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 Hayao Nishida

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Hana Aisu
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MessageSujet: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:37

Hayao Nishida





Nom : Nishida

Prénom : Hayao

Village : Kiri

Grade souhaité : Juunin (ou plus si affinités)

Âge : 25 ans environ (là, j'avoue pas être sûr encore, mais ce sera à peu près ça)
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:37

Hayao Nishida était assis sur la plage. Beaucoup à sa place auraient été hypnotisés par la beauté sauvage de l’océan qui s’étalait comme un désert devant les falaises de Kiri. Beaucoup n’auraient pas pu détacher leurs yeux du reflet luisant et chaotique du soleil de fin d’après midi sur les vaguelettes qui s’écrasaient paresseusement sur les galets lissés par le ressac. Tout était là. Un peintre y aurait trouvé la lumière qu’il cherchait, un musicien, une symphonie aquatique n’attendant plus que d’être retranscrite, et le poète, un miroir parfait des troubles de son âme.
Hayao n’était pas un peintre, n’entendait rien à la musique, et ne connaissait pas grand chose aux arcanes de la poésie réglementée des cours aristocratiques. Il ne le regrettait pas. Certains hommes ont des talents que d’autres n’ont pas, le monde est ainsi fait. Bien sûr l’étude, le travail, parfois la chance, permettait de s’assurer une meilleure main, mais Hayao n’avait jamais eu le temps d’apprendre à manier le pinceau, à accorder les notes, et à chanter l’amour. Il n’était pas dépourvu de talent, cependant, même si peu d’hommes encore en vie étaient capables d’apprécier à sa juste valeur son art.
L’art du combat.
Depuis son premier combat, il n’avait jamais eu en main d’autres pinceaux qu’une lame, n’avait jamais fait retentir d’autre son que le concert sec et métallique des épée s’entrechoquant, et la seule poésie qu’il connaissait étaient les derniers mots des mourants.
Son premier combat.
Aujourd’hui encore, il se rappelait de cet instant comme d’une renaissance. Un putain de pied.
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:40

Avant

Hayao retint un gémissement de douleur quand Ishi lui enfonça son coude dans les côtes.

Hayao – Putain ! Tu m’as fait mal connard !

Ishi – Ta gueule ! Parle moins fort !

Hayao – Evite de me péter trois côtes chaque fois que tu remues, et je parlerais moins fort.

Ishi – Baisse toi putain, elle arrive !

Hayao se tassa un peu plus contre le sol, espérant que l’herbe était suffisamment haute et la soirée suffisamment obscure pour les dissimuler tous les deux. Ou au moins le dissimuler lui. Après tout, si Ishi se faisait prendre, ce serait dommage pour lui, par Hayao ne pleurerait pas sur son sort.

Hayao – Et c’est quoi la prochaine étape du plan, génie ?

Ishi – Bah qu’est-ce que tu crois ? Tu regardes, et tu te gardes pleins de jolies images pour faire des jolis rêves.

Hayao – Et comment tu veux que je regarde ? Si on lève la tête, elle va nous voir !

Ishi – Mais non ! T’attend qu’elle se foute dans la rivière, et là, elle va pas s’amuser à inspecter chaque petit buisson ! Et puis, il va bientôt faire nuit, elle ne nous verra plus !

Hayao – Et comment on est censé foutre… comment tu dis déjà ? Des jolies images dans la tête… Si il fait nuit ? Elle nous verra plus, mais nous non plus !

Ishi se tourna vers son ami, et lui adresse un large sourire.

Ishi – T’en fais pas pour ça, j’ai un plan.

Hayao se mordit la lèvre. Ishi avait toujours des plans inimaginables, mais qui réussissaient toujours. Ou presque toujours. C’était toujours lui qui trouvait un moyen de voler la clef du placard de son père pour y dérober le sabre court qu’il y gardait, souvenir d’un ancêtre d’une époque révolue. Et c’était encore Ishi qui avait réussi à convaincre la vieille Shizumare de les laisser travailler comme commis à l’épicerie. Hayao ne put s’empêcher de sourire en repensant aux soirées entières passées à se gaver de tout ce qu’il avait réussi à voler pendant la journée.

Hayao – Bon, d’accord… Et c’est quoi ton plan ?

Ishi – Lève toi ?

Hayao – De quoi ?

Ishi – Lève toi, je te dis !

Hayao – Si je bouge ne serait-ce qu’un poil de cul, Miza va me cramer, mais genre directement !

Miza était la petite fille de Shizumare, et elle travaillait souvent à l’épicerie de sa grand mère. Les deux amis l’avaient rencontré quand ils étaient encore employés là-bas – ça n’avait pas durer très longtemps, les vols avaient vite été remarqués – et les deux en était aussitôt tombé amoureux.

« Je sais pas si je suis amoureux », disait souvent Hayao. Ca fait quoi exactement ?

« Ben… Tu penses toujours à elle tu vois… A ses yeux… » répondait Ishi.

Hayao avait toujours jugé bon d’éviter de dire à Ishi qu’il pensait bien plus souvent à d’autres parties du corps de Miza.

Ishi – Bon ! Tu me fais confiance oui ou merde ?

Hayao – Putain, je te jure que si t’es en train de m’arnaquer, ça va pas aller…

Tout en jurant, Hayao se redressa. De là où il était, il dominait le petit bassin naturel que formait l’eau de la rivière d’une demi douzaine de mètres, perché sur une avancée rocheuse. Miza nageait, comme à son habitude. Pour le moment, elle ne l’avait toujours pas vu, mais dès qu’elle lèverait les yeux, elle ne pourrait pas manquer de l’apercevoir.

Hayao – Bon et maintenant, je fais quWAAAAAAAAH PUTAIN !!!

Ishi lui avait envoyé un coup de pied de toutes ses forces entre les omoplates. Hayao bascula en avant, et heurta la surface de l’eau avec un gros bruit d’éclaboussure où l’on put percevoir le claquement significatif d’un plat douloureux. L’eau glaciale entoura Hayao comme un manteau de glace, et il se dépêcha de rejoindre la surface d’une poussée violente et précipitée des pieds. Une fois à l’air libre, il inspira bruyamment tout en toussant violemment. Il n’avait jamais bu autant d’eau en une seule fois.
Ishi s’était redressé, et se tenait, droit et fier, sur le piton rocheux.

Ishi – Hayao ! Je t’avais interdit de recommencer !

Miza – Je peux SAVOIR ce que vous faites là vous deux !

Elle tentait de rejoindre le bord tout en abritant derrière ses mains la nudité de son corps, ce qui donnait à sa nage un aspect plutôt maladroit.

Hayao – ISHI PUTAIN DE MERDE QU’EST-CE QUE TU FOUS ?

Ishi l’ignora, et s’inclina respectueusement devant Miza.

Ishi – Désolé, Miza… J’ai entendu cet abruti se vanter d’aller t’espionner quand tu te baignais, et j’ai voulu l’en empêcher…

Tout en parlant, il dévala rapidement le rocher, et se dirigea vers les vêtements de Miza.

Hayao – C’est ça ton plan débile ? Me balancer dans une putain de flotte gelée ?!

Miza lança à Hayao un regard noir.

Miza – C’est vrai ? Tu t’amuses à m’espionner ? C’est… Pathétique…

Hayao se figea sur place. Il aurait pu croire que son cerveau allait se mettre à tourner à cent à l’heure, mais il ne parvenait pas à penser à quoi que ce soit. Seul défilait dans son esprit comme une mantra ancestrale et injurieuse, encore et encore la même phrase :

« Putain mais quel bâtard, putain mais quel bâtard, putain mais quel bâtard, putain mais quel bâtard… »

Ishi saisit les vêtements de Miza, et alla les déposer juste à côté du bord. Puis il se retourna, et plaça ostensiblement les mains devant les yeux.

Ishi – Vas-y, rhabille toi, t’en fais pas.

Hayao – Ishi ! Si t’as un peu d’honneur, tu racontes tout !

