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 Marché - Ruelles

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MessageSujet: Marché - Ruelles   Jeu 9 Mai - 19:05


Marché - Ruelles



Les ruelles du marché sont paisibles... enfin, relativement paisibles par rapport à la rue principale. Ainsi, on peut encore entendre le bourdonnement incessant provenant du marché comme bruit de fond.

Si la rue principale attire la majeur partie de la population, les rues secondaires ne sont pas moins délaissées pour autant. En effet, elles s’accaparent un autre genre de client, plus mature. Ici, les marchands d'alcool côtoient les maisons closes et autres étales spécialisés dans la vente de produits aphrodisiaques et huiles corporelles. Certains se risquent également à vendre quelques herbes hallucinogènes et drogues douces mais ce genre de commerce n'y est pas vu d'un très bon oeil.


Dernière édition par Maître du jeu le Sam 7 Sep - 19:56, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Sam 18 Mai - 14:37

-Je la sens pas, cette ville. Z’ont beau vouloir dire tout ce qu’ils veulent, je la sens pas du tout du tout.
-C’est moins grand que ce qu’on imaginait, certainement… mais pas aussi petit que ce que ça en a l’air. Je ne sais plus trop quoi en penser, de cette ville.

Cela faisait maintenant une demi-heure que les deux jeunes femmes étaient présentes au village de la feuille. Qu’elles surnommaient déjà le hameau de la feuille en conversant à voix basse, malgré les quelques éclats de voix propres à Ashikaga. On pouvait évidemment leur reprocher d’être deux petites bourgeoises de la capitale. Cela n’affaiblissait en rien leur esprit critique au cours de ce premier contact avec leur douloureux futur chez-soi.

Et ses autochtones.

-‘Tain, t’as vu comme ils nous reluquent, ces gugusses? On dirait qu’ils ont jamais vu des filles de leur vie. D’un autre coté, si les nanas du coin sont des tueuses guerrières type camionneuses…
-Elles ont l’air normales. A part peut être la balafrée… c’était une brûlure?
-Eh. Ca va virer craignos, à ce rythme. Ne sors jamais dehors seule, et jamais sans moi.
-… oh non. Tu ne penses quand même pas que…
-Bah eh, si on est dans la cité d’une armée de tueurs surhumains, t’imagines bien que ça va pas être facile tous les jours. Ils doivent pouvoir faire ce qu’ils veulent, vu le profil. A la sauce « je peux torcher un arbre à mains nues, les humains ne sont rien pour moi, bwahaha! ». Et c’est sûrement pas une mouche dans ton genre qui va… waw ! Nan mais t’as vu la carrure de ce type? Genre ses bras sont plus larges que ma tête!
-Moins fort, je n’ai pas du tout envie qu’on se fasse remarquer de suite.
Arrête. Ils ne nous auraient pas fait ça, nia Sanae en faisant référence à leurs parents.
-Depuis le temps que les miens parlent de m’envoyer à la fosse… nan, je plaisante, corrigea Oboro en voyant le regard acide de sa comparse. ‘Kay, ‘kay, c’est bon.

Elles passèrent devant le géant susmentionné, Sanae lui adressant un sourire de politesse plutôt contrit pour le saluer avant de poursuivre sa route. Elles n’avaient aucune idée de qui était dangereux ou pas, ici. Et de toute manière, mieux valait ne se mettre personne à dos, songea-t-elle. Oboro était pourtant très douée pour ce genre de choses. Elle allait devoir faire de son mieux pour arrondir les angles.

Ca n’allait probablement pas être de tout repos.

-Pour autant… quand tu parles de « faire ce qu’ils veulent ». Je croyais que les shinobis étaient à la solde du daimyo. Ils n’ont pas l’air d’avoir intérêt à se mettre en dehors de la loi. Je sais bien que s’ils le faisaient, personne ne pourrait les en empêcher, mais… attends, non. Il y aurait forcément un moyen de les en empêcher.
-Bah euh… je ne sais pas. Moi j’ai entendu parler de clans qui feraient la loi dans leurs enclaves privilégiées, et ça me donne carrément pas envie d’y mettre les pieds. C’est sûrement le genre de pecs à péter plus haut que leurs %$@! et à vouloir se la jouer exécuteur divin sur leur parcelle perso.
-Oui, il y en a trois. Des clans. Ce sont les Sengajo, les Uchiwa et les Aburame. Et tous ont déjà une histoire et une mystique propre à leur famille.
-Y’en a trois? J’croyais que y’en avait deux. Les insec’tueurs qu’ont la compagnie du bois et les cracheurs de feu qu’on celle du fer. Non?
-Il y a deux clans de… pyromanciens. L’un d’entre eux n’a pas de compagnie attitrée.
-Deux paquets de pyromanes dans le village de la feuille? Ah. ‘Sûr. Bon plan, ça. Je veux rentrer à Boya...
-Et il semblerait qu’ils aient déjà un proverbe local indiquant qu’ils ont un tempérament assez... explosif. A ne jamais contredire.
-Comme quoi j’avais raison, ils se sentent déjà plus. Donc c'est profil bas et si j’énerve un rouquin j'me fais casser la gueule? Tcheuh. Y’en a jamais un qui s’est fait retourner en se la jouant bourrin – gros sabots?
-Visiblement pas… mais probablement que oui.
-Hey, mate moi ça!

Sanae n’eut même pas besoin de demander de quoi parlait sa compagne. Le virage qu’elles venaient de prendre les amena à la bordure d’une des places servant d’accueil aux divers marchés du village. Vu l’heure, l’endroit était pratiquement désert, ce qui rendait les écriteaux d’autant plus immanquables.

Et le plus proche d’elles indiquaient tout simplement les sources chaudes du village.

-Ils en ont, finalement?
-Attends, y’a écrit « source chaude ». Ca veut pas encore dire des bains. Ca doit être la version à l’arrache, en plein air avec les insectes.
-Ca fera largement l’affaire.
-Tant que c’est pas trop crade, ouais. Tu veux qu'on aille voir?
-Non. Il faut d'abord trouver Shigemori.
-Ah. Le vieux?

Shigemori. Il allait probablement être leur guide ou quelque chose comme ça dans la cité des ninjas du feu. Les deux jeunes femmes venaient de débarquer dans le village, sans point d'ancrage autre que ce nom. Leurs parents avaient indiqué que c'était une très vieille connaissance qui aurait très sûrement des histoires à leur raconter... en temps voulu.

Pour l'heure, les aspirantes savaient simplement que c'était lui, le local, qui leur expliquerait comment allaient se passer leurs premiers jours à Konoha. Il leur fallait déjà prendre possession du logement prévu pour elles, confirmer leur arrivée à l'administration, poser leurs marques dans le village, et forcément commencer à s'initier aux arts ninjas. Elles n'étaient pas spécialement pressées de commencer.

-D'après la carte, ça a l'air d'être dans cette direction, indiqua Sanae. Tu viens?

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Sam 18 Mai - 14:51

Hyûma grommela en empilant au petit bonheur la chance une tonne de dossiers dans une caisse en bois – bien trop petite pour tout contenir, mais le jeune homme estimait qu’en tassant comme un bourrin, tout finirait bien rentrer. Depuis l’aube, il s’affairait à ce genre de tâches, obéissant docilement aux directives du vieux Shigemori. Ç’avait d’abord été empaqueter les herbes médicinales, trier les dossiers des patients, ranger les ustensiles médicaux…

« Mais si on déménage, pourquoi on s’embête à embarquer la paperasse, répéta une énième fois le jeune médecin.
_ Zéro notion d’archivages, hein… Parce qu’on change seulement de locaux. On conserve donc les mêmes clients, et c’est important de garder l’historique des traitements. Et arrête de forcer comme une brute, tu vas juste pulvériser le fond de la caisse !
_ Ben si on garde les mêmes clients au même endroit, pourquoi déménager ?
_ Parce que mes nouveaux locaux auront un loyer bien moins cher.
_ Radin !
_ Et puis… »

Le vieux Shigemori n’eut pas le temps de terminer son explication, interrompu par de discret coup à la porte. Trop heureux de cette diversion, Hyûma abandonna sa tâche – la paperasse étriquée en profita alors pour bondir littéralement hors de la caisse, au grand dam de Shigemori – et se précipita pour ouvrir.

Il tomba nez-à-nez avec deux jeunes demoiselles, vêtu d’atours plus riches que la moyenne, qui le dévisageaient, visiblement surpris.

« Heu… Êtes-vous monsieur Shigemori ? Hasarda la plus petite des deux.
_ Tu veux rire, cocotte ! On recherche un vieux, pas un gamin !
_ Non, je suis son apprenti, répondit Hyûma.
_ Nous souhaiterions rencontrer le docteur Shigemori pour…
_ Ah, ça ne va pas être possible, on est fermé pour quelques jours, expliqua le jeune homme. Revenez plus tard, désolé.
_ Quoii !? S’indigna la plus grande des deux visiteuses. Mais c’est pas possible, ça ! On va pas crécher à la belle étoile parce que môssieur Shigemori est trop occupé pour nous voir !
_ Oboro, c’est pas le moment de faire un scandale.
_ Bah, c’est pas si terrible, vous savez : il fait plutôt sec et doux, et…
_ Pas po-ssi-bleuh !!! Allez viens, Sanae, on rentre chez nous, y’en marre de ce trou perdu !
_ S’il-te-plait, Oboro, ce n’est pas davantage de volume sonore qui va faire avancer les choses. Laissez-moi vous expliquer, intervint Sanae en adoptant sa voix la plus persuasive possible – en digne demoiselle de la haute société initiée aux arcanes de la diplomatie –. Nous avons un rendez-vous extrêmement important avec le docteur Shigemori et…
_ Ben oui, mais c’est marqué là, vous voyez : « Pas de visites », expliqua Hyûma.
_ Mais espèce de #@&% borné ! Tempêta Oboro. Puisqu’on te dit qu’on est pas là pour une visite ! Non mais qu’est-ce qui m’a fichu une empotée pareil !
_ J’entends bien, s’entêta le jeune homme, mais…
_ Mais qu’est-ce qui se passe, à la fin ? Bougonna la voix grave de Shigemori, attiré par les éclats de l’algarade.
_ Tu disais quoi à propos du volume sonore, ma jolie ? »

Hyûma s’ écarta de l’encadrement pour laisser passer la large silhouette de Shigemori. Ratatiné et creusé par les âges, le vieil homme n’était plus que l’ombre du colosse qu’il avait été dans sa jeunesse, mais n’en demeurait pas moins imposant. Sanae, qui rendait une tête à tout le monde pour le coup, se sentait brusquement toute petite.
Le vieux Shigemori posa son regard profond sur les deux gamines, fronçant les sourcils.

« Heu… Commença Sanae d’une voix hésitante – mais la politesse reprit bien vite le dessus. Bonjour, nous sommes…
_ Ooooh ! S’exclama brusquement le médecin. Mais c’est la petite Hanaerobi, si mes yeux ne me trompent pas ! Ça alors, c’est fou ce que ça pousse vite ! Dire qu’hier encore, elle était toute petite comme ça.
_ D’où tu connais ce vieux fossile ?
_ Mais j’en sais rien, je l’ai jamais vu, moi.
_ Allez, venez, venez, nous avons des tonnes de choses à nous dire. » S’enthousiasma Shigemori.

Le vieux bonhomme s’enfonça derechef dans son cabinet. Les deux jeunes demoiselles s’empressèrent de lui emboiter le pas, Oboro adressant un grand sourire victorieux à l’autre benêt qui avait osé envisager de leur interdire l’accès. Grand sourire qui tomba dans le vide, puisque ledit benêt ne le remarqua absolument pas et suivait tranquillement le petit groupe.

« Hyûma, commanda Shigemori, va chercher quelques chaises et…
_ Peux pas, elles sont déjà parties.
_ Superzut ! Bon, trouve des caisses, ça fera l’affaire. Excusez le désordre, expliqua le vieux médecin, mais nous sommes en plein déménagement.
_ Oh non, c’est nous qui nous excusons de vous déranger à cette occasion, répondit poliment Sanae.
_ Oh adorable, s’émut Shigemori.
_ Je crois que t’as un ticket, ma poulette !
_ Oboro, ce n’est pas le moment ! »

Hyûma revint alors avec deux solides caisses de bois et tout le monde put s’installer. Shigemori tira un feuillet froissé de sa veste et le déplia, y portant quelques secondes son attention avant de reporter son regard sur les deux jeunes demoiselles.

« Donc toi, tu dois être Oboro Ashikaga, n’est-ce pas ?
_ Tout à fait.
_ Bien. Bien, bien, bien… Je suppose que vous avez des tonnes de questions, et j’y répondrai en temps et en heure. Si nous commencions par le plus important… »

Voyant que tout cela ne le concernait pas, Hyûma repartit en direction de la paperasse – artistiquement répandue sur le plancher après sa fuite éperdue de la caisse trop étroite – avec la ferme intention de se remettre au travail : les choses n’allaient pas se faire toutes seules, hein…
Mais Shigemori l’interpella derechef.

« Hyûma, reste ici et écoute, ça te concerne aussi.
_ Hein ? Releva fort intelligemment le jeune homme. Ben pourquoi ?
_ Ecoute et tu le sauras. Bon… Comme tu le sais peut-être, Sanae, ton père est un bon ami à moi. Et réciproquement. »

Sanae opina du chef. Non, elle l’ignorait complètement, en fait, mais ç’aurait été maladroit de faire remarquer au vieil homme que son père ne lui avait jamais parlé de lui.

« Et puisqu’il ne peut pas vous accompagner ici, il a décidé de vous confier toutes les deux à ma garde. Si vous avez le moindre problème, n’hésitez donc pas à m’en parler. Je suis en ville depuis un bout de temps, et j’en connais un rayon.
« En second point, le logement. Comme vous vous en doutez, vos parents ont veillé à ce que vous soyez bien installées, dans une maison coquette pas très loin d’ici. Tout y est près pour nous y accueillir.
_ Heu… Nous ? Tiqua Oboro.
_ Oui, nous. Deux jeunes filles, seules, dans une grande maison, ça n’était pas fait pour rassurer vos parents. Aussi emménagerai avec vous. C’est d’ailleurs pour ça que je déménage mon cabinet.
_ Vous savez, pointa Sanae, vous n’êtes vraiment pas obligé de vous donner cette peine : nous ne serons pas seules, forcément, puisque nos domestiques serons là pour veiller sur nous.
_ Justement. Il y a un petit… soucis… de ce côté-là, reprit Shigemori. Vos parents escomptaient faire du recrutement sur place, mais… Disons que la population locale ne s’y prête pas facilement.
_ Tcheuh. Bled d’arriérés.
_ Heureusement, j’ai une solution de secours qui s’avérera parfait ! »

Shigemori désigna d’un geste Hyûma. Qui se retourna aussi sec pour voir qu’elle était ladite solution de secours, à l’instar des deux demoiselles qui essayaient désespérément d’apercevoir une révélation salvatrice dans le dos du jeune homme.

Finalement, trois paires d’yeux incrédule se fixèrent sur Shigemori.

« Moi ??
_ Lui ?
_ Pas lui…
_ Oui, toi, Hyûma. Je suis sûr que tu sauras t’occuper à merveille des menus tâches de la maisonnée.
_ Quoi ? Mais je ne veux pas devenir un larbin, moi ! Je veux devenir shinobi !
_ Pas larbin, rectifia Shigemori. "Majordome". C’est pareil mais ça sonne mieux.
_ Nan, inutile, j’veux devenir Shinobi ! Affirma Hyûma.
_ Ouais, inutile, il veut devenir Shinobi, surenchérit Oboro – elle n’avait pas encore digéré la tentative d’obstruction.
_ Je sais, je sais, se défendit Shigemori en levant les mains. Mais songes-y, Hyûma : ça va être long et compliqué de devenir Shinobi. Un emploi à mi-temps t’assurerait les ressources nécessaires sans trop empiéter sur ta progression.
_ Ah bon ?
_ Tout à fait. Et puis… Tu serais le premier majordome-shinobi de l’Histoire. Ce n’est pas rien, non ?
_ Vrai !? Wooouhoou ! Trop la classe ! Ok, papy, je prends !
_ Un tantinet naïf, le bonhomme, hein...
_ Je ne voudrais surtout pas refroidir les ardeurs, mais être majordome, ça ne s’improvise pas, fit remarquer Sanae. J’ai eu en charge la maison de mon père pendant des années et il faut du personnel compétent pour…
_ Tout ira bien, assura Shigemori. Puisque vous avez l’habitude de ce genre de chose, vous saurez lui venir en aide et le former convenablement.
_ Bien joué, cocotte…
_ Mais… Je ne suis pas certaine d’en avoir le temps : il faudra que je me consacre pleinement à mon apprentissage de shinobi et…
_ Et pouvoir prendre du recul en se préoccupant de tâches familières t’aidera à garder les pieds sur terre et donc à progresser plus vite. Tout le monde y gagne.
_ Heu… Certes. ... Je veux rentrer à la maison.
_ Voilà qui est réglé, donc, se félicita le vieux Shigemori. Bien, concernant votre enrôlement dans les forces armées de Konoha, cela demande pas mal de paperasses administratives, nous nous en occuperons demain. En attendant, si nous allions voir votre nouvelle maison ? »

A suivre...


Dernière édition par Hyûma le Dim 26 Mai - 10:35, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mer 22 Mai - 22:51

Aujourd'hui, dans le village de Konoha.

Hisoka déambulait dans les ruelles du village caché de la feuille. Son baluchon sur l'épaule l'identifiait comme un nouvel arrivant. Le jeune homme en avait conscience et redoublait de vigilance. Même si il n'avais pas beaucoup d'affaires, il y tenait. Et il n'avait pas particulièrement envie de se faire dépouiller du peu qu'il avait.
Tout en cherchant du regard l'adresse de ce Iruma Ito, Hisoka se mit à penser...

Il y a quelques mois, près du port de Tate.

Hisoka avait finit par récupérer de son expédition dans le puits, grâce au bon soin de sa mère. Cette dernière était plus que compétente dans ce domaine et Hisoka ne sentait déjà plus rien au bas du dos. Il avait dû rester presqu'inactif, ce qui avait été un véritable calvaire pour lui. Obligé d'étudier l'histoire, les grands généraux et leurs stratégies. Aussi, lorsque Nojiko donnait l'autorisation de reprendre l'étude du maniement du bâton, Hisoka avait presque crié de joie.
A peine une heure après, le jeune homme luttait avec acharnement contre son grand père. Si Hisoka avait, pour lui, la jeunesse, la taille et la force, Yûsuke avait une chose plus que précieuse : l'expérience, acquise sur le terrain, lors de rude combat. Certes, à l'origine, le vieil homme était un lancier, mais il avait appliqué au bâton, ce qu'il avait pratiqué pendant de longues années avec sa lance. A ceci près, qu'aujourd'hui, Yûsuke répugnait à tuer et à apprendre à tuer à son petit-fils.

Cela faisait maintenant dix bonnes minutes que Hisoka tentait vainement de prendre l'avantage sur son grand-père. Chaque attaque était parée, chaque parade était contournée, chaque blocage était esquivé. Hisoka enrageait, et il redoubla d'efforts. Il savait que son grand-père n'était plus tout aussi jeune et voulait absolument le battre dans le premier quart d'heure d'entraînement. Car, passé ces quinze petites minutes, le vieil homme était battu systématiquement, son corps ne pouvant tenir la cadence bien longtemps. Une dernière charge de la part du jeune homme, un choc, un cri et un bâton qui vola dans les airs...

- Tu te précipites trop, Hisoka.
- Ouais, ouais, je sais, répondit ce dernier en frottant son coude douloureux.
- Il y a des moments où je me demande si ça sert à quelque chose de t'enseigner les grandes stratégies des meilleurs généraux de notre pays.
- Tu veux la vérité, Grand-Père?
- Non. Je préfère me dire que tu finiras par en retirer quelque chose de bon. Quand, telle est la question...

Hisoka se retourna sans mot dire et se dirigea vers son arme, située à quelques mètres de là. Il était blasé. Il s'était fait battre avec une telle aisance que cela en devenait pénible. Bon, d'accord, le vieux avait l'expérience pour lui. Mais quand-même...

- Maintenant que tu t'es défoulé, on peut passer aux exercices de base, fiston?

Hisoka grimaça de plus belle. Il avait mis ton son coeur, dans cet échange, tout ce qu'il avait bien voulu retenir des leçons de son grand-père. Et ce dernier pensait qu'il s'était seulement défoulé. Ecoeuré, Hisoka s'accroupit dans l'herbe.

- Qu'y a-t-il? demanda Yûsuke.
- Je ne me suis pas juste défoulé, Grand-Père. J'essayais vraiment de te battre... répondit un jeune homme complètement dépité.
- Ah... Pardon. Je n'avais pas compris. Tu ne me battras pas avant quelques années. Pas en combat singulier, Hisoka. Tu manques encore cruellement d'expérience et surtout de patience. Et surtout, tu dois apprendre à te contrôler : économie, simplicité,...
- ..., pureté, adaptabilité et efficacité, oui, je sais tout ça, Grand-Père!
- Entre savoir et connaître, répondit le vieil homme. Tout le monde peut savoir pleins de choses, mais combien en connaissent vraiment le sens profond?
- Je suppose qu'il ne s'agit que d'une pure question rhétorique et que tu n'attends, évidemment, pas de réponse réelle? répondit le jeune homme avec un sourire matois.
- Attention, Hisoka! Ne te moque pas de moi!

Hisoka préféra ne pas répondre. Lorsque son grand-père l'appelait par son prénom, ce n'était jamais très bon signe...

- Bon. Il s'agissait évidemment d'une question purement rhétorique. Mais là n'est pas la question. Ce que je voulais dire, c'est que tu sais les principes, mais tu ne les appliques pas. Lorsque tu charges tête baissée, tu crois vraiment que c'est efficace?
- C'est simple et c'est pur! Deux sur cinq, c'est déjà pas si mal!

Yûsuke secoua la tête. Son petit-fils était vraiment une tête de lard qui avait vraiment du mal à entendre raison.

- On peut voir ça comme ça. Sauf que ça manque cruellement d'économie, d'adaptabilité et surtout d'efficacité... Où vas-tu?
- Réfléchir!

Hisoka s'éloigna en emportant son bâton. Il savait que son grand-père avait raison. Mais il ne l'acceptait tout simplement pas. A force de marcher et de ronchonner, il finit par arriver près du puits où le jeune Koen était tombé. Comme personne n'était présent, il avait tout le loisir de faire ce qu'il voulait sans déranger personne. Il commença, alors, à exécuter un kata de bô-jutsu.
Il se campa bien droit sur ses jambes, le bâton, touchant le sol, dans sa main gauche. Il amena sa main droite en haut de l'arme et, tout en avançant le pied gauche, il la releva à l'horizontale. Puis, il recula le pied gauche, tout en levant le bâton au dessus de sa tête, de manière à avoir un bras de chaque côté. Puis, il avança à nouveau le pied gauche tout en ramenant les mains au niveau des hanches, l'arme parfaitement horizontale. Il effectua un second pas vers l'avant tout en portant un coup vers l'avant avec les bras. Puis, il remonta les bras au dessus de sa tête, tout en rapprochant sa main gauche de sa main droite. Avant de rabattre l'arme avançant le pied droit, devant le gauche. Pour finir par se remettre en position d'attente.
Cet enchaînement, réalisé au ralenti, lui avait pris cinq bonnes minutes. Il réitéra le kata, mais en accélérant légèrement. Il le refit une dizaine de fois en augmentant à la fois la vitesse d'exécution et la violence des coups portés. Il était en sueur lorsque des applaudissements se firent entendre. Hisoka était tellement absorbé qu'il n'avait entendu personne s'approcher.

- Doucement, jeune homme. Ne m'agresse pas avec ton arme!

Hisoka reconnut l'homme qui lui avait sauvé la mise lors de son périple dans le puits. Ce même puits au bord duquel le mystérieux individu était assis.

- Impressionnant. Je ne sais pas qui était en face, mais je crois bien que tu l'as tué.
- Si c'est le cas, alors j'ai échoué, répondit Hisoka.
- Pardon? demanda l'individu, le sourcil relevé.
- Le bâton est destiné à combattre et à neutraliser sans tuer. Si d'aventure cela arrivait, je souillerais mon arme. Et l'enseignement de mon grand-père.
- Belle philosophie, qui ne résistera pas longtemps en cas de guerre. Ni même lors d'une confrontation sérieuse.
- Que vous dites.
- Crois-moi. Lorsque ton adversaire veut ta peau et que tu n'as pas la même détermination, tu finis toujours par perdre.
- Toujours?
- Toujours.
- Je ne vous crois pas.
- Tu peux ne pas me croire. Mais, en restant ici, tu ne pourras jamais le vérifier.
- Que voulez-vous dire? demanda Hisoka.
- Simple. Si tu restes ici, tu ne pourras jamais confronté ta philosophie à une situation réelle. Mais, je peux peut-être y remédier.
- Comment ça?
- Disons, pour faire court, que si tu acceptes, non seulement tu confronteras ta philosophie avec le monde réel, mais aussi, tu apprendras bien plus de choses qu'en restant ici, dans ce trou perdu. Bien entendu, ce ne sera pas facile. Et tu renonceras peut-être.
- Rien n'est jamais facile. Et je ne renonce pas facilement non plus!!!

Aujourd'hui dans les ruelles de Konoha.

Akaihoshi. Enfin. Après avoir marché pendant quelques heures dans les ruelles de Konoha, Hisoka était enfin parvenu l'auberge de l'Etoile Rouge. Le jeune homme en fit le tour et frappa à la porte arrière.

