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 L'Orgueil de Kaede (entraînement)

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Hana Aisu
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: L'Orgueil de Kaede (entraînement)    Lun 15 Oct - 22:41

Kaede était épuisée. Ces derniers temps, elle avait multiplié ses séances d’entraînement avec Ayumi, séances qui se prolongeaient souvent jusque tard dans la nuit, et plus d’une fois, la genin s’était retrouvée couchée sur le sable de la plage, haletante, du sable accrochant sa chevelure trempée de sueur. La journée, elle se forçait à se réveiller tôt et courrait jusqu’à l’Académie. Là, elle cherchait Ayumi, espérant que cette dernière aurait pu lui trouver une mission de rang D à accomplir. Ces missions étaient lassantes, rarement motivantes et absolument pas glorieuses, mais elles étaient, Kaede l’avait finalement compris, la première marche du long escalier qui la mènerait jusqu’à son but.
Son but.
Kaede n’avait jamais été capable de créner avec précision son objectif. Depuis son plus jeune âge elle avait toujours cru qu’elle serait condamnée à une médiocrité banale, et elle avait fini par s’en accommoder complètement. Qu’aurait-elle pu faire d’autre ? Trop de rancœur, de frustration et de douleur pavaient le chemin de son existence pour qu’elle puisse espérer autre chose. Certains avançaient – courraient ! – sur la route sinueuse de leur existence de leur vie. Ils croyaient apercevoir à l’horizon la silhouette majestueuse du monument qu’ils souhaitaient atteindre, richesse, gloire, ou, pour les plus sages, simplement le bonheur. Kaede, elle, marchait à pas lent, les yeux rivés sur l’arrière de son chemin, attendant l’inéluctable instant où elle trébucherait enfin et s’écroulerait dans le néant le plus reposant. Oui, Kaede n’avait d’autres désirs que celui d’attendre la fin, sans s’agiter ou se débattre contre les aléas, les hasards et les obstacles qu’elle rencontrerait.
Autrefois.
Il ne s’était pas passé tant de temps que cela, pourtant, pour se référer à cette « ancienne elle » comme d’un témoin d’autrefois, mais tant de choses avaient évolué que Kaede ne parvenait pas à se débarrasser de l’impression fausse que des années s’étaient écoulées, et non une simple poignée de semaines… Elle a avait changé. Ne serait-ce que physiquement, un œil observateur pourrait remarquer que la Genin se tenait infiniment moins courbée, et que son regard partait plus haut qu’avant.
Qu’est-ce qui avait mené à ce changement ? , Kaede l’ignorait. Sa révocation de l’équipe Oda avait pourtant un temps sonné le glas de toute trace de confiance en elle. Alors comment Kaede s’était-elle remise sur la voie ? Sa rencontre – fantasmée – avec le Dragon Suiryuudan n’y était peut-être pas étrangère. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’à présent, lorsqu’elle regardait droit devant elle, Kaede apercevait à l’horizon, tout au bout de sa route, le monument nouveau de ses ambitions.
Elle voulait leur prouver.
Leur prouver que le destin, la réputation et la gloire n’étaient rien. On la voyait comme une traitresse potentielle : elle serait irréprochable. On ne lui donnait pas le moindre espoir de percer à Kiri : elle y arriverait. Elle serait une kunoichi.

Le fracas d’une lourde porte qui claque dans un courant d’air la tira de ses pensées. Kaede se tenait accroupie, appuyée contre le mur, dans un des nombreux couloirs de l’Académie. A sa droite était entrebâillée la porte de l’amphithéâtre de Ninjutsu, une salle vaste et intimidante, où Kaede avait reçu ses tout premiers entrainements à l’art du chakra. Des échos du cours lui parvenaient, déformés par la distance et difficilement perceptibles mais Kaede parvint à en saisir quelques mots. « Contrôle des flux », « concentration », « relâchement »… Pas assez pour lui permettre d’identifier ce qui était enseigné. De toutes façons, elle n’était pas là pour ça. Elle attendait Ayumi. Encore.
La première chose que l’adolescente vit de son instructrice fut une immense pile de documents tanguant dangereusement, dont l’équilibre précaire reposait sur une paire de pieds. Ayumi déplaçait un énorme tas de documents – probablement les fiches des nouveaux Aspirants – et en avait visiblement pris un peu trop d’un coup ! N’ayant pas vu Kaede, elle faillit trébucher sur elle et s’étaler de tout son long, mais cette dernière eut le réflexe de s’écarter à temps. Elle toussota légèrement pour signaler sa présence à l’instructrice.

