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 Seikaiju

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Kuroko Hokufû
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MessageSujet: Seikaiju   Dim 24 Mai - 23:30

Troisième jour depuis la rentrée à l’académie, troisième réveil dans un lit. Mon ventre ne semble pas réclamer de nourriture, pourtant je pars prendre un petit-déjeuner. C’était de la pure gourmandise, un plaisir que je ne veux pas me refuser. Après tout, qui sait combien de temps je pourrais profiter de tout ce que m’offre l’académie ? Le village pourrait prendre racine et perdurer dix ans. Il pourrait être la cible d’un autre groupe de clans plus gros et s’éteindre demain soir. C’était une expérience sans précédent, et comme toutes celles du genre, on ne sait pas ce qui en résultera.

Certains diront que je suis beaucoup trop jeune pour avoir ce genre de réflexion. Le truc, c’est que certains n’ont pas vécu toute leur vie dans la rue. Chaque matin, on ne sait pas ce qui nous attend, on ne sait pas si on va manger, si notre squat ne va pas être pris d’assaut par un autre groupe que le nôtre. Alors quand on se lève, on essaie de profiter au maximum de ce qu’on a à disposition. Moi, je prendrai un petit-déjeuner dans le réfectoire de l’académie.

Aujourd’hui, je n’ai rien à faire. Ma classe avait le droit à une journée sans cours deux fois par semaine. C’est l’occasion de s’entrainer, ou de reposer ses muscles. À chacun de voir ce qu’il allait en faire. Je n’avais pas particulièrement prévu de faire l’un ou l’autre. Simplement profiter de la journée, se balader autour de l’académie. Peut-être passer un peu de temps avec Haruhi ou Haku ; je n’avais pas vraiment pu les voir depuis la rentrée.

Oui, c’était une bonne idée. Un coup d’œil sur la salle me permet de réaliser que mon jumeau était installé à quelques tables de moi. Je m’installe à côté de lui.

Kuroko – Salut. Tu as cours aujourd’hui ?

Haku – Jusqu’à dix heures avec les Aisu. On peut se voir après.

Kuroko – Faisons comme ça, tu vas bosser et je vais glander. C’est un bon programme.

Haku – T’es con…

Le repas terminé, nous nous séparons. Lui va vers l’arrière-cour, et moi je trouve le meilleurs arbre du jardin de l’académie. Un chêne dont les branches à bois feront de parfaits sièges pour les deux prochaines heures. Un peu dur, certes, mais suffisamment larges pour que je ne tombe pas quand je m’endorme. Ça serait quand même con se tuer pendant une sieste.

***

Haku – Hey, réveille-toi branleur !

Le réveil est un peu dur, et je manque de tomber de la branche sur laquelle je suis installé. En bah Haku, habille dans des vêtements plus amples que ceux de ce matin, attends que je descende. Je m’exécute.

Kuroko – Tu t’es changé ?

Haku – On va courir.

Kuroko – Du coup j’ai pas le choix ?

Haku – C’est bon pour la santé. Et puis il ne faudrait pas perdre certains réflexes.

Bon, je n’ai clairement pas envie de courir, mais je comprends ce qu’il veut dire. Ça doit faire quoi ? Deux semaines que nous sommes à Konoha. Et bien ça fait deux semaines que je n’ai pas eu à courir pour échapper à des vendeurs en colère, des junkies armés ou simplement d’autre voleur plus violents que moi. Savoir courir, être rapide, prêt à partir à tout moment, ça faisait partie de notre vie de tous les jours. Il est vrai que je n’avais pas particulièrement besoin de ces réflexes en ce moment. Après tout, nous étions protégés, nourris, éduqués, dorlotés, bla, bla, bla…

Mais je l’ai déjà dit, le village pourrait sombrer demain, il pourrait sombrer dans dix ans. Est-ce que je devais parier sur sa longévité et devenir un lardon qui ne sait plus courir ? Sans moi, je préfère être en forme pour quand tout nous pètera à la gueule. Appelez-moi pessimiste, mais moi au moins je survivrais à la première mission qu’on nous confiera. Probablement que ce ne sera pas le cas de tout le monde. Surtout pas des plus gros.

Un peu endormis, je suis donc les pas de mon frère quand il commence son jogging.

