Les Possédés

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Message  Haya Sasaki le Jeu 5 Nov - 18:48

Haya avait rapidement compris que sa promotion en tant que chuunin allait avoir des effets extrêmement bénéfiques.

D’un côté, les permissions. Elle pouvait virtuellement voyager où elle le désirait, sans seulement compter sur les missions. Si elle désirait se rendre à Kumo, elle pouvait demander une permission spéciale. Mais cela était un petit peu tendu administrativement, d’après ce qu’elle avait compris. Cependant pour tout ce qui ne concerne pas à village ninja, il n’y avait presque aucune restriction. Elle pourrait ainsi quadriller le pays sans avoir spécialement de comptes à rendre à qui que ce soit et sans devoir s’absenter pour plusieurs semaines. En effet, le village ne l’autoriserait pas à être inopérante aussi longtemps. Cela, pour l’instant, ne représentait pas un problème insurmontable : l’homme qu’elle cherchait pouvait tout aussi bien se trouver à Uke ou dans ses environs. Elle laisserait ceux qui ont plus de possibilités (Hyô, Satoshi, la flamme jaune) s’occuper des territoires plus éloignés. Peut-être qu’un jour il faudra qu’elle se penche sur la question et trouve une parade, mais il ne s’agissait pas d’une urgence.

De l’autre côté, son emploi du temps était (toujours virtuellement) beaucoup plus souple. Rien n’oblige réellement un aspirant ou un genin à se rendre à l’académie, les cours sont constants, on peut les choisir. Mais si un genin ne progresse jamais… en étant chuunin, une partie de la progression était déjà finie, les bases étaient posées et il ne restait plus qu’à se spécialiser. Et cela s’intégrait à merveille dans les projets d’Haya.

Car cela lui donnerait l’opportunité de suivre un entraînement rigoureux en compagnie des meilleurs qu’elle pourrait trouver, sur une certaine durée.

Koshiro et Benihime lui avaient donné rendez-vous à l’endroit habituel où la flamme jaune s’entraînait. Haya s’assit par terre et attendit tranquillement, les jambes étendues dans l’herbe à profiter de la brise qui se levait. Elle ne savait pas exactement en quoi consisterait la journée, car si elle avait un plan global sur les points à travailler, elle ne disposait pas réellement de ligne définie.

Haya ne patienta toutefois pas longtemps. Elle avisa trois silhouettes au loin, dont une qu’elle ne reconnaissait pas à mesure qu’elle approchait. Elle se releva et les salua d’un signe de tête à leur arrivée.

Benihime - Salut Haya.

Koshiro - Yo.

La personne qui les accompagnait était une fille, un peu plus âgée que Benihime. Haya lui donnait vingt ans. Elle était fluette, avec d’étranges cheveux aux reflets bleutés et de grands yeux de la même couleur. Elle dévisagea Haya, les mains derrière le dos et légèrement penchée en avant, comme si on lui présentait un puzzle subtil qui excitait doucement son intérêt.

Haya - Salut.

Benihime posa sa main sur l’épaule de la jeune femme.

Benihime - La copine de Ko !

Koshiro - Qui a un nom....

Benihime sourit.

Benihime - Oui mais je préfère souligner la tension sexuelle qui existe entre vous pour ne pas mettre Haya mal à l’aise.

Haya - Charmante attention, murmura-t-elle tout bas.

La jeune femme sourit à son tour et tendit une main qu’Haya serra.

Saeka - Je suis Saeka ! Enchantée. Ko m’a dit que tu avais peut-être besoin de moi.

Haya consulta Koshiro du regard, qui acquiesça sobrement.

Koshiro - Ryosen m’a dit que tu craignais un peu avec ta chaîne. Saeka peut sans doute t’aider à apprendre à bouger avec elle et à la rendre plus efficace.

Haya - Oh ! Ma chaîne… bien sûr. Je ne m’en sers presque jamais en fait. Et quand je m’en sers…

Benihime - Elle est nulle avec, quoi.

