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 Parc Seibutsu - Les jardins

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MessageSujet: Parc Seibutsu - Les jardins   Jeu 9 Mai - 19:00


Parc Seibutsu - Les jardins



Le parc de de Konoha est un lieu agréable où il fait bon s'y balader. Les allées sont parcourues par des fleurs venant des quatre coins du pays du feu. Ces dernières se déclinent en une myriade de couleur, le tout agencé et entretenu par une armée de spécialiste passée maître en la matière. Comme nulle part ailleurs, la pelouse est soignée et aucun brin d'herbe n'aurait l'audace de dépasser l'autre. Plus qu'un endroit paisible, c'est également un parc où l'on peut se reposer sur l'un des nombreux bancs disposés à l'intérieur.


Dernière édition par Maître du jeu le Sam 7 Sep - 19:59, édité 6 fois

MessageSujet: Re: Parc Seibutsu - Les jardins   Dim 2 Juin - 11:08

« Pitipitipitit ! Viens voir tonton Hyûma ! Pitipitit !
_ Pitié, vous ne pouvez pas faire moins de bruit ? Soupira Sanae.
_ Allez ! Sors de ta cachette, Mistigri ! Youhou ! Pitipitipitit !
_ Au moins, arrêtez d'hurler près de mon oreille...
_ Raaaah, grogna Hyûma. C'st nul ! C'est la mort, les missions de rang D ! Franchement, quelle idée de se lancer dans ce genre de truc ?! »

Sanae ne releva pas mais n'en pensa pas moins. Eût-elle été moins bien élevée qu'elle ne se serait pas gênée pour rappeler au jeune majordome à cause de qui ils en étaient tous les deux là. Mais c'était inutile. D'une part, se plaindre – voire se disputer – n'avancerait en rien leur affaire. Ç'aurait été parfaitement puéril. Et d'autre part, sa main au feu que Hyûma devait déjà avoir complètement oublié sa responsabilité dans tout ça.
C'est qu'elle commençait à le connaître, le gaillard.

Néanmoins, elle, elle n'avait absolument pas oublié comment elle avait atterri ici...


*
* *

C'était quelques heures plus tôt que tout avait commencé.
Ç'avait pourtant été une matinée comme les précédentes, sans rien de notable à relever. Non que Sanae s'en soit plainte. Elle savait pertinemment que tôt ou tard, il lui faudrait bien faire des trucs de shinobis : elle s'y était engagée. Mais d'une certaine façon, elle avait évacué ça à plus tard.

Raison pour laquelle, en cette paisible matinée, elle avait décidé d'occuper son temps à recoller l'un des délicats bibelots que son butor de majordome avait manqué de réduire en poussière en transportant les valises, confortablement installée dans le salon, en train de papoter joyeusement avec Oboro.

C'est là que la porte s'était ouverte à la volée, événement signant invariablement l'arrivé de ce surexcité de Hyûma. Et de fait, celui-ci avait déboulé en courant dans le salon, un sourire lui faisant deux fois le tour du visage, brandissant un feuillet qu'une course folle avait passablement chiffonné.
La tornade humaine bondit jusqu'à Sanae avant de lui planter la misérable feuille sous le nez.

« Regarde ! Regarde !
_ Regardez mademoiselle. C'est si compliqué que ça à retenir ?
_ C'est chouette, nan ?
_ Ça ne peut vraiment pas attendre que j'ai fini de coller ? Demanda Sanae sans grand espoir. Je ne peux plus voir ce que je fais, des fois que vous ne l'ayez pas remarqué...
_ C'est notre première mission de shinobi !
_ C'est bien, c'est bien, mais j... Pardon !? Notre première quoi ?
_ C'est marqué là, tu vois pas !? « Ordre de mission » ! Lu le jeune homme. C'est pas génial ?!
_ …
_ On est des shinobis, maintenant ! Donc on va faire des missions et devenir balèze !
_ Sanae ? Balèze ? Haha ! J'ai hâte de voir ça !
_ Merci de ton soutien, Obo'... Mais... Où avez-vous dégoté ça ?
_ Ben au QG, répondit benoîtement Hyûma. J'étais là-bas à l'affût et bam ! Dès qu'ils ont accroché quelque chose sur le tableau de mission, je me suis jeté dessus.
_ Je me disais bien que la maison était calme, ce matin...
_ Mais nous ne sommes que des aspirants shinobis, pas des shinobis, s'affola Sanae. Nous ne connaissons même pas de techniques ou de machins shinobiques, comment voulez-vous que...
_ Relax, ma grande ! Assura le jeune homme. C'est une mission trop fastoche ! Elle est rang D. D comme Débutant : c'est pour nous, ça, CQFD !
_ Ça, ou D comme Difficile, hein... Mais... Heu... Oboro, à l'aide ?
_ Tu règles ça toute seule, cocotte...
_ Allez ! Ça va être super, affirma Hyûma. On va faire nos premières armes en tant que shinobi, c'est pas la classe, ça ? Te fais pas prier !
_ Ne vous faites pas prier, bon sang... Hé bien... Je suppose qu'il faut bien commencer tôt ou tard, convînt Sanae.
_ Haha ! Génial ! Exulta le majordome. Tu viens aussi Oboro ?
_ Impossible, je viens de faire mon vernis et il n'est pas sec. Mais amusez-vous bien !
_ Ouais ! Compte sur nous ! Affirma le jeune homme.
_ Oboro, ne me laisse pas y aller toute seule, je t'en prie !
_ T'inquiètes, y'a Hyûma.
_ Traîtresse... J'espère qu'elle est vraiment facile, s'inquiéta Sanae. Qu'attend-t-on de nous, Hyûma ?
_ Hmmm ? Aucune idée.
_ Vous n'avez même pas lu l'ordre de mission !? Ouin. Je ne veux pas y aller, Oboro.
_ Courage, ma vieille !
_ On s'en fiche, on verra ça en cours de route ! Allez, viens, on y va !
_ Venez, s'il vous plaît. Et non, je ne m'en fiche pas. Et où va-t-on si ignore ce qu'on doit faire ? Et… Et... Au secouuuurs... »

*
* *


Et donc elle se retrouvait dans le parc de Konoha, à la recherche d'un stupide chat. Pendant que Hyûma les avait guidé jusqu'ici – pourquoi ? Mystère, puisque le jeune homme n'avait même pas lu l'ordre de mission – Sanae avait épluché la feuille. La mission provenait d'un des marchands locaux, dont la vieille maman était sans nouvelle de son chat depuis deux jours, ce qui la rendait visiblement folle d'inquiétude. Trop affairé pour s'en occuper lui-même, le marchand avait donc délégué la tâche au village.

