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 Les Itinérants

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Ayena Satoru
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MessageSujet: Les Itinérants   Jeu 14 Mar - 19:44

Le marché de Konoha est aussi le cœur du village: l'endroit le plus fréquenté. On y croise des personnes de tous les horizons, de toutes les extractions... ou presque. Mais parmi les plus fréquents profils se trouvent marchands et itinérants.

Tous profitent d'un arrêt dans la nouvelle ville pour une vente, pour une nuit. C'est ce qui fait de ce naissant mais non moins charmant village son activité principale. Il n'est donc pas rare que des roulottes ou des charrettes emplies de quincaillerie soient stationnées, dans des endroits prévus ou non.

L'on y trouve, parfois, de surprenantes choses.


Citation :
Satoru Ayena - 16 ans - 1m62 - 53kg

Apparence Physique

Grande pour son âge elle admet une silhouette que la puberté n'a pas terminé de dessiner. Ayena s'en sort néanmoins avec des mensurations respectables et des courbes construisant un corps fin d'apparence presque athlétique.

Sa peau est pâle et ses cheveux atypiques. De prime abord foncés, ils jouent un jeu de couleurs étonnant en laissant la lumière les rendre argents et scintillants. Ayena leur accorde deux iris gris, souvent glaciaux et les fait ressortir en portant des vêtements sombres.




Dernière édition par Uchiha Jun le Mer 20 Mar - 16:11, édité 3 fois
Ayena Satoru
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MessageSujet: Re: Les Itinérants   Jeu 14 Mar - 19:56





L'ACCOMPAGNEMENT


C’était exigu. Sur chaque côté s’étendait une succession de meubles de bois sombre où étaient disposés miroirs, bougies, fioles opaques ou transparentes et emplie de liquides colorés. En face de la porte était accroché, décoré d’un pan de soie satinée de couleur beige, le portrait d’une belle jeune femme tracé au fusain. Son regard brillait d’une lueur à vous transpercer le corps… et l’âme. Sur un petit promontoire mural était accroché un bâton d’encens qui, par un fin et vacillant fil de fumée, répandait l’odeur trop forte d’un bouquet de fruits rouges. Il trouvait, plus loin, quelques homologues tous attachés au même travail, avec des senteurs différentes ; plus âpres alors que l’on s’avançait vers le fond de la pièce.

Le plafond, organisé selon un demi-cercle, laissait choir des tissus dont le pourpre rappelait les faibles portions de mur encore visibles là où le mobilier ne les masquait pas. Ici, il y avait même un petit cercle en brindilles de bois suspendu où des fils avaient été tendus afin de former un réseau complexe et semblable à une rosace. Des dents de rongeurs y semblaient raccordées par des ficelles prenant pour origine d’autres ramures transversales à l’édifice. Le tout flottait dans l’air, animé de mouvements lents lui donnant l’impression d’un véritable piège. Et lorsque l’on passait à sa hauteur, une sensation de vide mêlé à un brin de sérénité envahissait le corps.

Chacun de ses pas la conduisait vers son reflet. À chaque avancée, c’était sur son propre visage que se posaient ses yeux. Comme s’il s’était agi d’une épreuve où l’on devait se battre contre soi. Devant elle, la petite vieille progressait de son petit pas assuré jusqu’à rejoindre la banquette du fond.

Elle était en cercle et entourait une table basse et ronde. Il n’y avait rien d’autre qu’une bougie éteinte. Derrière les rideaux rouges comme du sang en train de sécher, on devinait quelques ouvertures, mais peu de lumière passait. Si peu… Sur l’assise de la banquette, des coussins étaient disposés pour le confort de qui s’y installait. Regardant encore une fois les lieux avec circonspection, Jun finit par poser le pied au bas de la petite marche qui faisait de cette partie terminale une petite cuve. Peu rassurée, elle laissa s’échapper quelques mots malgré elle.


- C’est profane… C’est profane, tu ne devrais pas être ici.

