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 Hokkinin Satsubatsu

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Hokkinin
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MessageSujet: Hokkinin Satsubatsu   Mar 4 Mar - 15:24

Nom : Satsubatsu
Prénom : Hokkinin
Age : Entre 11 et 13 ans
Grade souhaité : Aspirant
KG (kekkai Genkai) souhaité : Satsubatsu


Je vais te raconter une histoire…

Souvenirs…

Les premiers souvenirs que j’ai, sont des sanglots. Un homme qui essaye tant bien que mal de dissimuler ses larmes et de contrôler son souffle. Un adulte qui souffre à quelques centimètres de moi, alors que l’aube pointe entre les arbres. Je me souviens de cette horrible sensation. D’avoir émergé du sommeil et d’avoir les sens aussitôt alerte. Le corps tétanisé, refusant de tourner pour faire face à la source de ce bruit. Cette peur instinctive qui irradiait le long de mon dos et venait se loger au plus profond de mon estomac.
Putain, pour un peu je dirais presque je m’étais pissé dessus.

Et puis les sanglots avaient cessé. La respiration s’était faite moins saccadé, plus reposé. Et je suis quasiment sur d’avoir entendu quelques mots prononcés, comme des remerciements qu’on adresserait à quelqu’un qui nous soulageait d’un poids… Puis les autres bruits étaient arrivés. J’entendais la peau qui se déchirait, les articulations qui se disloquaient et les os qui se brisaient. Vint ensuite un souffle rauque, qui se rapprochait peu à peu. Mon corps avait cédé à la terreur et je m’étais retourné pour faire face à la chose la plus effrayante que j’avais pu voir jusqu’ici.

Il se tenait au-dessus de moi, appuyé sur les bras et jambes. Le sang coulait à flots de plusieurs plaies et recouvrait peu à peu la peau blanche de l’homme. Ses bras et jambes avaient étés intégralement englouti par une masse sanglante, qui formait maintenant deux bras difformes, terminés parce ce qui semblait être d’énormes griffes labourant la terre meuble à quelques centimètres de mon crâne. Son corps se trouvait être le théâtre d’un millions de vers rouge qui semblait exécuter une chorégraphie obscure et complexe, dans le but de couvrir chaque millimètre d’espace non rouge à disposition.
Ce qui m’avait le plus captivé à ce moment-là, et fait oublier la promesse d’une mort imminente et sans doute douloureuse, c’était ses yeux. Ils étaient injectés de sang, grand ouvert, terrifiant. Et pourtant, alors qu’un chaos rouge et poisseux lui recouvrait peu à peu le visage pour prendre une forme indistincte, au fond de ses yeux je n’y voyais que le calme le plus profond.

J’étais happé par ce lac sans fond. Derrière l’ouragan de fureur qui se déchainait physiquement sur son corps, et très bientôt sur le miens, se trouvait l’œil du cyclone. La folie la plus pure. Immense, calme, froide et imperturbable.
Je pense que c’est cette vision qui a commencé à construire l’individu que j’allais devenir.

L’Oniko me surplombait et approchait son visage du miens. Il y eut un instant de silence, seulement rompu par le souffle rauque du possédé, et les bruits de sussions qui accompagnaient chacun de ses infimes mouvements. Puis il poussa un hurlement. Un rugissement prodigieux qui résonna entre les arbres, rida l’eau alentour, fit fuir les animaux et m’aspergea copieusement de gouttes de sang. Son cri sembla durer une éternité et ne s’arrêta que sur une note étranglé. Comme si ses cordes vocales s’étaient rompues avant que l’air ne vient à lui manquer.

Puis il s’envola.

Plus exactement, on le força à décoller. Quelque chose venait de le heurter, avec la violence d’un buffle qui charge, dans les côtes. Le sang qui s’y était accumulait se retrouvait disperser dans les airs ; infime vers de sang, gigotant inutilement, avant de tomber en pluie rouge sur les feuilles mortes et la mousse couvrant le sol.
Le possédé vola sur plusieurs mètres. Heurtant le sol avec violence. Il y rebondit une fois, puis une seconde. Avant de ricocher sur la surface de la petite marre qui se trouvait à côté de notre campement. Sa course finit dans un fracas d’éclaboussure au milieu de la zone d’eau, déchainant un véritable ouragan d’écumes et de vase, rendant peu à peu opaque une eau autrefois limpide. A grand renfort de vague, il finit par se redresser, le point d’eau était largement plus large que profond, il ne se trouvait immergé qu’à partir de la taille.