Haku – Tu voulais me parler ?

Kuroko – Je voulais juste savoir comment ça c’était passé pour toi jusque-là. Moi, j’me suis fait sauvagement défoncé par le Senjago.

Haku – Un élève ?

Kuroko – Le professeur. On a tous servit de cible mouvante, et je suis plutôt mauvais pour ça.

Haku – Aoutch.

Je ne te le fais pas dire. J’ai vérifié ce matin pour voir comment ils étaient, j’avais encore 9 bons bleus au conteur, certain hérité de ma seconde session d’entrainement avec Hikari. Encore quelques un et je pourrais prétendre être un Na’vi. Vous savez ? Ces personnages des contes pour enfants, où il y a des créatures bleues qui baisent littéralement avec leurs queues. Ou leur cerveau, les deux sont reliées. Un peu comme chez l’homme normal en fait.

Haku – Ça a été plus doux pour moi. J’ai commencé à apprendre à lire.

Vous êtes étonnez que nous ne savons pas lire alors que j’ai réussis à décrypter le papier qui m’indiquait ma chambre le premier jour ? C’est tout simple, je sais lire les chiffres. C’était indispensable pour ne pas se faire arnaquer les quelques sous que j’arrivais à récupérer chaque jour. Mais lire à proprement parler ? Quelques kanji faisaient du sens : viande, homme, femme, pain, et… c’est à peu près tout. Tout ce qu’il me fallait pour trouver ce que j’aime manger, et pour ne pas me tromper de toilette quand j’arrivais à y aller.

Kuroko – Sérieusement ? Où t’as appris un truc pareil ?

Haku – Chez Musashi Aisu. Je lui en avais parlé avant que l’académie ne commence.

Musashi était l’homme qui nous avait repérés à Bashô, Haku et moi. Je n’avais pas beaucoup discuté avec lui les quelques jours de voyage que nous avons partagés jusqu’à Konoha. Pas que je le trouve particulière désagréable, j’ai simplement un problème avec les clans. Quelle bêtise que ces clans. Des familles qui cultivent la consanguinité, qui se croient supérieurs (oui amis Toshiya, c’est vous que je regarde). Leurs enfants sont faibles, pas parce qu’ils n’ont jamais eu peur de mourir, mais parce qu’ils n’avaient jamais dû se battre pour survivre. On les maternait, comme on materne les élèves de cette académie.

Je détestais ces gamins des clans. Ils étaient faibles, ils étaient cons, ils étaient moches… Ils ont un foyer… Ils ont des parents… Ils ont une famille qui veille sur eux… Putain qu’est-ce que j’aurais aimé avoir leur chance. Eux, ils savaient lire. Evidemment, ils ont le temps d’apprendre à lire, d’autre vont chasser la nourriture pour eux.

Moi aussi je voulais savoir lire.

Kuroko – Tu apprends à lire… Chez Musashi Aisu ?

Haku – À l’académie, il y a une petite salle qu’il utilise deux fois par semaine.

Je déteste ce que je vais faire. C’était admettre que les claniques étaient meilleurs. Ils ne méritent pas qu’on s’entraine à mourir pour eux.

Kuroko – Et… Il pourrait m’apprendre à lire ?

Et merde.


Dernière édition par Kuroko Hokufû le Sam 13 Juin - 19:58, édité 2 fois
Kuroko Hokufû
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MessageSujet: Re: Seikaiju   Mar 26 Mai - 19:59

La majorité des gens ne s’en rappelle pas, ils étaient tellement petits quand ils ont appris, mais lire, c’est difficile. D’abord parce que savoir lire, ça implique aussi de savoir écrire, et donc de connaitre une multitude de petits signes qui se ressemblent et qui se compliquent très vite. C’est d’autant plus vrai quand il y a plus d’un alphabet à connaitre. C’est le cas du Sawan, notre langue sur le continent. Elle possède son alphabet phonétique, un autre remplis de kanji qui ont chacun un sens et plusieurs sons de lectures différents. Il fallait aussi composer avec l’alphabet phonétique réservé aux mots issus d’autre langage comme l’Umin, langage parlé loin à l’est au-delà de l’océan.  Une fois qu’on maitrisait tout ça, il ne restait qu’à composer avec les petits dialectes qui existent dans les régions de Sawa, et on pouvait dire qu’on savait correctement tout lire.