Miza aboya presque lorsqu’elle lui cloua le bec.

Miza – Nan mais écoutez moi l’autre pervers qui vient nous parler d’honneur.

Ishi avait clairement un plan. Faire prendre Hayao, et se faire passer pour le sauveur de la demoiselle en détresse.

« Cet enfoiré est capable de se la serrer, en plus ! » songea le jeune homme en luttant pour sortir du bassin, ses vêtements trempés rendant la tâche bien plus difficile.

Ishi alla vers lui, et le toisa d’un regard supérieur.

Ishi – Toi, rentre au village, et va te sécher. Peut-être que, en souvenir de notre amitié, je ne raconterai pas ce que tu as fait aujourd’hui.

Hayao – Tu veux que me tire ?

Ishi – Je viens de te le dire.

Hayao éclata de rire, et envoya son poing contre la tempe d’Ishi qui bascula en arrière, et tomba sur les galets.

Hayao – Je crois pas que ça va se passer comme ça.

Ishi se releva lestement, et fixa son ami.

Ishi – Miza, tu veux bien m’attendre trente secondes.

Miza ne repondit pas, trop occupée à s’habiller en murmurant des insultes destinées, visiblement, à tout ce que Nawa contenait de masculin.

Hayao – On ne s’est jamais battu.

Ishi – Jamais.

Hayao – Il faut un début à tout.

Ishi – Tu ne t’es jamais fait démolir les dents.

Hayao – Jamais.

Ishi – Il faut un début à tout.

Hayao éclata de rire. Ishi le frappa à l’estomac, de toutes ses forces, trois fois. Hayao réussit à amortir les deux fois suivantes, lança son poing à toutes vitesse dans le sexe d’Ishi, qui recula de quelques pas.

Ishi – C’était quoi ce coup de pute ?

Hayao – Je ne compte pas perdre.

Et ils se jetèrent une nouvelle fois l’un sur l’autre.
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:40

Aujourd’hui

Hayao sourit en se rappelant de ce jour là, et porta une nouvelle fois à ses lèvres l’outre grossière remplie de saké. Il était nostalgique aujourd’hui. La nostalgie lui donnait toujours envie de boire. Et l’alcool le rendait toujours nostalgique. Tant pis, il aurait mal au crâne demain.
En y repensant, ce n’était pas vraiment un combat. Seulement une petite baston entre copain, histoire de remettre deux trois choses au clair. Pas si violente, si l’on exceptait son nez cassé, et les deux dents déchaussées d’Ishi, inutile, aucun des deux n’ayant finalement réussi à se faire Miza, et sans grandes conséquences. Pourtant, quelque chose d’imprécis, d’intangible, convainquait Hayao qu’il s’agissait bien de son premier vrai combat. Etait-ce l’honneur qu’ils avaient mis en jeu ? L’idée qu’aucun d’eux ne s’arrêterait avant d’avoir mis l’autre au tapis ? Ou, plus probablement, l’immense plaisir qu’il avait ressenti à rendre coup sur coup, et à se relever chaque fois que son genou ployait ? Quelque chose dans ce goût-là, en tout cas. La guerre était comme le sexe, la première fois n’était jamais la meilleure, toujours trop brouillonne. C’est avec un peu plus d’expérience, que l’on peut livrer des combats dignes de ce nom. De ceux qui vous accordent à jamais le statut de guerrier.
Quelle était la différence entre un guerrier et un simple combattant ? Où se trouvait la frontière instable qui les séparait ? Probablement, songea Hayao, au même endroit que celle qui sépare un artiste et un ouvrier. Les vrais artistes liaient à jamais un fragment de leur âme dans leurs œuvres, et Hayao savait qu’une partie de lui résidait à jamais dans le corps de tous les adversaires qu’il avait affronté jusqu’à présent.
Hayao se souvenait de chacun d’entre eux.
Et ils avaient été nombreux.
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:42

Avant

Hayao s’adossa un instant sur le bastingage du navire, et observa les passagers du bateau s’agiter en tout sens. Certains portaient de lourdes caisses qu’il supposait être remplies de matériel de guerre ou de construction. D’autres hurlaient des ordres contradictoires, et tout ce beau monde se bousculait dans un chaos indescriptible.
C’était extrêmement reposant de les regarder travailler sans rien faire.

? – Hayao ! Tu comptes te retirer les doigts du coup, un jour ou l’autre ? On a besoin d’aide putain !

Hayao – C’est bon, j’arrive ! Ca pouvait attendre trente secondes, non ?

Hayao soupira et donna une impulsion du bassin pour se mettre en marche. L’autre avait raison, il n’était pas là en touriste. Il faisait partie de l’équipage du navire, et si le capitaine le surprenait à rien faire au moment de l’accostage, il allait encore se mettre en colère. Le jeune homme fila vers les autres marins, et s’écorcha les mains sur les cordages.

? – C’est pas le moment de sa casser petit, on a besoin de bras.

Hayao – J’ai vu ça. C’est Umijitaka ?

Il avait demandé ça en désignant la plage de sable clair qui s’élargissait à vue d’œil à mesure que le bateau s’en approchait.

? – Ouais… Foutu pays de cinglés.

Hayao – A ce point ?

? – ‘passent leur temps à se massacrer à la barre de fer pour avoir le droit de creuser une putain de terre dure pleine de caillasses. Z’espèrent toujours y trouver je sais pas quel or.

Hayao – J’avais entendu dire qu’il suffisait de creuser une heure pour y trouver des rubis gros comme le poing.

? – Bien sûr que t’as entendu dire ça ! Ils disent tous ça, ces cons. « Je vous jure les gars, avec une pelle et une heure devant soi, tu trouves de quoi être riche pour toute la vie ». Mon cul ! Dans tous ceux qui t’ont raconté ça, t’en as vu beaucoup qui avaient l’air d’avoir les poches pleines de diamants ?

Hayao haussa les épaules. Il devait bien admettre que les ivrognes qui rependaient la rumeur n’avaient pas vraiment des têtes de millionnaires.

Hayao – Et les types qu’on trimballe… Vous les trouvez pas bizarres ?

? – Bizarre ? Ha ! Des foutus soldats ! Ils vont aller se faire ouvrir le ventre pour des caillasses.
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:42

Aujourd’hui

La mémoire était décidément un fantôme bien curieux. Hayao se souvenait encore aujourd’hui avec précision de cette conversation, il pouvait même revoir le visage rongé par le sel du vieux marin, et pourtant, il était incapable de retrouver son nom. Il faut dire que lui et le vieil homme ne s’étaient pas côtoyés très longtemps. Juste assez pour s’apprécier, mais Hayao ne s’était pas éternisé sur le navire. Dès que les soldats avaient débarqués, Hayao s’était tenu prêt, et lorsque le bateau reprit sa route, il bondit sans un mot par dessus le bastingage, et plongea dans les eaux bleutées de l’océan. Personne ne l’avait vu faire.

Comment avait-il pu réussir un coup pareil ? S’enfuir du bateau n’était rien – ce n’était après tout qu’un moyen comme un autre de présenter sa démission au capitaine – mais rejoindre les soldats fut une autre paire de manche. Dès son arrivée sur la plage, trempé et épuisé par sa nage, il avait été prit à parti par trois hommes, qui lui avait vite fait comprendre qu’on ne rejoignait pas aussi facilement l’escorte de Jiri Teiretsu.
Hayao avait parlementé, discuté, expliqué… Il se voyait encore aujourd’hui noyer ces trois hommes sous le flot ininterrompu de ses paroles. Il avait été forgeron, apprenti de son père, puis marin, il savait se repérer avec les étoiles et réparer le matériel, il ne mangeait pas beaucoup, et ne se plaignait pas. Enfin, il laissa échapper, presque sans s’en rendre compte, « Et je sais me battre ».
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:44

Avant

Les trois soldats éclatèrent de rire.

Le Premier – Tu sais te battre ? Contre quoi exactement ? Les saumons ?

