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 [CI004] Une question de point de vue

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MessageSujet: [CI004] Une question de point de vue   Sam 25 Aoû - 13:56


Mizugiwa tint le rythme imposé sans cesser de protéger la sphère d’eau qu’elle retenait contre son ventre. Les arbres défilèrent, toujours plus gros, mais de moins en moins nombreux ; si bien que l’équipe ne tarda pas à se dégager de la forêt et à affronter un horizon nouveau où se distinguait très nettement un village rudimentaire. Mizugiwa s’arrêta la dernière auprès du duo de tête et jeta un coup d’œil rapide au village beaucoup plus pour la forme que pour le fond. Aussi large que soit la vue, elle ne permettait pas de répondre à certaines problématiques. Comme, pourquoi s’arrêtait-on ici ? Ou encore, est-ce que le village était pourvu d’une fontaine ou d’une réserve d’eau à ciel ouvert ? Mais Sainan balaya toutes ces questions de sa voix si sérieuse.

[Sainan] – Notre homme réside dans cette bourgade. Nous allons nous y rendre calmement, reprenez donc votre souffle.

Le trio entra dans le village par la grande porte mais à un rythme de pas plus conventionnel, comme de simples voyageurs de passage, même s’ils n’en avaient pas forcément l’air. Mizugiwa marchait les mains dans le dos en scrutant le moindre élément qui entrait dans son champ de vision. Ce n’était pas un réflexe provoqué par la méfiance mais plutôt de la curiosité pour un village qu’elle ne connaissait pas. Mizugiwa n’était pas du tout dans l’optique de repérer le terrain en vu d’éventuelles difficultés. Elle n’en était pas à comprendre la « mission » sous cet angle là. Tout ce qu’elle avait en tête à ce sujet c’était que quelqu’un mentait dans cette histoire et que ce Naboko Shinji était sans doute la clé qui permettrait de découvrir la vérité. D’ailleurs quand Sainan indiqua sa maison, Mizugiwa fut tout de suite frappée par l’allure qu’elle affichait. Ce n’était clairement pas la maison de n’importe qui au vu des maisons qu’elle avait vu défiler depuis l’entrée du village. Le détail était subtil, sans doute inutile pour résoudre l’énigme qui avait été confiée à Sainan, mais Mizugiwa l’enregistra consciemment dans un coin de sa tête. Viendrait peut-être un moment où cette information prendrait une toute autre signification.

[Sainan] – Soyez aux aguets, notez chaque information. A compter de maintenant, tout ce que vous pourrez percevoir peut être potentiellement utile.

Mizugiwa resserra ses doigts sur la sphère d’eau qu’elle tenait dans son dos et porta son regard sondeur sur la femme qui consentit à leur ouvrir la porte.

[?] – Que puis-je pour vous ?

[Sainan] – Bonjour Madame. Nous cherchons Shinji Naboko. Serait-il ici ?

[?] – Mon mari est un bourreau du travail, vous le trouverez à son magasin au marché centrale. Il tiens une boutique d'arme, vous ne pouvez pas la manquer.

Mizugiwa enregistra une nouvelle information. Ce Naboko Shinji donnait l’impression à sa femme de n’être pas très présent. Il travaillait beaucoup. Mizugiwa ne devina pas à sa voix si cette affirmation sonnait comme un problème pour elle ou comme une simple constatation. Elle était néanmoins certaine que c’était un élément à retenir, car dans l’optique où cet homme pouvait l’avoir trompé, si l’hypothèse de la fille de sang venait à se confirmer, cette femme ne pouvait pas donner plus longtemps l’apparence de quelqu’un qui courrait une vie parfaitement normale.

[Sainan] – Je vous remercie, Madame. Sans vouloir vous déranger outre-mesure, j'aurais aimé vous poser quelques questions, rien qui ne prenne beaucoup de temps... Nous enquêtons actuellement sur une série de problèmes qui touchent la région. Aussi, nous aimerions savoir si vous aviez remarqué des changements dans l'attitude de votre époux, ou s'il vous aurait fait part de quelconques tracas. Depuis plusieurs jours, bon nombre de commerces alentours subissent des chantages, et nous comptons nous assurer de la situation au sein de votre bourgade.

[?] – Qui êtes-vous ?

[Sainan] – Shinobi de Kiri Gakure. Nous sommes en mission.

[?] – S'agit-il de la demande faite par mon mari ?

[Sainan] – C'est exact. Aussi, nous avons besoin de tous les renseignements que nous pourrions avoir.

[?] – Vous feriez mieux d'aller voir mon mari.

Il y avait quelque chose de définitif dans cette réponse qui retint tout de suite l’attention de Mizugiwa. Cette femme était au courant de la demande de son mari, elle avait donc conscience du problème auquel il était confronté, néanmoins elle semblait exprimer le fait que ce n’était pas son problème mais celui de son mari. Encore une fois le détail était subtil et peut-être peu digne d’intérêt mais Mizugiwa le retint quand même dans ses filets. Une femme qui savait que son mari recevait des lettres d’une personne qui se revendiquait sa fille avait au moins une fois eu l’idée de se demander qui en était la mère. Ce n’était que de la logique… qui pouvait virer au poison.

[Sainan] – Vous semblez connaître la raison de notre venue, vous comprendrez que je réitère ma demande. J'aimerais avoir votre témoignage, veuillez coopérer Madame je vous prie, à moins que la vie de votre mari n'ait à vos yeux que peu de valeur.

[?] – Ne vous avisez plus de me parler avec prétention et impertinence ou nous nous passerons de vous. Il a reçu cette lettre, pas moi, c'est son histoire. Il semblait troublé, alors qu'il dormait j'ai lu cette lettre. Et tous les deux jours nous en recevons une nouvelle, c'est tout ce que je sais.

[Sainan] – Je vous remercie, nous allons donc voir votre mari. Passez une bonne journée.

L’entretien était terminé et Sainan prit soin d’éloigner l’équipe de la maison. Mizugiwa marchait en retrait. Son front était creusé par l’incompréhension évidente que lui inspirait les dernières paroles qu’elle avait entendues. Elle ne l’avait pas inventé. La femme de ce Naboko Shinji avait prétendu que le problème était exclusivement celui de son mari, ce qui était soit un premier mensonge, soit un désintérêt pour un mari qu’elle ne considérait peut-être plus comme tel, mais n’avait pas hésité à utiliser le pronom personnel « nous » pour faire comprendre à Sainan qu’ils s’adresseraient à quelqu’un d’autre s’il continuait à l’harasser de questions. Une nouvelle fois la nuance était subtile mais Mizugiwa était désormais certaine que la femme avait un rôle un peu plus important à jouer dans l’histoire qu’elle ne voulait bien le dire. Mizugiwa n’était pas encore à imaginer qu’elle était directement liée au problème que rencontrait son mari, mais elle était certaine que cela ne la laissait pas indifférente, pour une raison ou pour une autre. Sainan en était arrivé à la même hypothèse visiblement.

[Sainan] – Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais le mariage est une chose bien curieuse parfois, après des années de vie commune. Elle n'a pas bien l'air affecté par les tracas de son mari... Soyons discrets, positionnez-vous autour de la maison dans le plus parfait silence, tentez de trouver un interstice, il sera plus simple d'y entendre quelque chose. Chacun d'entre vous tendra l'oreille près d'une cloison. Vous devez à tout prix savoir si elle réagit à notre visite. Je reviendrai vous chercher, en attendant ne vous faites pas voir. En cas de problème, restez ensemble et solidaires. Pendant ce temps, j'irai parler à Shinji. Oh et, dernier détail. Approchez-vous de la maison sans qu'elle puisse vous voir par la fenêtre. J'ai confiance en vous...

Mizugiwa regarda Sainan disparaître au coin de la rue puis elle reporta son regard sur Soujuu. D’un comme un accord ( qui ne demanda qu’un regard et un hochement de la tête ) tous les deux revinrent sur leur pas et trouvèrent un angle de vue par lequel la femme de Naboko Shinji ne pourrait pas les apercevoir même si elle le voulait. Leurs pas les amenèrent entre un buisson épais et une cloison à quelques pas de la porte d’entrée. Un spot d’observation qui leur permettait de ne pas se faire voir depuis la rue comme de l’intérieur de la maison. Soujuu étudia discrètement la cloison et trouva deux postes d’écoute qui convenaient à leur affaire. Mizugiwa prit place devant l’un d’eux et après une courte hésitation colla son oreille gauche contre la paroi. L’après-midi fut longue, tout comme le temps d’écoute. A plusieurs reprises Mizugiwa baissa les yeux sur la sphère d’eau pour s’assurer que tout allait bien sans jamais rompre la concentration qu’elle avait mise dans l’identification du moindre bruit suspect à l’intérieur de la maison. La seule chose qu’elle nota de toute l’après-midi fut l’instant où la femme de Naboko Shinji se mit à chanter, ou tout du moins essaya de chanter, mais finit en sanglots.