Ça doit être cool d’en être là, ou même de savoir lire un minimum correctement le Sawan régional. Moi, j’en étais encore à l’étape une, connaitre les 46 foutus signes du premier alphabet… Le plus simple des trois à en juger par Musashi.

Puis-ce que le cours à commencer, et que mon corps et une bonne partie de mon esprit est occupée à écouter ce qu’il s’y dit, autant prendre un peu de temps pour vous raconter qui est exactement Musashi. À dire vrai, je ne sais pas encore grand-chose de lui. Plus tard, au fil des semaines, mois et années, j’en apprendrai plus, mais soyons honnête. Vous voulez vraiment attendre quelques mois pour connaitre son histoire ? Autant abuser de l’omnipotence que m’offre cette plume.

***

Commençons par parler des Aisu. Si vous ne le saviez pas, le clan est né d’une très ancienne famille féodale. Ils existaient déjà du temps des samouraïs, ils ont survécu à leur chute, et son devenu un puissant clan de la région de Boya. L’architecture du clan est simple, il existe les familles de la première lignée, et les familles de la seconde lignée. Aucun écrit n’en parle, mais il semblerait qu’une infidélité et un batard – littéralement un batard – soit à l’origine de cette scission en deux du clan. La lignée principale, avec à sa tête la famille des descendant direct des derniers seigneurs Aisu, dominait la seconde, comme une caste entière qui serait supérieure à l’autre.

C’est cette séparation qui a fait que les hommes de la branche secondaire se prédestinaient à devenir des guerriers. Quitte à perdre du sang sur le champ de bataille, autant qu’il ait moins de valeur.

La gestion politique du clan était simple : les cinq familles de la branche principale et le représentant de la branche secondaire formaient un conseil. Chacun avait un vote, le chef de la famille la plus pure en avait deux. Une injustice, vestige des anciens temps. Il y a encore beaucoup à dire sur les personnes qui siègent à ce conseil, sur les jeux de pouvoirs qu’il y a en jeu et la place du chakra dans cette famille, mais ça n’a aucun intérêt pour la suite de mon histoire. Quelqu’un d’autre vous en parlera.

Parlons donc de Musashi. Ce jeune trentenaire était né dans une famille quelconque de la branche secondaire du clan. Il fut logiquement entrainé pour être un guerrier, et il était plutôt doué pour ça. La seule raison qui faisait qu’il n’enseignait pas réellement à l’académie, c’était qu’il n’était que le troisième meilleur guerrier du clan, utilisateurs de chakra exclus. Aussi, on pourrait qualifier sa classe de clandestine. Mais cet homme n’en avait que faire. Il n’aurait jamais d’influence sur l’avenir du clan politiquement, alors autant faire une différence ailleurs. Quitte à se mettre le conseil à dos.

Il y avait encore beaucoup à dire sur ce personnage, sur sa relation au clan et sa vision de Konoha, mais le temps de rêverie qui m'était accordé s'estompe.

***

Le cours se termine, et je galère toujours autant à lire des mots simple. Encore heureux que je comprenne la langue, il ne me reste « seulement » à associer des signes à des phonèmes/mots. Avant que quiconque ait le temps de sortir de la salle miteuse dans laquelle nous sommes installés, Musashi fait tomber une pile de livres à l’air usé sur son bureau.

Musashi – Ces livres sont faciles à lire, tous les kanji ont des traductions en phonétiques associées. Essayez de les lire, ça vous entrainera. Les sujets ne nous intéresseront probablement pas, mais ça n’est qu’en lisant qu’on s’améliore.

Avant que qu’il n’ait le temps de dire un mot de plus, les cinq autres élèves de la classe ne se ruent sur le bureau pour choisir le meilleur livre. Je suppose que je devais prendre ce qu’il reste. Quatre livres à l’air vieillot. Sur deux d’entre eux, pas de dessin sur la couverture. Aucun moyen de savoir de quoi ils parlent sans s’amuser à déchiffrer le titre, et je n’ai pas particulièrement envie de faire l’effort juste après le cours. Reste celui avec un arbre géant qui dépasse le reste de la forêt, et un autre avec un palais sous-marin.