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Dim 2 Juin - 15:14


« Allez, dépêchons-nous, on y va ! S’enthousiasma Hyûma.
_ Mais nous n’avons pas encore réfléchi à…
_ On s’en fiche : faut d’abord qu’on trouve Mistigri. On réfléchira après.
_ Vous n’avez pas tort, convint Sanae, il faut d’abord retrouver la piste du chat. Néanmoins… Promis, vous prendrez le temps de me laisser réfléchir si on le trouve ?
_ Relax, ma grande, j’ai retenu la leçon, assura le jeune homme avec son grand sourire habituel – qui ne rassurait pas vraiment Sanae, en fait.
_ Mademoiselle. Soit. Par où…
_ Ouais, c’est parti !
_ Hé ! Mais attendez… »

Trop tard, le jeune homme filait déjà entre les arbres. Il était peut-être resté coincé comme une andouille au sommet du pin, mais d’un autre côté, il avait eu un parfait visuel d’où ce satané Mistigri avait filé.
C’était l’heure de la revanche !

Le majordome abandonna le parc en trombe, se faufilant dans l’une des ruelles formées par les bâtiments environnants, jetant des coups d’œil, de ci de là.
Finalement, Hyûma s’arrêta et attendit, ce qui permit à Sanae de le rejoindre quelques secondes plus tard.

« Vous allez trop vite, le morigéna-t-elle.
_ Meuhtropas, c’est toi qui fais pas assez de sport, voilà tout.
_ C’est vous qui ne faites pas… Excusez-moi de ne pas être une hyperactive.
_ On s’en fiche, balaya le majordome, on a plus important : Mistigri est là !
_ Vraiment ? »

Sanae se pencha pour passer la tête au-delà de l’angle du mur. Hyûma avait raison, l’horrible matou était allongé dans un carré de lumière, se prélassant tranquillement sur le sol réchauffé.

« Bien, approuva Sanae. Il nous faut un plan.
_ J’écoute.
_ Minute, je réfléchis.
_ Hein ? Mais on a pas le temps ! Se plaignit le jeune homme. Il est là, ‘faut y aller !
_ C’est trop demander de pouvoir réfléchir dans le calme ? Il ne va aller nulle part, il fainéante sur son bout de lumière.
_ Ben s’il va aller nulle part, pourquoi on s’embête avec un plan ? J’vais le choper !
_ Nan, nan, nan, se précipita Sanae. Je rectifie : il ne va aller nulle part si personne ne le dérange. Donc vous restez ici le temps que je trouve quelque chose.
_ Roooh pfff… la loose…»

Hyûma se renfrogna. Attendre n’était pas vraiment dans sa nature. De son côté, Sanae, yeux mi-clos, réfléchissait à toute vitesse. La petite cour ressemblait à un cul-de-sac, mais pour un chat, rien de plus facile que de sauter et de se faufiler. Il fallait le prendre par surprise, mais Hyûma parviendrait-il à s’approcher sans se faire remarquer ? Les chats ont un sixième sens quand il s’agit d’éviter de se faire attraper, c’est bien connu. En lançant quelque chose ? Ça pouvait marcher. Avec une grosse couverture ou quelque chose comme ça : ils la lanceraient sur le chat, et pendant qu’il s’en dépêtrerait, il n’y aurait plus qu’à le ramasser et…

« Nom de nom ! Grogna brusquement Hyûma, sortant Sanae de sa réflexion.
_ Qu’est-ce qu’il… »

Le jeune homme l’ignora totalement, allant chercher une petite planche dans le chantier d’une maison en face.

« Heu… Hyûma, que comptez-vous faire avec…
_ Sauve-toi, Mistigri ! »

Et tout en hurlant, le majordome lança son javelot improvisé dans l’arrière-cour. Sanae ne pouvait pas voir ce qu’il visait mais un choc sourd et un glapissement de peur suivit, la renseignant succinctement. La jeune femme leva les yeux au ciel en se demandant quelle nouvelle catastrophe avait encore causé son employé, tandis que des feulements enragés et un concert de jurons retentissaient et que Hyûma s’élançait au pas de charge.
La jeune femme suivit prestement, espérant encore pouvoir arrondir les angles quelle que soit la situation.

Le chat s’était réfugié sur une fenêtre à l’étage, entre deux pots de fleurs. Trop haut, même pour une grande asperge comme Hyûma. Mais ce qui retînt surtout l’attention de Sanae, ce fut les deux autres personnes qui se trouvaient là : la première était une jeune fille, avec une longue chevelure rousse, vêtue d’une solide kimono renforcé par des pièces de cuirs lustrées, et le second, un jeune homme qui devait être son frère, d’un roux écarlate, cheveux courts, vêtu de manière négligé. Et tous deux fusillaient du regard Hyûma, visiblement en pure perte.

« Mais t’es un gros malade, toi ! Gueula le rouquin. T’as failli m’écharper en balançant ce bout de bois.
_ Roooh, ça va, j’l’ai pas fait exprès, de te louper, non plus.
_ Parce que tu me visais réellement, en plus !?
_ Heu… Excusez mon majordome, intervint Sanae. Il est un peu turbulent mais…
_ Ton majordome, tiqua la rouquin. Vise-ça, frérot, on a la visite de la haute aristocratie.
_ Sanae ? Haute ? C’st une blague ?
_ Ouais, ben nanti ou pas, ça change rien que vous êtes en train d’interférer dans une mission diligentée par le village. Alors vous foutez le camp fissa ou ça va chier pour vous, assura le rouquin.
_ Touche un cheveu de ma patronne et c’est mon poing dans la gueule, rétorqua aussi sec Hyûma.
_ On pourrait aussi en discuter entre gens matures et civilisés, vous ne croyez pas ? Intervint Sanae.
_ Y’a rien à discuter, on est des shinobis, t’es une civile, alors toi et ton larbin, vous dégagez ! Affirma la rouquine.
_ Aha ! Erreur ! Triompha Hyûma. On est aussi des shinobis, nous ! Même qu’on est en mission, aussi, alors vous pouvez courir pour qu’on abandonne.
_ Parce que ta mission, c’est de balancer des planches sur les gens, peut-être ?
_ Nan, c’est de ramener Mistigri à la maison. Donc c’est hors de question de te laisser l’attraper, affirma le jeune homme.
_ Pardon ? S’étonna Sanae. Vous voulez dire que…
_ Ouais, il a essayé de choper Mistigri ! »

Sanae se frotta les yeux de dépit. Ce n’était pas possible. Ils étaient en concurrence avec une autre équipe sur cette fichue mission…

« Ben tu peux tricher tout ce que tu veux, affirma le rouquin, mais c’est nous qui l’avons vu le premier, alors c’est nous qui allons le récupérer et toucher la récompense.
_ Pas si on le chope d’abord !
_ Peuh, j’aimerai bien voir ça ! Sœurette, au boulot ! »

En moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, la rouquine s’élança contre le mur. Puis dessus. Par un artifice incompréhensible qui laissa baba les deux aspirants, la jeune fille se mit à marcher le long du mur.

« Héééé ! C’st pas du jeu, ça ! S’indigna Hyûma. On sait pas faire ça, nous !
_ Ha ha ha, bandes de minables, se moqua la rouquine. On est de vrais shinobis, nous, et…
_ Miaaaa ! »

Trop occupée à fanfaronner, la demoiselle n’avait pas fait attention à Mistigri qui venait de passer à l’attaque, lui sautant au visage. L’assaut, l’effet de surprise, les coups de griffes et les lois de la pesanteur taillèrent en pièce la concentration de la pauvre aspirante, qui perdit le contrôle de sa technique et chuta lourdement au sol.

Mistigri atterrît souplement auprès de sa dernière victime et fonça comme un dératé entre les jambes de tous ses énergumènes qui n’avaient décidément rien de mieux à faire que de lui gâcher sa journée.

Hyûma fut le premier à réagir et plongea, tentant de plaquer le vilain matou à terre. C’était sans compter le rouquin qui venait justement d’opter pour la même solution et les aspirants se percutèrent violemment, empêchant en prime une Sanae blasée de tenter une interception sur Mistigri, qui prit la poudre d’escampette sans demander son reste.

« Aïïïeuh ! Grommela le majordome en se massant le front où une grosse bosse commençait à apparaître.
_ Bordel, mais qu’est-ce qui t’as pris de me sauter dessus, bougonna le rouquin en l’imitant.
_ Quoi !? Meuhtropas, c’est toi qui m’as empêché de l’attraper, j’ai bien vu ! ‘Spèce de tricheur !
_ Shinobi à la manque !
_ Poils de carotte !
_ Larbin !
_ Hyûûûma ! Par ici ! »

La répartie hautement réfléchie et particulièrement cinglante que s’apprêtait à lâcher le majordome mourut dans sa gorge lorsqu’il aperçut Sanae, repartie dans la rue, qui lui faisait de grand signe pour qu’il se dépêche.
En un tournemain, il se releva et se précipita à la suite de sa maîtresse.

« Nous n’avons pas de temps à perdre en lutte stérile, prévint la demoiselle. Restez concentré : notre priorité, c’est le chat.
_ Compris, assura Hyûma – pour ce que valait ce genre de déclaration venant de lui.
_ Bien. Alors au travail.
_ T’as vu où est parti Mistigri ?
_ Vous avez vu. Oui. Dans ce chantier.
_ Génial, y’a même un échafaudage !
_ Et qu’est-ce que ça peut bien avoir de génial, ça ? »

*
* *

Dans la petite cour, le rouquin aida sa sœur à se relever. Hormis quelques griffures au visage, plus de peur que de mal. De toute façon, elle avait l’habitude : elle ne maîtrisait que depuis peu de temps l’art de marcher sur les murs et s’était déjà pris un certain nombre de gadins avant celui-ci.
Ils avaient beau se vanter d’être des shinobis, eux non plus n’étaient jamais que des aspirants fraichement débarqués.

« Rrrrrrh ! Gémit la rouquine. Il n’est pas question de se laisser damer le pion par cette sale prétentieuse d’aristocrate et son abruti de larbin !
_ Tout à fait d’accord, sœurette ! Assura son frère. Il y va de l’honneur de la famille !
_ On va leur montrer qu’ils ne sont pas à la hauteur ! Ce chat, il est pour nous ! »

La fratrie se mit en route, plus déterminée que jamais. La partie ne faisait jamais que commencer.

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Dim 2 Juin - 15:19

« Alors ? Il est où ce crétin de matou !? Ronchonna Hyûma.
_ Si vous faisiez moins de bruit, nous aurions plus de chance de le surprendre, signala Sanae.
_ Peuh ! C'st pas un chat qui m'empêchera de parler ! »

Les deux aspirants déambulaient dans le chantier à l'abandon – jour chomé à Konoha – cherchant au petit bonheur la chance d'éventuelles traces du minet de la grand-mère, qui n'avait rien de mieux à faire que de leur pourrir la vie.
Tant la grand-mère que le chat, parfaitement !

« Pitipitipiti ! Où es-tu ?
_ Le mot silence fait-il parti de votre dictionnaire ? Vous espérez réellement qu'il va vous répondre ?
_ On ne sais jamais. Après tout, je l'ai aidé à échapper au Rouquin, hein... Il me doit bien ça.
_ Je ne peux pas croire que vous prêtiez un sens de l'honneur aux animaux. Je ne...
_ Jeun ? Gné ?
_ Là-haut ! N'est-ce pas notre chat ?
_ Parce qu'on a un chat à la maison, maintenant ?
_ Celui que nous cherchons. Suivez, un peu !
_ Baaah, t'es vachement pas claire quand tu parles, aussi. »

Néanmoins, Sanae avait raison : haut perché au sommet d'un mur, le vilain matou se toilettait tranquillement, savourant un répit bien mérité après sa folle aventure.

« Bien, allez le récupérer, Hyûma, intima Sanae.
_ Hein ? Pourquoi moi ?
_ Parce que vous êtes mon majordome et que je vous ai donné un ordre, peut-être ? Mon petit doigt me dit que vous n'attendez qu'une excuse pour faire le fou sur cet horrible échafaudage.
_ C'est vrai ? Je peux !? Youhou ! Tare te gueule, Mistigri, j'arrive !! S'enthousiasma le jeune homme.
_ Tiens donc, Mistigri est par ici ? Fit l'aspirante rousse qui venait de débarquer sur les lieux.
_ Peut-être que oui, nous n'en savons rien, mentit Sanae en prenant un air dégagé. Mais ne vous gênez pas pour le chercher si vous le souhaitez.
_ On va s'gêner, la bourgeoise!
_ Hé ! Sœurette, mate là-haut ! Ça serait pas notre matou ? Signala le Rouquin d'un ton victorieux.
_ Pas touche ! On l'a vu les premiers ! Avertit Hyûma.
_ Bwahaha ! Premier arrivé, premier servi ! Répondit l'aspirant.
_ Tant mieux ! Lâcha le majordome en agrippant le premier barreau de l'échafaudage.
_ Hé, stop ! Ça vaut pas, j'étais pas prêt !
_ Bwahahaha ! »

Sans écouter – il n'aurait plus manqué que ça ! – Hyûma s'était déjà lancé à l’ascension de l'échafaudage brinquebalant, ne laissant derrière lui qu'un ricanement moqueur. Il n'en fallut pas plus pour que le Rouquin attaque l'instable édifice par l'autre côté, bien décidé à battre son adversaire dans cette course folle.

Sous la poussée des deux fous furieux, l'échafaudage se mit à tanguer violemment, laissant tomber quelques outils et morceaux de ferrailles en contrebas, où les deux demoiselles dépitées se demandaient bien comment tout cela ne pouvait pas mal finir.

« Dites, les garçons, faites attention !
_ Va pas te casser la gueule, frangin ! Ce chat en vaut pas la... Kyaaah ! »

Un énorme parpaing venait de s'écraser auprès des deux jeunes femmes, manquant de peu d'écraser la tête de la rouquine.

« Heu... Je crois que je vais les observer d'un peu plus loin, signala Sanae. Ça me paraît plus prudent.
_ Je crois, ouais. D'autant que... Hé mais attends ! J'ai une idée !
_ Laquelle ?
_ Celle-ci ! »

Et la rouquine se jeta contre le mur, avant de les gravir à la verticale en s'aidant de son chakra, sous le regard désapprobateur d'une Sanae qui commençait à trouver cette technique franchement déloyale. En plus d'être m'as-tu vu.

Heureusement, il y avait une justice en ce monde, puisqu'un seau – vide – s'improvisa heaume intégral pour la rouquine, les forçant tous les deux à rejoindre brutalement le plancher des vaches.
C'est que les deux bourrins à l'assaut de la tour d'acier n'y allaient pas avec le dos de la cuillère.

D'ailleurs, la course acharnée des deux aspirants touchait sa fin.

« Premier arrivé... ! Exulta Hyûma en prenant pied sur la charpente du toit.
_ … premier servi ! Jubila le Rouquin en se hissant à ses côtés.
_ …
_ …
_ Ben il est où le chat ? S'étonna Hyûma en regardant tout autour de lui.
_ Meeeerde... Y'aurait une autre équipe sur le coup, alors ?
_ 'faut dire que si vous aviez opté pour une approche un peu plus discrète, il aurait peut-être pas eu la mauvaise idée de filer, maugréa la rouquine en se hissant enfin tant que bien mal au sommet.
_ Ben comment tu voulais qu'on monte, s'non ? Fit remarquer Hyûma.
_ Je voulais pas que tu montes, d'abord !
_ Haha ! Impossible : y'avait un échafaudage !
_ C'est quoi le rapport !?
_ Bon, t'inquiètes pas, Sœurette, on va le retrouver vite fait, assura le Rouquin. Il a pas pu filer bien loin, hein... »

Les trois aspirants se mirent à scruter désespérément autour d'eux, des fois qu'il y ait des signes de ce foutu Mistigri. Rien de rien. Le vilain matou semblait s'être visiblement volatilisé, purement et simplement.

« Tiens, tu es là, toi ?
_ Miaaaaa.»

La voix de Sanae attira aussitôt l'attention des trois dindons hauts perchés. Jetant un coup d’œil en contrebas, ils eurent juste le temps de voir Sanae battre en retraite face à un coup de griffes préventif du chat réfractaire à l'idée de se faire attraper.

« Bon sang, c'est la bourgeoise qui l'a trouvé, s'emporta la rouquine. Dépêche-toi, frérot ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait, la rouquine se mit à redescendre – prudemment – le long du mur. Face à l'urgence, ni une, ni deux : les deux jeunes hommes échangèrent à peine un regard avant de prendre leur élan et de s'élancer vers le vide.

Une bourrasque de vent passa, soulevant un nuage de poussière devant les deux bourrins figés en haut de leur mur. Hyûma se racla la gorge. Le Rouquin se gratta la nuque.

« C'est que... ça fait plutôt haut, quand même...
_ Haha ! Je me disais justement la même chose, remarqua Hyûma.
_ Héhé, les grands esprits se rencontrent ! Se félicita l'aspirant.
_ Ouais ! On ferait mieux de passer par l'échafaudage, c'est plus prudent.
_ Tout à fait, en voilà une bonne idée. »

Échaudé à l'idée d'un saut de l'ange dans le vide, les deux aspirants firent joyeusement demi-tour et prirent pied sur la structure branlante.
Qui émit sur l'instant un grincement métallique de fort mauvais augure.

« Hum... Je crois que j'ai entendu un bruit, fit remarquer Hyûma.
_ Heu... Tu crois ? »

Dans un klonk sonore, la plancher de l’échafaudage s'abaissa brutalement de quelques centimètres, manquant de déséquilibrer les deux hommes, qui s'accrochèrent l'un l'autre pour rester debout.

« L'échafaudage s'effondre ! Hurla le Rouquin.
_ M'enfin ? Comment ça se fait ?
_ On va tomber !
_ Gyaaaah ! »

Dans un hululement fatigué, l'échafaudage tangua vers le mur. Les deux aspirants, toujours agrippés l'un l'autre, tentèrent de sauter sur la charpente, mais au moment où ils prenaient leur impulsion, la structure se mit à pencher impitoyablement vers le vide.
Alors que les deux jeunes hommes se rejetaient bruyamment la faute l'un l'autre, la planche sur laquelle ils se tenaient se délogea de son support. Incapable de se retenir à quoi que ce soit, les deux aspirants glissèrent le long de la planche et percutèrent brutalement le plancher inférieur de l'échafaudage.
Pulsant comme jamais, la structure se mit littéralement à se désintégrer en une avalanche de bout de ferrailles et de morceaux de machins divers et variés.

Alors que le nuage de poussière s'effilochait autour d'eux, Hyûma tapota l'épaule du Rouquin.

« Hé, merci ! C'est vachement sympa de m'avoir servi de coussin !
_ Va et diable ! Pis vite, parce que t'es pas léger, hein !
_ Rooooh, t'es vachement grognon, mec.
_ Frangin ! Attrape-le, vite ! »

Le majordome se retourna pour voir la rouquine foncer vers lui, dans le sillage d'un éclair noir et blanc qui...
Noir et blanc.
Mistigri !

D'un bond, Hyûma se releva et se jeta à la poursuite du satané félidé, aussitôt imité par le Rouquin. Incapable de se départager par la vitesse, les deux aspirants foncèrent de concert.
Sauf que Mistigri eut la mauvaise idée de se faufiler par l’encadrement d’une porte.

Comprenant qu’il y avait un shinobi de trop dans cette course, les deux jeunes gens tentèrent de s’évincer l’un l’autre, à grands coups d’épaules et force jurons et invectives, tandis que l’échéance fatale se rapprochait inexorablement.

Jouant de toute sa masse, Hyûma percuta violemment son camarde, le déviant irrémédiablement sur le côté. Dans un grand esclaffement victorieux, le majordome se félicita de son ingéniosité et de son esprit acéré qui lui avait permis de triompher de l’adversité.

Tant et si bien qu’en franchissant l’encadrement, il ne fit pas attention à la marche et s’étala de tout son long sur le sol.
Tandis que le Rouquin enjambait prestement et sans difficulté le mur en peine formé qui s’étendait à côté de la porte.

« Héééé ! Ça vaut pas ça ! Hurla Hyûma à l’attention de l’horripilant aspirant. Y’a pas le dr…
_ Vire de là ! Lança une voie féminine.
_ Gné ? »

Et la rouquine lui passa dessus, le piétinant méthodiquement au passage. On avait pas idée d’improviser une sieste au beau milieu du chemin, aussi…

Furieux, le majordome-paillasson se releva, bien décidé à leur montrer à tous que çui qui lui piquerait Mistigri sous le nez n’était pas encore né, avant de s’élancer à la suite de la fratrie d’aspirants.

Les choses semblaient néanmoins mal engagées, puisque le Rouquin était presque sur le chat. Dans un dernier effort, il piqua un sprint démentiel.
Au même moment, Sanae, caché derrière l’angle d’une cloison, lança une bâche lestée en direction du chat.

Le champ de vision brusquement obscurcit par un tout nouveau chapeau, le Rouquin fila tout droit et s’emplafonna contre un mur, tandis que Mistigri filait sans demander son reste et que Sanae horrifiée se répandait en excuse.

« Je suis désolée, je ne vous avais pas vu arriver et…
_ Dis donc, la bourge, ça va pas bien de faire des pièges comme ça, se révolta la sœur de la pauvre victime. Parce que je te préviens, on la joue soft mais si tu nous cherches…
_ Ça vous va bien de dire ça alors que vous venez de piétiner mon majordome, signala Sane.
_ Ben c’est un larbin, c’est fait pour ça, nan ?
_ Hé ! Ch’uis pas un larbin !
_ On a pas le temps, sœurette, intervint le Rouquin en se frottant le nez. Notre chat va nous semer.
_ Que dalle, c’est le notre, on l’a vu le premier ! »

Et le quatuor déjanté repartit à la poursuite du pauvre félidé, qui avait bien l’impression que le ciel lui tombait sous la tête, sous le regard amusé des badauds : avec des aspirants si plein d’énergie, l’avenir du village était assuré.

*
* *
Epilogue bonus :
 

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Sam 8 Juin - 12:23

-Bon, vous allez nous suivre encore longtemps?
-Hé, c'est vous qui nous suivez, j'te ferais savoir!

Les quatre aspirants progressaient dans les ruelles à vive allure, leur groupe se frayant un chemin parmi les quelques passants qui s’en écartaient prudemment. Ils avaient un chat à fouetter, et comptaient bien remplir leur mission. En attendant, les duos de rivaux restaient scotchés l’un à l’autre.

-On vous surveille, c'est pas pareil, répliqua le rouquin.
-Meuh voyons.
-Je préfère éviter qu’un gros bourrin essaie encore de m’embrocher avec des planches.
-Rhooo l’autre eh, même pas vrai. C’était parfaitement maîtrisé, se défendit Hyûma.
-Je pense que nous pourrions régler ça autrement, tenta Sanae.
-Non merci la friquée, on n’est pas à acheter.
-Je ne pensais pas du tout à…
-Par contre, vous pourriez tout à fait abandonner.
-J’ai très envie d’abandonner, maintenant qu’on en parle.
-Ah non, Sanae, flanche pas, on va les battre!
-Vous. Ne. Flanchez. Pas.

Rester calme, rester calme, rester calme et mesurée en toutes circonstances, quoi qu’il arrive, même si le ciel lui tombe sur la tête. L’Hanaerobi se figea dans l’allée, répétant mentalement ce mantra entre deux longues inspirations silencieuses. Là, elle allait craquer à cause d’une bande de gamins attardés.

D’où venait le problème, d’abord? Elle aurait probablement du dire non à Hyûma quand il lui avait ramené cette mission. D’un autre côté, elle était tenue d’en effectuer. Mettre en concurrence des ninjas d’un même village était stupide, par contre. Et l’esprit de compétition de ces deux-là, qui flattait dangereusement l’attitude va-t’en guerre de Hyûma, était en train de lui pourrir sa journée.

-La petite bourge a un souci? Va pleurer parce que les méchants ninjas l’embêtent?
-Partez devant.
-Pour que le bourrin nous charcute encore par surprise?
-Ta frangine était pas mieux sur le chantier, répliqua Hyûma.
-‘Sûr, on voit encore la marque de mes semelles sur ton...
-Ca suffira, siffla Sanae. Vous êtes ridicules. Nous ne sommes pas en train de nous battre. Nous ne sommes même plus en train de chercher ce chat ; nous n’avons aucune idée d’où il se trouve. Je vous aurais bien proposé de coopérer, mais vu comment les choses sont parties, ça n’est plus une option. Dans ce cas, très bien. Partez devant.
-Et le bourr…
-Il s’appelle Hyûma. Et je le surveille. Allez-y, vous avez le champ libre.

La fratrie se concerta du regard, un peu déconcertée. Le rouquin jeta alors un œil à Hyûma, qui –surprise!- ne pipa pas mot. Peut-être que sa patronne parvenait à le tenir en laisse, se dit-il. Si c’était le cas, c’était un bel exploit. Alors, pourquoi pas.
D’un autre coté, il n’avait pas spécialement envie d’obéir à la petite bourgeoise qui piquait sa crise d’autorité. Question de principe. Mais le regard qu’elle lui adressa le fit rapidement changer d’avis.

Une fois seuls, Sanae se tourna vers son majordome, visiblement soulagée.

-C’est étrange, je m’attendais à ce que vous protestiez.
-C’est-à-dire?
-Que vous partiez sur un « Non, il ne faut pas les laisser nous distancer ». « Ils vont nous doubler pour la récompense ». Ou bien un « Je préfère pouvoir les assommer s’ils touchent encore à Mistigri ». Ce genre de choses.
-Ouais, mais nan. Ces idiots sont allés dans la mauvaise direction, tu vois?
-Dans la… mauvaise direction. Comment cela?
-Ben Mistigri est aux sources, tiens donc!

L’air de l’Hanaerobi était aussi surpris que consterné. Aussi pressa-t-elle son acolyte d’en dire plus.

