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 [Chapitre 3] - Sora

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Takuan
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MessageSujet: [Chapitre 3] - Sora    Jeu 27 Sep - 17:11

Chapitre 3 - Sora


L’allée de peupliers qui partait du village des Nuages pour rejoindre les méandres sinueux des canyons des plateaux du Nord avait en ce printemps rayonnant une odeur naturelle et rafraichissante. Le nez en l’air, a en perdre son chapeau de paille, le voyageur improvise faisait voyager son regard parmi les multitudes verdoyantes des branches feuillues, d’où ne traversaient que de rares traits de soleil apaisants. Il tentait tant bien que mal de discerner de furtives images dans les courbures végétales aléatoires, disparues sitôt imaginées, remplacées par de nouvelles furtives apparitions. Il en souriait de bonheur, s’enivrait de ces sensations qui plus que tout lui permettaient de se sentir vivant. Dans les épreuves de la vie, au fil des satisfactions et des déconvenues, il avait fini par se persuader que rien ne valait mieux que d’apprécier chaque élément, chaque instant, chaque perception comme un tout déjà suffisant en soi, et en tirer un plaisir simple, brut, naturel. Le bruit de ses pas le long de l’allée champêtre lui donnait des frissons stimulants.

La plupart des badauds qui le croisaient, eux, le regardaient d’un air bizarre ou inquiet. Quel était cet inconnu souriant et insouciant qui se permettait de faire abstraction des tracas et des aléas de la vie ? Qui était-il pour leur rappeler leur faiblesse, leur impuissance à puiser dans leur quotidien l’essence même de leur raison de survivre dans ce monde si laid a leurs yeux ? Cette aura qu’il portait en lui, beaucoup l’enviait, encore plus la jalousaient, presque tous ne pouvaient la supporter a moins de se renier eux-mêmes. Si bien que ce sourire beat, innocent, plutôt que les inspirer a suivre la même voie, que de les apaiser et les mener sur le chemin de la quiétude, ce sourire les faisait fuir au loin, à distance de cette philosophie aux antipodes de leur mode de pensée.

Au final, sa douceur et sa bienveillance étaient devenues peu à peu la source de sa solitude. Un excès de gentillesse, un cyclone de bonnes pensées insupportables dans l’univers sombre, retors, qu’il côtoyait au quotidien. Il fallait donc voyager seul. Le cap le mènerait au village de Sora, l’une des places marchandes les plus connues du pays, au Nord Ouest de Kumo. L’autorisation de voyage n’avait pas été simple à obtenir, même les Chuunins devaient montrer patte blanche et s’acquitter d’une justification en béton arme pour passer au travers des mailles d’une administration toujours plus pointilleuse. Autant dire qu’apporter un message cache de la part d’une organisation officieuse non attachée aux cellules officielles du pays n’apparaissait pas comme une excuse avouable pour crapahuter en dehors d’un village militaire. Takuan se demandait à vrai dire si le document pour lequel il jouait au facteur de luxe ne pourrait pas le mettre carrément aux fers sans passer par la case départ. Aussi, dévoiler son existence n’avait absolument jamais apparu comme une possibilité. Les affaires familiales, par contre, feraient très bien l’affaire. Les Toshiya pouvaient compter sur un réseau de binômes éparpilles dans tout le pays et les zones limitrophes, ainsi qu’une poignée de spécialistes assignes aux missions reculées. Il ne fut pas complique d’entrer en contact avec les araignées du Nord et de leur demander une excuse potable à donner aux autorités Kumeennes.

Pour l’occasion, ils avaient simplement requis l’aide d’un maitre d’armes Toshiya. Le profil étant suffisamment rare au sein du clan, la demande émanant du clan d’envoyer Takuan sur place parut crédible, et le voyage fut autorise. Les accords qui liaient l’Araignée à Tète de Lion et le village prévoyaient l’emprunt de quelques membres de manière ponctuelle, dans un sens ou dans l’autre. Et a considérer la multitude de fois ou les binômes régionaux intervenaient a la demande de Kumo pour aider les équipes à compléter les contrats, le village des Nuages ne pouvait pas décemment se permettre de refuser une ou deux demandes de temps en temps de la part des Toshiya. Takuan avait ainsi en quelques jours obtenu une autorisation. La durée de l’absence ne devrait toutefois pas dépasser les quatre jours. Le voyage prenant une journée en tout pour l’aller, une autre pour le retour, le Chuunin songea même a ce qu’il pourrait bien faire de ces deux journées a Sora…

(En cours d'ecriture)
Takuan
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MessageSujet: Re: [Chapitre 3] - Sora    Dim 30 Sep - 15:28