Le Deuxième – Rentre chez toi, petit, ce n’est pas un endroit pour les gamins.

Le Premier – Allez ! Tu ne nous as pas entendu ? Fous le camp !

Hayao ne bougea pas d’un millimètre. Il ne les regarda même pas. Ses yeux étaient fichés dans ceux du troisième homme. Il n’avait rien dit jusqu’à présent, et se contentait d’observer Hayao avec un regard de rapace. Enfin, il parla.

Le Troisième – Iruka, prête lui ton sabre.

Le Deuxième – Quoi ? Kan, t’es complètement barré ?

Kan – J’ai dit : prête lui ton sabre.

Iruka – Je refuse que ce morveux pose ses mains crasseuses sur ma lame.

Kan – Tu sais te battre petit ?

Hayao déglutit. Il se sentait de moins en moins à l’aise.

Hayao – Oui.

Kan – On va voir ça. Iruka, file lui ton putain de sabre en vitesse.

Iruka marmonna encore deux ou trois protestations, puis le raclement métallique d’un sabre que l’on dégaine résonna sur la plage. Iruka l’agita mollement, puis le tendit à Hayao, qui le saisit en vitesse, sans quitter Kan des yeux.

Kan – Tu t’es déjà battu en duel ?

Hayao – Il faut un début à tout.

Kan – On commence par se présenter. Je suis Kan Nao, de l’escorte de Jiri Teiretsu.

Hayao – Je suis Hayao Nishida, de l’escorte de Jiri Teiretsu.

Kan éclata de rire.

Kan – Pas encore, petit, pas encore. Mais si tu sais vraiment te battre, alors, oui, peut-être. Le premier dont le sang coule perd le duel. Cela te convient-il ?

Hayao – Ce sera parfait. Je n’ai aucune envie de vous tuer.

Le sourire de Kan s’élargit encore.

Kan – D’ici cinq à dix sabliers, les autres, au campement, vont réaliser que nous ne sommes pas revenus. Ils viendront nous chercher, nous trouverons, et te tueront. Je pense qu’il fallait te prévenir.

Hayao se mordit la lèvre. C’était une chose de gagner le duel, mais le faire aussi rapidement était bien plus difficile. Tant pis, il n’avait pas le choix. Il fit taire la petite voix dans sa tête qui lui murmurait depuis dix minutes qu’il avait fait la pire erreur de sa vie en quittant le bateau, et observa le sabre d’Iruka.
C’était une belle lame. En acier. Sa garde était recouverte d’un cuir usé et sa garde décorée d’une fine lamelle de tissu écarlate. Hayao exécuta quelques passes dans le vide pour s’échauffer et en tester l’équilibre. Elle était plus lourde que celles que forgeaient son père, et avec lesquelles il s’était entrainé tellement de fois.
Kan adopta une garde haute, et Hayao l’imita. Le combat ne devait pas durer, et il ne durerait pas. Une lueur d’excitation passa dans le regard de Kan, et Hayao se sentit pousser des ailes. Son adversaire était heureux de l’affronter. Il pensait que ce serait un beau combat. Il avait confiance dans les capacités de Hayao. Hayao ne pouvait se permettre de le décevoir.

Hayao – Je ne te décevrais pas.

Kan – Un vrai duelliste ne dirait jamais ça.

Hayao – Ah ? Que dit un duelliste avant le combat, dans ce cas ?

Kan – Il ne dit rien. Sa lame parle pour lui.

Il y eut un sifflement lorsque le sabre de Kan s’abattit, et Hayao para aussitôt. Il dévia un nouveau coup de taille, et se décala pour esquiver un coup d’estoc vicieux. Hayao ne se laissa pas faire. Il n’en avait pas le droit. On ne peut gagner un combat en ne jouant que la défense, tout plus parvient-on ainsi à repousser l’inéluctable défaite. De plus, Kan attendait un beau combat.
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:45

Aujourd’hui

Haya sourit. Il pensait savoir, enfin, quelle était la différence entre le soldat et le guerrier. Soldat est un métier, et son adversaire, ce jour là, en était un. Guerrier était un état d’esprit. Un guerrier sait que la pire chose qui puisse lui arriver n’est pas de perdre le combat. C’est de décevoir son adversaire. Quand l’ennemi met en jeu ses forces, sa vie, son honneur, et sa lame, il est du devoir du guerrier d’en faire autant, et d’offrir un beau combat.
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:46

Avant

Kan para le nouvel assaut de Hayao. Des rivières de sueur dégoulinaient du crâne des deux adversaires, et chacun d’eux sentait le froid glacial de l’effort sur leur dos. Ils firent un pas en arrière, et se mirent un instant hors de portée du sabre adverse.

Hayao – Et à ce moment… là du combat… Que dit un duelliste ?

Il avait tenté de camoufler son essoufflement, mais n’y était clairement pas parvenu.

Kan – Il parle rarement. Sauf s’il a besoin d’un répit. Tu as besoin d’un répit ?

Hayao – Oui. Mais je ne le prendrais pas.

Kan – Bien répondu.

A la grade surprise de Hayao, Kan baissa sa garde, et envoya son sabre se planter dans le sable à ses pieds.

Kan – Arrêtons là, petit, tu sais vraiment te battre.

Hayao – Tu abandonnes ?

Kan – Ne te fais pas plus bête que tu ne l’es. Ce combat pourrait durer encore deux minutes, deux heures, ou deux jours, je le gagnerais quand même. Je domine. Je suis plus fort que toi.

Hayao voulut répondre, mais ses protestations restèrent clouées dans sa gorge. C’était inutile. Kan disait vrai.

Kan – Je te mentirai en disant que je suis plus doué que toi. Je suis simplement plus expérimente. J’ai quelques vrais combats à mon actif, et je pense que ce n’est pas ton cas. Je me trompe ?

Hayao – Je me suis entrainé souvent avec un ami. Mais c’est mon premier… mon premier « vrai » combat.

Kan – Dans ce cas, baisse ta garde, et redresse la tête, car tu es doué.

Iruka – Kan… Les autres arrivent.

Kan – Dans quelques instants, Jiri sera mit au courant de ton désir de rejoindre notre force. S’il refuse, tu seras abandonné sur cette plage, voire exécuté immédiatement. Mais je te prendrai ton parti devant lui. Quand les premières escarmouches vont éclater, ta lame ne sera pas de trop.

Hayao s’inclina, et tendit son sabre à Iruka. Dans son crâne, la voix paniquée s’était faite silencieuse. Les choses n’allaient peut-être pas si mal aller.
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:46

Aujourd’hui

Tout s’était bien passé en fait. Se faire accepter par Jiri n’avait pas été une partie de plaisir, mais, Hayao le savait à présent, tout ce qui incluait de convaincre de Daimyo de quelque chose n’était jamais une partie de plaisir. Le vieux politicien savait y faire pour tirer son épingle du jeu, quelque soit la situation.
Hayao but une nouvelle gorgée de saké, et laissa son esprit dériver un instant.
Il se revit, bien plus jeune, et encore naïf malgré tout ce qu’il pouvait croire à l’époque, s’entraîner aussi souvent que possible avec Kan. Ce dernier le guidait, corrigeait sa garde, et les mauvaises habitudes qu’il avait prise en s’entraînant seul. Puis les combats se firent réels, et les blessures se multiplièrent.
Les choses s’étaient accélérées lorsque Jiri s’allia au Aïsu. Le clan hivernal avait fait montre d’une efficacité dans le carnage quasiment divine, et le froid des lames des sabres de l’escorte allié au tranchant des glaces Aïsu plia l’archipel au bon vouloir de celui qui était à présent le Daimyo de l’Eau.
Hayao avait toujours bien aimé les Aïsus. La fierté brisée qu’il réparait dans le sang leur donnait une aura bien plus impressionnante que toutes celles qu’il avait eu l’occasion de voir. A part, peut-être, celle de Naema.
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:50

Avant

Hayao reçut le coup de poing en pleine tempe et bascula sur la table qu’il renversa au passage.
Les hommes aux alentours éclatèrent de rire et le couvrirent de huées.
Lui, Hayao, « le gamin » comme ils l’appelaient encore parfois, le petit génie de l’escrime, venait de se faire étaler en un coup par cette petite blonde.
Il faut dire que Hayao n’avait pas vu le coup venir. Depuis qu’il avait rejoint les troupes de Jiri, il n’avait jamais eu l’occasion de se battre contre une femme, et n’en avait d’ailleurs fréquenté aucune, à part d’occasionnelles filles de joie. Aussi, lorsque sa plaisanterie graveleuse n’avait pas amusé le moins du monde la jeune fille n’avait-il pas perçu la menace bien réelle qui se cachait derrière ses boucles.