Le front de Mizugiwa se creusa un peu plus si c’était possible. Aucun élément concret ne lui permettrait de valider l’intuition qu’elle venait d’avoir, mais Mizugiwa venait d’entendre comme une confirmation de ce qu’elle avait pressenti lors de l’entretien entre Sainan et la femme de Naboko Shinji. A savoir que cette femme leur avait menti sur ses propres sentiments. Le discours qu’elle avait tenu n’était qu’un discours de façade. En bien ou en mal cette femme voulait leur cacher quelque chose, sa propre faiblesse peut-être ou bien quelque chose de plus important pour l’énigme générale. Pour quelle autre raison se serait-elle mis si soudainement à pleurer ? Mizugiwa était persuadée que quelque chose pesait sur les épaules de cette femme. D’une façon ou d’une autre, elle et Soujuu devaient essayer de le confirmer avant que Sainan ne revienne. La providence fit plus ou moins bien les choses à ce moment là. Il s’avéra que Soujuu lui fit de grands yeux en désignant quelque chose par-dessus l’épaule de Mizugiwa. Il lui fallut un moment pour comprendre son manège et lorsqu’elle tourna la tête, Mizugiwa entrevit tout juste une silhouette disparaître dans un coin de son champ de vision et un détail qui n’était pas là jusqu’à maintenant apparaître dans le coin opposé. Quelqu’un était venu déposer une lette sur le paillasson.

Le bon sens aurait peut-être voulu qu’elle et Soujuu se lancent à la poursuite de cette mystérieuse personne, mais Mizugiwa n’analysa pas la situation sous cet angle là. Quelque chose en elle-même la poussait à porter toute son attention sur la femme de Naboko Shinji. D’une façon ou d’une autre, Mizugiwa voulait percer la carapace de cette femme pour regarder à l’intérieur. C’est son instinct qui lui dictait cela. En plus, Sainan leur avait donné l’ordre de camper devant la maison, ce n’était certainement pas pour se lancer à la poursuite de quelqu’un sur qui ils n’avaient aucune information et surtout dans un village dont ils ne connaissaient rien. La décision aurait été plus dangereuse qu’elle n’y paressait. Une autre possibilité aurait été d’ouvrir la lettre et de prendre conscience de son contenu mais Mizugiwa jugea que c’était une piste sans intérêt sans les lettres précédentes en leur possession pour relever les nuances. Mizugiwa resta parfaitement immobile pendant son temps de réflexion. Son cerveau s’acharnait à traiter tous les éléments nouveaux qu’elle venait d’intégrer à l’énigme. Quand le moment de la conclusion arriva, Mizugiwa fit signe à Soujuu de s’approcher et lui exposa son plan en chuchotant dès que le vent se mettait à souffler.

[Mizugiwa] – Elle a menti… tu dois trouver une façon de la voir à l’intérieur… je vais l’obliger à ouvrir la lettre… je vais l’écouter, toi la voir… on trouvera quelque chose comme ça…

Elle baissa les yeux à terre et attrapa un caillou tandis que Soujuu se mettait en quête d’un poste d’observation crédible. Quand se fut chose faite, Soujuu lui adressa un signal de la main. Mizugiwa acquiesça, se retourna, puis jeta le caillou sur la porte avant de se recroqueviller derrière le buisson, l’oreille de nouveau coller à la cloison.

[?] – Encore cette satanée lettre.

Voilà tout ce qu’elle entendit au sujet de la lettre. Pas un seul sanglot, pas une seule manifestation de stupeur, de douleur, de regret, rien d’autre que ces quelques mots. Les contradictions étaient désormais trop évidentes pour ne pas piquer à vif la curiosité de Mizugiwa. Peut-être que la femme de Naboko Shinji avait pris conscience de leur présence tardivement, auquel cas son jeu d’actrice manquait de conviction, et sa décision de ne pas les prendre sur le vif encore plus. Ou alors sa réaction était aussi étrange que ses sanglots ou sa façon de rejeter d’une phrase à l’autre la responsabilité du problème sur son mari comme sur leur couple. Mizugiwa demeura songeuse, très longtemps songeuse. Si longtemps que rien n’arriva de plus et que la nuit tomba sur elle sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte.
Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Lun 27 Aoû - 17:22

Il n'aimait pas cette mission. Si on en retirait l'enrobage, ce n'était plus qu'une simple énigme. Son grand-père lui en posait souvent quand il petit pour éveiller son esprit mais il ne se souvenait pas en avoir trouvé plus de de trois ou quatre d'entre-elles. Il n'était pas très fort à ce jeu là et de ce fait il ne l'aimait pas beaucoup. Son seul espoir étant qu'il y est au moins une petite bagarre pour qu'il puisse se défouler. Il n'était vraiment pas motivé pour cette mission, beaucoup plus intellectuel que physique. Mais il devait prendre sur lui et réussir coute que coute cette mission et ne montrer que sa détermination à son équipe. Rien de plus mauvais que quelqu'un qui tire la gueule dans un groupe, c'est le genre de chose à créer des tensions inutiles et tirer le groupe vers le bas.

Mizugiwa, quant à elle, paraissait beaucoup plus intéressée par la mission que Soujuu. Elle avait l'air très concentrée et devait sans doute réfléchir énormément pour essayer de comprendre le problème. Elle avait sans doute raison pour les mensonges et c'était peut-être sur cela qu'elle bloquait actuellement. Soujuu remarqua également qu'elle avait gardé sa sphère d'eau parfaite dans le creux de sa main. Cette petite boule la rassurait peut-être ou alors elle prenait celle-ci comme un porte-bonheur pour la mission. Arrivée au village, elle marchait les bras dans le dos en regardant partout autour d'elle. Dans cette position, Soujuu devait avouer qu'il la trouvait plutôt mignonne comme un petit chaton qui découvrait le monde et voulait toucher à tout. Mais il se ressaisit bien vite et se mit également à observer avec attention le village.

Le village était tout ce qu'il y avait de plus classique et Soujuu ne releva rien de notable de ce dernier. La maison du commanditaire était plus grande que la plupart des autres maisons et montrait qu'il avait une certaine aisance. Seul sa femme était présente et semblait cacher quelque chose. Impossible de savoir ce qui clochait dans cette histoire sans plus d'informations mais elle ne voulait pas contribuer pour un sous et semblait vouloir se tenir éloignée du problème. Sainan interrompit rapidement « l'interrogatoire » étant dans l'impossibilité de tirer des informations d'elle. Il contourna le problème en demandant à ses disciples d'espionner la femme et observer ses moindres faits et gestes tout en restant le plus discret possible.

Ils trouvèrent deux endroits où il était plus ou moins aisé d'entendre ou de voir l'intérieur de la maison sans se faire remarquer. Ils prirent chacun un endroit et se focalisèrent sur l'épouse. Malheureusement, ils ne purent rien en tirer de transcendent. Un événement troubla toutefois l'observation. En effet, Soujuu réussit apercevoir du coin de l’œil une forme se diriger vers la maison. Il fit signe à Mizugiwa, qui était plus près de la forme que lui, de se retourner pour la voir. Mais elle ne comprit pas toute suite le message et ne pu arriver à discerner la personne. Mais il avait toute fois un indice, elle avait déposé une lettre sur le seuil de la maison.

Soujuu se maudit de ne pas avoir réussi à connaître l'identité de la personne car avec cette précieuse information, il aurait pu finir la mission en un rien de temps ! Cela aurait été sans doute trop facile. Ils décidèrent d'un commun accord d'attirer l'attention de l'épouse sur la lettre pour observer sa réaction de nouveau. Là encore, ce fut choux blanc. Soujuu ne trouva rien d'important à retenir sur le comportement qu'elle eut. Elle s'était simplement contenté de mettre la lettre au feu.

Ils continuèrent la surveillance jusqu'à ce que Sainan revint à la tombé de la nuit avec l'époux. Soujuu n'avait pas réussir recueillir la moindre information potable, il espérait que Mizugiwa avait mieux que lui même s'il en doutait fort. Peut être avait-elle déjà établi quelques hypothèses ? Il faudrait maintenant que le commanditaire donne plus d'informations s'ils voulaient vraiment avancer dans la mission.


MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Mar 28 Aoû - 21:15

La bâtisse du forgeron qui se faisait de plus en plus distincte, au fur et à mesure que Sainan approchait, avait une belle allure, et contrastait clairement avec le reste des maisonnettes alentours. Ce Shinji devait sans doute disposer d’une certaine fortune car, au vu de sa maison et de son Atelier, il menait un train de vie apparemment bien supérieur à l’ensemble du Village. Cette donnée, le Chuunin la conserva soigneusement. Puis, durant les derniers mètres qui le séparaient de l’entrée du Magasin d’Armes, l’Aisu se dit que, de toute évidence, seul un particulier aisé pouvait s’offrir les services d’un Village Caché. Sainan prendrait soin de vérifier si sa richesse avait pu attiser la convoitise de quelques gens du Village. Ce genre de situations arrivait fréquemment.