Musashi – Mon préféré, c’est celui avec l’arbre.

Kuroko –
L’autre est si mauvais que ça ?

Musashi –
Ils sont différents. Il n’y a qu’en lisant les deux qu’on peut savoir ce qu’on préfère… Celui avec l’arbre est un peu plus long, et plus difficile à lire, mais il vaut vraiment le coup. Quand on le termine, on souhaiterait qu’il ait pu durer un millier de page de plus.

Kuroko – Dans ce cas je vais vous faire confiance. Mais il a intérêt à valoir le coup.

J’emporte le lire que je cale sous mon bras avec un cahier et le crayon qu’on m’a donné en début de cours. Quelle surprise : j’allais rentrer dans ma chambre avec un livre. Encore plus étonnant, ça n’était pas pour alimenter un feu en hivers. Je comptai réellement lire un bouquin. Comment j’ai pu en arrive là en deux semaines à Konoha ? Il doit vraiment y avoir un truc de pas net dans l’air, ça me rend moins con.

Arrivé dans la chambre, je pose le livre sur mon lit, jette un dernier regard dessus, puis je décide de cacher mes affaires sous mon matelas avant de partir vers les jardins pour me dégourdir les jambes. Toute l’après-midi, mes pensées seraient attirées vers ce livre. C’était la première fois que je découvrirai une histoire par moi-même. Je me demande ce qui se cachait derrière cette couverture du grand arbre. Derrière son titre mystérieux.

Seikaiju, l’arbre-monde.
Kuroko Hokufû
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MessageSujet: Re: Seikaiju   Jeu 4 Juin - 22:22

Ces derniers jours, ma routine avait passablement changé. Avant, je me contentais d’assister aux cours obligatoire dans l’idée de garder ma place au village, et le repas chaud qui va avec. C’était plutôt agréable, mais pas très réaliste. En témoigne les résultats jusque-là : des bleus et une rémanence. Pas de quoi faire le fier. J’aurais pu continuer à exploiter le village en nourriture et en vêtement encore quelques semaines. Voire quelque mois. Puis j’aurais finis par être soit inutile au village, et rendu à la vie de mendiant. Voir même tué, par le village ou un connard quelconque rencontré sur un champ de bataille. Et oui, après tout, on nous formait au combat. Et un soldat flemmard, c’est souvent un soldat mort.
 
Alors j’ai repris mon vie en main. Enfin, c’est une belle formule pour dire « je fais de l’exercice et j’apprends à lire ». Certains diront que ça ressemble surtout à des résolutions de fin d’année, et qu’elles seront abandonnées dans les deux prochaines semaines, comme d’habitude. Sauf que moi, je ne suis pas une larve sans volonté comme vous. Quand je veux quelque chose, je vais tout faire pour l’avoir. Et je veux savoir lire.
 
Parlons donc de ma nouvelle routine. Je commence ma journée en rejoignant Haku sous « notre arbre ». Là, nous faisons quelque chose selon l’envie de la journée : course, renforcement, jogging, combat… Peu importe l’exercice, du moment qu’il fait travailler un autre muscle que le cerveau, c’est parfait pour commencer la journée. Nous évitons tout de même d’aller jusqu’à notre limite physique, simplement pour ne pas finir courbaturer quand viennent les cours de Chikara ou d’Hikari. Simple mesure de précaution.
 
Ensuite, vient une journée classique de cours, plus ou moins longue selon le planning. Parfois j’ai une après-midi libre, d’autre fois je suis coincé toute la journée avec ma classe. C’était le cas aujourd’hui, nous étions tous réuni pour un cours de mon meilleurs ami/professeur Hikari. Comme j’aimerais avoir pu rencontrer sa mère trente ans plus tôt… J’aurais pu la défoncer et m’assurer qu’il ne naisse pas ce bâtard…
 
Je m’égare dans mes pensées. Il faut que je règle ce souci quand je raconte des histoires… Enfin, après ma journée de cours, je prends un peu de temps pour me reposer si possible, puis je finis systématiquement ma journée par ma classe clandestine de lecture. Après les quelques pitreries que nous fait faire Hikari, c’est là que je me rendrais.
 