Un grondement s’éleva de sa gorge à l’attention de celui qui l’avait projeté avec tant de violence. Il s’agissait d’une silhouette fine, assez petite. Vêtue uniquement d’une veste de Kimono noire, rapiécé au fil des années et sans doute passé de mode depuis un siècle ou deux. Cette veste, seul rempart de tissu entre le monde et le corps son de propriétaire glissa lentement au sol.
Malgré l’état de son corps, qui n’avait d’humain que la silhouette, le Satsubatsu marchait avec grâce. Calmement, il s’approcha de L’Oniko. Ses pieds touchèrent l’eau, formant des ondes en cercle parfait, qui calmaient les remous causé par le démon qui lui faisait face.
Il fit plusieurs pas sur l’eau. Créant à chaque fois une onde similaire à la première, et chaque fois qu’il retirait ses pieds, une fleur de sang semblait éclore sous l’eau, semblable à une rose, écartant la vase en s’élargissant. Il fit six pas de cette façon, formant un quart de cercle autour de l’Oniko, jusqu’à se retrouver sur sa gauche.

La bête l’avait suivi des yeux, grondants, tandis que de nouvelles plaies s’ouvraient sur son corps et que le sang en coulait encore plus. Achevant de transformer sa silhouette en quelque chose d’autre et de grotesque. Un bruit de succion eut lieu, et un énorme tentacule sembla pousser du dos de la créature, fouettant l’air avec violence.

Imaru. Si tu entends ma voix, te rends tu comptes de ce qu’il t’arrive.
Tu as sauvé celle que tu aimais et cela ta détruit ? Comptes-tu abandonner maintenant et laisser ton héritage se faire élever par un autre ? As-tu renoncer à te battre ?


Pour toute réponse, l’Oniko hurla à nouveau, se dressant face au ciel. Sa voie était devenue plus rauque et une nuée de postillons rouge sortait de ses lèvres. Alors qu’il abaissait à nouveau le visage vers sa nouvelle cible le tentacule sur son dos se contracta, avant de se détendre subitement et de foncer tel un dar sur son opposant. Ce dernier leva le bras quand l’attaque fut à peine à une cinquantaine de centimètre. Il percuta la lance de son du dos de la main, et la fit exploser dans une gerbe de sang, qui retomba en pluie sur toute la surface de l’eau, la criblant de rides minuscules.

Le Satsubatsu qui affrontait l’Oniko sembla glisser à la surface de l’eau. Rejoignant le corps à corps en une seconde. Son bras gauche se détendit, et il percuta le torse du monstre qui s’immobilisa sous l’impact. Le sang qui s’était accumulé à cet endroit semblait être repoussé, laissant apercevoir un cercle de peau et chair déchiqueté. La main droite parti de la hauteur des hanches et se dirigea droit vers le cœur. Juste avant l’impact, les fleurs de sang qui avaient éclos sous l’eau s’agitèrent, et partirent en flèches rejoindre les doigts tendu, qui renforcé par ce qui semblait être des ongles de sang, pénétra dans la cage thoracique de L’Oniko.

D’un geste vif, Jikkei’ji retira Son bras droit.

L’horrible bruit que cela produisit resterait sans doute à jamais graver dans ma mémoire. Un craquement humide, allié à la chaire que se déchire et à la vie qui se fait faucher en l’espace d’une seconde. Le chef du clan jeta entre les arbres l’amas d’os et d’organe qu’il venait d’extirper du corps de l’Oniko, qui semblait se désagréger immédiatement. Répandant un raz de marée miniature et sanglant sur le point d’eau. Le corps, auquel il manquait maintenant une moitié de cage thoracique, plusieurs vertèbres et un cœur s’effondra sur lui-même. Eclaboussant son bourreau qui resta quelques secondes à regarder le corps sombrer et remuer encore plus de vase.

Puis lentement, il revint vers le rivage. Ramassa le seul vêtement qu’il possédait et me regarda quelques instants. Un silence de mort régnait sur le campement, alors que je sentais la brûlure de plusieurs dizaines de regard irradier mon dos.
La main droite de Jikkei’ji s’approcha lentement de moi et me caressa doucement le sommet du crâne. Ebouriffant mes cheveux. Le contact n’était pas poisseux comme je m’y étais attendu, et il laissa une étrange sensation de chaleur sur ma tête.

Tu as été courageux petite larme… Ne t’inquiètes plus.

Il me dépassa, se rhabilla et me laissa aussi seul que possible tandis que la première larme coula le long de ma joue.

