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 Port de Tate

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MessageSujet: Port de Tate   Mar 20 Aoû - 15:17

« Un homme à la mer ! »

Le vieux capitaine Shao, un type austère au visage taillé par le sel et les embruns et à l'imposante crinière blanche, sursauta en entendant le cri. Son regard se porta derechef sur le pont de la petite jonque, où s'agitait ses deux fils et son gendre. Personne ne manquait donc à l'appel alors pourquoi...
Personne ne manquait à l'appel.

« Nom de nom, le gamin ! »

Heureusement, Genishi, son gendre, venait de se saisir de l'une des bouées de sauvetage entreposée le long du plat-bord – en fait de bouée, rien de plus qu'une petite palette de bois autour de laquelle était nouée une solide corde – et eut tôt fait de la lancer.

Le temps que Shao les rejoigne, ses trois gaillards scrutaient l'océan démonté, le visage grave. La mer était déchaînée et il ne faisait clairement pas bon tomber à l'eau. Aucun signe du gamin où que ce soit à l'horizon. La bouée était ballottée en tout sens par le courant. Il était peu probable que le petiot puisse l'atteindre même s'il refaisait surface.

Shao fronça les sourcils tandis que d'atroces secondes s’égrenaient. En bon vieux de loup mer, il savait pertinemment que c'était trop tard : si le gamin n'était pas réapparu, c'est qu'il avait été emporté corps et âme par l'immensité des flots. Les autres aussi devaient bien le savoir, mais tous attendaient que lui constate les choses, tel un bourreau exécutant la sentence.

Le vieux marin soupira et prit une profonde inspiration pour...

Un gros bruit humide retentit brusquement derrière lui, accompagné d'un soupir d'aise.

« Pffiuuu ! C'est que ça secoue, là-dessous, dis donc, constata Hyûma en essorant la manche de son kimono. Un peu plus et j'étais emporté loin du navire. Gwahahaha ! J'ai de la chance ! Normal, les tortues portent bonheur ! »

C'est alors qu'il se mettait à essorer son autre manche – c'est dingue comme on peut finir tremper en tombant à l'eau, quand même ! – qu'il s'aperçut que le Gentil Organisateur le regardait comme deux ronds de flan.
Et surtout, que lui et les trois autres plaisanciers étaient en train de rien faire du tout.

« Haha ! S'enthousiasma Hyûma. C'est l'heure de la pause, c'est ça, pépé ? Petit cachottier, on en a pas fait une, hier, dis donc !
_ Mais... Mais, mais, mais... bredouilla le capitaine. Mais qu'est-ce que tu fiches ?
_ Ben je sèche mes vêtements, pour pas attraper froid, évidemment.
_ On est sous la pluie, crétin ! T'étais passé où ? Et comment t'es revenu ? Et pis que...
_ Oh ben ça, c'est très simple : en fait, je suis tombé à l'eau. Alors j'ai voulu remonter à bord mais là, paf ! Une grande vague m'a engloutie et je suis passé sous le bateau. Alors plutôt que de refaire tout le tour, je suis remonté de ce côté, c'est pas plus compliqué que ça, sourit Hyûma.
_ Tombé à l'eau ? Mais comment t'as fait ton compte ?? Déjà hier ! c'est pas possible, quoi...
_ Ben en fait, heu... Tu m'as dis de jeter le filet à l'eau, alors je l'ai balancé. Le poids l'a entraîné vers le fond et tout allait bien, jusqu'à ce que je m'aperçoive que mes pieds étaient pris dans les mailles du filet. Sauf que c'était trop tard et zou, j'ai été embarqué. Heureusement, ça m'a libéré les pieds, donc j'ai pu remonter. Si y'avait pas eu la vague, je serais revenu à ma place, hein...
_ Mais qu'est-ce qui m'a fichu un empoté pareil... Crois-moi, fiston, j'en ai vu, des bras cassés, dans le métier. Mais toi, t'en tiens quand même une couche. Je pense que la pêche, c'est juste pas du tout ton truc.
_ Alors là, je serais pas aussi catégorique ! » Assura Hyûma avec un éclair de malice dans les yeux.

L'Aspirant farfouilla dans sa veste de kimono et en ressortit par la queue un gros poisson frétillant.

« Tadaaaa ! J'l'ai chopé pendant que j'étais emporté sous le bateau. Bwahahaha ! J'ai l'oeil, un ! C'est une belle prise, non ? Bon sang, tu veux que je te dise, pépé ? Ch'uis fait pour être pêcheur ! Je sais pas, je pense que j'ai ça dans le sang. Nan mais t'as vu la taille de ce poisson ? Roh, 'faut que je l'encadre, Sanae sera trop contente ! Alors, pépé, t'en dis quoi ?
_ Qu'on se fait pas chier à balancer des filets pour pêcher les poissons à la main ! Ok, mes gaillards, un grain se prépare alors on ferait mieux de ne pas traîner ! On se prépare à rentrer à la maison ! Genishi, tu t'occupes du filet de l'autre andouille, vous deux, la voile.
_ Et moi, qu'est-ce que je fais ? Je m'occupe du filet avec Genishi ? Demanda joyeusement Hyûma.
_ Heu... Non. Surtout pas, en fait.Toi, tu vas t'occuper de la barre avec moi. Ça te plairait bien de conduire le bateau ?
_ Oh chic ! S'enthousiasma le majordome. Je pourrais le garer dans le port ?
_ Même pas en rêve ! »

*
* *

Quelques heures plus tard, Hyûma s'affairait dans la cuisine du Gentil Organisateur, chez qui il habitait. Il ne devait plus y avoir de maisonnettes de libre dans le village de vacance, mais le majordome ne leur en voulait pas : le QG lui avait improvisé des vacances, donc c'était normal de devoir composé avec les aléas des non-réservations. Hyûma était déjà très content de passer des vacances au frais de la princesse. Il n'y avait pas à dire, Konoha, c'était vraiment un village de compèt' : les employeurs qui s'excusent de la lenteur de leurs démarches administratives en vous envoyant décompresser  au bord de la mer, même le majordome savait que ça ne courrait pas les rues.

En plus, il y avait des tas d'activités physiques ou culturelles pour les plaisanciers. Repriser les filets, mettre en cale sèche les bateaux, peinturlurer les coques, faire la pêche au large ou à la ligne dans le port, aller ramasser les coquillages, visiter les remparts... C'était vraiment le pied. Une station balnéaire quatre étoiles, de l'avis de Hyûma. Il la conseillerait à Sanae à son retour.