Il poussa la belle porte, aux ornements de fer, et croisa directement le regard de Shinji Naboko. La conversation s’entama d’emblée, mais Sainan nota toutefois les différentes armes à la facture de maître, accrochées harmonieusement dans la boutique. Shinji l’interpela rapidement.

[Shinji] « Bienvenue dans mon magasin, je peux vous aider ?

[Sainan] - Bonjour Monsieur, suis-je bien dans l'atelier de Shinji Naboko ?

[Shinji] - Le seul et l'unique !

[Sainan] - Bien. Shinobi de Kiri Gakure, vous avez demandé notre intervention concernant une affaire de lettres de mort.

[Shinji] - Vous faites erreur, je n'ai jamais spécifié une lettre de mort. J'ai écrit, de MENACE, pas de mort.

[Sainan] - Tiens donc. Veuillez m'excuser. Vous vous doutez donc que je suis ici pour enquêter à ce sujet. Avez-vous reçu de nouvelles lettres depuis que vous avez sollicité notre intervention ?

[Shinji] - Oui tous les jours. Je reviens de mon magasin et je trouve une lettre sur le paillasson.

[Sainan] - Je vois. Aucun de vos voisins n'a vu quelqu'un déposer ces missives ? Il semble curieux que personne ne l'ait vu en fin d'après-midi, et ce depuis plusieurs semaines.

[Shinji] - Mes voisins travaillent de deux heures à minuit. Il est arrivé que ma femme ait essayé de voir le visage de la personne qui vient porter les lettres, mais sans succès. Enfin, elle n'est pas très observatrice, il faut dire. »

Sainan décida d’orienter leur discussion dans une autre direction.

[Sainan] « Hum. Pouvez-vous me dire combien d'enfants vous possédez ? Vivent-ils encore au foyer ? Quels sont vos rapports avec eux ? Quant à votre femme, vous entendez-vous bien avec elle ?

[Shinji] - Ma femme ne peut pas avoir d'enfant, nous n'en avons donc aucun et oui, je m'entends bien avec ma femme, même si elle est tête en l'air.

[Sainan] - D'accord. Monsieur Naboko, disposez-vous d'une fortune importante ? Quelque chose de précieux tout du moins, que quelqu'un pourrait convoiter ?

[Shinji] - Je suis le forgeron le plus réputé du village, forcément, cela ne peut pas faire le bonheur de tout le monde.

[Sainan] - Veuillez m'en dire davantage, je vous prie.

[Shinji] - Enfin, je suis exceptionnel, tout le monde voudrait avoir mon talent et mes ventes.

[Sainan] - Voyez-vous cela. Quelles sont vos pièces maîtresses ? Qu'est-ce qui fait de vous un forgeron si exceptionnel Monsieur Naboko ? »

Shinji lui montra du doigt un Katana des plus beaux. De toute évidence, il était bien l’artisan de ces chefs d’œuvre de forgeages, et une main hors pair.

[Shinji] – « Constatez par vous-même, shinobi.

[Sainan] - Un travail d'une rare qualité, s'il en est un. Je ne peux qu'admirer vos talents... Avez-vous des contacts avec les Villages alentours ? Quelqu'un qui vous aurait menacé ou qui pourrait vous vouloir du mal ailleurs qu'ici ?

[Shinji] - Je n'ai pas reçu de menace en soi, mais mon travail doit sans doute gêner quelqu'un. Je ne sais pas...

[Sainan] - Bien. Et quels sont vos rapports avec vos voisins ? Ceux dont vous m'avez dit qu'ils travaillaient jusque tard ?

[Shinji] - Ils ont emménagé il y a quelques mois et nous n'avons pas prit le temps de les connaitre. Ils travaillent beaucoup et moi aussi.

[Sainan] - J'ai pris note. J'aimerais donc recentrer notre débat sur votre cercle familial. Il serait important que je connaisse la personnalité de votre femme Monsieur Naboko. Peut-être que quelqu'un voudrait lui nuire par votre biais... Avez-vous davantage d'informations à me fournir à son sujet ?

[Shinji] - J'ai épousé ma femme à 16 ans, elle était chanteuse autrefois, mais a perdu sa voix lors d'une maladie il y a 2 ans. Depuis, elle devient de plus en plus aigrie avec le temps. Elle est femme au foyer depuis ce temps là et plus le temps avance, plus j'ai peur pour sa propre vie. Pas a cause de la lettre, mais a cause d'elle-même. Voyez-vous, elle est tête en l'air et a de la difficulté avec la concentration. C'est une bonne femme, mais depuis sa maladie elle est devenue antisociale. Elle ne sort pas et ne rencontre personne, je ne vois pas comment quelqu'un pourrait lui vouloir du mal.

[Sainan] Et, votre femme vous aurait-elle porté certaines menaces durant ses périodes noires ?

[Shinji] - Absolument aucune.

[Sainan] - A-t-elle manifesté les signes quelconque d'un dédoublement de personnalité récemment ? L'auriez-vous vu dans des phases de délire ? Ou pensez-vous qu'elle est psychologiquement très instable depuis qu'elle ne peut plus chanter ?

[Shinji] - Je suis certain qu'elle pense au suicide, mais rien de tout cela non.

[Sainan] - Bien. Quelqu'un d'autre que votre Femme résiderait-il chez vous ?

[Shinji] - Non. »

Le jeune Instructeur nourrissait tout de même des doutes tenaces quant à la culpabilité éventuelle de sa femme. Alors, comme il semblait être sincère et n’avoir rien remarqué chez elle, l’Aisu décida d’aller sonder Shinji en abordant les choses d’une façon plus directe et claire.

[Sainan] « Je suis passé chez vous, avant de venir ici. Votre femme m'a accueillie, et semblait porter assez peu d'intérêt à ces menaces, me signifiant que cela ne vous concernait que vous. J'ai trouvé une telle réaction étrange, qu'en pensez-vous ?

[Shinji]- Ma femme est apeurée. Elle vous a dit que cela ne la concernait pas, car elle veut le croire, mais les menaces dont je vous parle sont contre elle. Les lettres disaient mot pour mot "et je vais défigurer ma salope de belle-mère". Si elle vous a dit que cela ne la concernait pas, c'est parce que je lui ai dit que je prenais les choses en main. »

Il restait donc à aborder la dernière question, la moins évidente aussi. Comme l’affaire était peut-être le fruit d’un adultère, il était nécessaire pour l’équipe Samui de savoir si Shinji avait toujours été fidèle. Ne sachant pas trop comment engager ce sujet, Sainan décida de s’exprimer de la façon la plus simple et la plus décomplexée possible.

[Sainan] « Avez-vous eu des relations avant ou après votre mariage ? J'en serai le seul avertis, je vous le garantis, mais j'ai besoin de le savoir. Il en va peut-être de votre vie.

[Shinji] - Oui avec une amie. Elle est décédée des suites d'une attaque de bandits sur le village où elle vivait. Et cela doit être vraiment tenue secret entre vous et moi où votre village ne verra pas la couleur de mon argent.

[Sainan] - J’engage mon honneur. Permettez-moi de continuer, cette liaison a-t-elle donné naissance à un enfant ?

[Shinji] - Aucune idée, après mon mariage, j'ai revu cette femme a ses funérailles.

[Sainan] - Pourriez-vous me dire précisément ce qu'il y a d'écrits dans chacune de vos lettres ? Est-il d'ailleurs écrit toujours la même chose ? Cette personne vous donne-t-elle un ultimatum, ou demande-t-elle quelque chose de votre part ?

[Shinji] - Elle veut me rencontrer, elle insulte ma femme et dit qu'elle attends un signe.

[Sainan] - N'avez-vous jamais prévu de rencontre jusqu'alors ?

[Shinji] - Non, nous vous attendions.

[Sainan] - Très bien. Voici ce que nous allons faire. Personne ne peut savoir à l'heure où je vous parle que nous enquêtons dans le village, sauf vous et votre épouse. Je souhaiterais que vous me conduisiez chez vous pour m'y montrer ces fameuses lettres. Serait-ce possible ?

[Shinji] - Non, ce n'est pas possible. Je brule les lettres dès que je les reçois. Je ne veux pas garder un tel torchon. Mais à mon retour, il devrait y en avoir une, cela fait deux jours que j’ai reçu la précédente.

[Sainan] – Vous auriez du penser à garder toutes les preuves, surtout si vous saviez faire intervenir Kiri Gakure. Nous allons donc devoir espérer qu’une lettre aura été posée pendant votre absence. Si tel est le cas, nous répondrons à votre corbeau et vous irez à la rencontre de cet inconnu. Soyez certain qu'il ne saura vous faire aucun mal, je surveillerai de très près et interviendrai au moindre danger. Cela vous convient-il ?

[Shinji] - Mais je ne sais pas comment la contacter, ce n'est pas dit dans la lettre.

[Sainan] - Puisqu'elle glisse une lettre tous les jours sous votre paillasson, nous en laisserons une également où vous fixerez les modalités de rencontre. Nous verrons ce qu'elle vous répond.

[Shinji] - D'accord.