Mon premier souvenir pesant. Ce fût de voir celui qui me donna naissance se transformer en monstre et ne pas y survivre.


Dernière édition par Hokkinin Satsubatsu le Mar 8 Juil - 19:26, édité 3 fois
Hokkinin
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MessageSujet: Re: Hokkinin Satsubatsu   Dim 25 Mai - 19:59

Autre jours…

Un autre jour, un autre lieu, une autre époque.
Toujours dans le clan, toujours dans la nature, toujours moi, avec l’addition de quelques années.

Ma vie avait suivi son fil. Mes parents étaient morts, je ne me souvenais presque plus d’eux à présent. Tant mieux pour eux. Tant mieux pour moi. Je n’avais pas l’âge et les épaules pour porter un deuil de deux personnes qui auraient pu m’être cher.
Néanmoins, on ne pouvait m’abandonner à l’attention d’un clan entier, quelqu’un devait me surveiller et faire mon éducation. Ce devoir était revenu à Ashigane. Une jeune femme aux paroles aussi douce que sa longue crinière de cheveux blancs. Gracieuse comme une onde sur l’eau. Belle comme un matin et doué d’une intelligence tranquille, qui lui permettait de m’inculquer un concept qui me servirait de béquille, et allait m’aider à rester fier, droit et vivant. L’humour.

Bien évidemment, elle ne me l’a pas enseigné au cours d’une leçon et n’a pas fait de moi un de ces bouffons qui gagnent quelques pièces sur les trois pauvres planches de bois qui leur servent de scène dans la rue. Non, c’était un apprentissage par assimilation, qui s’est insinué de façon fourbe et perfide au plus profond de mon esprit au cours des années. Et qui aujourd’hui encore se répand encore, laissant sa marque. C’était un peu comme si j’étais victime d’une maladie qui me rongeait la chair au fur et à mesure de mon existence.
Mais je digresse.

Mon « Don », la marque de notre clan, s’était déjà manifesté sur mon corps à ma naissance. Dans le clan ce n’était pas chose rare. On se retrouvait à perdre des morceaux dès nos premières années, l’évolution de la chose dépendait ensuite d’un individu à l’autre. Dans mon cas, elle était dans la norme monstrueuse qui nous caractérisait… Elle avait simplement commencé par un point rouge au niveau du ventre, une espère de bouton percé et qui ne cicatrisait jamais, pour devenir vers mes huit ans un amas de plaies béantes sur l’estomac, et s’étendant vers ma poitrine et ma zone privée.
Ce n’était ni agréable à regarder, ni à subir. J’ai longtemps vécu avec l’angoisse de voir mes intestins jaillir soudainement de ce stigmate.
Jusqu’à présent, j’ai eus la chance de ne jamais me retrouver en face à face avec mon gros intestin.

Bref, vers cette huitième année bénie j’allais être introduit à mon nouveau tuteur.
Il avait plu pendant les quelques semaines qui précédait cette histoire. Des pluies d’été, dru et chaude, agaçante au possible et rendant les nuits, la marche, les pauses et plus généralement la vie pénible. Pourtant, elles avaient apporté une vague d’excitation au sein des miens.
Il allait y avoir une pêche aux dentus.
On m’avait envoyé dans une petite crique de l’île que nous traversions actuellement. Vierge des hommes, elles n’étaient pour l’heure peuplé que d’animaux et de monstre. Nous étions en réalité cinq ou six sur cette plage de sable gris. Une jungle fait d’arbre bas et tordu ainsi que d’épineux se trouvait dans notre dos, et deux bras rocheux semblaient vouloir enfermer une partie de l’océan à l’intérieur de l’île. Ce qui devait d’ailleurs avoir lieu à d’autre période que celle des pluies.

Nous, nous étions essentiellement des gamins, âgé d’entre cinq et douze ans, avec deux adultes. Un ancien du clan, qui nous avait accompagnés de notre campement provisoire jusqu’ici, qui portait sur son dos plusieurs morceaux de toile, d’âge et de couleur varié, ainsi qu’un assortiment d’ustensile tranchants, certains étant bien trop grossier pour être appelé couteaux.
Les autres jeunes avec moi étaient des garçons et des filles, tous ne sont que des figurants dans cette histoire, à l’exception d’un seul.
Osa, un des plus jeunes. Il s’était approché de moi un jour, après que… J’ai vécu le pire réveil de ma vie. Il m’avait souri et clamé qu’il devrait me tuer un jour. Depuis c’était sans doute ce que je pouvais appeler mon meilleur ami.