Naema – Et mon poing, il aussi bon que mon cul, connard ?

Hayao – Presque. S’il l’avait été, je serai encore par terre, répondit-il en se relevant.

Naema se mit en garde.

Naema – Ca peut s’arranger.

Hayao – Je ne me bat pas avec les femmes.

Naema – Moi non plus.

Hayao – Ah ! On est d’accord qu’elles sont chiantes !

Cette fois, il parvint à esquiver le coup. Il recula de quelques pas.

Hayao – Allez ! Fais pas cette tête !

Naema – Allez, fais pas ta fiotte.

Hayao se tourna vers les autres clients de la taverne.

Hayao – Eh ! Les mecs ! Elle m’insulte, là, non ?

Il y eut quelques rires et approbations bruyantes.

Hayao – Et qu’est-ce que fais Hayao Nishida lorsqu’un l’insulte ?

? – Il chie dans son froc !

Hayao – Pas tout à fait ! Il chie dans le froc du débile qui a cru être de taille. Choisis tes armes, poulette, toi et moi on va se parler la langue des amants des batailles.

Naema eut un sourire.

Naema – Sabre ?

Hayao – Maintenant ?

Naema – Maintenant.

Hayao – Ici ?

Tavernier – Hors de question !

Naema – Alors devant.

Hayao – Non. Sur l’embarcadère. Plus marrant.

Naema désigna la porte d’un signe du menton.

Naema – Après toi, petit brun.

Hayao sourit, et posa la main sur son sabre. Ses doigts caressèrent un instant le fourreau en magnolia. Il s’appelait Aoi, et il était à lui.
Les deux combattants sortirent de l’établissement, suivi par une poignée de curieux désireux de voir la conclusion de la rixe.

Hayao – Stressée ?

Naema – J’ai rabattu des gueules autrement plus grandes que la tienne.

Hayao – J’ai rarement entendu une femme jurer autant.

Naema baissa d’un ton et se pencha vers lui.

Naema – Celles que tu voies ont plutôt ce genre de voix ? Et ces petits mots doux qu’elles te susurrent à l’oreille quand tu les payes pour mentir ?

Elle avait parlé d’une voix qui n’était pas sienne, séductrice, et cruellement précise. Hayao se sentit rougir, et cru sentir sa main trembler légèrement. Il jura intérieurement. Ce n’était pas le moment de se laisser perturber.
Leurs pas les avaient déjà mené au ponton de bois qui servait d’embarcadère au port naissant de Kiri. Ils n’étaient pas loin de l’endroit où Hayao avait mené son premier combat contre Kan. Un sourire nostalgique barra le visage du garçon. Kan. Kan l’avait mené loin, bien plus loin qu’il n’aurait pu aller seul. Kan était mort à présent. Le combat de trop, disaient les soldats. Le grand combat, disaient les guerriers. Celui où l’on trouve enfin sa limite. Celui où l’on goute enfin à la morsure d’une lame. Hayao avait chargé le meurtrier de son ami et mentor, et l’avait tué d’un ample mouvement de taille. La gorge du barbare s’était ouverte comme une fleur. Kan n’avait pas prononcé de derniers mots. Hoquetant, la bouche emplie de sang, il avait simplement pointé du doigt son sabre avant de s’éteindre. Hayao l’avait ramassé. Il avait enterré sur place le corps de son ami, et gardé son arme.
Il s’appelait Aoi, et il était à lui.

Naema sortit ses deux sabres courts, et se tourna vers Hayao. Aoi chanta un cri de guerre en jaillissant du fourreau. Il n’y avait plus d’humains sur ce ponton de bois rudimentaire. Seulement deux fauves assoiffées, et quelques fantômes sans consistance pour les regarder se mordre. Et ils se mordirent, fort, puissamment, et plusieurs fois.
Le duel n’avait pas commencé depuis deux minutes qu’ils se séparèrent un instant, le temps d’observer les dégâts. La tunique de Hayao était ruinée, deux larges entailles s’ouvrant sur ses côtés. Un sang sombre et poisseux s’en échappait, et Hayao sut que la blessure lui ferait un mal de chien dès que l’adrénaline du combat retomberait. Naema, elle, tentait de limiter le flot de sang qui dégoulinait dans son œil droit depuis que feinte de Hayao avait passé sa garde, et entaillée l’arcade.

Naema – Tu aurais pu me crever un œil. Pas mal pour un connard dans ton genre.

Hayao – Garde des compliments pour toi, tu aurais pu m’emporter un poumon avec tes conneries.

Naema – La flatterie n’a pas d’effet sur moi.

Hayao – Le combat ne devait pas s’arrêter au premier sang ?

Naema – Aucune idée.

Hayao – Si on continue, tu vas mourir.

Naema – Je suis loin d’avoir tout donné.

Une étrange flamme bleue sembla s’allumer dans les yeux de la jeune fille, et Hayao sut qu’il était en danger. Elle passa à l’attaque, et il ne put s’empêcher d’être admiratif. Elle était plus rapide. Plus puissante. Il para trois attaques consécutives avant qu’une faille dans sa défense ne permette une coup d’estoc opportuniste. Il n’eut d’autre choix que de tenter d’esquiver, et la lame lui caressa le ventre, emportant un nouveau morceau de tissu avec elle. Il repoussa le bras qui tenait le sabre, et frappa à son tour. La deuxième épée de son adversaire para son coup, et l’attaque se solda par un nouveau statu quo. Ca ne durerait pas. Naema était plus forte. Il s’épuisait trop vite.

Naema – Tu vas te vider de ton sang.

Hayao – Qu’est-ce que tu as fait ?

Naema – Moi ?

Hayao – Un duelliste ne parle qu’à son adversaire.

Naema – Je ne suis pas duelliste. Je suis une kunoichi.

Hayao cracha dans la mer.

Hayao – Kunoichi ? Tu maîtrises le chakra ?

Naema – Bien, je vois que tu arrives à connecter au moins deux neurones. Essaye d’en connecter un troisième pour voir si tu arrives à prévoir ce qui va se passer maintenant.

Hayao – Je vais t’écraser.

Naema – Mauvaise réponse. Dommage.

Elle chargea. Hayao dévia son attaque, mais fut contraint de reculer. Ses talons étaient au bord de la plate forme. Encore un coup comme ça, et il tomberait. Naema le vit, car elle renouvela son attaque. Cette fois, cependant, Hayao vit venir l’assaut. Il se contrsionna pour l’esquiver, et saisit le bras de Naema. Ses yeux s’agrandirent de surprise lorsqu’elle comprit ce qui allait se passer. Il tira d’un coup sec, et la fit basculer en avant dans la mer.
Alors qu’il s’apprêtait à savourer sa victoire, il se figea sur place. Naema avait atterit sur l’eau comme s’il s’était agit du sol. Elle se releva immédiatement, et toisa Hayao.

Naema – Tu pensais vraiment me vaincre en utilisant un coup comme ça ?

Hayao – Si nous avions été à armes égales, j’aurais gagné.

Naema – Ah ! Tu reconnais enfin que je te suis supérieure.