En plus, il apprenait des tas de recettes super-chouettes avec l'épouse du Gentil Organisateur. Il avait même commencé à griffonner une liste des trucs qu'il devait ramener à Konoha pour les faire goûter à Oboro et Sanae. Sûr qu'elles adoreraient ! Sardines grillées sur marmelade d'algues brunes, tourte au saumon et à la laitue de mer, bouillabaisse du grand large... Et il y avait encore tant qu'il n'avait pas encore goûté !

Bref, la définition même de vacances de rêves.

Hyûma termina de nettoyer les plats – à l'émerveillement de l'épouse de Shao, qui ne cessait de s'étonner qu'un jeune garçon soit à ce point aussi serviable. C'était si rare, de nos jours – et retourna dans la salle commune de la petite maison.
Shao n'était pas là : comme tous les Gentils Organisateurs du village, il se réunissait tous les soirs à la taverne pour préparer les activités du lendemain. Ça devait rester une surprise et c'est pour ça qu'il ne voulait pas que Hyûma l'accompagne. Mais ce n'était pas grave, parce que les activités du lendemain, c'était loin, ça, alors que là, maintenant, il y avait des trucs autrement plus intéressant.

En effet, puisqu'il habitait chez le Grand Organisateur, le majordome s'estimait verni : tous les soirs, il pouvait profiter des histoires et des contes du vieux papa de Shao, un vénérable monsieur tout rabougri et ratatiné, à la voix chevrotante et à l'ouïe défaillante, mais débordant de sagesse et d'expérience, comme ces vieux sages dont on entend toujours parler dans les grandes épopée.
Quant à Tenzen, le vieillard en question, il était aux anges d'avoir une oreille complaisante à l'écoute, auprès de qui il pouvait radoter en toute sérénité.

« Tu vois gamin, reprit justement Tenzen, quand j'avais ton âge, je bourlinguais pas mal à travers le pays. J'étais prospecteur, tu comprends ? J'ai sillonné le pays du feu en long en large et en travers, à la recherche de roches particulières, de métaux précieux ou d'autres éléments rares. Et j'étais un bon, tu peux me croire ! Ahlàlàlà, c'était le bon temps... C'était avant que je ne rencontre Shizuko et qu'elle capture mon cœur dans ses filets... Aaaah, Shizuko... »

Hyûma hocha la tête sans mot dire. C'était un genre de rituel : d'abord, le vieux papa de Shao commençait par dire qu'il était un vrai crac dans sa jeunesse, ensuite, il se lamentait sur sa défunte épouse et le majordome devait lui dire qu'il compatissait et qu'il aurait adoré la connaître (ce qui était effectivement le cas si le gâteau aux crabes qu'elle préparait était au moins à moitié aussi bon que l'assurait l'ancêtre) et là, Tenzen lui disait qu'il était vraiment un brave gars comme on en fait plus, pour sûr, et qu'il méritait bien qu'il lui refile un ou deux tuyaux.
Hyûma n'avait jamais vu les tuyaux en question, mais au moins, il apprenait plein de trucs intéressants, alors ça compensait.

« Tu vois gamin, reprit le vieux papa de Shao une fois son laïus sur son épouse terminé, le point d'importance dans la prospection, c'est le carottage.
_ Ç'a à avoir avec les carottes ?
_ Y'a deux astuces dans la méthode. Tu comprends, il ne s'agit pas de faire des trous tout partout au petit bonheur la chance, non, non, non... ça prend trop de temps, c'est épuisant, donc c'est tout sauf rentable. Ah ! Tu penses bien que si j'avais agis comme ça, j'aurais jamais pu devenir un crac de la prospection.
_ ça c'est sûr, acquiesça naïvement Hyûma.
_ Tout à fait, gamin ! S'enthousiasma le vieux pépé. J'étais le meilleur de mon époque, personne ne m'arrivait à la cheville. Je trouvais des gisements là où tout le monde assurait qu'il n'y avait rien, j'avais le nez pour ça !
_ On peut renifler les filons ?
_ T'imagines pas les ponts d'ors qu'on me faisait pour que j'aille prospecter un terrain, gamin. Ça non, t'as pas idée. »

Hyûma garda diplomatiquement le silence. Bien sûr qu'il pouvait ! Il avait déjà vu des ponts et il savait très bien à quoi ressemblait de l'or. Non, le plus dur, c'était d'imaginer le vieux papa de Shao suffisamment jeune pour traverser le pont d'or la pioche à la main, mais ça, en s'aidant de l'image des fils à Shao, ç'allait à peu près. Et surtout, ç'avait grave la classe !
Le majordome espérait secrètement qu'un beau jour, on lui fasse aussi un pont d'or rien que pour lui.

« Enfin, c'était le bon temps, ça... Bref, passons. J'en étais où ?
_ Aux carottes.
_ Ah oui ! C'est bien gamin, toi tu suis, au moins. Tu te rends comptes que j'ai passé des années à apprendre à Shao et ses rejetons les ficelles du métier et qu'ils en sont toujours à confondre une pioche et un piolet ? Ahlàlàlà... C'est triste, triste... Bah, au moins, ils se débrouille pas trop mal à la pèche. Mais la pèche, tu veux que je te dise ? C'est un sport de feignasse... Pulvériser la roche sous le cagnard en plein été, ça, c'était du boulot, gamin. C'est là qu'on reconnaissait les vrais hommes des gonzesses, je te l'assure ! Mais je m'égare... donc pour la prospection, il y a deux choses à retenir. Ecoute-moi bien, gamin, parce que s'il n'y a qu'une seule chose que tu dois retenir de tout ce que je te raconte, c'est bien celle-là ! »

Celle-là, ainsi que la liste du bon matériel requis, les techniques de sécurités à connaître, la façon de tailler en douceur, de sonder un terrain de façon concise mais complète, les us et coutumes à connaître chez les mineurs, les légendes sur les lutins et les esprits mineurs du sol , les quatre prières rituels à prononcer pour augmenter les chances de trouver de l'or, la façon d'étayer un trou, de signaler sa zone de travail, de protéger une excavation de la pluie et bien d'autres encore...
Ça en faisait des choses uniques à retenir, mais le majordome s'accrochait. Et puis, tous les soirs, après avoir pris note des recettes de cuisines qu'il avait goûté ou pratiqué dans la journée, il jetait sur les pages tous les conseils que le vieux papa de Shao lui avait donné : ça pouvait toujours servir un jour. Ainsi, si Sanae voulait savoir s'il y avait un gisement de fer dans le jardin, il saurait comment s'y prendre !