-Sources?
-Ouais. D’après sa proprio, Mistigri adore les bains chauds avant sa sieste. C’est écrit sur le papier de mission, au verso. Tu l’as pas lu?
-…
-Tu l’as pas lu, en fait, hein?
-Vous ne l’avez pas lu. C’est moi qui vous ai suggéré de le lire, Hyûma. Je l’ai fais avant vous.
-Donc tu ne l’as pas lu!
-Rassurez-moi, vous plaisantez?

Il se contenta de lui adresser un grand sourire, qu'il concevait avec une large de part de "j'le savais!" qu'elle ne releva pas. Préférant s'en tenir là, Sanae se contenta de le suivre. Il connaissait bien le village, ainsi que les raccourcis pour se rendre d'un endroit à un autre sans avoir à supporter l'encombrement de l'artère marchande du village.

C’est alors que l’Hanaerobi eut la révélation. A l’approche du village, déjà, elle avait pu constater que celui-ci n’avait aucun mur pour le séparer de l’extérieur. Elle avait entendu parler d’animaux parfois dangereux qui pouvaient roder tardivement dans les rues, à l’occasion.
Soit : cela expliquait pourquoi certains locaux croyaient à des phénomènes type maisons hantées. Et les rues de Boya n’étaient elles mêmes pas toujours sûres, surtout pour une jeune femme rançonnable.

Elle s’y était plus ou moins préparée, avant son arrivée. Elle savait déjà qu’il faudrait sacrifier beaucoup de son confort de la capitale, ici. Elle pouvait encaisser à peu près tout, du moment qu’on ne lui refusait pas certains des petits plaisirs de la vie auxquels elle s’était habituée. Parmi ceux-ci, la jeune citadine avait deux besoins essentiels.

L’heure du thé en était un. Ca, c’était une tâche que son majordome lui-même ne se verrait jamais confier. Trop important. Sans compter qu’elle seule décidait librement de quand tombait l’heure du thé, parfois même plusieurs fois par jour. Et qu’ô grand jamais elle ne laisserait la maladresse de Hyûma risquer l’intégrité de son service à thé.

Et quant à son second grand dada… ses espérances fondirent comme neige au soleil à l’approche d’un grand bâtiment dans lequel se trouvait peut être le félin.

-Donc nous sommes aux… bains du village. Hum.
-On dit « sources chaudes », pour être précis. En plein air et tout le tintouin. Génial, non?
-Les sources. Ha ha… nous sommes dans un village pittoresque, ne pas l’oublier. En effet… c’est plus… approprié. Le village est récent, vous n’avez aucune infrastructure aboutie, n’est-ce pas?
-Une infraction?
-…

Sanae considéra la construction à contrecoeur. Elle qui adorait végéter des heures durant dans ses bouillons de bonheur savonneux se voyait mal jouer à ça dans le village ninja. Non, bien sûr : elle ne se laissait pas influencer par l’apparence miteuse de la bâtisse. Elle n’avait pas vraiment l’air d’être sale et mal entretenue. C’est sûrement son imagination qui lui jouait des tours.

Mais elle était tout aussi loin d’avoir l’air propre. Cette impression fut confirmée lorsqu’ils arrivèrent à la réception. Il y avait beaucoup trop d’humidité incrustée dans les murs et le mobilier. Des nids à bactéries, jugea-t-elle. Quand à cette chose, sous le banc... non, mieux valait ne pas regarder.

-Et donc, nous y voilà… hum. Ca n'est pas très...
-Blindé? Sûrement pas à l'heure de la sieste, tu paries!
-Vous. Vous pariez. Il me semble pourtant que…
-Nan, on reviendra une autre fois pour faire trempette, ma vieille.
-Mademoiselle. J’aimerais savoir comment vous espérez trouver Mistigri, ici.
-Eh ben c’est fastoche : toi tu fais les sources des filles, moi la partie pour les hommes. Le chat doit bien être quelque part dedans, nan?
-Je pense qu’il va y avoir un petit problème.
-Meuh non. Ouesque tu pourrais trouver un problème dans un plan aussi simple que « on se sépare pour chercher un chat » ?
-Je ne suis pas sûre que l’on ait le droit d’être là.
-Et pourquoi ça ?
-Il n’y a personne, indiqua Sanae en signalant le comptoir.
-Tut tut. Ce sont des bains publiques. Ce qui signifie que c’est ouvert au public.
-Oui, mais… il y avait un épais cadenas accroché à la porte. Ca n’est pas ouvert un lieu en libre accès, donc.
-Mais comme ça n’était pas verrouillé, ça veut dire qu’on a le droit d’entrer : CQFD, triompha Hyûma.
-Je ne suis pas sûre que…
-Allez, ma grande. Je vais finir par croire que tu n’as pas envie de réussir cette mission.
-Mademoiselle. Vous. Quant à la mission, eh bien…

Elle cherchait encore les mots pour lui dire non que trop tard, l’aspirant s’était déjà engouffré dans sa section. Ce n’est que lorsque les derniers « pitipitipiti-viens-voir-tonton Hyûma » cessèrent de faire écho qu’elle se tourna vers la section des femmes.

Ils avaient bien le droit d’être là. N’est ce pas ?


Un peu hésitante, l’Hanaerobi tendit l'oreille en approchant des vestiaires, fouilla dans les coins sans grande conviction, et inspecta quelques casiers entrouverts pour faire bonne mesure. Non, quoi qu'il en soit, l'animal n'était pas là. Il ne lui restait plus qu'à aller voir le bassin. Au cas où.

Elle ne put s’empêcher de progresser silencieusement dans le bâtiment. Elle avait pratiquement l’impression d’être une voleuse, et n’avait pas spécialement envie de s’y faire prendre.

Hyûma avait vu juste, pourtant. A peine arrivée au bain, elle repéra immédiatement l’animal. Ce dernier paressait paisiblement en hauteur, installé confortablement sur la paroi de fortune qui encadrait le bassin. Vu comment elle était située, c’était probablement pour séparer les bains en deux. Une pour chaque genre.

Malgré sa présence, Mistigri miaula de contentement. Comme Hyûma l’avait dit, il profitait simplement des vapeurs chaudes en se laissant dorer au soleil.

Le plus délicatement du monde, Sanae tenta de s’en approcher. L’animal ne protesta pas ; tout occupé qu’il était à profiter de la température ambiante, il ignora royalement la jeune femme.

Celle-ci se dressa sur la pointe des pieds, tentant d’attraper le chat… sans succès. Elle s’en détourna pour observer les alentours, à la recherche d’un baquet, ou n’importe quoi qui l’aiderait à se surélever.

Un tabouret, par exemple.

A peine l’avait-elle installé contre la cloison que des voix se firent entendre.

-Ouais, j'ai trouvé Mistigri! Sœurette, c'est bon!
-Que dalle, il est à moi! J'l'ai vu le premier!
-Toi le larbin, tu dégages.
-C’est pas larbin, c’est majordome, d’abord!
-Et ça change quoi?
-Le premier arrivé gagne la mission!

Sanae ne comprenait pas. Bien sûr que non, le chat était devant elle. Juste là, sur le rebord. Rebord qui donnait de là où venaient les deux voix. Et les bruits de course.

De l’autre coté de la paroi, le majordome et son rival d’un jour fonçaient comme des dératés à travers les bains des hommes. Hyûma avait de l’avance, mais se faisait rapidement rattraper par l’autre. Il allongea encore la foulée, et au diable les risques qu’il avait de glisser sur ce sol humide.

L'énorme fracas qui retentit -probablement le son d'un baquet lancé à deux bras contre un rocher- mit fin aux interrogations de la jeune femme.

-PUTAIN MAIS T'ES MALADE? C'EST LA DEUXIEME FOIS, MEC!
-Eh, je t'ai dis de pas y toucher...
-Tu cherches les problèmes ou quoi?
-Mais c'est toi qui veux pas comprendre, aussi!, lui répondit la voix de Hyûma.
-Hyûma, arrêtez ça!

Ca n'était pas bon. Il était hors de question que son majordome se livre à de tels...

Elle n'eut pas le temps de finir que les bourrins renversèrent la fine paroi séparant les deux bassins, décalant la jeune femme sur quelques mètres jusqu’à s’arrêter au bord du bassin.

Hyûma manqua de vaciller, mais parvint à s’agripper in extremis au rouquin. Celui-ci remua juste ce qu’il fallait pour ne pas finir à l’eau. Tous deux poussèrent un soupir de satisfaction, soulagés d’avoir échappé à la baignade.

Sanae, par contre…

Le majordome se décomposa en voyant son employeuse lutter pour garder l’équilibre, au bord du bassin.

La chute semblait inévitable.


Et pour savoir ce qu'il en est...

Note: demande de Checkpoint effectuée à ce stade / aucun effet.
Ibuki Senjago
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MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Jeu 20 Juin - 19:37

Magouille

C'était dans l'arrière boutique que Saitou recevait ses clients spéciaux.  Alors que sa façade, un restaurant de nouilles aux cuisinières coquines — plus économique, on abîmait moins la marchandise —, roulait entre deux bordels, son second commerce, la vente d'herbes, connaissait des hauts et des bas.  Plusieurs fois, Saitou avait failli tout perdre...  Et la plupart des cas, c'était dû à celui qui, impérial, se levait, plaquant sa main sur le bureau patron. « Merde Saitou, j'te l'ai déjà dit : on fait gaffe maintenant ! s'emporta Uchiha Teruki, le second du Hotaru's Band, le groupe populaire de Ren "Hotaru".
C'était une fois de trop Teruki.  Les filles ont failli me perdre, la dernière fois, répondit calmement, coinçant dans sa pipe du tabac encore frais.
Rien à foutre des filles !  Putain, Saitou, fais pas l'con.  Tu connais Hotaru, tu connais comme il peut péter des plombs parfois ? jouait la comédie l'Uchiha ; Ren avait eut la merveilleuse idée de se faire passer pour un caïd, envoyant Teruki joué le sous-fifre téméraire pour avoir à rabais les produits trop chers payés de Saitou, seul revendeur qui avait des affaires avec des Uchiha...
Alors il te cassera la gueule, ça m'est égale.
Et qui va te sauver les fesses, la prochaine fois qu'on voudra tout te saisir ?
Sûrement pas vous, ricana l'homme, allumant d'une allumette grattée sur le coin de la table sa pipe, et tirant de longs nuages de boucane odorante. »
Teruki perdait patience.  Il n'avait pas toute la journée, et était toujours réticent à venir demander l'herbe à Saitou, de peur de se faire reconnaître par un des membres du clan, qui pouvait bien rôder dans le coin.  Ren savait se faire si convainquant...  Et sortir du blé d'il ne savait où, pour leur vice de fumée.
L'Uchiha ne devait cependant pas perdre le contrôle et se calmer.  Il ferma un instant les yeux, la petite veine saillante à sa tempe et les rouvrit.  Son poing cogna une seconde fois le bureau. « Charges au prix régulier.
Ça va te coûter cher.
Mouais mais bon, je m'arrangerai avec Hotaru-san.
Je double le prix et on quitte, pour la dernière fois.  Et la prochaine que tu voudras acheter, ce sera régulier...  Régulier à partir de maintenant, pour toutes les prochaines fois.
... se retint Teruki, mais finalement... Tu vas nous le payer.
Ah non, ce sont vous qui payerez.  Allez, aboule le fric, les affaires sont les affaires, et le temps c'est de l'argent. nargua Saitou, avant d'aller chercher la commande et la fourguer à Teruki. Dégages. »
Teruki accepta sans demander son reste, et claqua la porte, le rire de Saitou le raccompagnant jusqu'à la sortie.

La nuit était tombée et le tintamarre des établissements peu nets d'à côté enchantait les ruelles.  Les petites lanternes de papier qui pendaient ci et là rajoutaient un petit côté mystérieux, qui effrayaient les enfants et excitaient la libido de ces messieurs.
Ren, Uchiki et Koshi, adossés à un mur, attendait leur « intendant », comme l'appelait Ren.  Sora, la copine officielle de Hotaru, était avec eux, ou plutôt sur Ren, à lui manger la langue et lui caresser furieusement les cheveux.  L'aspirant, lui, ne lui rendait qu'à moitié son ardeur, car il guettait du coin de l'oeil l'arrivée de Teruki.
D'ailleurs, lorsqu'il vit son ami débarqué comme un taureau en furie, il repoussa aussitôt Sora pour aller sur lui, le prendre par les épaules et lui demander ce qui se passait.  Teruki rapporta la nouvelle entente avec Saitou.  Ren vit rouge.
Se retournant, et sûrement pour l'une des rares fois où, vraiment, il s'emportait, le garçon frappa un kiosque abandonné pour la nuit et le renversa de son coup de pied.  Sora eut un sourire en coin, malicieuse, tandis que Uchiki et Koshi se regardaient, sans savoir quoi répondre.  Seul Teruki partageait sa colère.
Ren cria : « What a jerk !  La dernière fois ?  Quelle dernière fois ?  Y a eut plein de dernières fois !  Puis ramenant son explosion à une sourde colère, d'entre ses dents : Tu lui as parlé des conséquences ?
Il n'a rien voulu entendre.  Il ne croit rien.
On est baisé.  On fait quoi maintenant ?
Vous lui démontez la gueule, ricana Sora, spectatrice de ce drôle de cirque.
On peut pas faire ça, idiote, on aurait que des problèmes avec ça, répliqua Teruki.
C'est ce qu'il mérite ! »
Ren frappa de nouveau le kiosque, le démolissant à coups de pied.  Puis, sa frustration passée, il revint vers ses frères et dit, le regard brillant de vilaine intelligence : « C'est pas à nous de le démonter, vous comprenez...  Ça devrait être quelqu'un de plus... comment dire... Ténébreux.  Une sorte de brigand inconnu.  Masqué.  Nous faudrait des masques.
Mec, c'est trop dangereux qu'ils tombent, ricana sérieusement Teruki.
Hot', t'es pas aspirant ?  Tu peux pas utiliser ton chakra ? questionna innocemment Sora, profitant de sa question pour se coller au ténébreux Uchiha.
T'es une génie Sora ! l'embrassa à pleine bouche Ren, lui redonnant la fougue de tantôt.  O.K., rendez-vous demain midi, je vais tenter de dénicher une petite technique ninja pour nous aider.  J'ai lu quelque chose dans un livre, à propos du chakra et du... Henge, il me semble, que cela s'appelait.  O.K., midi, demain, à l'endroit habituel.  Puis tournant son regard vers sa belle : Tu sais que je t'aime, toi ? »
Et Ren parti bras autour des épaules de Sora, sifflotant de bonheur quant au coup qu'il allait monter le lendemain.  Teruki et les deux frères, eux, restèrent un moment hébété, et lorsque le propriétaire du kiosque, rameuté par les cris et le fracas de Ren, vit que son bien était en morceaux, les trois Uchiha n'hésitèrent pas : ils prirent leurs jambes à leurs cous.



* * *


Le lendemain, comme convenu, Ren déboula à la planque, un rouleur entre les doigts.  Les autres le regardèrent un instant, toujours avachis dans les meubles crasses, troués, déchirés, puis Koshi explosa d'un grand rire sonore.  Sora, qui était accrochée à la taille de l'aspirant, jeta un sourire de défi à Teruki, qui faisait la moue.  Pour lui, ils allaient s'attirer des ennuis, pour sûr.
Ren vint s'écraser dans son divan préféré, ses jambes tombant sur la table de verre, basse et poussiéreuse.  Il jonglait avait le rouleau technique. « Pfiou.  That wasn't easy...  Mais j'ai réussi à l'emprunter pour une heure.  Enfin, "l'emprunter" quoi, éclata-t-il de rire, suivit d'Uchiki, Koshi et Sora ; seul Teruki continuait de faire la moue boudeuse.  Faut vite se mettre au boulot, sinon ça aura servit à rien.  Bon allez, de ce que j'en sais, faut commencer par lire. »
Ren déroula.  Il zieuta rapidement, en diagonalement, avant de re-rouler et dé-dérouler...  Une fois en main, il tourna sur le côté le parchemin, son visage sembla s'éclaircir mais finalement, il laissa tomber ses bras, sa tête se renversant dans l'un de ses soupirs qui voulaient tout dire.  Ce que c'était compliqué !
Les autres sourcillèrent.  Ren les regarda un moment...  Jamais qu'ils ne parviendraient à piger un seul mot de ce qu'il dirait.  Même lui ne pourrait facilement comprendre ce qu'il lirait à haute voix.
Il soupira de nouveau et se remit dans son examen de la technique.  Apparemment, il fallait parvenir à modeler le chakra autour du corps pour créer une couche solide, qui aurait l'apparence souhaitée.  En théorie, c'était simple.  Mais c'était l'explication suivante, les étapes, les méthodes, qui ne cadrait pas dans la facilité.  Voyons...
Teruki se leva et vint jeter un coup d'oeil. « Et merde.  Saitou, il pourrait continuer à nous voler qu'on ne pourrait rien faire, avec ton plan foireux, Hot'.
Quoi ?  C'est aussi dur qu'on le dit ? ajouta Sora, venant à son tour au-dessus de l'épaule de Ren.
Faîtes voir !  Faîtes voir ! de se rajouter Koshi, son frère suivant. »
Et ils se coincèrent tous derrière Ren, attendant un de ces fameux commentaires... « Bah non...  Attendez...  D'abord on fait
ça,
dit-il en se levant, le majeur et l'index pointés vers le plafond, le reste des doigts rabattus vers la paume.  Hum.  Ensuite ça, zieuta-t-il sur le parchemin, tout en ramenant son autre main dans sa première paume.  Après, on n'a plus qu'à y mettre un peu de chakra, comme avec le genjutsu et voi...
LE GENGAGUOI ? dirent en choeur la petite bande.
Bah le genjuts...  Ah merde, vous ne savez pas c'est quoi hein ? »
Les autres secouèrent la tête.  Ren se frappa le front de sa paume.  C'était mal barré... « Bon ben, on laisse tomber alors ?
Bah non, toi, t'es aspirant.  Toi, tu peux l'faire.  T'as juste à nous montrer, on va comprendre.  Y a pas de prob', ricanait Teruki, alors qu'il tentait à son de lire le parchemin.
O.K....  Attention les yeux !  Et c'est partit !  The mind is tough ! »
Ren laissa son chakra couler, un peu comme Makuren le lui avait appris pour la base de l'art de l'illusion.  Et dans un nuage...
Rien ne se passa.

Se grattant la tête, les trois autres regardèrent ébahis le petit chef, l'envie de sourire ne manquant pas, puisque Ren venait d'échouer, malgré son assurance sans borne. Sora vint se suspendre à son amoureux, le bécotant de baisers mielleux. « Ce n'est pas grave Hot', coulait-elle entre deux bouchées de joue. T'es beau quand même ! »
Ren roula des yeux, écartant du bras sa copine. Elle fit la moue, voyant que ses encouragements pourtant sincères ne faisaient que plus sourciller Hotaru. Teruki s'avança, jetant un coup d'oeil au parcho'. « 'Faut dire que la magie, c'est plutôt compliquée aussi. À qui as-tu pris ça ?
J'ai surpris le superviseur du Temple à roupiller. J'ai acheté son silence... fit d'un ton absent Ren, encore absorbé par l'étude de ses erreurs.
Ah... Je vois, répondit Teruki, lui aussi soudainement songeur. Comment ça fonctionne... la magie ?
Ce n'est... pas vraiment de la magie. C'est plutôt une sorte de fluide interne. C'est ce que m'a expliqué un type après m'avoir plongé dans une illusion fantastique.
Une illusion ?... Ouais je vois. T'as encore trop fumé, fit d'un sourire Teruki, à mi-voix.
Ouais. Trop fumé quoi... rit Ren pour eux-deux. »
Les deux compères se rassemblèrent au dessus du parchemin, l'étudiant en profondeur et se coupant des trois autres. Sora croisa des bras puis finit par quitter la pièce, tandis qu'Uchiki et Koshi se mirent à pratiquer un morceau. Les minutes passèrent.

Au trentième essais, c'était bon. Enfin, presque. Encore quelques ajustements et Ren parviendrait à un résulta potable. Il regarda l'heure et tiqua.
Il devait aller reporter le rouleau. D'un clin d'oeil à Teruki, qui approuvait d'un hochement de la tête, ils se séparèrent.
Rendez-vous 21h00... Pour les derniers arrangements.


* * *



Il était vingt-et-une heures, l'heure d'ouvrir boutique.  Saitou coinça sa clef dans la serrure et débara la porte arrière, tombant directement sur son bureau.  Les filles n'arrivait qu'à moins le quart, il devait faire le tour de son petit restaurant pour s'assurer que tout roule.  Saitou était assez petit, sous la moyenne générale.  Plutôt bedonnant, et chauve, il n'était pas ce que l'on appelait un modèle de beauté.  Ses doigts boudinés n'avaient caressés que très peu de visages, et ses lèvres n'en avaient pas embrassés plus — sauf s'il payait, bien sûr.  Néanmoins, le patron était ingénieux et ambitieux, n'ayant pas froid aux yeux.  Bien qu'il jouait beaucoup dans l'illégalité, ses bonnes relations avec les personnes qu'il lui fallait lui permettait de passer sous le radar Uchiha.  Quelques bourses sous la table et le tour était joué.

D'autant plus que le gros rayonnait, aujourd'hui.  Hier encore, il s'était débarrassé du groupe de ce merdeux d'Hotaru, qui l'avait assez baratiné comme ça.  Son chantage avait cessé lorsque Saitou avait accueillit dans son modeste commerce le frère du père de Ren qui, quelques coupes de saké plus tard, riait du pauvre garçon qu'était l'aspirant, mettant ainsi Saitou dans la confidence.  Bien sûr, cet énergumène n'avait parlé que d'un Ren, alors que Saitou connaissait celui-ci sous le nom d'Hotaru.  Mais sa vive intelligence lui avait surfis à comprendre et faire le rapprochement.  Ainsi, le bedonnant patron avait élaboré son plan pour se débarrasser de ces gamins, pour cesser de leur vendre à rabais son herbe. 
Voilà qui était bien.

Après avoir rapidement fait le tour du proprio, Saitou retira le loquet de la porte de devant et retourna dans son bureau dans l'arrière-boutique.  Les filles viendraient se changer sous ses yeux dans quelques minutes et c'était tout juste le bon temps pour se fumer du bon tabac.  Saitou aimait le bon tabac.
En fait, c'était son péché mignon.
Pourtant, la première bouchée ne fut pas bonne.  En fait, une chose déplaisait à Saitou, mais quoi ?

Il n'eut pas le temps de penser qu'on le plaqua sur son bureau, un bras dans le dos, trop haut.  Sa joue s'écrasa, tandis que son épaule menaçait de débarquer.  Sa pipe tomba au sol et Saitou, d'une voix souffrante : « Ho... ta... ru...  Je me demandais...  Pas si fort !... quand tu viendrais...  Aïe aïe ! parvint à rire l'affreux.
Hotaru, qui est-ce ? fit une voix basse et empreinte d'expérience ; Saitou blêmit.
Que...  Qui êtes-vous ?  Que voulez-vous ?  Que ME voulez-vous ?
La drogue.  Toute.
Hein ?  Mais de quoi parlez-vous ? feinta Saitou, au summum de sa résistance à la douleur.
Ne fais pas l'innocent, Saitou Kuroshime.  Nous t'observons depuis bien longtemps.
He... Hein ?  De quoi vous parlez ?  Je ne sais pas de quoi vous... C'est bon, c'est bon, c'est bon !  Derrière les livres de la première rangée !  A...  Arrêtez, vous allez me casser le bras ! cria Saitou, au comble de la souffrance. »
Celui qui maintenait le patron fit un signe de la tête à un autre, qui s'empressa de renverser tous les livres.  Un petit coffre apparut. « Le code, dit l'agresseur.
Je...
Le code ! insista-t-il, en envoyant d'un coup le bras vers le haut. »
L'épaule ne tint pas et se déboîta dans un bruit sinistre.  Celui à qui elle appartenait poussa un cri, tandis que son agresseur relâcha son emprise instantanément.  Saitou glissa de son bureau et se ramassa au sol.  Au même moment, la clochette signifiant que les filles arrivaient déclenchèrent un mouvement de panique dans le bureau. « SAAAAITOOOUUU-SAMAAAA !!! poussèrent en choeur les filles qui ouvraient la porte du bureau, déjà semi-nue, et les malfaiteurs, autant pouvaient-ils être, de se pousser par la petite porte de derrière... »



* * *


« Shit ! cria Ren, frappant le mur.  On y était presque et il a fallut que tu lui casses le bras Uchi' !  Tu fais chier !
Arrêtes Hotaru, ce n'était pas de sa faute ! Koshi de prendre la défense de son frère.
Et pourquoi tu ne t'es pas tenu au plan, Hot' ?  Pourquoi il y a encore fallu que tu en veuilles plus ?  Lui foutre la trouille, c'tait tout ce qu'on voulait...  Fallait-il absolument que tu veuilles ton herbe ? enchaîna Teruki, se rangeant auprès de Koshi et Uchiki.
Oui.  Pour faire payer c'gros porc.
Imbécile !  C'est à cause de toi si ça a foiré !
Ah ouais ?  Bah tu sais quoi Tek' (Teruki) ?  J'me casse !  Bye !
C'est ça, bravo Hot'.  T'as l'air fin maintenant...  V'nez les gars, laissons monsieur Hotaru Uchiha broyer du noir seul. »
Les frangins soufflèrent avant de suivre Teruki dans la direction opposée de Ren.