Pour rejoindre Sora, il fallait suivre le chemin de peupliers, jusqu'a l’apparition des premiers plateaux qui composaient pour l’essentiel des paysages du nord du pays des Nuages. Un enchevêtrement de vallons verdoyants creuses par le poids des âges, de cols semi montagneux et de plateaux abrupts s’etendait alors sur une bonne centaine de kilomètres. La plupart des voyageurs requerraient les services d’un guide afin d’emprunter les routes les plus sures et les plus rapides. Takuan ne s’encombra pas d’une telle compagnie. Il tira profit de ses années d’entrainement au mont Kido pour escalader quelques plateaux de temps en temps, et reperer depuis les hauteurs son chemin au travers des routes sinueuses. Il en profitait alors pour s’asseoir et regarder, de tout la haut, la clarte du ciel, la beaute du paysage naturel qui s’etendait devant lui. Il reperait ca et la quelques animaux sauvages, et savait la region en proie a quelques groupes de bandits, mais n’en percut aucun de cette manière. A l’ecoute des quelques histoires qui circulaient sur ces confreries, il ne pouvait s’empecher de montrer une certaine perplexite. Comment un village aussi puissant que Kumo se permettait-il de laisser aller de tels individus ? Il se doutait des reponses mais elles ne lui plaisaient pas pour autant. Aucune prime mise sur leur capture, trop petits pour avoir une influence sur le commerce, des choses de ce genre. Une bien belle bande de mercenaires, voila ce que representaient les shinobis des Nuages. Cette sévérité avec laquelle il jugeait les Toshiya, maitres dans l’art du mercenariat, elle s’appliquait également à sa nouvelle communauté d’adoption. Un jour aussi, peut être, il essaierait de faire quelque chose contre ca. Mais en attendant, de sa petite position de Chuunin a peine débarqué dans cet immense engrenage, il se savait n’avoir ni les épaules, ni les soutiens pour parvenir a quoi que ce soit. Plus important que tout, en outre, il plaçait en point d’orgue la recherche de sa sœur. Rien d’autre n’importait à l’heure actuelle.

Takuan dévalait les routes envahi par toutes ces pensées éphémères. Sakaime, dans son fourreau, lui servait de point d’appui pour porter un petit baluchon d’affaires qu’il avait emporte pour l’occasion. Quelques sous-vêtements de rechange, un kimono propre, une miche de pain. La route avait déjà été entamée à moitie lorsqu’un événement le sortit de son insouciance quotidienne : l’odeur du sang. Le Chuunin en avait presque termine de ce paysage de plateaux et se trouvait sur le point de rejoindre la grande foret de Sekigara qui menait, de l’autre cote, aux portes Sud de Sora, sa destination. Au contour d’un promontoire rocheux, à l’ abri des regards, un son étouffé s’enleva, que percut soudainement Takuan. A sa droite, le chemin principal qui tournait pour rester en lisière de la foret laissait apercevoir une caravane arrêtée, sans âme qui vive autour. Les hennissements et les petits pas saccades du cheval attelé, visiblement stresse par quelque éventement récent, semblaient témoins d’une situation anormale. Le Chuunin posa son baluchon au sol et replaça son nodachi en position de garde, sur le cote droit de sa ceinture en bon gaucher qu’il était. Son bandeau shinobi occupait la poche intérieure de son kimono. Il n’avait jamais compris a quoi servait le fait de l’exposer a la vue de tous. Le protocole l’exigeait parfois, certes, mais cet insigne ostentatoire lui semblait une telle source d’ennuis potentiels qu’il avait décide de le garder bien au chaud et de ne le montrer qu’aux moments nécessaires. Il contourna silencieusement le promontoire pour déboucher sur une sorte de cul de sac creuse dans le calcaire. Un sol, un vieillard gisait dans une mare de sang. Quatre types louches portaient leur attention sur une femme qu’ils entravaient de leurs mains baladeuses. Comment le pays des Nuages pouvait-il accepter pareille situation ? Takuan ajusta son chapeau de paille puis se racla la gorge, interrompant le processus trépidant de défloration de leur victime. Le quatuor tourna la tète, interloque. Le Chuunin s’imagina ce qu’il pouvait bien se passer dans leur tête. De la surprise, certes, mais après ? Le voyaient-ils comme une nouvelle victime, une source d’inquiétude, de peur même ? La stature imposante avait de quoi impressionner, Sakaime aussi, bien que toujours dans son fourreau. Peu importe les sentiments qu’ils éprouvaient. Apres avoir accompli de tels actes, ils ne pouvaient laisser de témoin sans risquer de voir leur tête embrochée sur un pic tôt ou tard dans un village voisin. Une seule pulsion émanait de leur esprit : tuer, pour survivre. A vrai dire, l’hésitation se situait plutôt dans l’autre camp. Au vu de la garde de ses adversaires improvises, il ne lui faudrait que quelques secondes pour porter un coup fatal au premier, puis passer au second et ainsi de suite. Mais le souhaitait-il vraiment. Pourquoi avoir acquis Sakaime ? Un sabre est forge pour donner la mort, cette vérité immuable le dérangeait tant. Et s’il n’était pas capable de dégainer, serait-il prêt a mourir pour ses idéaux ? Servir la vie, c’était avant tout ne pas perdre la sienne. Une impasse, un dilemme inextricable, des calculs mathématiques complètement incongrus. Aucune arithmétique ne pouvait exprimer ou comparer la valeur d’une vie. Même celle de ces idiots qui venaient d’ôter celle d’un autre et se préparaient à gâcher celle d’une innocente. Définitivement, ils méritaient de payer, mais pas dans la mort.