[Sainan] - Parfait. Je vous remercie de votre patience. Je vais rester un peu en retrait et vous laissez tranquillement terminer votre journée de travail. Nous nous rendrons chez vous juste après. »

Shinji Naboko acquiesça, l’air assez rassuré de la tournure que prenaient les événements, et se remit à la forge. Sainan eut alors le loisir de toucher des yeux certaines de ses pièces maîtresses. Il pensa à ses Kun, espérant qu’ils se portaient bien jusque là et qu’ils avaient pu tirer quelques informations. Alors que la tombée de la nuit montrait ses premiers signes, Shinji sembla en avoir terminé, et se prépara à conduire Sainan chez lui. Un homme à la carrure impressionnante et aux nombreuses stigmates de guerre fit son apparition dans le magasin, et commença à y enfiler une armure et à préparer ses armes.

[Shinji] « Il s’agit de la Garde de la boutique, ils la surveillent le soir, c’est qu’il y aurait de quoi racheter tout un Village avec mes collections… »

L’artisan prononça ces mots avec une certaine fierté. Sainan observa quelques instants la sentinelle ; il ressemblait bien à un mercenaire, le genre de type pour lequel on met le prix. Puis, marchant aux côtés de Shinji pour retourner à sa maison, Sainan n’attendait plus que de retrouver ses élèves, pour faire le point avec eux sur la situation. Arrivé proche de la façade de l’habitation, il effectua un signe de la main, que ni Soujuu ni Mizugiwa n’avaient vu jusqu’alors. Il n’en restait pas moins clair, et signifiait d’un jeu de doigts que tous deux pouvaient quitter leurs cachettes pour venir à la rencontre de leur Instructeur. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’il ait été vu de ses Kun.


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Dernière édition par Sainan Aisu le Sam 1 Sep - 23:59, édité 4 fois

MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Ven 31 Aoû - 18:32


La nuit pesait sur elle et rendait le panorama plus trouble qu'il ne devait l'être. Assise entre le mur de la maison et le buisson, Mizugiwa guettait le moindre bruit provenant de l'intérieur. Mais le silence était roi et la femme de Naboko Shinji ne manifestait aucun désir de le rompre.

Alors Mizugiwa s'occupa autrement, principalement à regarder et préserver la sphère d'eau dans sa main, et parfois à écouter les bruits propres au village : le claquement d'une porte, l'écho d'une conversation houleuse, le coulissement d'une fenêtre, le miaulement d'un chat de gouttière affamé, et tant d'autres encore. Cet univers sonore lui paressait si étrange, si éloigné de ce qu'elle connaissait. A Kiri, l'agitation faisait loi du lever au coucher du soleil. Sur la plage, le calme régnait à tout instant du jour et de la nuit. Le village qui l'accueillait présentement était différent, car il présentait la particularité de réunir les deux ; à la fois l'impression contenue de calme et le sentiment tenace d'une agitation grandissante.

Des bruits de pas finirent par détourner l'attention de Mizugiwa. Sa première réaction fut de se tasser au maximum contre le buisson ; la seconde de lever la tête pour guetter discrètement la rue qui rasait le jardin. L'idée selon laquelle le dépositaire de la lettre revenait peut-être à la charge lui effleura l'esprit, mais se retrouva presque aussitôt contredite par le nombre de pas qu'elle perçut. Deux foulées. Elle ne pouvait pas s'y tromper, deux personnes approchaient de la maison. Mais qui ?

Pour tenter d'y répondre, Mizugiwa se redressa presque à en décoller les fesses du sol. C'est ainsi qu'elle put apercevoir deux silhouettes émerger de la pénombre. A la lumière du réverbère, elle reconnut Sainan accompagné d'un homme beaucoup plus agé dont les traits évoquaient prestance et charisme. Sainan sembla ressentir sa présence, ou tout du moins la deviner, car il agita la main dans sa direction en un signe qui lui demandait expressément de sortir de sa cachette. Mizugiwa ne se le fit pas signifier deux fois.

[Mizugiwa] – Une nouvelle lettre est arrivée...

Mizugiwa avait pris la parole sans emprunter de détour, comme elle en avait l'habitude. Elle observa tour à tour son chef d'équipe et l'homme qui se tenait à côté de lui dans l'attente d'une réaction. Les règles de politesse élémentaires n'étaient pas ce qu'on pouvait appeler un fort chez elle.
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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Mar 4 Sep - 13:20

La nuit était arrivée sans apporter de nouveaux indices. Soujuu était resté dans la même position pendant plusieurs heures et ses membres étaient complètement engourdis. Il se força à se lever et faire quelques pas pour refaire affluer le sang dans ses jambes. C'est à ce moment, qu'il aperçu Sainan en compagnie d'un vieil homme. Cela devait surement être le commanditaire qui détenait le magasin d'arme. Il espérait que sa recherche d'indices avait mieux fonctionné que la leur.

Sainan fit un geste discret de la main dans leur direction, il ne l'avait jamais vu auparavant mais la signification était clair. Ils voulait que ses élèves le rejoignent tout de suite. Mizugiwa était plus près que lui et arriva en premier devant eux, Soujuu arriva quelques secondes après. Fidèle à son habitude, Mizugiwa avait déjà prit la parole sans même savoir si on pouvait parler de la mission devant cet homme qui pourrait être très bien n'importe qui. Sans parler de la politesse... Soujuu salua simplement le vieil homme et attendit la réponse de leur Seinseï.

MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Jeu 6 Sep - 17:20

Sainan eut le loisir d’apprécier la réactivité de ses Kun, qui répondirent à son signe presque instantanément. Cela gageait d’ailleurs, sans aucun doute, de la réussite de leur tâche d’espionnage. Et la réponse ne se fit pas attendre, puisque Mizugiwa expliqua, avec le ton simple qui était le sien, qu’une nouvelle lettre avait été déposée. Le plan suivait donc son cours comme prévu.

[Sainan] « Monsieur Naboko, pouvez-vous me préparer cette dernière lettre. Je vous rejoins chez vous dans un instant, si vous le permettez. Je dois m’entretenir avec mon élève.

[Shinji] – Comme vous le souhaitez. Je m’en occupe. »

Tandis que le commanditaire s’approchait de son palier, Sainan demanda rapidement à Soujuu de l’accompagner dans sa maison, pour être certain qu’il ne s’y passerait rien qu’ils ne sachent. Il faisait suffisamment confiance à Soujuu pour lui confier une tâche autonome simple comme celle-ci. Il signifia à son Kun que ce dernier aurait le compte rendu des informations très vite, puis le laissa filer. Il se tourna ensuite vers Mizugiwa, qui venait de lui parler.

[Sainan] « Bien, tout fonctionne comme nous pourrions l’espérer. J’ai pu rassembler beaucoup d’indices sur cette histoire, et il semble clair que Monsieur Naboko a été infidèle. De cette infidélité est très surement née une enfant, celle-là même qui profère de régulières menaces. Sa femme, quant à elle, est très peinée depuis qu’elle a perdu sa voix et son métier de chanteuse. Cela semble être à l’origine d’une aigreur telle qu’elle envisage parfois la mort, selon les dires de son mari. »

Le Chuunin observa dans tous les coins des environs. Il cherchait à guetter la moindre présence suspecte qui aurait pu les repérer. Pour l’instant, personne n’était visible, mais il fallait faire vite pour ne pas risquer de trahir le groupe de Shinobi en mission qu’ils étaient. Le jeune homme poursuivit.

[Sainan] « Voilà ce que nous allons faire. Shinji refuse que nous portions physiquement une quelconque atteinte à son corbeau, sans quoi nous ne serons pas payés. Il faudra donc être un peu patient. Nous déposerons une lettre à l’endroit même où le messager laisse les siennes, et fixerons d’un rendez-vous organisé. Il ne restera qu’à espérer que l’affaire se conclura correctement, puisque la personne qui menace la femme de Shinji ne réclame rien d’autre qu’une entrevue avec celui qui semble être son Père… »

Sainan fit signe à Mizugiwa qu’il fallait maintenant entrer chez Shinji, et resta attentif au cas où son élève aurait souhaité lui répondre quelque chose. Une fois entré dans la maison, Shinji lui annonça la triste nouvelle : sa femme avait brûlé la lettre, comme toutes les autres depuis. Il faudrait donc composer avec une preuve précieuse en moins, et marcher un peu plus dans le brouillard. Mais qu’importe, telle était les aléas d’un contrat. Sainan prit Soujuu à part dès qu’il le put, et lui expliqua les mêmes choses qu’à Mizugiwa, en le remerciant d’avoir suivi Shinji. Puis, il reprit la parole auprès du forgeron et de sa femme.

[Sainan] « Nous devons vous demander une faveur. Il en va de la réussite de notre mission. Nous aurions besoin de pouvoir rester cachés chez vous durant deux jours, jusqu’à la prochaine lettre. Après quoi notre plan sera mis en route. Monsieur Naboko, rédigez-nous une lettre dans laquelle vous fixerez vos modalités de rendez-vous. Vous nous la donnerez ensuite, et n’aurez plus rien à faire si ce n’est attendre, nous nous occuperons de tout. Pourrions-nous rester sous votre toit ? Il serait compromettant que quelqu’un du Village nous découvre en mission ici.