« L'important, c'est l'instinct, bonhomme. Au premier coup d'oeil, tu dois savoir si une zone est bien ou non. Les effleurements rocheux, la végétation qui pousse, les lignes de cassures, les dénivellations... Y'a pas de recettes magiques, mais c'est un tout et si t'es un crac, ce tout te parle.
_ Sans rire ??
_ Tout à fait gamin, ton regard embrase les environs et dans ta tête, t'entends une voix qui te dit : ici, c'est nickel. Et alors, t'as plus qu'à te mettre au boulot. Tout à fait. Comme je te le dis.
_ Waaaaah, soupira un Hyûma très impressionné – mais qui ne le serait pas face à un type capable d'entendre parler le paysage ? – Et comment tu fais pour entendre la petite voix ?
_ La force de l'habitude, gamin. 'faut pas t'en faire : moi non plus, au début, j'y captais qu'un steak.
_ Et ça va pas avec la carotte ?
_ Mais à force, t'apprends à tendre l'oreille, et c'est là que tu deviens un vrai crac, gamin. Ça peut prendre un peu de temps, mais si t'es fait pour ça, ça viendra inéluctablement.
_ Wow... Même moi, je pourrais ?
_ Surtout toi, gamin ! Ça se lit dans tes yeux ! Tu as le regard pur des gens qui ont l'instinct et la passion de la prospection. Tu penses bien que sinon, je n'essaierai même pas de te faire passer les ficelles du métier.
_ Ah bon ? Pourtant, Shao dit que vous essayez de raconter ça à tout le monde.
_ Meuhn'importe quoi ! Rien que des racontars de gens aigris ! J'ai tout de suite vu, moi, que Shao n'avait pas l’Œil, avec un grand E. Ni lui, ni ses rejetons. Ni aucun des pauvres clampins de ce foutu hameau. Naaaaaan, mais toi, tu peux me croire, t'es fait pour ça !
_ Chouette, alors !
_ D'ailleurs, si tu veux, on ira faire un tour dans les environs et je te montrerai.
_ Beau-père, intervint l'épouse de Shao, n'importune pas notre invité avec tes idées de sortie champêtre.
_ Roooh, c'est dommage, j'aurai bien aimé, moi, affirma Hyûma, déçu.
_ Ah, tu vois, ma bru, c'est lui qui veut. J'y suis pour rien, moi, affirma l'ancêtre.
_ C'est vraiment ce que tu veux, Hyûma ?
_ Ben oui. Enfin, sauf si pépé a prévu d'autres activités...
_ pépé... Ah, tu parles de Shao. Non, ne t'inquiètes pas, il peut très bien se débrouiller sans toi un moment. Ça ne posera aucun problème.
_ Chouette ! Alors demain, j'viens avec toi, l'ancêtre. Tu vas me montrer comment on écoute la petite voix des cailloux avec les carottes !
_ Heu, j'ai pas du bien entendre, là... Hé ben une bonne chose de réglée, convint le vieux papa de Shao. Très bien. Reprenons... J'avais pas dit qu'il y avait deux choses à retenir ? Si, hein ? C'était quoi, l'autre.... Ah oui ! Voilà ! Alors écoute bien, gamin... »

Précision inutile, Hyûma ouvrait grands ses oreilles, enchanté à l'idée d'entendre un jour les pierres lui parler.

MessageSujet: Re: Port de Tate   Mar 20 Aoû - 16:48

Expérience

Hyûma: 21 points pour le RP




Évitez au possible de faire parler mon personnage dans vos RP (outre les citations), si vous en avez le besoin maladif contactez moi par MP afin que l'on puisse s'arranger.
Ibuki Senjago
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: Re: Port de Tate   Sam 24 Aoû - 16:28

Bonjour,

La technique Expertise de la Roche t'es validée. J'ai particulièrement aimé la façon dont tu as apporté le tout, et comme tu remplis les pré-requis sans problème, tout cela va très bien avec ce nigaud de Hyûma. En somme, très beau rp, et bien hâte de voir de vraies techniques, peut-être, un jour, s'apprendre par notre idiot majordome préféré.

Cordialement,
Moi



MessageSujet: Re: Port de Tate   Sam 28 Sep - 9:56


« De mieux en mieux, pas vrai ? » Commenta Oboro.

Elle et Sanae contemplaient, les yeux ronds, le hameau de Tate qui leur faisait face. Les antiques fortifications avaient de la gueule, ça, il fallait bien en convenir. Mais sortit de là... Konoha leur avait fait l'effet d'un regroupement de pauvres bicoques décrépite mais elles avaient été sévères : Tate correspondait bien davantage à cette description.

« C'est si... Commença Sanae,hésitante.
_ Pittoresque ?
_ Minable. Miséreux. Minuscule. Miteux. Mi...
_ Oui, oui, tu ne vas pas nous sortir toute la liste, cocotte.
_ Mais comment on peut envoyer un pauvre et malheureux majordome dans un tel endroit ! »

Saitama s'approcha de son pas leste, Ren, toujours d'une humeur maussade, sur ses talons. Le débonnaire ecclésiaste se planta auprès des deux demoiselles.

« Alors, que faisons-nous, maintenant ?
_ On doit trouver Hyûma, affirma mordicus Sanae.
_ Faisons le tour du village, ça sera vite fait, vu sa taille, proposa Oboro.
_ Je suppose qu'on devrait demander au responsable de la garnison ce qu'il a fait de sa dernière recrue, fit Sanae.
_ Bon, direction les cellules disciplinaires ou les corvées, alors, rectifia son amie.
_ Et pourquoi donc ?
_ Allez, tu le connais aussi bien que moi...
_ Oui, et bien ce n'est pas une raison !
_ Vivement qu'on le retrouve, tu deviens invivable.
_ N'importe quoi.
_ La garnison se situe dans quelle direction, à votre avis ? Demanda Saitama.
_ Hé bien... »

Le trio de tête échangea quelques instants ses impressions, au grand désintérêt de Ren qui espérait surtout que cette mission prenne fin sans histoire qu'il puisse s'éloigner des deux demoiselles. Son regard dériva sur les toits miteux du hameau et fut capté par un mouvement sur l'un d'entre eux. Une forme humaine se baladait sur l'une d'entre elle, visiblement affairé à remplacer les ardoises. Comme si elle sentait qu'elle était soudainement observée, la silhouette se redressa et regarda dans leur direction. Elle leva les mains en porte-voix et...