Et finalement, la personne la plus importante de ce chapitre. Une femme aux longs cheveux noirs de jais. Qui nous tournait le dos. Lorsqu’elle nous entendit arriver, elle laissa son seul vêtement, un Haori blanc et noir, tomber au sol. Nous révélant son magnifique corps nu.
C’était sans doute la première femme que je voyais nue, et quel effet elle m’a laissé…
Gracieusement ignorant les gloussements, les sifflements, et les regards hypnotisés qui se posait sur son dos et indifférente à la pluie qui s’abattait encore avec violence, elle se dirigea vers les eaux de la crique.
A la surprise de plusieurs d’entre nous, elle n’y sombra pas. Elle marchait sur les flots. Laissant éclore une fleur de sang sous ses pas. L’image de Jikkei’ji se superposa dans mon esprit avec ce que je voyais, et un frisson me parcouru l’échine. Quelques fleurs de plus, et elle se trouvait suffisamment loin de la plage pour ne plus avoir pied si elle devait se retrouver dans l’eau. Une eau qui fut agité de remous n’ayant rien à voir avec la pluie qui tombait drue.
Un aileron surgit des flots à quelques mètres à gauche de la femme, puis replongea aussitôt. Je ne sais plus si quelqu’un eut l’idée de crier un avertissement à cette femme magnifique. Mais il était évident qui ne servirait à rien.

Il y a eu une éclaboussure, et un corps long et luisant sorti de l’eau. Un requin, ou quelque chose qui y ressemblait et devait être plus large et long que moi, venait de jaillir de l’eau. La bête tout en muscle frôla la Satsubatsu qui pivota à peine sur ses talons. La bête toucha les flots dans une autre éclaboussure, et en ressorti aussitôt, semblant suivre le mouvement de rotation de la femme. Il volait au raz de l’eau, emporté par une masse de sang rouge qui l’avait harponné. Une autre rotation au-dessus des flots, et le corps du prédateur marin atterri sur le sable, inerte.

La femme avait arrêté de bouger et nous regardait avec un sourire en coin. Elle était si belle.

Un raclement de gorge me ramena sur une zone plus terre à terre.

L’ancien avait posé ses paquetages sur le sable et nous les présentait. Un sourire édenté lui barrait le visage.

Ceux qu’on faim, va falloir apprendre à jouer du couteau. On commence par les lames les plus large…

Rapidement, nous nous retrouvions à manier des couteaux, certains émoussé au point de faire rougir de honte un couteau à beurre. Les prédateurs marins se retrouvèrent victime de charognard débutant, qui ici vidait les entrailles, là coupaient les ailerons et la queue. Certains disent que tout est bon dans le cochon. Tout est bien dans le requin, surtout quand tu vas crever la faim si tu n’en mange pas.

Les entrailles se répandait au sol, les pièces détachés et  sanguinolentes, se retrouvaient enveloppés dans des toiles cirés, des yeux de requins disparaissaient dans la l’estomac des (du) plus gourmand. Un indice, il s’agissait de celui qui nourrissait des ambitions meurtrières à mon égard. Le tout sous la direction d’un vieil home, ravi de voir des jeunes passer par la même corvée qu’il avait dû effectuer des années auparavant.

J’étais concentré sur ma tâche. Le vieil homme ne mentait pas. Si on avait faim, il fallait apprendre. Et plus vite on apprenait à s’occuper de sa nourriture, plus vite on pourrait la manger. Sous la direction de notre ancêtre adoré, d’une lame émoussée je jouais, pour pouvoir manger.
Le nez dans mes entrailles, à lutter pour trancher l’épaisse peau de l’ancien prédateur marin, je ne faisais pas attention à celle qui s’était approché de moi.
Elle s’était agenouillée pour se retrouver à ma hauteur, et mon seul rempart face à elle fut un poisson mort. Tué par ses soins. Un rempart fort heureusement dérisoire.

Tu es Hokkinin.

Je crois que sur le coup, sa voix m’avait fait oublier mon prénom. Heureusement qu’elle avait choisi cette phrase en introduction.
Le doigt qu’elle tendit pour me toucher le creux de l’estomac me fit l’effet d’un coup de poing. En infiniment plus agréable.

Comme le reste d’entre nous, tu as été marqué. Pour l’heure, tu es Hokkinin. Veux-tu le rester ?

Je hochais la tête. Bizarrement, j’aurais pu être n’importe qui d’autre, je pense que j’aurais voulu le rester… Tant qu’elle continuait à me parler en me souriant.

Et moi je le tuerais s’il devient fou et essaye de manger quelqu’un !