L'aspirant marcha longtemps, les mains aux poches.  C'est vrai qu'il venait de foirer misérablement.  Jamais qu'il ne l'avouerait mais... il s'en voulait incroyablement.  Ils les avaient entraînés dans ce guêpier sans filet, et ce fut à deux doigts qu'ils purent s'en sortir.  À l'entraînement du Henge, seuls lui et Uchiki avaient passablement réussit.  Au départ, c'était eux qui, à la base, devait mener la mission d'intimidation à bien... mais comme toujours, Koshi et Teruki avaient insisté pour venir, et à quatre... ça merdait deux fois plutôt qu'une.
Heureusement que le temps était doux, et la lune belle.  Ren se laissa aller à son imagination, fredonnant une chanson.  Elle racontait l'histoire d'Amaterasu et de son fiancer, Susanoo ; les divinités du clan Uchiha.  Cette lune était comme un peu leur village, Tsukyomi, à jamais oublié...

Ren avait le blues.  Et il se laissait aller à ses émotions, qui guidaient ses pas.  




Dernière édition par Ren Uchiha le Sam 29 Juin - 20:40, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Sam 29 Juin - 0:11

« Hyûma ! Et le petit déjeuner alors !? »

Oboro jeta un coup d'oeil mécontent vers la porte du couloir. Qu'est-ce que cette andouille de majordome fichait encore ?

« Il ne s'est peut-être pas réveillé, hasarda Sanae encore. Il ne dort pas bien, quand il s'imagine ses histoires de fantômes, tu sais.
_ C'st une blague ? Cette calamité se met toujours en branle dès l'aurore... Et parfois même avant !
_ C'est vrai qu'il n'est pas du genre à s'activer sans bruit, convint l'Hanaerobi.
_ Maintenant que tu le dis... Je l'ai pas du tout entendu depuis que je suis réveillée, remarqua Oboro.
_ Tu es certaine qu'il est dans la cuisine ?
_ Allons voir. »

Les deux jeunes femmes se mirent en marche vers la cuisine. À mesure de leur avance, elles prenaient de plus en plus conscience de la quiétude des lieux. Impossible que Hyûma soit présent. Ou tout du moins levé.
Les deux copines déboulèrent enfin dans la cuisine, propre, bien rangée et vierge de toute présence humaine. Nulle trace du majordome...

« Hé ! Y'a un message ! Signala Oboro en pointant le plan de travail.
_ Qu'est-ce qu'il dit ? S'enquit Sanae.
_ « Salut les filles, ...
_ Il faut vraiment que je lui explique deux-trois notions de protocole, à celui-là.
_ Sans blague ...Maintenant que je suis un shinobi, je peux régler mes comptes avec Yeonhwa. Si vous lisez ce mot, c'est que ça m'a pris plus de temps que prévu, mais pas de quoi s'inquiéter, tout ira bien. Allez, à plus ! Hyûma » Roooooh, t'entends ça, San' ? Il a rendez-vous avec sa Yeonhwa ! Je me demande où c'est ? Tu crois que c'est trop tard pour allez voir ça ? Demanda l'Ashikaga.
_ Oboro !
_ D'accord, d'accord. Enfin, pas de quoi s'inquiéter, il a juste un rencard, c'est tout. ça dure visiblement plus longtemps qu'escompté... Bon signe ou pas, à ton avis ?
_ Bon signe, je suppose. Un majordome ne doit pas prendre de congé sans prévenir, fit remarquer Sanae. Ça pose des problèmes pour s'organiser, après. Regarde, le petit déjeuner n'est pas prêt.
_ Relax, cocotte, je vais m'en occuper ! Je suis une cuisinière née, n'oublie pas !
_ Voilà exactement pourquoi j'aurai préféré qu'il prévienne... »

*
* *

« Yeonhwa !! »

La kunoichi, qui remontait tranquillement la ruelle chargé de sac de courses – toujours la même corvée quand on revient d'une mission – se figea en soupirant. Elle n'avait que peu d'amis et aucun n'était du genre à beugler son nom en pleine rue. Conclusion, cette voix annonçait des emmerdes, d'une façon ou d'une autre.

La jeune femme se retourna, blasé d'avance, pour tomber nez-à-nez avec un grand escogriffe blond, au visage naïf, visiblement en colère. Sa tête disait bien quelque chose à la kunoichi, mais du diable si elle savait quoi. Elle se creusa la tête quelques secondes, tentant de retrouver la mémoire, mais rien n'y fit. Ce type ne lui revenait pas.

« Ben alors !? Qu'est-ce-tu fichais ! S'exclama Hyûma.
_ J'étais parti jouer au tennis, ça se voit pas ? Rétorqua Yeonhwa en agitant son sac de course.
_ Les courses ? Tu faisais les courses ?? N'en revînt pas le majordome.
_ Oh, perspicace, je vois...
_ Nan mais tu sais pendant combien de temps je t'ai attendu au terrain d'entraînement ?
_ Au terrain d'entraînement ?
_ Rassure-moi, t'as quand même pas oublié ? Voulut savoir le jeune homme.
_ Absolument pas, acquiesça Yeonhwa. Oublié quoi ?
_ T'as oublié !?
_ J'viens de te dire que non, tu la veux, ta tarte dans la gueule ? Pis c'est toi qui précise pas de quoi tu causes...
_ Mais notre défi, voyons !
_ …
_ T'as bien trouvé ma lettre de défi, quand t'es revenu, non ?
_ Une lettre... Aaaah, ça ! Se rappela la jeune femme. Je l'ai jeté en croyant à une blague, moi...
_ Gyaaaaah...
_ Un défi pour quoi, d'ailleurs ? J'ai pas le temps de jouer, moi.
_ Pour que je prenne ma revanche ! Tu m'as étalé la dernière fois, mais cette fois-ci, ça va changer ! Assura Hyûma.
_ Je t'ai étalé... Ah oui ! Je me souviens de toi, là. Aucun intérêt, c'est tout vu, bonhomme, affirma Yeonhwa. Retourne t'entraîner une dizaine d'années et on en rediscutera.
_ Bwahaha ! Rigole tant que tu peux, mais je suis devenu un autre homme depuis notre dernière rencontre : je suis devenu un ninja et j'ai même fait une mission ! Assura fièrement le jeune homme.
_ Tu l'as réussi, au moins ?
_ [spoiler !]
_ C'est bien gentil mais je suis sûre que tu dois avoir des trucs de shinobi sur le feu, glissa la kunoichi. Un entraînement au pugilat, une mission de rang D... Je ne vais pas te faire perdre ton temps, Ok ? À la prochaine.
_ Tu te défiles ?
_ Un preux et vaillant combattant comme toi ? Évidemment, je serais folle de t'affronter. Tu peux allez embêter quelqu'un d'autre, dorénavant. Tous mes vœux de réussites, champion...
_ Nan, j'veux pas ! Se révolta Hyûma. On va se battre !
_ Je me rends. Ça marche ?
_ Yaaaah ! »

Le majordome se jeta derechef sur la jeune femme, avec la ferme intention de lui en coller une bien bonne dans la gueule ! Après tout, il était devenu shinobi, s'était entraîné très dur et avait déjà une mission à son actif. Pas question de la laisser le prendre de haut.

Yeonhwa n'esquissa pas un geste devant la charge du colosse. Tout au plus laissa-t-elle choir son sac de course à terre, sans renfrognant d'avance quant à l'état dans lequel elle trouverai ses œufs une fois toutes ces conneries terminées.

Hyûma arma son poing et lança un phénoménal direct, visant le visage de son adversaire, jouant de toute l'inertie de sa masse pour tout emporter sur son passage.
Et puis il y eu un choc sourd, qui stoppa net sa progression.

La main de Yeonhwa enveloppait fermement le poing du majordome, l'empêchant de bouger. La jeune femme avait simplement reculé son pied pour amortir et absorber la puissance de l'impact, contenant le coup par sa propre force.
Ce qui n'était pas du tout prévu dans la vision des choses simplistes de Hyûma.

Le jeune homme tenta de retirer son poing, mais eût la désagréable surprise de constater que l'étau appliqué par son adversaire était plutôt du genre inexpugnable. Sans réfléchir, Hyûma voulut frapper de sa main libre, mais avant qu'il ne puisse effectuer le moindre geste, Yeonhwa entreprit de broyer consciencieusement son poing prisonnier, stoppant net ses velléités d'assauts.
Et c'est alors que Hyûma croisa le regard de la jeune femme. Des prunelles gris aciers qui ne lui voulait pas, vraiment pas, du bien.

Autour du bras libre de Yeonhwa, l'air se mit à se gondoler comme sous l'effet de la chaleur. Un frisson parcourut le majordome alors que même lui comprenait que cette histoire commençait à dérailler complètement.

Et Yeonhwa frappa.

Ce qui rappela brièvement au pauvre majordome la fois où il était tombé du premier étage de sa maison, quand il était petit. D'accord, en plus localisé et en moins fort : pas de quoi se briser quelque chose, cette fois-ci. Mais provenant d'un simple coup de poing, venant d'un si petit gabarit qui plus est, l'expérience était tout autant traumatisante, en fait.

Bref, en un clin d’œil, Hyûma venait de se faire étaler et reposait à cinq bon mètres en arrière, une douleur sourde lui vrillant la poitrine à chaque respiration tandis que le sol ne semblait pas décider à se stabiliser.

Tandis que le majordome papillonnait des yeux en tentant de chasser les dizaines de bougies qui parasitait son regard, quelque chose occulta brusquement la lumière. C'était Yeonhwa, qui se dressait devant le soleil. Et qui paraissait vachement plus grande vu sous cet angle, tout d'un coup.

Avant qu'il ne puisse dire un mot – qui n'aurait probablement été qu'un borborygme à demi-étouffé, de toute façon – Yeonhwa l'attrapa par les cheveux et le redressa jusqu'à avoir son visage devant le sien.

« Je me battais avant même d'arriver à ce village, martela la jeune femme d'une voix glaciale. Il faut vraiment être le dernier des crétins pour penser qu'un stupide contrat et une mission merdique suffisent à combler l'écart qu'il y a entre nous. C'est cent ans trop tôt pour me battre et je vais te faire rentrer ça dans le crâne ! On verra si après ça, t'as toujours l'intention de m'affronter. »

Le poing de la genin percuta violemment le visage du majordome. Puis encore une fois. Et encore une autre...

*
* *

« M'enfin, qu'est-ce qui s'est passé, demanda Oboro. Il s'est fait piétiner par un chariot ? »

Sur le pas de la porte de la chambre de Hyûma, l'Ashikaga, accompagnée de Sanae, observait médusée le pauvre jeune, étendu sur le lit, que soignait patiemment le vieux Shigemori.

« Mais non, il s'est simplement fait rosser, la rassura le médecin.
_ 'Simplement' ? Il a le visage qu'a doublé de volume !
_ Juste des bosses, des gnons et un œil poché. Ça passera vite... Assura Shigemori.
_ Oboro, je ne veux plus devenir shinobi.
_ Relax, cocotte, on va attendre d'être plus aguerries avant de faire des trucs stupides, nous ! Tu crois que c'est cette Yeonhwa qui lui a fait ça ? Ou bien un prétendant jaloux ? J'ai hâte qu'il nous raconte.
_ Je ne crois pas que ce soit une bonne idée... Signala Sanae.
_ Peuh, t'y connais rien au romantisme...
_ Les filles, soyez gentilles et allez papoter ailleurs, les morigéna Shigemori. Hyûma a besoin de repos.
_ Et en quoi un pugilat est-il romantique, je te prie ? Très bien, nous vous laissons, acquiesça Sanae.
_ M'enfin, Sanae, deux prétendants en venant aux poings pour tes beaux yeux, c'est le summum du romantisme ! T'as jamais lu de romans ou quoi ? »

Tandis que les deux jeunes femmes retournaient dans le salon disserter de deux-trois grandes théories existentielles, Shigemori termina d'enrouler un bandage autour du crâne du pauvre majordome. Celui-ci reprit brusquement conscience, ouvrant les yeux – enfin, plutôt un œil – affolé et essaya de se redresser. Mais Shigemori le bloqua aussitôt.

« On se calme, on se calme... Tout va bien, c'est fini. Ton ami Matsui t'as ramené à la maison, tu es en sécurité.
_ V'ai mal à la tête... articula péniblement Hyûma.
_ Évidemment, tu t'es visiblement fais passer à tabac. Tu as salement dégusté, je crains qu'il ne faille des vacances forcés un jour ou deux, affirma le médecin.
_ Meuhnan, f'est vufte une é'ratin'ure, assura le majordome.
_ Oui, oui, c'est ça, c'est ça, acquiesça Shigemori en lui tapotant le crâne.
_ Gouaïlleeuh ! Hum... 'fin, ve veux dire, même pas mal, hein.
_ Et maintenant, tu me dis ce qui s'est passé ?
_ f'est à cause de fette fille... Expliqua le majordome.
_ Encore... Et elle a visiblement pas fait que te taper dans l'œil, celle-là...
_ Fa f'est fûr, elle m'a complètement tabafé... Ouais, elle est forte comme un o're. Fette fille est la réincarnafion d'un démon, f'est pas pofible autrement...
_ Et alors, ça t'as remis les idées en place ?
_ Gné ?
_ Tu laisses tomber ta carrière de shinobi ?
_ Vamais ! Affirma Hyûma. Pas avant de l'avoir battu !
_ ça risque de prendre du temps, ça... Commenta le médecin.
_ Fent ans, d'après elle... La loove, quoi... v'veux pas attendre fent ans avant d'être balève, moi !
_ Il va falloir que tu prennes ton mal en patience, je crois. Tu comptes enfin suivre les enseignements d'un maître, d'un prof ou je ne sais quoi ? Glissa innocemment Shigemori.
_ Bwahahaïe ! Aïeuh, fa mal quand ve ris... V'ai une bien meilleur idée !
_ Ah flûte... J'ai peur de demander... Et c'est ?
_ Ve vais afeter un fabre !
_ Un quoi ?
_ Un fabre. Connerie de mafoire... Un katana, quoi... Bwahahaïe, fi elle efaye de bloquer, elle fe tranfera les doi'ts ! Elle m'aura pas fette fois-fi !
_ Heu... Comment te dire...
_ Ouais, ve fais, f'est une ekfellente idée ! Se rengorgea Hyûma. Fuis un vénie.
_ Visiblement, y'a pas que le visage qu'a enflé... Je pense que tu ferais plutôt mieux d'y réfléchir à tête reposer, tu ne crois pas ? Demanda Shigemori en remplissant un verre d'eau. Je vais te donner un calmant et on en reparle dem... »

Le claquement de la porte interrompit sa phrase. Avec un regard blasé, le médecin se retourna vers le lit – vide – de son patient. La prochaine fois, il mettrait des entraves au turbulent majordome.

*
* *

L'avantage d'habiter dans une grande plaque tournante du commerce national, c'est qu'en cherchant bien, on trouve toujours ce qu'on veut.

Au grand dam du majordome, l'armurier attitré du village ne vendait pas de sabres. Tout au plus quelques kunaïs et petits couteaux. Hérésie. Les samouraïs avaient dominé le monde pendant des lustres et on était en pénurie de katana ? Ce qu'il faut pas entendre, quoi...
Déçu, Hyûma avait donc laissé tomber le marchand sédentaire pour se tourner vers ceux en transit, qui profitaient de l'escale à Konoha pour écouler un peu de stock et récupérer un peu de liquidité. On ne la lui faisait pas, à lui.

Son opiniâtreté finit par payer, lorsqu'il dégota à l'écart de l'artère principale de la ville un marchand ambulant qui exposait sa quincaillerie avant d'attaquer la prochaine étape de son voyage. Et il avait quelques sabres, lui.
Et un nouveau client, pour le coup.

« Haha ! Se félicita Hyûma. Montre-moi tes meilleurs sabres ! Et des biens, hein, je veux de la qualité !
_ Par là, fit le revendeur en désignant l'un de ses présentoirs – inutile de faire des efforts marketings, ce genre de produits se vendait comme des petits pains.
_ Voyons ces merveilles... Wouuargh ! S'étrangla le majordome.
_ …
_ …
_ Un problème, monsieur ? S'enquit le marchand.
_ Heu... Nan, nan... 'fin, y'aurait des zéros en trop sur l'étiquette que ça m'étonnerait pas, quand même... Hum... Heu. Et, sinon, t'as quoi, en entré de gamme ? Juste par curiosité, hein...
_ Doit y avoir quelques katanas bas de gamme, dans le tonneau, signala le vendeur en indiquant un tonneau où tronaîent des armes qui avaient visiblement connu des jours meilleurs. Mais méfiez-vous, ils ont pas mal vécu. Ça m'étonnerait que vous puissiez compté dessus plus de quelques combats.
_ Pas grave, tant que ça tient le premier, affirma Hyûma. Juste le temps de prendre ma revanche, quoi... Hoho, voilà qui a l'air plus... plus... … Hé ! Y'a que le katana qu'est bas de gamme, là ! Heu... Y'aurai pas un problème d'étiquette ?
_ ça, ça m'étonnerait beaucoup, sourit le marchand. Un problème ?
_ On peut payer en plusieurs fois ?
_ Je repars dès demain.
_ Ben c'est une somme, là, quand même... Ronchonna le majordome.
_ Beaucoup de demandes mais peu d'offres, actuellement, expliqua le vendeur.
_ Gné ?
_ ça y en a être rare, donc ça y en a être cher.
_ Ah, d'accord. Tu veux pas me faire un prix ?
_ Bien essayé, mais non.
_ Allez, quoi. Un geste commercial : je vous ferrai une pub d'enfer ! Assura Hyûma.
_ Non, affirma le marchand d'un ton sans appel.
_ S'il-vous-plait ? Essaya le majordome.
_ Non ! Inutile d'insister, quand c'est non, c'est non !
_ Pitiiiiiéééééé ! Le supplia le jeune homme. J'ai besoin d'aide, je vous en prie, si j'ai pas de sabre, je vais me faire massacrer par l'ogresse et pis la patronne sera pas contente parce que je pourrais pas bosser, en plus je serais à la merci des fantômes parce que je serai coincé dans la maison hanté et ils emporteront mon âme et je serai damné pour l'éternité, ouiiiiin !!
_ Mais arrêtez, tout le monde nous regarde ! Et lâchez ma jambe, c'est vachement gênant... On se calme, on se calme. Je ne ferai pas de prix sur mes katanas, ce n'est pas négociable ! Mais... !
_ Mais ?
_ J'ai probablement quelque chose qui pourrait vous être utile, affirma le marchand. Ne bougez pas, je reviens. »

Le vendeur arracha deux pages vierge de son livre de compte et s'éloigna farfouiner dans sa carriole. Plusieurs longues secondes s'écoulèrent lorsqu'il se retourna enfin vers le jeune homme, tenant entre ses mains...

« Un bâton !? S'exclama Hyûma, fort désappointé.
_ Pas un bâton : un sabre en bois, corrigea le marchand avec emphase.
_ …
_ Mais attention, fit le vendeur. C'est un sabre très spécial ! Il a la capacité de bannir les entités ectoplasmiques.
_ …
_ C'est-à-dire les fantômes.
_ Waaaaah ! S'esbaudit le jeune homme. C'est vrai !?
_ Bien sûr ! Affirma le bonimenteur. Regardez, vous voyez ces parchemins torsadés ? C'est la marque des temples ! C'est un sabre sacrée qui reposait dans un temple dédié à Amatérasu, déesse de la flamme purificatrice, némésis des âmes d'outre-tombes ! Une arme quasi-mythique.
_ Mais comment tu l'as obtenu ?
_ Oh, les prêtres m'ont récompensé pour un service que je leur ai rendu, éluda le marchand.
_ ça doit coûter vachement cher... Pourquoi tu me montres ça, j'ai sûrement pas assez pour l'acheter, s'inquiéta Hyûma.
_ Ne t'occupe pas de ça : je suis persuadé que... tu es l'élu ! Révéla le marchand. Ce sabre n'attendait qu'un jeune homme courageux, droit et intègre pour reprendre du service. Je ne l'aurai jamais vendu à un quidam moyen, mais je sens que toi, jeune homme, tu es spécial. Aussi vais-je te faire un prix.
_ Ben si je suis l'élu, tu peux pas juste me le donner ?
_ Ah, mais il faut bien vivre.
_ C'est juste.
_ Aussi suis-je prêt à te le céder pour la modique somme de 140 Ryos. Une affaire, assura le revendeur.
_ Sûr ? C'est pourtant un trésor, nan ? Je voudrais pas profiter, non plus...
_ Ne t'inquiètes pas pour ça, saute sur l'occasion, jeune homme : elle ne se représentera peut-être jamais.
_ C'est vrai ? S'exclama Hyûma. Merci ! Merci ! Hurla le majordome en se jetant au cou du marchand. Tu me sauves la vie !
_ Lâche-moi ! Je ne veux pas ton affection, juste ton pognon ! »

La transaction s'effectua en un rien de temps et, sitôt le papier décoratif enlevé, Hyûma repartit vers sa maison, arborant fièrement son sabre en bois glissé à la ceinture. De son côté, le marchand se frottait les mains, satisfait : ce n'était pas tous les jours qu'on parvenait à refourguer une camelote au double de son prix tout en s'attirant la reconnaissance béate de son client. Si seulement tous les pigeons pouvaient être aussi naïf...

Livre de Compte:
 

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Sam 29 Juin - 21:13

Modération de Ren
Technique validée

Technique apprise : Henge
Rang de la technique : D
Commentaire :
La majorité des commentaires on été fait par MP, je vais juste résumé du coup. J'aime bien ton style d'écriture même si j'ai eu du mal à suivre le rythme au début. Continue comme ça, ton perso est un gros salopard, mais un salopard bien joué, j'apprécie. =)



MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mar 30 Juil - 0:02

-Alors, vos progrès, toutes les deux. Est-ce que je peux voir ce que ça donne?, demanda le docteur.

Depuis leur première tentative, il y a une semaine de cela, les aspirantes ne s’étaient plus essayées aux dérivés de la médecine façon ninja. Tout ça demandait beaucoup trop de préparation, et avec le temps que demandait le tournoi à chacune d’entre elles, elles n’y pensaient pratiquement plus. Oboro aurait éventuellement pu employer l’Hihei en plein tournoi, mais quelque chose lui disait que ça ne serait pas aussi simple que cela. Notamment le fait qu’il faille 11 en force au minimum pour exploiter le truc valablement.

De son coté, Sanae avait vaguement pensé apprendre à guérir les blessures que pourraient subir les deux participants de sa maisonnée. Mais ils vivaient avec un médecin confirmé, et quoi qu’elle parvienne à faire en si peu de temps, l’Hanaerobi ne s’imaginait pas capable de venir à bout de blessures plus graves qu’une entaille au pouce. D’un autre coté, elle avait du mal à comprendre qu’un homme soit capable de commander à la foudre ou de se multiplier comme des petits pains. Pour elle, c’était de la magie, tout ça. De ce fait, tout était possible.

Et toutes deux avaient lâché l’affaire, pratiquement. D’autant plus que leurs petites expérimentations avaient mis leur majordome, Hyûma, dans un état de panique incroyable. Les demoiselles le soupçonnaient de vérifier que la viande qu’il cuisinait n’était pas hantée : il avait prit l’habitude d’allumer des cierges un peu partout dans la maison, à la nuit tombée, afin d’éloigner les mauvais esprits. Dans la même optique, il prenait soin de saupoudrer méthodiquement de sel les délimitations de la demeure, une fois par semaine, en début de matinée.

-J’aime beaucoup le jeu d’ombre et lumière que donnent les bougies, se dit Sanae.
-Il verse du sel dans le jardin.
-Il faudrait vraiment que l’on essaie cette cheminée. J’adore les veillées au coin du feu. Un bon livre, de la couture, ou…
-Hyûma, notre majordome, verse, du, putain de sel, dans le jardin!, articula Oboro entre les dents. Il-est-frap-pé!
-S’il te plait. J’essaie de voir le bon coté des choses. Ne m’en empêche pas.

Et puis, il fallait se rendre à l’évidence. Progresser dans les arts ninjas, à fortiori quand on ne pouvait espérer qu’une aide minimale de la part des instructeurs officiels, était incroyablement difficile. Comme à peu près tout dans la vie. Elles avaient beau s’être lancées enjouées dans l’expérience, leurs efforts n’avaient pratiquement pas payé, et leur motivation avait très vite flanché. Ca ne marchait pas, ou peu, et pas régulièrement, pas assez.

D’où l’intérêt d’une figure pleine de sagesse pour prendre en main ces jeunes esprits. Les parents des demoiselles savaient à qui ils confiaient leurs enfants, après tout.

-Sanae, j’ai quelque chose, pour toi. Tu sais, ce client que j’ai ? Qui m’a parlé de la médecine ninja? Il m’a confié posséder un parchemin qui pourrait te servir. Une notice.
-Ah?, demanda l’aspirante sans entrain, par pure politesse.
-As-tu déjà entendu parler des rouleaux de technique?

Non. Aussi le vieil homme s’attacha-t-il à lui expliquer ce qu’il en était. Les secrets que ces rouleaux pouvaient renfermer à l’occasion, et la facilité avec laquelle ils permettaient d’approfondir des points particuliers du petit monde des ninjas.

Elle avait beaucoup de mal à y croire. Ca n’était pas en lisant un mode d’emploi que l’on apprenait à faire quelque chose. Surtout quand on savait déjà quelle était la manœuvre: le vrai problème était l’application. Et la recette était toujours la même : du temps et de la frustration.

-Et… à quoi en êtes vous venus?
-Je lui ai laissé entendre que tu pourrais être intéressée. Ce qu’il a tout à fait comprit.
-Je ne pense pas que ça me sera utile. Je dispose de tout ce qu’il y a à savoir sur la théorie. Même chose pour Oboro. Ca n’est pas ça, le problème.
-Je vois. Quel est le problème, alors?

Elle ne sut pas répondre. Expliquer posément qu’elle en avait assez vu pour le moment serait difficilement acceptable. Trouver une excuse… non, le docteur aurait forcément une parade.