« Yooouuhouuu ! Sanaeeee ! Je suis lààààà !
_ Trouvé, fit Ren en pointant le majordome du pouce.
_ ça lui ressemble bien, en tout cas, confirma Oboro.
_ Comment a-t-il fait pour nous reconnaître depuis cette distance, s'étonna Saitama.
_ La robe de mauvais goût de la miss, va savoir...
_ Plaît-il ?
_ Nan, rien.
_ Bouge pas ! J'arrive ! Brailla le majordome avant de disparaître de leur champs de vision.
_ Bien, allons vite le retrouver, décida Sanae.
_ Il a dit de ne pas pas bouger, objecta Saitama.
_ En même temps, on parle de Hyûma, hein...
_ C'est tout petit, on ne va pas se perdre, défendit l'Hanaerobi.
_ Il connaît mieux la ville que nous, il nous trouvera plus vite si on ne bouge pas, affirma le religieux d'une voix pleine de sagesse.
_ Mais c'est à deux pas...
_ Tu l'as attendu un mois, t'es plus à cinq minutes, nan ? »

C'est alors que le majordome déboula depuis une ruelle adjacente, tout sourire, visiblement en pleine forme – si tant est que ce genre d'animal connaisse des passages à vide, s'entend – et se rua en hurlant de joie vers le petit groupe.

« Sanae, bienvenue à Tate !! »

Le majordome se planta devant sa patronne tout sourire et…

… se mangea une gifle retentissante sur le champ.

Portée sans grande conviction et sur le torse, la gifle fit nettement plus de bruit que de mal, mais parvint à tout le moins à attirer l'attention du majordome. Sous le coup d'une demi-douzaine d'émotions différentes, Sanae, tremblante, s'appuya un instant sur son domestique avant de se reprendre.

« M'enfin ? S'étonna le jeune homme.
_ Il n'y a pas de m'enfin qui tienne. Et pourquoi est-ce que vous souriez comme ça, d'abord ?
_ Ben parce que ch'uis content, évidemment.
_ Aaah... Hyûma Gouryoku, espèce d'imbécile ! Même maintenant, je n’arrive pas à croire que vous avez… que vous avez… et la seule chose que vous trouvez à me dire, c’est que… que… mais enfin !
_ Ouais, rigola le majordome, moi aussi ch'uis super content de te revoir. T'as l'air plutôt en forme, c'est chouette.
_ Hein ? Mais remuez-vous, bon sang, vous ne pouvez quand même pas être aussi stupide que ça ! Abandonner la finale pour moi, passe encore, mais là ! Insulter le daimyo ? Qu’est ce qui vous est passé par la tête ?
_ Bwahahaha ! On s'en fiche, c'est loin tout ça !
_ Mais non, on ne s'en fiche pas du tout ! Pas le moins du monde !
_ En tout cas, c'est génial que le QG t'ai aussi donné des vacances. On a quand même un conseil aux petits oignons avec ses ninjas, c'est juste la classe, pas vrai ?
_ Vac... Hyûma, dites-moi, qu'est-ce que vous croyez être en train de vivre depuis votre sortie de prison ?
_ De prison ?
_ Bon, alors disons après la rencontre avec le Daimyo.
_ Ah, ok. Hé ben, le temps de me rétrograder au rang Aspirant – tu vois qu'il est pas si méchant le Daimyo, soit dit en passant : il a parfaitement compris ce que je voulais – j'ai été logé au frais du QG dans un petit hôtel. Bon, il était un peu miteux et humide mais bon, c'était offert. Et comme ç'a pris longtemps de faire les papiers, le QG a fait amende honorable et m'a offert des vacances à la plage, dans cette petite station balnéaire. C'est génial, nan ? Moi, j'adore notre QG, perso. »

Pendant qu'Oboro étouffait un pouffement nerveux devant la nouvelle performance intellectuelle de son majordome préféré – son unique majordome, aussi – Sanae attrapa la main du jeune homme avant de le fixer droit dans les yeux.

Elle grimaça à moitié pendant que deux idées complètement contradictoires bataillaient ferme dans son esprit. Que Hyûma soit à ce point à coté de la plaque, c'était à la fois tristement prévisible et complètement ahurissant. Libre à l'Hanaerobi de lui remettre brutalement les yeux en face des trous pour qu'il fasse face à la réalité, ou...

Ou bien...

« Hyûma... Vous n'avez pas la moindre idée de ce qui est en train de vous arriver, n'est-ce pas ?
_ Gné ? … C'est une question piège ? Ch'uis pas en congé payé ? » S'alarma le majordome.

L'Hanaerobi tapota doucement la main du jeune homme avant de lui dédier un sourire rassurant. Elle allait préserver le petit monde rose d'imbécile heureux complètement ridicule de Hyûma : c'était probablement la meilleure chose à faire pour lui... et probablement pour elle. Même en lui expliquant en long en large et en travers le pourquoi du comment de sa situation, elle doutait sincèrement que le monde réel soit de taille à résister à la déformation démentiellement optimiste que semblait lui appliquer le jeune homme de façon systématique.

« Naaaan, c'est exactement ça. Mais toutes les choses ont une fin, donc maintenant, on va rentré.
_ Roooh, déjà ? Tu ne restes pas un peu ?
_ Nan, nan : on va tous rentrer à Konoha.
_ Ah d'accord, j'avais pas compris. Roooh, déjà ? On ne reste pas un peu ? Shao dit qu'on va avoir du beau temps toute la semaine. Et la plage est vachement chouette.
_ Non, il faut... … Plage ? … Beau temps ? … Heu... Mais je n'ai pas pris de maillot de bain et de toute manière...
_ Station balnéaire.
_ Hum... Heu... Hé bien, je suppose qu'après tout le stress de notre voyage, reporté de quelques jours notre départ doit être de l'ordre du possible. Qu'en dites-vous, vous autres ? » Demanda Sanae en se tournant vers ses compagnons – qu'Oboro avait prudemment maintenu à l'écart, ne sachant trop comment l'Hanaerobi aurait réagi à une tierce intervention pendant ses retrouvailles avec son majordome.

Les yeux de Hyûma s'élargir brusquement...

« Ooooh ! Mais t'es pas venu toute seule, en fait ! Ohé, salut Oboro !
_ C'est maintenant que tu t'aperçois de notre présence !
_ Beuh, c'est toi qu'est vachement furtive. T'es pas la championne du village pour rien, une sacrée shinobi.
_ Rattrape-toi comme tu peux... Et c'était deux jours de voyages pour s'entendre dire ça, les boules !
_ Mais ch'uis quand même très content de te voir, affirma le majordome. C'est qui les autres qui vous accompagnent ?
_ Comment ça, "quand même" ?
_ Alors Hyûma, fit Sanae, je te présente Saitama. C'est... »

Les yeux ronds d'effarement de Hyûma à la vue du colosse tout en muscle avec un bandeau sur l'oeil se muèrent instantanément en de grands yeux pétillant de bonheur.