[Shinji] – Non je n’y vois pas d’inconvénients. Je vous rédige cela tout de suite.

[Femme] – Il y a une taverne très accueillante, qui se ferait une joie de vous recevoir, au centre du village. Pourquoi n’y allez-vous donc pas ?

[Sainan] – Comme nous vous l’avons dit, nous devons risquer le moins possible d’être vus, sans quoi cette affaire risque de courir à sa perte. Si vous nous permettez de rester ici, sachez que nous ne serons en aucun cas une gêne. Nous savons nous effacer et nous rendre invisible…

[Femme] – Hum… Pas plus de deux jours. »

Le regard insistant de Shinji sembla faire accepter à sa femme ce qu’elle ne souhaitait pas. Puis, l’homme leur donna la lettre scellée, dans laquelle seraient écrit l’heure et le lieu du rendez-vous. Il leur expliqua le contenu de la lettre, puis s’éclipsa pour mener sa vie habituelle. Sainan emmena ses Kun dans un endroit ombragé de la maison, pour faire le point avec eux.

[Sainan] « Avez-vous des questions ou des remarques sur la suite du plan ? »


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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Lun 10 Sep - 13:26


Mizugiwa suivit chaque protagoniste du regard. Naboko Shinji le premier, puis Soujuu et enfin Sainan. Presque tout dans l’attitude de ce dernier exprimait la confiance. Ce qui fit dire à Mizugiwa qu’il avait obtenu des réponses intéressantes ; peut-être même la réponse qui leur permettrait de rentrer à Kiri. Sa langue ne se délia à ce sujet que lorsqu’ils se retrouvèrent seuls devant l’entrée.

« Bien, tout fonctionne comme nous pourrions l’espérer. J’ai pu rassembler beaucoup d’indices sur cette histoire, et il semble clair que Monsieur Naboko a été infidèle. De cette infidélité est très sûrement née une enfant, celle-là même qui profère de régulières menaces. Sa femme, quant à elle, est très peinée depuis qu’elle a perdu sa voix et son métier de chanteuse. Cela semble être à l’origine d’une aigreur telle qu’elle envisage parfois la mort, selon les dires de son mari. Voilà ce que nous allons faire. Shinji refuse que nous portions physiquement une quelconque atteinte à son corbeau, sans quoi nous ne serons pas payés. Il faudra donc être un peu patient. Nous déposerons une lettre à l’endroit même où le messager laisse les siennes, et fixerons d’un rendez-vous organisé. Il ne restera qu’à espérer que l’affaire se conclura correctement, puisque la personne qui menace la femme de Shinji ne réclame rien d’autre qu’une entrevue avec celui qui semble être son Père… »

L’analyse simple et rapide des nouveaux éléments ainsi que l’étude nette et sans bavure du plan de Sainan rappelèrent à Mizugiwa la conclusion qu’elle avait aussitôt tirée à l’aller, quand Sainan avait pour la première fois évoquée le scénario de cette étrange escapade. Comme elle l’avait dit, quelqu’un avait bel et bien mentit, en l’occurrence le commanditaire. Il fallait être un homme complètement stupide pour venir dans une femme et ne pas imaginer un seul instant qu’il pourrait en résulter un enfant. C’était pourtant aussi élémentaire que le fait de mélanger du bleu et du jaune débouche sur du vert. Les nuances pouvaient varier d’un essai à l’autre, le mélange donnait toujours du vert. Il était stupide de l’ignorer. Or Naboko Shinji ne lui avait pas donné l’impression d’un homme stupide, au contraire. La nouvelle conclusion était donc qu’il avait mentit pour épargner sa femme ou, si Mizugiwa s’en tenait aux paroles de Sainan, de peur de la perdre définitivement. Une action louable dans une certaine mesure, mais inutile. La vérité éclaterait un jour ou l’autre. La vérité ne pouvait pas être contenue indéfiniment. Plus le mensonge s’étalerait sur le temps, plus la douleur serait grande pour la femme de Naboko Shinji le jour de la révélation.

« La femme doit l’entendre, signifia Mizugiwa de sa voix fluette. Elle doit savoir… elle doit être forte… si elle ne peut pas, elle trouvera autre chose… »

Sainan lui adressa un signe et marcha vers l’entrée de la maison. Mizugiwa l’interpréta comme une invitation à le suivre. Ce qu’elle fit sans poser de questions.

Une fois à l’intérieur, elle laissa son chef d’équipe expliquer son plan et se confronter à l’anxiété de l’hôte et à la désapprobation de sa femme tandis qu’elle s’occupa à marcher de meuble en meuble pour jeter un coup d’œil aux photographies, aux détails de la disposition du mobilier, aux objets décoratifs, afin de s’occuper l’esprit et de ne pas avoir à affronter le regard de Naboko Shinji.

Cet homme était un lâche. Comme tous ceux qui jouent avec les femmes sans désirer les conséquences naturelles de l’exercice. Il était doublé d’un menteur, le pire qui soit car il se mentait à lui-même depuis longtemps, à sa femme, comme au reste du village où il habitait. Sous toutes ses formes, Mizugiwa ne pouvait pas tolérer la lâcheté. Ceux qui n’étaient pas capable d’assumer leurs actes ne méritaient pas d’attention ; en tout cas pas la sienne. Cette forme de lâcheté dont souffrait Naboko Shinji était de loin la pire pour une enfant qui connaissait bien le goût laissé par un abandon.

Sainan l’emmena finalement dans son sillage, accompagné de Soujuu, jusqu’à un coin reculé de l‘habitat. Mizugiwa comprit que c’était pour discuter loin des oreilles de leurs hôtes ; bien qu’elle avait déjà entendu dire que les murs avaient des oreilles. Pour en avoir jouer toute l’après-midi, elle savait que la chose n’était pas à prendre à la légère.

« Avez-vous des questions ou des remarques sur la suite du plan ? les interrogea Sainan. »

Une fois encore l’instinct de Mizugiwa s’exprima le premier.

« Je veux parler à la fille… avant qu’il ne l’approche… »

Son souhait était simple à comprendre. Mizugiwa y tenait. Elle croisa le regard de Soujuu puis de Sainan. Elle baissa ensuite les yeux sur sa sphère d’eau, toujours intacte.

« Il ne la mérite pas… ajouta-t-elle, son timbre de voix soudain éteint comme si elle se parlait presque à elle-même. Elle doit savoir… je sais, alors je peux lui expliquer… »

L’abandon laissait une trace indélébile même dans l’esprit le plus hermétique. Mizugiwa savait précisément ce qui remuait en elle quand il en était question. Elle pouvait comprendre, au moins en partie, les sentiments de la fille et appuyer précisément là où le mal subsistait. C’était le seul moyen d’endiguer l’hémorragie à sa connaissance.
Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Lun 10 Sep - 15:27

Soujuu suivit tous les évènements avec attention mais avec une certaine distance. Pour le moment cette histoire était banale... Banale à en pleurer. Le seul point sortant de l'ordinaire était cette fille qui réclamait via des lettres répétées de rencontrer son père. Mais pourquoi tant de précautions et de mystères alors qu'il suffirait qu'elle vienne le trouver à son magasin pour le rencontrer et de plus sans aucune crainte de tomber sur sa femme. Tant de manière de le rencontrer ou de prendre rendez-vous avec lui sans avoir besoin d'un tel procédé. Il y avait forcément quelque chose qui échappait à l'équipe car la solution de l'infidélité inavouée était beaucoup trop simple pour les moyens employés. Il y avait sans doute une question d'argent dans le lot. Le fait qu'il était une des personnes les plus riche du village ne pouvait être une coïncidence ! Peut être veut-elle le faire chanter pour obtenir de l'argent en échange ? Peut être était-ce même la femme de Naboko qui manigançait quelque chose ? On ne devait épargner aucun suspect dans cette affaire, surtout les plus inattendus !

Mizugiwa était, quant-à-elle, à fond sur la piste de l'infidélité. On voyait qu'elle peinait à s'exprimer mais le message arrivait tout de même à passer. Elle ne semblait même pas être capable d'imaginer une autre possibilité que celle déjà évoquée. Il n'était pas non plus sûr de sa théorie et il préféra donc éviter de la dire aux autres tant qu'il n'aurait pas obtenu plus d'indices en sa faveur. De plus, il n'était pas sûr de prévoir la réaction de sa coéquipière. Elle pourrait réfuter en bloc sa théorie sans même argumenter dessus. Ce qui impliquerait des discussions aussi longues qu'inutiles. Il fera peut être part de sa théorie à Sainan seul-à-seul. D'un signe, il fait comprendre à Sainan qu'il n'avait rien à dire et replongea dans ses pensées.

MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Mar 11 Sep - 23:11

Mizugiwa sembla touchée par la situation dont elle venait d’apprendre tous les envers, et ne mit que peu de temps à répondre à la demande du Chuunin. Oui, celle avait bel et bien une remarque pour la suite de la mission ; cela était surtout un souhait d’ailleurs. Avec toute l’innocence crue qui la caractérisait, elle manifesta la volonté de parler elle-même à la fille présumée de Shinji, avant même que l’Homme ne puisse la rencontrer. Elle semblait vouloir exhorter cette femme à renoncer à son Père. Sainan ne doutait pas de sa Kun, et se disait même que sa sincérité à toute épreuve saurait surement trouver les mots aux être les plus tourmentés. Toutefois il serait compliqué d’organiser une telle rencontre clandestine sans risquer de compromettre la mission de façon définitive. Le jeune homme tarda un peu à répondre, constatant que Soujuu préférait acquiescer, écouter et garder le silence.

Après avoir réfléchi quelques minutes, il répondit soudainement à son élève, comme s’il ne s’était même pas rendu compte des instants qui s’étaient écoulés depuis. Mizugiwa semblait avant tout une âme du ressenti, de la spontanéité et de l’honnêteté. Sainan ne voulut pas frustrer son envie affichée de prendre une initiative et de s’impliquer individuellement dans la réussite de leur mission. Il prit donc le pari d’accorder sa pleine confiance à la jeune Aspirante. Elle ne pourrait peut-être pas parler à cette fille avant, mais elle le pourrait sans doute après.

[Sainan] « Voici ce que nous allons faire. Demain, nous déposerons la missive de rendez-vous sous le paillasson, un peu avant la soirée, pour que cette fille récupère notre lettre et y réponde le plus tôt possible. Si elle accepte de rencontrer Shinji Naboko ici, Soujuu et toi serez chargés de protéger notre commanditaire. Vous devrez être aux aguets, et ne laisser aucun danger le menacer de près ou de loin. Si nous mettons en place une rencontre avec cette femme, nous prenons le risque de faire échouer notre contrat Mizugiwa. Aussi je ne peux te laisser lui parler avant. Cependant, tu pourras le faire lorsque l’entretien organisé avec M. Naboko sera achevé. Tu devras faire en sorte que cette réunion se passe bien, je compte sur toi. Soujuu a davantage d’expérience du combat, il fera la sentinelle. Pour ma part, j’ai toujours un doute qui plane. Je crains que cette fille ne puisse être qu’un leurre pour détourner l’attention de Shinji et dévaliser sa forge. Je m’y rendrai pour m’assurer qu’il n’y a pas d’entourloupe. »

L’Instructeur n’attendit pas véritablement de réponses de la part de ses Kun. Ses directives étaient orientées vers leur réussite, même s’il savait que Mizugiwa serait peut-être frustrée. Il se tint à l’écoute des mots de ses élèves durant toute la nuit et la matinée suivante. Il tâcha de donner l’exemple et de faire en sorte d’être invisibles pour ne pas troubler la vie quotidienne du couple chez qui ils se terraient. Puis, tout se passa très vite. En fin d’après-midi, Sainan alla déposer la lettre de Shinji sous le paillasson. La fille apparut, visible mais furtive. Elle récupéra leur enveloppe et y déposa la sienne. Sur le papier, étaient écrites les mêmes menaces à l’encontre de la femme de Shinji, et la volonté de la demoiselle de parler ouvertement avec celui qu’elle disait être son Père. Quelques minutes plus tard, la fille réapparut, et y déposa une nouvelle lettre. Elle venait d’accepter le rendez-vous pour demain matin.

Durant la nuit, Sainan continua de scruter les alentours depuis l’angle d’une des fenêtres de la maison. Décidément, rien ne se passait dans ce Village. Au matin, le Chuunin répéta une dernière fois ses recommandations et ses instructions à ses Kun, et s’en alla à la boutique de Shinji tandis que ce dernier en revenait pour le rendez-vous tant attendu. Il comptait maintenant sur ses élèves pour faire en sorte que l’entretien se passe bien.


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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Mer 12 Sep - 12:45


Le silence n’avait aucune emprise sur Mizugiwa. Elle ne cherchait jamais à l’interpréter, jugeant qu’il était aussi nécessaire à une conversation que l’eau l’était à la vie. Parce qu’elle ne parlait que lorsqu’elle avait réellement quelque chose à exprimer, elle accepta le silence de Soujuu et de Sainan. Quand ce-dernier décida finalement de le rompre, elle releva simplement les yeux vers lui et l’écouta.

« Voici ce que nous allons faire. Demain, nous déposerons la missive de rendez-vous sous le paillasson, un peu avant la soirée, pour que cette fille récupère notre lettre et y réponde le plus tôt possible, expliqua Sainan avec le plus grand sérieux. Si elle accepte de rencontrer Shinji Naboko ici, Soujuu et toi serez chargés de protéger notre commanditaire. Vous devrez être aux aguets, et ne laisser aucun danger le menacer de près ou de loin. Si nous mettons en place une rencontre avec cette femme, nous prenons le risque de faire échouer notre contrat Mizugiwa. Aussi je ne peux te laisser lui parler avant. Cependant, tu pourras le faire lorsque l’entretien organisé avec M. Naboko sera achevé. Tu devras faire en sorte que cette réunion se passe bien, je compte sur toi. Soujuu a davantage d’expérience du combat, il fera la sentinelle. Pour ma part, j’ai toujours un doute qui plane. Je crains que cette fille ne puisse être qu’un leurre pour détourner l’attention de Shinji et dévaliser sa forge. Je m’y rendrai pour m’assurer qu’il n’y a pas d’entourloupe. »

La déception de se voir refuser sa requête ne s’enracina pas en elle. Mizugiwa conserva des traits égaux à ce qu’ils étaient avant la réponse de Sainan. Le chef d’équipe avait tranché et établit un plan de A jusqu’à Z ; Mizugiwa n’avait plus qu’à y interpréter le rôle qu’il lui avait assigné. Sa requête avait sans doute été mal interprétée, mais ça n’avait plus d’importance à ses yeux. Sainan était celui qui avait voulu cette expédition hors de Kiri, il était normal qu’il en porte toute la responsabilité sur ses épaules. Mizugiwa avait proposé son aide, elle avait été refusée. C’était sans doute au risque et péril de Naboko Shinji désormais mais l’affaire était définitivement classée.

La nuit s’écoula dans le silence le plus complet. Mizugiwa la passa assise dans un coin de la pièce, contre le mur, à regarder le rectangle de lumière projeté par la fenêtre sur le mur opposé se déplacer, heure après heure, selon une ligne oblique allant de la partie gauche du mur à la partie droite. La matinée suivante s’écoula selon le même rituel. Arrivé à l’après-midi, un vent d’agitation gagna enfin toute la maison. Sainan et Naboko Shinji se mirent d’accord sur l’heure du rendez-vous et le contenu de l’invitation puis en l’espace de quelques heures se sont deux nouvelles lettres qui atterrirent sur le paillasson du couple Naboko. La première ressemblait en tout point à toutes celles précédemment reçues. Mais la seconde indiquait que le rendez-vous était accepté.

Mizugiwa ne sortit de son cocon que lorsque Sainan revint vers elle et Soujuu pour revoir une dernière fois le déroulement global de l’opération. Elle et Soujuu avaient ainsi la charge de veiller à ce que rien n’arrive à Shinji ou à sa femme durant le rendez-vous, tandis que Sainan partirait veiller sur leur forge au cas où s’y révélerait un aspect de la mission qui leur avait totalement échappé jusqu’à présent. Sachant ce qu’elle avait à faire, Mizugiwa ne se soucia de plus rien d’autre.

Une fois Sainan envolé vers la forge, Mizugiwa fit irruption dans le salon et prit place à droite de Shinji, sur le canapé. L’homme essaya à deux reprises d’entamer une discussion avec elle, sans grand succès. Mizugiwa resta silencieuse et ne lui accorda aucun regard.

A l’heure fatidique, la sonnette fit sursauter Shinji. Mizugiwa échangea un regard avec Soujuu. Elle acquiesça à son mouvement de la tête. Il était la sentinelle ; elle était le dernier rempart en cas d’agression. Un maigre rempart en apparence.

Soujuu reparut avec une jeune femme à qui Mizugiwa donna dans les vingt ans, peut-être un peu moins. Au premier regard qu’elle posa sur elle, elle sut qu’elle était belle et bien la fille de Shinji. Au vert de ses yeux, aussi clair et intense, à la forme très prononcée de sa mâchoire et ratatinée du lobe de ses oreilles ; des traits héréditaires pour ce qu’elle en avait entendu dire. Mizugiwa eut presque aussitôt confirmation que la ressemblance était évidente en voyant du coin de l’œil l’ombre de l’épouse disparaître dans la cuisine, sans doute parce que cette vision lui était insoutenable.

Le pied de Shinji se mit à marteler le sol d’impatience. Pour faire bonne figure, il se leva puis indiqua à sa fille le canapé situé en face du sien. Dès le moment où cette dernière posa son postérieur sur le canapé, Mizugiwa ne la quitta plus des yeux.

