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 14 - Le Rêve

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Hana Aisu
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: 14 - Le Rêve   Dim 3 Fév - 21:06



14 – Le Rêve

Hana Uchiha n’avait jamais été quelqu’un de compliquée, ou du moins, jamais quelqu’un de plus compliquée que n’importe quel autre adolescent. Elle était ambitieuse, et se rêvait souvent Chef de Guerre charismatique conduisant Konoha à la victoire. Parfois, lorsqu’elle se rappelait avec quelle désinvolture elle avait considéré son travail d’aspirante, elle s’énervait toute seule. Elle avait perdu tellement de temps… Combien de mois de travail avaient disparus pendant cette période où personne n’était derrière elle pour la pousser dans ses efforts ? Elle ne le saurait jamais, mais devait cependant admettre que, depuis qu’elle avait été promue genin – les raisons qui avaient poussé les autorités à la promouvoir resteraient probablement toujours un mystère – Hana n’avait pas perdu son temps, et peut-être même avait-elle rattrapé son retard. Elle avait enchaîné les séances d’entraînements, pleurnichant à chaque difficulté, certes, mais elle n’avait jamais baissé les bras comme elle menaçait de le faire chaque fois qu’il lui fallait plus d’une heure pour maîtriser une technique – c’est à dire l’essentiel du temps.
Cependant, quelque chose la dérangeait. Elle n’aurait pas su dire quoi, évidemment, sinon elle aurait pu faire quelque chose pour le changer. Mais là, rien ne lui permettait de savoir ce qui causait cette sorte d’angoisse qui l’étreignait dès que le silence l’entourait, comme un vieux fantôme faisant cliqueter ses chaines pour se rappeler au bon souvenir des habitants du lieu lorsque la nuit est tombée. Elle avait bien des idées, des pistes en quelque sorte, mais rien de concret. Elle savait qu’elle n’aimait pas rentrer et se retrouver seule chez elle. Ses parents étaient tous les deux chuunins, mais plus elle y pensait, plus Hana pensait qu’ils lui avaient mentis, et qu’ils devaient occuper des fonctions supérieures. Elle en venait même à penser qu’ils puissent faire partie des rangs des ANBU, tant ils passaient de temps hors de la maison. Hana avait beau tourner et retourner ses souvenirs dans son crâne, elle n’avait jamais entendu parler d’un Chuunin aussi souvent affecté hors de chez lui que ses parents. Aussi, lorsqu’elle rentrait le soir, elle mangeait rapidement, seule, et allait se coucher. Mais cette solitude, minime, ne pouvait être la cause de son malaise. C’était quelque chose d’autre, de plus profond.
La mort de Yahei et l’abandon de l’équipe par Kumaro ne pouvaient pas non plus y être étrangers, et Hana savait qu’elle en avait été affectée. Mais ce n’était pas ça qui l’inquiétait le plus, là encore. Non, ce qui l’inquiétait le plus – Hana venait de s’en rendre compte en y réfléchissant, affalée sur son matelas, fixant le plafond rendu obscur par l’heure tardive – c’était sa propension à faire absolument n’importe quoi depuis quelques temps.
De retour à Konoha après la mort de Yahei, et alors qu’on lui demandait ce qu’elle avait à déclarer à propos des circonstances de l’incident, elle ne raconta pas une seule fois qu’elle avait compris que son maître et les deux nuke-nins n’étaient pas totalement inconnus les uns des autres. Et, quelques jours plus tôt, lors de sa mission de rang D, lorsqu’elle avait retrouvé la trace de Toru, elle avait foncé droit vers lui, sans prendre le temps de réfléchir ou d’appeler des secours, et elle s’était mise en danger, tout en étant parfaitement consciente de ne pas agir convenablement. Enfin, le lendemain, lorsqu’elle était tombé sur ce garçon… ce Soujuu… dans la clairière… Qu’est-ce qui lui avait pris de sympathiser avec lui ? Non, vraiment, elle faisait tout de travers ses derniers temps… Elle lui avait même donné son foulard marqué aux effigies des Uchiha. Pourquoi ? Il devait probablement déjà être vendu contre quelques piécettes à un marchand miteux inconscient de la valeur de ce qui devait lui sembler n’être rien d’autre qu’un morceau de chiffon. « Merde ... ». Et elle… Elle avait enterré Toru. Elle aurait pu ramener son cadavre, ce qui aurait certainement pu être utile à Konoha. Elle aurait également put laisser son cadavre pourrir sous les branches. Mais non, elle lui avait érigé un tertre avec autant de respect qu’elle pouvait le faire. Une petite voix dans sa tête lui demanda soudain :

La Raison - Et pourquoi pas, après tout ? Pourquoi n’aurait-il pas eu le droit à une tombe honorable ?

La Foi - Il a tué Yahei.

La Raison - Il a accompli sa mission. Si ta mission avait été de tuer quelqu’un, tu l’aurais fait sans hésiter.

La Foi - Ce n’est pas pareil. J’appartiens à Konoha, je ne suis pas un nuke-nin ! Je ne suis pas une criminelle ! »

« Cette fois, ça y est, tu es complètement folle ma pauvre… »
songea Hana alors que son débat intérieur se poursuivait.

La Raison – Un shinobi de Konoha qui tue ne fait pas quelque chose d’aussi grave qu’un nuke-nin qui tue ?

La Foi – Non ! Evidemment non ! Un shinobi tue pour accomplir sa mission, parce que sa mission permettra d’aider sa communauté. En le faisant, il aide son village. Le nuke-nin, lui, ne fait qu’agir pour lui-même.

La Raison – Tu penses vraiment que Konoha agit pour le bien ?


Hana voulut se forcer à penser à autre chose, et elle tenta de se répéter mentalement le programme du lendemain pour s’occuper l’esprit, mais une idée est un être vivant qui ne se laisse pas faire : lorsqu’il entre dans un crâne, il n’en ressort plus.