- Ah ! Kaede ! s’exclama-t-elle. Elle laissa s’écouler une poignée de seconde avant d’ajouter : Tu viens pour une mission, hein ?

Kaede acquiesça. Ayumi déposa à ses pieds sa pile de dossiers et se passa la main dans ses cheveux.

- Ecoute Kaede, je n’en ai pas. Tu sais très bien que si j’en avais une, je serais venue te chercher pour te le dire ! Tu ne peux pas venir comme ça tous les jours… Tu comprends ?
- Non… dit simplement Kaede. Cette réponse en elle-même suffit à surprendre Ayumi. Il n’y a pas si longtemps l’adolescente n’aurait absolument pas osé répondre. « Non, je ne comprend pas… Je suis bien consciente que vous me consacrez beaucoup de temps et je vous en remercie, vraiment. Mais j’ai besoin de mission. Il m’en faut absolument pour que je sois accepté par un nouveau maître. C’est capital…
Ayumi soupira.
- D’accord… Je sais que c’est important pour toi. Excuse moi, j’ai beaucoup de paperasse à gérer en ce moment c’est… beaucoup de stress… Bon je vais essayer de te récupérer un ordre de mission, mais c’est moi qui viendrais te chercher, arrête de venir tous les jours d’accord ? Qu’est-ce que tu comptes faire aujourd’hui ?
- M’entraîner… J’ai beaucoup de mal à produire un Mizu no Tate digne de ce nom… »
- Hum… Ce n’est pas évident à faire toute seule. Je pensais qu’on pourrait le travailler ensemble, mais c’est vrai que je n’ai pas beaucoup de temps. Ecoute, laisse le Mizu no Tate de côté pendant quelques temps, je t’aiderais moi… aujourd’hui le plus efficace serait que tu ne travailles pas seule ! »
- Comment ? Je n’ai ni maître, ni équipe, et vous ne pouvez pas vous occuper de moi… Et je ne connais personne au village…
- Je sais. Suis moi j’ai une idée, annonça Ayumi après un moment de réflexion. Se baissant, elle fit glisser la pile de papiers jusqu’au mur et entra discrètement dans l’amphithéâtre, Kaede sur ses talons.

La porte s’ouvrait sur un escalier plongeant dans entre des gradins usés pour finalement aboutir sur une petite estrade où se tenaient une demi douzaine de personnes. Autour d’un Chuunin particulièrement petit, et visiblement très nerveux, étaient rassemblés quelques jeunes élèves, aspirants pour la plupart, même si Kaede reconnaissait l’un d’eux au moins comme étant un genin. L’instructeur arrêta momentanément son cours pour observer les deux nouvelles arrivantes.
- Ah, Ayumi ? Que nous vaut ce plaisir ? demanda-t-il.
- Excuse nous de t’interrompre, Akan, mais est-ce que tu pourrais t’occuper d’une élève supplémentaire ?
En disant cela, elle avait posé sa main sur l’épaule de Kaede qui se tenait légèrement en retrait, et la poussa gentiment pour la forcer à s’avancer un peu. Akan se gratta la nuque en fixant Kaede comme s’il elle n’avait été qu’une babiole sans intérêt qu’il hésitait à acheter.
- Elle a quel niveau ? finit-il par demander.
- Suffisant pour mettre la pâtée à n’importe lequel de tes élèves.
Kaede toussota légèrement. Elle savait qu’elle avait gagné en puissance ces derniers temps, mais sur ce coup-là, Ayumi avait peut-être été un peu trop… enthousiaste. La réponse sembla plaire à Akan qui éclata de rire.
- On parie ? proposa-t-il.
- Ce que tu veux.