Takuan – Ils méritent la vie…

Une vie de regrets, de douleurs, et de remords, voila ce que le shinobi leur promit à l’ instant. Le duo de bandits le plus proche fonça sur le Chuunin qui ne se soucia pas d’eux une seule seconde. Sa masse imposante ne lui empêchait pas d’être bien plus affute et habile qu’une bande de raclures insignifiantes. En quelques enjambées, il rejoignit la victime et bouscula si violemment son agresseur qu’il lâcha prise aussitôt. La main tremblante fut trop lente à brandir le katana, elle roula sur le sol, toujours agrippée au pommeau couvert de sang. Takuan contempla la trainée rouge qui s’étala sur le sol. Il n’entendait déjà plus les hurlements de celui qu’il venait de mutiler. Sakaime prit vie dans ses mains, elle virevolta dans la chair, coupa la peau, trancha les os, déchira les muscles, mais elle ne donna pas la mort. Elle tapissa la scène d’un tapis sanguinolent, mais pas d’un linceul de mort. Takuan venait de donner la vie, vie a son nodachi, vie a ces hommes corrompus par le pêché et qui dans la douleur se sentaient plus que tout vivre en ce monde. A ces hommes souilles pour qui la vie aurait un gout si amer qu’ils la vivraient pleinement dorénavant, bien que trop faibles pour détruire celle des autres. En compensation des injures à ce principe vital qu’il chérissait tant, Takuan avait collecte juste imposition. Plusieurs jambes, quelques bras, des yeux, une oreille. Plus jamais ces hommes ne pourraient faire du mal, et chaque jour qui passerait leur rappellerait leur faute. Le Toshiya pansa les plaies, s’assura du pronostic vital de chacun d’entre eux. Il usa de son cocon protecteur, secret de sa famille, pour placer en stase l’un d’eux qui semblait un peu trop mal en point. Il essuya sa lame sur le kimono souille, puis croisa les yeux de la victime qu’il avait oubliée. Le Chuunin rangea Sakaime dans son fourreau, puis s’agenouilla vers elle, lui tendit la main.

Takuan – Tout est fini maintenant.

Elle recula de plus belle, collée à la paroi rocheuse. Ses yeux reflétaient la terreur. Takuan ne comprit pas. Il venait de lui sauver la vie, il avait même épargné ses assaillants, que souhaitait-elle de plus ? Dans ses yeux se dessinait un monstre au chapeau de paille, qui derrière son sourire angélique possédait une âme si sombre qu’elle lui avait donne des frissons de frayeur. Dans ses yeux s’étaient esquisses les courbes sadiques d’un sourire que Takuan avait entretenu pendant toute la bataille sans même s’en rendre compte. Elle avait eu peur quand ces hommes avaient voulu la violer. Sa terreur se trouvait sans commune mesure depuis que cet homme insondable avait voulu la sauver.

Il se releva, perplexe, puis tourna les talons. Lorsqu’il dut ramasser son baluchon, ses mains tachées de sang lui firent soudain réaliser ce qu’il venait de faire. Il s’essuya frénétiquement sur son kimono ensanglante, qu’il enleva également, puis il s’allongea quelques minutes au pied d’un arbre dont le souffle dans les branches le berça. Il repartit une petite demi heure plus tard, sans son baluchon, habille de son kimono neuf. Il traversa la foret d’un pas serein, chantonnant, happe par les mélodies des oiseaux alentours. Aux paradoxes de sa propre morale bancale, Takuan avait préféré l’amnésie. Quelques jours plus tard, il ne se souvint plus de cet évènement ou pour la première fois, le colosse de gentillesse s’était transforme en une montagne de violence… Le Chuunin vint à bout de la foret de Sekigara après quelques heures de marche rapide. Le soleil se couchait lorsqu’il aperçut les portes du village de Sora.
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