- Bien sûr que si, petite. Lança la vieille de sa voix vibrante et presque fatiguée. C’est ici que tu dois être, sinon tu n’y serais pas.

La main de Jun tira un demi-rideau qui capitonnait le cercle et était suspendu par une tringle circulaire, arrachant un petit rire désagréable à la vieille. Un regard interrogateur et presque menaçant se posa sur elle. Un regard obsidienne encore assombri par le feutré de l’endroit.

- Ils ont tous le même réflexe. Se cacher, toujours se cacher.

Elle était petite, très petite et arcboutée. Sa robe, d’un bleu nuit, contrastait avec le reste du champ de couleurs qui habillait les lieux. Sur ses épaules, une capeline de même teinte la recouvrait que sa chevelure entre gris et blanc rehaussait. Dans ses mains usées par le temps trônait une petite bourse de velours noir et une semblable était accrochée à sa ceinture. Elle regardait la kunoichi, bien plus grande qu’elle, avec de petits yeux malins et ridés, dont la pupille et l’iris étaient difficiles à distinguer.

- Tu cherches. Je vois bien que tu cherches. Entama-t-elle. Ton jeune esprit est déjà malade, il est malade d’incertitude. Il est fort mais il s’effritera.

Quelque peu déstabilisée par de tels propos, Jun continuait de regarder ce vieux bout de femme sans comprendre ce qu’elle voulait vraiment dire. Dans ses yeux se lisait soudain le doute et peut-être la crainte. Ils se plissèrent un bref instant avant de reprendre leur position naturelle.

- Oui, c’est ici que tu dois être. Ton mur de silence ne te protègera pas. Ta retenue t’est inutile une fois passée cette porte.

C’en était trop… et pas assez. C’était un piège, ça ne pouvait être qu’un piège. Jun leva son regard, laissant la femme de côté. Elle remarqua seulement à cet instant qu’ici aussi des effluves se diffusaient pour enivrer l’esprit. Une sensation déroutante… Alors que ses iris continuaient de balayer le cercle à la recherche des artifices utilisés, elle sondait son corps à la recherche de la moindre anomalie. Sa main approchait de nouveau lentement le rideau alors que son investigation se révélait vaine.

- Tu vas fuir ? Non, ce n’est pas ton genre, n’est-ce pas ? Un autre rire, proche du malsain, retentit dans la pièce.

Pourtant, elle avait raison. Partir et simplement oublier n’étaient probablement pas une solution. La main de la kunoichi s’effondra subitement et de nouveau son regard croisa celui de la femme. Il n’y avait rien d’illusoire ici. Tout semblait si vrai pourtant rien ne s’introduisait en vous pour vous déranger. Malgré elle, Jun s’assit sur la banquette.


- Qu’est-ce que vous… voulez ?

- Oh, il n’est pas question de ce que moi je veux. Ses mains vinrent se poser sur la table, y déposant au passage la petite bourse. Je suis là pour parler. Parce que les gens veulent que je parle.

- Qu’est-ce qu’ils veulent que vous disiez ?

- Toutes sortes de choses. Ses mains délièrent le lacet qui maintenait le petit sac fermé et elle en sortit deux petites pierres. Ce qui est important c’est savoir ce que, toi, tu vas vouloir entendre.


- C’est vous qui m’avez parlée dans la rue, pas l’inverse.

Le rire de la vieille résonna encore une fois alors que sa main droite plongeait vers sa ceinture. Lorsqu’elle gagna de nouveau la table, elle était emplie d’une petite poignée d’herbes et de feuilles sèches.

- Vraiment forte, glissa-t-elle avec un sourire malicieux. Exactement comme prévu.

Ce disant, elle saisit les deux petites pierres et les frotta l’une contre l’autre pour allumer la bougie qui se trouvait entre elles sous l’œil attentif de Jun. Ses propos n’étaient pas passés inaperçus. Tout ceci semblait prévu. La flamme allumée, un silence s’appesantit sur le binôme, laissant la cire fondre et creuser un trou dans la chandelle. De sous la table, la vieille sortit une petite assiette creuse où elle mêla les herbes préalablement sorties. Et, à l’aide de la bougie, elle enflamma le tout.