« Evidemment que Konoha agit pour le bien… »


Mais elle savait que c’était faux. Konoha était une entreprise, une organisation dont le but était le simple gain d’argent. Senshi, la première Hokage, avait été confronté à des difficultés dès les premiers instants de sa promotion : l’enlèvement d’un Senjago notamment. Avait-elle fait le bien ? Etait-elle partit le rechercher immédiatement ? Non, elle avait fait un calcul raisonnable et non pas moral, et n’avait rien fait. Et si, aujourd’hui, à chaud, beaucoup lui en voulaient, Hana était persuadée que les livres d’Histoire donneraient raison à la première Hokage. Et cette idée rendait Hana malade.
Konoha n’était qu’un groupe de mercenaire entretenu par un conglomérat de marchands effrayés. Et, du peu qu’elle en savait sur les autres villages, la situation n’y était pas plus glorieuse. Les Kiréens étaient des guerriers sans pitiés trop occupés à se battre entre eux pour avoir le temps même de songer à « faire le bien », quant à Kumo, le village du nord était parasité par la religion. Où que portait son regard, quelle que soit la direction dans laquelle Hana envoyait ses pensées, elle ne voyait que le mal. La guerre, le conflit, la misère.
Demain, peut-être, le Daimyo du Feu convoiterait-il les bateau de Kiri, ou bien le Mizukage aurait-il soudain envie de partir à la neige. Et la guerre éclaterait entre les villages. Alors Hana recevrait la mission de tuer et elle tuerait, comme elle avait tué cet homme qui voulait simplement se sortir de sa situation. A la fin, dix jours, dix mois, dix ans plus tard, l’un des villages serait rasé, et l’autre aurait gagné quelques kilomètres de terrain, de l’argent, ou simplement un peu de prestige. Combien de Yahei mourraient alors ? Hana ne voulait pas y penser. Pourtant… Pourtant… Pourtant une idée plus subtile, plus sournoise s’était insinuée en elle.

« Si la guerre éclate dans un futur proche, les villages tomberont. Ils sont trop jeunes, trop peu développés pour tenir un conflit armé de grande ampleur. Il suffirait d’une étincelle et de quelques semaines de souffrance pour que les trois plus grandes menaces à la paix du continent disparaissent. Oui… Ce serait idéal… Terrible, mais idéal… Les villages sont trop puissants pour être naturels… »


Hana s’endormit sur cette pensée.

Elle courrait. C’était la nuit, et elle se trouvait quelque part dans la forêt qui bordait Konoha. Elle accéléra encore. Elle reconnut enfin la route, et elle sut qu’elle était proche de Konoha. Il lui suffisait de gravir cette colline et elle y serait. Derrière elle, des bruits inquiétants résonnaient, mais elle ne se retourna pas. Elle n’avait rien d’autre en tête que sa volonté absolue de courir. Derrière la colline, la lumière diffuse de l’aube éclatait. Plus que dix mètres et elle serait rentrée. Hana retint sa respiration et avala en quelques enjambées la distance qui la séparait du haut de la colline. La, elle se figea soudain. Ce n’était pas l’aube. Le village brûlait. Tout n’était plus qu’un brasier infernal d’où s’élevaient des volutes de fumée noire et brûlante. Konoha était mort. Derrière elle, les bruits se précisaient. Des pas. Le bruit de centaines, de milliers de pas. Une foule se pressait là. Des tintements métalliques se faisaient entendre, et Hana sut tout de suite qu’il s’agissait de bruits de sabres que l’on tiraient hors de leur fourreau. La genin aurait voulu se préparer à combattre, mais elle n’avait pas d’armes, et, elle le savait, n’arriverait pas à lancer la moindre technique. L’armée adverse arrivait, et Hana se mit à fuir. Elle n’avait plus d’autre désir que celui de se tirer de là. Mais à peine avait-elle fait quelques pas qu’une ombre s’abattit sur elle. Une lame scintilla dans la clarté de l’incendie, et Hana sentit une douleur traverser son ventre. La genin chancela un instant, et tenta de comprendre ce qui s’était passé. Face à elle, un ANBU tenait fermement le sabre qui l’éventrait.

Hana – P… pourquoi ?, parvint-elle à murmurer.


L’ANBU ne répondit pas, mais attrapa Hana d’une main pour éviter qu’elle ne tombe. De l’autre main, l’agresseur retira son masque, et Hana éclata en sanglots. C’était sa mère.

Hana – M…ma…maman ? Tu m’as… tué…


Haya Uchiha – Je sais Hana, je suis désolée… Mais c’était ma mission, tu comprends.

Hana agita la tête de droite à gauche.

Hana – Non ! Je… pourquoi… Konoha… voulait…il…


Haya Uchiha – Je ne sais pas Hana, tu ne penses quand même pas que l’on m’a expliqué tout. Il faut simplement faire confiance à Konoha. Tu n’es pas d’accord ?

Hana – Mais… Tu m’as tué…


Haya Uchiha – Tu me déçois Hana. Tu manques tellement de foi dans le village. Pourquoi ne fais-tu pas confiance à Konoha ?

La vision de la jeune fille se brouilla alors et elle s’écrasa contre le sol quand sa mère la lâcha. Elle entendit alors un bruit assourdissant, comme le rugissement d’un grand fauve, mais elle ne parvint pas à se tourner pour voir de quoi il s’agissait. Elle était tombé face contre terre, et le sabre qui la traversait s’était enfoncé davantage sous son poids. Son estomac, perforé, rependait par ces plaies ses acides dans son propres corps. La douleur s’arrêta finalement, et Hana sut qu’elle était morte.


Haletante et en sueur, Hana se redressa sur son lit. Les images de son rêve lui tournaient encore devant les yeux. Konoha en flamme. Le bruit d’une armée en marche. Et l’image de sa mère traversant son ventre d’une lame argentée. Hana repoussa sa couverture, et se redressa, tremblante. Sa tunique trempée de sueur lui collait à la peau, et sa gorge état desséchée.