Le cerveau de Hayao tournait à pleine vitesse. Il ne pouvait vaincre une kunoichi. Leur mystérieux pouvoir, ce chakra, le dépassait encore largement.

Aoi – Laisse moi… Laisse moi la tuer…

Hayao – On ne peut pas. Elle est trop forte.

Aoi – Essayer… Essayer..

Hayao – C’est moi qui vais mourir si le combat continue.

Aoi – Kan ?

Hayao – Kan est mort, Aoi. Tu es à moi maintenant ?

Aoi – Où … Kan ?

Hayao – Je te dis que Kan est mort ! Tu m’appartiens !

Aoi – Moi… pas… à toi.

Hayao – On verra ça.

Naema avait rejoint son adversaire sur le ponton d’un saut léger et agile. Elle semblait encore en forme.

Naema – Excuse toi et reconnais ma force, et tout pourra s’arrêter.

Hayao se mordit la lèvre.

Aoi ne lui répondait pas. Naema était encore en forme. Et il commençait à ressentir la douloureuse brûlure de ses blessures. Avec un juron, il baissa son sabre, et s’inclina.

Hayao – Moi, Hayao Nishida, reconnais ma défaite.

Naema – Moi, Naema Jiro, j’accepte tes excuses.

Avec un sourire, elle rangea ses sabres.

Naema – Tu n’es pas aussi nul que je le pensais. D’habitude, les grandes gueules se dégonflent dès que commencent les choses sérieuses.

Hayao – Je…

Il ne finit pas sa phrase. Quand avait-il dormi pour la dernière fois ? Pas cette nuit, ni celle d’avant. Son dernier vrai repas devait remonter à autant de temps. Et ce sang qui coulait de son flanc. Il y en avait tellement. Tellement. Il avait besoin de repos, oui. De repos. Maintenant.
Un bruit métallique se fit entendre, et il sut qu’il avait lâché son sabre. Il se pencha pour la ramasser, mais son genou ploya sous son propre poid, et il bascula en avant. Il sentit à peine le choc lorsque son corps s’effondra sur le bois du ponton.
Oui. Du repos. Ici, c’était très bien. Enfin… Un peu… de repos…
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:52

Plus tard

Naema – Essaye de te lever, rien pour déconner, et je te rassoit à coup de chaise dans ta belle gueule, c’est compris ?

Hayao – Je suis où ?

Naema – Dans ma chambre à la taverne.

Hayao ouvrit un peu mieux les yeux. Il reconnut les murs crasseux et froid de l’établissement. Sa chambre à lui ne devait pas être très loin.

Hayao – J’ai manqué quoi ?

Naema – Une chute ridicule. C’est courageux de se battre jusqu’au bout, mais c’est un coup à mourir bêtement.

Hayao – J’étais fatigué.

Naema – J’imagine ! Bon, évite de trop remuer, je t’ai fait quelques points de suture sur le flanc. Ca devrait cicatriser rapidement.

Hayao – M…Merci…

Naema – De rien. A l’avenir, évite de provoquer n’importe qui. Les temps change, Hayao. Tu aurais peut-être été le guerrier le plus craint du continent au temps des samouraïs, mais l’âge est maintenant aux shinobis. Tu n’as aucune chance face aux utilisateurs de chakra.

Hayao se redressa davantage, et fixa Naema. Elle était occupée à ranger du matériel médical dans une petite trousse en cuir.

Hayao – Tu le maîtrises, toi.

Naema – J’ai appris. Et crois moi, c’est un travail beaucoup plus intense que la maîtrise d’une lame.

Hayao – Apprend moi.

Au moment même où il avait formulé sa demande, il écarquilla les yeux. Lui ? Demander de l’aide ? C’était la dernière chose qu’il s’attendait à faire. Naema, elle aussi, sembla étonnée.

Naema – T’apprendre ? Je ne peux pas t’apprendre à développer un don que tu n’as pas.

Hayao – Qui te dis que je ne l’ai pas ?

Naema – Je… J’en sais rien.

Hayao – Comment on fait pour savoir ?

Naema – Y a plusieurs tests.

Hayao – Fais les moi passer. Aide moi. Tu es une guerrière. Et moi aussi. Si je n’ai pas ça… Je ne suis rien.

Naema eut un petit sourire triste.

Naema – Je ne suis pas une guerrière. Je suis médecin.

Hayao éclata de rire. Il avait été battu par un médecin. Son orgueil venait de prendre un coup fatal.
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:53

Plus tard

Hayao se réveilla en sursaut. Il avait rêvé. Un rêve étonnant. Il avait souvent entendu ses camarades évoquer leurs rêves, et tous racontaient des cauchemards effrayants ou des histoires au scénario compliqué. Lui rêvait peu.

« Tu dors trop, ou pas assez, pour t’en souvenir, c’est tout. » lui avait un jour dit Naema. « Le sommeil est divisé en un certain nombre de phases. Si tu ne te souviens pas de tes rêves, c’est que tu t’es réveillé avant la phase la plus propice au rêve, ou que tu l’as déjà dépassé de puis un moment. »

Il n’en savait rien. C’était peut-être vrai. Quoi qu’il en soit, il s’était toujours habitué à ne garder de ses nuits que quelques bribes de souvenirs flous et chaotique.

Pourtant, ce jour là, il se souvenait avec précision de chaque détail de son rêve.

Il se leva et se dirigea vers la fenêtre. De là où il était, il avait une vue plongeante sur le port de Kiri, étonnamment silencieux malgré l’heure matinale. Habituellement, le port grouillait de marins et de pêcheurs qui se bousculaient dans un plus ou moins joyeux brouhaha. Aujourd’hui pourtant, tout était calme. Silencieux. Même le bruit des vagues ne portait pas jusqu’à lui. Il se passait quelque chose d’étrange.
Le ciel était rouge, parsemé de nuages pourpres qui grondaient silencieusement comme un tigre avant l’attaque.
Hayao voulait une cigarette.
Les nuages approchaient vite. Très vite. Ce n’était déjà plus une tempête de couleurs chaudes et inquiétante, mais une véritable avalanche. Des tonnes et des tonnes de neige tourbillonnante qui dégringolaient du ciel.
Où avait-il foutu ce putain de paquet de cigarette ?
La neige tombait de plus en plus vite. Dans quelques instants, Kiri serait écrasé.
Ah ! Le voilà ! Il sortit une cigarette et la porta à ses lèvres.
C’en était presque drôle. Combien de gens avaient donné leur vie pour bâtir ce village ? Rien n’avait été plus vain. Quelques années à peine après sa construction, le port allait être broyé.
Les allumettes ? Comment voulez vous que je m’allume cette cigarette si je n’ai pas de feu.
Feu.
Pas de feu.
Du feu.
Feu ?
Chaleur.
Chaleur ?
Flammes.
Incendie.
Kiri brûlait.
Les maisons s’embrasaient comme des fétus de paille. Le crépitement des flammes, le ronronnement sauvage du lion incendiaire. L’avalanche n’existait plus. Il ne restait plus rien dans le ciel qu’une chorégraphie violente de foudre et d’éclair.
La chambre brûlait elle aussi, et la tempête s’invitait sur son lit.
Il devait se défendre. Hayao dégaina son sabre, mais la lame capricieuse refusa de lui obéir et lui échappa des mains.
Le sol s’ouvrit soudain sous ses pieds et Hayao tomba au cœur même de la gueule de l’incendie.
Il poussa un cri de rage, de frustration et de peur, et se réveilla en sursaut.


Naema poussa un grognement en émergeant plus ou moins du sommeil, et se tourna vers lui.

Naema – Qu’est-ce qu’il y a ?

Hayao – Rien… Rien j’ai… J’ai rêvé.

Naema – Ah.

Et elle se rendormi instantanément – à moins, bien sûr, qu’elle ne se soit jamais vraiment réveillée. Hayao posa son regard sur la crinière blonde de la jeune femme. Un homme normal se serait probablement blotti contre elle, ou se serait laissé retomber sur le matelas, mais il n’était pas à proprement parler un homme normal. Il se redressa, et se leva, se dirigeant inconsciemment vers la fenêtre d’où il avait vu venir l’Apocalypse dans son rêve.