-Il a accepté de te le prêter à condition que tu lui rendes quelques services. Pas grand-chose ; il m’a confié avoir quelques petites expérimentations au chakra sur le feu, et aurait grand besoin d’une assistante. Ca ne peut que te profiter. Les tâches seront peut être ennuyeuses, mais ça te permettra de t’exercer. Comme tu n’as pas encore d’obligations vis-à-vis de l’administration, je lui ai proposé que tu le rencontres en début de soirée, pour une première session. Ca avait l’air de bien l’arranger.

La jeune femme resta un moment sans rien dire, la mine déconfite. Shigemori venait de lui compulser son emploi du temps avec une corvée surprise dont elle se serait bien passée.

D’un autre coté… oui. C’était probablement… et exactement… ce dont elle avait besoin.

Finalement, elle adressa un sourire reconnaissant au vieux grigou, qui savait pertinemment ce qu’il faisait. A ses yeux, la petite Sanae avait simplement besoin d’être poussée dans la bonne direction, pas brutalement, mais poussée quand même.


*
*     *


La demoiselle s’installa tranquillement à une table, sans un mot. On lui avait donné rendez-vous dans un bar, elle était arrivée un peu en avance, comme à son habitude. Elle avait beau observer les alentours à la recherche du client de Shigemori, elle ne le voyait pas. Un homme approchant la trentaine, maigre et élancé, aux cheveux châtains tirant sur le clair, frisés en une impressionnante moumoute absolument immanquable. Normalement, ça ne se ratait pas.

-Je vous sers un verre?, s’approcha un serveur.
-Je vous remercie, non, déclina la jeune femme. Lorsque mon contact arrivera, je…
-S’il vous plait. Ca fait partie des rares avantages que l’on a, quand on tient un bar, alors laissez-moi en profiter.

Sanae resta un instant silencieuse face à son interlocuteur. Son visage souriant était surmonté d’une coupe afro, qui correspondait assez bien à ce qu’elle cherchait. De même, il avait l’air de bien savoir à qui il s’adressait.

-Seriez-vous le client de Shigemori?, devina-t-elle.
-Aussi charmante et perspicace que décrite par le docteur. Je me présente, Sakega Dogaku, pour vous servir, Miss Hanaerobi. Mais en ces lieux, tout le monde doit m’appeler Sakega. Allez-y, c’est la maison qui offre.
-Dans ce cas… hihi, ma foi… je vous prendrais bien du whisky, merci.

Sakega Dogaku, le commanditaire de la tâche à remplir, s’exécuta avec l’efficacité des professionnels. Ce tenancier avait l’habitude d’une clientèle plutôt âgée, pas de la tranche d’âge de l’Hanaerobi. Pourtant, il comprit bien assez vite qu’il avait affaire à une amatrice du genre.

C’était une chose de voir des jeunes se jeter avidement sur de l’alcool fort et multiplier les cul-secs pour atteindre l’ébriété aussi vite que possible. C’en était une autre de voir Sanae déguster amoureusement son breuvage, et prendre le temps d’apprécier la sensation de brûlure infecte qui se diffusait progressivement dans sa bouche.

Après quelques gorgées, elle reposa délicatement le réceptacle cristallin qui tinta joyeusement, et reprit.

-Excellent. Je suis toute à vous.
-Alors, le docteur vous a expliqué sur quoi on part?
-Non, je ne…, hésita-t-elle avant de continuer. Je vous demande pardon ? Attendez un instant… vous voulez dire qu’il savait déjà ce que vous allez me demander?
-Yep. Pourquoi ça?
-… âgé ou pas, un vieux filou garde les dents longues, hein? Je suis désolée. Le docteur a du oublier de me l’expliquer.
-Oh… remarque, c’est pas plus mal, en fait.

L’expression de Sakega se referma. C’était jusqu’à sa touffe de cheveux qui sembla se replier sur elle-même, comme s’il souhaitait ne pas se faire remarquer. Avec des allures de conspirateur, il rapprocha une chaise de la jeune, et s’installa à son tour.

-Est-ce que vous savez ce que l'on peut faire avec de l'alcool et un peu... voire beaucoup de chakra?
-Je ne pense pas, non.
-On peut faire des trucs… marrants, expliqua Sakega. Vachement marrants. Et très dangereux, aussi. Vous comprenez donc qu’à Konoha, tout ça peut déboucher sur pas mal d’argent. Vous me suivez?
-Continuez.
-Déjà, une catégorie particulière de combattants ninjas est apparue. Vous savez ce qu'est le taijutsu? Oui? Bien. Parmi ces bonhommes, il y en a certains qui ont appris à combattre bourrés comme des outres. Oui, oui. Et puis... il y en a d'autres, qui ont inventé des machins bizarres. Un truc que je vais appeler "l'alcool de feu", jusque là. C’est un peu comme du charbon… en liquide. C’est inflammable, et même sacrément inflammable, d’après de que j’ai pu voir.

La demoiselle ne s'en étonna pas. Déjà, elle s'attendait à ce qu'il soit possible de faire beaucoup plus avec du chakra que de simples dommages. Dommage que, pour Sakega comme pour tous les autres, la principale application recherchée soit militaire.

Et pourtant… si un ninja pouvait accomplir des miracles aussi insensés que de rendre de l’air tranchant, ils pouvaient bien apprendre à… voler, par exemple. L’idée lui venait d’Oboro. Ca, au moins, ça serait utile. Et révolutionnaire, lui avait fait remarquer sa comparse.

-Je vous fais confiance, continua le tenancier. Si le Doc' dit que vous êtes une de ses protégées, ça me convient. C'est pour ça que je vous ai expliqué tout ça. N'empêche que... je peux compter sur votre discrétion, hein? J'aimerais bien pouvoir mener mes petites expériences sans attirer l'attention.
-Vous craignez quelque chose ?
-Dans le village des ninjas, y'a aussi des espions et des curieux. On n'est jamais trop prudents. Y'aura toujours un gosse pour s'imaginer récupérer de l'argent facile en fouinant dans les affaires des autres. J'ai déjà assez de mal à protéger mes rouleaux, 'voyez? Pas spécialement envie qu’un môme foute le feu à mon bar quand j’ai le dos tourné.

Mettre le feu au bar. Sanae leva un sourcil, un peu surprise. Si c’était ce qu’elle croyait, alors…

-C’est exactement ça. J'ai dégoté de l'alcool de feu. Maintenant, j'aimerais l'analyser. Comprendre comment c'est fichu, comment ça marche. Sauf que, pour ça… j’vais avoir besoin d’aide. Je n’ai pas vraiment le temps de gérer les tests à la con pour le moment, en même temps que le bar. Pis le chakra, c’est pas trop mon truc.
-Tiens donc ?, s’étonna-t-elle. Le docteur Shigemori m’avait pourtant dit que…

Sanae attendit un instant avant de poursuivre. Sakega s’était reculé, et se balançait maintenant sur sa chaise, négligemment. Finalement, elle reprit.

-Enfin, je veux dire… vous êtes ninja, non?

Il ne réagit pas. Pendant une dizaine de secondes, il ne bougea pas. Ce qui signifiait qu’il réfléchissait à sa réponse. Lorsqu’il s’exprima, ce ne fut que pour écarter le problème.

-Eh bien… disons simplement que… non.

L’Hanaerobi le regarda, vaguement curieuse. Avec ce qu’il lui avait déjà expliqué, il était évident que Sakega était parfaitement au fait de ce qu’était le chakra, et comment il fonctionnait. Il était propriétaire de rouleaux, d’ailleurs. C’était fort peu probable qu’il ne les ait pas consultés.

-M’bref. Pour le moment, je n’ai pas le temps de m’occuper de ça. Et vous deux, vous n’aurez pas les moyens de vous occuper de ça. J’ai mis à votre disposition un rouleau, sur lequel vous pourrez apprendre quelques trucs utiles… par contre, il reste ici ce soir, et interdiction de faire des copies. Vous vous y connaissez en chimie, si vous avez fait de la médecine, non?
-Un peu…
-Je ne crois pas que ça sera suffisant si vous voulez jouer aux savants fous avec moi, la Miss. Allez potasser tout ça, avec l’autre. C’est dans l’arrière salle. Allez, zou.

La demoiselle –à regret- d’avaler les dernières gouttes d’alcool de son verre, et se recula. Visiblement, Sakega n’avait pas envie d’aborder certains sujets. D’un autre coté, elle avait confirmation qu’il connaissait très bien le contenu de ses rouleaux. Il avait prit soin de ne leur confier, pour le moment, que ce que lui avait besoin qu’eux connaissent.

Ce qui l’amenait à un second point. Eux. Qui étaient-ils? Il y avait elle, Sanae Hanerobi, ainsi que…

-Une dernière chose. Vous avez bien dit que… nous étions deux, si je ne m’abuse?
-Yup. Allez dans l’arrière salle. Vous y retrouverez quelqu’un de votre entourage. Le Doc’ m’a envoyé un autre bonhomme. Akhen, vous devez connaître. Il est arrivé une heure plus tôt. J’crois qu’il s’est méchamment planté sur l’horaire, mais bon… si vous voulez faire des heures supp’, j’me plaindrais pas.





- HRP -
Ren, c'est ce bar, pour notre entrevue au spectacle. Ce RP a lieu avant le tournoi, ofc.

Les shinobistes, je vous fais confiance pour avoir relevé le truc. Dogaku. Pas encore, toutefois. J'ai décidé de préparer un peu le terrain. Et mettre le turbo sur Ryoma.

Aux Konohates, je me tate de créer un sujet juste pour le bar, avec indication expresse que le pnj met à disposition des rouleaux de techniques à ceux qui lui rendent des services. L'idée étant d'avoir une alternative à la pnj chercheuse que nous aimons tant dénigrer. A vous de voir.

Akhen, orientation ou mp en cas de questions. C'est à toi! A nous alcool, napalm, cocktail molotov et rouleaux de techniques!



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MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mer 7 Aoû - 13:12

Sanae: 38Xp
Hyuma: 61Xp
Shinzo: 10Xp
Ren: 21Xp
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MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mer 7 Aoû - 20:09

Rappel début de mission.



« Et bien allons-y mon brave ! Notre mission n’attend que nous ! » Lança Arakasi, sourire ravageur aux lèvres en se dirigeant à grand pas vers l’aventure. « Marchons vers notre destiné ! » rajouta-t-il à l’intention de jeune jolie secrétaire. « Au plaisir de se revoir mademoiselle ! »

Ladite secrétaire n’avait pas spécialement l’air de vouloir partager ledit « plaisir » de sitôt et s’empressa de retourner illico derrière son bureau, pas fâchée de s’être débarrassée  de son prétendant.

Hyûma, un moment scotché bêtement devant le panneau d’affichage des missions, s’empressa de suivre son « partenaire ».

-D’où tu viens dans mes missions toi ? Et puis tu t’appelles comment d’abord ?
-Voyons ? Tu ne connais pas mon nom ? Mais je suis Arakasi ! Toi, c’est Hyûma, je sais… C’est inscrit sur la fiche que tu viens de signer… Juste en dessous de mon nom d’ailleurs…
-Jamais entendu parler …
-Et je tiens à préciser, compléta le jeune homme, qu’il s’agit de MA mission ! Que j’accomplirai avec brio et élégance ! Et accessoirement que tu n’étais vraiment pas obligé d’y participer… J’aurai préféré y aller avec la charmante demoiselle dont tu as mentionné le nom…
- Ma patronne ? Sanae ?
-Ta patronne ? Depuis quand les civils peuvent ils faire des missions de shinobi ?
-Nan mais tu comprends vraiment rien toi… C’est ma patronne et elle est aussi une ninja ! Comme moi quoi ! Je suis un shinobi-majordome ! Trop cool pas vrai?

Arakasi préféra ne pas répondre. Son compagnon étant tout sauf « cool » à ses yeux… Au lieu de ça, il préféra réorienter le sujet sur la demoiselle qui employait son camarade.

-Majordome ? C’est plaisant ce genre de métier ? Je veux dire qu’avec les filles, ça doit pas être top de se présenter comme un larbin… Quoique certaines doivent apprécier… Et ça consiste en quoi ?
-Je m’occupe du jardin, de la cuisine, je protège les filles des fantômes avec mon sabre, tout ça …
-Les filles ? Et comment es-tu devenu majordome ? Continue, tu m’intéresses mon bonhomme…
-Ben ya Sanae et Oboro. Et donc…

Arakasi Hirondawa ne l’écoutait déjà plus. Hyûma était le majordome de deux jeunes femmes et il ignorait totalement sa chance… C’était du bain béni pour lui. Le jeune homme se fit la promesse de cuisiner un peu plus son camarade sur ses patronnes. Surveiller un entrepôt devrait s’avérer être une mission tranquille. Ils auraient largement le temps de bavarder de tout, de rien, et surtout de Sanae et d’Oboro…



*
*     *


Les deux aspirants s’arrêtèrent enfin devant leur destination, une grande bâtisse de briques de bois aux étroites fenêtres dotée d’un étage. Un entrepôt tout ce qu’il y a de plus classiques, qui ne différait guère de ceux qui le flanquaient. Situés dans une petite ruelle peu passante, les shinobis n’y auraient même pas jeté un regard en temps normal.

L’air confiant, l’Hirondawa se dirigea –comme toujours sourire aux lèvres– vers un petit homme qui attendait devant la double porte avec un air anxieux.

-Bonjour, je suppose que vous êtes Mr Tomasu ? Arakasi et Hyûma, les aspirants que vous avez demandez pour surveillez l’ent…
-Oui oui, le coupa l’homme. Rentrez vite !

Le sabreur et le tombeur se jetèrent un regard surpris avant de suivre l’homme dans l’entrepôt, plein d’immenses piles rectangulaires recouvertes de bâches. Dans quoi étaient-ils tombés…

-Je vous préviens, fit leur employeur en verrouillant rapidement la porte derrière eux. Personne ne doit savoir ce qu’il y a ici. Faites le nécessaire ! Surveiller l’extérieur, piégez l’intérieur, mais n’abimez pas la marchandise ! C’est capital pour moi, donc pour vous aussi !
-Et on est censés protégez quoi au juste ? Non parce que t’es bien gentil mais là…

Sans daigner répondre, Mr Tomasu s’approcha d’une des immenses piles et la débâcha d’un coup sec. Dévoilant les objets si précieux que les aspirants devraient protéger au péril de leurs vies.



C’était des matelas!

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Dim 11 Aoû - 21:58

« Ouais, c’est cool ! On aura que l’embarras du choix pour dormir, cette nuit ! S’enthousiasma immédiatement le majordome.
_ Pardon ? Tiqua aussitôt le propriétaire en jetant un regard suspicieux à l’aspirant.
_ Pour la planque, rattrapa l’Hirdondawa. Avec toutes ces bâches, on aura que l’embarras du choix pour planquer et surprendre d’éventuels visiteurs.
_ Il n’a pas dit "dormir" ?
_ Naaaan, c’est du jargon de shinobi, ne vous inquiétez pas !
_ Bon, vous savez ce que vous avez à faire ? » Demanda le marchand de matelas.

Les deux aspirants hochèrent la tête comme un seul homme. Tomasu leur adressa un regard mi-figue, mi-raisin, puis décida que puisqu’il avait à faire à des aspirants, il valait mieux leur faire un dessin.

« Votre boulot, c’est d’empêcher quiconque de pénétrer en ces lieux. Donc pour ça, il va falloir que vous surveilliez les accès et que vous neutralisiez les resquilleurs le cas échéant. C’est clair ?
_ Fastoche, assura naïvement Hyûma.
_ Ne vous inquiétez pas, on connait notre boulot, surenchérit le sourire colgate d’Arakasi.
_ Bien. Et donc, vous allez commencer par quoi ?
_ …, béerent à l’unisson les deux aspirants.
_ Mais qu’est-ce qui m’a fichu des empotés pareils ?
_ Je sais, clama Hyûma. On va faire le tour de la maison pour voir quels sont les différentes voies d’accès, puis on va toutes les condamnées pour s’enfermer à l’intérieur !
_ Ouais, enfin juste la première partie, abonda Arakasi. ç’aurait été une fille, j’aurais pas dit non à la suite, mais là…
_ Bon. Je suppose que je peux vous faire confiance, essaya de s’autopersuader Tomasu. Alors je vous laisse. »

Le grossiste en matelas leur remis la clef des lieux et s’en fut, marmonnant dans sa barbe à propos des tarifs exorbitants du QG qui l’obligeait à mettre sa vie et son destin entre les mains d’aspirants là où il aurait clairement préféré la présence de junins expérimentés. Le monde était cruel…

Si tôt parti, Arakasi arracha l’une des bâches avant de sauter à plat dos sur l’un des matelas, bras croisés derrière la tête.

« Bon, et si nous reprenions notre petite conversation, demanda le tombeur.
_ Gné ?
_ Roooh, allez, soit pas radin : tu peux bien m’en dire plus sur tes cop… patronnes, nan ?
_ Mais la mission…
_ C’est bon, balaya l’Hirondawa d’un geste, l’entrepôt ne vas pas s’envoler d’ici demain. On commence par Sanae ?
_ Il faut qu’on fasse le tour de la maison pour constater les différentes issues, rappela Hyûma.
_ C’est quoi, son nom de famille ? Elle a les yeux de quelle couleur ?
_ C’est une Hanaerobi, de Boya, fit le majordome en s’éloignant. Tu connais ?
_ Une anaérobie ? Kézako ? Une mutante ? J’adooore… Boya ? La capitale ?
_ Ben oui, qu’est-ce que tu veux que ce soit d’autre, lui parvint la voix du jeune homme.
_ Fort Boya, ça te dit rien ? Donc elle vient de la capitale ? Intéressant…
_ Sa famille est très connue chez les marchands, là-bas. Papy Shigemori m’a dit qu’ils font partis des familles influentes de secteur, poursuivit la voix qui venait maintenant des profondeurs de gauche.
_ Vraiment ? Riche, belle et intelligente… Elle me plaît de plus en plus ! Et alors, décris-là moi !
_ Sa famille ?? Ou Sanae ?
_ Nan, le Daimyo, railla l’Arakasi.
_ J’ai encore jamais vu le Daimyo, rétorqua la voix dans son dos.
_ Alors va pour Sanae, soupira le jeune homme en prenant mentalement note de laisser tomber le second degré avec son nouveau coéquipier.
_ Ben elle est petite.
_ C’est plutôt toi qu’est grand, oui…
_ …
_ Et ? Insista Arakasi.
_ Et quoi ?
_ Ben la suite, évidemment ! Tu ne peux pas me laisser saliver comme ça, bonhomme. Maintenant que t’en as trop dit, t’es obligé de continuer !
_ Ben je sais pas quoi dire, moi, fit la voix… qui provenait de l’étage ?
_ D’accord, je vais t’aider, fit joyeusement Arakasi. Elle est jolie ?
_ Elle est brune.
_ C’était pas la question. Alors ? Jolie ?
_ Ouais, je crois.
_ Comment ça, tu crois ?
_ C’est une fille.
_ Ah, je comprends, assura Arakasi. De douces prédatrices aux traits enchanteurs qui traquent nos cœurs sans défense pour nous soumettre à leurs sublimes pieds… Quel cruel destin pour les pauvres que nous sommes.
_ Qu’est-ce que tu racontes ? Fit Hyûma en revenant devant la pile de matelas où se prélassait l’Hirondawa.
_ Je disais : elle habite où, ta merveilleuse patronne ?
_ Dans la maison hantée.
_ Hahaha ! Et moi qui pensait que t’était imperméable au second degré !
_
_ Nan, laisse tomber.
_ Alors, j’ai fait le tour : y’a deux portes sur le mur d’en face. L’une est toute petite, c’est celle par où on est arrivé. La seconde est énorme, c’est par là qu’ils doivent faire entrer les piles de matelas. Mur de derrière, y’a aussi une petite porte. Mur de gauche, pareil. Mur de droite, y’a un escalier qui monte à l’étage. Ledit étage est bardé de fenêtre sur le mur de devant, le mur de gauche et le mur arrière.
_ Bourrot de travail, va ! Ok, et maintenant ?
_ Ben on condamne toutes les issues, conclut pragmatiquement le majordome.
_ Mauvaise idée : comment Tomasu reviendrait demain ?
_ Toutes sauf une, alors ?
_ Mais t’es un adepte des travaux physiques, toi, ma parole ! Nan, je pense…
_ …
_ …
_ T’en mets du temps pour penser, dis donc.
_ Chuteuh ! J’ai cru entendre un bruit. »

Les deux aspirants tendirent l’oreille. Effectivement, il y eu un nouveau bruit. Un bruit de chocs sourds,  provenant de l’étage. Les deux jeunes hommes échangèrent un regard.

« Bon, ‘faut aller voir, affirma Hyûma.
_ Hé attend, c’est peut-être pas prudent de…
_ M’en fiche, j’ai un sabre en bois !
_ On ne sait même pas ce que c’est ! »

Sans attendre son partenaire, le Gouryoku se dirigea d’un pas décidé vers les escaliers, le tombeur sur ses talons, tentant vainement de lui seriner des notions de prudences.

Le duo déboula à l’étage, parmi les bibelots et autres entassements de matelas. Le bruit se fit entendre une nouvelle fois, les orientant vers l’arrière du bâtiment. Ils ne furent pas long à en trouver l’origine : une fenêtre ouverte, battante dans le vent.

« Dis moi que c’est toi qui l’a ouvert, murmura l’Arakasi.
_ Nan, j’y ai pas touché… »

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mar 13 Aoû - 14:38



Shigemori avait une longue expérience de la nature humaine. Le vieux baroudeur avait eu le temps, au fil des ans, de se forger sa propre opinion sur le comportement d'une personne.

En ce moment, il observait attentivement la fille unique d'un de ses vieux amis. Et ce qu'il voyait l'inquiétait diablement.

Sans l'exubérance de sa meilleure -et seule- amie, Sanae n'était guère plus qu'une fille raisonnable et ennuyeuse. Soit. Mais là, le problème était tout autre. Terrée chez elle, l'Hanaerobi avait perdu toute joie de vivre, et n'était guère qu'une ombre apathique. Elle parlait à peine, et s’éclipsait sombrement dès qu’il voulait aborder le sort de Hyûma. C’était probablement ça, le vrai problème. Le jeune homme s’était plongé dans des ennuis infiniment plus gros que lui, et elle n’avait rien pu faire pour lui venir en aide, après tout ce qu’il avait fait pour elle et Oboro. Ca n’était pas faute d’avoir essayé. Le soir même de son arrestation, la machine de guerre Sanae s'était enclenchée. En vain.

Malgré la poignée de contacts qu'elle avait à l'administration, il lui avait été impossible d'attirer l'attention de quelqu'un qui aurait pu atténuer la décision du Daimyo, ou essayer d’intervenir en leur faveur. Makuren l'avait tout bonnement ignorée, et Omae Jiga lui-même, à qui elle avait pourtant rendu un grand service, avait préféré rester silencieux. Elle s’en était retourné les mains vides, sans un mot, mais avec des ronces et des épines plein la gorge.

Lorsqu'elle comprit enfin, au lendemain, que tout était perdu, et qu'elle ne pouvait véritablement rien faire, Shigemori sentit bien que quelque chose s'était déclenché. Elle n'avait pas dit un mot, elle n'avait pas fait un geste. Elle était du genre à rester digne, mais son amertume et son désespoir étaient encore flagrants lorsqu’elle accompagna Oboro au départ de sa mission.

A cette occasion, le junin, Shinzo, lui avait expliqué quelque chose. Elle l'avait écouté passivement, déjà ravagée par la déception. Si elle avait pu fermer l’œil de la nuit, ou avait eu la moindre motivation à revendre, elle se serait probablement enflammée. Ce qu'il lui disait paraissait complètement idiot. C'était lui qui les avait directement menacés. Sans sa présence, tout se serait mieux passé. Forcément, pensait-elle.

C’était juste un crétin de la plus haute tranche. Un imbécile de plus dans le paquet d’inutiles qui composaient le village.

Elle n’avait plus envie de rien.

Mais ça ne durait jamais bien longtemps, chez elle.

Un beau jour, elle se réveilla. Cela ne prit aucune forme particulière. Simplement, l'aspirante se mit en route vers l'administration, dans le simple but de remplir quelques missions de rang D. Plusieurs d'un même front, en fait. A nouveau, Shigemori sentit que quelque chose clochait. C’était se plonger dans le travail, de la même manière que d’autres noyaient leur chagrin. Mais d’un autre coté, c’était bien mieux que de rester à ne rien faire, en végétant entre sa chambre et leur salon.


*
*     *
*


Je souhaite que vous m'aidiez à retrouver une personne qui m'est très chère à Konoha. Si vous acceptez, merci de me rencontrer dans mon atelier, à l'adresse indiquée ci-dessous.

Le message était évasif, le commanditaire distrait. Pour autant, la tâche avait semblé suffisamment intéressante à l'aspirante pour qu'elle décide de répondre à cette offre de mission, classée rang D malgré son objet. S'il souhaitait retrouver une personne qui lui était chère... s'agissait-il d'une disparition? Probablement pas. L'affaire aurait alors été portée aux forces de sécurité de Konoha, ce qui relevait, de ce qu'avait compris l'Hanaerobi, des prérogatives du clan Uchiha.

De plus, le ton utilisé dans la rédaction du message n'avait rien d'alarmiste, ni de paniqué. Ca n'était pas une urgence. Sanae s'attendait donc à devoir effectuer un travail d'enquête, pour le compte de quelqu'un qui n'avait pas de temps ou de moyens à y consacrer.

Elle n'en savait pas grand chose, en vérité. Et n'était pas du genre à se perdre en conjonctures lorsqu'elle restait dans l'ombre. Le commanditaire lui expliquerait tout, tout simplement.