« Qu’est-ce qui m’arrive ?...
»

Personne, et surtout pas elle-même, ne semblait être en mesure de répondre à cette question. Hana songea un instant à se recoucher, mais elle sut immédiatement qu’elle ne parviendrait pas à se rendormir. Non, la seule chose qui pourrait lui faire un peu de bien à cet instant aurait été de boire un peu et de faire quelques pas dehors. Peut-être, alors, l’air frais de la nuit l’aiderait à lui remettre les idées en place. Avec un soupir, elle se redressa. Elle fit glisser sur le sol sa tunique, et passa sa tenue de combat noire. Les vêtements propres la rafraichirent un peu, et elle se sentit déjà un peu plus clair. Son rêve – son cauchemar – en revanche, restait parfaitement clair dans son souvenir, bien qu’elle essayât de toutes ses forces de ne pas y penser. Avec la discrétion d’une ombre, Hana se glissa hors de sa chambre, et descendit les escaliers. Puis, elle ouvrit la porte de chêne marquée de l’éventail Uchiha qui fermait la maison, et sortit dans la rue. La lune était pâle et dégagée, et les rues du Quartier Uchiha baignaient dans la clarté nocturne. La jeune fille fit quelques pas vers le center de la place, où trônait une fontaine. Se penchant sur le jet d’eau claire, elle but trois longs traits d’eau qui soulagèrent sa gorge sèche. Elle poussa un soupir de soulagement s’assit sur le muret de pierre qui courrait autour du bassin.

Hana – Et maintenant ?
, murmura-t-elle.

Elle n’avait pas vraiment réfléchi à ce qu’elle ferait une fois qu’elle aurait gagné la rue. Elle voulait marcher, mais n’avait pas de but, pas de destination. Finalement, elle se laissa guider par ses pas et, perdue dans ses pensées, ne chercha pas à comprendre où son inconscient la menait.

« Si ma mère recevait l’ordre de me tuer, le ferait-elle ? Peut-être… Peut-être pas… Si le Daimyo lui ordonnait, elle ne le ferait probablement pas, mais si le clan le voulait ? Nous sommes du Domaine du Corbeau. Nous sommes les garants des intérêts du clan. Si les dirigeants Uchiha décidaient de ma mort, Papa et Maman m’assassineraient sans poser de question. »

Cette idée la rendait malade. Comment les shinobis pouvaient-ils placer leur vie entre les mains d’une hiérarchie quelconque, qui ne voyait en eux qu’une arme, et réussir à vivre ainsi ? L’idée même d’imaginer que si l’Hokage y trouvait son compte, elle serait abattue lui était insupportable. Et comment aurait-elle pu accepter que sa vie soit entre des mains autres que les siennes ? Non… Elle ne pourrait s’y faire…

« Je ne sais même pas comment j’ai fait pour vivre comme ça jusqu’à aujourd’hui… ».


Ses jambes s’arrêtèrent alors de marcher, et Hana réalisa qu’elle était arrivée. Secouant un peu la tête pour chasser les pensées qui la hantaient, elle observa les lieux où elle se trouvait. A sa grande surprise, elle se rendit compte qu’elle avait marché jusqu’à la maison où vivait jusqu’à il y a peu son senseï Kumaro… Son ancien senseï… Qu’était-elle allé chercher ici, elle n’aurait pas su le dire, mais elle éprouvait le furieux besoin de se confier au jeune Chuunin qui l’avait épaulé ces derniers mois. Mais cette époque était aujourd’hui terminée. Kumaro n’était plus ici. Une voix retentit alors derrière Hana. Une voix qu’elle ne s’était absolument pas attendue à entendre.

Sei – J’étais sûr que tu viendrais, Hana.

L’adolescente fit volte-face.

Hana – V… Maître ?


Sei – Hahaha ! Tu as l’air tellement étonnée de me voir que c’en est drôle.

Hana – C’est à dire que… Oui… Je ne m’attendais pas…

Sei – Je me doute, je suis pas le genre de gars qu’on imagine en train d’attendre dans la nuit au cas où sa genin aurait des insomnies. Mais je ne dors pas beaucoup, moi non plus… Tu as des projets ? Je veux dire, pour la prochaine heure…

Hana – Pas vraiment …


Sei – Tu veux passer chez moi ? J’habite à côté et… Je pense qu’il faudrait que l’on ai une petite conversation.

Hana – Je vous suis.


Sei eut un sourire et désigna de la main une maison qui faisait l’angle de la rue, une trentaine de mètres plus loin.

Sei – Tu te sens de marcher jusqu’à là bas ?

Hana – Je sais pas… Vous me portez si je vous répond non ?

Sei – Non, je te regarderais mourir en buvant la tasse de thé que je serais allé me chercher.

Hana – Ca arrive que vous répondiez un truc sympa, de temps en temps ?


Sei – Un truc quoi ?

Hana sourit.

Hana – Vous êtes bête…


Sei – Peut-être… J’ai été bête en tout cas…

Hana ne s’était pas attendu à entendre quelque chose comme ça.

Hana – Qu’est-ce que vous voulez dire ?


Sei – Simplement que… Je t’ai mis en danger. Je t’ai lancé seule sur la trace de ces voleurs, et j’ai été retardé quand j’ai voulu te rejoindre. Tu t’en en extrêmement bien sortie, tu sais ? Nous sommes tous très fiers de toi… Mais tu n’aurais pas du te retrouver dans une situation pareille… Je suis désolé…

Hana se mit aussitôt en position de combat, et activa ses sharingans. Sei réagit au quart de tour et recula vivement, se mettant à son tour en garde.

Sei – Hana ?

Hana – Qui êtes vous et qu’avez vous fait de Sei ? Il ne dirait un compliment et des excuses en moins de deux phrases comme ça !


Les deux shinobis éclatèrent de rire et reprirent un rythme de marche normal, tandis que les yeux de Hana perdaient leur éclat rouge.

Sei – Tu m’as fais peur, pendant un moment j’ai cru que tu allais vraiment m’attaquer. Ah ! Nous sommes arrivés.