C’était mon cher ami qui s’était discrètement immiscé dans notre conversation.
Elle eut un petit rire, et lui répondit.

Je ferais en sorte que cela n’arrive pas.


Dernière édition par Hokkinin Satsubatsu le Sam 21 Juin - 16:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hokkinin Satsubatsu   Sam 21 Juin - 19:24

Des années plus tard :

Le temps est passé. Une force titanesque que rien n’arrête. Nous plions tous sous sa force, que l’on soit une plante ou une montagne, un insecte ou un oiseau, un humain ou un monstre. Le temps a défilé, et la seule chose à faire pendant ce temps, c’est de la remplir du mieux que l’on peut.
Certains y arrivent mieux que d’autre.

Ashigane est devenu ma nouvelle mère. Une mère que j’aimais de tout mon cœur, et qui me le rendait bien à travers son enseignement. Elle m’apprenait la vie.
Pas celle du clan. Enfin, si, c’était un apprentissage quotidien que chaque membre subissait. Nous devions apprendre à survivre. Nous nourrir et vivre cacher pour je ne sais quelle raison.
Mais j’apprenais la vie. Une vie pleine de chose qui semblait tellement inutile, des pertes de temps, un luxe que l’on ne pouvait pas toujours se permettre. J’apprenais la vie des hommes. J’apprenais leur notion, leurs coutumes. J’apprenais l’écriture et la lecture.
J’apprenais un tas de chose bizarre.

Et aujourd’hui, je devais apprendre autre chose. Je devais apprendre à mon fondre parmi eux pour pouvoir survivre plus longtemps.

Nous étions trois à réaliser ce prodige. Ou plutôt deux. Il y avait moi, il y avait l’ancêtre, qui m’avait appris à vider et découper du requin. Il m’avait aussi appris à le préparer, à récupérer tout ce qui pouvait être utile dans les animaux que nous chassions. Il m’avait appris à traquer, dépecer, cueillir les plantes qui peuvent soigner les mal qui ne sont pas lié à notre don, à préparer celle qui nous permettent de vivre quelques minutes hors de la douleur de notre don. Il m’avait appris à nettoyer les peaux d’animaux pour en faire des couvertures et des vêtements.
En fait, il m’avait tout appris. Il était un enseignant, une source de savoir, et tristement, il était un monstre.
J’avais appris un mot pour le décrire. Un « Hérudi ». (Oui, mes talents en orthographe à l’époque laissaient encore à désirer).

Et je devais l’accompagner, une fois encore pour qu’il m’apprenne quelque chose. Mais l’initiative ne venait pas de lui ou de notre chef. Si j’étais celui qui devait-y aller, c’est parce que mon maître, ma mère, m’y avait envoyé.

Et finalement, notre troisième membre était une jeune fille. Yajuu. Elle était plutôt jolie… Je crois. Dur à dire sans voir son visage, caché par un masque blanc, taillé dans l’os d’un animal qui devait faire au moins quatre fois sa taille, le jour où elle l’avait tuée.
Elle ne venait pas se fondre dans la monde des humains avec nous. Elle était notre corde de survie.

Hérudi et moi-même étions vêtus de frusques, de tissus cousus ensemble afin de former une chemise et un pantalon qui nous dissimulait quasi totalement. Une cagoule du même ensemble recouvrait notre tête. Ne laissant que nos visages à découvert. Ce n’était pas destiné à nous protéger du froid de l’hiver. Nous n’étions pas réellement sensibles à celui-ci.
C’était destiné à nous protéger des regards du monde extérieur. Et à en juger par le parfum que nous dégagions maintenant, c’était aussi destiné à agresser les capacités olfactives du monde extérieur.
Mais au moins, nous sentions bien moins le sang qu’à l’accoutumé.

Ainsi vêtu, au côté d’Hérudi, j’écoutais les dernières recommandations du chef du clan. Il y avait une liste à compléter tant de quantité de ça et de ci à prendre. Et il fallait faire vite.
Il y eut d’autre échange, quelques rappels quant à notre objectif, et pour finir une petite mais visiblement lourde sacoche fut donné à mon mentor du moment.

Nous avancions dans la neige, nous rendant dans un petit village qui se trouvait ici depuis des années. Un point de ravitaillement habituel pour le clan. Durant la route, Hérudi me répétait inlassablement les mêmes recommandations. Je devais jouer à rôle. J’étais son fils. Nous étions de pauvre chasseur et nous devions vendre les peaux de nos dernières chasses pour passer la rigueur de l’hiver qui frappait la région de plein fouet.
En pensant aux lourdes peaux de loup que je devais transporter, je me disais qu’il ne devait exister aucun chasseur qui attirait sa proie avec son odeur naturelle dans le village où nous allions.

