs enfants en envoyant leurs âmes à travers ces glaces mystérieuses, les éparpillant à travers les terres pour les punir de leur clivage.

Lorsqu’il se réveilla, son Visage et ses vêtements étaient totalement mouillés. D’abord sur sa main, puis peu à peu sur tous les pores de sa peau, il sentit une multitude de gouttelettes le parcourir. Il ouvrit les yeux, et observa le ciel. Dans la nuit sombre, la voie lactée était dominée par la Lune et, ainsi qu’il l’avait tellement prié, la tristesse des cieux se déversait sur lui. Il se releva, maintenant toujours le visage haut, remerciant sa première Mère de tout l’amour qu’il lui portait. Puis, comme pour attester de la réalité, il s’accroupit, et regarda l’eau du lac alentours. L’impact des gouttes formaient des milliers d’ondes circulaires sur la surface de l’étang. Son appel avait été entendu. Il pleuvait.


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Daiisu Aisu
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MessageSujet: Re: Séquence des Larmes d'Azur   Dim 26 Aoû - 17:54

Sainan Aisu
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Technique validée


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