Et c'est ainsi qu'elle allait probablement perdre toute la journée – voire davantage qui sait ? – à la recherche d'un satané matou blanc et noir, sous le prétexte fumeux d'aiguiser ses compétences ninjas, le tout pour une prime résolument dérisoire.
Aspirant shinobi ? Esclave corvéable à merci, oui !

« Minou, minou ? Appela Hyûma en jetant un coup d’œil au fond d'une poubelle.
_ Je ne veux même pas savoir quel raisonnement vous a conduit à devoir vérifier cet endroit...
_ Raaah ! Ça sert à rien, ça m'énerve !
_ Tout à fait d'accord.
_ On arrivera à rien à le chercher à l'aveuglette ! Sanae, agite les croquettes pour qu'il rapplique, intima Hyûma.
_ Hein ? Mais d'où voulez-vous que je les sorte, vos croquettes ? Demanda la jeune femme, incrédule.
_ Pas les miennes, celles du chat, voyons !
_ "Pas les miennes", qu'il me sort...
_ Pas de croquettes ? S'étonna le majordome. Roooh... J'étais pourtant sûr que t'étais le genre de fille à penser à tout avant de te lancer en mission.
_ Que vous étiez... Et comment donc ? Nous sommes partis avant de savoir ce qui nous attendait, rappela sombrement Sanae.
_ Ben fallait lire le papier aussi.
_ Et c'est vous qui dites ça ?
_ Bon ben zut... Y'a plus qu'à continuer à chercher, alors ! Allez ! En avant ! »

Sanae suivit en traînant des pieds. L'enthousiasme de son majordome n'était guère communicatif, sur ce coup-là. Mais bon... Tant que l'un des deux déployait des trésors d'énergies dans cette recherche, l'autre n'avait pas spécialement besoin de multiplier les efforts, pas vrai ?
Qui veut allez loin ménage sa monture, c'est bien connu. Tant que le typhon sur patte avait de l'énergie à revendre, le mieux était qu'elle en profite.

« Chut ! Attends ! Intima brusquement Hyûma.
_ Hu ? S'étonna Sanae en sortant de ses réflexions.
_ Attentiooooon... Taïaut ! »

Et brusquement, le jeune homme plongea comme un bourrin dans un buisson. Un concert de feulement et de miaulement furieux retentirent, avec les grognements et les cris outragés du majordome en contre-pointe, tandis que ledit buisson bruissait et balançait furieusement.

Puis tout aussi brusquement, un Hyûma couvert de griffures se releva, un sourire triomphant incrusté sur les lèvres, tenant à bout de bras un gros chat de gouttière au pelage roux.

« Tadaaa ! Et voilà, notre première mission se clôt avec succès ! Se rengorgea le jeune homme.
_ Heu... Hyûma ?
_ Non, non, ne dis rien : c'est normal. Je suis ton majordome, après tout, expliqua l'aspirant, et c'est évident que je partagerai avec toi les retombés de cette splendide réussite.
_ Hyûma...
_ Je pense qu'avec ça, on est bon ! À nous les missions de rang C dorénavant ! Une nouvelle carrière s'offre à nous ! Nous...
_ Hyûma ! L'interrompît Sanae en élevant légèrement la voix.
_ Ben quoi ?
_ Il est roux.
_ Et ? T'as peur que ce soit un tigre ? Ok, il est gros et méchant, mais...
_ Nous cherchons un chat noir et blanc.
_ Gné.
_ Ce n'est pas du tout le chat que nous cherchons.
_ Attends, attends, attends ! C'est un chat, on cherche un chat, y'a pas d'embrouilles : qu'est-ce tu viens compliquer les choses, là ?
_ Vous. C'est marqué sur l'ordre de mission, et il y a une photo, d'ailleurs. D'un chat noir et blanc. Or celui-ci est roux.
_ Il s'est fait une couleur, peut-être ?
_ …
_ T'es pas Mistigri ? S'enquit Hyûma au chat.
_ Mia ! » Rétorqua le matou en griffant le nez de l'aspirant.

Tandis que le majordome relâchait le matou dur-à-cuir dans un concert de jurons douloureux – que Sanae fit poliment mine de ne pas entendre – la jeune femme reporta son regard sur le parc. De toute évidence, il était peu probable qu'ils tombent inopinément nez-à-nez avec ce satané félin. Il pouvait être n'importe où. Le village tenait certes davantage du hameau qu'autre chose, mais tout de même... ça faisait une sacrée surface.

Ce qu'il fallait, c'est...

« Là, Mistigri ! Brailla Hyûma.
_ Encore ?
_ Regarde, dans l'arbre, là-bas. C'est un chat, il est noir et blanc, donc c'est Mistigri, affirma le jeune homme. Pas vrai ? »

Sanae plissa les yeux. Effectivement, un vilain matou était en train de se faire les griffes sur le tronc de l'arbre, perché à mi-hauteur. Un vilain matou noir, avec une tâche blanche sur le flanc et autour de l’œil gauche. Avec un délicat ruban rouge autour du cou, d'où devait pendre la petite clochette qu'on distinguait sur la photo de l'ordre de mission. Et son oreille gauche... Oui, elle était à moitié arrachée !

« Bien joué, Hyûma, assura Sanae en contemplant tour à tour le chat et la photo. C'est bien lui.
_ Haha ! Se réjouit le majordome. Je l'chope et on est bon !
_ Et comment comptez-vous vous y prendre ? S'enquit la demoiselle en retenant Hyûma par le bras.
_ Ben je grimpe plus haut que lui, puis je me jette dessus ! »

Sanae secoua la tête devant un raisonnement aussi simpliste qui ne pouvait qu'échouer dans sa mise en œuvre. Il était hors de question qu'elle perde sa journée sur ça. Il était donc temps qu'elle intervienne aussi dans cette mission.
Elle allait prendre les choses en main.

« Non, non, non, Hyûma. Il nous faut un plan !
_ Ben pourquoi faire ?»

MessageSujet: Re: Parc Seibutsu - Les jardins   Dim 2 Juin - 15:04

-Et quel genre de plan, hein?
-Eh bien, pour commencer...

