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 Marché - Maison Muromachi (Sanae)

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MessageSujet: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Sam 25 Mai - 20:05

Marché - Maison Muromachi




Une demeure lugubre, fondue en arrière plan des rares quartiers résidentiels du village.

Laissée à l'abandon pendant une longue année, la maison peine à retrouver des couleurs. Sa façade donne une impression de saleté, son jardin zen n'a plus rien d'harmonieux, et ce malgré les efforts de ses propriétaires, deux jeunes bourgeoises de la capitale, et du majordome de la maisonnée, un local du village.

Et les rumeurs affirmant que la maison serait hantée depuis la mort de ses anciens propriétaires ne fait rien pour amoindrir ces désagréables sensations.Aujourd'hui encore, on peut très certainement entendre des cris émaner de la maisonnée, de jour comme de nuit. Certains émanent indiscutablement des turbulents habitants de la maisonnée. D'autres, à la formulation incompréhensible, alimentent occasionnellement les racontars.

Pour ceux qui parviennent à faire l'impasse sur cette atmosphère pesante, le maison Muromachi s'avère toutefois aussi spacieuse que confortable.

Depuis peu, le Docteur Shigemori y a déménagé son cabinet médical. Si ses clients continuent de lui confier leur santé, ils s'efforcent malgré cela de ne pas lui rendre visite trop tard, le soir. On ne sait jamais.




Shigemori
Shigemori est un vieux médecin installé depuis quelques années à Konoha.
Rangé d'une jeunesse tumultueuse l'ayant amené à voyager un peu partout sur le continent, il conserve de son passé de beaux restes physiques, ainsi que des connaissances éclectiques et une liste d'amis à rallonge.

Bien que Shigemori ne soit plus qu'un simple médecin civil et qu'il ne comprenne goutte au chakra, il reste une figure paternaliste pleine de sagesse, toujours prête à donner un petit coup de pouce aux jeunes.
Éminemment rusé (voire même retors), Shigemori est un quelqu'un de foncièrement bon et amical, doté d'une grande patience.




Oboro Ashikaga
Jeune femme de dix-neuf ans, Oboro est l'une des propriétaires de ce lieu. Comme Sanae, c'est une bourgeoise de la capitale débarquée à Konoha pour devenir ninja, on ne sait trop pourquoi.
Sympathique, elle est un brin paresseuse et délurée, avec une certaine tendance à ne faire que ce qu'elle veut comme elle l'entend. A prendre en garde, ses sautes d'humeur faciles à provoquer, qui peuvent aussi bien donner lieu à un concert de jurons exotiques qu'à une virulente empoignade.

A son allure, les gens devinent qu'elle passe des heures à choisir ses tenues et bichonner ses cheveux. Et ne voient pas trop comment elle pourrait supporter le rude quotidien d'un ninja. Contrairement à sa partenaire, elle parvient tout de même à laisser une bonne impression à ceux qui évaluent leurs capacités physiques et leur esprit combatif.
Malgré ses petits travers, elle a quand même bon fond, et aime bien le contact des autres. Évitez simplement de vous moquer de sa taille inhabituelle, de l'ordre du mètre quatre-vingt dix, ça pourrait laisser des traces.

MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Dim 26 Mai - 1:59



Et c’est ainsi que Hyûma se retrouva chargé de l’escorte d’un important stock de documents plus ou moins confidentiels. Dans un autre contexte, ça aurait pratiquement pu passer pour une mission de rang D. En y réfléchissant un peu plus, ça pouvait grimper plus haut.

Les dossiers médicaux du docteur Shigemori, pour qui il travaillait, contenaient des informations que certains comptaient bien taire dans la petite communauté de la feuille.
Certaines étaient parfaitement innocentes, d’autres un peu plus compromettantes ; savoir que tel ou tel membre du village avait des troubles gastriques récurrents tenait de la banalité. Une maladie dégénérative qui affecterait ponctuellement les membres d’un certain clan pourrait au contraire avoir l’effet d’une bombe si l’information se répandait. Dans le cas de shinobi parfaitement susceptibles de tentatives d’assassinat, une fuite de dossiers médicaux pouvait aussi poser problème.

Aux yeux du vieux médecin, la mise en place d’archives sécurisées et communes à l’ensemble du village s’imposerait à un moment ou à un autre, ça ne faisait aucun doute.

Mais pour Hyûma, tout ça se résumait à tracter à sa suite une très lourde brouette bardée de paperasse. Il espérait simplement que personne ne le verrait jouer les mules dans la rue. A cette heure tardive, la majorité du village devrait être attablée. Peu de risques qu’on l’alpague pour se moquer de lui.

Comme quoi, les missions des petites mains tenaient véritablement de la vaste blague. Ca, ni lui ni ses deux futures partenaires d’entrainement ne le savaient encore. Par contre, cela lui donnait un excellent aperçu de l’exploitation qu’on allait faire de lui durant les mois à venir.

Il n’avait pas encore la moindre idée du nombre de choses qu’il allait devoir remorquer jusqu’à ce lieu.

-Mazette, s’exclama-t-il en s’arrêtant devant leur destination. C’est… ohlà.
-Très joli, sourit Oboro. J’aime beaucoup. Toutes les baraques du coin ont de la gueule, remarque.
- Alors la citadine, épatée? Bien sûr qu’on en a, de la gueule. A quoi tu t’attendais en débarquant ici, nan mais?
-Y’a qu’un campagnard pour m’appeler citadine, bonhomme.
Mais d’ailleurs, comme maison de campagne, ça risque d’être très agréable.
-Euh… ouais. Mais cette maison… ben…
-Je trouve aussi, confirma Sanae. Elle a l’air très bien.

La bâtisse avait du goût, c’était certain. Située dans une rue légèrement en retrait des artères de grand passage, la place était agréablement boisée. C’était jusqu’aux façades de la demeure qui étaient partiellement recouvertes de lierre rampant, du plus bel effet.

Pour autant, elle avait l’air un peu… fatiguée. Comme si on l’avait laissée à elle-même trop longtemps après l’avoir construite, et que personne n’avait vraiment bataillé pour l’entretenir. Devant la demeure se tenait un simple écriteau, sobre et recouvert de saletés, sur lequel se lisait une simple inscription.

-« Maison Muromachi ». Ouais, ça sonne bien.
-J’ai l’impression d’avoir déjà entendu parler de ce nom…
-La plus chouette maison du village est pour nous? Ha ha!
-Nan, c’est la maison hantée, reprit Hyûma.

Les deux filles se tournèrent vers lui, curieuses. L’air grave qu’il affichait maintenant ne correspondait à rien de ce qu’elles ne lui connaissaient. Pour Sanae, Hyûma passait à peu prêt pour un gentil benêt un peu sanguin, même si elle n’arrêtait pas son avis si vite sur une personne. Désirant en savoir plus, Hanaerobi l’incita à continuer.

-Pardon?
-Ben la maison hantée, tiens donc! Vous savez pas ce que c’est?
-Bien sûr que si. Des fantômes. Un mort. Attachés à un lieu. Mais ça n’existe pas, voyons.
-Eh comment, que ça existe! A votre avis, pourquoi est-ce que personne n’en voulait, de cette maison?
-Que s’est-il passé?, demanda simplement Sanae.
-Rien que la dernière fois que je suis passé devant, il faisait nuit, eh ben d’un coup il s’est mis à faire tout noir et on n’y voyait même plus ses pieds. Y’a aussi eu ce drôle de bruit… ça ressemblait à… le cri d’un…
-Le cri d’un trouillard? Un grand garçon comme ça, voyons.
-Je veux dire, que s’est-il passé à l’origine. Les lieux prétendus hantés ont tous une histoire.
-Eh ben en fait, c’est l’histoire d’un…
-Les fantômes n’existent pas, interrompit Shigemori. Voyons, Hyûma. Pas la peine de les effrayer inutilement.
-Mais pourtant y’a bien eu un…
-J’ai dis non.
-Vraiment pas?


Ashikaga ne put retenir un sourire en songeant vaguement à une remarque sur la superstition des campagnards. Pour autant, elle avait craché sa dose de fiel pour la journée, et leur trajet dans la ville, qui avait fait office de promenade de fin de journée, avait achevé de la remettre dans de meilleures dispositions. Konoha restait petit, mais avait quand même un certain charme garantit par son environnement floral et arboricole bien entretenu.

Et leur demeure ne faisait pas exception à ce concept, remarqua Sanae.

-Le jardin est superbe. Tu as vu le cours d’eau?
-Ça manque un peu de fleurs, quand même. J’en verrais bien un paquet ici, par exemple. Voire là. Il faudra que quelqu’un s’en charge, indiqua Oboro en direction de Hyûma, l’air rieur.
-Hein? Meuhtropas! J’ai une tête de jardinier?
-Ça sera l’occasion d’apprendre. On te montrera, tu verras. Ca ne posera aucun problème. Pas vrai, San’?
-J’ai dit non.
-Bien sûr. Ça sera même avec plaisir.

L’expression que lui adressa la jeune femme manqua de faire fondre toute l’opposition de Hyûma. Il l’observa curieusement, se demandant si elle aussi se payait sa tête. Sanae était trop douce. Trop polie. Trop gentille. Et elle lui avait fait cette impression en l’espace d’une heure à peine. Hyûma n’avait jamais eu affaire à quelqu’un comme ça. Mais tout ça ne posait aucun problème. De toute manière, il était hors de question qu’il s’installe dans une maison hantée.

-Bon, maintenant que c’est réglé, je vous propose de visiter votre nouvelle demeure, les invita Shigemori.
-C’est mort, j’entre pas.
-T’as peur de fantoches?
-Ha! Moi peur de pauvres petits fantoches d’opérette? Meuhtropas, c’est même carrément le contraire, répliqua Hyûma en passant devant. Alors, vous venez, les fillettes?

Le petit groupe s’engagea dans la demeure, pour rapidement se séparer. Les deux demoiselles s’amusèrent à rapidement faire le tour du domicile, constatant au passage que la maison manquait effectivement du je-ne-sais-quoi de vivant qui était caractéristique d’une maison habitée. Quelqu’un était visiblement passé avant leur arrivée pour passer un coup de nettoyage, mais même cela ne suffisait pas à effacer la marque du temps.

Le vieux Shigemori, lui, s’essayait déjà à constater le réaménagement que demanderait son cabinet. Il lui fallait un bureau et une salle d’attente, au minimum. Un endroit où entreposer ses stocks de matériel ne ferait pas de mal, non plus. Hyûma se chargerait du reste.

D’ailleurs, en ce qui concernait Hyûma…

MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Dim 26 Mai - 10:41

Hyûma s’immobilisa, des sueurs froides le long de l’échine, et tendit l’oreille. N’était-ce pas un bruit qu’il venait d’entendre, là ? Un bruit louche, qui n’avait rien à faire là, et sûrement produit par la présence de… de quelque chose !

Le jeune homme maugréa dans sa barbe. De toutes les maisons, il fallait qu’ils tombent sur celle-là. Et de toutes les heures de la journée, il fallait qu’ils débarquent au crépuscule. Et de toutes les stratégies, il fallait qu’ils aient choisis de se séparer.
Y’a des jours, comme ça, où tout déraille…

En attendant, le jeune homme n’était vraiment pas rassuré. Mais vraiment, vraiment pas. Non, non, non. Forcément que des fantômes habitaient la maison : ça se voyait au premier coup d’œil à la baraque. Habiter ici ? Ah, la bonne blague !

Pas d’inquiétude : une fois que les deux citadines auraient pris la mesure de la sombre malédiction qui planait sur les lieux, nul doute qu’elles exigeraient une autre maison. Sûr et certain.
Le tout était simplement de survivre aux fantômes pendant ce court laps de temps.

« Allez, bonhomme, se morigéna Hyûma. On se tient à carreau, on furète un peu pour bien montrer qu’on a pas peur, pis on fait demi-tour et on attend les autres sous le porche. Facile. Vas-y, bonhomme, tu peux le faire. Hop ! Hop ! »

Ça restait tout de même bien plus dur à faire qu’à dire. Prenant une grande inspiration pour se donner du courage, le jeune homme décida enfin d’ouvrir la poignée de la porte qui lui faisait face. D’après Shigemori, la cuisine était par là.