Il ouvrit la porte et pénétra le premier dans l’appartement, Hana sur ses talons. Il n’était constitué que d’une seule pièce, assez étroite et particulièrement bien rangée.

Hana – J’étais sûre que votre appartement serait dans un bordel monstre, pourtant…


Sei – Tu vois, je suis capable d’être surprenant. Du thé ? Tu peux t’asseoir si tu veux.

Hana fit un signe de tête et s’installa sur une chaise métallique. Elle observa les lieux, curieuses de voir dans quel environnement évoluait son professeur. Ce dernier vint la rejoindre quelques minutes plus tard, et déposa deux tasses fumantes sur la table.

Sei – Alors, Hana… Qu’est-ce qui t’empêche de dormir ?

Hana – Rien… Rien d’important… Un mauvais rêve, c’est tout…

Sei – Je suis assez content que tu me parles de rêve, car c’est là que je voulais en venir. Qu’est-ce que tu cherches Hana ?

Hana – Ce que… je cherche ?


Sei – Tu apprends à te battre. Tu apprends à tuer. Tu sais le faire, tu l’as déjà fait, et il est probable que tu recommences plus vite que tu ne le penses. Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu continues ?

Hana – Je… Je ne sais pas. Non vraiment, je ne sais pas… Je n’ai jamais été très motivée dans mon apprentissage vous savez ? Ce n’est que depuis que je me suis engagée sur la voie du Genjutsu que je trouve un intérêt à ces entrainements sans fin.

Sei – Intéressant. C’est très intéressant ce que tu me dis, tu sais ? Sur toi je veux dire…

Hana soupira.

Hana – Oui je sais, on peut en déduire que j’étais une vraie fumiste pendant ma première année d’apprentissage…


Sei – Non. On peut en déduire que tu aimes et recherche la puissance pour la puissance, mais que tu ne sais pas au nom de quoi tu dois l’utiliser.

Hana reposa brutalement sa tasse sur la table, sans pouvoir dire avec exactitude si elle s’était brûlée la langue, ou si la déclaration de Sei avait été à l’origine de cette réaction.

Sei – Quoi ? Je me trompe ?

« Evidemment qu’il se trompe, je n’ai jamais recherché la puissance ! Je n’ai fait que… que… m’intéresser… M’intéresser au genjutsu… Et … et vouloir en maîtriser autant d’aspect que possible. Attend, mais c’est exactement ce qu’il me dit… »


Sei – Quel est ton rêve, Hana ? Et ne me répond pas que c’est de devenir Chuunin Instructrice, tu n’y crois pas toi même.

Hana – Mais… Si …


Sei – Non. Hana je commence à te connaître un peu… Tu penses vraiment que tu serais capable de transmettre à des jeunes en doute la foi en Konoha que doit avoir tout Instructeur ?

Hana – La foi en… Konoha ?


Sei – Devenir instructrice doit te sembler attirant, car il s’agirait d’un destin dans lequel tu saurais quoi faire de ta force : la partager avec d’autre. Mais ce destin… je ne pense pas qu’il soit le tien.

Hana – Si vous me connaissez aussi bien, vous devriez pouvoir me dire ce qui se passe dans ma tête alors !

Sans trop savoir pourquoi, Hana se sentait bouleversée par cette conversation.

Sei – Oui, je peux te le dire. Mais je ne garantis pas que toi, tu puisses l’accepter.

Hana – Dites le moi.


Sei – C’est simple. Il suffit simplement que tu ouvres les yeux. Sois honnête avec toi même une fois dans ta vie Hana Uchiha. Tu détestes Konoha.

Une brique tomba dans l’estomac de Hana. Elle s’était attendue à de nombreuses réponses, mais pas à celle là. Elle ? Détester Konoha ? Ce… C’était…

Sei – A cause d’embrouilles qui te dépassent, ton coéquipier, qui était aussi ton meilleur ami, est mort. A cause du village, tu ne vois jamais tes parents ou ta famille. A cause du village, tu n’as pas pu vivre une seconde de vie normale. A cause du village, tu es devenue une meurtrière. Ne crois pas que comprendre les esprits soit un privilège réservé aux seuls illusionnistes. Un brin de psychologie est parfois amplement suffisant pour comprendre ce qu’il y a à comprendre. Alors ? Je me trompe ?

Lentement, extrêmement lentement, Hana remua la tête.

Hana – Non… Vous ne vous trompez pas…


Sei – C’est bien que tu arrêtes de te mentir… Alors… Quel est ton rêve ?

Hana – Je… J’en ai bien un… Mais vous ne vous moquez pas, hein ?

Sei – Non, c’est assez peu probable…

Hana – Je voudrais maîtriser les Kuchyose. Je veux devenir invocatrice.


Sei émit un sifflement admiratif.

Sei – Eh bien ! Ose me dire que tu n’as pas soif de puissance ! Bien, tu veux donc devenir gardienne… C’est très bien. Un but extrêmement louable. Et, qu’est-ce que tu as fait jusqu’à présent pour le devenir ?

Hana – Comment ça ?


Sei – Tu me dis que tu as un rêve, je te demande de quelle manière tu comptes t’y prendre pour l’accomplir, c’est tout.

Hana – Je… n’en ai pas la moindre idée… Je ne sais pas par où commencer, je ne sais pas où chercher… Je ne sais pas comment m’y prendre.

Sei – C’est regrettable. J’espère pour toi que tu trouveras.

Mais Hana n’avait pas envie de parler de son désir de devenir gardienne, aussi grand soit-il.

Hana – Monsieur, c’est grave ?


Sei – Quoi ? Rêver trop grand ?

Hana – Non ! C’est grave si… Si je n’aime pas le Village ?

Sei – Hum… Je pense que si tu courrais dans les rues en le criant, oui, ça deviendrait grave. Si par contre tu le caches, que tu le caches vraiment, et que personne ne peut le lire, alors, dans ce cas, ça ne peut pas être grave.

Hana – Mais j’ai fait le serment de protéger le village ! De contribuer à son expansion !