La jeune femme ne sut que répondre, et se contenta de regarder pensivement l'animal en lui marmonnant d'attendre qu'elle trouve quelque chose. Le chat était là, à portée de main... à condition que celle-ci soit très longue. Peut être que s'ils trouvaient un moyen de l'amadouer, il les approcherait de lui même. Quelque chose comme ça. Elle se débrouillait généralement bien avec les animaux, la suite ne poserait pas de problème.
Hyûma parlait de grimper aux arbres, mais l'expérience flirtait de trop près avec l'accident pour qu'elle le laisse tenter sa chance. Sanae avait déjà entendu parler de ninjas qui pouvaient accomplir des exercices sans soucis, mais elle ne voyait pas comment eux deux parviendraient à y arriver. Il leur fallait un shinobi.

-Je sais, réagit-elle. Nous n'avons qu'à demander à quelqu'un d'aller le chercher pour nous.
-Donc moi je ne peux pas grimper et quelqu'un pourrait?
-Un ninja, précisa-t-elle. Quelqu'un de bien assez agile pour y arriver sans prendre de risques. Cet arbre est très grand... peut être une douzaine de mètres.
-Et t'as peur du vertige?
-On dit "Vous avez peur du vide", pas du vertige. C'est dangereux. Sans compter que le chat doit déjà être bien assez tendu comme ça. Vous ne feriez que l'inquiéter davantage. Plus ils sont nerveux, plus ils grimpent haut. Il nous faut donc un ninja.
-Et où est-ce qu'on va le trouver, ce bonhomme, hein?
-Nous sommes dans le village des ninjas. Ca ne devrait pas être bien compliqué.

Elle commença à regarder aux alentours. Il n'y avait pas grand monde, et personne ici ne ressortait particulièrement du lot. Pas de cicatrice, pas d'arme au clair, pas de tatouage extravagant ou de tenue militaire... il lui faudrait donc demander à ces personnes ce qu'il en était. C'était un petit village. Elle finirait forcément, au pire, par trouver quelqu'un qui connait un ninja et pourrait l'amener dans la demie-heure à venir.

-Mwouais. J'aime pas l'idée, quand même. T'es pas terrible, Sanae.
-Je vous demande pardon? Comment ça, pas terrible?
-Ben on est des ninjas, pardieu! On s'entraîne, on devient balèze, et à nous les exploits!
-... et?
-C'est pas en demandant à quelqu'un de nous aider qu'on va progresser, tiens. Ca le ferait pas. Je veux dire, ça serait comme... tricher?
-Tricher?
-Eh ouais, c'est pas fair-play.
-Soit... je vois.
Il s'agit de récupérer un chat. De remplir une mission. De rendre service au propriétaire de l'animal. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à faire ce qu'il faut pour y arriver.
-Ahah! Ca c'est ce que tous les tricheurs disent toujours! En fait t'es une grosse sournoise, hein Sanae? Démasquée!
-Je ne suis pas une...
je ne sais pas si vous réalisez que vous pourriez vous rompre les os. C'est dangereux, de grimper aux arbres.
-Ouais mais on est des ninjas: le danger, c'est cal-cu-lé et mai-tri-sé.
-Je ne suis pas sûre que...
-Meuh si, regarde.

La jeune femme ouvrit mollement la bouche, mais pas un mot n'en sorti. Hyûma était trop décidé pour obéir à quoi que ce soit. Bah, se dit-elle finalement. Qu'il essaie, s'il le voulait tant que ça. Il n'y arriverait pas. Il insistera forcément, mais se ruinera les mains et finira par abandonner.

A ce moment là, elle lui lâcherait un délicieux "je vous l'avait bien dit" qui achèverait de le ramener à la raison. Tout simplement.

Ce qu'elle disait était vrai, après tout. Le tronc de l'arbre était tellement large qu'elle ne voyait guère comment son majordome pourrait...

-Tu vois que j'y arrive?, s'exclama-t-il en tirant sur l'écorce pour s'élever.
-Zut.
-C'est pas dur du tout, en fait.
-Non. Non non non non non n... arrêtez tout de suite, vous allez vous faire mal.
-Mais non, tout baigne. Faut juste que je choppe cette branche et... bingo!
-Hyûma, s'offusqua Sanae, revenez tout de suite avant de vous blesser!

Le casse-cou effectua un second bond magistral pour progresser davantage, et cumula par la suite quelques acrobaties pour se hisser au fil des mètres jusqu'à sa cible. Il avançait à tatillon, mais se débrouilla relativement bien. Il lui fallut deux minutes pour arriver à hauteur du félin... qui en profita pour continuer l'ascension.

-Eh nan, s'pad'jeu!
-Mia!
-Allez-y doucement, vous lui faîtes peur. Il va continuer à monter.
-Bah, de toute manière il pourra pas grimper beaucoup plus haut. Et une fois coincé...

Hyûma s'interrompit. Le gaillard avait manqué de perdre l'équilibre, mais parvint sans peine à se rétablir. Ca n'était pas le moment de flancher: le chat était pratiquement à sa portée, et n'avait lui même plus aucun moyen de grimper. Il l'avait coincé.

Mistigri avait pourtant bien plus d'un tour dans son sac. Peu rassuré par le fou furieux qui marmonnait des petitpetitpetits en lui fonçant dessus, il préféra bondir sur une branche inférieure, et s'y harnacher un instant avant de chuter dans un tas de buissons bien placés.

Bien placés pas trop loin de Sanae, se dit Hyûma. Elle allait forcément l'avoir.

Et c'est alors qu'il dirigea son regard vers le bas, en direction de sa coéquipière qui, bien embêtée à l'idée de le laisser seul, n'esseya même pas de poursuivre le félin. Elle le regarda juste prendre ses jambes à son coup, après s'être vaguement dirigée dans lui.

Hyûma commença à s'agiter. Elle aurait pu faire quelque chose, quoi. Après le mal qu'il s'était donné pour grimper là haut...

-Beh pourquoi tu lui cours pas après!?
-Parce que vous allez avoir besoin d'aide pour redescendre.
-Meuhtropas! Si j'ai réussi à monter, c'est que je peux redescendre, voyons.
-Je ne pense pas que ça soit aussi simple que ça...
-Mais si, bien sûr que je peux!

Pour illustrer ses propos, Hyûma tendit la jambe en direction de la branche inférieure et... et se rétracta aussitôt. Déconcerté, il réesseya. Sans succès. A chaque tentative, il sentait la gravité tenter de le happer dans ce qui serait une chute probablement mortelle. S'il n'en avait pas conscience, il sentait tout de même que l'affaire serait plus délicate que prévu. Dix mètres, ça faisait décidément beaucoup plus haut, de là où il était.