Je savais déjà très bien la première question qu’on me poserait là-bas.
 
***
 
Musashi – Alors, comment se passe ta lecture ?
 
Kuroko – Depuis hier ? J’ai lu deux pages, j’ai compris les mots que je lisais, mais le temps de terminer ma phrase, j’avais oublié le début...
 
Musashi – Donc l’histoire…
 
Kuroko – Jusque-là je crois que ça parle d’un village paumé avec des gens paumé.
 
Et ouais, c’est ça d’apprendre à lire un peu trop tard. Quoique pour me décharger un peu de ma médiocrité, il faut admettre que le support n’est pas idéal. Musashi l’avait admis lui-même hier, il y avait des livres bien plus simples pour aider les enfants à apprendre à lire. Les phrases étaient volontairement courtes pour qu’on n’ait pas le temps d’en oublier le début. Mon problème actuellement, c’était que je lisais des phrases du type de celle que mon Dieu écrit actuellement : des phrases à rallonge plutôt chiantes à lire, et où le point arrive bien trop tard pour que l’on puisse réellement apprécier l’écriture…
 
Avouez, elle était chiante à lire cette phrase ? Tout mon foutu bouquin était comme ça. Je profitais bien des cours, mieux adaptés à mon niveau, mais j’avais l’impression de butter. Musashi l’avait dit lui-même, c’est en lisant qu’on apprend à lire. Eh bien moi, je n’aimais pas lire en dehors de cette classe, je n’arrivais pas à lire en dehors de cette classe. C’était une frustration comme j’en avais rarement connu.
 
Les quelques minutes du cours passent rapidement, les autres élèvent semblent content de leur progrès du jour. Moi pas, et ça doit se voir : Musashi m’interpelle avant que je n’ai le temps de sortir de la salle.
 
Musashi – Tu as l’air bien blasé. Lire ne t’intéresse plus ?
 
Kuroko – Si, mais… Vous ne comprenez pas. Je pense pas que quelqu’un né dans un clan comme les Aisu puisse comprendre.
 
Musashi – Parce que mon clan est du genre à péter plus haut que les autres ?
 
Woah, je ne m’attendais vraiment pas à une réponse comme ça. J’avais toujours imaginé Musashi comme un Aisu comme il en existe beaucoup : hautain, fier, certes fort, mais tellement coincés dans leurs idées.
 
Musashi – Tu t’attendais à quoi ? Tous les Aisu ne sont nés dans les fières et si puissantes familles qui nous dirigent.
 
Kuroko – Je ne pensais surtout pas qu’un Aisu puisse avoir une aussi basse opinion des clans que… Bah que moi en fait.
 
Musashi – Notre politique est complexe, et je n’ai aucun droit de la critiquer. C’est grâce à elle que je suis un guerrier respecté du clan, que j’ai ces habits, un toit et que MOI je sais lire. Mais les choses ne sont pas toujours aussi blanches ou noires que tu peux le penser.
 
Kuroko – Comment tu peux prétendre savoir ce que je pense ?
Ca va ouais! Le mec se prétend être dans ma tête. Même Haku n'est pas dans ma tête, et pourtant on est littéralement copiés-collés. Sans déconner, on a déjà comparés nos grains de beautés... C'est les même!
 
Musashi – Tu penses que tout le monde voit en toit un citoyen de seconde zone simplement parce que tu n'es pas un clanique... Pendant longtemps je me suis considéré comme un Aisu de seconde zone parce que je n’étais pas né dans la branche principale de mon clan. Mais pourquoi est-ce que toi ou moi vaudrions moins qu’un autre ? Parce que tu ne sais pas lire ? Tu peux apprendre à lire. Ton sang a moins de valeur que le miens ? L’ennemi ne fera pas la différence sur le champ de bataille.
Kuroko – C’est facile à dire quand on a trente balais et plus rien à prouver. Je peux bien essayer de changer la donne, d’apprendre à lire, de valoir plus que les autres. Mais moi, je ne serais jamais un clanique, et j’ai pas envie d’en être un.
 
Le ton avait grimpé rapidement, et je n'ai pas su retenir mon poing lorsqu'il a frappé la table. Le bois est tellement fin qu'elle craque un peu sous l'impact. Foutues tables low-cost.

