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 Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka

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Hana Aisu
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MessageSujet: Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka   Jeu 15 Aoû - 14:00


Livre I
Brouillard de Guerre
Chapitre 1 – Atari


Le vent fuyait le ciel et s’abattait sur la mer avec la force du désespoir, soulevant dans sa course folle des volées d’écume qui s’abattaient en pluie salée sur le petit navire. Le pont de la Tempête craquait de façon menaçante chaque fois qu’une vague le soulevait comme un simple bouchon de liège dans un torrent.
Cramponnée au bastingage, Hanako jubilait. Elle avait toujours trouvé un réconfort légèrement malsain dans la menace que le déferlement des éléments faisait peser sur les côtes kiréennes. Elle jeta un regard vers le pilote du navire, et fut déçue de ne pas lire au fond de son regard la moindre peur. C’était un marin expérimenté, et il avait du connaître, elle s’en doutait, bien d’autres tempêtes, et autrement plus redoutables que ce crachin qu’ils traversaient.

Sei – Tu as envie de couler, petite ?

Hanako fut étonnée de ne pas se sentir agacé par l’intervention du Sei. Habituellement, la moindre remarque que ce colocataire se permettait la plongeait dans un état d’énervement particulièrement impressionnant, surtout lorsque l’on connaissant la réputation d’impassibilité de la jeune femme. Mais cette fois, elle en fut presque contente. Il faut dire qu’elle n’avait pas eu l’occasion de tenir une conversation intéressante depuis un moment.

Hanako – Absolument pas.

Sei – Alors pourquoi veux-tu tant que ça terrifier ce pauvre pilote ?

Hanako – Les voyages m’ennuient.

Sei – Hahaha ! Je te reconnais bien là, petite…

Hanako – C’est-à-dire ?

Sei – Tu es une guerrière. Il n’y a que les catastrophes qui t’excitent !

Le rire de l’esprit résonna un temps dans le crâne de la Chuunin, tandis qu’elle cherchait une réponse suffisamment cinglante pour lui clouer le bec.

Hanako – Les catastrophes ne m’excitent pas !

Elle soupira. Il était clair qu’elle n’avait pas trouvé la réplique assassine qu’elle recherchait. Hanako ne pouvait pas voir le Sei, évidemment, mais elle ne pouvait s’empêcher de l’imaginer. Dans son crâne se dessinant avec précision l’image d’un gros chat paresseux et cynique qui la jaugerait d’un regard amusé. Hanako avait toujours détesté les chats.

Sei – Ah non ? Rentre à Kiri, alors. Dépose les armes, fonde une famille, et deviens couturière.

Hanako – Impossible. Le Mizukage enrôle de force tous les manieurs de chakra du Pays de l’Eau. Tu le crois donc assez stupide pour songer un seul instant qu’il « oubliera » mes années de service pour me laisser devenir civile ?

Le sourire du Sei s’élargit encore plus, Hanako en était sûre.

Sei – Heureusement pour toi, petite. On se pose beaucoup moins de questions quand on ne voit qu’une route.

Hanako – Je…

Son dialogue – elle espérait qu’il s’agisse bien d’un dialogue, d’un entretien entre sa propre conscience et une autre identité spirituelle résidant dans son crâne, et non un monologue opposant elle et elle-même dans un débat de fou – aurait pu durer encore un moment, mais elle en fut tirée par le jeune mousse de l’équipage.

Le Mousse – Nous arriverons dans la demi heure. Vous feriez mieux de vous préparer.

Hanako acquiesça sans le regarder. Le garçon sembla hésiter un instant, puis il poussa un léger soupir – était-ce du soulagement ? – avant de tourner les talons et de s’éloigner au plus vite de l’inquiétante Chuunin. Les shinobis de Kiri s’attiraient rarement la sympathie des civils qui gardaient encore frais dans leur mémoire le souvenir du carnage perpétré par les Aisu lors des guerres récentes, mais les Yamanaka s’attiraient systématiquement une méfiance accrue de par leur attitude hautaine, et leur réputation de manipulateurs. Alors qu’il commençait à s’éloigner, Hanako se tourna finalement vers le garçon.

Hanako – Le temps n’est pas bon. Ca ne posera pas de problèmes ?

Le Mousse – Aucun problème. On n’a connu pire.

Hanako – J’imagine.

Elle se détourna de la rambarde de bois, et traversa le pont trempé pour s’engouffrer dans la petite volée de marches qui la menaient jusqu’à sa cabine. Il s’agissait plutôt d’un simple placard où elle avait été autorisée à stocker ses affaires durant la traversée. Le trajet en bateau qui la conduisait à l’ile Mage étant relativement court, elle n’avait pas eu besoin de plus. Elle saisit sa sacoche, noua sa ceinture autour de sa taille, et y glissa ses kunaïs. Hanako prit plus de soin à attacher son bandeau représentant l’emblème de Kiri. Aujourd’hui, elle aurait davantage besoin de montrer à tous son appartenance au village qu’à exhiber sa force militaire.

La jeune femme avait reçu la veille sa première mission d’importance depuis un moment, et elle en était ravie. Depuis plusieurs semaines, elle n’avait rien eu d’autre à faire qu’une poignée de missions mineures, et le vent de l’extérieur du village commençait à lui manquer. Elle avait mit ce temps de repos forcé à profit pour s’entraîner, évidemment, et elle avait, quelques jours auparavant, réussi à faire le premier pas sur la voie de la maîtrise des eaux, mais l’ennui commençait à la gagner.

Sei – Vous ne savez pas vous ennuyer, vous, les humains…

Hanako – Te revoilà, toi ?

Sei – Je t’entendais penser, je n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir.

Hanako – Et qu’est-ce que tu veux me dire ?

Sei – Rien, si ce n’est que les humains ne supportent pas l’ennui. Ah, et tant que j’y pense, souviens toi de ta mission… A t’entendre penser, on dirait presque que tu t’apprêtes à attaquer seule une forteresse.

La Chuunin ne répondit pas, mais admit mentalement que le Sei avait raison. Sa mission était avant tout une enquête à résoudre. C’était loin d’être, d’ailleurs, le point fort de Hanako, qui avait toujours préféré se battre avec ses armes plutôt qu’avec son crâne, mais on ne discutait pas un ordre de mission à Kiri. Hanako fit craquer les os de ses mains, et sortit sur le point de bateau. Elle se repassa mentalement les éléments que lui avait communiqué le Quartier Général de Kiri.

Le village de Mizuha était situé à l’extrême est de l’île Mage. Plutôt qu’un village, il s’agissait surtout d’un rassemblement de cabanes miteuses abritant une expédition de mineurs arrivés sur l’île il y a quelques années. Comme beaucoup, ils avaient été attirés là par la promesse de rivières d’or et de montagnes de métaux précieux. Et, comme tous, ils n’avaient trouvé rien d’autres que de la pierre. Leur commanditaire, un négociant du continent, avait fini par décider d’arrêter les frais, et par leur demander de rentrer. La plupart des mineurs rentrèrent chez eux, mais une petite partie préféra rester, espérant toujours trouver le filon qui les rendrait enfin riches. De cette petite communauté émergea un leader, qui s’imposa comme le nouveau maître des lieux. Et, aujourd’hui, il faisait appel à Kiri.
En d’autres circonstances, Kiri n’aurait probablement pas envoyé une Chuunin sur les lieux. Les shinobis moyenne classe n’étaient pas encore très courants, et le village pouvait difficilement se priver de l’un d’eux sur une longue période. Cependant, il était vite apparu que Kiri ne pourrait pas envoyer de genin sur les lieux, et ce en raison d’un seul homme.
Ryosuke Kamiyuki.
Le chef des mineurs.
Lorsque les kiréens avait sommé les habitants de Mizuha de se soumettre à eux, Ryosuke avait refusé énergiquement. Convaincu que le courage et la connaissance parfaite du terrain de ses hommes leur permettraient de prendre l’ascendant au cours de l’affrontement, Ryosuke avait chassé l’ambassadeur du village shinobi, et s’était préparé au combat.
Ce fut un carnage. Sur les presque deux cents mineurs qui osèrent s’opposer à la puissance surnaturelle des serviteur du Daimyo, une trentaine périrent durant la première heure de la bataille, et presque deux fois plus furent blessés. En moins d’une journée, Ryosuke et ses hommes mirent le genou à terre face à la puissance écrasante du village des eaux. Ils s’engagèrent à obéir aux ordres du Daimyo, et à le reconnaître comme leur unique seigneur, en échange de quoi Jigi Teiretsu se montra magnanime, les laissant même continuer leur travaux de minage. Les mineurs enterrèrent leurs morts, parmi lequel se trouvaient les deux fils de Ryosuke, et ainsi commença leur nouvelle servitude.
Bien que Ryosuke Kamiyuki ait prêté serment d’allégeance au village, il semblait évident que sa loyauté éclaterait en infimes fragments à la minute même où il serait assez fort pour se dresser à nouveau contre Kiri, ce qui n’avait d’ailleurs aucune chance d’arriver. Dans ces conditions, le Quartier Général avait supposé qu’envoyer à Mizuha un Chuunin serait à la fois une marque de respect envers les anciens insurgés, et une sécurité supplémentaires dans le cas où les choses tourneraient mal. Et c’est ainsi que Hanako prit le premier navire pour Mizuha.