Kaede observa attentivement les autres élèves. Aucun ne semblait particulièrement enthousiaste à l’idée de se battre, mais les deux chuunins n’en avaient visiblement pas grand chose à faire.
- D’accord, on organise un duel, ton élève contre un des miens, si elle gagne – elle désigna Kaede du menton – elle pourra venir dans mon groupe. Sinon tu t’occuperas à ma place de vérifier les rapports de mission de mes élèves pendant les dix prochains jours, ça marche ?
Ayumi soupira. « Comme si je n’avais pas suffisamment de chose à faire… »Elle sourit néanmoins, et annonça « : « J’ai beaucoup de chose à faire, mais ça attendra bien la fin du duel ! »
Akan fit claquer sa langue en signe de contentement et se tourna vers ses élèves.
- Alors, qui va relever le défi ?
Les aspirants fixèrent le sol, bien décider à éviter à tout prix d’être choisi. Akan se dirigea vers le genin – le seul à porter un bandeau en plus de Kaede – et annonça :
- Yuza ! Tu seras parfait ! Bandeau contre bandeau ! Ce sera amusant.

Kaede eut à peine le temps de se demander comment elle était passé en si peu de temps de « volontaire pour un cours » à « duelliste », que déjà tout le monde s’écartait pour laisser sur l’estrade la place nécessaire aux combattants.
- Quelles sont les règles ? demanda Yazu.
- On s’arrête au premier sang, ça vous convient ?
Les deux genins acquiescèrent, et se mirent en position ? Une vingtaine de mètres les séparait.
Kaede détailla son opposant. Assez grand pour son âge, il se déplaçait avec assurance et souplesse. Il était fort ou, si ce n’était pas le cas, il était persuadé de l’être. A sa grande surprise, Kaede réalisa qu’elle était absolument confiante.
- Kaede, gagne, ça m’arrangerait, lança Ayumi.
- C’est promis.

Kaede avait beau être confiante, il lui fallait y aller sérieusement, il n’était pas question de prendre cet affrontement à la légère. Et pour ça, il lui fallait une stratégie. Elle n’était pas particulièrement à l’aise en Taijutsu, et Yazu semblait taillé pour le corps à corps. S’il était un élève régulier d’Akan, qui semblait particulièrement rapide, Yazu serait probablement redoutable. Mais tant que Kaede serait hors de portée des poings de son adversaire, ce dernier serait complètement impuissant. La genin eut un sourire. « Ce sera un beau combat. ».
- Je vais lancer un kunaï vers le plafond, annonça Akan, quand il retombera au sol, commencez.
Il patienta quelques secondes afin de s’assurer que personne n’avait de questions, puis, reculant de quelques pas, lança d’un geste lest le kunaï qui fila vers le plafond. Kaede sentit le temps se ralentir à mesure que sa concentration se focalisait sur la trajectoire de l’arme. Elle vit la lame argentée pivoter lentement vers le sol en amorçant sa descente. Moins d’une seconde.
Il y eut un claquement sec lorsque le kunaï se ficha dans le sol de l’amphithéâtre, et le temps sembla immédiatement reprendre son cours. Simultanément, Yazu s’élança en avant, se préparant à charger son adversaire, tandis que Kaede bondit en arrière afon de maintenir une distance avec Yazu. Ce dernier en profita pour lui lancer deux petits shurikens que Kaede parvint à éviter. Rassemblant son chakra dans ses poumons, elle cracha une grande quantité d’eau qui vint asperger le sol de l’estrade.
Elle ne s’était pas trompée, Yazu était rapide. Il était déjà sur elle et lui décocha un coup de poing en visant sa tempe. Elle esquiva en se laissant tomber au sol et en profita pour tenter de balayer Yazu d’un coup de pied. Le jeune garçon évita en bondissant en arrière, et se rétablit parfaitement quelques mètres plus loin. Kaede en profita pour se redresser. Rapidement, elle analysa la situation. Yazu était loin, et elle avait encire un peu de temps devant elle avant qu’il ne soit à nouveau au contact. Difficile d’estimer en revanche de combien de temps de temps elle disposait exactement. « Suffisamment je suppose » songea-t-elle en commençant à composer les signes. De son côté Yazu fonça, kunaï en main, cherchant à lancer son attaque avant que Kaede n’ait le temps d’achever sa technique.
Il n’y parvint pas.
Le dragon aqueux déploya ses crocs juste assez tôt pour repousser Yazu. Le genin se courba en avant sous le choc et, lorsqu’il redressa la tête, chacun pu voir sur sa tempe une longue et fine ouverture qui saignait légèrement. Yazu porta ses doigts sur sa plaie et, les retirant, les fixa longuement. Ils étaient poisseux de sang. Il soupira et déclara en s’inclinant :
- J’imagine que tu as gagné.
Il y eut quelques applaudissements polis parmi les aspirants, et Ayumi eut un sourire satisfait en regardant Akan. Kaede croisa le regard de son instructrice qui lui sourit chaleureusement. Ses lèvres articulèrent en silence le mot « Bravo ! ».
Tout aussi stoïque que Kaede pouvait être en apparence, en réalité, elle exultait. Elle avait gagné. Pour la première fois de sa vie, elle était sortie vainqueur d’un combat. Et elle était ravie.
- Beau combat, commenta Akan. Yazu, tu as été trop peu agressif. Quand ton adversaire a tenté son balayage tu n’aurais pas du esquiver. Un blocage t’aurait permis de réagir plus vite à sa technique. Jeune fille, tu t’en sors bien. Je t’accepte dans mon groupe. Comment t’appelles tu ?
- Je suis Kaede, du défunt clan Uriyama.
- Je connais ton clan, mais ton nom de me dit rien. Pourquoi veux-tu suivre mon cours ?
- Mon maître m’a chassé de mon équipe.
- Ici, c’est un cours commun, mais tous mes élèves ont un autre maître…
- J’imagine. Et je me retrouverai bientôt un mentor, mais si vous m’aidez à progresser, ce sera encore plus rapide.
- J’accepte. Kaede Uriyama, bienvenue dans mon cours.