-Attends, je vais trouver un passage... ça va pas tarder.
-Vous mériteriez que je vous laisse là-haut...
-Tcheuh, n'imp'! Je n'ai pas besoin de...
-...
-...
-...
-...
-Oui?
-Ok, chuis coincé.
-Ah ah. Evidemment. Et..?
-Et...
-Je vais bien avoir droit à des excuses, non?
-Et ttout ça pour rien, et c'est ta faute! J'ai essayé de pas lui faire peur ni lui faire mal comme tu m'as dis, donc j'y suis allé doucement, et comme de par hasard paf! Il se tire. Gentil matou mon oeil, ouais. Ma main à couper que Mistigri voulait juste me piéger, à tous les coups. C'est un coup monté!
-C'est de ma faute?
-Et t'as même pas essayé de le rattraper! Courir un peu, nan? Même pas!
-Parce qu'on l'avait et que maintenant... c'est de ma faute? Sérieusement?
-Sanae, faut que tu te reprennes! C'est pas comme ça qu'on va réussir à devenir balèzes et... et...
-...
-Sanae? Où est-ce que tu vas?
-...
-Eh, reviens! C'est nul, comme blague. T'es une chouette fille, tu vas pas m'abandonner là quand même, hein? Si? Boah, même pas peur. Chuis sûr que je vais bien réussir à... Sanae, tu m'écoutes encore?

Ca oui, elle l'entendait parfaitement bien. Au même titre que tous les passants qui se demandaient qui était ce grand dadais perché en haut d'un arbre inutilement grand. Elle aurait très bien pu lui dire de surtout, surtout, surtout ne pas s'agiter et attendre sagement qu'elle revienne avec de l'aide, mais il ne l'écoutait jamais. C'était encore plus simple pour elle de simplement traverser la place en virevoltant parmi les passants, à la recherche de quelqu'un qui ferait l'affaire.

-Excusez-moi... monsieur?
-Mmmh?
-J'ai... mon... ami... eh bien... en vérité... comment dire... hum.

Elle aurait pu avoir l'air d'une sympathique jeune femme qui avait perdu son chat en haut d'un arbre. Il aurait forcément accepté, l'affaire ne lui aurait pris qu'une minute à tout casser. Elle l'aurait alors gratifié de remerciements qui auraient apporté un peu de lumière dans sa fin de matinée.
Mais non, tout ça aurait été beaucoup trop facile. En haut de l'arbre, il n'y avait plus de chat, mais un sacré blaireau. Qu'elle devait quand même récupérer, puisqu'il était son employé. On n'abandonnait pas quelqu'un comme ça, de toute manière.
Aussi tentant que cela puisse l'être.

-Mon ami est coincé en haut d'un arbre. Il l'a escaladé pour s'entraîner... c'est un aspirant ninja, voyez-vous... et il a eu des ratés. Il ne parvient plus à redescendre. Pouvez-vous l'aider, s'il vous plait?

Plus jamais, se dit-elle en voyant son interlocuteur, plié en quatre par l'hilarité, tenter de lui dire qu'il allait l'aider.
D'un autre coté, elle sentait bien que ce genre d'épisodes allait forcément se reproduire.

*
* *

-Bon. Donc nous sommes de retour à la case départ, résuma Hyûma en riant de sa mésaventure. Première tentative, un-zéro pour le chat. Mais fallait essayer, hein. J'l'aurais la prochaine fois, t'inquiètes.
-Ne vous inquiétez pas. Non. Je ne m'inquiète pas, parce que nous ne sommes plus à la première tentative, nuança Sanae. Nous venons de voir que vos... initiatives... ne sont pas assez réfléchies et débouchent systématiquement sur des incidents désastreux.
-Systématiquement? Mais euh... c'est que la première fois, d'abord!
-Par conséquent, nous allons apprendre de nos erreurs et ne pas les répéter. Ce qui signifie que vous n'agirez plus par vous même son avoir mon approbation. N'est ce pas?
-Ah nan, je ne suis pas d'acc...
-N'est-ce-pas?, insista Sanae d'un air inhabituellement menaçant.
-Euh... ouais.

Diable. Ca n'était pas normal, se dit l'Hanaerobi. Elle n'était pas comme ça. Elle était plus calme, d'habitude. Et avait infiniement plus de patience, même si elle n'avait habituellement pas à contenir seule un insupportable gamin hyperactif de 17 ans. Konoha la rendait déjà bien assez nerveuse comme ça, et...

-Mmmh... veuillez-m'excuser. Mais Hyûma, vous devez comprendre. Il faudrait que vous réfléchissiez un peu plus avant de vous lancer tête baissée.
-Bwoah. Message reçu, affirma-t-il avec un sourire qui disait le contraire.

Rester calme et digne... elle ne s'énerverait pas. Mais qui lui avait refourgué un boulet pareil, elle voulait bien le savoir.


SUite du RP
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MessageSujet: Re: Parc Seibutsu - Les jardins   Mer 7 Aoû - 20:16

Hyuma: 13Xp
Sanae: 13Xp

MessageSujet: Re: Parc Seibutsu - Les jardins   Lun 19 Aoû - 20:59

Boom. J'avais l'inspi pour un petit début d'entraînement, je préfère poster maintenant plutôt que de laisser le truc mourir. Considérez que ça a lieu après le retour de mission d'Oboro :)



Contrairement à son habitude, l'instructeur toisa ses deux nouvelles élèves, l'air déçu.

-Je me souviens de vous deux...
-Haha. Ouais, la championne du village, forcément...
-Vous avez participé à l'incident, pendant le discours de la Nidaime. Et j'étais présent au cours de la cérémonie au Concile, rajouta-t-il à la manière d'un crachat sur les deux jeunes femmes.

Kagetsu avait la réputation d'être un instructeur très efficace et agréable. Calme, pédagogue et généreux étaient les termes qui revenaient le plus souvent quand on demandait des informations à son sujet. Ce qui était le plus surprenant, c'était sa très grande disponibilité, malgré le fait qu'il soit membre à temps plein du Concile du village.

Les plus mauvaises langues disaient pourtant que c'était un sale rancunier, qui avait la mémoire aussi dure que ses antennes étaient longues. Les deux jeunes femmes, qui s'étaient renseignées à son sujet, commençaient déjà à s'en rendre compte.