C'est avec cet état d'esprit qu'elle s'engagea le lendemain, de bon matin, dans l'atelier de Monsieur Kikuchima. C'était un étrange énergumène, un artiste-peintre au style en pleine maturation. Pour le moment, ses économies, cumulées aux quelques donations de ses mécènes et aux rares cagnottes qu'il avait dégoté en vendant des œuvres, lui permettaient de vivre dans un petit appartement. Le logement n'était pas véritablement exigu, mais plutôt surchargé par la multitude de toiles et matériels entreposés sommairement dans tous les recoins.

Une fois dans l'immeuble, la demoiselle frappa trois fois pour signaler sa présence. On lui cria grassement d'entrer.

Rien qu'en ouvrant la porte, Sanae eut l'impression de renverser trois piles d’objets différentes. A chaque pas qu'elle faisait, l'aspirante pressentait qu'une palette de couleurs allait lui sauter dessus. Elle ne voyait que difficilement où elle mettait les pieds. De nombreuses toiles et cadres inutilisés étaient entreposés un peu n’importe comment, ou plutôt comme le pouvait Kikuchima. Et pour couronner le tout, la pièce était très largement plongée dans l’obscurité. Deux des fenêtres de la salle étaient partiellement obstruées par le fatras de l’artiste. La troisième était pour sa part tamisée par un rideau fatigué, qui brillait d’un vert clair dans la pénombre en affichant ses motifs floraux.

A mieux y réfléchir, elle aurait fini par supposer que cette atmosphère obscure et renfermée relevait davantage d’une volonté du peintre que d’un style de vie complètement désorganisé. La salle était propre, les espaces libres bien rangés, et surtout, pas une couche de poussière ne se présentait même parmi les tas de matériels. C’était toutefois une remarque qu’elle ne se ferait qu’un peu plus tard, avec plus de recul.

Une idée qui fut renforcée par la rapidité avec laquelle Kikuchima rétablit la lumière. Elle ne comprit jamais comment il s’y prit, mais elle l’avait bel et bien vu grimper à moitié sur ses piles de travaux -sans rien briser- pour dégager de l’espace face aux fenêtres. Il manquait d’élégance, car ramper à quatre pattes n’avait jamais rien eu de classe, mais on ne pouvait pas lui nier une certaine habileté.

D’un autre coté, cette entrée en matière le fit tout de suite passer pour un drôle d’oiseau aux yeux de la jeune femme. Il avait l’air relativement normal, pourtant. Des cheveux bruns coupés courts, un visage bien rasé, des vêtements d’intérieur à la limite du pyjama  (mais qui, au moins, étaient propres), et des lunettes aux branches fines qui habillaient ses yeux noisettes. Assez bel homme, également. Mais rien de tout ça ne suffisait à remonter véritablement son score de « première impression » aux yeux de Sanae.

-Ah, désolé pour ça, bredouilla Kikuchima. Je faisais des mélanges spéciaux pour mes couleurs, et j’utilise de la pâte expérimentale pour des mélanges incandescents qui... bref, trucs de chimiste… j’essaie d’innover.

Et rien de tout ça n’alla en s’améliorant.

-Sanae Hanaerobi, se présenta finalement la jeune femme. Aspirante du QG envoyée pour exécuter votre requête. Enchantée.
-Ah, euh, salut, merci. Yoru Kikuchima, pour vous servir. Enfin, c’est vous qui êtes là pour me servir, mais… enfin, pas me servir, juste me rendre service… mais c’est votre boulot.
-J’avais justement plusieurs détails à vous demander à ce propos. Pourriez-vous m’en dire un peu plus sur la personne qu’il faut retrouver, et le contexte de sa disparition?
-Ca n’est pas grand-chose, en fait, mais je… euh… vous ne voulez pas vous asseoir, peut être? Quelque chose à boire?

Elle n’avait pas eu l’impolitesse de le lui suggérer, mais Sanae l’avait pensé très fort. Kikuchima n’avait visiblement pas l’habitude de recevoir du monde proprement chez lui. A nouveau, il réussit l’exploit de lui dégager de la place pour tirer une chaise d’on ne sait où, qu’il rapprocha de la table où il était affairé avant son arrivée. Il la nettoya rapidement, et se dirigea aussitôt vers la cuisine, disparaissant jusqu’aux épaules derrière un rempart artificiel pour finalement atteindre une porte qu’elle n’avait même pas vue.

-Du thé, je vous remercie, indiqua simplement la jeune femme en prenant place. Noir, avec un doigt de lait, si possible.
-Ok !, entendit-elle de l’autre coté du mur.

Le commanditaire s’affaira plusieurs longues minutes dans la cuisine. Par moments, Sanae l’écoutait grommeler et se parler à lui même. Quelques bruits de vaisselle malmenée, et en particulier un grand fracas métallique, se firent aussi entendre. Pour patienter, l’aspirante pouvait très bien meubler le temps en parcourant du regard la salle désormais éclairée. Et contempler les diverses toiles d’entrainement qui s’entreposaient ça et là dans la pièce. Pour la grande majorité, il s’agissait de portraits où l’auteur s’efforçait visiblement de s’exercer sur l’anatomie humaine. D’où un certain nombre de portraits de pied (allant de la tête aux pieds du modèle), dont une part importante de nus.

Lorsque le commanditaire revint, Sanae regardait avec curiosité un bric à brac d’objets qui servaient régulièrement d’accessoires aux modèles de l’artiste. Des chapeaux, livres, foulards, et même une robe s’entassaient dans un coin de la salle. Elle s’arrêta toutefois lorsque Kikuchima lui apporta son thé.

En bonne amatrice, Sanae en but immédiatement une longue gorgée… à la fois fade et étonnamment acide. Réprimant une grimace et l’envie de jeter sa tasse par la fenêtre, elle s’infligea poliment une seconde gorgée du liquide exotique, attendant que son interlocuteur lui explique ce qu’il attendait d’elle.

Pourtant, il se contenta de la regarder fixement. Ses yeux étaient maintenant animés d’une lueur énergique qu’elle ne lui aurait pas prêtée de prime abord. Peut être était-il déjà en train de la juger, et d’estimer si elle ferait l’affaire pour remplir sa tâche ?

Au bout d’une trentaine de secondes, il prit enfin la parole, l’air grave.

-Mademoiselle?
-Oui?
-Vous allez probablement très mal prendre ma prochaine question, et sûrement envisager de me coller une gifle avant de prendre vos jambes à votre cou en hurlant au viol...
-Tout ça m'a l'air tellement bien engagé...
-Mais voyez-vous... je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer votre aura depuis que vous êtes entrée dans cette pièce. Une délicate jeune femme, sage, douce et gracieuse, vêtue d’un élégant kimono... vous avez du goût.

Oh. Si on la prenait par ce bout là, Sanae savait très bien qu’elle ne pourrait résister.

-Hihihi... Monsieur, inutile de jouer les flatteurs, sourit-elle en appréciant la description.
-Pourtant, malgré votre apparence candide, j'ai l'oeil. Je vois bien que quelque chose s'échappe de vous. Quelque chose de malsain, de dangereux, dont vous avez pourtant parfaitement confiance. Même si vous cachez bien votre jeu.
-Pardon? Je n’ai pas compris.
-Vraiment pas?
-Le moins du monde, compléta l’aspirante, les sourcils maintenant froncés. A quoi voulez-vous en venir? Y'a-t-il un rapport entre ceci et ma mission?
-Hahaha! Je comprends, oui. Voyez-vous, les fleurs les plus délicates, lorsqu'elles dissimulent des épines vénéneuses, deviennent de véritables trésors qu'un artiste se doit d'immortaliser quand il en a l'occasion. Un habile mélange d'innocence et d'érotisme façonné par la nature, qui...
-Euh... je vous demande pardon? D'innocence et de... quoi?
-Mmmh... je ferais peut être mieux de garder ça pour moi, pour le moment. Du coup, je vais devoir être assez... direct. Accepteriez-vous de poser nue pour moi?

Le long silence qui s'ensuivit était aussi pesant que le bourdonnement des oreilles de Sanae. Il ne fallu qu'une fraction de seconde à son visage pour prendre une délicate teinte cramoisie qui témoignait assez fidèlement de sa gène.

-Euhje... enfinjeveuxdireque... questcequivousprendde... monsieurvoyonspourquoije... non!
-S’il vous plait ?
-Jeviensdedirenonmonsieurc’estnonnonnon!
-Allez… juste une toile?
-Maréponseest... hurm, un peu de calme... ma réponse est non.
-Si ça vous dérange, je peux…
-Non ferme et définitif. Merci de ne pas insister.
-M’enfin il n’y a aucune gène à cela, vous savez? J’ai déjà peint tous ces portraits, et dans les ateliers des grands maîtres, c’est courant que les élèves travaillent tous autour d’une ou plusieurs…
-Non.

Cette fois, le regard de Sanae interrompit net Kikuchima, comme si elle venait de le gifler. Avec l’impression d’avoir le canon d’une arbalète dirigé sur lui, l’artiste se fit silencieux, et docile. Peut être bien avait-il une ninja meurtrière, face à lui, capable de l’assassiner d’un regard. On n’était jamais trop prudent, mieux valait ne pas insister… ce qu’il avait forcément l’habitude de faire, devina l’aspirante.

Il s’emmura dans un silence gêné, visiblement perturbé par la tournure des évènements. Ou tout simplement déçu de la réponse de l’Hanaerobi. Après une longue gorgée de son breuvage, celle-ci l’invita à reprendre.

-Je vous prie de vous en tenir strictement à notre mission, monsieur. Si vous voulez bien reprendre…
-‘Kay, ‘kay. Compris.
-Je sais simplement que vous recherchez quelqu’un à Konoha. Qu’avez-vous d’autre à me dire ?
-En fait, je recherche une personne. Un de mes modèles. C’est une chouette fille qui...
-Vous l'avez harcelée, elle aussi?, siffla aussitôt Sanae.
-Hein? Meuh nan, qu'est-ce qui vous ferait croire que... ça n’est pas du harcèlement… je veux dire, j’insiste peut être un peu beaucoup, reconnu l'artiste, mais...

L’Hanaerobi se massa péniblement les temps. D’accord. Ca n’allait effectivement pas être une partie de plaisir, avec cet homme. Elle devait se calmer.

-Continuez ?
-Bon, je vous remets le truc dans le contexte, sinon vous allez me prendre pour un pur taré. A moins que ça ne soit déjà le cas?
-Je crois bel et bien que j’en suis dangereusement proche.
-Donc j’ai encore une chance ?
-Peut être bien.
-‘Nice.
Alors en fait, il s’agit d’un de mes modèles. D’habitude, elle me servait de modèle pour mes entraînements, mais la semaine dernière, j’ai commencé une toile avec elle… une vraie toile, je veux dire, un gros machin avec déjà une vingtaine d’heures de boulot au compteur. Sauf que d’un coup… boom, elle a arrêté de venir. Et je me retrouve avec une toile incomplète sur les bras. Alors ouais, vous pourriez me dire de laisser tomber et de passer à autre chose, mais… non. Je tiens un truc de dingue. Je ne sais pas si vous avez un passe-temps qui vous tient à cœur, mais par moment, on a une inspiration, c’est quasiment magique, et on sent que boom, faut y’aller. Je vous jure que cette toile, j’ai que ça en tête. Quand je marche dans la rue, quand je vais faire mes courses, quand je me réveille le matin, quand je suis à table avec des amis…
-Je pense avoir saisi l’idée, intervint Sanae. Vous n’avez pas à vous justifier de quoi que ce soit. C’est votre mission.
-D’accord. Donc, voilà le truc. Mana… c’est son nom, Mana… elle a arrêté de venir du jour au lendemain. Aucune idée de pourquoi. Et j’ai besoin d’elle pour finir cette toile. ‘Ccessoirement, j’aimerais bien savoir si elle va bien ou s’il lui est arrivé un truc. C’est quand même bizarre. Et c’est là que vous entrez en jeu.
-Elle ne veut pas continuer? Vous lui avez parlé ?
-Je n’en sais rien. Elle a arrêté de venir. Elle peut aussi bien avoir quitté la ville, été tuée, que décidé de ne plus jamais avoir affaire à un gros blaireau comme moi. Aucune idée.
-Qu’est ce qui vous fait dire ça ?
-J’dis des trucs au hasard.
-Et..?
-Et c’est tout.

Sanae le regarda fixement, sans un mot. Avec tout ça, elle n’allait rien pouvoir faire. Il fallait le faire parler un peu.

-Quelque chose de spécial serait arrivé entre vous au cours des jours précédents ? Des semaines ?
-Nan.
-Vraiment rien ?
-Nan.

Il n’allait pas l’aider facilement, celui-là. L’aspirante tenta de le sonder, mais en vain. Il restait maintenant imperturbable. Il devait dire vrai.

-Et vous n’avez pas pu prendre de ses nouvelles parce que vous ignorez où elle habite, j’imagine ?
-Yup.
-Mmmh… qu'est ce que vous avez à me dire à son sujet?, reprit Sanae en sortant de quoi prendre des notes.
-Comme je vous l’ai dis, elle s'appelle Mana...
-Mana comment?
-Uh?
-Vous m'avez donné son prénom, expliqua Sanae. Je vous demande son nom. Quel est son nom?
-Aucune idée.
-... vous vous moquez de moi?
-Je m’en suis rendu compte un peu tard. La semaine dernière après coup, quoi.
-Evidemment…
bon. Quelles sont les informations que vous pourriez me donner à son sujet?
-Pas grand-chose de plus... haha, lâcha-t-il nerveusement. Ca va être dur pour vous, j’imagine ?
-Incroyablement dur.
Alors essayez d’être utile. Vous êtes un artiste. Ne pourriez-vous pas... je ne sais pas... en dresser un portrait-robot, ou quelque chose comme cela?
-Ca risque de me prendre du temps…
-… pourquoi moi ?...
-… mais si vous voulez, vous pouvez consulter mes croquis, et les quelques bricoles que j’ai déjà fait avec elle.
-Ca serait une bonne idée, oui.

Elle allait au moins pouvoir savoir à quoi elle ressemblait, oui… encore que non. Ca aurait été trop facile. Tout ce que Kikuchima lui présenta n’était que des brouillons à ses yeux. Bien exécutés techniquement, certes, mais d’un point de vue bien pragmatique…

Tout ça n’était que des coups de pinceaux anguleux qui délimitaient la silhouette de la dénommée Mana. Avec précision, certainement. Et sous toutes les coutures. Mais elle n’avait toujours pas la moindre idée d’à quoi elle ressemblait.

-Vous pensez pouvoir faire quelque chose ?
-Eh bien… non ? Oui ? Peut être. J’aurais encore quelques questions. Il va falloir mettre du votre, monsieur. S’il vous plait.

*
*     *
*

Sanae avait passé sa matinée dans l’antre de l’artiste. A son terme, elle avait quand même réussit à grapiller plusieurs informations utiles. Déjà, une description plus précise de Mana. De la même manière que quand Kikuchima avait comparé l’aspirante à une fleur aux épines vénéneuses, le bougre s’était étendu assez poétiquement sur la disparue. « Panthère langoureuse », « carnassière prédatrice », « pleinement consciente de ses charmes ». Avec ça, l’Hanaerobi s’était sentie tristement peu avancée. En insistant un peu, elle l’avait forcé lui donner un détail plus terre à terre de la jeune femme. C’était une adulte, probablement aux alentours des 25 ans, qu’il avait rencontré pour la première fois du coté du marché aux fromages du village, où elle circulait régulièrement. Il ne l’avait toutefois vue qu’à trois occasions y tenir un étalage.
Kikuchima l’avait approchée pour la première fois il y a deux mois de cela ; il lui avait fallu deux semaines pour enfin oser lui proposer de lui servir de modèle. Habillé, avait-il jugé utile de préciser face au regard noir de l’Hanaerobi. Elle était blonde, bien que la couleur était clairement une teinture. Les cheveux étaient trop décolorés. Yeux bleus, teint hâlé, et un peu plus grande que Sanae, ce qui devait la placer aux alentours d’un mètre soixante-quinze. Il ne l’avait jamais vue porter autre chose que des robes assez courtes, qui lui découvraient les épaules et les genoux, couplées à des sandales. Comme autre particularité, il avait finalement mentionné ses ongles, toujours impeccables, et au vernis caractéristique. Ceux des doigts étaient « noirs comme la nuit », et ses orteils, « d’un blanc nacré évoquant irrésistiblement un collier de perles ».

C’est avec ces informations bien en tête –et en notes- que Sanae arpenta le marché aux fromages, sans trop se faire d’illusions quant à ses chances de succès.




Checkpoint (merci Soujuu!) : http://ryoma-naruto.forumactif.com/t7977p15-marche-ruelles#181339

Fin : http://ryoma-naruto.forumactif.com/t7976-marche-rue-principale#181489



Dernière édition par Sanae le Mar 20 Aoû - 13:01, édité 1 fois
Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mar 13 Aoû - 20:58

Alors que tu arpentes la ruelle sans grande conviction, tu vois un homme de grande carrure te foncer dessus comme si sa vie en dépendait ! Instinctivement tu te décales pour le laisser passer mais tu parvins à entendre un marchand crier : "au voleur, au voleur !" provenant de la ruelle d'où sortait le voleur. Sans réfléchir outre-mesure, tu lui fais goûter un croche-pied dont tu as le secret et se retrouve la tête la première dans le sol damé du marché aux fromages.

Il ne bouge plus du tout et tu peux même apercevoir un filet de sang couler sur le sol. Le marchand le plus proche retourne le voleur et tu peux apercevoir qu'il arrive encore à respirer à travers la patate qui lui sert de nez. Tu vois dans sa main une épaisse bourse que tu t'empresse de prendre, avide d'argent que tu es... qui change de main très rapidement pour se retrouver dans celle d'un autre marchand, à bout de souffle visiblement.

"Merci fillette ! Je ne sais pas comment on aurait fait pour survivre sans cet argent ! Quel enflure *donne un coup de pied dans les cottes du voleur*, il a profité d'un moment d'égarement pour me prendre ma cagnotte du jour." * donne un autre coup de pied, bien placé cette fois*

"Prends ces quelques pièces en guise de remerciement !"

Pendant que quelques marchands s'occupent à déplacer le malheureux voleur, tu ouvres ta main pour découvrir 20£. Tu es contente mais tu te souviens brusquement de ta mission actuelle !


mouhaha MOONWALK PARTYYY mouhaha
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MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Dim 18 Aoû - 15:26





_ Bon, et bien on a qu’à dire que le vent ouvert la fenêtre. Alors on va la refermer et basta, tout ira bien ! fit un Arakasi d’un ton très peu convainquant.
_ Il n’y a même pas de vent, constata Hyûma. Elle est naze ton excuse…
_ Tu as une autre explication peut-être ? répliqua l’aspirant. On est facile à quatre, voire cinq, mètres de haut, dit-il en passant la tête par l’ouverture et on observant la ruelle déserte. Et je ne sais pas pour toi, mais moi, je ne sais pas grimper aux murs. C’est le vent. Pas d’autres solutions.
_ Ben… c’est surement un fantôme alors !
_ Bon, euh… Hyûma… Comment te dire… Les fantômes n’existent pas ! C’est une légende ! Un truc inventé pour faire peur aux enfants ! Comme le Père Nöel ou le Croquemitaine ! Tu connais le sens du mot « légende » au moins ?
Le sabreur s’apprêtait à lui répondre vertement quand les deux jeunes hommes furent interrompus par le son d’un bruissement derrière eux.
_ Tu as entendu ?
_ C’est le vent j’te dis !
_ Tu viens de verrouiller la fenêtre, idiot…
Le grand genin sortit son bô et en battit l’air de quelques grands mouvements maladroits, faisant reculer son collègue.
_ Hey ! Tu fais quoi là ? T’essaie de m’éborgner ?
_ Je nous protège des fantômes !
_ Avec un sabre en bois ? Tu vois, je ne te connais pas depuis longtemps, mais plus c’est le cas, plus tu m’étonnes…
Le drôle de bruit repris à nouveau et le séducteur se jeta, seul, sans aucune arme et au péril de sa vie, devant son superstitieux ami. N’hésitant pas à faire de son corps un rempart protecteur, il se plaça entre son camarade et l’inconnu. Car « Comprenez-vous mesdemoiselles, bien que n’étant pas particulièrement brave, je n’ai pu accepter qu’un ami risqua son âme pour sauver la mienne ! ».

Enfin, ça, c’était la version de l’histoire qu’il raconterait plus tard, si possible en bonne compagnie. Pour l’instant, il se posta surtout bien prudemment derrière son collègue armé. Quand il n’y avait pas de témoin féminin, autant se placer derrière la personne qui possède une arme. Comme dit le dicton « Prudence est mère de sureté ».

*

*          *
Tapi dans l’ombre d’une pile de matelas, une paire d’yeux fixaient les deux shinobis en ricanant doucement. Comme prévu, les deux aspirants n’étaient pas au niveau. L’opération serait probablement d’une facilité déconcertante. Le beau-parleur n’était qu’une grande gueule pétocharde et le guignol avec le sabre en bois avait peur des fantômes… Se débarrasser des deux bras-cassés ne prendrait qu’un instant et après… La silhouette ricana à nouveau, puis poussa un hululement.

*

*          *

_ T’as entendu ? fit le shinobi-majordome en sursautant. Ce bruit… C’est un fantôme ça, obligé !
_ Ou alors, c’est un homme qui veut se faire passer pour un fantôme, nuança Arakasi. C’est plus crédible déjà. Ecoutes, j’ai une idée. Si c’est un fantôme, je m’en occupe, fit le jeune homme que le surnaturel n’effrayait pas. Par contre, si c’est un homme, tu t’en charges avec ton sabre !
Tandis que le Gouryoku hochait la tête, le séducteur baissa la voix et énonça son plan au serviteur des Hanaerobi.

 
*
*          *


Tandis qu’un autre hululement résonnait dans l’entrepôt de Tomasu, les deux shinobis s’enfoncèrent dans la semi-pénombre du labyrinthe de matelas. L’un d’un pas qu’il espérait décidé, l’autre en serrant son bô dans ses mains à s’en faire blanchir les jointures. Fantôme ou pas, celui qui s’amusait à les provoquer allait en prendre pour son grade ! Il était hors de question que cette mission échoue ! Ils étaient des ninjas, et ils allaient le prouver…

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mer 21 Aoû - 14:22

Saitama pénétra dans le Quartier Général de Konoha et se dirigea d’un pas paisible vers le panneau d’affichage des missions. Le bourdonnement incessant de la ruche, l’activité bruissante des employés et la circulation intense des abeilles toujours pressées par le temps lui étaient plus ou moins indifférent, bien qu’il y prête attention du coin du cerveau. Aucune information n’était à négliger, et il ne pouvait prendre le risque de passer à côté d’un signe.
Cela dit, il avait actuellement une mission, donc un signe en plus, bien que peu probable, serait un test divin. Toujours rester à l’affût, tel était son credo, ou en tout cas l’un d’entre eux. Cela n’avait pas changé avec sa Révélation. Il se glissa entre deux gratte-papiers qui passaient en trombe et adressa un sourire bienveillant à un jeune garçon qui lui avait marché sur le pied, et arriva enfin à son objectif.

Le panneau semblait légèrement fouilli de prime abord, mais un ordre secret semblait s’en dégager. Mais Saitama ne s’y intéressa pas. Il tendit le bras, les yeux fermés, et pointa un ordre de mission. Voilà ce qu’il devait faire. Il avait fait un rêve prophétique dans lequel son Dieu lui avait ordonné de compléter une mission du QG de Konoha, peu importait laquelle, et qu’il guiderait son choix.
Sans même jeter un coup d’œil au contenu de l’ordre, Saitama alla faire enregistrer son choix. Cela ne lui posa d’ailleurs aucun problème. Le guichettier lui dit juste d’aller à l’adresse de l’ordre de mission pour 14h, qu’il y aurait droit aux informations pour la résolution. Et aussi qu’il travaillerait en coopération avec un autre shinobi. Le jeune homme haussa les épaules. Il aurait un peu de temps d’ici là.

Sortant du QG, il se dirigea droit vers la place principale de Konoha. Tout le monde courait dans tous les sens pour remplir des tâches diverses et variées, mais lui ne faisait que passer, rien n’était à sa portée ici. Financière, s’entend. Il s’engouffra d’un bon pas dans la rue principale, marchant au même tempo que la presse dans laquelle il se trouvait. De toute façon, ce n’était pas comme s’il pouvait aller plus vite, ou même pressé.
A la vérité, l’heure du déjeuner approchait, et son estomac commençait à se rappeler assez fortement à lui, et Saitama n’avait rien avalé depuis la veille. Rapidement, il se sépara de la foule de la rue principale pour s’enfoncer dans une des ruelles qui en partait et s’arrêta quelques dizaines de mètres plus loin devant une échoppe. Peut-être même qu’échoppe était une exagération. C’était un comptoir donnant directement sur la rue avec trois tabourets posés devant. Et derrière se trouvait une minuscule cuisine dans laquelle se trouvait un minuscule vieil homme.
« - Salutations, grand-père, comment vas-tu ?
- Harr harr, jeune homme, les affaires flottent, la même chose que d’habitude ?
- S’il te plaît. »
Quand le bol fumant de Yakisoba fut posé devant lui, Saitama adressa une rapide prière à son dieu tutélaire pour le remercier et attaqua son déjeuner. Aussi bon que d’habitude, le plat lui rappelait subtilement l’océan par un goût iodé à peine perceptible. En quelques minutes, le bol fut récuré de fond en comble, et le jeune zélote se leva en se tapotant le ventre, qu’il avait maintenant légèrement rebondi. Une poignée de pièces posées sur la table et un au revoir plus tard, il enfilait les ruelles pour se rendre à son rendez-vous. Il arriverait en avance, mais qu’importe, il pourrait prier un peu, comme cela.