La lettre que Ryosuke avait envoyée à Kiri était particulièrement courte, écrite dans cette syntaxe sans ornement de ceux qui, sachant à peine écrire, tiennent à économiser le moindre mot. « Ma fille a été enlevé. Ma famille est en danger. J’appelle à l’aide. ». Rien d’autre. C’était amplement suffisant. Pour qu’un homme au caractère aussi fier que Ryosuke accepte d’appeler à l’aide ses anciens adversaires, il fallait vraiment que la situation soit, sinon dramatique, du moins extrêmement préoccupante.

La petite crique qui abritait le ponton de bois vermoulue pompeusement baptisé « port de Mizuha » protégeait ceux qui s’y trouvaient du vent, et le navire cessa presque immédiatement de s’agiter en tout sens lorsqu’il y pénétra.

Le Capitaine – Arrivée dans deux minutes !

Hanako ne l’entendit qu’à moitié, perdue dans ses pensées, le regard fixé sur la roche noire qui entourait les habitations. Si une âme folle s’amusait à classer les lieux les plus lugubres du monde, Mizuha y occuperait sans le moindre doute une place de choix.  

Sei – Tiens, c’est une bonne idée, ça… Un classement des lieux les plus déprimants du monde. Tu vas de mieux en mieux, ma petite.

Hanako – Ta gueule, le spectre !

La grossièreté, à défaut d’être empreinte de cette élégance qui semblait caractériser la plupart des Yamanakas, avait au moins le mérite de faire taire Sei pour un moment. La Manœuvre d’approche se déroula sans le moindre heurt, et le fragile navire s’amarra au ponton. Hanako, d’un bond, enjamba le bastingage et se laissa tomber sur le ponton. Elle se redressa, et salua le capitaine d’un geste de la main.

Le Capitaine – Nous serons de retour dans quatre jours, peut-être cinq. Nous vous ramènerons à ce moment là.

Hanako – Entendu. Ne vous laissez pas avoir par ce maudit vent, capitaine.

Le Capitaine – Ha ! M’prenez pas pour un débutant. Gaffe à vous, mademoiselle, et à dans quatre jours.

« Si il ne vous arrive rien d’ici là », marmonna-t-il dans sa barbe avant de, se retournant, retrouver sa voix de stentor pour ordonner à ses hommes de commencer la manœuvre. Hanako, elle, ne prêta aucune attention au navire qui s’éloignait. Elle observait la petite troupe qui se dirigeait vers elle, le long du ponton. Trois hommes se dirigeaient vers elle. Bien que sans l’ombre d’un doute vêtus pour le combat, ils étaient presque pitoyables. Ils portaient des armures élimées, et même le plus ignare des paysans ne pouvait que comprendre à leurs armes émoussées et à leur démarche mal assurés qu’ils n’avaient pas du connaître le combat aussi souvent qu’ils cherchaient à le faire croire. Leur carrure de mineur, tout en muscle et en tendon, devait être suffisante pour faire hésiter les brigands des environs, mais Hanako était une kunoichi de Kiri, et avait déjà par trois fois affronté les clans barbares des îles. Elle n’avait pas peur.
Le premier des trois hommes s’inclina devant elle. Des trois, c’était le plus grand. Mais c’était surtout son visage qui faisait une grand impression : il était si ravagé qu’on aurait pu croire qu’il avait tenté d’arrêter un bœuf en pleine course d’un coup de tête. Son orbite gauche était vide, la moitié de son nez avait été arrachée, et ses gencives étaient hérissées de fausses dents taillées dans le métal. Un travail d’orfèvre visiblement confié au plus mauvais des forgerons, d’ailleurs, car aucuns des fragments de métal qui lui reconstituaient la mâchoire ne semblait terminé.

L’Homme – Je suis Nobuo, de Mizuha. Vous devez être l’envoyée de Kiri ?

Hanako lui rendit son salut.

Hanako – Je suis Hanako, du clan Yamanaka. Je parle ici au nom de Kiri, je vois ici au nom de Kiri, j’agis ici au nom de Kiri.

Nobuo eut un petit rire devant la déclaration de la Chuunin.

Nobuo – Nous sommes heureux de vous accueillir, mon amie.

Hanako – Je vous en remercie… ami…

Elle avait hésité à prononcer le dernier mot. Elevé parmi les Yamanakas, elle avait appris à considérer les étrangers comme tels, et à ne pas offrir son amitié, fut-elle de façade, au premier venu. Ne souhaitant cependant pas paraître insultante, elle s’était résignée à répondre à Nobuo selon les mêmes termes. Ce dernier sembla s’en apercevoir, car il déclara presque aussitôt :

Nobuo – Les valets d’un même maître sont des amis. Bienvenue à Mizuha. Le seigneur Kamiyuki s’excuse de ne pas être en mesure de vous recevoir de lui même, mais il la été particulièrement occupé ce matin. Nous avons ordre de vous accompagner jusqu’à lui, dans la maison centrale du village.

Hanako – Je ne suis pas un seigneur, et maître Kamiyuki n’a nul devoir envers moi. Conduisez moi à lui.

Nobuo fit un bref signe de tête, et la troupe se mit en route.

Nobuo – Il ne faudra pas plus de cinq minutes pour rejoindre la maison centrale, ne vous en faites pas.

Hanako – Je ne m’en fais pas, au contraire. Cela me donnera l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les lieux.

Nobuo – J’imagine que je peux répondre à toutes vos questions… Que voulez vous savoir ?

Hanako – Oh… Des petites choses pour commencer… Par exemple, je m’excuse, mais je n’ai pas saisi qui vous étiez…

« Sei – Bien sûr que tu ne l’as pas entendu, il ne l’a pas dit. »

« Hanako – Je le sais. Et je sais qu’il le sait. Mais moins je ferai ressembler ça à un interrogatoire, et mieux ce sera. »

Nobuo – Je suis Nobuo, mon nom de famille vous sera inconnu. Je suis à la fois contremaître à la mine de Mizuha, et chef de la garde… Enfin… De ce que Mizuha appelle la garde.

Hanako – Vous n’êtes pas nombreux ?

Nobuo – Ni nombreux, ni équipé, ni expérimenté. Ces deux là (il fit un geste vers les deux soldats qui les escortaient) sont probablement les seuls de la garde à être déjà sorti victorieux d’un combat… Ou plutôt vivants…

Hanako – Vous n’avez pas cherché à rendre cette… garde… plus performante ? Les brigands qui sévissent dans le coin ne sont pas des tendres.

Nobuo – Les mineurs non plus, et quand elle est fiché dans un crâne, une pioche vaut bien une lame.

Hanako eut un petit haussement d’épaules.

Nobuo – Nous y voilà !

Il montra du doigt une maison de bois sombre particulièrement brinquebalante, mais qui dominait en taille et en hauteur les autres structures du village.

Nobuo – C’est là que nous nous réunissons, et que le seigneur Kamiyuki rend ses jugements, et reçoit ses invités.