-A quoi voulez-vous en venir?, demanda simplement Sanae en essayant de contenir la hargne qui s'accumulait trop rapidement entre sa nuque et ses épaules.

Sentant que son amie risquait -une fois de plus- d'exprimer sa propre rancoeur à leur supérieur, Oboro s'efforça d'arrondir les angles avec le junin. Si elle laissait faire Sanae, elles se feraient jeter par l'instructeur, à tous les coups. Depuis l'arrestation de Hyûma, l'Hanaerobi était particulièrement amère dès qu'elle interagissait avec quiconque avait refusé d'au moins l'écouter, lorsqu'elle avait voulu aider son majordome.

-Simplement que vous devriez faire beaucoup plus attention, à l'avenir, lui rétorqua-t-il en la regardant fixement dans les yeux.

Sanae croisa simplement les mains devant elle, en se répétant mentalement de ne pas lâcher un seul mot. Oboro avait suffisamment insisté là-dessus. L'aspirante se contenta donc de rendre son regard à Kagetsu, fixement et sans broncher. C'était difficile de dire lequel des deux essayait de brûler l'autre du regard. Une seule chose était sûre: la demoiselle n'était pas intimidée le moins du monde par un homme qui pouvait probablement la tuer sur le champ. Mais elle n'en avait probablement pas vraiment conscience.

-Je vois..., déclara-t-elle sobrement.
-Nous vous remercions, corrigea Oboro.
-Mmmh. Puisque les choses sont claires, suivez-moi. J'ai l'habitude de faire passer un test à tous mes apprentis. Ca se passe un peu plus loin.
-Merci beaucoup, appuya Oboro.

Pourquoi pas, se dirent-elle. Jusque là, elles avaient aussi passé l'examen de l'instructeur Katon. Même si elles n'avaient pas son affinité, les comparses avaient appris beaucoup de choses sur le chakra. Et c'est lui qui leur a indiqué qu'elles profiteraient forcément d'un entraînement avec Kagetsu.

En avançant à sa suite, les deux apprenties conversèrent à voix basse. Sanae commença.

-Tu n'es pas obligée de faire la belle devant lui, tu sais?
-Sanae, ça serait génial que tu y mettes un peu du tiens.
-C'est déjà le cas. Et ça serait bien qu'il en fasse tout autant.
-Nop. Nous, nous avons besoin de lui. Lui, il n'a pas du tout besoin de nous.
-Nous pouvons très bien nous passer de lui. Il suffirait de trouver un parchemin, et...
-Ouais, l'interrompit Oboro. Tu sais où on pourrait en trouver un?

L'Hanaerobi ne répondit pas ; elle n'avait rien à dire qu'elle n'avait pas déjà grommelé dans leur salon.
Ce village était une vaste blague. Il n'y avait aucun endroit où elles pouvaient apprendre à devenir des ninjas. Les instructeurs étaient -à son sens très subjectif- une palanquée d'opportunistes qui s'assuraient plus de profiter de leurs privilèges que d'aider véritablement leurs élèves. Et pour couronner le tout, chacun conservait jalousement ses secrets. A croire que tout Konoha était une simple chaîne alimentaire basée sur la force et l'influence de chacun.

-Nous y voilà, indiqua le junin.

Face à elles, un simple coin de nature, qui pouvait aussi bien servir à paresser dans l'herbe qu'à s'entraîner en toute quiétude. Quelques installations avaient d'ailleurs été aménagées ici et là. En particulier, le junin se dirigea vers une série de piquets verticaux.

Lorsqu'il s'arrêta devant, et qu'il leur expliqua en quelques mots ce qu'elles avaient à faire, les deux jeunes femmes restèrent longtemps silencieuses. Vraiment, vraiment longtemps.

Devinant que Sanae n'allait pas tarder à cracher de l'acide sur le formateur, Oboro prit les devants, mal à l'aise et maladroite.

Il fallait expliquer au junin qu'elles auraient déjà bien du mal à grimper sur des poteaux de trois mètres de haut sans se blesser. L'Ashikaga se sentait déjà mal partie pour y arriver ; et pourtant, elle mesurait un mètre quatre-vingt treize. En ce qui concernait Sanae, qui était plus petite d'une tête, bien plus frêle et moins agile, c'était encore moins bien parti.

Et pourtant, ça n'était que la première partie de l'épreuve. Le junin attendait d'elles qu'elles se tiennent debout, sur une jambe, pendant vingt-quatre heures ininterrompues sur ledit poteau.
Lorsqu'il avait expliqué aux citadines que cela leur permettrait de se recentrer sur elles mêmes, Oboro avait sentit son amie irradier d'une onde haineuse. Et pour le coup... elle même considérait que c'était franchement n'importe quoi. Il devait se foutre de leur gueule. Ouais. Forcément.

En temps normal, c'est l'Ashikaga qui aurait été la première à torpiller l'instructeur avec ses protestations. Sans prendre de gants, mais sans aller trop loin. Sanae se chargeait systématiquement d'être la fille raisonnable qui arrondissait les angles par derrière.

Sauf que là, les rôles avaient changé. Et une Sanae en colère était autrement plus sanguine et impulsive qu'une Oboro de mauvaise humeur. La genin avait intérêt à trouver un truc très rapidement. Avant que son ainée ne saute à la gorge de Kagetsu, et que tout ça finisse une nouvelle fois très mal pour elles.

MessageSujet: Re: Parc Seibutsu - Les jardins   Mar 20 Aoû - 21:52

-Haha. On doit avoir l'air tellement débiles, plantées sur notre truc comme des pots de fleurs... je crois que ce couple, là-bas, il se fout de notre gueule.
-Rappelle-moi pourquoi j'ai accepté de rester, déjà?, rumina Sanae.
-Parce que tu veux autant que moi un entraînement doton potable. Je crois.
-Je n'en suis pas vraiment sûre...
-Ou alors, reprit Oboro, parce que tu n'avais pas envie de laisser ta m~e~i~l~l~e~u~r~e a~m~i~e se farcir seule un entraînement avec un gros méchant instructeur de Konoha?
-Idiote...
-Je suis touchée, si si, vraiment!


Elles avaient réussi à raisonner le junin, Kagetsu. Toutes les deux. Lui expliquer que se tenir sur un pied en équilibre à trois mètres du sol pendant vingt-quatre heures, c'était totalement hors de leur portée. Et de la totalité des aspirants qu'elles avaient croisé jusqu'ici, tant qu'à faire.
De même, s'il leur fallait attendre une semaine avant de bénéficier d'une seconde chance, elles seraient vieilles bien avant d'avoir passé son épreuve.