De fait, comme prévu, il avait largement le temps de rendre hommage. Il posa son balluchon devant lui et farfouilla dans l’ensemble de ses possessions jusqu’à en sortir une mâlâ déjà usée par un usage intensif. Fermant les yeux, il s’immergea totalement dans ses mantras, ses doigts faisant glisser les perles de bois une par une au rythme de ces récitations, perdant toute perception du monde extérieur.
A quelques mètres de là, une jeune femme vêtue d’un imposant kimono d’une rare élégance, que ce soit au niveau de la coupe ou du motif, regardait la rue avec intérêt. Par conséquent, forcément, elle remarqua la personne qui s’arrêta sur un bord de la route et se mit à prier. Quelques instants plus tard, elle détournait son regard, en ayant le sentiment d’avoir vu tout ce qu’il y avait à voir de la situation, et tourna son attention vers un jeune garçon qui venait de bousculer un artisan, renversant toute sa production par terre. D’abord désolé, le garçon s’énerva petit à petit face à la colère de l’adulte, esquivant prestement une taloche avant de s’enfuir sur une ultime grimace. L’artisan, lui, le visage rendu rougeaud par la colère (et peut-être aussi la honte), ramassa puis épousseta le lé de tissu tombé au sol en grommelant puis reprit sa route.

Enfin, les coups de 14 heures allaient sonner, donc Saitama sortit de sa transe et marcha droit vers l’adresse qu’on lui avait donnée tout en accrochant son mâlâ autour de son poignet gauche. Du coin de l’œil, il aperçut une jeune femme qui lui emboîtait le pas, mais déjà il toquait à la porte. Une fraction de seconde après avoir annoncé sa présence, alors que sa main n’était pas encore retombée à son côté, la porte s’ouvrait sur une femme que les statistiques décrivent comme une ménagère de plus de cinquante ans.
Peut-être que ménopausée correspondrait d’ailleurs mieux. Saitama enregistra rapidement divers détails comme des rides qui commençaient à apparaître, une taille légèrement alourdie, des cheveux noirs attachés en un chignon lâche et une bouche dont les commissures tombantes donnaient une impression de mauvaise humeur. Pour finir, des yeux qui le scrutèrent de haut en bas, puis de bas en haut, avant de faire subir le même sort à la personne derrière lui.
« - Vous êtes les shinobis ?
- Oui, répondit Saitama.
- Tout à fait, madame, ajouta la jeune femme.
- Bon, entrez. »
Ainsi donc, il savait maintenant avec qui il allait devoir coopérer. Quelle importance, Dieu le guiderait.

L’intérieur de la maison ressemblait terriblement à sa propriétaire. Du papier-peint à fleur, des napperons et des dessus de nappes un peu partout, sans compter une bonne dizaine de pots en terre cuite plus ou moins ornementée, tous avec leurs fleurs dedans. L’odeur du pollen prenait même un peu à la gorge, et Saitama dut retenir un éternuement.
« - Bon, j’espère que vous ferez l’affaire. Je vais vous expliquer rapidement la situation, puis on verra si vous avez des question. Je suis Madame Kame, présidente de l’association ‘’Des Fleurs et des Hommes’’. Depuis quelques temps, les pots de fleur de la marque Hanaonarau des membres du cercle disparaissent mystérieusement petit à petit, pendant la nuit. Nous avons essayé de surveiller les pots, mais ils disparaissent quand même. Nous n’avons aucune piste sur l’identité potentielle du voleur, ou les raisons qui le poussent à agir ainsi. La raison pour laquelle nous avons demandé l’aide du QG est que nous suspectons un vol dans les trois jours, si le schéma du voleur se répète, chez une de nos membres, actuellement en visite chez ses petits enfants. Nous voulons donc que vous surveilliez cette maison, pendant que nous nous occuperons des autres. Des questions ?
- L’adresse ? demanda Saitama.
- Evidemment que je vais vous donner l’adresse, ne soyez pas stupides. Des questions à propos de l’affaire ?
- Non, Madame, vous avez été très claire, répondit la jeune femme.
- Bien sûr que c’était clair. Bon, voilà l’adresse, allez-y et faites en sorte qu’on ne se fasse pas voler, cette fois. J’ai du travail maintenant. »

Après avoir été adroitement expulsés, les deux ninjas échangèrent un regard sur le pas de la porte…

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mer 21 Aoû - 19:24

L'excitation emplissait lentement le majordome. Ouais ! Y'allait avoir de la baston ! Ça lui ferait un bon entraînement en vu du tournoi. Ce qu tombait bien vu qu'il était impatient d'étrenner son sabre en bois.
Nyahahahaha ! Le resquilleur n'avait qu'à bien se tenir, il allait en prendre plein la gueule et pis c'est tout !

Ouais !

Plus il y pensait, plus Hyûma en était persuadé : un fantôme ? Baliverne ! Les fantômes n'ont pas besoin d'ouvrir les fenêtres pour rentrer, cqfd. Donc c'était juste un sale type qui voulait lui flanquer les pétoches et ça, ç'allait se payer. Et puis...

Là, un mouvement !

Ni une, ni deux, le sabre vola, un claquement sonore retentit, aussitôt suivit des piaillement douloureux d'Arakasi.

« Nan mais t'es dingue, abruti ! Se révolta Arakasi. Fais gaffe un peu avant de taper !
_ Ben... T'étais pas derrière moi ?
_ On couvrira plus d'espace en se séparant, triple andouille.
_ Ben alors pourquoi t'es revenu à côté de moi ?
_ Mais parce que c'est toi qui a obliqué au lieu d'aller tout droit ! Pfff... T'es vraiment un boulet quand tu t'y mets. Bon, j'espère au moins que je vais garder une cicatrice.
_ Tu espères une cicatrice ??
_ Evidemment : les filles raffolent des cicatrices, c'est bien connu. Et puis, si la nièce de Tomasu apprend que j'ai été grièvement blessé pendant cette mission, elle s'en voudra terriblement et m'invitera sûrement au restaurant pour se faire pardonner. Alors je lui narrerai par le menu le détail de mes exploits et la façon dont j'ai protégé l'entrepôt de son oncle au péril de ma vie, et... Hé ! Où tu vas ?
_ J'ai pas le temps d'écouter tes divagations, répliqua Hyûma.
_ Mes divagations ? Tsss... Alors ça c'est bien la seule réaction qu'on peut attendre d'un gros macho qui n'a aucun succès auprès des filles. Ça t'arracherait la langue de reconnaître que c'est un plan génial ?
_ Trouve plutôt un plan génial pour qu'on chope l'intrus.
_ Pourquoi, tu penses que c'est une fille ? Elle ressemble à quoi ?
_ J'ai compris, je vais le chercher tout seul, alors... »

Hyûma repartit entre les piles de matelas, l'oreille à l'affût du moindre bruit bizarre – en dehors des soliloques du tombeur qui imaginait sa discussion romantique dans ce qui allait être un repas aux chandelles avec la nièce de Tomasu – et l’œil aux aguets. L'intrus pouvait se cacher n'importe où !

« Flûte, peu de chances de le trouver comme ça, grommela le majordome. Réfléchissons : pourquoi un type viendrait cambrioler un entrepôt de matelas secret ?


Mais bon sang, mais c'est bien sûr ! Il est venu pour dormir ! Bwahahaha ! Ça va être trop facile de le trouver ! »

C'était bien connu : à part les somnambules, les gens ne bougent pas pendant qu'ils dorment. L'intrus devait se trouver dans l'une des piles de matelas, caché sous une bâche. Ne restait plus qu'à tout vérifier et....

« Hyûma ! Au secou... Hum, j'veux dire : Par ici, vite, j'ai besoin de renfort, beugla Arakasi.
_ Dépêche-toi, vite, je le tiens ! Hurla Arakasi.
_ Quoi ? Hé, je ne te permet pas de copier mon auguste allure !
_ Essaye pas de brouiller les cartes : mon style inimitable n'appartient qu'à moi, vil copieur !
_ Peuh, c'est vraiment minable d'adopter mon apparence pour essayer de tromper les filles !
_ Ton apparence ? Ça va pas la tête : ce corps d'Apollon est le mien, je te signale ! »

Alarmé par cet étrange monologue sans queue ni tête, Hyûma accéléra, tourna entre deux piles de matelas et... tomba nez-à-nez face à Arakasi et Arakasi qui se tenait le bras l'un l'autre tout en s'invectivant (mais avec classe, on est un tombeur ou on ne l'est pas).
Le majordome cligna des yeux un instant, puis leva son sabre.

« Hééééé ! Protesta un Arakasi, attends, attends, attends, qu'est-ce que tu comptes faire, là ?
_ Ben l'un de vous deux est l'intrus, donc je vais le neutraliser.
_ Heu... Attends, tu peux reconnaître ? S'inquiéta l'autre Arakasi.
_ Ben non, donc je vais vous taper tout les deux, comme ça, je suis sûr de ne pas me tromper.
_ Quoi !? ça ne t'as pas suffit de m'en coller une tout à l'heure ?! Se révolta Arakasi.
_ N'importe quoi, c'est moi qui ait déjà souffert ! Nia aussitôt Arakasi.
_ Oh l'autre hé, comment qu'il raconte n'importe quoi !
_ ça te va bien de dire ça, dis donc !
_ Bon, ben quand faut y aller, fit Hyûma en s'avançant d'un pas.
_ Nananananan ! Stop !
_ Tu peux pas agresser un allié comme ça, voyons !
_ Pourquoi tu t'inquiètes ? Répliqua le majordome. Ça te fera une cicatrice supplémentaire, c'est tout.
_ Nan ! Une, c'est largement suffisant !
_ En plus, tu tapes comme une brute.
_ Qu'est-ce t'en sais, tu l'as pas senti, toi.
_ Bien essayé, monsieur-j'imite-les-cicatrices-des-autres-pour-pavoiser-devant-les-filles.
_ Ben tout ça, ça ne me concerne pas, répliqua Hyûma.
_ Stop ! Si tu m’assommes, je porte plainte au QG !
_ Ouais, moi aussi !
_ Mais t'arrêtes de me copier !
_ Ok, quand t'auras repris ta véritable apparence.
_ Mais c'est ma véritable apparence.
_ Silence ou j'en prends un pour taper sur l'autre ! Beugla Hyûma.
_ C'est lui qu'a commencé.
_ T'as pas un peu fini de piquer mes répliques ?
_ Grmmblmbmbl, réfléchis sombrement le majordome. Comment faire pour savoir qui est le bon Arakasi. Enfin "bon"... J'me comprends.
_ Je sais ! Affirma Arakasi. Tu n'as qu'à nous interroger pour discerner qui est le vrai !
_ Mais comment tu veux que je fasse ça ?
_ C'est facile, répondit l'autre Arakasi. Tu nous poses des questions que seul le vrai Arakasi pourrait répondre et le tout est joué !
_ Ouais, trop facile, s'enthousiasma Hyûma. Alooors... Qu'elle est ta couleur préférée ?
_ Brune !
_ Blonde !
_ D'accord, acquiesça le majordome. Et la bonne réponse, c'était quoi ?
_ Brune, évidemment.
_ Blonde, naturellement.
_ …
_ Mais ne pose pas de questions dont tu ignores la réponse, crétin !
_ Bon sang, pourquoi faut-il que je fasse équipe avec un imbécile pareil ?
_ Hé ! C'est moi qui fait équipe avec lui !
_ Hé ben on est pas sorti de l'auberge... »

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Ven 23 Aoû - 19:19

Juste avant...


Après avoir été adroitement expulsés, les deux ninjas échangèrent un regard sur le pas de la porte...

... qui fut rompu par le gargouillement soudain du ventre de l'Hanaerobi. A cet instant, la jeune femme ne savait plus où se mettre.

-Ah, je suis désolée, se précipita l'aspirante. Je n'ai pas pu manger, mon majordome est absent, et... et...
-Haha. Ne t'en fais pas. Il n'y a aucune honte à avoir faim. Ni à le faire savoir, déclara Saitama en adressant un clin d'oeil à la ceinture de Sanae. Puisque c'est comme ça, que dirais-tu d'un bon bol de Soba bien assaisonné? Je connais un très bon endroit, pour ça.

Soba? Des pâtes? Une soupe de nouilles? Oh. C'était un plat populaire qu'elle ne mangeait jamais, ça. Que ce soit chez elle, à Boya, où un trio de domestiques s'occupaient de la maison. Ou ici, à Konoha, où Hyuma lui préparait systématiquement de bons petits plats.

Alors, de simples nouilles, pour elle...

D'un autre coté... elle se souvenait en avoir déjà mangé, étant petite. Toute petite. Huit, peut être neuf ans. Et n'en gardait pas du tout un mauvais souvenir, bien au contraire. Elle s'était beaucoup amusée, à l'époque. Et en avait mis partout, accessoirement.
Alors, en fin de compte... pourquoi pas. Saitama le lui proposait si gentiment que, même si elle n'était pas très partante, son allure avenante incitait la jeune femme à accepter.

Lorsqu'ils approchèrent de l'échoppe, elle se mit pourtant à hésiter. Plutôt qu'une échoppe, d'ailleurs... c'était davantage un... stand à ciel ouvert. Un pauvre comptoir avec trois malheureux tabourets posés devant. En pleine rue. Avec la poussière terreuse soulevée par les passants qui risquait de se déposer dans leur nourriture, pensa-t-elle.

-Excusez moi, mais... sans vouloir vous... mmmh... non, ce que je veux dire, c'est... êtes-vous sûr que manger ici est très... hygiénique?
-Hygiénique? Haha! Mais bien sûr, que ça l'est. J'ai l'habitude de manger ici régulièrement, voyons. Cette échoppe est aussi respectable que son propriétaire, tu peux me faire confiance. Mon Dieu veille sur lui comme sur toi et moi: tu peux manger sans crainte.
-Votre Dieu... vous voulez dire que...

A cet instant, Sanae considéra Saitama d'un nouvel oeil. A vrai dire, elle s'en était immédiatement rendue compte, même si elle n'avait pas réagit plus que ça. Mais maintenant que l'on parlait d'hygiène, eh bien... il fallait signaler que Saitama se promenait torse nu, mine de rien. Et surtout, pieds nus. Dans la rue.
Et qu'il était très avantageusement charpenté, accessoirement. Un véritable régal pour les yeux de la demoiselle, qui ne savait plus où donner de la tête. Avec discrétion, bien sûr.


Mais, et ce qui ressortait tout d'abord de Saitama, c'était pourtant cette impression de sympathie et d'empathie qu'il dégageait, malgré son cache-oeil, son accoutrement, et sa musculature. C'était un homme qui cherchait la paix intérieure, comme le vrai religieux qu'il était. Et la multitude de chapelets qu'il portait avait peut-être à voir avec cette impression. C'était aussi dans son ton, dans ses paroles, dans son regard pointé vers un autre plan d'existence que l'on sentait cela. C'était comme ça qu'il se présentait, en tout cas.

L'homme qui lui faisait face se voulait un bienfaiteur. Il tendait à devenir un ascète, renonçant à beaucoup de choses dans la vie, pour ne plus se concentrer que sur l'essentiel. Probablement quelqu'un de respectable, si tout cela s'avérait exact.

Mais cette impression était tout à fait suffisante pour qu'elle lui fasse confiance, et prenne place à ses cotés face au restaurateur de fortune.

-Je me présente, Sanae Hanaerobi. Je viens d'une famille commerçante de la capitale.
-Saitama Kochiya. Mes circonstances sont... un peu particulières. Je suis à Konoha depuis un moment.
-Un moment?, demanda-t-elle, curieuse.
-Depuis la création du village, pratiquement, précisa-t-il.
-Oh, fit-elle. Vous devez donc très bien connaître les lieux. Je ne suis arrivée que quelques semaines plus tôt. Un peu plus d'un mois.

Le vieux gérant fut un peu surpris de voir Saitama revenir seulement une heure après son premier bol, mais ne lâcha pas un mot. Il leur demanda amicalement de prendre commande, ce que la demoiselle fit en prenant tout son temps, de bonne humeur. Les bras musculeux de Saitama détaillaient les variantes de bouillon avec précision, ce que l'Hanaerobi appréciait un peu plus que de raison.
Finalement, le jeune homme passa leur commande.
Un seul bol.

-Vous ne mangez pas?, comprit-elle.
-Eh bien... j'ai déjà dépensé plus que de raison, aujourd'hui. Ca ne serait pas raisonnable.
-Déjà dépensé... pas raisonnable?, marmonna la jeune femme.
-N'hésite pas à manger. J'ai déjà eu ma pitance pour aujourd'hui.

Elle ne comprenait pas. Surprise, elle jeta un coup d'oeil au semblant de carte qui lui faisait face, et... comprenait encore moins. Un bol, ça ne coutait rien.
Instantanément, elle réalisa (partiellement) la vérité. Les ascètes vivaient dans la pauvreté. Et le dénommé Kochiya ne faisait pas exception.

-Eh bien... ma foi... excusez-moi, mais... hum... ce que je veux dire, c'est... accepteriez-vous que je vous invite à ma table, dans ce cas?
-Ca n'est pas nécessaire.
-Ca me ferait plaisir, hésita Sanae. Un bon geste entre... deux coéquipiers. Qu'en dîtes vous?
-Haha! Si tu me prends par les sentiments, je ne peux pas refuser. Mais je veillerais à te récompenser.
-Me... récompenser?
-Mon Dieu récompense toutes les bonnes actions, asséna Saitama d'un air sage. Et en tant que Hérault, je me dois de participer à ce grand cycle.

Messager divin. Grand cycle. Son Dieu, et avec une majuscule qu'on entendait très bien lorsqu'il en parlait. Tant de mots qui n'avaient pas grand sens, et pouvaient tout à fait sortir de l'imagination débordante d'un fou délirant.
En l'occurence, pourtant, ils étaient prononcés par Saitama. Un homme qui lui avait fait une excellente impression, suffisamment pour lui laisser le bénéfice du doute. Sans prendre tout ce qu'il disait pour argent comptant, Sanae décida de questionner son coéquipier avec intérêt, en attendant leurs plats de nouilles.

Et de son discours... il apparut qu'il était encore en quête de certaines vérités. Sommairement, il lui expliqua avoir longtemps voyagé sur le continent. C'était avant de s'être installé à Konoha. Et avant d'avoir eut la Révélation. Un beau jour, la parole divine l'avait touché. Ce jour là avait été une métamorphose, pour l'ascète. Il en parlait avec une telle conviction que Sanae se sentait envieuse. Elle n'avait jamais eu ce genre d'attitude. Ni aucun rêve ou projet particulier. C'était simplement une fille ennuyeuse, et qui s'ennuyait.

Alors, forcément, la confronter à un énergumène dans la tranche de Saitama lui faisait de l'effet. Et on ne parlait pas uniquement de ses muscles qui paradaient joyeusement sous ses chapelets. Le Kochiya s'efforçait de faire réfléchir ceux qui étaient réceptifs à son discours. Il communiquait bien, quand on lui facilitait les choses en lui laissant sa chance.

-Et donc... vous ignorez qui est votre dieu?, s'amusa honnêtement l'aspirante avec un sourire en coin.
-Eh oui. Il n'a pas encore voulu me révéler son nom. Il ou elle, d'ailleurs. Mais en fait... ça n'a pas d'importance. Ca, je le saurais en temps voulu, déclara le jeune homme en relativisant. Pour le moment, je dois me concentrer sur des choses plus importantes.
-Par exemple?
-Me préparer, déjà. Je ne suis pas encore prêt.
-Prêt à quoi?
-Beaucoup de choses, déclara l'ascète. Beaucoup de choses.

A cet instant, le cuisinier leur déposa deux bols. Son bouillon n'avait pas l'air particulièrement fourni (et celui de Saitama, encore moins), mais l'odeur qui s'en dégageait la fit saliver d'un coup. Amusé, Saitama déclara d'une voix douce:

-Et voilà. Mange tant que c'est chaud, et assure-toi de prendre des forces. La mission nous attend, et nous en aurons bien besoin. Fais aussi attention à ne pas te tâcher, parce que c'est très très facile.[/quote]
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MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Jeu 29 Aoû - 17:55


Magnifique. Superbe. Splendide ! Je réalise ma première mission avec un imbécile heureux ! Voilà qui est génial n’est ce pas ? Et bien pour couronner le tout, sachez que l’intrus a pris mon apparence ! J’ai décroché le pompon…

« Alors, tu le neutralise ou pas ? Je le tiens je te dis ! »

Et allez, il recommence avec son charabia l’autre Moi… Il est plutôt doué pour la comédie. Faut dire qu’il a vraiment bien choisi son modèle. Franchement, quel autre personne aurait autant la classe que moi dans cette situation là ? Mais personne voyons ! En attendant, il ne faudrait pas que mon « brave » coéquipier ne m’assomme en croyant ce que dit l’autre.

« Non mais c’est moi qui le tient ! Hyûma bon sang !!! »

Cette situation est absurde. Totalement absurde. Je suis accroché à moi-même dans un entrepôt plein de matelas, menacé par mon coéquipier qui ne sait pas qui je suis  et qui ne pose plus les questions qui m’auraient permis de m’en sortir…

_ Stoooppppp !!! Ne fais rien ! Hyûma, ne bouges pas du tout ! Plus un geste ! J’ai une idée ! »
_ Hein ? De quoi ? Je cherchais une question a poser là…
 
Ahah ! A voir sa tête, l’autre Moi n’est pas rassuré ! J’ai vraiment cette tronche là quand je suis inquiet ? Oulà… Lui, je lui en garde une… On ne m’imite pas sans en payer les conséquences !
 
_ Ne l’écoutes pas ! Il va chercher à nous escroquer !
_ Hein ? Mais tais-toi-toi ! Laisse-moi parler !
_ Mais vous allez la fermez tous les deux ! Arakasi, laisse parler Arakasi !

Beugle mon coéquipier en agitant son sabre, ce qui me fait hésiter un instant avant de parler, on ne sait jamais… Mais pour le coup, l’autre cesse de parler et me laisse –enfin– m’exprimer.

« J’ai une idée ! Repris-je. Vu que je sais que je suis le bon Arakasi, mais que toi, tu ne le sais pas. Et comme tu n’es pas doté d’un esprit des plus clairvoyant et lucide… Je dois te convaincre que je suis le seul, l’unique et l’inimitable Arakasi Hirondawa. Exact ? »
« Exact ! » fit mon coéquipier.
« C’est juste, sauf que JE suis le seul, l’unique et inimitable Arakasi ! Et que cet imposteur de bas-étage n’est là que pour m’empêcher d’exécuter ma mission ! »

Et voilà… Forcément, il faut qu’il surenchérisse. Le pauvre. S’il s’avait a quel point il est ridicule a toujours en faire trop. Franchement… Ce clown est en pathétique. Je ne m’exprime pas du tout comme ça !

«_ Toi, laisse-moi finir ! Comme l’un de nous est un faux, tu vas nous attacher l’un à l’autre. 
_ Hein ? Mais pourquoi faire ?
_ Le chakra, tu connais ou t’es devenu shinobi sur un coup de tête ? Imiter mon apparence coûte du chakra à ce type. Et quand il ne va plus avoir de chakra, il va cesser d’usurper mon allure ! » Fis-je en souriant à pleine dents. Je vous le demande, ne suis-je pas génial ?


Bien sur que si !

_ Ah… Ouai, pas bête. Et je vous attache avec quoi au juste ?

« J’en sais rien moi ! Trouve un truc ! J’ai les idées, à toi de les mettre a exécution ! fis-je pendant que l’Autre-Moi balbutiait un « Mais tu ne vas pas me laisser attacher avec ce criminel ! Assomme-le vite pendant que je le tiens ! »
Mon brave coéquipier se rangea heureusement –et une fois n’est pas coutume– a mon avis plein de bon sens et s’éloigna farfouiller à la recherche de quelque chose pour nous lier l’un a l’autre. Ce qui visiblement ne plaisait pas plus à l’Autre-Moi qu’a moi-même, au vu des injures dont il m’abreuvait. Quel personnage antipathique ! Impossible qu’il soit moi. Mon grand sourire n’arrangeait pas forcément les choses, mais vu que ça le faisait enrager, je décidais de continuer de plus belle en songeant à la façon dont j’allais raconter tout ça dans mes mémoires…

« Ca y est ! J’ai trouvé un truc ! Ne bougez pas ! »

Comme si je pouvais bouger… Enfin, si je ne peux pas me défaire de l’étreinte de mon collant, ennuyant et si peu classieux double, lui non plus ne peux pas. Non ?

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Ven 30 Aoû - 12:54

Ce RP fait suite à celui-ci

Les deux héros étaient tapis dans l’ombre, chacun dans cachette. Le clair de lune passant par la fenêtre fournissait le seul éclairage de la pièce, mais leurs yeux avaient amplement eu le temps de s’accoutumer à la pénombre. Le bruit lointain de la rue se faisait vaguement entendre mais le calme prédominait, et l’ouïe des deux shinobis était tendue.
La pièce était un grand salon avec un grand buffet, deux tables basses, deux canapés et des fauteuils. Des guéridons étaient placés un peu partout dans la place, chacun d’entre eux recouvert d’une petite nappe à motifs variés et supportant un pot de fleur ornementé contenant des plantes relativement exotiques.
Les yeux des deux ninjas fouillaient les ombres tout autour d’eux, et leurs oreilles fouillaient les bruits à la recherche du moindre élément qui détonnerait dans ce paysage qui leur devenait familièrement monotone. Saitama contracta tour à tour tous ses muscles pour éviter les crampes, un petit truc qu’il avait appris durant sa précédente vie. Sa concentration vacillait à heure fixe, dès que l’heure de la prière arrivait. Il n’avait pas réussi à obtenir de son dieu le droit d’interrompre ses offices si le voleur se montrait.
Le zélé jeune homme jeta un nouveau coup d’œil à l’objet de sa surveillance, s’assurant que tout allait bien, puis récapitula mentalement ce qu’ils avaient fait en arrivant dans la maison.