« Un pirate !
_ Hein ? Où ça ? Demanda Saitama, toujours prêt à défendre la veuve et l'orphelin.
_ Ben toi, pardi ! Rholàlàlàlà, un pirate à Tate, comment ça le fait trop. Tu peux dire un truc comme « à l'abordage moussaillon ! » ?
_ Non, non, non, je crains qu'il n'y ait une méprise, objecta tranquillement le presque bonze. Je suis un ascète religieux qui...
_ Allez, rien que pour me faire plaisir ?
_ … recherche la voie de son Dieu ou de ses dieux, ou déesses, ce n'est pas encore défini, tu vois afin...
_ S'il-te-plaîîîîîît !
_ … afin de trouver l'illumination qui me permettra de...
_ Juste une fois, promis-juré !
_ De... Bon, d'accord. Hum, hum... « À l'abordage, moussaillon ! » !
_ Youhou ! Trop la classe ! J'étais sûr, t'es un pirate ! Attends que j'aille le dire à Shao !
_ Hein ? Mais non, pas du tout : puisque je te dis que je suis un ascète religieux qui...
_ Aaaaah, d'accord, je vois, affirma Hyûma. »

L'Aspirant jeta un regard suspicieux jeta un regard à droite puis à gauche, s'assurant que personne d'autres ne les observait, avant de se pencher vers le presque bonze pour lui souffler discrètement.

« En fait, t'es là incognito, c'est ça ? »

Le majordome se redressa en hochant la tête d'un air entendu, avant de tapoter l'épaule du pirate-qui-ne-voulait-pas-que-ça-se-sache, un grand sourire rassurant sur les lèvres.

« T'inquiètes, Monsieur le Bonze, je ne trahirai pas ton identité secrète ! Trop cool, t'es un peu comme les super-héros de manga, alors ? Rooh, la claaaasse!
_ Mais puisque je te dis que je ne suis pas un pirate...
_ Ouais, je sais : c'est secret. Et c'est qui le monsieur à capuche, demanda Hyûma en se tournant vers le dernier larron du groupe.
_ Lui, c'est... » Commença Sanae.

Trop tard : Hyûma fait parti de ces gens qui ne peuvent s'empêcher d'arracher joyeusement l'emballage d'un cadeau qu'on leur tend. Patience et finesse ne sont pas leur genre. Avant même que Sanae n'ait commencé sa phrase, il venait déjà de saisir la capuche de Ren et de la rabattre en arrière.

« Nan mais ça va pas, la tête ! S'insurgea Ren en repoussant le majordome.
_ Mais c'est Ren ! » S'exclama Hyûma, abasourdi.

Son regard dériva vers sa patronne, avant de revenir au chanteur, de repartir sur sa patronne, et son regard s'illumina brusquement de la lueur de la compréhension.

« Ah ! J'ai compris ! S'exclama le majordome. Vous n'êtes pas du tout là en vacance, en fait !
_ Aïe, j'ai peur de ce qu'il va nous sortir, là...
_ Oboro !
_ Vous êtes en tournée ! »

Le vent siffla, soulevant une mince couche de poussière qui se dissipa promptement à travers la rue parfaitement calme et silencieuse.

« Une tournée ? S'étonna Oboro.
_ Ben oui : qu'est-ce qui amènerait un duo de chanteurs dans une station balnéaire, autrement ?
_ Ce ramassis de taudis miteux, une station balnéaire ?
_ Mais je ne chante pas en duo, rectifia Ren. Pis ch'uis pas là pour chanter tout court.
_ Mais si, mais si ! T'as fait un duo formidable avec Sanae ! Ah, ch'uis trop content que vous ayez pérennisé le concept, ça rendait va-che-ment bien !
_ Ah non, ah non, nia aussitôt Sanae. Il n'est absolument pas question que...
_ Roooh, ça va, pas la peine de faire semblant, j'ai éventé la surprise, rigola Hyûma. Sinon pourquoi vous seriez venu tous les deux.
_ Le cauchemar...
_ Laisse tomber, mec, assura Ren. De toute façon, j'ai pas mon groupe et...
_ Oh ? Il fait pas parti de ton groupe, le pirate ? 'fin, le bonze.
_ Mais bien sûr que non ! ça se voit que t'as pas eu à le supporter pendant deux jours !
_ Dommage, il aurait de la gueule sur scène. Donc vous allez chanter a cappella ?
_ Même pas en rêve.
_ D'accord ! T'inquiètes, je vais t'en trouver, moi, des musiciens ! Assura Hyûma. Pour ce qui est de faire du bruit, j'm'y connais, fais-moi confiance !
_ La musique et le bruit n'ont rien à voir, tête de nœud !
_ Allez, suivez-moi, je vais vous amener au Gentil Organisateur. Il va être trop content de recevoir des artistes !
_ Mais il en fait jamais qu'à sa tête, c't animal ?
_ Félicitation, tu viens de faire connaissance avec le majordome des Hanaerobi... »
Ibuki Senjago
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: Re: Port de Tate   Dim 29 Sep - 23:56

La Taverne du port était bondée, comme à son habitude, leur dit Hyûma, d'un fringant sourire.  Petite et bondée, bruyante, chamaillante, alcoolique et collective.  Peut-être que cela ne plairait pas aux miss, mais pour Ren, qui favorisait ce genre d'endroit, même à Konoha, ce fut comme un baume sur son coeur — le voilà de retour à la maison.  
La fatigue du voyage s'était envolée, alors qu'ils prenaient une petite table entre deux grands groupes attablés autour de jeux simples mais frustrants.  Des jeux d'habileté, d'intelligence et de bluff.  Des jeux que Ren appréciait.  Aussi, il tenta de jeter un coup d'oeil pour en apprendre sommairement les règles.  Peut-être plus tard parviendrait-il à se joindre au groupe.

La Taverne était également le lieu culte des marins.  Après une dure journée de labeur en mer, ils débarquaient en grand nombre, la fétide odeur de poisson les précédant.  Un cri retentit.