Il s’était bien passé un quart d’heure depuis la fin du duel, mais Akan n’avait pas encore recommencé son cours. Il avait discuté un moment avec Ayumi avant que cette dernière n’ait du s’échapper pour rattraper ses multiples retards administratifs. Akan s’était alors absenté lui aussi, déclarant qu’il devait aller chercher quelque chose pour le cours, et les élèves étaient seuls à présent dans l’immense amphithéâtre. Les aspirants discutaient à vive voix entre eux, et Kaede s’était assise légèrement à l’écart de l’estrade.
- Bien joué. Tu t’en sors bien, lui lança Yazu en venait s’installer à côté d’elle.
- Merci. Toi aussi ! Il s’en est fallu de peu !
- Pas vraiment… Je peux te poser une question ?
- Je t’en prie.
- Tu as dis « le défunt clan Uriyama », ça veut dire…
- Ca veut dire ce que ça veut dire, je suis la dernière Uriyama, tout du moins la dernière en liberté.
- Comment ça ?
Kaede trouvait rafraîchissant de discuter avec quelqu’un qui ne connaissait rien à son histoire et, l’espace d’un instant, elle regretta d’avoir commencé à lui raconter tout ça. Mais elle continua cependant.
- Pendant le coup d’état, les Uriyamas ont combattus le Mizukage. J en’étais pas d’accord avec eux, alors je les ai dénoncés. L’attaque qu’ils avaient planifiée à été un échec, et ceux qui n’ont pas été tués croupissent en prison. En remerciement, Kiri m’a aidé financièrement à payer mon appartement et ma nourriture. Peut-être, dans plusieurs années, un de mes oncles ou un de mes cousins sortira de prison, mais pour le moment, je n’ai aucune envie d’avoir le moindre contact avec ce clan…
Yazu ne dit rien, se contentant de remuer la tête de haut en bas d’un air songeur.
- Je comprend, finit-il par dire, enfin je crois. Difficile de vraiment savoir quand on comprend les gens, hein ?