« Hanako – Ils sont dingues, non ? »

« Sei – Je ne le sais pas encore. Pourquoi tu dis ça ? »

« Hanako – Je ne sais pas… A vue de nez, j’ai du mal à comprendre comme ce « Seigneur Kamiyuki » pourrait être de sang noble. »

« Sei – Il est aussi noble que tu es saine d’esprit, petite. »

Nobuo ouvrit les deux battants de la porte – d’une taille démesurément grande pour un bâtiment de cette envergure – et s’inclina pour laisser entrer Hanako. A l’intérieur, la Chuunin découvrit une pièce aux murs peints en rouge, dont l’un des côtés était rehaussé par une estrade en bois de bouleau. Cinq fauteuils y étaient alignés. Seul l’un d’eux était occupé. Hanako reconnut immédiatement Ryosuke Kamiyuki.
D’une taille moyenne, le visage ridé, et les yeux fuyants, Ryosuke avait perdu la crinière blonde qui, avait-on dit à Hanako, faisait sa fierté, et ne gardait à présent que quelques touffes de cheveux gris dissimulant à grandes peines une calvitie trop avancée pour être qualifiée de naissante. Lorsqu’il vit Hanako, il ouvrit grand ses bras, et déclara d’une voix forte :

Ryosuke – Ah ! Kiri vient au secours de son fidèle vassal.

Hanako – Seigneur Kamiyuki, je suis Hanako, du clan Yamanaka. Je suis l’envoyée du village de l’Eau. Je viens répondre à votre appel.

Ryosuke – Mon appel… Mon appel… Dites moi, jeune fille… Votre seigneur a-t-il rit lorsqu’il a reçut ma lettre ?

Hanako – Non. Le Daimyo de l’Eau se soucis de ses vassaux comme de ses propres enfants.

Ryosuke – Un enfant bien turbulent que Mizuha, vous ne pensez pas ?

Hanako se mordit la lèvre. La tentation de lui répondre « mais un enfant maté » avait été forte, mais ce n’était, elle s’en doutait, sûrement pas la chose à dire. Elle préféra éluder la question, et entrer directement dans le vif du sujet.

Hanako – Et si vous entriez un peu plus dans les détails, seigneur Kamiyuki ? J’ai besoin d’en savoir un peu plus sur cet enlèvement.

Le visage de Ryosuke se figea un bref instant, puis il balaya son expression d’un geste de la main.

Ryosuke – C’est une attaque personnelle. On s’en prend à la famille Kamiyuki. S’attaquer à ma propre fille, sur mes terres, presque… presque sous mes yeux… Mizuha ne le pardonnera jamais.

Hanako – Quand l’enlèvement a-t-il eu lieu ?

Ryosuke – Il y a trois jours. Trois nuits, même, pour être précis. Hisayo, ma fille, était bien dans sa chambre le soir, mais nulle trace d’elle le lendemain matin. Aucun serviteur, aucun garde, n’a pu dire quoi que ce soit. Elle a tout simplement disparu.

La jeune Yamanaka réfléchit un moment. D’après ce qu’elle entendait, rien ne semblait aller à l’encontre de l’idée d’une simple fugue. Elle chercha un moment le bon moyen de soulever ce point sans offenser Ryosuke, en vain. Finalement, elle y alla de la façon la plus directe.

Hanako – Est-il possible que Hisayo se soit enfuit ?

Ryosuke éclata de rire.

Ryosuke – Pensez vous que je dépenserais tout ce qui reste dans les caisses de Mizuha pour requérir les services de Kiri si j’avais le moindre doute à ce sujet ? Hisayo a été enlevé contre son gré, et personne n’a, jusqu’à présent, été capable de trouver la moindre piste conduisant jusqu’à elle. Si cette enquête ne pouvait pas être résolue, les répercussions pour Mizuha seraient catastrophiques.

Hanako acquiesça.

Hanako – Je comprends. Le sentiment d’insécurité peut sonner le glas de n’importe quelle communauté.

Ryosuke la fixa sans comprendre. Son regard s’éclaira enfin, et il eut un sourire amusé en fixant la Chuunin.

Ryosuke – Oui… oui bien sûr… Même si je pensais avant tout aux répercussions commerciales…

Hanako – Excusez moi, mais je ne suis pas sûre de vous suivre… En quoi la disparition de votre fille pourrait-elle avoir la moindre répercussion commerciale pour Mizuha ? A ce que je sache, elle est bien trop jeune – quinze ans, c’est bien ça ? – pour jouer un quelconque rôle dans les finances de la mine !

Ryosuke – Evidemment ! Je ne vais pas confier de responsabilités à une femme de quinze ans. Même à ma fille. Mais les gens parlent, vous comprenez… Vous même avez envisagé la possibilité d’une fugue. Il suffit que cette rumeur se répande, et s’en est fini de ma réputation. Et dans le commerce, la réputation importe davantage que quoi que ce soit d’autre.

Hanako sentit une colère froide, métallique, se répandre dans ses veines. Le ton mielleux de Ryosuke, cette parodie de féodalisme ridicule, et ce détachement vis à vis de la disparition de son dernier enfant vivant… Tout cela provoquait en elle une envie de meurtre aussi inexorable et violente qu’un torrent de montagne balayant un barrage de pierres lisses. Sei s’en rendit compte, évidemment.  

« Sei – Tu veux le tuer, petite ? »

« Hanako – Bien sûr que je veux le tuer. Mais je ne le ferai pas. »

« Sei – C’est une sage décision. Prend congé de lui, et commence à travailler. Tu n’as pas envie de t’éterniser là. »

« Hanako – Tu as raison. Mais j’aurais une dernière chose à savoir… »

Hanako toussota pour s’assurer que sa voix restait calme et posée.

Hanako – Je comprend tout à fait… En ce cas, j’aurais une dernière question avant d’aller observer la chambre de votre fille… Qui pourrait avoir un intérêt à enlever votre fille ?

Ryosuke offrit à Hanako son sourire le plus malsain, et répondit d’un air las :

Ryosuke – Vous êtes lente à la détente. Je viens de vous dire que cet enlèvement était à même de déstabiliser la mine de Mizuha toute entière. Chacun de mes concurrents est un suspect à mes yeux.

Hanako s’inclina.

Hanako – C’est donc dans cette direction que je chercherai. Avec votre autorisation, je vais commencer mon enquête.

Ryosuke fit un bref signe de tête, et frappa trois fois dans ses mains. La grande porte s’ouvrit sur Nobuo, l’homme aux cicatrices, qui pénétra dans la salle.

Ryosuke – Nobuo… Conduit notre invitée jusqu’à ses appartements. Puis, reste à ses côtés et veille à ce qu’elle ne manque de rien.

Le visage du garde se barra d’une large plaie qu’on peinait à identifier comme un sourire, et Hanako se prépara à vivre de longues journées.
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka   Jeu 15 Aoû - 14:01

Le soir

La nuit était tombée depuis bien longtemps lorsque Hanako se rendit enfin dans la maisonnette que Ryosuke avait mise à sa disposition. En vérité, la Chuunin avait été étonnamment surprise de voir que le chef des mineurs lui avait accordé une maison solide – une des seules bâties de pierre – et aussi confortable que ce que Mizuha pouvait proposer. Hanako possédait même le luxe d’une bassine de bois sombre, une baignoire.

Sei – Toi qui t’es habituée aux missions en terres sauvages, ça va te changer de te laver dans autre chose qu’une rivière glaciale.

Hanako – A qui le dis tu…

Sei – Alors, tu en as pensé quoi ?

Hanako avait passé la journée à fouiller de fond en comble la chambre d’Hisayo, la jeune disparue, et a interroger autant de monde que possible, sans réussir à trouver le moindre élément concret. Ni la porte, ni la fenêtre n’avait été fracturé, aucune trace de violence n’était visible, mais, dans le même temps, le fait qu’il ne manque aucune des affaires de la jeune fille semblait prouver qu’elle n’avait pas fugué… Tous ceux qu’elle avait interrogé lui avait répondu la même chose : Hisayo Kamiyuki n’avait aucune raison de fuir, et on ne lui connaissait aucuns ennemis.

Hanako – J’en pense que c’est un sacré bordel… Je ne vois absolument pas qui aurait pu faire disparaître cette petite…

Sei – Ca me fait toujours bizarre d’entendre parler d’une « petite » sans que ce soit toi dont on parle, petite…

Hanako – Tu trouves vraiment que c’est le moment ?