Qu’est-ce que cela voulait dire ?

Les Yamanakas lui avaient expliqués qu’un esprit les suivait toute leur vie. Un Sei. Qu’il était celui qui leur soufflait les rêves à l’oreille. Il se demanda un instant s’il avait lui aussi un spectre au regard froid qui flottait au dessus de son crâne, mais chasse vite cette pensée.

« S’il y a quelque chose qui me suit, qu’il parte. Je vis seul, je meurs seul. »

Son regard se posa sur la mer. Il se rappelait encore distinctement la neige, la foudre et les flammes. Il ne devait pas avoir peur, pourtant. Kiri était puissant. Rien ne saurait faire de l’ombre à sa puissance. Rien. Rien. Rien ?
Des bruits, des rumeurs, et quelques faits insinuaient cependant un doute angoissant dans son esprit. On disait qu’au nord et au sud du continent, d’autres hommes avait su dompter le chakra. On parlait de guerriers capable d’invoquer les tempêtes, et d’acrobates étranges qui commandaient au feu. Seraient-ils une menace ? Détruiraient-ils Kiri ?

Les guerres contre les barbares étaient achevées. Personne n’osait contester la puissance de Kiri sur l’Archipel. Ou presque... La conquête de l'Archipel n'avançait pas aussi vite qu'elle aurait dû, c'était un fait. Mais Hayao était confiant. Les indigènes ne ferraient pas le poids très longtemps contre la puissance croissante du village caché. Mais il fallait aller plus loin. Frapper avant d’être mordu par la mâchoire puissante des tigres et des loups. Le requin ne laisse pas sa cible grandir avant d’attaquer. Il la brise, il la noie, et la déchire dans les profondeurs.
Les ennemis de l'extérieur, ceux qui avaient l'intelligence de se tapir encore dans l'ombre en attendant le bon moment... Ceux là étaient les vrais adversaires. A bien y réfléchir, même si les rumeurs étaient fausses, elles n'en étaient pas moins utiles. Kiri était un village martial, et les guerriers sans guerre ne font pas long feu.
Hayao détourna la tête et fixa son sabre, posé sur la table.
Il s’appelait Aoi, et il était à lui.
Il se rappelait encore aujourd’hui à quel point le sabre s’était montré réticent à l’idée de le servir. Bien qu’il n’ai jamais cru qu’une lame pouvait avoir une âme, il se rappelait encore cette impression de déchirement et de tristesse lorsque, au cours de son duel contre Naema, Aoi avait enfin compris que Kan était mort, et ne reviendrait plus. Aoi ne s’était pas plié à Hayao pour autant. Chacun des deux partenaires s’était adapté à l’autre, jusqu’à aboutir, aujourd’hui, à cette synergie parfaite qu’avaient pu voir à l’œuvre les fous qui les avaient défié. Avec un sourire, Hayao posa sa main sur la garde sur sabre.
Il s’appelait Aoi et il était à lui.

Hayao – On va bientôt devoir se battre, Aoi.

« Qui ? »

Hayao aurait juré qu’il avait entendu le sabre lui répondre. Un guerrier est peut-être et avant tout un fou ?

Hayao – Les barbares, les pouilleux des îles... Puis les fous qui croient pouvoir nous voler le chakra. Kiri ne peut avoir d’adversaires.

« Quand ? »

Hayao – Un jour. Un jour. Mais pas ce soir, mon ami. Ce soir… Ce soir est un soir tranquille.


Dernière édition par Hayao Nishida le Lun 13 Jan - 13:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:53

Aujourd’hui

Soujuu Aïsu avait-il été un bon Mizukage ?
Oui, sans l’ombre d’un doute. A moins que non. Il était un guerrier avant tout, comme Hayao. Peut-être aimait-il trop la guerre pour ce poste ? Hayao gardait un souvenir mitigé du jour où il avait massacré un civil qui avait osé protester pendant un de ses discours. Ce genre d’action étaient efficaces en temps de guerre, mais quand la paix était encore là, elle ne faisaient que discréditer le chef. Il fallait plus de doigté. Plus de politique peut-être ? Hayao ne ferait pas la même erreur. S’il était Mizukage, il se laisserait insulter, et ouvrirait un débat. Il vomirait une langue de bois à toute épreuve, et, lorsque les esprits échauffés se seraient un peu calmés, il ferait assassiner le perturbateur dans une ruelle. Beaucoup plus discret. Pas encore tout à fait ça, mais il ne pouvait faire plus d’efforts.
Pourquoi Hayao pensait-il à ça ? Depuis quelques temps, une ambition dévorante s’était emparée de lui, déversant dans ses entrailles le magma bouillonnant de son impatience. Il voulait être Kage.

Pourquoi ?

Par goût du jeu.

Le Mizukage aurait fort à faire pour se tailler une place dans la politique de Kiri. Il lui faudrait affronter Jiri, le Daimyo du Feu, sur le pire terrain imaginable : celui de la politique et des complots. Hayao voulait s’essayer à ce jeu. Il voulait étendre lui aussi sa toile à la manière d’une araignée, et regarder les petits insectes s’y jeter d’eux-même. Il voulait être Kage. Il voulait être Kage. Il voulait être Kage !
Avait-il ses chances ? Peut-être. Après tout, il faisait partie des rares survivants de l’escorte originelle de Jiri. Les deux premiers Kage avaient été choisis parmi les Aïsus afin de flatter l’égo de ces nouveaux alliés providentiels, tandis que les Yamanaka occupaient déjà une place de choix. Hayao n’avait probablement pas la pleine confiance du Daimyo, mais, à bien y réfléchir, il était plus que probable que le Daimyo ne fasse confiance à personne à part lui même. Hayao était un bon atout pour Jiri, cependant. Ses victoires militaires lui avaient valu un certain respect parmi les soldats kiréens, et il s’entendait bien avec les représentant de chaque clan. De plus, en tant que nouveau venu sur la scène politique, Jiri devait penser qu’il serait facilement manipulable. Il le serait peut-être, mais cela ne l’empêcherait pas de jouer toutes les cartes qu’il avait en main pour défendre ses propres objectifs.

Et ils étaient nombreux.


Hayao laissa échapper un profond soupir. Tant de choses avaient changé.

Il sentait à présent le chakra parcourir ses veines, et il se demandait parfois comment il avait pu vivre si longtemps sans en sentir la présence. Il avait appris à le modeler, à le contrôler, à en faire une arme. De doué, il était devenu efficace. D’efficace, il était devenu puissant. Depuis qu’il avait rencontré Naema, sa vie avait pris un tour inattendu. Elle lui avait appris à se battre à la façon des shinobis. Elle lui avait appris des passes qu’il n’aurait jamais imaginé. Et, c’était un petit plus non négligeable, ils couchaient régulièrement ensemble depuis ce temps là. Ce n’était pas un couple, il n’y avait pas d’amour entre eux, seulement une grande amitié, et un respect sans fin. Mais tout de même, Hayao ne pouvait pas se plaindre. Il y avait eu Kumaro, aussi. Kumaro…
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:56

Avant

D’un revers du poignet, Kumaro dévia la lame de Hayao. Profitant d’avoir déséquilibré le jeune homme, il frappa une nouvelle fois. La lame d’Aoi brilla un instant au soleil lorsqu’il tourbillonna dans les airs avant de retomber sur le sol dans un tintement métallique agressif.

Kumaro – Encore perdu.

Hayao – Je sais.

Kumaro – Et a quoi cela te sert-il de le savoir ? C’est la septième fois que je te bats en sept jours. Et tu n’as toujours pas progressé.

Hayao – On ne progresse pas en une semaine.

Kumaro – Progresser n’était pas le mot, je te l’accorde. Je préfère le terme de « changer ».