Shinji se rassit.

« Comment t’appelles-tu ? demanda-t-il d’une voix qui trahissait une montée de stress. »

« Kaori, papa, répondit l’autre avec une lueur sauvage dans le regard. »

« Je ne suis pas ton père ! éructa Shinji. Je ne l’ai jamais été et je ne le serais jamais ! Tu m’as entendu, petite sotte, jamais ! »

Ces paroles éclatèrent avec une telle violence qu’elles soulevèrent le cœur de Mizugiwa. Elle le dissimula, par chance beaucoup plus que par maîtrise, malgré un désir soudain d’assommer cet homme pour ne plus avoir à l’entendre vociférer mensonge sur mensonge.

« Tu as pourtant couché avec ma mère neuf mois avant ma naissance, non ? Ça fait donc de toi mon père, rétorqua Kaori en souriant effrontément. Otani Yuko, ça ne te rappelle rien ? »

Un silence pesant flotta pendant quelques secondes dans le salon. Même un aveugle aurait vu que Shinji ne pouvait pas ignorer le nom d’Otani Yuko et continuer à faire comme si de rien n’était. Mizugiwa l’entendit prendre une grande inspiration ; une façon de se donner du courage peut-être bien.

« C’était une erreur, déclara-t-il en contenant un peu mieux sa voix. Une bêtise que je regrette. »

« Tu dis ça pour que ta femme ne le prenne pas pour elle ou pour te décharger de la culpabilité de nous avoir abandonné moi et maman ? »

Shinji se leva d’un seul coup.

« Je n’ai abandonné personne ! cria-t-il. Il n’y avait rien entre ta mère et moi ! Absolument rien ! D’ailleurs elle n’a pas jugé bon de me dire qu’elle était tombée enceinte de son vivant ! Comment aurais-je pu deviner ton existence ? Dis-le moi, vas-y ! Toi qui es si maligne. »

« Quand on relâche généreusement sa semence dans les entrailles d’une femme, c’est un risque non-négligeable de lui faire un enfant. Tu ne crois pas… papa ? répondit Kaori en arborant toujours le même sourire. Je ne vais pas te faire un cours sur la manière de faire un enfant ? Tu n’en as pas besoin, tu es un père maintenant, que ça te plaise ou non. »

Shinji avança d’un pas, entrant par la même occasion dans le champ de vision de Mizugiwa. Elle remarqua ainsi ses poings serrés et les veines devenir saillantes sur le dos de ses mains. Si elle ne s’y trompait pas, c’était un signe que sa patience piétinait les limites et que d’un instant à l’autre elles allaient être franchies.

« Tu crois que je vais accepter une fille qui menace ma femme ? Tu crois que je vais accepter une fille qui se moque ouvertement de moi sous mon toit ? C’EST VRAIMENT CE QUE TU CROIS ?! »

Kaori se mit brusquement debout. Son sourire disparu de son visage. Son regard s’assombrit.

« Crois-tu qu’une fille puisse accepter que son père ait non seulement oublié mais remplacé sa mère par une insupportable pimbêche ? répliqua-t-elle froidement. Réveille-toi papa ! Nous en sommes là par TA faute ! »

« Sale petite ingrate. Aucun homme au monde ne voudrait d’une fille comme toi. Hors de chez moi ! Tu n’es rien pour moi et tu ne seras jamais rien ! Je te renie ! HORS DE CHEZ MOI ! »

Kaori fit un pas vers l'avant, le regard menaçant. Sans même aviser la réaction de Soujuu, Mizugiwa se dressa sur ses deux pieds pour lui signifier, en quelque sorte, qu'elle ne devait pas aller plus loin. Kaori croisa son regard puis celui de son père, pleine de haine.

« D-E-H-O-R-S, répéta Shinji. »

Il y eut un moment de flottement durant lequel Kaori resta silencieuse, la mâchoire serrée, avant que sa langue ne se délie enfin.

« Nous n'en resterons pas là. »

Elle toisa les deux shinobi puis se dirigea à grandes foulées vers la porte qu'elle claqua violemment derrière elle.

Mizugiwa en était à se demander quel genre d'homme Kiri décidait d'aider si tous ressemblaient à Shinji. L'amertume de la réponse lui fit lever les yeux vers l'intéressé pour la seconde fois depuis le début de cette histoire. Nulle haine dans ses yeux, nul ressentiment, seulement le regard d'une fille de quatorze ans dans lequel se reflétait le visage d'un monstre.

Mizugiwa sortit sans dire un mot pour s'asseoir sur la dernière marche du perron. Elle avait soudainement ressenti le besoin de respirer et de se retrouver rapidement dans son élément pour chasser toute la négativité de la situation. Pour s'y faire, elle activa quelques signes incantatoires et fit apparaître une petite sphère d'eau entre ses doigts. Son seul réconfort dans cet horrible endroit.
Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Sam 15 Sep - 14:45

« Voici ce que nous allons faire. Demain, nous déposerons la missive de rendez-vous sous le paillasson, un peu avant la soirée, pour que cette fille récupère notre lettre et y réponde le plus tôt possible. Si elle accepte de rencontrer Shinji Naboko ici, Soujuu et toi serez chargés de protéger notre commanditaire. Vous devrez être aux aguets, et ne laisser aucun danger le menacer de près ou de loin. Si nous mettons en place une rencontre avec cette femme, nous prenons le risque de faire échouer notre contrat Mizugiwa. Aussi je ne peux te laisser lui parler avant. Cependant, tu pourras le faire lorsque l’entretien organisé avec M. Naboko sera achevé. Tu devras faire en sorte que cette réunion se passe bien, je compte sur toi. Soujuu a davantage d’expérience du combat, il fera la sentinelle. Pour ma part, j’ai toujours un doute qui plane. Je crains que cette fille ne puisse être qu’un leurre pour détourner l’attention de Shinji et dévaliser sa forge. Je m’y rendrai pour m’assurer qu’il n’y a pas d’entourloupe. »

Sainan avait donc déjà tout planifié. Que c'était facile de ne pas avoir à prendre des décisions et respecter à la lettre les consignes ! Le chef ordonne, les autres obéissent. Pas besoin de trop réfléchir, plus de choix, simplement suivre une ligne déjà tracée par un quelconque écrivain qui se trouvait être ici, Sainan. Le genre de plan où l'on est un peu près sûr que tout se déroule comme dans le script.

La suite de l'histoire se poursuivit donc sans accroc. L'équipe se fit la plus invisible possible et tous attendirent la soirée avec une certaine appréhension. Soujuu avait choisit comme pièce d'accueil le grenier, il y avait pas mal de poussières mais il était plutôt tranquille et l'espace ne manquait pas pour se dégourdir les jambes. Pas question d'avoir les membres ankylosés s'il devait faire la sentinelle. Il se doutait que rien d'excitant ne se passerait mais on était jamais trop sûr. Son but était de faire en sorte que personne ne soit blessé, autant le commanditaire que sa supposée fille.
Il en profita pour affuter son katana et contempler la lame à la faveur de la lune dont l'éclat filtrait par la fenêtre. L'arme avait du être de très bonne qualité mais le temps et les batailles passées avaient fait leur travail et l'arme n'était maintenant plus que l'ombre de ce qu'elle avait pu être avant. Elle resterait ainsi sans une bonne restauration. Cela coûterait chère mais il devrait le faire pour son grand-père.

La journée se passa sans problème et vint le moment de l'échange de lettres. Le rendez-vous fut convenu pour le lendemain matin. Le dénouement de la mission se déroulerait donc à ce moment là. Sainan leur répéta ses dernières consignes et partit pour surveiller le magasin.

Ils se trouvaient maintenant tous les trois dans le salon. Mizugiwa et Shinji étaient assis sur le canapé tandis que Soujuu avait préféré rester debout pour regarder à travers la fenêtre. Il était ainsi en mesure de voir le danger arriver. Ce dernier ne tarda pas à arriver mais avait prit pour l'occasion la forme d'une jolie jeune femme. Soujuu vérifia tout de même si personne ne le suivait ou ne l'accompagnait. Il ne faudrait pas non plus qu'ils aient des invités surprises. La sonnette retentit et il partit donc ouvrir la porte à la jolie demoiselle. De près, elle ressemblait étonnamment au commanditaire, beaucoup trop pour que se ne soit pas sa vrai fille. Elle avait un regard franc et semblait vouloir en découdre avec le monde. Dans tous les cas, elle n'avait pas l'air étonnée de voir un ninja de Kiri ou alors elle cachait très bien son jeu.

« Shinji vous attend dans le salon.» Il avait dit cela d'un ton neutre. Son rôle n'était pas de parler. Juste surveiller.

La suite fut une joute verbale où le père combattait sa propre fille. Il semblait être sincère quand il disait ignorer que l'autre femme était tombée enceinte. Il ne l'avait sans doute jamais revue. Sans doute avait-il eu honte et s'était promis de ne jamais la revoir pour ne pas blesser sa femme. C'était une histoire aussi classique et banale qu'une partie de shifumi. Le but de la fille lui paraissait par contre totalement obscure. Peut être voulait-elle lui faire regretter d'avoir laissé la femme toute seule avec une fille a élever pour ensuite lui réclamer de l'argent ? Ou peut être avait-elle seulement une haine contre son père de l'avoir abandonné elle et sa mère ?