La porte s’ouvrit, pivotant sur ses gonds dans un parfait silence qui mit mal à l’aise Hyûma. C’était louche, ça. Une porte qui grince, ça s’était maison hanté. Mais là… On essayait d’endormir sa méfiance !
Heureusement, on ne la lui faisait pas, à lui. Il savait bien que cette maison était hanté et…

… et pas de lumière dans le couloir. Elle était visiblement morte. C’était bien sa veine, ça.

« Genre, j’vais avoir peur d’un pauvre petit couloir pas éclairé. N’importe quoi. D’abord, je…
_ Vous parlez à quelqu’un ? »

Hyûma bondit en l’air tout en (tentant de) se retourner, laissant échapper un glapissement de terreur face à cette petite voix d’outre-tombe sortie de nulle part. Face à lui se tenait un petit spectre représentant une jeune demoiselle probablement assassinée dans d'atroces et effroyables circonstances et… et…

« Sanae ? S’étonna le jeune homme.
_ Vous devez dire Mademoiselle Sanae.
_ Pffiooou, pendant un moment, j’ai cru que… ‘fin… Hum… Nan, oublie.
_ Qu’est-ce que vous faites là ? Demanda la jeune demoiselle.
_ Ben, je cherche la cuisine.
_ Tiens, c’est vrai, je me demande à quoi elle peut bien ressembler. Allons-y ! S’enthousiasma l’Hanaerobi.
_ C’est juste là, après le couloir, je crois, indiqua Hyûma.
_ Bien, allons voir.
_ Ok, après toi.
_ Après vous. Je vous suis, fit remarquer Sanae.
_ Nan, nan, honneur aux dames, hein, fit le jeune homme en s’écartant du passage.
_ Hyûma ? Ne me dites pas que vous croyez à ces histoires de fantôme, tout de même, l’interrogea la demoiselle.
_ Pfff… Moi ? Croire à ces contes de grand-mères ? Ah, c’est bien mal me connaître ! Assura le jeune homme.
_ Ah bon. Pendant un moment, j’ai crue que vous aviez peur de passer en premier dans le couloir, glissa innocemment Sanae.
_ Mais pas du tout ! C’est juste que j’estime de mon devoir de tenir l’arrière-garde. C’est bien connu que c’est plus dangereux, d’être à l’arrière-garde, rappela Hyûma.
_ Tout du moins, ça le serait si il y avait un danger quelconque. Ce qui n’est pas le cas. Donnnnc ?
_ … Donc c’est à moi d’ouvrir la marche ? Compléta le jeune homme, mi-figue, mi-raisin.
_ Sauf si vous avez peur, bien entendu. Je comprendrai, assura Sanae.
_ Meuhtropas ! Et je le prouve ! »

D’un pas décidé – ou qui se le voulait le plus possible compte tenu de la situation : pour ce qu’il en savait, Hyûma était presque certain de se jeter dans la gueule du loup, pour le coup – le jeune homme s’avança dans le couloir, suivit par la petite Hanaerobi.
Sans blague, hors de question d’avouer avoir peur alors qu’une fille deux fois plus petite et deux fois moins épaisse que lui ne l’était pas le moins du monde. Hyûma avait un minimum de fierté.

« Allez ! Allons la voir, cette cuisine !
_ Pour ça, il faudrait que vous avanciez… »

Le duo progressa tranquillement le long du paisible couloir lorsqu’à mi-chemin, ce fut le drame : la porte du couloir claqua et se referma brusquement. Ce qui eut pour brusque effet de plonger les deux jeunes gens dans le noir. Et accessoirement de pétrifier Hyûma, contre qui vint buter Sanae.

« Mais ne vous arrêtez pas comme ça, voyons, se plaignit la demoiselle en frottant son nez endoloris.
_ Ben, on y voit plus rien, ‘faut dire.
_ Oh, ça va : c’est tout droit.
_ On devrait peut-être faire demi-tour, nan ? Proposa Hyûma. C’est plus prud… simple : on pourrait ouvrir la porte et bénéficier de la lumière.
_ Ridicule, balaya Sanae. Nous avons fait plus de la moitié du chemin : nous aurons plus vite fait d’allumer la lumière de la cuisine.
_ Ben oui, mais… Et si… ‘fin… Les fantômes…
_ Vous comptez rester coincé là comme une potiche encore longtemps ?
_ Sans cœur !
_ Nous n’avons pas toute la soirée, vous savez ? S’impatienta l’Hanaerobi.
_ C’est bon, c’est bon, je… ! Hé, t’as entendu ? S’alarma Hyûma.
_ Vous avez entendu, vous devez dire. Non, quoi ?
_ J’ai entendu un bruit.
_ Je ne…
_ Mais chuteuh ! »

Tandis que Sanae notait mentalement d’avoir une petite conversation avec Hyûma pour lui expliquer qui était habilité à donner des ordres d’un larbin ou d’un employeur, un bruit se fit entendre.
Un grincement sourd et désagréable, accompagnant une sorte de choc sourd.

Le bruit retentit une nouvelle fois, plus rapidement, cette fois-ci. Il se poursuivit, de façon rythmé, tout en se faisant constamment plus proche.

Et brusquement, une partie du mur explosa, tandis qu’un spectre en jaillissait, auréolé d’une lumière blafarde qui…

« Gyaaaah ! Un fantôme ! Pitiéàl’aideausecours monâmeatrèsmauvaisgoût épargnezmoaa ! »

Le spectre se mit à pouffer et il fallut quelques secondes supplémentaires de perplexité au jeune homme pour réaliser que ce n’était qu’Oboro, éclairée en contrejour pour la lumière de l’escalier, que ce n’était pas le mur qui avait explosé mais plutôt la porte qu’il n’avait pas aperçu dans la pénombre qui s’était simplement ouverte, et qu’il n’y avait donc aucun fantôme à l’horizon et que ça ne servait donc strictement à rien de se cacher derrière Sanae.

« Wow, impressionnant garde du corps, ironisa Oboro entre deux hoquets de rire – sans qu’il soit possible de savoir duquel des deux elle se moquait… Si tant est que ce ne fut pas des deux en même temps.
_ D’ailleurs, Hyûma, si vous pouviez me lâcher, j’apprécierais beaucoup.
_ Nan, mais je... Rohpffff… C’est mesquin !
_ Alooors ? On a peur des grands méchants fantômes, s’amusa Oboro avec un grand sourire.
_ Mais pas du tout, je…
_ Je vous cite : mon âme a très mauvais goût, hein…
_ J’ai pas peur ! C’est juste que… les fantômes… J’aime pas trop ça, voilà tout.
_ Y’a pas à dire, c’est pittoresque, les campagnards…
_ Oboro, voyons !
_ Bon, on va la voir, cette fichue cuisine ! Grommela Hyûma.
_ Mais tout à fait. Nous vous suivons.
_ Hoooou… Attention, je suis un fantôme !
_ Oboro, ça suffit.
_ Mais t’aurais vu sa tête. Morte de rire.
_ Gna gnagna gnagna !»

*
* *

Une petite heure plus tard, une fois le tour des lieux effectué et diverses choses réglées, le quatuor terminait de prendre possession de la maison. Notamment après avoir envoyé Hyûma décharger l’ensemble des bagages des demoiselles depuis les chariots qui les avait convoyées.

« C’est la dernière valise ! S’enthousiasma un Hyûma en nage –mais qu’est-ce qu’elles pouvaient bien faire d’autant de bagages et aussi lourds ? À croire qu’elles se déplaçaient avec trois armures intégrales dans leurs valises chacune– C’est à qui ? J’en fais quoi ?
_ Ah, elle est à moi, celle-là, signala Sanae. Montez-là, mais fais att…
_ C’est parti ! Fit le jeune homme en chargeant brusquement la valise sur son épaule, dans un grand bruit de chocs de céramique.
_ Je suppose que c’est un peu tard pour vous dire d’y aller doucement parce que c’est fragile, lâcha Sanae, blasé. Adieu, petite théière…
_ Fragile ? Tu veux rire : ces valises, ce sont des coffres-forts sur roulette. Ça ne craint rien, assura Hyûma en tapotant ledit coffre-fort pour prouver ses dires, provoquant un nouveau tintamarre crissant.
_ Je parlais de ce qu’il y avait dedans. »

Il ne fallut que quelques secondes au jeune homme pour gravir l’escalier quatre à quatre – au rythme des tintements de céramiques – avant de se précipiter dans la chambre que s’était attribué Sanae pour y décharger sa cargaison – dans un bruit de choc sourd qui n’inquiéta pas Sanae : peu probable qu’il restât d’autres objets à briser à ce stade – avant de redescendre tout aussi rapidement.

« Et voilà, aussitôt dit, aussitôt fait ! Alors ? Je me débrouille pas si mal pour un majordome, hein ? Shinobi, ça sera pas plus compliqué, sûr !
_ Shigemori nous attend dans la salle à manger, détourna habilement Sanae, il a des choses à nous expliquer, alors dépêchons-nous.
_ Ok… »

Hyûma attrapa son balai et suivit la demoiselle. Depuis l’incident du couloir, il ne se séparait plus de son instrument dans la maison. Soi-disant au cas où il faille faire le ménage en urgence, mais Sanae estimait – avec raison – qu’il se sentait surtout rassuré à l’idée d’avoir quelque chose pour frapper s’il devait tomber nez-à-nez avec un spectre.
L’Hanaerobi nota mentalement de faire bien attention à ne pas s’approcher trop silencieusement de son majordome. Une réaction hystérique à base de coups de balais ne la tentait pas plus que ça.

Les deux jeunes gens pénétrèrent dans la salle à manger – un truc bien trop vaste qui allait lui faire détester le ménage, pressentait Hyûma – où étaient déjà attablés Shigemori et Oboro autour d’un repas froid.

« Admirez le travail, c’est moi qu’ait tout préparé, signala Oboro.
_ Je comprends mieux pourquoi vous avez besoin de domestiques, du coup… Déclara Hyûma en jetant un regard dubitatif à son assiette.
_ Hyûma ! La cuisine d’Oboro n’est pas si terrible que ça, voyons, mentit Sanae.
_ Comment ça « pas si terrible », cocotte !? T’es sensée me soutenir !
_ La loose, même moi, je fais mieux, quoi…
_ J’en connais un qui va se faire pourrir par les fantômes cette nuit s’il ferme pas sa grande gueule !
_ Oboro, du calme… Hum, et donc monsieur Shigemori, comment se passe la procédure pour devenir Shinobi ? S’empressa de demander Sanae pour recadrer la conversation sur des rails moins hasardeux.
_ C’est très simple, répondit Shigemori. Demain, il vous faudra vous présenter à l’administration et remplir un dossier d’intégration. Par là-même, vous signerez un contrat avec le village où vous vous engagez à vous former puis à travailler pour le village en échange d’avantage particulier. Notamment pécunier.
_ Wooouh ! ç’a l’air super simple ! S’exclama Hyûma.
_ Oui, je me doute bien que c’est le plus facile, acquiesça Sanae. Mais concernant l’acquisition des aptitudes de ninjas… ?
_ Hé bien, en théorie, il vous suffit de trouver un maître qui vous prendra comme disciple et vous transmettra ses arcanes, expliqua le vieux médecin.
_ En théorie ?
_ En théorie.
_ Et en pratique ?
_ Aucune idée.
_ Pourquoi j’en étais sûre… »


MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Sam 15 Juin - 18:20


« Rohohoho… C’est la première fois que je visite un manoir de bourges ! »

La petite rouquine s’aventura dans le long couloir qui s’étendait devant elle, un peu intimidée à l’idée de ce qu’elle pourrait bien trouver, mais poussée en avant par une curiosité dévorante. C’est bien connu, les nantis vivent dans des palaces paradisiaques emplis de statues de marbres, de plantes exotiques et fourmillants de l’activité de dizaines de serviteurs dévoués prêt à se plier en quatre à leurs moindres désirs ! Et elle allait pouvoir voir ça de ses propres yeux !