Sei – Moi j’avais fait le serment de ne jamais quitter une jeune fille avec qui j’ai habité deux ans au Pays du Thé, et tu vois, je m’en suis très bien remis.

Hana – Qu’est-ce que je dois faire ?


Sei – Eh bien… Tu veux devenir Gardienne ? Il faudra te battre pour ça. Tu veux nuire à Konoha ? Il faudra te battre pour ça. Tu veux protéger Konoha ? Il faudra te battre pour ça. La seule chose que tu as à faire, c’est te préparer à te battre.

Hana – Mais si je ne veux pas me battre ? Si je veux juste un peu… de paix ?


Sei éclata de rire.

Sei – C’est pour ça que j’adore les adolescents ! Toujours pleins de paradoxes ! Tu veux devenir Gardienne et accumuler par la même occasion une puissance absolument phénoménale, mais tu veux la paix ? Avoue que c’est étonnant.

Hana sentit ses joues virer à l’écarlate.

Hana – Mais je ne veux pas faire de mal… Je sais pas : pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas décréter à un moment que chacun peut vivre comme il l’entend ?


Sei – Aucune chance que ça arrive, mais si tu veux essayer, libre à toi.

Hana – Monsieur… C’est… C’est autorisé ? Je veux dire… De parler de chose comme ça ?


Sei – Aucune idée. Mais si tu veux mon avis, il vaudrait mieux éviter de le répéter à quelqu’un d’autre que moi.

Son regard se fit vague pendant un instant, puis, se reprenant soudain, il déclara :

Sei – Il est temps que tu rentres chez toi Hana. Je t’attends demain matin sur le terrain habituel. Il est temps de te faire passer un cap dans ta maîtrise du Genjutsu.

Hana salua son maître, et se prépara à sortir. A peine avait-elle franchi le seuil de la porte que Sei la rappela.

Sei – Hana ?

Hana – Oui ?


Sei – Une dernière chose… Songer à déserter n’est pas un crime trop grave. Mais déserter vraiment… Ce n’est pas le genre de chose à faire à la légère.

Hana – Je… le sais bien.


Sei – Si tu désertes, je devrais te retrouver. Et quand je te retrouverai, je devrai te tuer. Tu le sais aussi ?

Hana – Ca aussi je le sais.


Sei – Alors réfléchis bien avant d’agir. A demain Hana.

Hana – A demain monsieur.





Le lendemain matin, Hana ne manqua pas à l’appel. Pour fatiguée qu’elle était – sa conversation avec Sei lui avait tourné dans la tête pendant toute la nuit – elle ne comptait pas manquer la séance d’entraînement que lui avait promis son maître et qui devait lui permettre, avait-il dit, de progresser. Après tout, Sei avait raison : quel que soit le choix que Hana ferait, elle aurait de toute façon besoin d’autant de puissance qu’elle pouvait en acquérir. Le comportement du Chuunin, cependant, la perturbait. Elle même n’avait jamais envisagé la désertion avant que Sei ne lui en parle et, si elle devait admettre que l’idée avait toujours été là, tapie dans son inconscient, le fait que son senseï lui même aborde le sujet sur le ton de la conversation la dérangeait. Pensait-il qu’elle allait vraiment partir ? Quelle que soit la réponse à cette question, Hana était mal à l’aise. S’il ne le pensait pas, pourquoi lui en parler ? Et s’il le pensait, comment la jeune genin devait elle prendre cette conversation ? Comme un avertissement, une tentative de lui faire changer d’avis ? Ou au contraire avait-il voulu lui donner son aval ? Toutes ses questions lui parasitaient encore l’esprit lorsqu’elle affronta le vent glacé du matin pour rejoindre le terrain où ils avaient coutume de s’entraîner.
Sei était déjà là, arborant un grand sourire. Il semblait se comporter exactement comme si la conversation de la veille n’avait pas eue lieu. La voyant arriver, il ouvrit les bras.

Sei – Ah ! Hana ! Tu es de moins en moins en retard, tu progresses…

Hana – Pas folle… J’ose même pas imaginer ce que vous me feriez si j’avais le malheur d’arriver en retard.


Sei – Hum… Il y a du vrai là dedans… Tu fais bien de ne pas oser imaginer.

Hana – On vous a déjà dis que vous étiez un grand malade ?


Sei – Je pense que ma mère a du le mentionner une ou deux fois en essayant de m’abattre à la hache quand ce trait de caractère est devenu évident, mais c’est une longue histoire.

Hana écarquilla les yeux. Venue de n’importe qui d’autre, elle aurait pris ça pour une blague, mais plus elle y réfléchissait, plus il lui semblait plausible que l’histoire soit vraie. Après tout, pour faire quelqu’un comme Sei, il fallait bien que ses parents soient eux aussi légèrement… excentriques. Sei sembla s’amuser de l’air étonnée de Hana.

Sei – Je te raconterai ça un jour. Un autre jour. Aujourd’hui, le programme est chargé. Comme je te l’ai dis hier soir, il va te falloir apprendre une nouvelle technique.

Hana – Vous avez parlé de quelque chose qui devait « révolutionner ma pratique du Genjutsu »…
, dit Hana qui se sentait un peu déçue de n’être confrontée à rien d’autre qu’un simple apprentissage.

Sei – Et je ne mentais pas. Et pourtant la technique que je veux t’apprendre n’est pas vraiment une « technique ultime ». Non, c’est plutôt dans son lancement même que réside toute la difficulté.

Hana – Dans son lancement même ?


Sei – Chaque genjutsu que tu as appris à utiliser appartient à un domaine précis des illusions. Je ne t’apprends rien en te disant cela. Tu as acquis une bonne maîtrise du Domaine de la Douleur, et tu possèdes quelques bases dans le Domaine des Souvenirs. Aujourd’hui, il va te falloir passer un cap…

Hana – Apprendre à utiliser un nouveau domaine ?


Sei – Non… Ce que je veux t’apprendre appartient à un domaine que tu maîtrises déjà. La vraie difficulté vient du fait que cette technique utilise les méthodes de deux domaines à la fois.