Ils étaient entrés par la porte d’entrée en utilisant la clef qui leur avait été fournie, pour trouver un appartement qui commençait à devenir poussiéreux. La décoration restait dans le même genre, taillée sur mesure pour petite vieille, avec babioles d’origine trainant dans tous les coins, et ses incroyables napperons à motifs floraux posés sur chaque surface un tant soit peu plate.
Le vestibule était central et donnait vers toutes les autres pièces de la maison. Mais l’objet qu’il leur fallait protéger trônait fièrement dans le salon, un vase en terre cuite un peu crasseuse avec un genre de fresque un peu moche dessus. Et une orchidée blanche du plus bel effet dedans.
« - C’est ça qu’on doit surveiller ? demanda Saitama.
- A la description, on dirait, mais il faudrait vérifier le poinçon de l’artiste, pour être sûrs.
- D’accord. Je soulève, tu regardes. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le vase était plus lourd que prévu. Saitama laissa échapper de l’air entre ses lèvres entrouvertes.
« - Ahah, fit Sanae en se baissant. C’est de l’argile fixée sur une armature en métal, on dirait. C’est un petit peu usé par endroits, probablement là où la terre cuite était la moins épaisse. Et c’est rempli de petits cailloux pour l’orchidée.
- Et, le, poinçon ?
- Attendez, je regarde.
- Inutile, de, me, vouvoyer…
- C’est que nous ne connaissons pas encore assez pour que je vous tutoie. Alors, ce poinçon…
- Ce, poinçon ?
- Il fait trop sombre, je n’arrive pas à le distinguer clairement. Je vais chercher une bougie, il y en avait une dans l’entrée. Restez comme ça juste une seconde.
- Oui, bien, sûr. »
Saitama appuya le vase sur sa cuisse en reprenant longuement son soufle. Le voleur avait intérêt à avoir fait de la musculation, et un paquet avec ça, pour s’enfuir avec ce vase. Il tortilla son nez puis tourna la tête de côté pour ne pas toucher directement la plante. Elle avait un aspect un peu gluant, il ne voulait pas s’en mettre plein le visage.
« - Voilà, voilà, j’ai une bougie. Soulevez un peu, s’il vous plaît ? Saitama exécuta docilement, en inspirant profondément.
- Alors ?
- Ca a l’air d’être celui-là, c’est bon. »

Le jeune homme reposa délicatement le vase puis laissa échapper un soupir de soulagement qui n’échappa pas, lui, à sa coéquipière.
« - Un problème ?
- Euh, je suis soulagé qu’on ait trouvé le bon vase directement.
- Reste maintenant à mettre en place le piège. »
Les deux shinobis inspectèrent la pièce de fond en comble, histoire de voir s’il n’y avait pas un passage secret en plus des deux portes et de la fenêtre. Sans surprise, rien à signaler. Ou alors c’était vraiment bien caché.
« - Maintenant, reste à mettre le piège en place et à se cacher, dit Sanae.
- Tout à fait.
- Avez-vous du fil ?
- Non, désolé.
- Bon, faisons ça à l’ancienne, alors. Nous allons nous cacher dans la pièce, et quand le voleur viendra, nous l’attraperons !
- Que Dieu nous vienne en aide, en plus c’est l’heure de la prière. »
Saitama ferma les yeux et se mit à réciter des mantras, en faisant défiler les perles de son mâlâ. Sanae farfouilla un moment autour d’elle puis, quand elle eut trouvé deux cachettes valables, entreprit de faire signe à Saitama, qui secoua la tête sans s’interrompre. Dehors, le jour baissait, et toutes les données indiquaient que les vols n’avait pas eu lieu exactement à la même heure. En effet, même si, systématiquement, c’était la nuit, ça pouvait aussi bien être au crépuscule qu’à minuit ou même à l’aube.
La jeune femme tassa délicatement la vaisselle dans le buffet puis entreprit d’y tasser aussi Saitama, le guidant, ses mains appuyant à des endroits stratégiques pour faire entrer le prêtre priant. Enfin, elle laissa la porte entrebaillée et alla se cacher sous un canapé. Maintenant ne restait que l’attente.

Et de l’attente, ils en avaient eu. Saitama avait eu le temps de faire moult prières, et Sanae devait probablement pester car son kimono serait tout froissé, et sale aussi à cause de la poussière. En l’absence d’Hyuma pour le nettoyer et le repasser, elle en prendrait simplement un autre.
Tout d’un coup, un léger rai de lumière tremblottante vint de l’entrée. Quelqu’un venait d’allumer une bougie. On avait vu plus discret comme voleur, à passer par la porte d’entrée avec de la lumière, mais comme la maison était censée être inoccupée, à la limite, pourquoi pas. Dans son buffet, Saitama se raidit, prêt à bondir sur le malandrin, tandis que Sanae se préparait à sortir de sous le canapé.
La lumière se rapprochait à petit pas, puis quelqu’un poussa la porte du salon et s’avança vers le milieu de la pièce. Sans attendre, les deux diables jaillirent de leurs boîtes et immobilisèrent l’intrus en lui faisant une clef de bras. Intrus qui se révéla être une intruse. Intruse qui se mit à crier :
« - Au voleur, à l’assassin ! d’une petite voix fluette de grand-mère. Effectivement, à deuxième vue, il s’agissait d’une dame âgée portant un sac à main et une petite valise, avec un kimono uni. Seul l’obi était un peu ornementé
- Calmez-vous, nous sommes les shinobis de Konoha !
- Au meurtre, à l’aide !
- Lâchez-la, Saitama !
- Mon Dieu m’indique qu’elle n’est pas leur voleur !
- Ah, vraiment ? Voilà, Madame, tout va bien, nous allons tout vous expliquer… »

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Dim 1 Sep - 13:23

-Donc vous voulez dire que…

Les deux aspirants avaient tout expliqué à la vieille dame. Leur mission, qui était d’appréhender un mystérieux voleur de pots de fleurs. Les informations que leur avait donné la commanditrice, comme quoi les victimes étaient toutes membres de la même association « Des Fleurs et des Hommes », et que le prochain vol aurait lieu ici. Et Sanae crut bon d’insister sur la parfaite légalité avec laquelle ils avaient obtenu les clés de sa maison et s’étaient introduits chez elle pour tendre une embuscade au voleur.

-Donc vous voulez dire que…, répéta la vieille.
-Le voleur voulait profiter de votre visite chez vos petits-enfants pour dérober votre bien, compléta Saitama. On ne s’attendait pas à ce que vous reveniez aujourd’hui, par contre… désolé pour le dérangement.
-Hyahaha… c’est gentil de la part de Chichimimi de s’inquiéter pour moi… je la remercierai. Toujours aussi adorable…
-Le but est davantage d’arrêter le voleur, rectifia Sanae. Et puis… ce ne sont que des pots de fleurs.
-Mais tout ça ne justifie pas du tout du tout du tout ce que vous faîtes chez moi, gronda la vielle en toisant sombrement les deux jeunes.
-Pardon? Mais nous venons de vous dire que…
-Hyahaha, c’est ça, oui! Vous me prenez pour une idiote? On commence à jouer à ça avec les vieux, mais oui, bonjour Madame, nous sommes les charmants shinobi-scouts venus accomplir notre BA quotidienne! Voilà, on a attrapé votre voleur! Ca vous fera juste 50 ryos pour le dédommagement!
-Notre rémunération est uniquement de la responsabilité de l’administra…, commença Sanae.
-Taisez-vous, idiote!, siffla la vieille.

Elle s’avança brutalement en direction de Sanae, qui recula d’un pas. Saitama lança un regard qui se voulait apaisant à sa coéquipière ; ils avaient sûrement affaire à une bonne femme un peu dérangée, il ne fallait pas lui en vouloir. Respecter les ancêtres était aussi l’un des enseignements de son Dieu, et cela s’appliquait également aux vivants.

De son coté, la vieille n’en démordait pas… et redoublait d’ardeur.

- Vous-croyez-quoi, -que-je-suis-née-de-la-dernière-pluie? -Je-sais-très-bien-comment-ça-se-passe! -Vous-n’avez-pas-idée-du-nombre-d’abrutis-essaient-de-m’extorquer-du-fric-quotidiennement! -Rien-que-hier, -j’ai-croisé trois-boulets-qui-ont-voulu-me-vendre-des-trucs-a-la-con! Donc-votre-voleur-vous-pouvez-vous-le-carrer-là-où-je-pense, -parce-que-je-suis-sûre-que-vous-êtes-ses-complices! C’estcommelesmédecins, tousdescharlatansquiveulentvousvendrentdesmédocsbidons
quinemarcherontjamaismaisfonttournerlebusiness! Vousm’avezprispouruneconne? MOIJEVOUSDISNON, VOLEURS, VOUSN’AUREZRIENDEMOIALORSSORTEZILLICODE
CHEZMOIOUJ’APPELLELAPOLICE!

Saitama s’approcha doucement de la vieille, qui donnait surtout l’impression qu’elle n‘allait pas tarder à s’étouffer si elle oubliait trop souvent de respirer. Un sort que lui souhaitait de plus en plus sa coéquipière, même si elle se contentait d’observer la vieille d’un air réprobateur.

Et, avec tout ça, ils avaient complètement oublié le pot de fleur.

Pot de fleur qu’ils devaient surveiller.

Le genre d'erreur qui pouvait être fatal, en plus.

Un mauvais pressentiment leur parcouru l’échine.

Vaguement inquiets, les deux aspirants ignorèrent la vieille –toujours bouillante et blablatante- et jetèrent un regard dans sa direction.

Oui, il était toujours là.

Aucun problème.

A part peut être le fait qu’une quatrième personne se trouvait dans la pièce, juste à coté dudit pot de fleur, vêtue d’une panoplie de ninja furtif dernier cri (avec combinaison pyjama noire et cagoule intégrée) qui cachait tout de ses traits. Il y avait presque écrit voleur, sur son front. Et cette quatrième personne les regardait avec le même air surpris qu’ils lui adressaient.





L’espace de trois longues secondes, personne ne bougea.

L’instant suivant, tout le monde se précipitait vers le pot de fleur. Le voleur l’attrapa le premier, et poussa une petite exclamation victorieuse en commençant à reculer. Mais les trois autres étaient quasiment sur lui…

Par pur réflexe, qui tenait bien du coup de génie, le malfaiteur fit glisser un shuriken de son étui jusqu’à sa main, et le lança en direction de ses trois poursuivants. Sa précision était excellente : il parvint à faucher net la bougie que tenait la petite vieille, qui était la seule source de lumière dans la maisonnée.

S’ensuivit un chaos terrible, bruyant et confus, où chacun lutta dans l’obscurité pour venir à ses fins.

Et après vingt secondes de bataille, finalement…

-HYAHAHA, JE LE TIENS, CELUI LA!!, scanda la grand-mère. JE L’AI EU, JE L’AI EU!
-Moi aussi!, s’écria Saitama.

Sanae poussa un petit cri de douleur. Elle qui s’était tenue à l’écart de tout, quelqu’un l’avait pourtant empoignée par le col, et s’escrimait maintenant à lui enfoncer les doigts dans le nez. Des doigts maigrelets, secs et calleux, mais étonnamment forts. Devinant qu’ils appartenaient à la vieille, l’aspirante s’énerva d’un coup :

-Hein? Mais lâchez-moi, vous me faîtes mal!
-Oh? Pardon, s’excusa Saitama en relâchant sa prise.
-Quoi? Non, pas vous! Elle!

Trop tard, le mal était déjà fait : tandis que la petite bonne femme bataillait avec Sanae, le voleur profita de la confusion pour se dégager de Saitama. Il le balança avec force contre un portemanteau, bouscula les deux autres, et fila par la porte sans demander son reste.

-AU SEEEECCCCOOOOUUUUUURRRRSSSS!!!, hurla la vieille. ON ATTENTE A MA VIE!
-A votre pot de fleur, corrigea Sanae d’un ton sévère. Lâchez-moi maintenant, s’il vous plait!
-Oh. Excusez-moi, jeune femme, d’avoir voulu vous défendre, se biffa l’autre.
-En me crevant les yeux?
-Ca n’était pas moi, c’était… cet homme! Il était sombre, avec un regard mauvais et noir comme la nuit. Et un cache-œil, à la manière d’un pirate… c’était le mal! Vous auriez du le voir… torse nu, et doté d’une musculature entraînée à commettre ses méfaits. Et les chapelets qu’il portait à son cou… jamais je n’oublierais leur tintement abominable…!
-Vous êtes en train de décrire mon coéquipier, espèce de vieille folle!, tempêta l’Hanaerobi. Lâchez moi, immédiatement!

La jeune femme se releva, un peu plus brusquement que nécessaire vis-à-vis de la vieille. De son coté, Saitama n’avait pas perdu un seul instant. Lorsqu’il comprit ce qui était arrivé dans la confusion et l’obscurité, il s’était lancé à la suite du voleur. De là où elle était, Sanae pouvait les entendre descendre en trombe les escaliers de la maison, et atterrir lourdement sur le parquet craquant du rez-de-chaussée.

Et le vacarme qui retentissait là-dessous indiquait clairement que tout ne se passait pas sans encombre. Saitama avait probablement mis le grappin sur le voleur.

-Ninjutsu…
-Oh…, fit la voix de Saitama.
-DOTON ! DEGAGE DE LA!

Donc, ils avaient affaire à un shinobi, comprit la jeune femme. Ca n’arrangeait pas leurs affaires. Et son coéquipier venait de le découvrir au prix fort.

-Zut. Qu’est-ce que je pourrais… vite!

Contrairement à la majorité des ninjas dignes de ce nom, Sanae ne s’élança pas à la suite du voleur. Ca n’était pas non plus comme si elle allait courir, non mais. Tout au plus se précipita-t-elle vers la fenêtre, qui donnait à peu près au dessus de la porte d’entrée. Elle du se pencher dangereusement pour apercevoir le voleur passer juste en dessous d’elle… parmi quelques passants encore actifs à cette heure tardive. Konoha était toujours animée, après tout.

-Arrêtez cet homme!, ordonna l’aspirante. Arrêtez le voleur!

Si elle croyait que ça serait aussi simple…

Sanae regarda d’un air noir les passants ignorer paisiblement la silhouette cagoulée du voleur. Personne n’avait envie de s’interposer, de risquer quoi que ce soit pour intervenir. Ils étaient simplement là, inutiles, à se tenir passivement comme obstacles que le voleur contournait prudemment.

-Non…

A ce train là, il allait s’enfuir!

-Non, tonna l’aspirante. Non, non, non, non, non… pas comme ça!

Elle enrageait sur place. Avec les heures d’embuscade et de préparation qu’ils avaient faîtes… leur mission aurait du se passer tellement mieux… qu’elle ne pouvait pas finir ainsi!

Et, comme si sa colère était suffisante, ce fut exactement à cet instant que le voleur s’effondra dans sa course, hurlant à la mort, comme terrassé par une douleur surnaturelle. Sa course à pleine vitesse se transforma en un carambolage brutal, dont il ne sortit sûrement pas indemne. Tant mieux, songea Sanae. Des bleus, des écorchures, de la caillasse plein les yeux… qu’il souffre! Ca lui apprendrait.

Elle n’y était pas pour rien, dans cette chute. Penchée par-dessus la rambarde de la fenêtre, main droite tendue en direction du voleur, la jeune femme irradiait maintenant d’une légère lueur bleutée, davantage concentrée autour de ses doigts. L’Hanaerobi venait de recourir à un de ses « sortilèges ».

Crampes.

Une illusion plutôt radicale sur une cible en pleine course, visiblement.

Tandis qu’elle épiait sa victime d’un air mauvais, Sanae pu voir son coéquipier apparaître en contrebas. Saitama, fraîchement couvert de terre, avait l’air en bon état. Il aperçu facilement sa partenaire de mission, et surtout sa main bleue fluo qui pointait forcément dans la bonne direction. Il s’y rendit à grands pas, en prenant quand même garde d’éviter une potentielle deuxième attaque.

Ils allaient l’avoir. Sanae sentait sa cible se débattre pour se sortir de ce mauvais pas ; son genjutsu s’affaiblissait, probablement du fait d’une technique de dissipation. Mais ça ne l’empêchait pas de raffermir sa prise en réappliquant le jutsu. Et Saitama était pratiquement dessus.








Ils allaient l’avoir… encore un peu et…








Ils allaient l’avoir!!!








A moins que…













!!! C H E C K P O I N T !!!

♪ ♫ Dun~Dun~Duuuuun, Tara~ta~tam !!! ♪ ♥

EDIT MJ : évite les mots trop long, ça déforme le sujet.

Edit Super-Sanae: Vu et déjà corrigé, yup. En gérénal, j'édite pendant une bonne vingtaine de minutes après avoir posté un truc.

Re Edit Sanae: aaaaarrrrrrgh, du coup y'a certains de mes changements qui ont sauté avec ton edit par dessus le mien xD
Déception T_T
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mer 4 Sep - 11:17

Mission Sanae - Saitama 1er checkpoint

Sanae : il y a un indice laissé par le voleur. Si tu le cherches dans la pièce, tu découvriras
Spoiler:
 

Saitama : le voleur fait tomber une étale derrière son passage, barrant la route. Si tu décides de poursuivre la course poursuite, trois choix s'offrent à toi, classé du plus difficile au plus facile.
1. Passer dans les décombres (plus difficile)
2. Emprunter la ruelle de droite (moyen)
3. Emprunter la ruelle de gauche (facile)


La faim justifie les moyens...

MessageSujet: Re: Marché - Ruelles   Mer 4 Sep - 18:46

« Mmmmh mmmhmmhmhmm mhmhm !
_ Mmmh mhmhmhmm mhmhm !!
_ Mh mh ! »

Hyûma n'accorda même pas un seul regard aux Arakasi, tout en se félicitant de les avoir ligoté et bâillonné : comme ça, au moins, il avait la paix. Y'a pas à dire, il était vraiment un génie quand il le voulait : maintenant, il avait la paix. L'Aspirant repartit donc explorer l'entrepôt, des fois que le faux Arakasi ne soit pas venu seul. Une exploration minutieuse ne lui indiqua aucune trace de présence étrangère, et les différents accès étaient toujours verrouillés. Bien.

L'Aspirant remonta voir les prisonniers à l'étage et eut la bonne surprise de constater qu'il n'y avait plus qu'un seul Arakasi. À côté de lui se tenait...

« Le Rouquin !? Mais qu'est-ce tu fiches ici ?
_ Mmmh mhmhm mmhm !
_ Roooh, allez, fais pas ta tête de mule. On est pote, quoi, tu peux bien me le dire.
_ MMMH MHMMM MHMHMM !!
_ Pff, t'es vraiment pas cool. C'est pas beau d'être rancunier.
_ Mmmmm mhmhmmm mmmhmhm intervint Arakasi.
_ Gné ? »

Arakasi roula des yeux, exaspéré, avant d'essayer de mâchouiller son bâillon pour faire comprendre à son demeuré de partenaire qu'il ne pouvait pas parler. Le majordome comprit enfin ce qu'on attendait de lui et enleva les bâillons de ses prisonniers.

« Les mains aussi, fit sèchement remarquer Arakasi qui n'aimait pas du tout être entravé. Par contre, tu ne libères pas l'autre andouille, hein... »

Une fois l'Hirondawa complètement libéré, celui-ci ne manqua pas de se pavaner de son super plan qui les avait sorti de l'impasse, ce qui prouvait qu'il était aussi intelligent que beau et qu'il comptait sur le majordome pour relater ce point à ses douces compagnes.

Ledit majordome n'en avait strictement rien à cirer, trop occupé à interroger le Rouquin.

« Ben alors, qu'est-ce tu fiches ici ? C'est pour te venger de la mission Mistigri ?
_ Mais ça va pas la tête, ch'uis un ninja, pas un gamin, rétorqua le genin.
_ Quoi !? Tu voulais juste pourrir ma mission !? Mais t'es vraiment un salaud !
_ Mais qu'est-ce que tu vas encore t'imaginer, toi ? Je suis en mission, moi, môssieur.
_ Et nous aussi, rappela Arakasi. Sauf que nous, on est en train de réussir. Aaaaah, la nièce de Tomasu va être folle de joie quand elle saura que j'ai réussi au péril de ma vie.
_ Que nous avons réussi, rectifia Hyûma.
_ Toi, c'était pas au péril de ta vie : t'étais du bon côté du sabre.
_ Pfff... Chochotte, va. Bon, et c'est quoi, ta mission, cette fois-ci, demanda le majordome au Rouquin. T'as encore tiré la même que la mienne ?
_ Pas du tout ! Je travaille pour un éminent vendeur de futon qui travaille sur un gros coup et ne souhaite pas se faire doubler par son concurrent.
_ Un vendeur de jutsu ??
_ De matelas traditionnels, crétin !
_ ça ne nous dit toujours pas ce que tu fais là, objecta avec classe l'Arakasi. Aussi intelligent que beau, si, si !
_ Ben mon employeur sait que le sous-traitant de son concurrent direct loue cet entrepôt, donc il voulait savoir s'il avait fait des stocks ou pas.
_ J'ai rien compris, lâcha Hyûma, déboussolé.
_ Mais si, c'est super simple, affirma Arakasi. À Boya ou Mushi, y'a sûrement une grosse entité qui a lancé une appel d'offre pour des lits ! Ce qui fait que le vendeur de futon doit être en concurrence direct avec le vendeur de lit. Et qui dit lit, dit matelas. Donc si Tomasu possède un gros stock de matelas, qui plus est qu'il veut tenir secret, c'est que le vendeur de lit compte bien s'aligner sur l'appel d'offre. Fort de ce savoir, le vendeur de futon a donc tout intérêt à accorder une ristourne un peu plus généreuse que prévu pour empocher l'appel d'offre et faire un max de bénéfice, conclut l'Hirondawa avec son sourire colgate.
_ J'ai toujours pas compris.
_ … C'est pas grave, je t'expliquerai plus tard. Disons, demain soir, avec Sanae, autour d'un verre ? Ce que tu dois juste retenir, c'est qu'on a gagné.
_ Ouais, cool ! S'enthousiasma le majordome.
_ Peuh, j'm'en fiche, assura le Rouquin. Il est pas con, mon patron : si je ne reviens pas, c'est qu'il y a eu un pépin, donc des gardes, donc qu'il y a quelque chose dans l'entrepôt. Il saura ce que ça veut dire, j'ai gagné quand même.
_ Mauvais joueur, ça vaut pas !
_ Sauf que t'auras quand même raté ta mission, signala Arakasi enjoué, et que tu ne toucheras pas ta récompense. Donc tu as perdu.
_ Ah merde, j'avais pas pensé à ça...
_ Bon, y'a plus qu'à attendre le retour de Tomasu et on lui livre l'intrus, se félicita Hyûma.
_ Attends, flûte, on peut pas ! S'affola Arakasi.
_ Ben pourquoi ?
_ L'ordre de mission était clair : personne ne doit voir ce que contient l'entrepôt. Si on lui livre le Rouquin, on aura failli à notre mission !
_ Sûr ?
_ Certain !
_ Maieuuuh ! J'veux pas perdre, moi ! »

Les trois shinobis cogitèrent à toute force pour tenter de se dépatouiller de cette situation. Finalement, le Rouquin intervint.

« Hé, dites : et si vous me laissiez repartir ?
_ Nan mais ça va pas la tête ?! S'insurgea le majordome.
_ C'est qui le gars rancunier, là ? Nan mais sérieusement, reprit le Rouquin en se tournant vers Arakasi – qui semblait le cerveau du duo. Si vous me libérez, je peux faire mon rapport à mon patron et je gagne mes sous. Et comme je ne serais plus là, pas vu, pas pris : vous pourrez dire à votre patron que personne n'est venu et hop, vous touchez aussi votre récompense. Et tout le monde est content.
_ Mais, il va se douter de quelque chose, notre patron, s'il se fait flouer pour l'appel d'offre, objecta Arakasi.
_ Oui, mais impossible de savoir d'où vient la fuite : si ça se trouve, c'est le vendeur de sommier qui a été le maillon faible.
_ Hé, pas con !
_ J'ai rien compris, soupira une fois de plus Hyûma.
_ On va mentir pour que tout le monde réussisse la mission, expliqua Arakasi.
_ Hein ? Mais c'est malhonnête, ça !
_ Pas du tout, relativisa le Rouquin. Comment tu pars tout de suite sur tes grands chevaux ! Ecoute, en tant que membres du même village, tu ne crois pas que notre devoir est plutôt de nous entraider en cas de coup dur plutôt que de nous mettre des bâtons dans les roues ? Ne sommes nous pas des camarades, que dis-je, des frères, dont l'unité fait la force, ainsi que l'a dit la Kage aux cheveux roses ? C'est ensemble que nous vaincrons l'adversité ! Rien ne peut nous arrêter lorsque nous sommes unis !
_ Waaah, ce que tu parles pas bien, approuva le majordome.
_ C'est normal, c'est l'expérience, se rengorgea le genin. N'hésite surtout pas à m'appeler Sempaï.
_ Pourquoi, c'est ton nom ? Alors, on fait comme il a dit ? Demanda Hyûma à son acolyte.
_ Un peu, ouais ! Affirma Arakasi. La nièce de Tomasu compte sur moi, il est hors de question qu'on échoue ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait : les deux aspirants délivrèrent le genin qui s'éclipsa le plus furtivement possible avec leur bénédiction.
Le lendemain matin, les aspirants mentirent avec aplomb au propriétaire, assurant que tout s'était bien passé et qu'il n'y avait rien eu de notable durant la nuit.
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