Sei – Si ce n’était pas le cas, je ne l’aurais pas dit. Mais je t’en prie, continue ton raisonnement.

Hanako – Je… Je disais quoi ?

Sei – Tu te demandais à qui pouvais profiter la disparition de la gosse.

Hanako – Eh bien… Pas à Ryosuke, en tout cas… Quand j’ai interrogé les mineurs, ils m’ont tous dit qu’ils adoraient Hisayo… Et…et…

Sei – Et ?

Hanako – Sei ! Je crois que je vais dire une connerie mais écoute !

Sei – Je ne fais que ça depuis plus de vingt ans.

Hanako – Je ne sais pas ce qu’ils font à Mizuha, mais ils se prennent pour des nobles… Les mineurs, Nobuo, et surtout Ryosuke… Ils se donnent du « seigneur », etc…

Sei – Tu as un sens de l’observation absolument époustouflant.

La voix de l’esprit était encore plus sarcastique que d’habitude.

Hanako – Attends ! Si ils jouent le jeu jusqu’au bout, alors à la mort de Ryosuke, l’héritier sera…

Sei – Hisayo… Oui…Ou plus probablement son mari…

Hanako – Et qui aurait intérêt à faire disparaître l’héritière de la ville ?

Sei – Je vois où tu veux en venir, petite… Tu penses que le numéro deux sur la liste d’attente de l’héritage aurait jeté le cadavre du numéro un à la mer, c’est l’idée ?

Hanako s’assit sur son lit, son esprit tournant à plein régime.

Haanko – J’espère que Hisayo n’est pas en train de nourrir les poissons, mais c’est une possibilité... Mais si mon raisonnement est juste… le coupable serait…

La jeune Yamanaka se précipita sur son sac et renversa sur son lit le paquets de feuilles griffonnées que constituaient les notes qu’elle avait prise pendant la journée. Elle les feuilleta fébrilement, jusqu’à enfin tomber sur ce qu’elle cherchait.

Hanako – Renji Kamiyuki… Le frère cadet de Ryosuke…

Sei – Si c’est lui, il n’est pas bien malin. Il aurait du se douter qu’on remonterait facilement jusqu’à lui…

Hanako – Attend, ce n’est que des suppositions… Il faut que je trouve des preuves…

Sei – Dans ce cas, tu n’as qu’une seule chose à faire.

Hanako soupira. Ce n’était pas encore tout de suite qu’elle pourrait aller se coucher.

Une demi heure plus tard, Hanako, vêtu de son uniforme de cuir sombre, se faufilait parmi les ruelles de Mizuha. Si les renseignements fournis par le mineur qu’elle avait interrogé plus tôt était vrais, la maison de Renji devait se trouver juste en face d’elle. Il s’agissait d’une petite maison en pierre, que l’on avait surélevée d’un étage construit en bois noir. Devant la porte se trouvait un petit banc grinçant sur lequel Hanako aperçut un homme assis, l’air perdu dans ses pensées, la cigarette au coin des lèvres.

Hanako – Ce doit être Renji.

Sei – Infiltre toi par derrière pendant qu’il est encore dehors.

Hanako – Non, changement de plan. Je vais aller le voir directement.

Sei – Si tu fais ça petite, tu le regretteras fort.

Hanako – Laisse moi vivre cinq minutes, Sei.

Sei – J’aimerais justement que tu vive plus longtemps que ça.

Hanako – Fais moi confiance.

Sei – Tu le regretteras.

Hanako soupira. Sei avait tort. Si jamais elle était prise dans la maison de Renji, ce serait un véritable incident diplomatique. Ryosuke demanderait réparation à Kiri de cet affront, et tout serait particulièrement compliqué. Non, elle prendrait moins de risque en allant directement voir Renji, et en y allant au bluff. Elle rangea ses kunaïs dans son sac – ne gardant que celui fixé à l’intérieur de son veste – et se dirigea droit vers l’homme.

Hanako – Vous avez une cigarette ?

L’homme tourna la tête vers la jeune Chuunin, et l’observa quelques secondes.

L’homme – Vous êtes la Chuunin ?

Hanako – Oui… Vous avez une cigarette ?

L’homme – Vous savez qui je suis ?

Hanako – Je pense que vous devez être Renji Kamiyuki.

Renji – Dans ce cas vous devez savoir que je suis considéré ici comme un seigneur.

Le sang de Hanako se glaça. « Quelle conne… Je lui parle comme s’il était un civil… Mais c’est un civil, en même temps… juste qu’il ne le sait pas… ». Tout en priant très fort pour ne pas avoir gâché toutes ses chances avant même le début de la conversation, Hanako s’empressa de déclarer :

Hanako – Excusez moi… Seigneur.

Renji éclata d’un grand rire. Il ramassa son paquet de cigarette sur le sol, et en tendit une à Hanako.

Renji – Laisse tomber, je te charrie. Tu as de quoi l’allumer, ta cigarette ?

Hanako – Euh… non…

Elle s’était attendue à beaucoup de choses, mais à aucun moment elle n’avait supposé que Renji s’adresserait à elle de cette façon. Renji sembla s’amuser de l’air étonné de la jeune fille et lui lança son briquet. L’obscurité de la ruelle se brisa tandis que Hanako plongeait la cigarette grossièrement roulée dans la flamme.

Hanako – Vous êtes vraiment Renji ?

Renji – Ouais… Et je suis aussi la seule personne qui n’est pas complètement dingue dans cette ville. Enfin, à part toi, je suppose.

« Fais le parler, c’est ce qu’il y a de mieux », songea Hanako.

Hanako – C’est une ville de fou ?

Renji – C’est aimable de ta part de faire comme si tu ne l’avais pas vu. Depuis qu’on s’est fait écraser par Kiri, ils se sont persuadés que l’on était les héritiers de je ne sais quelle famille, et ils ont tout fait pour ressembler aux nobles… Misère… Pitoyables… Et moi je me retrouve à faire le clown pendant les cérémonies pour faire plaisir à mon frère.

Il soupira puis, d’un geste de la main, il proposa à Hanako de rentrer.

Renji – On sera mieux à l’intérieur. Vous avez des questions à me poser j’en suis sûr.

Hanako, de plus en plus détendue, accepta de bon cœur, et pénétra dans la pièce à la suite de Renji. Elle s’était attendue à quelque chose d’à peu près luxueux, mais l’endroit était meublé exactement comme la sienne.

Renji – T’étonnes pas si tu ne reconnais les meubles, l’ébéniste du village n’a pas énormément d’imagination pour les meubles. Il a fait les même pour tous le monde.

Hanako ne put s’empêcher de rire. Renji la fit s’asseoir, puis s’absenta un moment, revenant quelques instants plus tard en portant un plateau où trônaient deux verres et une bouteille de saké. Il les servit généreusement, et s’installa enfin face à Hanako.

Renji – Bien… Et si tu me disais ce que tu étais venu faire chez moi à minuit…

Hanako – Je n’avais pas sommeil, alors je suis allé marcher un peu dans les rues…

Renji – C’est faux.

Hanako – Pas vraiment. Pourquoi est-ce que vous ne tentez pas de raisonner votre frère ?

Renji – J’ai déjà tenté de nombreuses fois de le convaincre d’arrêter de jouer au petit roi. A chaque fois, il s’énerve… La dernière fois que je l’ai fait, il m’a menacé de m’empêcher de voir ma nièce, Hisayo. Alors j’ai arrêté.

La voix de Renji était devenue un peu plus faible. Hanako réfléchit un moment. Si Renji était en train de jouer la comédie, en train de tenter de la mettre dans sa poche, elle devait le remuer un peu. Au cas où…

Hanako – Et si je vous dis que je pense que vous avez enlevé Hisayo.

Renji écarquilla les yeux, et se figea quelques secondes.

Renji – Hisayo est comme ma fille, tu sais… Je l’ai quasiment élevé tout seul pendant que Ryosuke s’occupait de gérer la mine. Je n’ai pas de fils, et Kinhiro et Nagate, les deux fils de Ryosuke, sont morts pendant la révolte. Hisayo est la dernière des Kamiyuki, et jamais, au grand jamais, je ne me permettrai de lui faire du mal. Et surtout pas, comme tu semble le penser, pour m’emparer d’une mine miteuse au milieu de nulle part.