Avant que Kaede n’ai eu le temps de répondre, Akan rentra dans l’amphithéâtre, les bras chargé d’un fatras indescriptible d’objets colorés.
- Bien, excusez moi de ma petite absence, mais le combat auquel nous venons d’assister m’a donné une idée. Tout le monde en ligne sur l’estrade s’il vous plaît.
Les élèves obtempérèrent et s’alignèrent devant l’instructeur. Akan déposa un peu plus loin tout ce qu’il transportant, à part une douzaine de cerceau de bois peints. Il disposa sans un mot un cerceau devant chaque élève et, dix mètres plus loin, en installa tout autant.
- Vous avez tous observé le duel n’est-ce pas ? Qu’est-ce que vous pouvez en dire ?
Il y eut un épais silence, durant lequel personne n’osa prendre la parole.
- Allez ne soyez pas timide, dites tout ce qui vous passe par la tête !
- Il … n’était pas équitable, osa un aspirant, un petit blond qui ne devait pas avoir plus de douze ans.
- Et pourquoi ?
- Parce que Kaede pouvait attaquer de loin alors que Yazu devait avancer au corps à corps…
- Parfait ! Même si ça ne mérite pas l’appellation d’inéquitable, Kaede avait un avantage certain. Les consignes pouvaient vous sembler étranges, mais l’idée de s’arrêter au premier sang simule un combat contre un adversaire utilisant du poison. Dans ce genre de circonstance la moindre éraflure pourrait vous être fatale.
Akan fit une pause afin que son auditoire s’imprègne bien de ses mots.
- Kaede devait éviter le corps à corps, et l’un comme l’autre se devait d’être en mesure d’esquiver à n’importe quel moment. C’est ce que j’aimerais travailler avec vous aujourd’hui : l’esquive.
- Mais on fait ça tout le temps ! s’exclama une aspirante que Kaede avait déjà croisé une ou deux fois dans les couloirs de l’Académie – la crinière qu’elle arborait marquait généralement les esprits.
- Non on vous a formé au Taijutsu au point que si je vous attaque…
Il ne termina pas sa phrase, lança sa main en avant, et fit jaillir un kunaï qui siffla droit vers l’aspirante. Cette dernière fit un bond sur le côté et le kunaï la manqua et alla s’écraser contre le mur.
- Si je vous attaque de cette façon, vous vous en sortez. Mais si j’attaque comme cela…
Le groupe d’élève se prépara à être pris pour cible mais aucun ne s’attendait à ce qu’Akan leur envoya : il composa à une vitesse ahurissante les signes, et libéra une véritable vague d’eau qui fila vers eux. Ils tentèrent tant bien que mal de l’éviter, mais le champ d’action était trop grand et ils se gênaient mutuellement. Akan n’était pas complètement fou, et il avait fortement réduit la puissance de l’attaque qui s’écrasa sur les élèves sans leur causer plus de mal qu’un plat douloureux.
- Parfois vous ne pouvez pas esquiver d’une manière traditionnelle. Pris dans un couloir étroit, dans une attaque de zone ou si vous êtes handicapé par une blessure aux jambes, il vous sera très difficile de vous en sortir indemne. C’est pourquoi a été crée la permutation.
- La permutation ? demanda Yazu.
- Exactement. Si tu avais maîtrisé cette technique, il est probable que tu aurais pu battre Kaede. Bien, démonstration. S’il vous plait, installez vous dans le cerceau que j’ai placé devant vous. Chacun d’entre vous a une couleur assignée.Yazu sera rouge, Kaede, bleu, Riyuka, tu vas en orange, Kinato, le cerceau vert, Mai dans le blanc, et le violet pour Mishiru. Les consignes sont très simples : il vous faut à mon signal tenter d’échanger votre place avec l’objet situé dans le cerceau face à vous, c’est compris ?
Kaede fixa le deuxième cerceau bleu, au centre duquel Akan avait posé une peluche élimée représentant un chien.
- La permutation se rapproche de la Téléportation, à un niveau moindre.
« Rien que ça… » songea Kaede.
- Je pourrais vous parler de théorie pendant des heures que vous n’en seriez pas particulièrement plus avancés. Certains s’imaginent plongeant à travers un anneau, d’autres ont besoin de se sentir tomber… En fait, il y a autant de façon de faire qu’il y a de Shinobis. La permutation est une technique que chacun doit réinventer, et pas une connaissance que l’on peut transmettre. Le mieux reste donc que vous essayiez par vous même et que je vous conseille, ce serait bien plus efficace que si je tentais de vous faire m’imiter. Quand vous vous sentirez prêt, essayez.