Nous étions donc de pauvre chasseur. Rien de plus. Nous ne devions pas faire usage de notre don en publique. Qui sait comment cela se terminerait. C’était aussi une des raisons pour lesquels nous avions était envoyé en petit comité. Nous étions permis les seuls à pouvoir dissimuler facilement nos stigmates aux yeux du monde. Et visiblement, nous étions suffisamment responsables pour ne pas créer d’effusion de sang au sein d’une population humaine.
La joie de se savoir responsable de l’expédition pour trois sacs de farines sur le village d’encule les chèvres, dans la vallée de peau de balle.

Yajuu qui nous suivait à bonne distance disparue de notre vu une fois que nous sortions du couvert des arbres. A une cinquantaine de mètres, en contrebas d’une pente douce rendu traitresse par la neige tombé quelques temps plus tôt, se trouvait le village.
Il nous fallut dix bonnes minutes pour atteindre les premiers bâtiments. C’était une expérience assez incroyable. Il y avait au moins… SIX ! Six cubes de bois et parfois de pierres, avec des ouvertures et un plafond qui abritaient des gens. C’était impressionnant. La civilisation dans toute sa splendeur. Des gens avec le regard morne qui nous regardait passer, des bruits, des chants, et des rires qui s’échappait d’un cube plus grand que les autres, sur lequel été écrit le mot… « Tavern ». Sans doute le nom de celui qui avait construit cet édifice.

Edifice vers lequel Hérudi me poussait discrètement.
Alors que nous rentrions dans le bâtiment et…
Incroyable ! Ils ont même utilisé du bois pour le sol ? Mais ça devait être super dur et faire mal au dos quand on s’y allongeait pour dormir. Même avec une bonne couverture ! Et c’était quoi ça ? Un escalier ? Tu veux dire qu’on peut aussi aller en haut et…
Pardon, je digresse. Encore.

Nous rentrions dans le bâtiment, faisant instantanément taire la plupart des gens qui s’y trouvaient. Tous étaient assis autour de table en bois grossières, en train de boire quelque chose ou de manger ce qui semblait être du poisson mélangé avec un machin vert que l’on appellera légume. Et tous nous regardaient.
J’arrêtais de respirer pendant ce qui me semblait être une longue heure, mais qui dura sans doute quelques secondes.
Avaient-ils reconnus des Satsubatsu ? Qu’allait-il se passer. Allions nous devoir… ?

Hérudi - L’Bonsoir.

Et par cette formule magique, l’agitation qui régnait avant notre entrée repris, quoi qu’un peu plus modéré. Hérudi me dirigea vers un homme debout derrière un comptoir. Le genre d’homme épais, aimable comme une porte de prison et n’avait pas l’air porté sur les digressions philosophique.
Le genre d’homme a qui appartenait cette « tavern ».

Je laissais Hérudi parlé. C’était ce qu’il souhaité de toute manière. Je profitais de ce temps libre pour observer les individus présent ici. Ils étaient… Différents. Des couleurs de cheveux et de peaux différentes. Certains tannés, d’autre un peu plus pâle. Des bruns et des châtains en majorité.
Tous portaient des tenues complètes. Un pantalon, une veste, des chaussures. Même les plus pouilleux d’entre eux avaient l’air richement vêtu en comparaison de nous.
Non pas que j’ai honte de ma tenue, pour ce que je m’en souviens, j’étais habitué à me balader à moitié à poil tout au long de l’année, comme la majorité des membres du clan.
Avaient-ils des choses à cacher ?

La main d’Hérudi qui saisit les peaux de mes bras me ramenait à la réalité. Apparemment il y avait un échange plus mouvementé que prévu. J’essayais de me recentrer sur la conversation.
Le monsieur « Tavern » semblait mécontent. Hérudi lui proposait des peaux contres des sacs de céréales, mais il lui disait que ses peaux ne lui servirait à rien pour l’hiver, contrairement à sa nourriture. Hérudi lui répliqua qu’il pourrait en faire des couvertures, des vêtements ou n’importe quoi d’autre pour lutter contre le froids, ce à quoi Tavern trouva juste de répondre que la faim le tuerais plus surement que le froid, ce que son ventre imposant pour démentir. Là-dessus, un autre homme assez proche pour avoir suivi l’affaire déclara que Tavern n’avait faim que d’une chose, de Laure. Tavern lui répondit qu’il pouvait aller se faire tailler une pipe par un requin et qu’il aimerait bien voir la couleur son Naure s’il comptait continuer à boire ici. Ce à quoi l’homme rétorqua qu’il préférait se faire tailler une pipe par un requin, au moins il savait que la pauvre bête s’étoufferait avec son engin dans la gorge.