Elle n’avait pas fait trois pas qu’une grande demoiselle aux cheveux d’ébènes se matérialisa comme par magie devant elle.

« Vous êtes ? Demanda poliment Oboro.
_ Heuuu… »

*
* *

Opening trop la classe des Chroniques Ninjas Hanaerobi:
 

*
* *

Tranquillement installées dans de confortables sièges du salon, Oboro et sa nouvelle amie aux cheveux roux explosèrent de rires, s’entendant comme larrons en foire.

« Si, si, je t’assure, la lotion Tyrande Excelsior pour cheveux fragiles permet de les protéger à merveille des affres du Nîndo. Depuis que je l’utilise, j’ai des cheveux éclatants malgré les cours de Taïjutsus. Parce que je le vaux bien !
_ ç’alors, et moi qui m’inquiétais justement à ce sujet, s’enthousiasma Oboro. Un instant. Hyûma ! Ce thé, ça vient !?
_ Minute, y’a pas le feu au lac, hein… J’arrive, grommela le majordome en se ramenant avec un plateau et le nécessaire pour la cérémonie du thé.
_ Et donc, reprit l’Ashikaga à l’intention de sa voisine, comment vous avez fait la connaissance de Sanae ?
_ Une histoire pas croyable, assura la rouquine. J’étais en mission quand… »

La jeune demoiselle se pétrifia subitement, alors que l’horrible prise de conscience la frappait brusquement.

« Gyyaaah ! La mission, j’ai failli oublier la mission ! Tu ne m’auras pas avec tes tours, sorcière !! Hurla la rouquine en filant ventre à terre.
_ Heu ? Parvint à articuler Oboro, sous la surprise.
_ Roooh, superzut ! Moi aussi, s’exclama Hyûma. Tiens moi ça, Obo’, je reviens ! »

Plaçant d’autorité le plateau dans les mains de l’Ashikaga, le majordome sortit en coup de vent de la pièce sans autre explication.

Laissée seule, Oboro se versa une tasse de thé et se mit à la siroter pensivement. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qui se passait, mais ç’allait sûrement être amusant.

Terminant de gravir les escaliers quatre par quatre, Hyûma se précipita dans la chambre de Sanae, enfonçant à demi-la porte.

« Patronne ! Y’a… ! »

Un hurlement suraigu retentit dans la maisonnée, tandis qu’un tabouret expulsait brutalement l’importun de la chambre de la maîtresse des lieux. Hyûma en était encore à se tenir contre le mur en frottant son nez endolori et en tentant de comprendre ce qui avait bien pu se passer lorsque Sanae sortit en trombe de sa chambre, terminant de lacer le dernier nœud de l’une de ses manches.

« Bon sang, Hyûma, on ne vous a jamais appris à frapper avant d’entrer ?
_ Ben, c’est-à-dire que…
_ Hé bien à partir de maintenant, c’est une habitude que vous allez prendre, d’accord ?
_ Mais y’avait…
_ C’est une habitude que vous allez prendre, d’accord ? »

L’Hanaerobi fixait avec insistance son majordome, un éclat indéfinissable dans le regard. Soudainement, Hyûma se sentit suffisamment petit pour pouvoir se faufiler dans un trou de souris.

« Ouiche. C’est une habitude que je vais prendre, opina avec force le majordome.
_ Bien, se félicita une Sanae rayonnante. J’espère que je ne vous ai pas fait trop mal. Je suis vraiment confuse, je ne sais pas ce qui m’a pris.
_ Tu veux rire, j’ai l’impression d’avoir le nez en… Hum… ‘fin, je veux dire, nan, nan, même pas mal.
_ Alors, qu’y avait-il de si pressé ? Demanda l’Hanaerobi. Nous n’avons pas de temps à perdre : maintenant que je me suis séchée et changée, il est temps de reprendre notre mission.
_ Ben justement ! La rouquine est ici !
_ Ici ? Chez nous ?
_ Ouais, c’est chouette non !?
_ J’ai du mal à saisir…
_ Ben ils suivent le chat. S’ils sont là, c’est que le chat aussi, CQFD.
_ Mais qu’est-ce que ce vilain matou viendrait faire chez nous ? Objecta Sanae.
_ Mais c’est pourtant évident : il m’est reconnaissant de l’avoir sauvé des griffes du Rouquin à deux occasions, donc il s’est attaché à moi et me suit. La suite de la mission va être trop fastoche ! S’enthousiasma Hyûma.
_ Pourquoi je suis la seule à réfléchir de façon rationnelle ? J’ai peut-être quelques réticences quand aux dernières conclusions mais une chose est certaine : ces gens n’ont rien à faire chez nous. On va aller leur dire d’aller voir ailleurs.
_ Et comme ça, on gardera Mistigri pour nous !
_ C’est ça, si vous voulez… Dépêchons-nous de les retrouver. Je m’occupe du reste de l’étage. Hyûma, allez voir en haut.
_ En haut ? Mais…
_ Pas le temps de discuter.
_ Mais les fantômes… »

Trop tard, dans un froufroutement de robes extravagantes, Sanae était déjà partie, laissant le pauvre majordome seul. Et avec une mission suicide sur les bras.
C’est bien connu, la journée, les fantômes hantent les pièces inutilisées. Comme celles d’en haut.

Heureusement, en digne majordome de la maison Hanaerobi, Hyûma était quelqu’un de prévoyant et précautionneux : il avait entreposé des balais de ci de là de la maison, à la seule fin de pouvoir mettre rapidement la main sur un objet contondant en cas de pépins.

Ni une, ni deux, le courageux jeune homme s’arma comme il pouvait avant de se diriger à contrecœur vers l’étage supérieur.
Les pièces qui s’y trouvaient n’avaient pas encore trouvé à être utilisées et servaient pour le moment de débarras d’anciens trucs déjà présents et de nouveaux trucs entreposé là provisoirement-mais-probablement-définitivement.

Hyûma s’avança prudemment dans la première d’entre elle, serrait convulsivement le manche de son ustensile de travail, s’efforçant de contrôler sa respiration et de ne pas paniquer. Les fantômes sont des animaux nocturnes, donc ils dorment le jour et donc ils…

Un craquement du plancher retentit derrière lui. Le majordome pivota aussi sec, fauchant l’air d’un grand coup de balai en hurlant à la mort. L’arme improvisée heurta une armoire et vola littéralement en éclat.
Juste quelques centimètres au-dessus du crâne du Rouquin, bien avisé de se tasser au dernier moment.

« Mais merde, c’est une obsession de vouloir m’envoyer un truc dans la gueule ! Pesta le genin.
_ C’st pas ma faute si t’attires tout ce qui passe…
_ C’est ça, c’est ma faute, en plus…
_ Ouais, ben ça va pas la tête, aussi, de s’approcher en douce des gens ? J’ai failli te prendre pour un fantôme, moi !
_ Un… Fantôme ? C’est une blague ?
_ Meuhpas du tout !
_ Tu veux rire ? Un grand garçon comme toi qui croit aux fantômes ?
_ Mais parfaitement ! Assura Hyûma. Ils sont à l’affût et dès que tu…
_ Bwahahaha ! C’st trop drôle ! T’as peur des fantômes !
_ Qu… Mais non ! Pas du tout ! ’fin pas tant que ça !
_ Un shinobi qu’a peur des fantômes, on aura tout vu ! S’esclaffa le Rouquin.
_ J’ai pas peur des fantômes, j’te dit ! N’importe quoi, je… »

C’est alors que retentit un bruit trop horrible pour être décrit, à mi-chemin entre la chair qu’on arrache des os et le hurlement à la mort d’un prédateur nocturne.

« Au secours, les fantômes nous ont trouvé ! Hurla Hyûma en sursautant vigoureusement.
_ C’est qui que tu traites de fantôme, encore ? Maugréa Oboro qui venait seulement de se racler la gorge pour attirer leur attention.
_ Ah… Heu…
_ Du coup, tu pourrais peut-être me lâcher, fit le Rouquin à qui s’était agripper frénétiquement le majordome. Les câlins entre mecs, c’est pas trop mon truc.
_ Heu… Ouais. Te lâcher. Bonne idée, approuva Hyûma en tentant de reprendre contenance.
_ À part ça, t’as pas peur des fantômes, hein ? Ricana le genin.
_ Meuhtropas ! ç’a rien à voir, elle m’a surprise, c’est tout !
_ Roh l’autre, hé ! Trouillard, va…
_ ’tention ou va t’arriver des bricoles, toi !
_ Que vous aurez fini de vous crêper le chignon, intervint Oboro, vous pourrez m’écouter ? Hyûma, Sanae t’attends en bas. Et vous, votre sœur aussi. Vous n’avez rien à faire ici, vous savez.
_ C’est ça, je vais t’écouter ! Ricana le Rouquin. Ch’uis sûr que c’est une astuce bidon pour m’éloigner de Mistigri.
_ Hé bien, allez à la fenêtre et vérifiez par vous-même, soupira Oboro. Les filles vous attendent en bas, vous les verrez. »

Le Rouquin jeta un regard suspicieux à l’Ashikaga avant d’obtempérer et se diriger vers la grande fenêtre, accompagné de Hyûma qui comptait bien le tenir à l’œil. Le genin ouvrit et regarda en contrebas. Effectivement, l’aspirante aux improbables toilettes et sa propre sœur s’y trouvaient.

« Tout ceci n’est qu’un gigantesque quiproquo, lui signala Sanae. J’ignore où se trouve Mistigri, je suis juste venue chercher des vêtements secs. Alors veuillez quitter ces lieux, vous n’avez rien à faire chez nous.
_ Quoi ? On a fait tout ça pour rien ? S’étrangla le Rouquin.
_ Bwahaha ! Ricana Hyûma, ça vous apprendre à agir sans réfléchir.
_ Et c’est toi qui dit ça ?
_ Si vous avez compris, veuill…
_ L’écoute pas, grand frère, brailla brusquement la rouquine. C’est un piège ! Là-haut, sur le toit, y’a le chat ! »

Hyûma et son voisin se tordirent le cou pour regarder en direction du toit et eurent juste le temps d’apercevoir une queue disparaître au-dessus de la gouttière.

« Haha ! J’le savais, triompha Hyûma. Mistigri m’a suivi !
_ Tant mieux : premier arrivé, premier servi ! » Rappela le Rouquin.

Ni une, ni deux, le genin enjamba la fenêtre et entreprit d’escalader la façade de la maison. En bas, Sanae s’affola à l’idée que les m’as-tu-vu l’emportent. Impossible, pas après tout ce qu’elle avait enduré durant cette effroyable journée ! Mais que pouvait-elle faire de là où elle était ? Rien, si ce n’est…

« Hyûma ! Empêchez-le de grimper, faites quelque chose !
_ Hein ? Mais qu’est-ce que tu veux que je fasse ? On peut pas passer à deux…
_ J’en sais rien, n’importe quoi, mais agissez ! »

N’importe quoi.
N’importe quoi ?
N’importe quoi !

Avec un rictus sadique, Hyûma attrapa le pied du Rouquin et… arracha la chaussure.

« Guili-guili-guili !
_ Gwahaha ! Mais qu’est-ce que tu fous ! Hahaha ! Mais arrête, hihihi, c’est pas drôle ! Haha ! Arrête, arrête ! Hihihi ! J’vais lâcher ! hahaha ! J’vais laaaaaaaah ! »

Le Rouquin lâcha prise et tomba dans le vide, entraînant Hyûma, qui ne lui avait pas lâché le pied, dans le vide.

Avec un regard dépité, Sanae observa le duo raser toutes les branches du pin blanc, pulvériser la glycine en tentant de s’y accrocher avant d’aplatir irrémédiablement les buissonneux qui s’étendaient sous les fenêtres. Elle se consola en se rappelant que de toute façon, elle avait déjà prévu de faire refaire tout le jardin, et qu’en son état actuel, les dégâts ne se remarquerait même pas…
Elle s’approcha néanmoins de l’enchevêtrement de branches, de membres et de bosses, soucieuse.