Dire que le premier essai avait été cataclysmique aurait était un doux euphémisme. Kaede libéra en une fois autant de chakra qu’elle le put, ce qui n’eu d’autre effet que celui de le gâcher. Yazu pour sa part fit un tour sur lui même, perdit l’équilibre et s’étala de tout son long. Il ne fut d’ailleurs pas le seul dans ce cas là : deux autres aspirants tombèrent face contre terre. Akan eut un grand rire.
- Ah, ça m’aurait étonné que vous réussissiez du premier coup ! Allez, nouvel essai ! Rappelez vous de la base de toute technique : malaxage du chakra, répartition du chakra, puis lancement de la technique.

Malaxage du chakra.
Kaede ferma les yeux et se concentra. Elle sentit la familière impression d’entendre le bruit des vagues et de la pluie, sensation qui la prenait chaque fois qu’elle avait recours à son chakra. L’énergie qui se dégageait d’elle provenait toujours de son cœur, et se rependait lentement. Lorsqu’enfin le fourmillement agréable atteignait son crâne, elle savait instinctivement qu’elle était prête à déchainer toute sa force.

Répartition du chakra.
Comme lorsqu’elle essayait en vain de lancer un bouclier d’eau, Kaede fit glisser son énergie le long de sa peau. Le chakra se répandit sur son épiderme comme une flaque d’huile s’agrandissant dans une assiette d’eau. Avec lenteur, douceur, presque délicatesse. Du sommet de ses cheveux à la pointe de ses pieds, Kaede sentait le chakra recouvrir son corps comme un cocon protecteur. La genin imagina ensuite cette enveloppe, cette silhouette intangible, invisible – inexistante peut-être – dans le cerceau qui lui faisait face, autour de cette peluche miteuse qui constituait à présent l’entierté de son monde, de son esprit, de sa vie.

Lancement.
Il était difficile de cerner exactement le moment où Kaede se sentait prête, ou de définir précisément cette infime brisure qui insufflait en elle cette impression, et peut-être était-ce le cas pour tout le monde. Quoi qu’il en soit, c’était à cette fraction de seconde précise que Kaede canalisa tout ce qu’elle avait précisément rassemblé. Il y eut un flash, une brève détonation, et Kaede se sentit tomber. Elle sentit contre sa joue les planches sales de l’estrade. Raté ? Elle n’en savait rien, son esprit était particulièrement embrouillé.
- Kaede, ça va ? demanda Akan.
La genin parvint à ouvrir les yeux. Elle se trouvait exactement à mi-chemin des deux cerceaux, la peluche rapiécée gisant à ses côtés.
- Je crois… Il s’est passé quoi exactement ?
- Disons que si ce n’était pas encore une réussite, il est clair que ce n’est déjà plus un échec ! Tu peux te relever ?
Kaede acquiesça et, s’appuyant contre le sol, se redressa.
- Tu as saisi la technique, mais il te reste un souci de trajectoire. Tu as « heurté », en quelque sorte, le trajet de ta cible, et en la percutant, cela a mit fin à la technique. Tu te sens de réessayer.
- Oui… Je vais y arriver.
En fait, c’était parfaitement logique. Kaede voyait la permutation comme un mouvement extrêmement rapide, il fallait dès lors que la cible et elle-même ne se déplacent pas exactement sur le même plan, sur un seul axe. Il fallait qu’elles se tournent autour. Et ça, elle pouvait le faire.

Kaede fut la première à parvenir à lancer une permutation correcte. Et elle était fière, si fière d’elle que, pendant quelques instants encore, elle oublia le moindre de ses soucis pour n’être plus qu’une jeune fille douée et heureuse. Pour quelques instants encore.



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Kuroko Hokufû
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: Re: L'Orgueil de Kaede (entraînement)    Dim 11 Nov - 19:42

Hana : +35 exp
Tech' validée

J'ai enfin donné tous les exp en retard \o/
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