Hana fronça les sourcils, cherchant à comprendre.

Sei – Le Domaine de la Douleur t’as appris à t’infiltrer dans l’esprit adverse et de le lacérer comme une lame contre la peau. Le Domaine des Souvenirs, lui, t’as appris à ralentir le transit des informations dans le cerveau adverse. Le genjutsu que je veux t’apprendre aujourd’hui rassemble les deux domaines. Il te faudra synchroniser ces deux modes d’action.

Hana – Synchroniser … ? Ce… C’est possible ça ?


Sei – Non. Je cherchais juste un moyen de te porter un coup mortel à ton égo en te faisant essayer quelque chose d’impossible.

Cette fois encore, Hana fut incapable de savoir si Sei était sérieux. Le Chuunin semblait être capable de tout, et particulièrement d’un coup aussi tordu.

Sei – Bien sûr que c’est possible ! Mais j’aime bien mon idée… Je l’utiliserais à l’occasion. Bon, tu es prête à entendre mes conseils ?

Hana sourit. Elle commençait à savoir comment fonctionnait son maître, aussi n’hésita-t-elle pas une seconde avant de répondre :

Hana – Non. Je ne veux pas de conseils, ça ne ferait que m’embrouiller. Contentez vous de la théorie, je trouverais le reste par moi même.


Sei éclata de rire.

Sei – Ca, c’est ce que j’appelle une bonne réponse ! Alors je serais bref… Tu dois parvenir à maîtriser la Cruauté Mémorielle. C’est le troisième et dernier stade du programme d’entraînement que je t’ai concocté ces derniers jours. La première, c’était l’Amnésie. Ensuite, la Lobotomie. Et maintenant, tout ça doit se combiner merveilleusement avec l’attaque mentale pure et simple du Domaine de la Douleur.

Hana – Ce qui veut dire… ?


Sei – Ce qui veut dire que la Lobotomie te permet de priver l’adversaire de ses techniques, tandis que la Cruauté Mémorielle lui offrira en échange un lot de douleurs particulièrement raffinées. Comment dire… Pour faire simple : tu plonges ta main dans le crâne adverse pour lui voler ses techniques. Avec la Cruauté Mémorielle, tu fais exactement la même chose, mais en enroulant ta main avec du fil barbelé.

Hana – Compris.


Sei – Vraiment ?

Hana – Oui. Enfin… Je ne sais pas vraiment comment je vais m’y prendre, mais j’ai compris ce que je devais faire.


Sei – Tant mieux. Dans ce cas, à toi de jouer.

Hana – Je m’entraînerais seule ? Ou…


Sei – Non. Tu apprendras cette technique comme tu as appris l’Amnésie. Nous allons nous battre.

Hana serra les dents. Elle avait redouté cette réponse. Elle savait exactement comment les choses allaient se passer : Sei allait l’attaquer sans la moindre compassion, et Hana ne pourrait riposter qu’en utilisant la technique qu’elle devait apprendre. Ce qui pouvait se résumer assez simplement en une phrase : plus elle mettrais de temps à maîtriser la Cruauté Mémorielle, et plus elle aurait de bleus en rentrant se coucher ce soir ».

Sei – Pas de question ?

Hana fit signe que non.

Sei – Dans ce cas…

Sans autre avertissement, il se mit à composer des signes à toute vitesse. Hana s’y était attendue, et elle se prépara à esquiver. Il était vain de tenter de lancer immédiatement la Cruauté, il fallait d’abord qu’elle réfléchisse à la manière de l’utiliser. En d’autres termes : quels signes allait-elle devoir composer. La jeune Uchiha vit Sei faire son dernier signe. Le signe du dragon. « Il y va fort » songea-t-elle en plongeant sur le côté, évitant de peu l’attaque katon de son maître. Tout en sautant, elle se concentra sur les signes. Lesquels utiliser ? Le Chien et le rat, sans aucun doute. Le tigre clôturerait la composition à merveille. Hana sauta sur ses pieds, et s’apprêta à lancer une Lobotomie, première étape du processus selon son maître. Elle n’en eut pas le temps : un kunaï fila droit vers elle. Elle eut tout juste le temps de faire un pas de côté, mais la lame lui entailla douloureusement le bras.

Sei – Pas assez rapide Hana !

« Saloperie… Si je n’arrive pas à esquiver mieux que ça, je suis cuite ! J’aurais préféré ne pas en arriver là, mais je n’ai pas le choix, je vais devoir me servir de mes sharingans. »


Si elle avait voulu éviter d’avoir recours à ses précieuses pupilles, c’est qu’elle pressentait un entrainement particulièrement long, et le coût en chakra a payer pour utiliser ses attributs serait, à la longue, très handicapant.

« De toutes façon, soit je fais ça, soit je me prend une de ses attaques de plein fouet… »


D’une seule pensée, elle activa son don, et son regard se teinta de rouge Uchiha.

Sei – Eh ben… Tu y vas sérieusement on dirait !

Hana – Pas autant que vous.


Sei – Tu n’es plus une gamine, je ne peux pas me permettre de t’épargner.

Hana – Pourquoi pas ? Ca me ferait pas de mal de temps en temps !
, répliqua-t-elle en esquivant un nouveau kunaï.

Sei – Et puis quoi encore ? Si je t’épargne, tu finiras par croire que tu es plus douée que tu ne l’es vraiment. Et tu sais ce que ça donne quand on se surestime.

L’image fugace de Yahei au ventre traversé par un chidori plana devant le regard de Hana. Oui… Elle savait parfaitement ce qui arrivait lorsqu’un shinobi s’attaquait à plus gros que lui. Elle secoua la tête pour chasser ce souvenir. Elle était en combat, et ne pouvait se permettre de ne pas être concentrée. Tout en esquivant les assauts répétés de Sei grâce à ses pupilles, Hana parvint enfin à atteindre Sei avec la Lobotomie.