Hanako – Vous comprenez cependant que je me dois d’enquêter sur tous ceux que la mort de Hisayo pourrait… avantager.

Renji – Avantager ? Tu n’as pas la moindre idée de ce que ma nièce représente pour moi. Attend une seconde, regarde ça…

Il se leva et se dirigea vers un petit coffret posé sur dans un coin de la pièce. Hanako mit intuitivement la main autour de la garde de son kunaï, au cas où Ryosuke se retournerait une arme à la main. Elle ne se détendit qu’à moitié quand il revint avec une simple lettre dans la main.

Renji – Tiens, regarde ça…

Hanako, curieuse, commença à lire la lettre.

« Mon frère,

Encore une fois, tu as désobéi à mes ordres. Moi, ton frère aîné, ton seigneur, tu as osé me mentir, tu as osé prévenir Kiri.
Je ne te reconnais plus comme mon sang.
S’il te reste un peu d’honneur, ou un peu de respect pour moi, tu auras quitté Mizuha par le prochain navire. Sinon, mes hommes t’y mettront de force.
Ne cherche pas à me contacter de quelques façons que ce soit.
Adieu,
Ryosuke. »


Hanako reposa la lettre, incrédule. Tout était remis en question.

Hanako – Il… il dit que tu as prévenu Kiri, ça veut dire que…

Sous le choc, elle avait oublié de continuer à le vouvoyer.

Renji – C’est moi qui ai envoyé à Kiri la lettre pour demander ta venue. J’ai simplement contrefait la signature de mon frère. C’était idiot, bien sûr, il aurait suffit que j’engage quelqu’un à mon propre compte… Mais… je ne sais pas… Je me disais que si Kiri pensait que Ryosuke lui même avait appelé Kiri à l’aide, cela pourrait réduire un peu la tension entre les deux villages… C’était vraiment idiot…

Hanako – Quand dois-tu partir ?

Renji – Dans deux jours. Par le prochain navire…

Hanako – Ecoutez, je ne te suspecte plus. Mais j’ai besoin de ton aide ! Qui aurait pu enlever Hisayo ?

Renji eut un sourire las.

Renji – Si je le savais, tu penses bien que j’aurais déjà retrouvé ma nièce depuis longtemps… Mais je n’en ai aucune idée…

Hanako – Ryosuke ? Il a voulu empêcher Kiri d’être prévenu, ça pourrait être lui…

Renji – Non, je ne pense pas… Il a beau être un connard à moitié cinglé, il aime sa fille et ne lui ferait pas de mal. Et s’il n’a pas prévenu Kiri, je pense que c’est simplement pour ne pas faire appel à ses anciens ennemis…

Hanako – Je… merde ! Je n’y comprend plus rien…

Renji – Moi non plus… On ferait mieux d’aller se coucher, non ? Nous sommes épuisés… Et il nous reste encore deux jours avant mon départ.

Hanako – Tu… vous… tu as raison. On se retrouve chez toi demain matin ?

Renji détourna le regard. Il semblait hésiter à ajouter quelque chose. Finalement, il marmonna :

Renji – Tu… hum… Tu veux rester là cette nuit ?

Hanako eut un petit sourire.

Hanako – Pas ce soir, Renji. Désolée…

Renji – Bah ! Je sis trop vieux pour toi de toutes façon ! Allez, a demain !

Ils se séparèrent sur le pas de la porte, et Hanako rentra chez elle en pressant le pas. Plus elle y réfléchissait, et moins elle comprenait. Qui pouvait en vouloir à Hisayo ? Son esprit embrumé par les vapeurs de saké ne marchait qu’au ralenti, et elle ne parvint pas à trouver la moindre idée nouvelle. Aussi, ce fut avec un gémissement de plaisir qu’elle se laissa tomber sur son lit, et se laissa sombrer dans le sommeil, la seule chose qu’elle désirait – et pouvait ! - faire à présent.
Endormie, Hanako ne put entendre Sei qui lui murmurait à l’oreille.

Sei – Toi ma petite… Tu vas regretter de ne pas m’avoir écouté.
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka   Jeu 15 Aoû - 14:03

La porte de bois vola en éclat, et Hanako se réveilla en sursaut. Dès qu’elle distingua les silhouettes en armes qui pénétraient dans sa chambre, elle roula sur elle même pour saisir sa ceinture de kunaïs. Sa main ne rencontra que le vide. Quelqu’un avait retiré la ceinture. La Chuunin fit demi tour, et fit face aux nouveaux arrivants. Ryosuke était là, escorté par Nobuo et quatre hommes, armés d’épieus et d’épées courtes, qu’elle ne connaissaient pas.

Hanako – Seigneur Rysouke ! Que signifie cette intrusion ?

Ryosuke – Ah ! Ecoutez parler cette traîtresse ! Garde, saisissez-vous de cette putain !

Les soldats se répartirent dans la pièce, encerclant Hanako. Désarmée, elle ne pouvait rien faire. Peut-être en mettre un ou deux au tapis avant de mourir elle même.

« Saloperie… Hors de question de mourir ici ! »

Sei – Tu n’as pas l’air d’avoir le choix.

Avec un hurlement de rage et de frustration, Hanako chargea l’un des gardes, un garçon qui ne devait pas avoir plus de vingt ans. Elle lui envoya son poing dans la tempe e til bascula en arrière. Derrière elle, l’un de ses adversaires lui envoya un grand coup à l’aide de la hampe de son arme dans la nuque. Elle s’effondra sans un mot, et ne bougea plus.

Ryosuke – Jetez la en prison. Réveillez la dès qu’elle sera derrière des barreaux. A partir de ce moment, je ne veux pas qu’elle boive, mange, dorme ou chie sans que j’en aie donné l’autorisation claire, c’est compris ?

Les gardes acquiescèrent et portèrent Hanako.

La prison n’avait de prison que le nom. Il ne s’agissait pas d’une de ces forteresses imposantes où sont parfois parqués les prisonniers de valeurs. En fait, il s’agissait plutôt d’une caverne déblayée par les mineurs qui avait été aménagé pour recevoir, lorsque cela était nécessaire, les rares voleurs et les bien moins rares ivrognes de Mizuha. Hanako était, sans l’ombre d’un doute, la prisonnière la plus prestigieuse depuis des années. Les gardes lui fixèrent au pied une chaîne scellée au mur, et rabattirent sur elle la porte de bois qui clôturait la prison, davantage enclos, ou cage branlante, que véritable cellule. Dès qu’ils furent sortis, ils vidèrent sur elle un seau d’eau glaciale, et Hanako reprit conscience en toussant et en crachant. Dès qu’elle comprit où elle était, elle se jeta sur les barreaux.

Hanako – Qu’est-ce que vous me voulez ? !

Elle reconnut Nobuo parmi les soldats, et se tourna vers lui.

Hanako – Nobuo ! Expliquez moi !

Nobuo – Vous expliquez ? Il n’y a rien besoin d’expliquer. Vous pensiez peut-être vous en sortir sans problème ? Les kiréens ne doutent de rien.

Le chef de la garde se tourna vers un de ses hommes, un mineur immense, taillé dans le roc.

Nobuo – Yoshida, surveille la. Garde en permanence un de tes hommes avec elle, c’est compris ?

Yoshida fit un bref signe de tête, et alla s’asseoir sur un banc qui faisait face à la cellule.

Yoshida – Je prends le premier tour. Venez me remplacer dans une heure.

Tous sortirent, ne laissant plus que Hanako seule avec son gardien. La Yamanaka renonça à parler, et aller s’allonger au fond de sa cage.

Sei – T’es dans la merde, on dirait.

Hanako – Visiblement… Ils me reprochent quoi à ton avis ?

Sei – Je ne peux pas te le dire, petite, mais sois sûre que ça a à voir avec Renji.

Hanako – Comment ? Je n’ai rien fait de mal…

Sei – L’important n’est pas ce que tu as fait, mais ce qu’ils croient que tu as fais, et ce qu’ils disent que tu as fait.

Hanako ferma les yeux. Les sombres paroles du Sei tournant encore et encore dans son esprit.