« Ah ça pour ça !  Nom de nom !  Le gamin ! »

Un vieux bonhomme vint presque s'écraser contre la forte stature de Hyûma, lui passant un bras affectueux autour du cou et lui proposant sa chope de l'autre.  Le pauvre majordome semblait le reconnaître, quoique un peu interloqué.  Le vieil homme, puant le sel marin, avait l'oeil vitreux et la bouche pâteuse.  Sa soirée devait avoir commencée depuis plusieurs heures, déjà.

« Qu'est-ce que...  Tu... Hips ! fais là, gamin ?! »

Le vieux capitaine Shao, c'est ainsi qu'il se présenta et c'est ainsi que le présenta Hyûma, non sans de grands sourires et des claques amicales dans les dos.  L'épave ne pouvait que s'échouer à leur table, les préliminaires de la bonne-entente maintenant passés.

« R'garde, y'a même mes deux fils et mon gendre, là-bas ! »

Shao se tourna vers une table plus loin, leva sa chope.  À travers l'agitation et le bruit, les konohajins crurent apercevoir la réponse timide des trois nommés.  Le bon vieux capitaine revint aux ninjas.

« T'as amené ta petite copine, gamin ?  Tu ne me l'avais pas encore présentée... »

Le sourire du vieil homme se mua en rire goguenard alors que sa lourde tête dodelinait lentement vers Sanae.  Lorsqu'il avait débarqué, elle était malheureusement assise au côté de son majordome — car elle voulait être le plus loin possible de Ren.  Shao avait brisé leur voisinage en s'écroulant juste là, entre elle et lui.
La tablée était ainsi disposée : Ren s'était coincé entre le mur et la table ; Saitama s'était posé à son côté gauche.  L'ascète gardait comme toujours son ton très serein, affichant cependant un sourire étrange.  Oboro était de l'autre côté de Ren, près de son amie, qui elle se trouvait à bâbord du vieux Shao ; celui-ci également à bâbord de Hyûma.  Quant au majordome...  Il s'en fichait royalement d'où il se trouvait, tant qu'il se trouvait là où il devait se trouver.  Son sourire nigaud trahissait sa pensée.

Une autre personne était attablée avec eux, entre le Gouryoku et le presque-Bonze.  Un corps mort, plutôt, comateux et étalé sur la table.  Il sentait à la fois l'urine et la bière.  Tous l'ignoraient.

Enfin.  Pour en revenir à la remarque déplacée du vieux Shao, pour toute réponse, Sanae rougit et bégaya, Oboro lui tapotant la main d'un petit rire coquin, Hyûma analysant ce que voulait dire « copine » ; Ren se moquant.  Seul Saitama ne sembla pas s'en préoccuper.

« N'est-ce pas magnifique ? fit-il, aussi, assez fort pour que tous se tournent vers lui, intrigués.
— Mmmh ? firent-ils en choeur, pour comprendre.
— Cette joyeuse atmosphère.
— Dieu accepte la boisson, maintenant ? questionna Ren, surpris du commentaire.
— Ah... non... bien sûr, l'alcool est un mal pour l'homme...  Non, je voulais dire, cette joie, cette unité.  Cette taverne rassemble les gens de ce village, les fait rire et chanter.  Dieu pardonne les erreurs de ceux qui propage la bonne humeur.
— Ah ça, pour ça, petit, ami de gamin, hips, t'as pas tord, nom de nom ! s'époumona le capitaine, avalant d'un trait un seul le reste de sa bière ; en cri de vainqueur ivre, il poussa un fantastique rot sonore, qui en dégoûta plus d'une et n'en amusa qu'un.  Vous savez, lorsque j'ai connu le gamin, j'me disais qu'il était un bel incapable tout droit venu de la capitale... un vaurien qui ne sait pas grand chose à la vie.  Mais finalement, on s'aime bien.  Hein, n'est-ce pas qu'on s'aime ?  Ouaip, gamin, t'es un brave jeune homme.  Un peu con, mais brave, foi de vieux loup de mer ! »

Pour acquiescer, Hyûma accompagna Shao dans un début de chanson grivoise qu'il avait apprit lors de son séjour à Tate.

La mer, cette garce, je la domine !  J'la tourne, elle me retourne, elle est coquine !

Oboro se pencha vers son amie.

« J'espère qu'il ne va pas nous casser les oreilles avec ça, à Konoha.
— T'inquiètes, il n'osera pas.  Sinon, c'est corvée lavage !
Il aime faire le lavage.
Ah zut, c'est vrai.
Interdiction de se battre alors ?
C'est mieux. »

Elles se redressèrent, entendues.  En même temps, Ren parlait bas avec Saitama.

« Hep, pour ce qu'on c'est dit hier (cf : à faire), pas un mot.
— Aucun problème Ren.  Tu sais, ta confiance m'est importante, car jamais je ne trahirai celle d'un ami.
— Tu vas un peu vite en besogne, pour ce qui est de notre amitié.
— L'amitié est parfois moins complexe qu'il n’y paraît.
— ...
— Alors ?
— T'as sans doute raison.  T'es plutôt sage, au fait...
— Dieu m'a appris.  Si tu lui accordais une chance, peut-être que [...]
Ah ptain, fuck, c'est r'parti... »

Soudain, la Tempêteeeeeuuuuh !  Il pleut, il tonne, j'me gèle le péteeeeuuuuh !

« Péteux, ça veut dire quoi ? dit Oboro à l'intention générale.
— Qui sait.  Un mot local ? répondit Sanae, plus dérangée par les deux guignols que par les propos de leur chanson louche.
— Sûrement.
— Péteux.  Pet ? tenta Ren.
C'est franchement immature, ça, Ren Uchiha, piqua le genin, Sanae.
Moi, j'essaye, Miss-Frigi...
— T'en dis quoi, Saitama ? coupa Oboro.
— C'est un québécisme, répondit l'ascète, posé malgré cette cacophonie sans nom.
— Un quoi ?! s'étonnèrent-ils ?
— Un québécisme.  Et ça vient effectivement du mot pet.  Ça désigne notre postérieur...
— Haha ! s'exclama Ren, fier d'avoir trouvé.  T'es l'meilleur, Sai' !
Franchement immature...
Cocotte, c'est Lui, notre narrateur qui est immature, il ne fait pas avancer l'histoire pantoute (autre québécisme, qui veut dire : pas du tout.)
Il est franchement immature... »

* * *
Hyûma s'était calmé, Shao était reparti.  Le majordome avait entreprit une importante conversation à trois avec Oboro et Saitama — drôlement intéressés — sur les cailloux.  Cela n'avait pas intrigué d'avantage Ren.  Mis de côté, l'Hanaerobi et l'Uchiha s'était alors lancé dans une longue joute de regards méprisants.  
Après des minutes à essayer d'attirer l'attention d'un serveur ou du patron, Sanae se fâcha et ramena brusquement son bras contre elle.  Ren se délectait, comme toujours, de cette frustration.
Mais c'était vrai qu'ils attendaient depuis longtemps.  Et lui-même commençait à s'ennuyer.