« Vous allez bien, les garçons ?
_ Vire de là, Rouquin, t’es pas léger !
_ ça compte pas, j’te l’avais dit le premier…
_ Ben justement, c’est çui qui dit qui est.
_ Hé, regardez là-haut ! » S’exclama la rouquine.

Toutes les têtes se tournèrent vers le toit, où la tête du chat se détachait tandis que l’animal curieux se penchait pour observer ce drôle de manège.
Une tête de chat grise.

« Nom de nom, alors vous avez vraiment pas Mistigri ! Jura le Rouquin.
_ Bien évidemment, rétorqua Sanae. Franchement, pourquoi vous pensiez qu’on l’avait ?
_ Ben vous êtes parti si précipitamment des bains…
_ J’ai pourtant dit que je devais me changer.
_ Mais ç’avait l’air tellement pas crédible, aussi…
_ Mais alors… Mistigri est toujours aux bains ? S’exclama Hyûma. Vite, allons-y, Sanae !
_ Et ça vaut pas, ch’uis pas prêt ! Cours, sœurette, les laisse pas choper Mistigri avant nous ! »

Et le quatuor repartit de plus belle sous le rire hilare d’Oboro, trop satisfaite de ne pas s’être embarquée là-dedans.



Dernière édition par Hyûma le Jeu 1 Aoû - 14:01, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Ven 21 Juin - 23:38


« Et donc, tu veux que je t'apprenne l'anatomie? »

Sanae avait regardé le vieil homme avec attention. Non, elle ne savait pas exactement ce qu'elle voulait, mais une chose était sûre: ça n'était pas auprès de la "spécialiste" en place qu'elle apprendrait quoi que ce soit. C’était une enfant. Littéralement.

A coté de ça, il y avait Shigemori. Il n’était pas ninja, mais sa figure de médecin respectable était bien plus convaincante.

« Je n'y vois pas d'objection, mais... c'est extrêmement long. Il m'a fallu une dizaine d'années de pratique pour être à l'aise dans mon domaine. Ça ne sera pas facile. »

« Puisque c'est comme ça... nous allons commencer par les bases, j’imagine. Biologie, histologie, un peu d’anatomie… tu seras relativement opérationnelle, j’imagine. Je ne sais pas. Je n’ai pas trop idée de comment fonctionne ces soins au chakra.»

« Maintenant que j’y pense, j'ai un patient qui m'en parle à quelques reprises. Je n'y connais pas grand chose, mais je t'ai couché sur papier les quelques éléments qu'il m'a confié. J'ignore si ça te sera utile. »

« En tout cas, tu as bien fait de venir m’en parler. Si tu as des problèmes, n’hésite pas. Héhé… ça me rappelle ton père, le jour où il nous a servit un… »



*
*     *



C’était une matinée comme les autres, dans le salon principal de la maison Muromachi. Une salle beaucoup trop grande, qui avait largement de quoi occuper le majordome de la demeure. Le parquet, fait d’un bois rougeoyant du plus bel effet malgré les années d’abandon, demandait maintenant un minutieux entretien. Le sofa dans lequel était enfoncée l’une des maîtresses des lieux était beaucoup plus récent, mais pas moins ostentatoire.

Armée d’une théière bien remplie, d’un manuel imposant, de son épais duvet et d’assez de lait pour nourrir un veau, Sanae était bien partie pour passer sa journée à…

S’entraîner, étrangement.

-Qu'est-ce que tu fabriques, cocotte?
-Anatomie.
-Pour savoir à quoi ressemble un vrai mec?
-...
-'Kay, 'kay.  Pas le moment.
-J’ai demandé à Shigemori un peu d’aide, reprit Sanae comme si rien ne s’était dit. Puisqu’il ne faut plus attendre grand-chose du village, je vais prendre le taureau par les cornes et m’y prendre seule.
-Donc tu potasses à l’ancienne et dans dix ans t’es médecin?
-J’apprends au fur et à mesure ce qu’il y a à savoir pour pouvoir appliquer les sortilèges que je découvre.
-Les jutsu. Pas les sortilèges. T’es quoi, une sorcière?
-C’est la même chose. C’est de la magie.

-Donc tu réinventes tout toute seule?
-Non, non. J’explique à Shigemori ce dont j’ai besoin, il me dirige vers ce qu’il y a d’utile à connaître. Je prends des notes, lui pose des questions au fur et à mesure, demande aux autres instructeurs ce qu’il y a à savoir en matière de chakra, et au final… nous verrons bien.
-En gros tu te fais chier, quoi.
-Pas le moins du monde, répondit Sanae en se remplissant une énième tasse d’infusion à la bergamote, qu’elle mélangea amoureusement avec le reste.
-Mmmh… tu me fais une place?

Oboro se glissa à son tour sous la couverture, laissant échapper un grand soupir de contentement face à tant de confort. Visiblement, elle avait l’air fatiguée, mais de bonne humeur. Sans trop se détourner de ses lectures, Sanae lui servit une tasse. Elles commencèrent à papoter au ralenti, l’une épuisée, l’autre concentrée sur ses notes.

-Et toi, de ton coté? Le combat?
-Ça se passe. On a commencé des trucs un peu plus élaborés, là. Je ne pourrai pas te décapsuler la tête d'un coup de coude, mais ça viendra peut-être un jour.
-C'est impossible. Pas comme ça, du moins.
-Ouais, mais on a essayé des trucs marrants. Clés, projection...
-D’après ce que j’ai lu, c’est vraiment efficace. Les articulations sont particulièrement fragiles, et longues à guérir.
-Plus ou moins l’idée. C'a pas l’air évident à caser contre un type qui veut t’éventrer, mais ça a de la gueule.
-Ne parle pas de ça comme ça…
-Quand tu vois le nombre de types qui se promènent dans le rue avec des ‘kikoup, si. Apparemment, l’instructrice a redirigé un mec vers nous pour qu’on lui explique quoi faire, parce qu’elle n’avait pas le temps. Et ce guignol s’est pointé avec des gantelets à pointes.
-Ils ont inventé ça?
-Ce sont des malades, je te dis.
-Je crois que je vais me concentrer sur la médecine. Allez souffrir, je vous requinquerais autant que possible.
-Très gentil à toi…

Pas de réponse. Oboro n’insista pas. D’un autre côté, elle était bien, là. Elle aurait aussi bien pu s’étendre au sol et s’endormir. Pourtant, les ouvrages et la pile de feuillets déjà griffonnées par son amie la rendaient curieuse.

-Mmmh... fais voir ton bouquin?
-Pas celui-ci. Prends celui-là.
-Et les notes?
-Tant que tu y fais attention, sers-toi.
-T’es sûre que je peux pas les tremper dans mon lait?
-…



*
*     *



Qu'est ce que vous faites, les filles?
-Mesdemoiselles, Hyûma. Mesdemoiselles.
-C'est quoi, ça?
-Du poulet. Pour ce soir.
-Tout ça?
-Nous avons décidé de faire des provisions. Vous pouvez prendre votre soirée, Hyûma. Nous nous chargeons du repas.
-Bin ouais, mais…
-Merci, le coupa Oboro.

Dix secondes plus tard, Hyûma se redécouvrait, dans le salon, une assiette mal rincée dans les mains et sans la moindre idée de ce que ses employeuses étaient en train de manigancer.

Le repas? Ils étaient en début de l’après midi, elles avaient ramené une dizaine de carcasses, et surtout, étaient incroyablement mauvaises aux fourneaux.

Tout ça était louche, se disait-il. Et méritait qu’il mène une petite enquête.

-Okay, c’est parti, déclara Ashikaga en recouvrant ses mains de gants médicaux empruntés au docteur. Préparez-vous pour l’incision du patient! Scalpel, assistante.
-Ca n’est pas un jeu.
-Les gants, c’était ton idée.
-Question d’hygiène. Je ne tiens pas à passer ma nuit à nettoyer mes ongles.

Les deux jeunes femmes venaient de se calfeutrer dans la grande cuisine de la maison. Celle-ci était bien équipée, avec un plan de travail assez large pour s’allonger dessus, et assez d’ustensiles pour préparer un festin. Elles prirent soin de refermer les rideaux des fenêtres, qui donnaient sur le jardin en piètre état de la batisse, avant de se tourner vers la coutellerie.

Une fois armées, elle n’eurent plus qu’à vigoureusement attaquer les carcasses animales. De grands coups de couteaux dans les chairs feraient largement l’affaire.

Et, ensuite, passer à l’action. Pour l’Hanaerobi, ça n’était qu’une question de chakra.

-C’a pas l’air terrible, ton truc.

Ou essayer, du moins.

-Tu ne t’attendais tout de même pas à ce que j’y arrive à la première tentative, j’espère?, répondit Sanae.
-Bin… si? De la part de Miss Parfaite, ça aurait été bien.
-Miss quoi?
-Oublie.

Elle la regarda s’y essayer à quelques autres reprises, sans succès. Non, l’Hanaerobi ne perfectionnerait visiblement pas l’Eisei en une poignée de minutes, malgré toute sa préparation.

-Un petit résultat, au moins?
-Je n’en sais rien. Comment-veux tu que je le sache?

Techniques de soins. Sanae avait beau s’y essayer à plusieurs reprises, elle était juste là, penchée sur un morceau de viande, à essayer de résorber la grossière entaille qui la traversait. L’autre avait fini par l’abandonner, et passa à ses propres exercices.

Un peu dépitée, l’aspirante Eisei s’empara d’un énorme couteau dentelé, qu’elle approcha à une seconde carcasse. Retirant proprement la viande, elle commença à scier les os. Peut être qu’avec ça, elle y parviendrait.

-N’empêche, lui fit l’autre au bout d’une minute, je rigole trop tu parviens à guérir le poulet. Et bim, il commence à se relever et à courir dans toute la maison. T'imagine Hyuma? Aaaah, un-un-unn faaant-t-t-tôôôôme!
-Tu es mauvaise… hihi. Le pauvre. Ca n’est pas une bonne idée.
-Meuh si.
-D’autant plus que je préfèrerais qu’il ne soit pas aussi dangereux avec ses balais, réfléchit Sanae, un peu soucieuse.

Il ne fallut qu’une demi-heure aux deux aspirantes pour faire de la cuisine un atelier de boucherie horrifiante. Plusieurs carcasses avaient déjà été dépouillées avec une habileté toute relative, et disposées sur une série de planches, là où il y avait de la place.
L’entraînement allait durer longtemps.

Certes, c’était des oiseaux. Pas des hommes, et même pas des mammifères. Toutefois, les grands principes de base restaient les mêmes. Os, muscles, organes et articulations réagissaient de la même manière au chakra des deux aspirantes que ceux d’un être humain. Il était impossible de pratiquer sur un homme, sauf masochiste. Et elles se voyaient mal pouvoir faire grand-chose avec le squelette du docteur Shigemori sans l’abimer.

D’où les poulets. C’étaient des cobayes peu onéreux, prêts à l’emploi, disponibles dans n’importe quelle boucherie, et facilement recyclables à l’occasion d’un repas.

Pourtant, chacune avait ses propres exercices.

Pour Sanae, il s’agissait exclusivement d’essayer de réparer les dommages qu’elle infligeait aux carcasses. Compte tenu de la grande variété de blessures qu’un corps pouvait subir, elle s’était d’abord attachée à recréer tous les cas de figures usuels sur autant de mini-ateliers qu’il y avait de place disponible. Et le fait qu’elle ne parvienne à aucun résultat avec son chakra l’avait incitée à continuer le massacre, pour se donner l’impression de faire quelque chose et de ne pas perdre son temps.

En ce qui concernait sa partenaire, l’idée était légèrement différente. Même si elle ne s’était pas penchée sur le sujet, les notes de Sanae étaient suffisamment complètes pour qu’Oboro apprenne tout ce qu’il y avait à savoir. A ce stade, elle n’aurait jamais pu expérimenter l’Eisei. Mais ça n’était pas son but. Au début, elle s’était intéressée à l’anatomie par simple curiosité, pour donner un peu de culture à l’enseignement expéditif de la formatrice en taijutsu. Mais quand Sanae lui fit découvrir ce qu’il était possible de faire…

-T’as l’air meilleure que moi pour l’Hihei, San’. On échange?
-Très drôle.
-Mais si. Suffit de voir comment t’as démoli tes poulets.
-Occupe-toi de tes cuisses, plutôt.