Elle ne sut pas si elle s’était endormi, ou si l’obscurité de la prison lui avait fait perdre la notion du temps, mais elle entendit bientôt que l’on tapait à grand coup contre les barreaux. Elle se redressa, et put voir que Ryosuke était là.

Hanako – Seigneur Ryosuke ! Peut-être allez vous enfin m’expliquer ce que tout cela veut dire !

Ryosuke – Nul n’est besoin d’explication, traîtresse. J’enverrai un message à Kiri dès ce soir pour les informer de votre crime. Mizuha exigera réparation de cet affront.

Hanako – MAIS QUEL AFFRONT, BORDEL ?!

Elle avait hurlé. Cela ne lui ressemblait pas. Mais dans la situation dans laquelle elle se trouvait, entendre le ton doucereux de Ryosuke lui susurrer des menaces incompréhensible sans rien dire était au dessus de ses forces.

Ryosuke – Vous avez assassiné mon frère Renji. On l’a retrouvé ce matin, un de vos kunaïs plantés dans le cœur. Le reste de votre ceinture était dans un coin de la pièce. Ce n’était pas bien malin de les laisser là après votre crime. Le symbole de Kiri était gravé dessus. C’est bien suffisant pour remonter jusqu’à vous.

Hanako sentit une brique lui tomber dans l’estomac.

Hanako – M… moi ? Assassiner Renji ?

Ryosuke – En plus de l’arme trouvée sur les lieux, des témoins vous ont vus sortir hier soir de chez Renji. Vous n’avez aucune chance de vous en sortir.

Hanako – je… je…

Ryosuke – J’en ai assez dit. Au revoir, jeune fille. Profitez bien de vos derniers instants.

Puis, il tourna les talons, et quitta la prison, ne laissant derrière lui qu’une Hanako en pleine confusion, et un garde qui ne la lâchait pas des yeux.

Sei – Je…

Hanako – Si ce que tu vas dire commence par « Je t’avais » et fini par « prévenue », garde le pour toi.

Sei - …

Hanako – Ils vont me tuer ?

Sei – Si tu restes ici, sans l’ombre d’un doute. Et probablement le plus tôt possible. En fait, ça m’étonnerait bien qu’ils attendent un message de Kiri avant de te passer une épée en travers de la gorge.

Hanako – C… Comment ça ?

Sei – Tu n’as pas tué Renji, et personne ne peut décemment croire qu’un assassin oublierait son arme gravée de son symbole sur le cadavre. Si tes kunaïs étaient là bas, c’est que quelqu’un les y a mit. Quelqu’un qui avait de gros intérêts à ce que Kiri semble coupable.

Hanako – Et ce quelqu’un, c’est…

Sei – A mon avis, tu le sais très bien…

Hanako ne put s’empêcher de laisser échapper un long soupir atterré. Ce que disait le Sei semblait vrai. En fait, c’était même forcément exact. Mais dans ce cas, celui qui avait enlevé Hisayo ne l’avait probablement fait que pour attirer un envoyé de Kiri à Mizuha. Mais qui ? La réponse était évidente… Ryosuke… Attirer sa propre fille hors de chez lui n’avait pas du être compliqué… Devant son absence de réaction, et son refus absolu d’appeler Kiri, il pouvait être sûr que son frère, si attaché à la petite, allait s’empresser de lui désobéir une nouvelle fois pour prévenir le village du Brouillard. Dès lors, Ryosuke n’avait plus qu’à assassiner son frère et faire porter le chapeau à l’enquêteur. En une seule opération, il aurait ainsi mit Kiri en difficulté politique, et éliminé son frère qui devenait de plus en plus gênant.
C’était imparable.

Sei – Tu t’emballes peut-être, gamine… Mais je dois reconnaître que ça se tient.

Hanako – Je dois absolument prévenir Kiri !

Sei – Aucune chance tant que tu es en prison.

Hanako – Neutraliser le garde ne devrait pas être trop dur.

Sei – Et ensuite ?

Hanako – Je ne sais pas… Si Hisayo est encore vivante, elle doit se trouver quelque part dans les galeries souterraines… dans les mines… Je sors d’ici… Je la cherche… Si je la trouve, j’utilise son témoignage contre Ryosuke, et si je ne la trouve pas, j’attend la nuit pour m’enfuir… Je traverserai une partie de l’île Mage jusqu’à trouver un moyen d’envoyer un message à Kiri… C’est jouable à ton avis ?

Sei – J’ai une conviction petite, c’est qu’on ne peut pas juger la couleur du sang de l’ennemi sans dégainer sa lame.

Hanako – Ce qui veut dire ?

Sei – Commence par sortir de cette prison.

Hanako lança un regard au jeune soldat qui montait la garde. Elle sentait toujours, à l’intérieur de sa veste, juste sous son sein, le froid métallique de son kunaï dissimulé. Elle allait devoir jouer serré.

Hanako – Sei, à ton avis, je la joue comment ? Gentille fifille ou menaçante ?

Sei – C’est toi qui vois, petite. Ce militaire a l’air d’être aussi expérimenté qu’un papillon, les deux pourraient marcher…

Hanako – Va pour la menace… J’ai aucune envie de la jouer doucereuse.

La Chuunin se leva et s’appuya contre les barreaux. Elle siffla une fois pour attirer l’attention du jeune soldat qui la surveillait.

Hanako – Hey ! Toi ! Comment tu t’apppelles ?

Le Soldat – Je ne suis pas censé parler avec vous.

Hanako – Pas me parler ? Je vais mourir dans quelques heures si j’ai bien compris l’idée, alors en quoi est-ce que me donner ton nom pourra changer quoi que ce soit ?

Le jeune homme sembla hésiter un instant, puis haussa les épaules et répondit simplement :

Keizo – Keizo…

Hanako – Enchantée… Dis moi Keizo… Sais tu qui je suis ?

Keizo – Vous êtes l’envoyée de Kiri… Et la tueuse du Seigneur Renji Hisayo.

Hanako – Connais-tu mon nom, Keizo ?

Keizo – Hana… Yaka… Un truc dans le genre. Je ne savais même pas que vous étiez arrivée dans le village avant ce matin.

Hanako – Je suis Hanako, du clan Yamanaka. J’ai prêté allégeance au village de Kiri, dont la puissance n’a rien à envier aux raz de marées qui déchiquètent les côtes. Ma propre sœur, Kalisia Yamanaka, faisait partie de la force envoyée par Kiri pour mater votre révolte ridicule, et elle n’en garde aucuns remords, et quelques trophées. Et tu sais ce qui va se passer quand Kiri va comprendre que vous avez osé m’assassiner ? Ils reviendront, mon petit, et ils vous massacreront jusqu’au dernier. Ils raseront Mizuha, rebâtiront une nouvelle mine, où travailleront de nouveaux mineurs, loyaux. Voilà ce qui va se passer, gamin.

Keizo avait pâli. Il semblait chercher ses mots. Chercher une réplique cinglante… Quelque chose qui clouerait le bec de la jeune fille. Il n’en trouvait pas.

« C’est le moment », songea Hanako, « allez ! Viens petit, viens ! »

« Ta Gueule ! » cria Keizo, et il envoya la hampe de son épieu vers les doigts de Hanako qui dépassaient de la cage.

« Parfait ! »

Avec les réflexes que seule pouvait avoir une kunoichi, Hanako attrapa la lance en pleine course, et tira dessus de toutes ses forces. Surpris, Keizo se cramponna par réflexes à son arme et bascula en avant. Hanako le rattrapa de la main gauche et l’attira à elle aussi fort qu’elle le pouvait. Le front de Keizo heurta l’un des barreaux de bois, et il se sentit sonné. De sa main droite, Hanako lâcha la lance, plongea la main sous sa veste pour y récupérer son kunaï et, sans un mot, l’enfonça dans la gorge de son adversaire qui s’ouvrit avec un écœurant bruit de viande tranchée. Keizo tomba au sol, et mourut dans les secondes qui suivirent.

Sei – Et si il n’a pas les clefs ?

Hanako – Je découperai les cordes qui maintiennent la cage, et je me trancherais le pied.