« Pas trop tôt… »


Mais elle devait faire vite. L’effet de Lobotomie était certes particulièrement efficace, mais aussi extrêmement court, et elle devait parvenir à lancer la Cruauté Mémorielle avant que ses effets ne se dissipent. Sans s’accorder le moindre instant de répit, elle commença sa série de signe. Chien. Rat. Tigre. Son attaque mentale ne fut pas un succès. Elle sentit les forces qu’elle avait mises en mouvement perdre leur forme, et prendre la consistance d’une fumée sous le vent. Paniquée en voyant qu’elle perdait le contrôle de son attaque, elle tenta dans un ultime effort de lui redonner une forme efficace. Pendant une seconde, elle crut avoir réussi lorsqu’elle vit Sei grimacer un peu. Mais le Chuunin réagit immédiatement et un nouveau cône de flamme s’envola en direction de la genin. Encore concentrée sur son attaque, elle n’eut pas le temps d’esquiver l’attaque proprement et, perdant l’équilibre dans un mouvement mal négocié, s’effondra dans l’herbe humide du terrain. Sei lui accorda quelques instants de répit, le temps que Hana se relève.

Sei – Tu peux m’expliquer ce que tu viens de faire ?

Hana – J’ai perdu le contrôle de ma technique… Et j’ai essayé de le récupérer.


Sei – Ce que tu as fais en la transformant inconsciemment en Morsure de l’Ame… C’est une foutue Morsure de l’Ame que tu m’as lancé ! Pas du tout une Cruauté Mémorielle.

Hana – J’ai fais ce que j’ai pu !

Sei – Faux ! Tu aurais pu faire dix fois mieux. Tu oublies la base même, la théorie ! Ce n’est pas une technique du Domaine de la Douleur ! C’est une technique qui appartient à deux domaines ! Ca ne te mènera nulle part de t’y prendre comme tu t’y prends.

Hana – Vous m’avez donné un conseil là ?


Sei laissa échapper un petit ricanement.

Sei – Tu avais l’air d’en avoir tellement besoin…Allez, en garde !

Hana se remit en position. Elle était tellement concentré » qu’elle n’aurait pas été étonnée qu’on lui apprenne que de la fumée lui sortait des oreilles. Elle passait en revue chacun des douze signes sans parvenir à comprendre lesquels lui seraient utiles. Elle était si concentrée dans sa recherche qu’elle ne réagit pas suffisamment rapidement lorsque Sei lui lança une nouvelle attaque. Le katon la frappa de plein fouet et la souleva de terre. Hana ne parvint pas à se réceptionner correctement et s’effondra une nouvelle fois sur le sol.

Sei – Je t’avoue que c’est assez décevant.

Hana – Mais ! Vous ne me laissez même pas le temps de réfléchir à comment je pourrais éventuellement lancer cette technique ! Vous pensez que ça se trouve en un claquement de doigt ?


Sei – Non. Mais je t’ai déjà laissé deux claquements de doigts.

Hana soupira et se releva.

« Dire que l’entraînement commence à peine… »





C’était, et de très loin, la chose la plus difficile qu’elle ai tenté depuis le début de son apprentissage des arts shinobis. Depuis qu’elle s’était lancée sur cette voie, elle avait rencontré de nombreux obstacles : son premier genjutsu, son premier choc psychique, ou la première fois qu’elle avait tenté d’apprendre à utiliser les Sombres Messagers. Mais rien, rien n’avait été aussi difficile que cet exercice là.
Le soir, épuisée, couverte d’ecchymoses là où elle n’avait pas su éviter les coups rapides de Seï, elle rentra chez elle en traînant des pieds.

« … Pas le moindre progrès en une journée… »


Elle allait entrer dans le Quartier Uchiha lorsqu’une voix familière la héla.

Mizuki – Hana ! Hé ! Hana !

Hana fit se retourna, et vit la genin qui lui faisait des grands gestes se diriger droit vers elle. Hana se sentit un peu honteuse, elle et Mizuki s’étaient à peine revues depuis la mort de Yahei, et Hana n’avait rien fait pour organiser une quelconque rencontre. Mizuki arriva enfin à sa hauteur.

Mizuki – Ca fait un moment ! Comment ça va, toi ?

Hana – Je m’en sors pas trop mal… Enfin, j’ai eu une journée de merde, mais ça, on y peut rien…

Mizuki – On n’y peut pas grand chose, non… Je me baladais dans le coin, puis je me suis dis que ça faisait longtemps quand même qu’on ne s’était pas vue ! T’as… T’as cinq minutes là ?

Hana réfléchit. Il aurait été bien plus raisonnable de rentrer tout de suite chez elle se reposer pour se préparer à la deuxième journée d’entraînement, mais elle n’avait pas vraiment envie de retourner ruminer ses pensées sombres toute seule. Après tout, Mizuki pourrait peut-être de bon conseil !

Hana – J’ai même plus, on passe la soirée ensemble si tu veux !

Mizuki – Ah bah voilà ! Tu viens chez moi ?

Hana – Parfait ! Laisse moi le temps de prendre quelques affaires et de prévenir rapidement mes parents, et je suis à toi.


Mizuki eut un large sourire.

Mizuki – Parfait ! Je t’attend !

Hana fila droit vers chez elle, et fourra en vrac dans son sac les quelques affaires dont elle pourrait avoir besoin, puis elle redescendit en vitesse la rue pour retrouver son amie, non sans laisser un mot rapidement griffonné sur la table pour prévenir ses parents. Ensemble, les deux genins commencèrent à traverser le village en direction de la maison de Mizuki.

Hana – Alors ? Comment ça se passe pour toi ?


Après la mort de Yahei, l’équipe Kumaro avait été dissoute.

Mizuki – Plutôt bien ! J’ai une nouvelle prof, Misara Saruya, a se passe bien… Et toi ? J’ai entendu dire que tu avais fait une mission de rang B !

Hana – Ah ! Oui… La classe non ?


Elle se mit à rire.

Hana – Par contre, mon prof est un vrai psychopathe… Rien à voir avec Kumaro !