Ashikaga, elle aussi, s’était renseignée auprès des instructeurs. Aucun ne touchait directement à l’Hihei. Pourtant, c’était une voie qui ne semblait pas si différente du taijutsu. Et Nakutsu avait pu lui en toucher quelques mots, la rediriger vers quelques ouvrages un tant soit peu utiles malgré la pauvreté des écrits sur le sujet. Pour tout ce qui avait trait au chakra, c’était Omae Jiga qui lui avait servi de mentor. Et, bien sûr, l’aspect médical avait largement été couvert par Shigemori.

Il ne lui restait plus qu’à s’exercer sur les os de poulet, pour les détruire non pas par la force, mais avec le chakra. Du moins, en faisant usage d’un minimum de force. Avec ou sans, de toute manière, elle n’avançait pas vraiment.

Au bout d’une heure, pourtant, des résultats commencèrent à apparaître.

Pour Sanae.

-Hum. Je crois que je l’ai… recollé?
-Ah? Fais voir. Où ça?
-L’os.
-Ouais. Et?
-C’est justement ça, Oboro. Rien. Plus rien.
-Eh. Essaye encore?

En vain. D’un sourire mauvais, l’autre s’en retourna à ses carcasses. Pourtant, deux minutes plus tard…

-Marche. Regarde ça. Arraché… recollé.

Visiblement, elle avait attrapé le coup de main. Et compris la méthode universelle. Elle ne mit pas bien longtemps à pouvoir reconstituer les chairs massacrées des volatiles. Alors, méthodiquement, Sanae entreprit de reconstituer un animal, membre par membre. La viande ne tenait pas avec sa fermeté de la première heure, mais les os se reformaient avec une fidélité déconcertante.

-Glauuuuuque. J’adore. On se croirait dans un de ces livres où…
-Attends, attends. Je n’y suis pas encore.
-Peut être, mais c’est vachement marrant à voir. Attends que Shigemori et Hyûma voient ça, ils vont halluciner.

Dix minutes plus tard, l’apprentie-sorcière avait « recousu » son premier patient, qui paraissait comme neuf. Pour un poulet d’étalage, bien sûr. Sans la tête, sans plume, sans âme.

-CA MARCHE !, s’écria l’autre. IL EST VIVAAAANT!! VIVAAAANT !!
-Imbécile… ça n’est pas un jeu.
-Mais si. Bientôt, tu leur apprendras à danser le flamenco dans l’évier, tu verras. Allez, en piste!
-Mmmh. Ris si ça t’amuse, mais… ça ne m’a pas l’air plus impossible que de cracher du feu.

Sanae ne pouvait pas s’empêcher de sourire. Il y a une semaine de cela… non, il y a seulement quelques heures de cela, elle n’avait jamais pu rien faire de son chakra. Elles venaient tout juste d’arriver au village, avaient un retard considérable par rapport à des enfants déjà formés, et pourtant…

C’était amusant, la magie. Elle pourrait s’y faire. Même si c’était fatiguant. Elle se sentait un peu lourde. Pas épuisée, pas fatiguée, mais pas en forme.

-Si tu m’avais dit il y a un mois que j’apprendrais à reconstituer des poulets à Konoha…
-Si nos parents savaient qu’on allait faire ça…
-Hihi… imagine leurs têtes. Je ne pense pas qu’on fasse aussi ninja que ça…

Oboro sourit à son tour. Elles pouvaient y arriver. Sanae venait de le faire. C’était possible. Depuis quelques semaines qu’elles s’exerçaient au chakra, sans chercher à apprendre de technique spécifique auprès des instructeurs… les voilà qui commençaient à se débrouiller.

Au bout d’un moment, leur bonne humeur vira à l’hilarité. Il suffisait de jeter un œil autour d’elles pour en comprendre la raison.

-N’empêche, on dirait trop qu’on prépare un rituel satanique, ou une connerie du genre… répond à notre appel, Jezebel, viens exaucer nos vœux!
-Oui. Hihi… imagine que quelqu’un passe par la fenêtre et nous surprenne en train de faire ça. Qu’est ce qu’ils n’iraient pas pens…

Sanae s’interrompit. Joignant le geste à la parole, elle avait tiré les rideaux de la fenêtre, vérifiant sans y croire le moins du monde que personne ne les espionnait depuis le jardin.

Or, derrière cette fenêtre, le visage furieusement plaqué contre la vitre, il y avait…

-AAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!

Sanae glapit, surprise. Mais ça n’était pas elle qui venait de crier. De l’autre coté de la vitre, Hyûma bondit en arrière, effrayé par la vision d’horreur qu’il venait de surprendre. Sanae, la petite Sanae, qui venait d’apposer ses gants couverts de sang contre la vitre. Le regard courroucé qu’elle lui lança était aussi terrifiant que les sillons d’hémoglobine qui s’écoulaient sur le verre. De sa main gauche, elle tenait un couteau de cuisine, un gros modèle, probablement capable de désosser un poulet. Et lui aussi était recouvert de sang.

Il ne fallut que ça à l’aspirant pour comprendre, ou s’imaginer, ce qu’il en était. Et prendre ses jambes à son cou en hurlant comme un dératé.

C’était la folie.

C’était Sanae.

Il l’avait vue en train de…

Elle allait le…!


MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Mar 9 Juil - 12:51

Hyûma se sentait très, très, très malheureux.

Il avait vu un fantôme ! Une banshee, qui vous arracherait l'âme d'un seul regard de ses yeux vitreux, aux mains dégoulinantes de sang, à la robe fuligineuse poisseuse d'ichors sanglants et d'oripeaux morbides. Une banshee qui avait recouvert les murs, les vitres, le sol, le plan de travail, les quatre coins de la pièce du sang des pauvres victimes qu'elle avait écharpé, massacré et taillé en pièce des siècles et des siècles durant.

Et Sanae se trouvait là-bas !

« Bonhomme, c'est pas le moment de flancher, se morigéna Hyûma. T'es un shinobi-majordome, tu peux pas laisser ta patronne se faire dévorer son âme par une saloperie de fantôme ambulant.
« Hahaha ! Mais qu'est-ce que je raconte : j'ai aucune chance, je vais me faire trucider...
« Ah mais non, j'ai laissé un balai dans le vestibule. Fastoche ! J'le récupère, je fonce jusqu'à la cuisine, je matraque cette saloperie d'âme-en-peine, j'attrape Sanae et je file. Ni  vu, ni connu, plus rapide que l'éclair. Vas-y, bonhomme, c'est ton honneur de majordome qui est en jeu ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait.
Ou presque. Tout du moins, la première partie, à savoir rentrer dans la maison, prendre le balai, le serrer comme un malade pour se donner du courage puis envisager de se rendre dans le repaire de la bête...
Mais ce dernier point s'avérait nettement plus ardu à mettre à exécution, quand même...

Finalement, Hyûma se mit en marche, maudissant une nouvelle fois cette fichue maison hantée. Y'en avait qu'une dans tout le village mais il avait trouvé le moyen d'y habiter. Des fois, il doutait franchement qu'être protégé des voleurs valait vraiment tous ces désagréments.

Le jeune homme s'avança prudemment dans le salon, jetant des coups d'œil apeurés autour de lui. Il avait passé suffisamment de temps dans la cuisine pour savoir que l'horreur ambulante ne s'y trouvait pas d'habitude. Une seule explication : elle se déplaçait dans la maison. S'agissait donc de pas de se faire avoir.

« Hyûma ? »

Le majordome se retourna d'un bloc et aperçut l'horrible spectre ensanglanté qui se dirigeait vers lui, ses bras sanglants tendus vers son cœur, impatient de l'arracher.

Plusieurs pensées se télescopèrent bruyamment dans la cervelle du malheureux aspirant : la banshee connaissait son nom, elle l'avait retrouvé, Sanae n'était pas là, la banshee n'était plus dans la cuisine, il fallait agir, il fallait fuir, la banshee était venu le prendre lui, il avait un balai, il n'hésiterait pas à s'en servir, il était mort de trouille, la banshee était là, Sanae n'était pas là, il était mort de trouille.

Alors que l'immonde apparition sanguinolente esquissa un pas vers lui, le majordome laissa s'exprimer tout ce qui lui passait par la tête. Ce qui pris la forme d'un étrange borborygme (« à moortnaonpasmoaosscourcrêêêêveeuh ! ») et d'une cambriole grotesque, tandis qu'il tentait de tourner les talons pour prendre les jambes à son cou tout en balançant en même temps son balai à la figure du spectre.

Heureusement pour la pauvre Sanae, le projectile contondant passa laaaaargement au-dessus de sa tête, lui causant nettement plus de peur que de mal. Malheureusement, ce fut plutôt l'inverse pour le lustre qui la surplombait, frappé de plein fouet par l'Objet Volant (Parfaitement Identifié).

Le temps que l'Hanaerobi se ressaisît, son turbulent majordome avait déjà filé au loin dans un long hurlement guttural. La jeune femme tenta bien de le poursuivre mais une fois parvenue dans le salon, il lui fallut bien se rendre à l'évidence : elle n'avait aucune idée de la direction par laquelle il avait filé.
L'Hanaerobi soupira, pressentant la galère que serait la tâche de ramener son majordome à la raison.

Dès que l'âme en peine eût quitté le salon, Hyûma s'extirpa de sous la banquette, se félicitant de son génie qui l'avait une nouvelle fois sortie d'affaire. Maintenant, il était urgent de retrouver Sanae et de quitte cette maison maudite tant qu'il avait encore son âme.

Le majordome s'approcha de la grande pendule et la décala du mur afin de récupérer le balai qu'il cachait derrière. Sanae n'avait rien voulu savoir : peu importe les risques de tomber nez-à-nez avec un fantôme, elle ne voulait pas voir traîner des balais dans toute la maison. Or Hyûma ne se sentait pas du tout rassuré sans quelque chose pour se protéger contre les spectres. Il avait donc résolu l'équation en cachant ses ustensiles un peu partout, à l'insu de sa patronne.
Et aujourd'hui, ses précautions payaient enfin !

Une nouvelle fois armé, le majordome se rendit à toute vitesse dans l'antre du monstre, profitant de l'absence de ce dernier. Il déboula donc la cuisine...

… et ressortit aussi vite, blanc comme un linge. Du sang, des morceaux de chairs, des os et des tripes, partout partout partout ! Digne de l'antre d'une entité démoniaque.

Hyûma inspira un coup pour se donner du courage et retourna jeter un rapide coup d'oeil. Rien qui ne ressemble de prêt ou de loin aux robes extravagantes qu'affectionnait tant Sanae. Elle ne se trouvait donc pas là. Cela pouvait donc signifier que...

« Hyûma ?
_ Gyaaaah ! Elle m'a retrouvé ! »

La porte se renferma dans un claquement sonore, tandis que le bruit d'une cavalcade endiablé retentissait dans le couloir. Pouf ! Envolé, le majordome, au grand dam d'Oboro qui aurait bien aimé un coup de main pour nettoyer le plan de travail des carcasses de volailles maltraitées.

Quelques minutes plus tard, la porte se rouvrit et Sanae fit son grand retour dans la cuisine.

« Je viens de voir Hyûma, signala Oboro. Mon petit doigt me dit qu'il s'imagine toujours des trucs...
_ Évidemment, je n'ai toujours pas réussi à lui parler : il s'est enfui dès qu'il m'a vu.
_ La blouse ensanglantée ne doit pas aider, non plus, cocotte.
_ Mais enfin, il doit bien voir que c'est moi, quand même.
_ On parle de Hyûma, là. Le type qui croit aux fantômes...
_ Pas faux. Je me change rapidement et je vais lui parler. »

*
* *

Hyûma déboula dans la chambre de Sanae. Jusqu'ici, il avait eu une chance du tonnerre : en dehors du murmure glacial dans la cuisine, il n'avait plus été dans le collimateur de la banshee. Il avait bien fait de progresser avec une prudence redoublée dans la maison !