Sei – J’ai hâte de te voir claudiquer sur une jambe avec Hisayo sous un bras, ton pied sous l’autre, à travers toute l’île…

Hanako l’ignora. Elle traîna le corps de Keizo vers elle et entreprit de le fouiller. Une vague de soulagement apaisant l’envahit lorsqu’elle entendit enfin le cliquètement métallique du trousseau de clef. Sans perdre une seconde, elle se libéra de la chaine, et ouvrit la cage. Elle jeta un regard au cadavre du jeune homme, mais ne parvint pas à éprouver de remord. Les choses étaient comme ça.

Sei – Je dois avouer, petite, que pour le moment, tu as l’air de t’en sortir.

Hanako – Je suis loin d’être tirée d’affaire.

Sei – Je ne te le fais pas dire. Tu comptes toujours trouver Hisayo ?

Hanako – C’est ma mission. En revanche, hors de question que je la rende à Ryosuke.

Sei – Tu en feras quoi, alors ?

Hanako – Chaque chose en son temps. Il faut déjà que je la trouve.

Sei – Elle est dans les souterrains. Ca me semble être le plus logique.

Hanako – On est d’accord.

La Chuunin décrocha du mur la torche qui éclairait la pièce, et se tourna vers la galerie qui s’enfonçait encore davantage dans les entrailles de la terre. Laissant derrière elle la sortie, elle avança d’un pas décidé, torche et kunaï à la main, vers les profondeurs de la mine.

La galerie creusée dans la roche était large et bien faite. Les mineurs de Mizuha avaient au moins ce talent. Le sol était assez lisse, et les poutres de bois sombres solidement engoncées dans le plafond. De l’ensemble émanait un sentiment de solidité qui aurait pu rassurer Hanako en d’autres circonstances. Elle longea un ravin profond qui avait du servir de carrière, puis passa un ponton de bois qui surplombait un grand bac empli de pierre. Elle n’avait aucun moyen de savoir l’heure qu’il était. Si elle s’était évadée de nuit, elle aurait probablement un peu plus de temps avant que l’on ne découvre son évasion. Dans le cas contraire, il était probable que des hommes soient déjà à ses trousses.
Elle eut sa réponse bien plus tôt qu’elle ne l’aurait souhaité. Il ne devait pas s’être passé plus d’une demi heure lorsqu’elle entendit résonner derrière elle le pas d’une petite troupe qui descendait la galerie à toutes vitesses.

Une voix – Grouillez vous ! Il faut vérifier si elle est encore là !

Une autre – Aucune chance, bordel ! On perd notre temps à fouiller cet endroit !

La première voix – Ordre de Ryosuke ! Il veut qu’on fouille la mine !

Une autre voix – Mais si elle s’est échappée, elle doit s’être glissée le long de la carrière, et à l’heure qu’il est, elle doit déjà être en train de courir comme une dératée le long de la côte.

La première voix – Si c’est le cas, alors dis toi qu’on ne risque rien à fouiller ici !

Hanako se plaqua contre le mur. Elle devait se cacher. Dans quelques instants, les soldats passeraient juste devant elle. Avec seulement un kunaï contre au moins trois hommes, elle n’avait aucune chance. Résignée, elle lança sa torche au fond du gouffre pour ne pas être trahie par la lumière, et s’assit au bord du ponton. Si elle pouvait se tenir le long des poutrelles qui le maintenait en place, elle pourrait peut-être rester sous le pont, être ainsi hors de vue lorsque la patrouiller le franchirait. La Chuunin prit sa respiration. Elle lui restait moins de vingt secondes avant que les hommes ne franchissent le coude qui la masquait encore à leur vue. Un regard vers le fond du gouffre finit de la convaincre que le moindre faux pas lui serait fatal.

Sei – Dépêche toi gamine, si tu ne veux pas mourir !

Hanako – Si je me dépêche trop, je mourrai aussi !

Sei – Alors choisis vite comment tu veux mettre fin à ton existence.

Elle se laissa basculer dans le vide, se rattrapant au bord du ponton. De là, elle se lança contre sa cachette improvisée, et s’y terra, dissimulant son kunaï et son bandeau sous sa veste. Ca aurait été trop stupide d’être repérée à cause d’un simple reflet métallique. Kes trois hommes – elle avait bien compté – arrivèrent enfin, et passèrent le ponton. Hanako reconnut parmi eux Yoshida. Ce dernier immobilisa la patrouille au milieu du pont de bois.

Yoshida – Stop ! On se sépare ici.

Un soldat – Hein ? Mais c’est complètement con !

Yoshida – J’ai dis : on se sépare ici.

Le troisième soldat – Et si on la trouve, hein ? En combat singulier, on n’a aucune chance.

Yoshida – Qui a parlé de combat singulier ? Vous deux, vous continuez de fouiller les galeries. Moi, j’ai quelque chose d’autre à faire.

Le troisième soldat – Quelque chose d’autre ? Yoshida, tu te fous de nous ! Tu vas aller te planquer !

Yoshida – J’ai des ordres différents de vous. Ryosuke m’a demandé d’aller vérifier quelque chose. Vous allez continuer le long de cette galerie, moi, je vais prendre celle de droite.

Le deuxième soldat – Tu…

Yoshida – Bordel de merde les gars ! Vous me connaissez ! De tous Mizuha, je suis l’un des rares à être capable de planter mon épée dans le ventre de cette putain, et vous savez très bien que j’ai autant envie que vous de venger Keizo. Maintenant, si ça ne vous convient pas, remontez à la surface, allez voir Ryosuke, et demandez lui si je vous mens !

Il y eut un silence. Finalement, un des soldats se pencha par dessus le pont et cracha.

Le troisième soldat – D’accord… On fait ça comme ça… Je te fais confiance.

Yoshida – Parfait. On se retrouve vite ! Bonne chance, les gars.

Et ils se remirent en route.

Sei – Alors ? Tu en penses quoi ?

Hanako – Que je vais suivre Yoshida. Si mon hypothèse est juste, il va m’amener directement à Hisayo.

Sei – Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

Hanako – Maintenant que je me suis échappée, Ryosuke doit avoir peur que je trouve Hisayo. Si je la trouve, elle pourra me dire qui l’a enlevée. Il a donc du envoyer un de ses hommes vérifier discrètement qu’elle était toujours là.

Sei – Ca se tient. Mais dis moi… Même si nous sommes d’accord que Ryosuke est probablement un des plus gros connard de ce côté-ci de l’océan… Tu ne trouves pas ça un peu gros qu’il enlève sa propre fille ?

Hanako – On parle bien du mec qui a probablement fait assassiner son propre frère ?

Sei – Oublie ce que je viens de dire. Et grouille toi, Yoshida va nous échapper.

Hanako ne se le fit pas dire deux fois. D’un bond, elle se redressa et passa à nouveau du bon côté du pont. Elle courut aussi vite et discrètement que possible le long de la galerie, jusqu’au carrefour attendu. Là, elle bifurqua à droite, et suivit un petit escalier taillé à même la pierre. Loin devant elle, la lueur de la torche de Yoshida luisait faiblement.

Sei – Et quand tu vas le rattraper, tu comptes faire quoi ?

Hanako – Si Hisayo est là, le tuer. Sinon, lui faire cracher où elle est, puis le tuer.

Aïdo et elle étaient assis par terre, dans le parc de Kiri. Ils buvaient. Ils s’aimaient. Aïdo lui demandait combien d’hommes elle avait tué jusqu’à présent, elle pouvait répondre. Deux. Elle connaissait encore leur visage, et se souvenait de chaque détail de la scène. Combien en avait-elle tué à présent ? Depuis combien de temps était-elle devenue une tueuse sans pitié ?

Hanako secoua la tête pour chasser ses pensées et ses souvenirs. Elle devait se concentrer sur le moment présent. Devant elle, la torche de Yoshida s’était arrêtée.

« Il est arrivé… »

Hanako ralentit et continua d’avancer, le dos courbé. Elle ne distinguait pas Yoshida. Pourtant, sa torche n’était qu’à quelques dizaines de mètres. Où était-il ?

Elle le comprit au dernier moment, lorsque qu’un léger souffle d’air sur sa droite lui fit prendre conscience d’un corps en mouvement juste à côté d’elle. Elle plongea la tête la première, et se rétablit en une roulade, esquivant de peu le terrible coup d’épée que Yoshida lui avait envoyé.