Hayao – Comment je suis censé changer ?

Kumaro – Je ne sais pas. Pourquoi es-tu venu me voir ?

Hayao – Je voulais devenir fort.

Kumaro – Eh bien je te félicite ! Tu l’es ! Tu peux retourner chez toi et rester fermier. Tu sauras de défendre en cas de besoin, et battre les enfoirés qui pourraient s’en prendre à toi.

Hayao – Je ne suis pas fermier.

Kumaro – Ah oui ? Tu es quoi, alors ?

Hayao – J’étais forgeron. Comme mon père. Mais aujourd’hui, je suis un soldat.

Kumaro écalta de rire. Les rides subtiles de son visage s’atténuèrent un peu.

Kumaro – Soldat ? Mon pauvre petit. Si c’est pour apprendre à être un bon soldat que tu es venu me voir, tu peux retourner jouer sur ton enclume.

Hayao poussa un soupir, et alla ramasser son sabre. Pourquoi était-il allé trouver Kumaro ? C’était une bonne question. Quoique… A bien y réfléchir, la réponse n’était pas si difficile à trouver. Kumaro était impressionnant. Bien plus que ne l’était Kan de son vivant. Lorsqu’il combattait, ses mouvements composaient une véritable danse dont chaque pas résonnait d’un claquement de métal ou d’un écœurant bruit de chair déchirée. Une semaine plus tôt, Hayao avait été mit à mal par son adversaire, un de ces barbares brutaux qui lui avait presque brisé la main d’un coup de son marteau. Kumaro était intervenu et avait d’un seul mouvement trouvé la faille dans la garde du barbare, et ses entrailles s’étaient déversées sur le tapis de feuilles mortes qui recouvrait le sol. Kumaro s’était aussitôt retourné vers Hayao, et lui avait déclaré d’une voix forte :

Kumaro – Tu fous quoi gamin ? Bouge toi ! Frappe et tue, je n’ai pas envie de creuser ta tombe ce soir.

Il n’en avait pas eu besoin. Ils s’étaient battus côte à côte.

Ceux qui ne l’ont pas connu ne peuvent pas savoir la puissance de ce sentiment que l’on ressent lorsque l’on se bat aux côtés d’un grand guerrier. C’était un sentiment difficile à décrire. Pas de la joie, de la fureur, du bonheur ou de la peur. Plutôt un mélange des quatre. Comme si Hayao s’était retrouvé par un matin brumeux au carrefour de quatre routes inconnues, envahi par l’odeur des quatre destinations, sans en choisir une seule. En clair, c’était un putain de pied.
Les vrais guerriers se reconnaissent par cette étrange synchronisation qu’ils parviennent à atteindre sans se concerter. Tu recules d’un pas ? J’avance. Tu faiblis ? J’attaque.
Hayao n’avait pas de frère. Seulement une sœur dont il n’avait pas eu de nouvelles depuis des années. Mais ce jour là, il avait trouvé dans Kumaro un lien plus solide encore que ceux si capricieux que savent tisser les liens du sang. Un frère d’arme, d’épée, de sang. Combien d’adversaires avaient-ils tué ce jour là ? Hayao avait perdu le compte, et Kumaro ne comptait pas. Mais, pour reprendre les mots du vieux combattant, ils avaient durant cette bataille « aérés quelques trachées ».
Quand la poussière des combats fut retombée, quand l’éclat des lames se calme quelque peu, et la douleur des entailles subie reprit l’ascendant sur l’adrénaline des plaie que l’on inflige, Kumaro s’était tourné vers le jeune shinobi.

Kumaro – Tu t’en sors bien.

Hayao – Tu t’en sors mieux.

Kumaro – Je suis meilleur que toi, mais j’ai vécu davantage. Si tu progresses encore autant que tu as progressé jusqu’à présent, tu seras, à mon âge, mille fois plus terrible que ce tout ce que je peux être aujourd’hui.

Hayao avait haussé les épaules en tâchant tant bien que mal – et plutôt mal que bien – de dissimuler le plaisir qu’il avait ressenti en entendant son compagnon parler.

Hayao – Pour ça, il faudra que je survive.

Kumaro – Et pour ça, il faut que tu fasses deux choses essentielles.

Hayao – Lesquelles ?

Kumaro – Déjà, tu dois respecter la première règle, la règle d’or, des guerriers. Ne t’attaque jamais à plus gros que toi si tu comptes survivre.

Hayao n’avait pas pu s’empêcher de rire.

Hayao – Elle est bizarre, votre phrase.

Kumaro – Comment ça ?

Hayao – Vous dites « si je compte survivre ». Mais tout le monde compte survivre.

Kumaro – Tu as tellement tort que je ne comprend pas vraiment comment tu peux dire une chose pareille en souriant. Mais je vais mettre ça sur le compte de ta jeunesse.

Hayao – A quoi bon se battre si ce n’est pas pour survivre ?

Kumaro – Les soldats de battent pour être payé. Les fermiers se battent pour que ces enculés de pirates ne les volent pas. Les champions se battent pour la gloire. Les tueurs se battent pour massacrer l’autre. Les combattants se battent pour la gloire. Les guerriers se battent pour autre chose.

Hayao – Pour quoi ?

Kumaro – Pour se battre. Simplement. Les guerriers se battent pour écrire un beau combat, comme un poète écrit son haïku.

Hayao – Et ils meurent.

Kumaro – Ca arrive. Souvent. Mais pas tant que ça : il ne reste que peu de guerriers dans ce monde, et je ne suis pas sûr qu’il y en ai vraiment eu beaucoup plus autrefois.

Hayao s’était laissé tombé sur une souche d’arbre trempée – la pluie, la boue, le sang, recouvraient tout – en soupirant.

Hayao – Je veux être un guerrier.

Kumaro – Alors tu mourras jeune. A moins que tu ne deviennes le meilleur guerrier du monde, c’est vrai.

Hayao – Il faudra d’abord que je te batte pour ça.

Kumaro – On y revient toujours. Mais ça n’arrivera pas. Notre niveau est trop différent pour que tu puisses espérer me battre avant que je ne meure de vieillesse.

Hayao avait soupiré en secouant la tête. Il avait toujours eu une certaine admiration pour les gens capables de tenir une conversation réfléchie après la bataille, les pieds pataugeant encore dans ce qui restait des adversaires.

Hayao – Et l’autre truc que je dois faire ? C’est quoi ?

Kumaro – En un mot : t’entraîner.

Le jeune homme laissa échapper une exclamation dédaigneuse.

Hayao – Sans déconner ? Je m’en serais jamais douté !

Kumaro – Je ne parle pas de tes petits échauffements inutiles ou des passes d’armes que tu échanges avec les Aïsus quand vous vous emmerdez. Je te parle d’un vrai apprentissage. Avec un maître.

Hayao – J’ai eu un maître autrefois.

Il avait parlé en songeant à Kan, qui lui avait appris une part importante de ce qu’il savait aujourd’hui.

Kumaro – Etait-ce un maître ou un professeur ?

Hayao – C’est la même chose.

Kumaro – Un homme a plusieurs professeurs, mais n’a qu’un seul maître. Le professeur te transmet des compétences, t’apprend à l’imiter. Un maître, lui, ne s’occupe de ça. Le maître est celui qui va t’aider à trouver ta propre voie, ton propre style, ta propre façon d’agir, de parler et de tuer. Alors je répète ma question : as-tu déjà eu un maître ?

Hayao se revit remuer la tête en un non silencieux. Kumaro avait sourit, sortit de sa besace une gourde métallique et lui avait lancé.

Kumaro – Tiens, bois un coup. On rentre. La bataille est finie, et nous avons gagné. Reviens me voir au campement si tu veux continuer cette discussion.
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 17:57

Hier

Hayao rampait dans les hautes herbes. Très lentement. Ce n’était pas le moment de faire du bruit. Derrière lui, il entendait le léger bruissement que provoquaient les mouvements de Naema et de Kumaro. Il eut soudain envie de rire. Il se souvenait encore avec une netteté du jour où, tout gamin, il s’était trouvé dans la même situation. C’était une autre époque. Cette fois là, il cherchait à se rincer l’œil. Aujourd’hui, il cherchait à tuer.