Malheureusement, il semblait que rien ne doive jamais être simple. Il avait espéré retrouver Sanae dans sa chambre, mais elle n'était pas là. Or il ne l'avait pas vu non plus dans la maison, et pas dans la cuisine.
Pourtant, le corps devrait rester, quand on se fait arracher l'âme, nan ? À moins... à moins que...

La banshee dépeçait ses victimes !!

Holàlàlà ! C'était mauvais ça ! Qu'est-ce qu'il devait faire ? Sanae s'était-elle faite dévorer ou pas ? Devait-il tenter de la venger en affrontant le spectre tueur ou bien poursuivre ses recherches ? Et si...

« Mais qu'est-ce que tu fais là ? Retentit brusquement la voix de Sanae.
_ San... »

La voix du majordome resta coincée dans sa gorge tandis qu'il se retournait. La voix de Sanae, oui. Mais c'était bel et bien l'affreuse banshee qui se tenait dans l'encadrement de la porte ! Plus de doute possible, cette saloperie avait dévoré l'âme de sa patronne (sinon, comment aurait-elle pu s'exprimer avec sa voix, hein?). Et maintenant, elle l'avait coincé ici, sans aucune issue possible ! Il était fait comme un rat, elle s'approchait déjà de lui en levant la main et lui susurrant avec la voix de Sanae de se calmer. Elle allait l'hypnotiser ! Il fallait agir, vite !

Sous le regard désabusé de Sanae, le majordome lâcha brusquement son balai avant de foncer droit sur la fenêtre et de passer au travers. Après un court hurlement de terreur, il y eut un bruit de choc sourd, suivit d'un glapissement de douleur et de quelques jurons. Le temps que la jeune femme se précipité jusqu'à la fenêtre, Hyûma tournait déjà au coin de la maison.

Le majordome courut comme un fou pour semer la mort spectrale qui tentait de le poursuivre, avant de s'arrêter pour reprendre son souffle. Cette fois-ci, il l'avait échappé belle. Que faire maintenant ? Il fallait qu'il trouve un moyen de venger Sanae en pourrissant cette satanée banshee. Mais comment faire ? Elle avait l'air vraiment redoutable.
Nan, son point faible, c'était forcément son antre. C’est bien connu, les héros se débarrassent toujours des monstres en se rendant dans leur nid.

Se coulant le long du mur, le jeune homme se glissa jusqu'à la fenêtre de la cuisine. Elle était sûrement fermée, mais il lui suffisait de la casser et d'entrer pour...

Une flopée de jurons s'échappa de la bouche de Hyûma avant qu'il ne se plaque les mains dessus, se souvenant qu'il devait se faire discret.
Mais tout de même...

La cuisine avait repris son apparence normale ! Comme il l'avait toujours vu tous les jours.

Il avait un problème. La banshee avait déplacé son repaire dans une autre dimension. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir faire ?

*
* *

« San', j'ai fini de nettoyer la cuisine, annonça joyeusement Oboro. Est-ce que tu... Tiens ? Qu'est-ce qui est arrivé à ta fenêtre ?
_ à ton avis, répondit sombrement Sanae en terminant de lacer sa robe.
_ Hyûma ? Il est passé par la fenêtre ?
_ Ne me regarde pas comme ça : comment veux-tu que je sache ce qui lui passe par la tête ? En tout cas, dépêchons-nous de le retrouver. Son comportement m'inquiète un peu...
_ Relax, cocotte, qu'est-ce que tu veux qu'il fasse ? Il est pas dangereux, le bougre.
_ J'espère que tu as raison.
_ Mais oui : tu dramatises toujours tout... »

*
* *

« Stop tout, on évacue, papy ! Hurla Hyûma en entrant en coup de vent dans le cabinet de Shigemori.
_ Tu sais que j'aurais pu être avec un patient ?
_ C'qu'on s'en fiche, on l'aurait évacuer aussi ! Allez, hop, pas le temps de discuter ! J'vais purifier la maison de toute présence fantomatique !
_ C'est ça, c'est ça. Amuse-toi bien...
_ Mais je ne m'amuse pas !
_ Heu... Loin de moi l'idée de m'inquiéter mais... Qu'est-ce que tu comptes faire avec cette torche et ce briquet ?
_ Ben j'vais tout cramer. Comment tu veux purifier un truc, sinon ?

MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Dim 21 Juil - 23:34

« Et vous y voilà, mon petit monsieur. Le village de Konoha. » M’annonça le cocher, désignant la bourgade du doigt. Ca ressemblait à n’importe quel village, une assemblée de maisons. On aurait pu imaginer quelquechose de plus grand et imposant, de plus menaçant.

Enfin c’était évident que ça allait être un village comme les autres, ce qui différait vraiment, c’était ses habitants. Et puis le village était relativement jeune. Ils n’avaient même pas d’hôpital.

C’est pour ça qu’on avait été content de découvrir qu’un médecin apprenti était doté de chakra. Même si  atteint d’une maladie rare, on avait tellement peu de ninjas qu’on ne pouvait me négliger.
C’est donc avec un nouveau statut qu’Akhen Ilinoha -moi- embrassait la carrière de shinobi.

On m’avait assigné le poste d’apprenti du docteur Shigemori. Il le formerait en ce qui concernait la médecine. En revanche pour les justus et les techniques de shinobis je devrais avoir recours aux instructeurs locaux ou à des parchemins.


Je déambulais ensuite dans les rues du village, ouvrant grand mes yeux et essayant de m’orienter et de repérer la maison du docteur Shigemori.  

Voyons, Shigemori cohabitait apparemment avec une certaine Mademoiselle Hanaerobi. Et aussi une certaine Oboro Ashigaka, qui avait remporté le tournoi local. Je remerciais le passant qui m’avait renseigné et me dirigeais vers cettte clinique et demeure, espérant pouvoir y négocier une paillaisse pour dormir.

Alors que je me frayais un chemin dans la foule relativement dense du marché, j’aperçus un curieux couple détonnant de leurs concitoyens.

Le premier, un jeune homme venu d’un kimono, un sabre en bois au côté et des sacs de course à ses pieds s’échauffait avec un commerçant tandis qu’à ses côtés une douce jeune fille s’impatientait.

« Comment ça, pas de réductions pour la vainqueure du tournoi de Konoha ? C’est comme ça que tu supporte votre village et votre pays. C’est du joli. Argumentait le majordome.
-Ecoutez Hyûma, si le monsieur ne veut pas, on ne va pas le forcer, c’est son échoppe. Le tempéra la demoiselle en apparté.
-Chuuuut. Tu vois bien qu’il est sur le point de céder.
-Vous voyez bien. Et pourquoi vous le vouvoyez pas lui ?
-Ben c'est rien qu'un marchand, même pas patriote en plus.


Le marchand ayant fini de servir un autre client, il se retourna vers eux.

« Alors vous les achetez ou pas ces fruits ?
-…
-En plus c’est pas comme si vous pouviez prouver  que vous la connaissez. Ce n’est pas la jeune fille là, hein ? En revanche votre tête à vous me dit quelque chose.  S’interrogea le commerçant.
-Ah oui ! S’engorgea Hyûma. Messieurs, Dames, vous avez devant vous le second guerrier le plus fort de Konoha. Enfin d’après ce tournoi. Alors tu ne me ferais pas un petit prix pour me consoler de ma défaite ?
-Mais Hyûma, c’était un forfait.
-Chuuuuuut.
Il n’a pas besoin de savoir et on le tient c’est sûr, je le vois dans ses yeux »

Finalement le marchand leur offrit une réduction de moitié sur sa marchandise : des fruits. Et le couple repartit, le majordome ployant sous le poids de tous les fruits qu’il avait acheté.

« Et voilà c’est une bonne affaire non ? Plein de fruits !
-Mais ils vont tous pourrir d’ici deux, trois jours.
-Trois jours ? C’qu’on s’en fout, c’est loin ça.
-Bon il faut qu’on se dépêche un peu,  Shigemori nous attend. Mais oui tu peux être content, tu as fait gagner de l’argent à la maison Hanaerobi. Soupira la jeune fille. »


N’ayant perdu une miette de leur échange, je tiquais instantanément. C’était ceux que je cherchais. La chance me souriait, je n’avais plus qu’à les suivre jusqu’à chez eux.
Et les suivre ce n’était pas bien difficile avec tout le rafut qu’ils faisaient.

Je les suivis donc à travers le marché, puis le long d’une rue ensoleillée au bout de laquelle ils prirent sur la gauche et disparurent.

Pressant le pas pour les rattraper, j’avais à peine atteint la coudée que je ressentais un choc sourd et brutal sur le crâne et je sombrais dans l’inconscience.

*
**

Quelques temps plus tard dans la maison Hanaerobi.

« Ah il reprend conscience. Constata une voix féminine.
-Alors pouquoi tu nous suivais petit, t’es un fantôme. ? Je suis sûr que t’es un fantôme vu comment mon sabre t’as assomé.  S’exclama le Majordome, tout en agitant son sabre.
-Laissez-le s’expliquer voyons Hyûma. Intervient la voix féminine.
-Alors ? Reprit le jeune homme en s’approchant de l’Ilinoha qui reprenait à peine ses esprits.
-Euuh. Je voulais savoir où vous habitez. Parviens-je à murmurer.
-Je le savais. Explosa Hyûma. Il voulait nous hanter ou nous espionner. »

Sur ces paroles, le vieux docteur Shigemori entra dans la pièce, pris un bouquin sur une table dans le coin et finit par s’approcher du groupe.

« Mais qui est-ce que nous avons là. Ca doit être le jeune Akhen si on en croit la photo qu’on m’a envoyé.
-Je le savais ! Réagit le majordome. C’est une fantôme et il est mort dans cette maison. Il revient nous hanter, mon sabre ne ment pas.
-Mais non c’est Akhen, l’apprenti qui va loger ici à partir de maintenant. Il va m’aider à la clinique, enfin s’il est en état. S’amusa Shigemori.
-Hein, mais pourquoi on m’a pas prévenu ?  S’insurgea Hyûma.
-Mais si, je t’ai dit qu’il arrivait hier, même. Rétorqua son mentor.
-N’importe quoi, t’as dit qu’il arriverait dans deux jours.
-Ah oui c’est vrai ça tiens. Dit Shigemori alors que tous les regards se tournèrent vers l’homme au sol.
-Ah eeeuuh. Oui, j’ai du me tromper sur la date. Bafouillais-je, remerciant encore mes gènes. J’avais du stresser lors de la convocation et mal retenir la date.
-Ca doit être ça, bienvenue Akhen. Conclut Shigemori.
-Attendez, comment vous pouvez être sûr que c’est lui et pas un espion ou un fantôme ? S’exlama Hyuma.
-Il a vraiment l’air d’un espion selon toi ? Interrogea Shigemori.
-Nan. Admit Hyuma. Mais je reste le seul majordome hein, hein ? S’enquit-il, brusquement inquiet.

Et c’est ainsi que je fis mon entrée dans la maisonnée Hanaerobi.

MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Dim 4 Aoû - 15:58

Hyûma se réveilla brusquement, alors que le bruit d'une clef métallique jouant dans une serrure retentit. Bizarre, ce n'était pas l'heure de la soupe, pourtant. Ou bien...
Le visage du majordome s'illumina.

« T'es venu m'apporté un petit déjeuner, Gogo ?
_ M'appelle pas Gogo ! Nan, fit le geolier en s'approchant de la porte. On va te faire sortir.
_ ça tombe bien, Sanae doit en avoir marre de mon absence. La pauvre, quand je suis pas là, c'est généralement Oboro qui cuisine. Elle est encore moins doué que votre cuisinier, c'est pas peu dire, tu sais.
_ Houlà, concéda Gosaburo en triturant la serrure de la porte de la cellule. Voilà, suis-moi, on va te rendre tes affaires. »

Ce qui fut des plus simples : lors de son incarcération, le majordome avait en tout et pour tout son sabre de bois comme unique possession. Une fois fait, le jeune homme fut proprement expulsé de la prison, avant même qu'il ne puisse remercier comme il se le devait ses hôtes pour leur bonté. Soit-disant que des gens l'attendaient et que ce n'était pas bien de les faire attendre.
Soit, il viendrait les remercier plus tard. C'est vrai que Sanae devait en avoir marre de l'attendre depuis le temps.