Une épaisse fumée, pour le petit brasier que le paquet pouvait fournir, s’éleva entre les deux protagonistes, masquant à chacune la vue de l’autre. Puis comme si l’air était guidé, la volute sembla dessiner un semblant de visage. Un visage humain, de femme, de belle femme, qui fixa le regard de Jun avant de s’éparpiller.


- Elle m’a dit que tu doutais souvent, depuis ce jour. Lança la vieille, dissipant totalement le nuage avec son souffle.

- Elle ? Qui ?

- Elle… Voyons, Elle. Elle sait des choses, mais n’a pas le droit de les dire ouvertement. Comme pour une mise en scène, la femme laissa le calme interroger la kunoichi. Elle sait que tu ne chantes plus. Elle sait aussi qu’il grandit…

- De qui est-ce que vous parlez ? Dans sa voix, une vibration trahissait l’exaspération et l’énervement. La crainte grandissait et ébranlait ses paroles, pas encore ses gestes.

- Tu le sais. Tu sais toi aussi des choses mais tu ne sais pas t’en convaincre. De la malice, le regard de la vieille avait viré au menaçant. Il était trop… perçant, trop puissant pour qu’on eût pu y résister. C’est toi que ça concerne alors tu as peur d’avoir le mauvais jugement. La phrase achevait de clouer la kunoichi. Elle a donc décidé que je te dise qu’elle n’avait pas peur. Elle n’a pas peur. Alors si elle n’a pas peur, il n’y a pas de raison que tu aies peur.

La jeune fille se figea sur place. Son regard se perdit dans un monde si petit qu’il tenait entre elle et son interlocutrice, mais si vaste qu’il pouvait l’engloutir en moins d’une seconde. Un univers fait d’images, de sons, d’odeurs et de souvenirs. « N’aie pas peur… N’aie pas peur. Si maman n’a pas peur, tu ne dois pas avoir peur. Tu es bien plus courageuse maman ».

Elle était là, juste contre elle, la serrant dans ses bras si fort qu’elle pensait que jamais rien ne briserait cette carapace. Un cocon qui soignait les peines, les douleurs. Un cocon qui faisait vivre des joies et savait sécher des larmes. Il y faisait bon, il y faisait chaud ; et sa peau était aussi douce que parfumée.

Devant ses yeux se tenait la vieille. Un peu floue, un peu déformée par une nouvelle fumée. La main de Jun la traversa, dispersant aux quatre coins le nuage. Puis ses doigts agrippèrent la gorge de la femme alors que ses yeux pourpres sondaient le visage et l’esprit.


- Je t’interdis de parler de ma mère.

Effrayée et déroutée, la vieille manqua de s’étrangler devant cette force sauvage qui vivait dans le corps de la jeune fille. Trouvant des forces dans les confins de sa vieille carcasse, elle inspira avant de parler d’une faible voix.

- Elle… dit qu’elle n’a jamais eu peur. Arr… Tu m’étouffes, fil..lette. Elle porta ses mains à hauteur de celle de la kunoichi. Croire... Il.. faut croire. Le totem...

Stupéfaite, Jun lâcha prise, laissant retomber son interlocutrice sur sa banquette. Toussant et hoquetant, cette dernière luttait pour reprendre une respiration normale tandis que la jeune femme s’asseyait, éperdue et silencieuse. Le calme gagna la pièce après quelques secondes.

- Il faut croire, Jun. C’est son message.

- Vous… connaissez mon nom. Laissa-t-elle échapper dans un filet de voix, les pupilles visant au loin, pourtant tout proche, et se gonflant petit à petit de larmes.