Yoshida – Tiens, voilà notre petite tueuse qui croit être invisible…

Hanako – Yoshida…

Yoshida – Tu pensais vraiment que je ne te verrais pas ? Tu pensais vraiment que je ne serais pas plus sur mes gardes après avoir vu le corps de Keizo ?

Hanako ne répondit pas. Yoshida l’avait repéré, avait posé sa torche par terre, et s’était caché dans un recoin d’obscurité pour la guetter. Et ça avait marché…

Yoshida – Tu vas mourir, maintenant…

Hanako – Et après moi, c’est au tour de Hisayo ? Tu vas la tuer elle aussi ?

Yoshida eut un mouvement de recul.

Yoshida – J’ignore ce que tu as pu apprendre ou comprendre de ce qui se passait ici, mais tu n’iras le raconter à personne.

Et il passa à l’attaque. Il attaque trois fois, trois coups de taille que Hanako parvint tant bien que mal à parer à l’aide de son kunaï. Au quatrième coup, il la feinta et parvint à passer sa garde. Hanako sentit une douleur aiguë lui traverser le bras droit tandis que la lame du guerrier s’y enfonçait profondément. Hanako lança son arme au visage de son assaillant, qui se jeta sur le côté pour l’esquiver. Profitant de ce minuscule temps de répit, la Chuunin porta sa plaie à sa bouche et en aspira le sang. Yoshida éclata de rire.

Yoshida – Sans arme et sans bras droit, ça va devenir compliqué, hein ?

Et il la chargea à nouveau. La Chuunin attendit que Yoshida soit proche d’elle, et elle lui cracha d’un coup tout le sang qu’elle avait en bouche. L’homme se figea d’un coup et tenta d’éponger ses yeux noyés dans le rouge. Hanako en profita lui décocha un coup de pied dans le genou, qui se brisa avec un bruit écœurant. Yoshida tomba à terre, et Hanako saisit son arme. Elle se jeta sur lui, et pressa la lame contre la gorge de Yoshida.

Hanako – Où est la princesse ? Où est Hisayo ?

Yoshida – Peut… pas dire…

Hanako – Tu peux mourir, en revanche.

Yoshida – Va mourir…

Hanako eut un soupir ennuyé. Puis, d’un geste rapide, elle retira la lame de la gorge de Yoshida, et en apposa la pointe sur l’entrejambe du guerrier.

Hanako – Tu crois vraiment que Ryosuke donnerait ses couilles pour toi, lui ?


Quelques minutes plus tard, du sang plein les mains, Hanako courrait vers le bout de la galerie.

Sei – Et après tu te demandes pourquoi tu ne fais pas une bonne mère. Franchement…C’était barbare…

Hanako – Je lui ai fait plus de peur que de mal, va… Et il est encore vivant…

Sei – Délicate attention… Je me demande bien ce qu’il fera de sa vie maintenant que tu lui as pété les deux genoux.

Hanako – C’est pas mon problème. Et il pourra toujours quitter Mizuha. Et surtout, il m’a donné le renseignement.

Sei – C’était la moindre des choses après le mal que tu t’es donné pour l’avoir… Et le mal que tu lui as donné, d’ailleurs…

Le Sei ricana tout seul quelques secondes.

Sei – Et s’il t’as menti ?

Hanako – Alors je le retrouverai. Avec ses genoux en petits graviers, il n’ira pas bien loin.

Elle cessa enfin de courir. Devant elle se trouvait une porte massive, renforcée par des barres de fer, et verrouillée par un loquet imposant. Si Yoshida ne lui avait pas menti, Hisayo était là. Avec une certaine appréhension, Hanako tira le loquet, et ouvrit la porte. Elle éclaira l’intérieur de la pièce avec la torche de Yoshida. Une petite silhouette se blottissait contre le mur d’en face.

Hanako – Hisayo ?

Hisayo – V… Vous êtes qui ?

Hanako – Hisayo, ça va ? Tu es blessée ?

Hisayo – Non… non… vous êtes qui ?

Hanako eut un petit sourire.

Hanako – Moi ? Je suis les secours.
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka   Jeu 15 Aoû - 14:05

Le lendemain

Hisayo dormait à poings fermés. Blottie sous sa couverture, elle n’avait pas bougé, ou presque, depuis que l’aube s’était levée. Hanako, elle, n’avait pas dormi. Assise sur le fauteuil inconfortable qui décorait le coin de la chambre, elle avait gardé un œil sur la fenêtre, et une main sur la garde de son épée pendant toute la matinée.
Avec un soupir las, elle songea à la nuit de la veille. Les images qui lui revenaient lui semblaient floues, irréelles… Avait-elle vraiment porté Hisayo sur son dos à travers les galeries de la mine ? Et, guidée par la gamine, avait-elle pu trouver une autre sortie, qui donnait, après la traversée des galeries labyrinthiques, juste à l’extérieur du village ? Elles avaient marchés toute la nuit jusqu’à tomber sur un autre petit village, à deux ou trois heures de marche. Là, Hanako avait loué une chambre à la taverne au nom de Kuroa Nishida, sa meilleure amie. Et depuis, elle attendait.

Les mineurs allaient probablement les chercher une journée de plus dans les galeries, mais après ça, ils étendraient fatalement leurs recherches plus loin. Et il ne leur faudrait pas longtemps pour les trouver.

Sei – C’était une connerie. Tu aurais du continuer à marcher encore.

Hanako – On était épuisé. On avait besoin de repos.

Sei – Tu aurais pu dormir sous un arbre, dehors, cachée.

Hanako – Je suis avec une gamine, Sei… Je lui devais bien ça. Elle a été enlevé par son propre père, et je lui ai appris que ce dernier avait fait tuer son oncle, qui était probablement une des seules personnes qu’elle aimait dans ce bled de malades. Elle avait bien le droit à un peu de confort.

Sei – Quoi de plus confortable qu’une foule de mineurs qui encerclent votre chambre avant de vous tuer à coups de pioche ?

Hanako – Si les mineurs nous trouvent, je ferai diversion pour permettre à Hisayo de s’enfuir. Tout ce que je compte faire à présent, c’est attendre le prochain bateau pour Kiri, et y mettre la petite, avec une lettre pour Kiri.

Sei – Tu ne rentres pas ?

Hanako – Non. J’attendrais les ordres. Si Kiri veut avoir un agent sur place, je serai là. S’ils veulent que je rentre, je rentrerai. Point.

Sei – L’agent mort… mille fois plus efficace que l’agent dormant…

Hanako ne put s’empêcher d’éclater de rire.

Hanako – Tous les Sei sont aussi dingues que toi ?

Sei – Tous les Yamanaka parlent à la petite voix dans leur tête ?

Hanako soupira. Son regard tomba sur la lettre qu’elle avait rédigée. Elle y racontait en détail tout ce qui était arrivé depuis son arrivée à Mizuha, et terminait par :

« Demande autorisation rapatriement Hisayo à Kiri. Quels sont ordres ? Doit rentrer ou tenter arrestation leaders Mizuha ? En attente sous nom Kuroa Nishida.
H.Y »

La lettre partirait dans le lendemain. Hisayo avec elle.

Si les mineurs n’arrivaient pas avant.
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MessageSujet: Re: Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka   Jeu 15 Aoû - 21:26

Je supprimerais mon post après. N'oublie pas qu'il faut gérer les déplacements et le temps qui passe. Ainsi si tu te déplaces tu dois marquer ton chemin de case en case et calculer combien de temps celà te prend. Pour chaque tranche de 12H (ou moins) dans une région donnée, il faut lancer le dé de la dite région pour savoir s'il y a rencontre aléatoire.

La seule exception concerne les flashback.
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka   Ven 16 Aoû - 11:52

Itinéraire de joueur :
En bateau : F7 - F6 - F5 - F4
A pied : F4 - G4


Edit : Donc là... Si je ne me plante pas... Je croise un requin pendant que je m'enfuit par la plaine ? ^^"


Dernière édition par Hanako Yamanaka le Ven 16 Aoû - 11:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka   Ven 16 Aoû - 11:52

Le membre 'Hanako Yamanaka' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

#1 'Dé Île de Mage' :


--------------------------------

#2 'Dé Mer' :


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MessageSujet: Re: Plaines Infinies - Chapitre 1 - Hanako Yamanaka   

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