Sauf que devant la prison, nul trace de Sanae. Il n'y avait que deux types qui l'attendaient. Tous deux de tailles moyennes, le premier était blond, le visage doux et avenant, et habillé d'un Kesa blanc crème surligné d'une bande jaune au niveau des extrémités. L'autre avait les cheveux ras et noirs, une large cicatrices sur la tempe droite, et vêtu d'une ample chemise rouge et d'un pantalon noir.

« Dites, c'est vous qui m'attendez ? Vérifia Hyûma, perplexe.
_ Si vous êtes bien Hyûma Gouryoku, oui, affirma le blond. Je suis le chunin Shungyosai Tomita, mais vous pouvez m'appelez Shun, et voici mon partenaire, le chunin Kenshin Shiba. Nous avons pour mission de vous escorter jusqu'au port de Tate.
_ Chunin... Tate... mission... Holà, holà, holà, c'est quoi cette embrouille, regimba aussitôt Hyûma. Pourquoi que j'irai à Tate, moi ? Ch'uis de Konoha.
_ Une réaffectation, j'ai ouïe-dire, expliqua Shun.
_ Visiblement, Konoha maintient des effectifs là-bas, renchérit Kenshin. Bah, je suppose que je ne devrais pas être étonné, on est sensé contrôler toute la région, après tout.
_ J'ai rien compris. C'est un genre de mission, c'est ça ?
_ Heu... Je suppose que oui, fit Shun.
_ Bon. Et quelqu'un a pensé à prévenir ma patronne ?
_ Ta patronne ?
_ Je suis le majordome de la famille Hanaerobi, expliqua fièrement le jeune homme.
_ …
_ La coach de la championne du village.
_ Aaaaah. Ok, fit Kenshin. Hé ben elle fait du bon boulot, ta patronne. Je n'ai pas vu les matchs, mais il paraît qu'elle est la terrible, la petite championne.
_ Elle a pas petite, c'est pas Sanae, non plus... Ok, ben venez, je vais voir ma patronne pour la prévenir. Ch'uis son employé, quand même.
_ Tate est extrêmement loin, intervint diplomatiquement Shun. Nous n'avons pas le temps de nous embarrasser de scènes d'adieu, voyez-vous ?
_ Hé, mais je ne vais pas m'enfuir comme un voleur, non plus !
_ Et si tu lui écris une lettre ? Proposa Kenshin en coupant la poire en deux. J'ai un bloc-note : tu lui griffonnes deux-trois mots, tu déposes ça dans sa boite au lettre et hop, elle est prévenue, ça ne prend que trente secondes et tout le monde est content.
_ Ouais, cool, s’enthousiasma Hyûma. Je vais faire comme ça ! »

*
* *

Hyûma, sur un bout de papier, a écrit:

Salut les filles !

Ç'a été long, mais les types de l'administration ont réglé mon problème, je suis de nouveau Aspirant et tout baigne. À part la cuisine qui n'était pas variée du tout, tout s'est très bien passé, même que j'en ai profité pour apprendre à marcher sur les mains.

Je ne peux pas revenir tout de suite à la maison parce que j'ai un genre de mission qui m'infecte à Tate. J'ai pas bien compris et je sais pas combien de temps ça va prendre, mais je serai de retour au plus vite, pas d'inquiétude.

À Bientôt,

Hyûma.

*
* *

Le majordome glissa le feuillet plié en deux dans la boîte au lettre de la maison Muromachi et s'en retourna auprès des deux chunins, sans un regard vers la petite maisonnée endormie. Les chunins en questions étaient perdus dans la contemplation du jardin qui leur faisait face, visiblement scotché par l'aspect... original... des lieux.

« Wow... Elle a pas de jardiniers, ta patronne ? Constata Kenshin.
_ Je m'en occupe principalement, affirma Hyûma. Il est beau, hein ?
_ ça fait vachement glauque, oui...
_ C'st peut-être pas des blagues, ces histoire de maison hanté, en fait... Hum... Je crois qu'il fait encore trop sombre pour que nous puissions mesurer la beauté des lieux à sa juste valeur, lâcha diplomatiquement Shun en constatant que le majordome attendait une réponse.
_ Ben le soleil commence à se lever, y'a qu'à attendre un peu et...
_ Nananan, la mission avant tout, s'empressa d'ajouter le blondinet. Il est plus que temps de se mettre en route. Si, si.
_ Bon, ok.
_ Par où passerons-nous ? Reprit Shun à l'intention de Kenshin.
_ Oh, le plus simple va être de suivre la route. Ça nous fait un détour à cause de la forêt, mais c'est plus sûr... »
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MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Mer 7 Aoû - 19:02

Sanae: 28Xp
Hyuma: 51Xp
Akhen: 8Xp

MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Mer 28 Aoû - 17:23

-Oh, docteur ? Bonsoir, chuchota Akhen.

En fin de journée, dans la maison Muromachi…

-Déjà rentré ?, lui répondit le vieil homme à voix basse.
-Il faut bien, il faut bien.

Sur la pointe des pieds, les deux larrons se glissèrent furtivement jusqu’au pied des escaliers. C’était qu’ils n’étaient pas seuls ici : et pour rien au monde ils n’auraient voulu déranger les deux jeunes femmes, et propriétaires de la demeure.

Pourtant, lorsqu’ils parvinrent jusqu’à la salle à manger, un fracas métallique leur indiqua que quelqu’un les avait précédé. Ils avaient échoué. Grimaçant en sachant pertinemment ce qui les attendait, le docteur poussa la porte.

-‘Soir !, chantonna Oboro en s’agitant du coté des fourneaux.
-Encore raté…

En l’absence de Hyûma, la miss s’était mise en tête de le remplacer comme cuisinière en chef de la maisonnée. A ceci près que comparée au majordome, ses talents étaient bien plus questionnables. Des menus simplistes et pas toujours équilibrés, généralement trop ou pas assez assaisonnés, et parfois même complètement ratés… on ne passait pas du stade de bourgeoise gâtée à celui de fée du logis en un instant. Alors, forcément, aucune chance qu’elle rattrape les dons de Hyûma en quelques jours.

D’un autre coté, elle essayait, ELLE. Ca, c’était ce qu’elle faisait toujours remarquer à Sanae, qui n’avait hésité que cinq secondes devant une casserole avant de proposer un restaurant.

De même, Oboro trouvait ça incroyable qu’à son âge avancé, Shigemori soit pratiquement incapable de se nourrir seul.

Akhen savait cuisiner, pour sa part. Mais son caractère effacé l’empêchait de faire face à l’Ashikaga, bien décidée à s’entraîner.

-Bon, bon… demain, peut être, pria le docteur.
-On devrait fermer le cabinet un peu plus tôt, suggéra Akhen à voix basse. Histoire de la devancer.
-Impossible ; trop de patients ne peuvent venir qu’en fin de journée. J’imagine qu’il faudra attendre qu’elle retourne en mission… heureusement qu’elle est genin.

Akhen acquiesça silencieusement. Pour le moment, le jeune aspirant logeait gratuitement dans la trop grande demeure des deux jeunes femmes, grâce à son statut d’apprenti et de protégé du docteur. Mais si la situation s’éternisait… il envisagerait peut être bien de se procurer un logement, après tout.

-Est-ce qu’on sait quand est-ce que Hyûma doit revenir ?, demanda Akhen. Quand il faisait la cuisine, c’était tellement bon…
-Aucune idée, répondit l’ancêtre avec tristesse.  Et je n’aime pas ça du tout. J’ai déjà essayé de faire jouer quelques contacts pour avoir quelques informations, et… rien. On ne peut qu’attendre.
-Oh.
-Mais en attendant… surtout… n’en parle pas à Sanae. Ca la met toujours dans un état… effrayant. Elle s’est beaucoup attachée à lui, alors avec son arrestation…
-En parlant d’elle, docteur, je crois que vous devriez aller la voir, intervint Oboro. Elle va pas super bien. Dans sa chambre.
-Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Euh…

Très sommairement, elle commença à lui expliquer leur après midi. Après son retour de mission dans la forêt de Karasu, Oboro était déterminée à progresser niveau combat. Simple question de sécurité : elle pouvait mettre la pâtée à un chien sauvage, mais en affronter plusieurs posait méchamment problème. Du coup, il lui fallait un partenaire d’entraînement. Et tant qu’elle y était, autant faire d’une pierre deux coups. Sa comparse aurait elle aussi, tôt ou tard, à effectuer des missions en dehors du village. De même, ramener une apprentie Eisei sur un terrain d’entraînement, c’était toujours la classe, en cas de pépin. A force de convictions, Oboro avait donc réussi à tirer « Miss Princesse » sur un terrain vague, où elles avaient bataillé contre leurs corps jusqu’à plus soif.

Et en fin de compte, il était peut être bien possible que l’Hanaerobi y ait laissé des plumes.

-Euh… laissé des plumes ?, demanda Shigemori en haussant un sourcil.
-Ben… c’est vous le docteur. A vous de voir.

L’ancien soupira en se dirigeant vers les escaliers. Des blessures, il en avait déjà vu des centaines de variété différentes, à Konoha. Les entraînements ninjas faisaient rarement des cadeaux. Entre les accidents de combat, les boules de feu ratées qui explosaient dans les pattes de leur lanceurs, et les genjutsu qu’il était presque incapable de guérir, Shigemori était aux premières loges pour attester des progrès militaires du village.

Une fois au chevet de Sanae, pourtant…

-C’est grave, docteur ?, demanda-t-elle.
-Pas du tout,  répondit celui-ci. C’est simplement… des courbatures. Tu t’es échauffée ? Etirée ?
-Bien sûr.
-QUE DALLE, PRATIQUEMENT PAS !, cria Oboro depuis la cuisine.
-…, rétorqua Sanae.
-Ceci explique cela, tout simplement. Si tu effectues un entraînement intensif sans te préparer, alors…

Sanae n’écouta qu’à moitié. D’accord, une hygiène adaptée était nécessaire pour le peu d’entraînement physique qu’elle effectuerait. Et les détails techniques seraient très utiles quand elle serait l’Eisei qui aurait à faire face à ce genre de bobos. Mais pour le moment, elle avait mal partout, rêvait d’un long bain brûlant, d’une longue nuit de sommeil, et aurait tout simplement a-do-ré avoir quelqu’un à la maison pour la chouchouter. L’absence du majordome se faisait cruellement ressentir, sur plus d'un point.

-Je veux rentrer à la maison… je veux Hyûma pour s'occuper de moi... je veux... bouhouhouh...
-Pardon, tu dis ?
-Les courbatures, le corps fini bien par s’y faire, non ?, changea-t-elle.
-Pas du tout, au contraire. J’ai déjà vu des hommes insister au point qu’ils devenaient incapables de se déplacer par eux même pendant des jours entiers. D’ailleurs, vous allez avoir du mal à me croire, mais… les ninjas ont développé un jutsu comme ça, justement.
-Ils ont quoi ? Ils n'ont vraiment que ça à faire de leurs journées?
-Une technique qui inflige des courbatures au corps de sa victime. Je n’en connais pas les détails, mais… je n’arrive jamais à m’occuper de ces cas. Intraitables avec l’usage de la médecine conventionnelle. Du coup, je les redirige systématiquement vers un ami à moi, qui sait y faire avec le chakra.

Infliger des courbatures à un ennemi ? C’était complètement ridicule. Et puis d’abord…

Non, se dit-elle. Une douleur pareille, c’était quelque chose qu’elle ne souhaiterait à personne. Pas même à un adversaire, à un ennemi, à un animal sauvage, ou encore un ninja hostile.