Au final, le junin avait consentit à leur faire une fleur. D'un claquement de doigts, il avait érigé une motte terreuse surplombée d'herbe, longue de deux mètres et demi et large d'un peu plus d'un. L'édifice s'élevait à environ trois mètres du sol, mais grimper dessus était très facile.

Puisque c'étaient des aspirantes, Kagetsu avait diminué la difficulté. L'esprit de son examen restait toutefois le même: elles devraient rester en haut de son talus pendant neuf heures d'affilées. Les filles pouvaient rester assises, debout, ou allongées si elles le voulaient. Et même ramener nourriture et eau si ça leur prenait. Le tout, c'était de ne pas en descendre, et de ne pas apporter de distraction. La consigne était la même: se recentrer sur elles mêmes.

Sous ces conditions, leur épreuve avait commencée le lendemain, à neuf heures. Elle devait donc durer jusqu'à six heures de l'après-midi. Fortes d'un solide petit déjeuner, les apprenties s'étaient mises en place, et n'avaient plus qu'à...

Attendre.

Et ne rien faire. Juste, attendre.

Et se recentrer sur elles mêmes.

A priori, elles auraient beaucoup de mal à faire un récit trépidant de cette journée.

Tout ça allait être très ennuyeux.

-Tu me fais une place?
-Hum? Oui, bien sûr.

Puisqu'elles en avaient le droit, les aspirantes ne tardèrent pas à s'asseoir. Jambes en tailleur, pour Oboro qui portait une tenue d'entraînement digne de ce nom. Pendantes, pour Sanae et ses éternelles robes peu pratiques.

Toute ça, c'était purement et simplement du temps perdu, selon Sanae.

Au bout d'une dizaine de minutes, pourtant...

-Mmmmh... à mon avis, tout ça, c'est un piège, hésita Oboro en ayant quelque chose qui lui trottait dans la tête.
-Un piège?
-Ouais. En fait... on pourrait imaginer que l'entraînement a probablement déjà commencé, et il nous teste, le toto. Genre le vieux sage qui indique au petit scarabée de faire toutes les corvées du temple pendant des mois et des mois pour le préparer progressivement à suivre l'entraînement super badass aux arts martiaux. Tu sais, genre passer le balai ça fait les bras, et les mouvements circulaires de l'éponge savonneuse qui sont identiques aux parades...
-Tu lis trop de bandes dessinées, Obo'.
-Ce sont des comics, pas des "BD". Ca n'est pas du tout du tout la même chose.
-...


La genin posa une main sur sa bouche, bras croisés, l'air en pleine réflexion. Finalement, elle continua.

-Bref. Si tu lisais autre chose que des romans à l'eau de rose, tu saurais que les ninjas sont sûrement portés sur ce genre de délires à la con, eux aussi. Et donc, comme je te dis, que notre entraînement, eh bien, il a déjà commencé.
-J'ai vraiment du mal à y croire, objecta Sanae.
-Tu penses sérieusement qu'un type haut gradé dans l'armée ET dans l'administration dirait à deux élèves potentielles de s'asseoir sur un tas de terre pour faire leur preuves sans avoir d'arrière pensée?
-Oui. C'est complètement idiot. Et complètement dans la lignée de tout ce qu'on a vu jusqu'ici.
-Hey, je t'ai dis la première que ça pouvait être très con, un ninja, acquiesça Oboro d'un air qui se voulait plein de sagesse.

L'Hanaerobi se mordit la lèvre, circonspecte. Plus elle y réfléchissait, plus elle se disait que c'était véritablement une énorme perte de temps, toute cette histoire. Juste un caprice du junin. Peut être que ça l'amusait, de forcer ses subordonnés à se mettre dans des situations absurdes?

-Et donc, à quoi est-ce que tu penses?, lâcha-t-elle.
-Ben c'est simple. A mon avis, jackpot que Pépère s'attend à ce qu'on médite toute la journée et qu'on soit des bêtes en manipulation du chakra lorsqu'il daignera enfin s'occuper de nous.
-...
-Quoi? Elle est très bien, mon hypothèse!

A son tour, Sanae croisa les bras. Ce que disait son amie... eh bien, après tout... ça se tenait. Encore que... en fin de compte...

-Non, c'est complètement idiot, décida-t-elle. Nous avons besoin de lui pour progresser. Le reste, nous l'avons déjà fait.
-Mais ça, il ne le sait pas.
-Il aurait pu nous le demander. Un professeur digne de ce nom évalue toujours le niveau actuel d'un de ses élèves avant de les prendre.
-Au cours d'un entraînement de base, signala Oboro. Ce qu'il vient de nous faire là de suite.
-Tu appelles ça un entraînement? Nous voulons apprendre de la magie. Son exercice, c'est des acrobaties. Digne d'un cirque. Et c'est que l'on fait maintenant, c'est juste... n'importe quoi.
-Alors quoi, tu penses qu'il nous fait faire les pigeons juste pour le fun?
-Ca m'a l'air tout à fait possible, s'énerva l'Hanaerobi en haussant la voix. Ce sont vraiment tous des... je ne sais pas ce qui me retient de... hhhhh!!!
-Ne passe pas ta frustration sur moi, s'il te plait.
-Je ne passe pas ma frustration sur t...
mmmh... bon, bon. Très bien.

Après ses excuses, Sanae n'eut pas grand chose d'autre à faire que de garder le silence. Oui, elle était de très mauvaise humeur. Depuis des semaines. Et tout ça n'arrangeait rien.

Quelques minutes s'écoulèrent. Très lentement. Finalement...

-Bon... mettons que tu ais raison. Même si ça n'est pas le cas... ça n'est probablement pas le cas... autant perdre notre temps utilement. Qu'est ce que l'on pourrait bien faire, dis moi?
-S'entraîner au chakra, tiens!
-Ce qui ne veut rien dire. Sois plus précise?
-Faire apparaître, contrôler, conserver, renouveller, je sais pas, moi...

Elles étaient seules. Sanae, qui gardait habituellement toute sa contenance et sa dignité, pouvait se laisser aller. Et l'air particulièrement blasée qu'elle affichait actuellement était assez explicite pour qu'elle n'ait pas besoin de lâcher un seul mot.