Et alors que je réfléchissais encore à comment un requin pouvait tailler du bois, un petit claquement sembla créer un espace d’anti bruit dans toute la pièce.

Un petit objet plat et légèrement ovale était posé sur le comptoir, par les soins d’Hérudi. Il était jaune brillant et captivait visiblement l’audience. Plus tard j’appris que c’était donc ça de Laure.

Du coin de l’œil, je vis Hérudi refermer la fameuse sacoche que lui avait donné Jikkei’ji avant le départ, et eus le temps de constater qu’il semblait y avoir plusieurs Naures dans cette fameuse sacoche.

Hérudi – Cela sera suffisant pour ach’ter ce que je vous demande ?

Je n’avais jamais cru qu’on pourrait imiter un poisson aussi parfaitement. Quel homme de talent ce Tavern.

Un « oui » finit par se glisser hors de sa bouche. Et il aurait fallu être sourd, aveugle et con pour ne pas réaliser le changement d’ambiance qui avait opéré dans la taverne. Des conversations avaient repris, mais à voix basses. Personne n’osait réellement regarder dans notre direction. Uniquement des coups d’œil furtifs ; comme des animaux qui hésitaient entre nous considérer comme une proie ou des prédateurs.
Je perçus quelques mots, beaucoup parlait de Laure. D’autre de Chie Nos billes. Certains parlaient de ce qui semblait être un nom. Jiri Tereitsu.

Et, étrangement, ce petit objet doré et quelques peaux de loup se transformèrent en provision. Des lourds sacs de toile, remplis de farine, de riz et même de viande séchée. Il y avait même deux outres rempli d’un liquide qui sentait assez fort.

Il nous fallut cinq bonnes minutes pour réussir à nous organiser et porter tout ça. Visiblement, personne dans le clan n’avait songé qu’on repartirait avec un chargement aussi important. Et c’est donc avec un sac sur chaque épaule et dans les bras que nous entamions le chemin du retour.
Et alors que nous sortions du village, Hérudi commença à m’interroger.

Hérudi – Qu’à tu entendus là bas ?

Un moment de silence. Avant de répondre.

Hokkinin – …Se faire tailler une pipe par un requin ?

Hérudi s’esclaffa. Avant de reprendre.

Hérudi – Tu es jeune, je peux le comprendre. Mais écouter, c’est survivre. Ils ont parlé du port de Reisai. Il a été incendié il y a deux mois il semblerait. Il va falloir adapter notre itinéraire, nous avions prévu de nous ravitailler là-bas.

Ah… Je vois… C’était donc pour ça qu’on se fondait dans la masse et qu’on ne fondait pas sur elle. Les morts ne parlent pas.

Hokkinin – Ca se mange Laure ?

Hérudi – Non.

Hokkinin – Alors pourquoi ils en ont besoin ?

Hérudi marqua une pause. La pente l’avait essoufflé. Il prit quelques seconde pour inspirer et reste le regard dans le vague quelques instant avant de reprendre la marche, avec moi sur ses talons

Hérudi – Est-ce que tu as entendu quelque chose d’autre ?

Je me renfrognais légèrement, déçu de ne pas avoir de réponse à mon interrogation.

Hokkinin – Chie nos Billes… et Jiri Tirétsu !

Hérudi – Tereitsu ?

Hokkinin – Oui, voila, c’est quoi ?

Hérudi – Un début…

Je voulais encore lui demander des précisions, quand quelqu’un me passe le bras en travers de la poitrine et me décolla du sol. Le geste fut tellement brusque que j’en eus le souffle coupé. Et je pus admirer la lame d’un couteau pressé près de mon œil.
Hérudi s’était retourné en entendant le bruit provoqué par l’individu qui m’avait attrapé, et je pus voir un éclair de surprise et de colère passer dans ses yeux, puis de déception.

Cinq individus nous entouraient. Je reconnaissais certains visages aperçus dans le village. Tous portaient une cape noir placé de façon à masquer leur visage. Ce qu’il réussissait pitoyablement. Tous portaient un couteau ou un solide bâton et ils avaient toujours cet air d’animaux indécis.
Celui qui me tenait parla. Et à sa voix, je reconnus l’étouffeur de requin.