Musashi – Dans ce cas ne soit pas un clanique. Tu n’as qu’à être meilleur en étant toi.
 
 Il m’énervait à parler comme s’il suffisait de vouloir quelque chose pour l’avoir. J’ai grandis dans la rue, je sais très bien qu’il faut se battre pour avoir ce qu’on veut. Mais je sais aussi que tout n’est pas à portée. On ne peut pas changer son origine, sa famille, ou son passé.
 
Kuroko – Dans ce cas tu n’as qu’à m’entrainer, après tout t’as rien d’autre à faire et pas grand-chose à foutre de ce que pense ton clan, non ?
 
Musashi – Bah… Pourquoi pas.
 

Merde, je crois que j’ai fait une connerie…
Kuroko Hokufû
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MessageSujet: Re: Seikaiju   Sam 13 Juin - 20:01

Musashi – Le succès, c’est de tomber sept fois, et de se relever huit fois.
 
Très drôle, vraiment. C’était la septième fois que je tombais et la septième fois que j’avais le droit à une petite phrase pleine de sens sur la confiance en soi et la détermination. J’avais sous-estimé la capacité de Musashi de me rendre complètement fou, mais il s’est dépassé avec sa nouvelle méthode. Je tombe, j’ai le droit à une nouvelle petite phrase mi inspirante, mi humiliante
 
Kuroko – Il doit plus t’en rester beaucoup sur le sujet.
 
Je me relève, et me remets en garde. Le prochain round va commencer. Les règles sont simples. Je suis l’attaquant ; si je le frappe, je gagne. Si par contre il arrive à me faire tomber avant, il gagne le round. Quand l’attaquant gagne, les rôles s’inversent. Très simple, comme je le disais. Sauf que jusque-là, on était à 8-0 pour Musashi. Impossible de le toucher, alors qu’il gardait une main dans son dos depuis trois rounds. Une sacrée performance !
 
Après quelques secondes de calme, à se regarder dans le blanc des yeux, j'envoie mon poing vers le visage de Musashi. Je sais déjà qu’il va le dévier avec une garde simple, ça n’est pas la première tentative du genre que je tente. Je sais qu’il va profiter de l’instabilité de mon mouvement pour frapper, et va viser la jambe que j’avance. Avant qu’il n’ait le temps de frapper, je recule ma jambe pour prévenir la frappe. Ceci m’obligeait à prendre une position plus défensive, mais au moins je ne tomberai pas sur ce coup.
 
Quelques secondes s’écoulent, ou quelques dixièmes qui paraissent terriblement longs, chacun d’entre nous reprend une position plus confortable. C’est toujours à moi d’attaquer, mais je ne vois pas d’angle d’intelligent pour frapper. Sans ruse, impossible de passer sa défense, elle est trop au point. Je tente une feinte avec un poing circulaire que je ramène vers moi avant de rencontrer la garde de Musashi. Entrainé dans ma rotation, je m’abaisse et tend la jambe pour tenter de faucher Musashi. Il saute par réflexe, et le laisse coincé en l’air quand je me prépare à frapper en me relevant.
 
La victoire était mienne. En tout cas, elle aurait dû l’être, si je n’avais pas glissé sur ce sol poussiéreux au moment de me relever. Je suis tombé tout seul, et je lui ai offert sa nouvelle victoire…
 
Musashi – Et de neufs rounds, je gagne le match d’aujourd’hui.
 
Kuroko – Pas de petite phrase cette fois ?
 
Musashi – Je dois bien en garder sous le coude, t’épuise mes réserves à une vitesse folle.
 
Il me tend une main pour m’aider à me relever. Mes habits sont biens dégueulasse à force de manger la poussière, ça valait bien la peine de prendre des fringues propres ce matin.
 
Kuroko – Et puis, c’est quoi cette manie de balancer une petite pépite de philosophie à chaque fois ? Tu tiens tant que ça à ton image de guerrier-sage-badass ?
 
Musashi – Evidemment.
 
Kuroko – Et sans se foutre de ma gueule ?
 