Au même moment, quelqu'un se pointa à leur table.  Il était apparut momentanément, fendant la foule toujours plus compacte comme un vaisseau fendait l'océan déchaîné.

« Voulez quoi ?
— Auriez-vous un gi... entreprit la Miss, surprise, avec un ton critique.
— Deux cervoises, coupa Ren ; Sanae lui jeta un regard noir.  C'est moi qui paye, dit-il, rapidement, haussant des épaules, comme pour s'excuser.
— O.K., fit le tavernier.  Les autres, i'vont prendre quoi ?
— Même chose.
— Qui paye.
— Moi.
— O.K.... Donc cinq cervoises, pour monsieur...
— Ah non !  Moi ce sera un soda, intervint in extremis le Bonze-borgne.
— Y'a pas, fit d'un ton froid l'homme.
— De l'eau ?
— J'peux trouver.
— Merci.
— O.K. »

Il repartit, ou plutôt se laissa couler dans la foule, disparut en elle.  Saitama replongea dans la conversation avec Hyûma, Sanae dévisagea Ren.

« Faut jouer avec les règles de la place, ma jolie.  Des alcools raffinés comme la dernière fois, ça n'existe pas ici.  On est dans mon monde, c'te fois, lui expliqua Ren d'un clin-d'oeil.
— Cela ne vous permet pas d'être grossier et impoli.
— Faudra t'habituer, le karma semble nous coupler d'avantage que nous le voudrions.  Peut-être finirons-nous par nous marier ? sourit presque affectueusement Ren ; Sanae éclata d'un long rire sardonique.
— Vous êtes beaucoup trop jeune pour moi ! »

Elle lui cloua le bec.  Le regard de Hotaru s'assombrit subitement, il croisa les bras sur sa poitrine et tourna la tête.

« En plus, vous boudez, dit-elle d'un sourire. »

Sa moue s'accentua.  Peut-être cela n'équivalait pas des claques, ni même une bonne motte de terre en pleine figure, mais la sensation de victoire par rapport à l'Uchiha était similaire.  Sanae se félicita intérieurement.  Ren se leva, mécontent, et quitta la table.  Il allait prendre l'air.  La Miss en profita pour se rapprocher des autres.

« [...] c'est pourquoi les cailloux nous parlent, comme me l'a dit pépé ! conclut Hyûma, rayonnant.
— C'est incroyable, chantonna Saitama.  Tu as un véritable talent, Hyûma, tu devrais le partager.
Faut pas pousser, hein, dit pour elle Oboro, amusée.
— Peux pas !  Faut être super fort pour faire parler les cailloux !  Gahahaha !
— De quoi parlez-vous, Hyûma ? tenta de s'immiscer Sanae.
— D'un cadeau du ciel !
— De magie !
D'idioties.
— Vous... vous êtes-vous bien amusé ici, Hyûma ?
— Oh !  Très !  Le Gentil Organisateur a été très très gentil avec moi !  Il m'a montré à pêché !  J'ai ça en moi, maintenant !  Mwahahaha !
— Et qui est-ce, ce bon samaritain ? demanda Saitama.
— Eh beh, c'est Shao...  Ah merde !  J'ai oublié de lui demander pour le groupe de Hotaru !  Ah !  Il est où ?
— Parti, dit froidement Sanae.
— Oh noooooooon !  Je vais pas pouvoir l'entendre chanter ?  Zuuuuuuut !  Je lui avais promis de lui trouver des musiciens pour faire du bon bruit... commença à se morfondre Hyûma, déçu. »

Oboro se pencha sur son majordome préféré, lui posant une main maternelle dans le dos et tentant de le réconforter.  Saitama en fit de même.  Mais Hyûma était inconsolable.

* * *
Ren s'était rapidement retrouvé entouré de malabars, à une table à l'autre bout du bar.  Tous bourrés, ils regardaient vaguement les cartes que le jeune renard distribuait, sans capter qu'habilement, il trichait.  Déjà une belle somme accumulée, trônante devant lui, ce jeu de capte allait le rendre riche.  Ren se félicitait, d'ailleurs, pour son habile manigance.

Pourtant, alors que c'était à lui de distribuer — tricher — une carte glissa de son paquet et vain s'écraser sur la table.  C'était l'As de Trèfle.  L'ambiance chuta d'un coup.  Tous regardaient l'Uchiha, qui interrompit son geste, surpris.

« Messieurs ? Ren avait emprunté un ton dandy.
— On a vu une carte, dit l'un, d'un ton froidement neutre.
— Oui, effectivement, c'est fâcheux.  Redonnez-moi vos cartes, je vais mélanger à nouveau et redistribuer.
— Oui, c'est la meilleure chose à faire, dit un autre, se grattant la tête, interloqué. »

Pourtant, rien ne se passa.

« Messieurs ?
— C'est qu'on a un problème, dit le premier.
— Plaît-il ?
— C'est que j'ai également un As de Trèfle en fait, dit l'autre ; Ren déglutit.
— Ici, on n'aime pas vraiment les tricheurs, t'sais, enchaîna le premier.
— Et comme on sait pas trop t'es qui, continua le second, on te fait pas trop confiance.
— Je comprends votre désarroi, cependant... tenta Ren. »

Il n'eut pas le temps, un bras puissant vint lui attraper le collet et le soulever de par dessus la table.  D'autres mains vinrent l'agripper solidement, pour le garder dans les airs.  La peur se lisait dans les yeux de l'Uchiha.  Soudain, le pauvre genin se sentit petit et impuissant, sa vessie se fit également plus petite et plus chargée.

C’est du coin de l’oeil qu’il remarqua la Miss le reconnaître, ainsi balloté comme un pantin.  Elle hésita un moment, ne sachant pas si elle devait se réjouir de son problème ou encore tenter de l’aider.  Ce n’est que lorsque Saitama pointa l’Uchiha du doigt, poussant un cri, et que ses partenaires de fortune se retournèrent pour prendre conscience du danger qui guettait le genin, qu’elle soupira et rassembla ses mains.  La honte du garçon se fit plus grande encore, alors que lui, tétanisé, n’arrivait même pas à bouger le petit doigt.  Une balle pas plus grosse qu’un poing se rassembla devant les yeux de l’Hanaerobi, en suspension dans l’espace.  Oboro lui jeta un regard.