Naema – Ils sont juste à côté. On y va ?

Kumaro – Pas encore. Attendons encore un peu.

Naema – Ils ne sont pas sur leurs gardes, là ! C’est le moment !

Kumaro – Crois moi, ils ne seront pas plus sur leurs gardes dans une heure, mais ils auront fini de boire pour fêter leur victoire. Une cible ivre morte est plus simple à atteindre.

Hayao – Je croyais qu’on devait se battre ?

Kumaro – C’est ce qu’on va faire.

Hayao – Contre des ivrognes déchirés ? Il est où, ton combat de guerriers, là ?

Kumaro – On est en mission pour Kiri. Je ferai ça pour mon plaisir, je les attaquerai une main dans le dos et en plein jour, mais on n’est pas là pour déconner. La loyauté est le premier des honneurs.

Hayao soupira. La notion d’honneur chez les guerriers lui semblait de plus en plus floue. Résigné, il lança un regard au petit groupe d’homme installé près du feu. Parmi eux, il identifia rapidement Ryosuke Shinoï. Probablement un grand guerrier, indéniablement un héros, et incontestablement un ennemi. Il était le dernier meneur de cette tribu barbare du nord de Mage. Le reste de leur clan avait été massacré il y a des mois – les Aïsus avaient été particulièrement efficace – mais ces abrutis refusaient de se rendre. Depuis, ils avaient mené une véritable guérilla à l’encontre du village de la brume, et leurs actions commençaient à irriter particulièrement les autorités. Un fermier local les avait finalement trahis, et l’équipe de Hayao avait reçu pour consigne de se débarrasser d’eux.

Naema – Une heure ? On va se faire chier comme ça pendant une heure ?

Kumaro – C’est ça la guerre, petite. On attend, on se le pèle, et on se fait chier.

Naema – Super…

Hayao – ils vont vraiment se bourrer la gueule ?

Kumaro – C’est ça aussi, la guerre. On boit pour oublier ses défaites, et on boit pour célébrer ses victoires.

Naema – Parole de vétéran. Je vois pas ce qu’ils peuvent fêter…

Kumaro – Ils ont massacré une caravane de Kiri, c’est suffisant pour eux.

Hayao allait répondre, mais il s’interrompit. Autour du feu, Ryosuke Shinoï s’était levé. La démarche légèrement chancelante, il se rapprocha du brasier, et plongea son regard d’acier dans les flammes. Puis, sans avertissement, il se mit à chanter.

Ryosuke
Du temps, où je n’étais qu’un gosse
Mon grand père me disait souvent
Assis à l’ombre de son porche
En regardant passer le temps

Naema – Putain, ils chantent maintenant.

Ryosuke
Petit, vois-tu ce pieux de bois
Auquel nous sommes tous enchaînés ?
Tant qu’il sera planté comme ça
Nous n’aurons pas la liberté

Kumaro – Soyez flattés, ils parlent de nous.

Ryosuke
Mais si nous tirons tous il tombera
Ca ne peut pas durer comme ça
Il faut qu’il tombe, tombe, tombe
Vois-tu comme il penche déjà
Si je tire fort il doit bouger
Et si tu tires à mes côtés
C’est sûr qu’il tombe, tombe, tombe
Et nous aurons la liberté

Hayao – On fonce !

Naema – De quoi ?!

Le jeune guerrier ne prit pas là peine de répondre. Il se redressa d’un coup, et fit chanter Aoi hors de son fourreau. Il fut au contact en un instant à peine.

Lorsque, plus tard, Naema et Kumaro lui parlerait de cet épisode, Hayao s’excuserait. Il avait fait un erreur. Il avait chargé tête baissée, sans prévenir ses compagnons ni élaborer de plan d’attaque. Il ne s’était pas battu contre des guerriers, il avait massacré sans réfléchir quelques hommes perdus, trempés par la pluie, et englués dans une guerre qu’ils avaient déjà perdue.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Lun 9 Déc - 18:26

Aujourd’hui

Il porta la gourde de saké à ses lèvres, mais elle était vide. Il la laissa tomber sur la plage, et se releva.

La mission, si elle avait été réussie, lui avait laissé un goût amer dans la gorge. Pourquoi avait-il chargé de cette façon ? Kumaro lui disait toujours que la loyauté était la première des vertus. Peut-être la voix mélodieuse de Ryosuke lui avait-elle rappelé avec un peu trop de justesse qu’il était un loup dressé, ligoté au pieu de noir, condamné à passer son existence à la défendre. Peut-être pas. Il ne savait pas vraiment.

Qui restait-il à présent des quelques soldats qui accompagnaient Jiri lors de son débarquement ? Moins de dix. Peu nombreux étaient les kiréens à pouvoir prétendre avoir participé à autant de bataille que lui. Il avait vu mourir le chef Aïsu. Il était là lors de la première démonstration de force des inquiétant Yamanaka. Et il était toujours là lorsqu’à la bataille d’Izumo, Name Aïsu avait rallié ses troupes et vengé son mentor dans un assaut dévastateur. Et pourtant, parmi tous les adversaire qu’il avait rencontrés à ce jour, presque aucun ne lui avait offert un beau combat. Ils étaient trop grossiers dans le maniement des armes pour être à son niveau.
Un large sourire d’excitation illumina son visage.
C’était avant que les villages shinobis n’émergent.

Les shinobis étaient des adversaires de valeur. Et il ne pourrait pas y couper : il lui faudrait les affronter un jour ou l’autre.

Un sentiment d’allégresse l’envahit à cette pensée.

Les choses n’allaient peut-être pas aller si mal.


THE END
Bravo à ceux qui ont tout lu !
Ma présentation est assez longue par rapport à ce que j'écris d'habitude, mais j'avais pas mal de truc à raconter !

MessageSujet: Re: Hayao Nishida   Mar 14 Jan - 17:34

Je viens de compléter la lecture de ta présentation (il me restait que la seconde page à lire il faut dire), finalement il y aura peut être des changements à apporter sur certains passages. Néanmoins je dois m'assurer qu'il n'y ait pas eu de changements du côté du BG général.

Pour faire plus court, je vais devoir demander deux trois choses au Maître du jeu.

Côté fautes récurrentes, on écrit les Aisu et non les Aïsus et il manque généralement les tirets aux verbes (prête-moi, offrez-lui, etc...). C'est simplement à titre informatif, je ne te demande pas de relire et corriger pour des raisons évidentes.

Je te tiendrai au courant une fois que j'aurai obtenu mes réponses.

Édit: maintenant que c'est fait, voilà ce qui va falloir corriger:

- les allusions à la conquête de l'archipel. Dans ton texte elle parait terminée, à l'heure actuelle trois iles ont été conquises uniquement.

- les éléments trop précis sur les autres villages. Le rêve n'est pas un soucis, mais ton personnage ne peut pas savoir qu'au pays de la Foudre existe un village nommé Kumo et dans celui du Feu un autre qui s'appelle Konoha. Les contacts entre les pays sont inexistants, il peut au mieux se douter que des ninjas et villages cachés existent dans les autres pays.

En ce qui concerne le désir de ton personnage, la nomination de Kage n'est pas à l'ordre du jour.
Je souhaitais juste le préciser, au cas où.

Edit2: il ne te reste plus qu'à mettre l'avatar à la bonne taille et tu seras validé.

Edit3: tout est bon, te voilà donc validé Juunin de Kiri et tu reçois 72 points d'expérience pour ta présentation.




Évitez au possible de faire parler mon personnage dans vos RP (outre les citations), si vous en avez le besoin maladif contactez moi par MP afin que l'on puisse s'arranger.
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MessageSujet: Re: Hayao Nishida   

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