Etouffeur de requin - Envoie Laure vieillard, ou ton gamin il y passe !

Trois voix firent écho à ça, des « ouais » et des « sur, il y passe ». Les sourcils d’Hérudi retombèrent légèrement. Les émotions liées au fait d’avoir été surpris, lui qui était un parangon d’expérience, avaient laissés place à quelque chose de plus naturel. Un éclat morne brillait maintenant dans ses yeux.

Hérudi – Pourquoi ?

Il y eut comme une vague d’hésitation parmi nos agresseurs. Ils ne devaient pas s’attendre à une réponse de ce genre.

Etouffeur de requin - T’es con ou quoi ? Il y passe parce que tu nous donnerais pas ton Naure ! Et tu nous donneras ton Naure parce que sinon il passe. Et après ça sera à ton tour ! Ouais ! Voila !

Hérudi – Dans ce cas, pourquoi tu ne viens pas me tuer ? Tu n’aurais qu’à prendre ce que tu veux sur mon cadavre.

Etouffeur de requin - C’est moi qui dit comment que ça se passe ! Et je te jure que si tu n’fais pas ce que j’te dis…

Hérudi – Tu le tueras, puis tu me tueras et tu pilleras nos cadavres et les laissera à pourrir dans le froid ?

Etouffeur de requin - Tu crois que j’en suis pas capable ?!

Il ressera sa prise autour de moi, et rapprocha le couteau un peu plus de mon œil.

Hérudi – Tu ne serais pas assez monstrueux pour faire ça… Elle en revanche…

Et l’étouffeur de requin émis un gargouillement assez peu élégant. Relâchant sa prise sur moi et laissant tomber son couteau. Son bras tomba au sol à côté de moi. Puis sa tête. Puis son corps. Yajuu se tenait derrière moi. Le sang sortant de son dos et de ses bras, formant un faisceau de tentacules rouges et menaçant.

Il fallut qu’un deuxième voleur meure pour qu’ils commencent à réagir.

Voyant leur chef découpé et un de leur camarade empalés, ils commencèrent à fuir. Yajuu les rattrapa sans peine, les surplombant de toute la hauteur que lui permettait son don, usant de ses tentacules de sang comme autant de pattes. Le premier qu’elle rattrapa fut proprement écrasé. La tête lui rentra dans les épaules et fit jaillir des éclats d’os et de sang. Le quatrième fut saisit par la jambe, et finit sa vie en hurlant à l’aide avant de se faire briser contre un arbre, qui s’abattit sous la violence du choc. Les deux derniers furent tués quelques mètres plus loin. L’un arraché en deux, le dernier hurlant au monstre de le laisser en paix, avant de voir sa tête explosé.

Yajuu revient vers nous, marchant tranquillement. Ses cheveux et son masque blanc taché d’un sang qui n’était pas le siens.

Hérudi – Bon… Ramassons ce qui pourra être utile et rentrons. Et Yajuu, celui-ci bouge encore.

Un bruit de succion, du sang qui s’élevé et un rapide coup de main vers le cou du dernier homme agonisant. Et s’en été finis.

Je regardais le massacre. Je me souvenais très bien de la première fois que j’avais assistée à ce genre de spectacle. C’était mon premier souvenir. Pourtant, cette fois-ci, comme toute celle depuis, je n’avais pas ressentis la moindre once de peur.
J’aurais pu mourir… Mais je ne l’ai pas fait. Et on dirait bien que c’est le camp le plus monstrueux qui a survécu.

Je suis Hokkinin Satsubatsu, et j’ai vécu une journée normale dans un clan de monstre. C’était la pensée que j’ai eus cette nuit-là.

Et le lendemain matin, le clan se mit en route.
Jikkei’ji nous guidait vers l’île que les habitants humains nommaient Shimatori.
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MessageSujet: Re: Hokkinin Satsubatsu   Sam 21 Juin - 19:25

BG finit, la suite (et l'intégration sur Kiri) se fera en collaboration avec un Meujeuh.

D'avance, désolé pour les fautes, je ne me suis pas encore relus.
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MessageSujet: Re: Hokkinin Satsubatsu   Dim 22 Juin - 20:12

Bon retour parmi nous Hokkinin ! Ravi de voir que ton projet avance. Ton clan est presque aussi vieux que le forum mine de rien !

Encore quelques petits efforts et ça sera un clan jouable ! En attendant, te voilà aspirant de Kiri. Félicitations !

Hokkinin : +47XP


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MessageSujet: Re: Hokkinin Satsubatsu   

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