« T’es certaine cocotte ?
— Certaine. »

D’un geste de la main, elle projeta le bloc de terre, qui s’écrasa dans le dos du grand gaillard.  Le bloc éclata et on lâcha Ren.  L’homme se retourna vers la fautive, interdit.  Déjà, Sanae reformait un bloc, « juste au cas. »

« Aïe.  T’es une sorcière ? fit l’agressé, les yeux ronds. »

Ren, au sol, en profita pour récupérer son honneur.  Il joignit à son tour les mains, et bien qu’il ne possédait alors aucune technique offensive, il pouvait toujours bluffé.  Son apparence changea, son volume doubla.  D’une tête, de deux, de trois, il dépassa celui qui l’avait empoigné.  Il était maintenant monstrueux, surtout si on le comparait à l’ancien Ren.  On recula d’ailleurs, alors qu’il changeait d’apparence.
Musculeux, ses vêtements lui fendaient sur le dos, tant il avait pris de la masse.

« Oui.  Nous sommes des sorciers.  Recule, petit imbécile, avant que notre fureur mystique ne s’abatte sur toi ! cria Ren, de sa voix d'outre-tombe ! »



MessageSujet: Re: Port de Tate   Lun 30 Sep - 16:10

Aie. Non non non non non non non.

Sanae avait un très mauvais pressentiment. Elle avait voulu calmer tout le monde, et surtout pas jeter de l'huile sur le feu. Et maintenant, cet imbécile de Ren en profitait pour reprendre ses grands airs au lieu de s'excuser.

Mais quel idiot!

-Oh merde... oh merde... oh... oh... %¤#@$!

A coté d'elle, Oboro regardait la scène se dérouler, le corps et l'esprit complètement figés. Quand les choses commençaient à dérailler, elle avait tout une vilaine tendance à se retrouver dépassée par les évènements, et incapable de réagir. Avec un peu plus de recul, elle se serait sûrement dit "'Tain, quel con". Ou encore "Ren-Hulk? Whaaaa! Depuis quand il sait faire ça, lui? Mais ça pète, il est géant en fait!"

Mais là, il n'y avait que Hyûma pour trouver que mine de rien, le Ren, il avait vachement la classe. Peut être même qu'un coin de son esprit se disait déjà que ça serait vraiment chouette, de combattre contre un type comme ça, juste pour voir.

Sauf que Sanae, elle n'était pas du tout, du tout de cet avis. Et elle le signifia très bien à tout le monde en envoyant sa seconde motte de terre droit sur son coéquipier. Comme avec le précédent, elle avait prit soin de ne pas propulser ses missiles à pleine puissance, car c'était surtout des coups de semonce qu'elle voulait donner.

De son coté, Ren géra suffisament bien son jutsu pour ne pas du tout avoir été affecté par l'attaque. Quand il se tourna vers elle, Sanae se sentit tout de même inquiête, face aux muscles et à la carrure hypertrophiées du genin. Des jutsu comme ça, elle n'en avait jamais vu, et ça n'annonçait à priori rien de bon. Ca n'était peut être pas le bon moment pour le traiter d'imbécile, d'abruti, ou de quoi que ce soit.

En fait, elle avait peur, elle aussi. Suffisament pour hésiter, au point de ne finalement rien faire d'autre. Elle n'osa même pas lui demander d'arrêter, ou de se calmer. Simplement de le regarder fixement.

L'Hanaerobi tressaillit légèrement lorsque la main de Saitama se posa sur son épaule. D'un geste qui se voulait rassérénant, le jeune ascète lui tapota doucement l'épaule, la contournant lentement pour s'avancer vers le petit tas qui entourait Ren.

Et alors...


HRP: désolé mais avec le checkpoint, je deviens parano... histoire qu'on ne se retrouve pas dans la situation où la garde de samourai nous déboule dessus et qu'on doive fuir le village sans pouvoir défendre notre cas xD
  
  

MessageSujet: Re: Port de Tate   Sam 26 Oct - 6:29

Checkpoint time!

Alors que nos gentils gentlemen de la mer s'occupaient tranquillement de leurs affaires, un projectile terreux vint frappé le dos de l'un d’entre eux. Tout d'abord abasourdis par la surprise, cet étonnement se mua en colère. Quoi de plus normal après tout?
Ils vaquaient sans inhibition, tous nos remerciement à notre ami l'alcool, à leurs occupations et s'apprêtaient même à aider leur prochain avant qu'un intrus ne vienne se mêler de ce qui ne le regardait pas. Qui, dans de telles conditions, n'aurait pas cédé face à l'envie de remettre ces personnes à leurs places?

D'autant plus que les choses ne s’arrêtèrent pas là. Non contents de se rendre coupables de vol, tricherie, agression physique et d'obstruction à la justice, voilà que le nabot ajouta la violence verbale à la liste des crimes de son groupe. Enfin nabot, les braves pêcheurs ne savaient plus trop pourquoi ce mot était vaguement rattaché à l'Uchiha dans leurs esprits, car visiblement il n'était pas si petit que ça. Avait-il profité que la fluette canaille les surprenne pour s'adonner à la musculation?

Quoi qu'il en fût, ce n'était pas un malandrin qui allait les effrayer. Il s'agissait de loups de mer, faits de muscles forgés par les tempêtes. Des hommes, des vrais, qui ont abattus mille et une créatures, prêts à affronter le léviathan en personne s'il le fallait. Un marin épouvanté à la moindre vision d'une bête menaçante ne serait pas digne de son métier. Des monstres ils en mangeaient tous les soirs, eux-mêmes incarnaient parfaitement ce terme.

L'un de nos héros ivres fracassa son tabouret, brandissant l'une des pattes comme un gourdin, pendant que les deux autres préparaient leurs poings.

L'affrontement est inévitable.
Ren, Saitama et Sanae sont pris pour cibles tandis que Hyûma et Oboro sont passés inaperçus jusque là.
Allez-vous restés ici sans agir ou prêter main forte à vos coéquipier?
Donnez-moi vos réponses par MP (ceci concerne évidemment Oboro et Hyûma).

HS:
 




Évitez au possible de faire parler mon personnage dans vos RP (outre les citations), si vous en avez le besoin maladif contactez moi par MP afin que l'on puisse s'arranger.
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MessageSujet: Re: Port de Tate   

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