D'autant plus que, dix secondes plus tard, elle tendit la main droite vers sa comparse, paume en l'air. Il ne fallut qu'un instant pour que des gerbes de flammes bleues y apparaîssent, se consolident, et forment un véritable amas d'énergie spirituelle, qui alla en s'intensifiant. Du chakra. Il lui avait fallu atteindre un peu plus d'un mois en recourant à divers instructeurs, mais... ça y était. Elle le maîtrisait très convenablement. Sans faire montre du moindre effort.

-Ouais, bon, pas besoin de crâner, se plaignit l'Ashikaga, qui n'en était pas encore à ce stade.
-Je ne "crâne" pas, rétorqua Sanae en intensifiant la vague jusqu'à ce que celle-ci atteigne un demi mètre de hauteur. Je t'explique simplement qu'on en est déjà à un stade avancé. Maintenant, on ne peut plus avancer seules.
-Mmmh... pas faux, lâcha l'autre en matérialisant des étincelles aux bout de ses doigts.

Au début, les débutantes avaient été émerveillées par leurs réussites. Sanae avait bien du passer une trentaine d'heures à simplement contempler les gerbes qu'elle parvenait à matérialiser, même furtivement, sur la surface d'un mur. Oboro avait eut la même réaction, qui ne s'était toujours pas estompée. Maintenant encore, les deux jeunes femmes trouvaient ça incroyable, trouvaient ça magnifique, et pouvaient perdre leur temps et leur énergie à accomplir ces petits tours de magie pendant de longues dizaines de minutes.

Sauf qu'elles voulaient aller plus loin. Que l'administration attendait de n'importe quel ninja qu'il aille plus loin. Et que personne ne leur expliquait comment faire. Ce qui était d'autant plus frustrant que plusieurs personnes connaissaient la recette gagnante.

-Donc, résuma Sanae en arrêtant sa magie. D'après Jiga, les ninjas peuvent commander aux éléments, mais seulement à un certain nombre d'entre eux. Et nous, incapables d'utiliser le feu, pourrions utiliser des sortilèges de terre.
-Des jutsu. Doton. La terre, c'est doton.
-C'est de la magie. De la sorcellerie. Et de la terre.
-...

-Sa petite histoire est très gentille, reprit l'Hanaerobi, mais... comment est-ce qu'on s'y prend, dans ce cas?
-J'ai entendu parler d'un jutsu qui permet de faire apparaître de la terre, commenta Oboro.
-Hum. Et donc?
-Donc j'en conclus que s'il existe un jutsu spécifique pour faire apparaître de la terre... cela signifie que les autres ne le font pas. Et donc, que la majorité des doton se contentent d'utiliser ce qui est déjà présent. Donc qu'on a notre première étape pour devenir de vraies petites ninjas en herbes. Logique, non?

Logique? Bien sûr. Dès qu'il s'agissait de raisonnement, la grande brune se posait systématiquement comme la meilleure des deux acolytes. Pour autant, Sanae pressentait que ça ne marchait pas comme ça, chez les ninjas. C'était de la magie. Ca n'était pas normal. Même les ninjas, n'avaient rien de normal.

Au diable. Elles tâtonneraient. Elles trouveraient bien. Ou pas.

Il leur restait encore huit heures et demi à tuer, environ. Elles avaient largement le temps.

Environ, parce qu'elles n'avaient aucun moyen de lire l'heure autrement qu'à l'aide du soleil, ce qui était sacrément approximatif. Au moins, il n'y avait pas de nuage.

-Imagine s'il pleut?, rigola Oboro en regardant le ciel dégagé.
-Pitié... ne tente pas le destin, se plaignit l'autre.
-Au moins, personne nous verra pleurer de rage.
-Je veux rentrer à la maison... maintenant...
-Allez, pleure pas, cocotte, fit l'autre en la prenant gentiment dans ses bras.

Ooooh. Ca allait être long.

MessageSujet: Re: Parc Seibutsu - Les jardins   Jeu 19 Sep - 17:24

-Eh bah... si on m'avait dit que je ferais mes premiers chateaux de sable à dix-neuf ans... et dans un parc, avec de la terre, en plus... tu crois que les ninjas, ça peut être envoyé en mission à la plage, des fois qu'on puisse en profiter?
-Aucune idée, répondit Sanae. Probablement pas. Il n'y à rien à y faire, non? Comme mission, je veux dire, compléta-t-elle avec que l'autre parle de "parfaire son bronsage".
-C'est naze, lâcha Oboro.
-Concentre-toi sur ce que tu fais, plutôt. Tu débordes sur mon coté.

Contre toute attente, les deux citadines étaient maintenant à plat ventre dans l'herbe surélevée de leur étroit monticule. Dans le sens de la longueur, bien sûr. Les bras croisés sous leurs têtes, elles regardaient en contrebas...

... en direction des minis tas de terre qu'elles étaient en train de façonner par la seule force de leur esprit.

-"Par la seule force de leur esprit"... ça a de la gueule, j'aime bien, lâcha la grande brune.
-C'est vraiment incroyable. Vraiment incroyable.

Sanae n'en revenait pas. Non seulement elles y arrivaient, mais... eh bien elles y arrivaient. Oboro avait vu juste. A partir des informations qu'elles avaient récupéré ça et là, des enseignements qu'on leur avait prodigué par myriades de petites miettes, et en insérant les pièces de puzzle dans la bonne configuration... en fait, on leur avait déjà pratiquement tout appris.

Il suffisait de tout remettre en ordre.

Ca lui avait pris des lustres, mais avec tous les pense-bêtes que lui prodiguait son amie, Sanae était finalement parvenue à animer quelques poignées de terre. L'avantage, c'était qu'une fois la chose appréhendée, elle avait tout de suite gardé le coup de main. Cette fois, ç'avait été à son tour de donner des conseils et des indications à sa partenaire d'entraînement. L'une était cognitive. L'autre, davantage sensitive. Au final, elles se complétaient bien.

Et maintenant, elles étaient toutes les deux capables de soulever des poignées de terre sans les mains. Ca n'était rien du tout, mais il fallait bien commencer quelque part.

-N'empêche que c'est pas comme ça qu'on va casser des briques... j'veux dire, jet de sable, ça vaut rien comme attaque.
-Laisse toi le temps de progresser, marmonna distraitement l'Hanaerobi en se concentrant sur sa tâche.