Musashi – Et bien… On est plutôt d’accord pour dire que travailler dans une salle le cul posé sur une chaise, ce n’est pas exactement ton truc. Tu voulais être meilleurs que tous les autres, et ça passe autant par une éducation physique que morale. Alors je me suis dit qu’on pouvait joindre les deux.
 
Kuroko – Donc tu veux me faire mourir d’ennui et m’exploser les côtes en même temps ? Quel terrible professeur tu fais.
 
Il saisit le ton moqueur de ma pique, et se contente de répondre avec un sourire en coin. Je le vois porter son regard derrière moi avant de pointer du doigt l’horloge. Déjà huit heures, je dois partir me faire martyriser par un quelconque professeur.
 
Kuroko – J’y vais. J’essaierai d’avancer un peu dans ma lecture d’ici ce soir.
 
***
 
Il est une heure, le cours de ce matin était d’un ennuie sans pareil... Enfin, si avec pareil. Avec plein de pareils même : tous les cours de Takki. Elle avait beau être pleine de qualités, je n’en avais pas grand-chose à faire des « techniques de filatures en milieu urbain ». J’ai passé mon enfance à suivre des poches trop pleines d’argent pour les voler, pas besoin de suivre un séminaire sur le sujet. Autant continuer, ou essayer de continuer ma lecture.
 
J'avais un peu avancé ces derniers jours, avec une nouvelle méthode très simple. Je lis les phrases, si j’arrive à retenir leur début et les comprendre, parfait. Sinon tant pis, je continue. Je passais probablement à côté d’une bonne partie des détails du récit, mais au moins j’avançais. Et l’histoire restait très compréhensible !
 
Assis sur ma branche d’arbre (vous vous rappelez de mon arbre ?) je décide d’arrêter ma lecture quand je vois Haku arriver. Nous avons pris l’habitude de passer l’après-midi du mercredi ensemble. Tantôt pour courir, tantôt pour discuter, parfois même pour ne rien faire. Simplement tuer le temps ensemble.
 
Haku – Toujours en train de glander ?
 
Kuroko – Toujours en train de pointer du doigt ?
 
Haku – Branleur.
 
Kuroko – Emmerdeur.
 
Haku – Sinon ça va avec Musashi ?
 
Il est arrivé au pied de l’arbre, et commence à l’escalader pour trouver une branche voisine à la mienne. Nous avions nos habitudes, j’avais la branche haute qui donnait directement sur la forêt et les montagnes, il avait la branche plus à droite qui donnait sur l’académie et le quartier Toshiya.
 
Kuroko – Boarf… Plutôt que de se niveler vers le bas, il préfère me mettre des raclées pour « m’inculquer une éducation physique et morale ».
 
Haku – Quel gentilhomme. Moi, j’te mettrais des raclées simplement par plaisir.
 
Kuroko – C’est pour ça que je t’ai pas demandé.
 
Sur ces mots, je rouvre mon livre là où je m’étais arrêté, et je vois Haku faire de même. Resituons l’histoire jusque-là : Akito, le personnage principal, avait fui son village avec Kagure, son jeune ami, après avoir involontairement brisé le pacte de non-agression entre le village et les Deviants. Quoi ? Vous ne comprenez pas un mot de ce que je raconte ? Et bien il fallait lire Seikaiju vous-même. Bon, je vais vous passer les détails de ma lecture. Je ne garderais que les passages les plus savoureux…
 
***
 

Et alors que la bête rendait son dernier souffle, Mikihiko apparut une nouvelle fou enrobé de se voile de lumières. Ses ailes perdaient des quelques plumes d’argents qui transformaient ce champs de bataille en une scène d’une beauté dérangeante. Chacun des membres du groupe fixaient l’ange qui semblait content de son entrée. Tous, sauf Akito. Il ne pouvait pas détacher son regard d’Himeko. Elle allait encore perdre de son humanité, pour se rapprocher un peu de son statut d’ange. Elle était l’élue, c’était un honneur, mais à chaque nouveau sceau que l’équipe brisait, elle s’éloignait un peu plus. La petit ange du village avait gagné des ailes, elle avait gagné le don de la lumière… Elle avait perdu les sensations du toucher, elle avait perdu l’odorat… Que perdrait-elle cette-fois ci ?
Hakai Toshiya
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MessageSujet: Re: Seikaiju   Mar 16 Juin - 18:05

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