Encore que, en fin de compte… peut être bien que si.


*
*     *
*


-C’est Shigemori qui vous envoie, c’est ça ? Entrez, installez-vous.
-Bonjour, acquiesça Sanae. Merci de me recevoir.

L’homme à qui elle faisait face n’était pas un médecin, mais son nom était présent dans les petits papiers d’un grand nombre de soigneurs du village. Pour une raison très simple : sa spécialité était le traitement d’un genre de jutsu assez particulier.

-Vous êtes donc un Eisei ?, questionna la jeune femme.
-Moi ? Hoho, pas du tout. Je suis un illusionniste.
-Un magicien ?

Etrangement, Sanae s’imagina tout de suite l’homme tirer un lapin de son chapeau. Non, non. C’était stupide.

-Du genjutsu ?, corrigea-t-elle.
-Bien joué. Vous avez révisé avant de venir, hein ?
-Je fais ce que je peux. Mais… je ne comprends pas ce qu’un illusionniste peut guérir.
-Oh. Pourtant… est-ce que vous avez déjà été victime d’un genjutsu ?
-Une fois… je crois.

Lentement, posément, elle lui confia les détails de sa première rencontre avec Makuren. Le malade tout puissant qui imposait à ses élèves d’encaisser une de ses attaques s’ils voulaient suivre ses apprentissages. Et qui était susceptible de les attaquer même s’ils préféraient se retirer, comme ça avait été le cas pour elle.

Elle ne se souvenait pas vraiment de la technique en elle-même, par contre. Ca lui avait semblé complètement bizarre sur le coup, sans plus. Et Sanae avait tout simplement enragé. Elle n’avait pas fait attention à grand-chose.

-Vous avez crié sur Makuren ?
-Mais enfin, c’est juste... impensable? Inadmissible?, s’offusqua l’aspirante. Un instructeur qui attaque sciemment un élève ? Par derrière, en plus!
-C’est vrai qu’ils ont souvent des méthodes pas... terrible terrible…
-Pourtant j’ai été parfaitement correcte avec eux. J’ai pris le temps d’expliquer mes raisons, et… c’est lui-même qui nous a invité à partir si on ne voulait pas participer !
-Je comprends ce que vous voulez dire, calmez vous. Pour en revenir à nos moutons… le docteur m’a dit que vous vouliez apprendre un jutsu en particulier. Si c’est juste une technique et que vous êtes parée, je peux vous aider. Par contre, s’il vous faut un apprentissage complet du genjutsu, je n’ai pas le temps de vous faire ça… et même pas sur que j’y arrive, en fait. Donc?

La technique qu’elle voulait ? Elle n’avait aucune idée de son nom. Ni rien du répertoire de techniques auquel elle appartenait. Elle savait très vaguement ce qu’était le genjutsu, savait qu’il se décomposait en quelques sous-catégories, puisque Makuren avait parlé du sien comme de quelque chose d’incroyable…

Ce que faisait la majorité des ninjas quand ils parlaient de leur domaine préféré, en fait. Ils donnaient tous l’impression d’être des enfants en train de soigner leurs jouets.

Mais bon. Sanae était incapable d’expliquer quelle était la technique dont Shigemori parlait. Par contre, elle en connaissait les effets.

-Courbatures ?, répéta l’illusionniste.
-C’est bien cela.
-Il n’y a aucun jutsu que je connais qui inflige des courbatures à quelqu’un. Vous cherchez une technique en Hihei, peut être ?
-Le docteur m’a pourtant dit qu’il vous envoyait des patients…
-Ah ! Je comprends. Non, il s’est trompé. Le jutsu dont il parle, c’est « Crampes » ! Pas courbature.
-Des crampes ?
-Mais maintenant que j’y pense, c’est vrai que les versions ratées de Crampes ressemblent souvent à des courbatures. Pas étonnant qu’il ait fait la confusion.

Sanae soupira. Ca voulait donc dire qu’elle avait apprit tout ce qu’il y avait médicalement à savoir sur les courbatures… pour rien. Et qu’elle devrait répéter ses études pour les crampes. Diable. Ca n’arrêtait jamais. Et même si elle n’en avait pas forcément besoin, elle préférait bien faire les choses. Ca lui permettait de mieux avancer par la suite.

-Peut être bien, mais puisque c’est du genjutsu et pas une technique médicale… vous n’avez pas besoin de savoir comment ça marche physiquement pour en reproduire l’effet.
-Ca ne m’empêchera pas de…
-Uh uh, non non. Vous faîtes ce que vous voulez, je m’en fiche. Par contre. Vous êtes venu pour que je vous apprenne le jutsu, oui ou non ?
-Hein ? Euh… ma foi… bien sûr que oui.
-Eh bien je préfèrerais que l’on commence rapidement, si ça ne vous dérange pas. J’ai bien une demi-heure, peut être une heure à vous accorder pour un premier tir. Si vous êtes une ninja… il n’y a pas de mal à essayer. Vous savez vous servir de votre chakra ?

Pour seule réponse, Sanae se contenta d’irradier un peu de son énergie. Elle leva une main en l’air, qui se recouvrit rapidement d’une gangue de vapeurs bleutées assez caractéristique. Qu’elle rétracta aussitôt. Pas besoin d’efforts inutiles, non plus.

A cela, son interlocuteur ne put s’empêcher de sourire, satisfait. Il ne devrait pas avoir trop de temps à perdre avec elle. Lui expliquer les bases, simplement. Le reste, elle avait parfaitement l’air de pouvoir se débrouiller pour progresser toute seule.


*
*     *
*


Un peu plus tard…

-Mais par contre… il y a une chose que je ne comprends pas.
-Oui ?
-Ca ne sert à rien, fit remarquer Sanae. Avec tout ce qu’ils inventent, les ninjas ont forcément un moyen d’y arriver pour de vrai. Les crampes sont… je veux dire, c’est de la magie. On peut vraiment faire n’importe quoi, avec. J’ai même une amie capable de briser les os d’un poulet juste avec son chakra. Alors, plutôt que d’infliger à quelqu’un un sortilège pour qu’il ait l’impression d’avoir une crampe, ça n’aurait pas été beaucoup plus simple de vraiment lui créer des crampes ?

L’illusionniste la regarda un moment. D’accord. Même si elle apprenait assez vite, c’était encore une débutante. Qui n’avait aucune expérience. Elle ne s’était pas rendue compte d’une chose pourtant très simple.

-Juste une question. Est-ce que tu as déjà eu du mal à apprendre un jutsu en particulier?
-Non.
-Vraiment pas ?
-Pas vraiment. Mais bon, c’est normal. J’ai longtemps travaillé les bases… j’imagine que si l’on est à l’aise avec, les petits sortilèges de débutant ne doivent pas poser de problème, n’est ce pas ?

L’illusionniste perçut mieux le profil de son invitée. Si elle avait effectivement prit son temps en attendant d’être suffisamment à l’aise avec le chakra pour se lancer dans l’apprentissage de techniques, pas étonnant qu’elle ait maintenant l’embarras du choix. La plupart des aspirants apprenaient leurs premiers jutsu beaucoup plus tôt, et rencontraient plus de difficultés.

-En effet. Soit tu as suffisamment progressé pour pouvoir facilement apprendre les techniques de rang D…
-De rang quoi ?
-Eh bien en fait… nan, ça n’est rien, laisse tomber.


Confirmation : il avait bien affaire à une débutante. Ignorante.

-Ou alors, tu es simplement douée pour les domaines que tu as essayé. De ce que tu m’as dis, tu traînes plutôt dans tout ce qui n’est pas physique, c’est ça ? Médecine, ninjutsu ?
-C’est par ça que j’ai commencé, oui… mais plutôt par hasard. Mais ça ne m’a pas l’air différent de ce que je fais là.
-Parce que tu t’attaques à des morceaux plus petits que toi. Je suis sûr que si tu essaies d’apprendre une technique avancée de chaque domaine, tu sentiras la différence.
-Peut être.

Elle n’en savait rien, aussi pouvait-il lui raconter tout ce qu’il voulait. Sanae avait pourtant du mal à accepter la chose telle quelle. De la magie, c’était de la magie. Point.

C’est du moins ce qu’elle tenta de lui expliquer.

-Pas exactement. Tu vois, chaque personne a des prédispositions particulières pour chaque domaine. Ca dépend de chacun, tout simplement. Les qualités d’une personne, la façon dont il oriente ses entraînements, son vécu… tout ça fait qu’un ninja sera très différent d’un autre. Et qu’il aura plus ou moins de facilité à apprendre les techniques de tel ou tel domaine. A partir de là, oui, tu peux te dire que pour certaines personnes, il est plus simple de directement créer des crampes. Pour d’autres, recourir à un genjutsu est plus facile. En général, les personnes les plus… euh… cérébrales… on va dire intelligentes en général, préfèrent ce domaine.
-Vraiment ?, questionna l’aspirante, dubitative.
-Oui. Mais indépendamment de tout ça, les illusions sont très pratiques : contrairement à la majorité des autres domaines, ils ne blessent pas forcément leurs victimes. Pas si l’utilisateur ne le veut pas, en règle générale. Du coup, dans le cas où tu souhaiterais simplement neutraliser quelqu’un, je préfère largement mes illusions à n’importe quel ninjutsu existant. A l’inverse, comme Shigemori te l’a dit, il est très difficile de s’occuper d’un blessé, victime d’une illusion avec des moyens conventionnels. Le meilleur moyen de s’en prévenir, c’est encore de maîtriser ces techniques. Ce dont tout le monde ne se donne pas la peine.
-Parce que ça n’a pas d’intérêt pour eux.
-Tu l’as toi-même remarqué : intuitivement, les gens préfèreront causer de vrais dommages plutôt que de les simuler. Ce qui fera autant de personnes qui ne s’intéresseront pas aux illusions. Et seront donc des cibles sans défenses pour un bon pratiquant.

Sanae ne répondit pas. Même si elle l’avait écouté faire la publicité de son domaine favori, elle en était restée à son premier exposé. Chaque personne avait ses… prédispositions ? Pour elle, l’explication sonnait trop mal. Que le fait d’être fort et agile aide dans les arts martiaux, ça, d’accord. C’était évident. Et encore, ça ne suffisait normalement pas. Il fallait aussi être endurant, et elle avait déjà vu des enchaînements qui nécessitaient d’avoir un cerveau bien accroché pour comprendre certains enchaînements. Elle avait vu un combattant réussir à dévier trois attaques d’un adversaire plus grand et plus fort tout en intercalant deux gifles, deux coups au foie et aboutir sur une neutralisation au sol.

Mais que les personnes intelligentes soient plus douées pour tel ou tel type de magie… là, non. Ca faisait tellement cliché, en plus…

Elle mettait tout simplement ça sur le compte de la superstition. Les gens ne savaient pas comment marchait le chakra, et chacun y allait de sa petite idée. C’était aussi simple que de se dire que les roux étaient tous katon.

Et puis, en plus, elle n’avait pas l’impression que ça s’applique à elle. Sanae ne réfléchissait pas vraiment, quand elle utilisait du chakra. Elle le faisait, point.  C’était plus du ressenti. « Au feeling », comme disaient certains.

-Eh bien tu n’es pas obligée de me croire, lui répondit le soigneur pour conclure l’affaire. Garde simplement ça en tête quand tu auras affaire à des ninjas. Tu n’auras qu’à les observer, essayer de les jauger, et vérifier si cette recette marche… ou pas.
Ibuki Senjago
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   Ven 30 Aoû - 4:15

Bonjour,

Ren a écrit:
Pour les techniques demandées, soit Crampes et Paume de soins, elles te sont validées.
Pour ce rp, tu obtiens : 30 xp's.

Commentaires généraux : en somme, fidèle à toi-même, tu écris toujours très bien, et as toujours cette façon facile de nous transmettre l'histoire, avec ces dialogues craquants et funs. Un rp simple mais efficace, comme toujours.
Merci,
Cordialement,
Moi


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MessageSujet: Re: Marché - Maison Muromachi (Sanae)   

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