La petite vieille couvrit l’assiette de cendres et se leva en silence, laissant la kunoichi dans son état. Le rideau s’écarta quelque peu pour la laisser passer puis elle s’éloigna d’un pas avant de s’immobiliser, debout au milieu de la roulotte. Dans son dos, provenant du feutré du cercle, de faibles sanglots s’élevaient ponctués par la respiration de la jeune femme. Tout semblait s’être arrêté. Sur les promontoires, les bâtons d’encens s’étaient consumés dans leur intégralité et les dernières fines colonnes de fumée qu’ils avaient produites s’échappaient le long d’un courant d’air filtrant par-dessus la porte.

C’était toujours ainsi juste après que le lien eût était accompli. L’ancienne regarda un a un ses multiples reflets, lisant malgré elle cet air un peu dépité qui s’inscrivait sur son visage. Ses yeux se baissèrent alors et un soupir franchit ses lèvres.


- Courage petite. Les temps seront durs encore un moment. Des gens auront besoin de toi, glissa-t-elle pour elle-même.

Puis de son pas de personne âgée, elle se glissa hors de la roulotte en veillant à refermer la porte rapidement. Une simple porte de bois entre le monde tonitruant des rues de Konoha et ce petit sanctuaire où seules les larmes de Jun se mouvaient ; roulant sur ses joues pour glisser sur le cuir de ses gants ou sur le bois de la table.

Il faisait beau à Konoha. Le soleil dominait en grand maître dans un ciel dépourvu de nuages. Lorsqu’elle ouvrit la porte pour en franchir le seuil, Jun se retrouva côte à côte avec la petite dame. Faisant un pas pour lui faire face, elle s’inclina largement devant l’ancienne.

- Pardonnez-moi mon comportement de tout à l’heure.

Un grand rire ponctua la scène tandis que la main de la voyante saisissait la petite pipe qu’elle fumait.

- Allons, allons fillette. C’est normal. Mais tu as une sacrée poigne, pas étonnant que tu sois kunoichi. Un grand sourire et de nouveaux éclats ponctuèrent sa phrase. Ceux-ci terminés, elle reprit. Tu devrais l’écouter, petite. Je crois que ta mère te connaissait mieux que personne. C’est pour ça qu’elle voulait que tu sache que, même ce soir-là, elle n’a pas eu peur.

S’étant redressée, Jun laissa glisser son regard depuis la voyante jusqu’à la grand rue du village, où tant de gens allaient et venaient. Elle observa un instant toutes ces personnes qui, chaque jour, se levaient, vaquaient à leurs activités puis rentraient. Tous avaient leurs soucis, tous avaient dû affronter quelque chose, une fois dans leur vie.

- C’est certain, désormais. Il n'y avait qu'elle qui savait... pour le totem. Et même après dix ans sans m’avoir vue, elle me connait toujours mieux que quiconque.

- Hé hé hé… mais elle te voit, petite. Elle te voit.

Elles échangèrent un sourire, la vieille ne manquant pas de lui faire remarquer qu’elle était bien plus belle ainsi. Puis, la saluant une ultime fois, elle lui tendit quelques pièces et se retira. Après quelque pas elle entendit interpeller. Se retournant, la kunoichi fixa la voyante.

- Continue de croire. Ce que je fais n’a peut-être aucune valeur vis-à-vis de certains préceptes, mais c’est parfois complémentaire.

Un clin d’œil, puis un dernier sourire et chacune prit sa route. L’ancienne visait l’intérieur de sa roulotte, la kunoichi… les rues de son village.





~ Fin ~


Citation :
Satoru Ayena - 16 ans - 1m62 - 53kg

Apparence Physique

Grande pour son âge elle admet une silhouette que la puberté n'a pas terminé de dessiner. Ayena s'en sort néanmoins avec des mensurations respectables et des courbes construisant un corps fin d'apparence presque athlétique.

Sa peau est pâle et ses cheveux atypiques. De prime abord foncés, ils jouent un jeu de couleurs étonnant en laissant la lumière les rendre argents et scintillants. Ayena leur accorde deux iris gris, souvent glaciaux et les fait ressortir en portant des vêtements sombres.


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