Elles discutèrent ainsi un bon moment, d’abord dans la rue, puis dans la salle à manger des Uriyama – la famille de Mizuki. Tout le temps que dura la conversation, Hana hésita. Elle ne voulait parler que d’une chose à Mizuki : ses doutes envers Konoha. Mais chaque fois qu’elle tentait d’aborder le sujet, elle se dégonflait. Et si Mizuki la dénonçait ? Puis, n’y tenant plus, elle lança, alors qu’elles faisaient une petite promenade digestive dans les rues du village :

Hana – Dis Mizuki, qu’est-ce que tu penses de Konoha ?


Mizuki – Comment ça ?

Hana – Le village… Qu’est-ce que tu en penses ?


Mizuki – Oh… Il est petit, et il paye pas de mine pour le moment, mais j’y suis attachée… Mais pourquoi tu me demandes ça ?

Hana – Je… C’est juste que… Enfin… Des fois je me demande si c’est une bonne idée … les villages, tout ça…


Mizuki fronça les sourcils et son sourire disparut.

Mizuki – Comment est-ce que ça pourrait être une mauvaise idée ?

Hana – Je ne sais pas… C’est juste… Toute cette puissance ! Tu imagines ce que ça représente ? C’est un vrai danger !


Mizuki – Konoha ? Un vrai danger ? Tu te rends compte de ce que tu dis, Hana ?

Hana – Mais … Regarde ! Les villages, le chakra, ça ne finira que sur une guerre !

Mizuki – Bien sûr que non ! Pourquoi est-ce que ça finirait par une guerre ? On n’en sait rien !

Hana – Oh arrête de la jouer naïve ! Il suffit qu’un Kage se sente d’humeur conquérante pour que dès le lendemain, des centaines de Yahei se mettent à crever !


Les deux genins se sentirent comme foudroyées. Mizuki n’en revenait pas de ce qu’elle venait d’entendre, et Hana n’arrivait pas à croire qu’elle ai ressorti ainsi de sa mémoire le nom de Yahei. Mizuki brisa enfin le silence, et sa voix était neutre, blanche, grave.

Mizuki – Yahei est mort pour Konoha. C’est horrible, mais c’est ce qui attend les shinobi. Sa mort est glorieuse.

Hana – Glorieuse ? Sa mort ? Il a chargé dans le dos un adversaire qui a eu le temps de réagir et qui l’a massacré sans hésitation ! Où est la gloire la dedans ?


Mizuki – Je te le répète : il est mort comme il en avait fait le vœu : pour Konoha.

Hana – IL N’EST PAS MORT POUR KONOHA ! IL EST MORT A CAUSE DE KONOHA !


Avant même que Hana n’ai eu le temps de réagir, Mizuki bascula sur sa jambe et envoya un coup de pied dans l’estomac de Hana qui s’écroula en arrière.

Mizuki – Tu ne devrais pas dire des choses comme ça aussi fort.

Hana – Tu … m’as… frappé…


Mizuki – Oui. Et je recommencerais si tu parles à nouveau de Konoha comme ça devant moi.

Tremblante, dans un état second, Hana se releva. Et lança un regard noir à Mizuki, qui l’observait d’un air impassible.

Mizuki – Au revoir Hana.

Hana ne répondit pas. Elle savait parfaitement que si elle tentait d’ouvrir ses lèvres, elle se mettrait immédiatement à pleurer. Et il n’était pas question qu’elle pleure devant Mizuki. Elle fixa Mizuki avec intensité, comme si elle cherchait à graver dans sa mémoire le visage de son amie. Puis elle fit demi tour et rentra chez elle. Mizuki ne chercha par à le retenir.



Sei – Je t’ai rarement vu aussi motivée, tu as bouffé du Lion ou quoi ?

Il entrainait Hana depuis le matin et ils profitaient à présent de la pause déjeuner pour discuter un peu. Hana ne lui répondit cependant pas, et se contenta de dévorer à pleines dents son maigre repas.

Sei – Par contre, je t’ai connu plus causante.

Hana – Pas envie de parler.


Sei – Ca a le mérite d’être clair… Fini de manger en vitesse, on y retourne.

Hana – Vous croyez que je vais y arriver ?


Sei – Tiens, je croyais que tu voulais pas me parler…

Hana – J’ai pas envie de discuter… Mais ça, j’ai besoin de le savoir…


Sei – Tu veux savoir quoi ? Si tu es capable de lancer cette foutue technique ? Alors oui, bien sûr que tu es capable. Enfin, tu en seras capable le jour où tu arrêteras de te battre à l’instinct, et où ta tête dirigera chacun de tes gestes. Là, à ce moment-là, oui, tu y arriveras sans problème.

Hana se mura un instant dans le silence. Puis, elle demanda :

Hana – Vous pensez que je suis assez forte pour progresser toute seule ? Je veux dire, sans mentor ?

Sei éclata de rire.

Sei – Tu veux déjà te débarrasser de moi ?

Hana – Non, je voulais juste savoir quelque chose… c’est tout…


Sei lui lança un regard pénétrant. Il eut un petit sourire.

Sei – Je sais exactement ce que tu veux savoir. Et je vais te répondre. Oui, tu peux y arriver, mais tu auras du mal, car tu manques trop de discipline pour être pleinement efficace seule.

Hana acquiesça. Son esprit bouillonnait à présent. Elle avait pris sa décision, Sei savait qu’elle avait prit sa décision, et Sei savait qu’elle savait qu’il le savait.

Hana Uchiha allait déserter Konoha.

MessageSujet: Re: 14 - Le Rêve   Mer 6 Fév - 22:06


+ 51 XP


Intervention MJ - La Voie de l'Osmose : Ton ambition de devenir Gardienne est entendue et je me charge de préparer des choses en ce sens pour la suite du scénario de ton personnage. Je reviendrai vers toi quand j'aurai préparé tout ça.

PS : Sinon comme d'hab hein, c'est bien écrit, blablabla, j'ai bien aimé, toussa toussa. Faut pas que je t'habitue trop sinon après tu vas commencer à rouler des mécaniques Razz
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