« Crois-tu qu’une fille puisse accepter que son père ait non seulement oublié mais remplacé sa mère par une insupportable pimbêche ? Réveille-toi papa ! Nous en sommes là par TA faute ! »

… Ou alors elle était simplement stupide. Pourquoi n'arrivait-elle pas à comprendre que les humains commettent des erreurs dans leur vie et qu'il arrive que deux personnes couchent ensemble sans forcément s'aimer ? L'inconnue était maintenant les réels sentiments de la mère. Était-elle amoureuse de Shinji ou il n'y avait vraiment rien eu entre-eux deux ? Le choix le plus judicieux pour la fille aurait été de grandir un peu et d'accepter les sentiments de ses parents qui ne la concernent au final qu'à moitié. Si cela avait été un choix pour eux de se quitter sans jamais se revoir par après, elle devait l'accepter, Leur choix et la femme actuelle de Shinji. Le pire était la façon dont elle avait reporté la faute sur Shinji.

Malgré lui, Soujuu s'était prit au jeu et tenait maintenant du coté de leur commanditaire. Il n'en montrait rien mais était presque aussi énervé que lui. La tension était palpable dans la pièce et il se prépara donc à intervenir au moindre écart de conduite ou même d'intervention extérieure. Il n'était pas exclu qu'elle soit toute seule. Au moment où tout la tension explosa, Soujuu se prépara au pire et vit Mizugiwa se lever. Il n'avait pas encore une totale confiance en sa coéquipière et avait peur qu'elle s'implique trop dans la discussion mais heureusement elle se contenta simplement de calmer le jeu. Kaori quitta la maison comme une boule en furie et leur gratifia d'un magnifique claquement de porte.

Mizugiwa partit peu après avoir jeté un regard perturbant au nouveau père. Soujuu ne comprenait pas vraiment sa réaction mais au moins tout c'était passé comme ils l'avaient prédit. Shinji se remettait de ses émotions et c'était écroulé sur son fauteuil. Sa tête était encore rouge de colère et ses mains tremblaient. Il lui faudrait certainement un petit temps pour faire le point. La sentinelle décida de rejoindre sa coéquipière pour voir comme elle allait.

Il s'assura qu'il n'y avait plus aucun danger à le laisser seul et la rejoignit. Elle se concentrait à faire une sphère d'eau. Il se demandait toujours comment cette petite boule d'eau pouvait lui procurer autant d'apaisement. Après mure réflexion, il devait bien avouer qu'il ne savait pas trop quoi lui dire et se contenta de rester près d'elle et d'attendre le retour de Sainan. Il n'avait pas donné de consigne sur la suite. S'il ne revenait pas dans une heure, il partirait à sa recherche. Kaori avait l'air d'être le genre de fille à tout casser autour d'elle pour expier leur colère. Elle ne devrait donc pas revenir avant un moment. Il pouvait certainement laisser Mizugiwa gérer la protection du commanditaire pendant quelques minutes.

MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Jeu 27 Sep - 22:18

Sainan s’était dit qu’il ferait le plus vite possible. La perspective de laisser seuls ses deux Kuns face à une situation au sujet de laquelle il avait encore des doutes ne l’enchantait guère, et il espérait être de retour le plus vite possible chez les Naboko. De toute façon, seule une centaine de mètres, tout au plus, séparait la maison de Shinji de sa boutique, une distance minime pour n’importe quel Shinobi. Le jeune homme parvint, au bout d’une tranquille minute de marche, devant l’enseigne de la Forge, et se dissimula derrière un amoncellement de caisses en bois afin d’avoir une pleine vue sur l’entrée du magasin. Celui-ci était fermé, et toujours gardé, comme prévu.

A l’heure où la rencontre était censée se dérouler chez les Naboko, un homme fit son apparition dans la ruelle de la forge. Personne n’y marchait à par lui. D’une allure d’abord tranquille, il se précipita soudainement en direction de la Forge, défonçant la porte à l’aide d’une technique qui s’apparentait bien à une forme basique de Taijutsu. Sainan avait bien eu raison de douter jusqu’au dernier instant de cette étrange affaire. Il s’élança aussitôt de sa cachette, entendant déjà la garde batailler avec l’intrus. Lorsqu’il pénétra dans la boutique, il se hâta d’aller porter secours aux sentinelles en place.

L’Homme virevolta plusieurs minutes, échangeant ci et là certains coups puissants, en encaissant aussi du mieux qu’il put. Sainan se sentait mal à l’aise dans une telle situation de combat. Sa prédilection pour le Hyuuton était à manier avec parcimonie, et il était hors de question de condamner au Ninjutsu l’ensemble d’une collection d’armes dont un bon nombre était déjà au sol. Durant l’altercation, l’Aisu vit confirmer ses suppositions. La garde du magasin de Shinji était redoutable, et maîtrisait des arts qu’il avait dû mander au Marché Noir. Quoi qu’il en soit, le Chuunin ne fut pas de trop pour peser en leur sens dans la balance, et au bout de deux longues minutes l’individu prit la fuite de la même manière qu’il était arrivé.

Le combat ne fut pas violent, mais demanda à l’Instructeur une grande concentration pour lutter dans un cadre où il n’excellait pas du tout. Tandis que chacun se remettait de la surprise, une dernière épée chuta de son socle et tomba au sol avec fracas. La boutique était dévastée, mais la plupart des créations de maître de Shinji semblaient intactes. Un bon travail de rangement suffirait à tout remettre en place en peu de temps.

Durant une fraction de seconde, Sainan se demanda s’il était de son devoir de poursuivre son opposant. La pensée de ses élèves le retint. Il était évident que leur équipe était au cœur d’un piège organisé, et il était hors de question de pousser le piège vers des horizons plus dangereux qu’ils ne l’étaient déjà. Sainan se présenta donc à l’équipe des sentinelles, chose qu’il n’avait pu faire avant. Lorsqu’ils surent qu’il était un Shinobi, ils ne semblèrent que peu ravis. Puis, chacun d’entre eux commença à remettre de l’ordre dans le magasin de Shinji.

L’Instructeur se dépêcha de faire demi-tour. Il trouva de nouveau Mizugiwa et Soujuu, ils allaient bien. Shinji semblait énervé, cela pouvait se lire sur son visage. Après qu’on lui expliqua comment s’était déroulé la rencontre, Sainan raconta le piège qui lui avait été tendu à Shinji, qui fonça à sa boutique pour y constater les dégâts. Il sembla soulagé de voir que sa pièce maîtresse était saine et sauve, et sembla ne plus penser à rien si ce n’est à raccrocher ses différentes armes contre les murs. Pourtant, cette histoire ne faisait que débuter. Sainan savait qu’il aurait très probablement à enquêter sur le fond de ce leurre, mais il n’en toucha pas un mot à son commanditaire.

[Shinji] « Vous voyez, ma fille n’aurait pas pu me piéger ainsi. Tout cela n’était fait que pour me soustraire le travail que j’ai accompli à la sueur de mon front. Ce n’était qu’une machinerie… Je vous remercie, Shinobis. Voici votre solde. Signifiez tous mes respects à Kiri Gakure.

[Sainan] – Veillez sur vous Monsieur Naboko. Je ne saurais que vous conseiller de renforcer votre garde. Nous sommes ravis d’avoir pu contribuer à résoudre vos troubles. J’espère pour vous que vous n’aurez jamais plus à recourir à nos services. Adieu. »

Ainsi l’équipe Samui fit-elle demi-tour vers leur Village, une première mission à leur tableau d’affichage.


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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Mer 3 Oct - 17:27

Mizu
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Soujuu
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Sainan
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En soi, c'était une bonne mission. L'autogestion de la fin était une bonne idée. La seule chose, ne lancer pas de mission si vous n'êtes pas prêt a prendre des risques. Ici vous avez manquer le bonus, mais de pas beaucoup. Il aurait suffi d'agir un peu plus en shinobi et vous l'auriez eu, mais sinon, bonne mission Smile Oh et pour finir, la prochaine fois, n'ouvrez pas plusieurs sujets, même si vous changer de place. Vous nommer le poste avec son ordre de mission et vous taper tout dans le meme sujet.


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Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   Mer 3 Oct - 18:39

Tout a fait d'accord avec Rin, un combat au moins aurait été sympa :/

Cela aurait pimenté un peu plus l'affaire, là, rien d'extraordinaire ne sait vraiment passé, d'autant plus que le futur dénouement de cette mission ne me concernera pas :/ (enfin ça c'est plutôt la faute au destin)

En espérant que les perturbations des premières semaines de cours seront passées et qu'il y aie un peu plus d'activité Smile

ps : désolé si cela te dérange que je poste ce message ici ^^'
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MessageSujet: Re: [CI004] Une question de point de vue   

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