A priori, si elles voulaient élever correctement leurs piles, il leur faudrait d'abord réussir à maintenir en place ce qu'elles avaient déjà assemblé. Tout en réussissant à en ajouter par dessus. Faire deux choses à la fois, quand bien même l'une était nécessaire à l'autre. Impossible à première vue. Mais comme tant d'autres ninjas y arrivaient...

Ca allait juste prendre du temps.


*
*     *
*


-Ton piaf ne peut rien contre mon tigre, cocotte. Cherche pas.
-Il faudrait déjà que tu parviennes à le faire bouger.
-Ouais bon, euh...

Les tas de terre, c'était bon pour elles. Ridiculement long, mais ça marchait. En fait, elles avaient du s'y prendre bizarrement, et probablement rater quelques étapes. Manipuler des tronçons de terre, même du volume d'un poing, c'était terriblement difficile pour les deux apprenties. N'ayant aucune idée de ce qu'elles pourraient faire à ce sujet, elles avaient fini par abandonner. Si elles ne pouvaient pas l’inventer, pas la peine de perdre du temps là-dessus.

Pas quand elles pouvaient faire autre chose : c’était seulement pour se lancer sur un autre exercice. De la modélisation. Faute de glaise, d'argile et d'atelier de poterie... elles avaient du chakra. Et s'amusaient maintenant à mettre en forme de petites figures en pâte terreuse. C'était de la magie, avait répété Sanae. C'était absurde, mais ça pouvait forcément marcher. Tout pouvait marcher.

-D'ailleurs... c'est vraiment un tigre?, se moqua l'Hanaerobi. On dirait plutôt... rien du tout, en fait.
-Gnagnagna... c'est ça, Miss Parfaite, rigole. Tu riras moins quand...
-Une vache, peut être?
-Oh, hey, ça va, la rabroua la grande brune. T’essaie peut être de faire un aigle, mais ton truc à toi, il ressemble plutôt à un perroquet, j’te signale.
-Oboro. C’est précisément un perroquet, mentit l’autre d’un air très sérieux.
-Quoi!? Tricheuse, chuis sûre que non!
-Tu es toujours de mauvaise foi…
-Et c'est toi qui dit ça?


Oui, bon. Forcément, quand on verrouillait deux personnes pendant neuf heures sur une surface de deux-trois mètres carrés, elles pouvaient se chamailler.


*
*     *
*


-Euh... San'?
-Mmmmh?

L'exercice des « origami » doton avait porté ses fruits, à ce stade. Les deux apprenties pouvaient globalement modéliser tout ce qu’elles voulaient avec fidélité, en l’espace d’une vingtaine de secondes par pièce. Les créations d’Oboro avaient un look un peu trop cartoon, celles de Sanae gardaient plusieurs protubérances inutiles, mais on reconnaissait sans mal ce qu’elles voulaient faire.

Sanae s’amusait à regarder ses créations papillonner autour d’elles. C’était de petits animaux en terre, des oiseaux, des poissons, et même quelques mammifères qui flottaient en l’air, presque de manière autonome.

-Je sais que j'ai dis ça pour rire, tout à l'heure, mais... c'est pas une goutte d'eau que je viens de sentir, là?, s’inquiéta Oboro.
-Tu quoi?

Comme pour répondre à sa question, Sanae vit l’une de ses figurines s’écraser brutalement, abattue par une goutte d’eau. La Miss se rendit compte au passage que la terre humide ne réagissait pas vraiment de la même manière qu’en temps normal. Mais surtout…

-Par pitié… c’est une plaisanterie?
-...
-Oh non. Oh non non non. Non non non non non non non...

S'il se mettait à pleuvoir maintenant...

-Heureusement qu’on a prévu un parapluie…
-Nous sommes censées rester là quand même, j’imagine?
-Si c’est juste une petite pluie…
-…

*
*     *
*

-Vous avez quoi!?, s'exclama Kagetsu, stupéfait.

L'instructeur n'en revenait pas. A son départ, il avait laissé derrière lui deux jeunes femmes qui avaient bien besoin de prendre le temps de mettre leurs idées à plat. Toutes les deux étaient excessivement tendues, chacune à leur manière. La plus grande était sur les nerfs, de retour d'une mauvaise expérience dans les plaines d'Hebi. L'autre, pleine de rancoeur et aussi acide qu'un ananas pas mûr. Hors de question que des idées stupides puissent germer dans leurs esprits : il fallait d’abord les recadrer.

Et pourtant, à son retour, une vingtaine de minutes après l'heure annoncée... il avait découvert deux initiées du doton, pratiquement opérationnelles. Elles ne savaient pas encore exactement quoi faire de leur chakra, mais avaient quasiment trouvé quoi faire. Seules. Sans qu'il ne soit intervenu en quoi que ce soit. Leurs amas manquaient de consistance, ils n'avaient pas de but, ils ne servaient à rien, et pourtant...

Il n'en revenait vraiment pas.

-Alors, on a passé votre test?, s'écria Oboro.

La miss était actuellement en train de faire léviter un anneau de terre dans les airs, avec un sourire aussi éclatant que celui d'une enfant qui venait de gagner un an de chocolat gratuit. A une dizaine de mètres, le junin aperçu Sanae, elle aussi d'excellente humeur, qui façonnait des balles de terre grosses comme des pastèques (sans les mains, bien sûr) et s'efforçait de les faire décoller jusqu'au centre de l'anneau. A chaque fois qu'elle percutait maladroitement les contours du cercle, l'Hanaerobi laissait éclater un petit rire, terriblement agréable à entendre.

Finalement, ça avait été une excellente journée, se disait-elle. Prendre du temps pour se poser et exister, tout simplement... elles en avaient besoin.


~~~~~~~~~~~~~~~~

Demande de validation de technique (Sanae) : bouclier élémentaire doton (ridiculement classe niveau RP).
Demande de validation de technique (Oboro) : j’aimerais bien mais elle a pas le niveau xD
  
  
  
Ibuki Senjago
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: Re: Parc Seibutsu - Les jardins   Dim 22 Sep - 3:29

Ren Uchiha a écrit:
Pour Sanae : 40 xp's

Commentaires : Technique validée.  Belle qualité, rigolo.  J'aime toujours l'aspect "magie" de tes rp's d'entraînement.  Sinon, bien aimée l'allusion à pokémon !  Quelle allusion ? Aucune idée, i' parle tout' seul...
Cordialement,
Moi


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MessageSujet: Re: Parc Seibutsu - Les jardins   

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