Haya - Voilà.

Saeka se redressa et renouvela son sourire.

Saeka - Très bien ! Ce n’est pas un problème. Je pense pouvoir t’aider.

Haya - Oh, merci.

Benihime se frotta les mains et jeta des regards alentours.

Benihime - Alors c’est entendu. Pendant ce temps, je vais me dérouiller un peu contre Ko. Cela fait un moment qu’on ne s’est plus mis dessus !

Elle s’interrompit un instant, avec sur le visage un air qui indiquait qu’elle avait tout fait pour finir sa phrase comme ça.

Benihime - Au sens figuré, bien sûr ! Moi et Koshiro on ne se met pas vraiment sur... Il n’y a absolument rien de…

Koshiro - Je crois qu’on a saisi on se situait l’erreur…

Benihime ricana en s’éloignant, sous le regard vaguement interrogateur de Saeka. La jeune femme resta silencieuse un moment, puis secoua à peine la tête et se concentra sur Haya.

Saeka - Montre moi ce que tu sais faire avec ta chaîne, d’accord ?

Haya - Bien sûr.

Cela risquait d’être plutôt court et Haya ne fut pas déçue. Elle sortit sa chaîne, l’envoya sans grâce particulière sur son adversaire qui s’écarta avec comme de la négligence dans les jambes et regarda impassible la chaîne s’enfoncer au sol, puis revenir vers Haya. Saeka releva la tête, l’air de dire « C’est tout ? » et Haya résista à la tentation de hausser les épaules. C’était à peu près tout oui. Elle préférait ne pas se risquer à faire tournoyer sa chaîne autour d’elle, la dernière fois qu’elle s’y était essayée seule la résistance de son armure lui avait permis de ne pas se blesser toute seule, sous l’œil interdit de Benihime (qui n’avait même pas osé se moquer tellement c’était évident).

Saeka - Heu…

Haya - Oui ?

La jeune femme se passa une main derrière la nuque.

Saeka - Je crois que j’ai vu des étudiants plus doués que ça, en fait.

Haya - Ha… ha… ha… Présente les moi à l’occasion…, maugréa-t-elle tout bas.

Les lèvres de Saeka s’étirèrent en un franc sourire et elle hocha énergiquement la tête.

Saeka - Mais ton cas n’est pas désespéré ! Dans trois semaines environ, je pense que tu pourras reconsidérer ta chaîne comme autre chose qu’un handicap.

Haya acquiesça et rejoignit Saeka, sa chaîne toujours dans les mains, comme un grand serpent mort dont elle ne saurait pas exactement quoi faire. La jeune femme aux curieux cheveux l’attrapa par la main et la tira sur plusieurs mètres d’un pas vif, sans qu’Haya ne parvienne à déterminer une direction précise et justifiée. Il y avait toujours aussi peu d’arbre, l’humidité était toujours la même, mais elle ne perdait rien à la suivre.

Saeka - Alors dis-moi, qu’est-ce que la chaîne pour toi ?

Haya - Pardon ?

Saeka - Bien, qu’est-ce que ça t’évoque !

Haya chercha rapidement dans sa tête voir si elle avait une réponse intelligente à proposer mais comme ce n’était pas le cas, elle finit par lâcher avec quelques hésitations :

Haya - C’est ce que j’utilise quand je n’ai plus de chakra ?

Saeka - Ah ! Du soutien donc. Tu peux te permettre d’être un peu nulle dedans alors. Si tu m’avais dit que c’était ta raison de vivre, nous aurions eu beaucoup plus de travail !

Haya ne chercha pas à la contredire. Elles s’arrêtèrent plus proche des berges qu’elles ne l’étaient, et elles pouvaient toujours voir Benihime combattre Koshiro, à même le lac, trop loin pour qu’elles entendent quoi que ce soit.

Haya - C’est la raison de vivre de certaines personnes ?

Saeka - Bien sûr. La mienne par exemple. Est-ce que tu connais un peu le kido ?

Haya - Heu, je devrais ?

Saeka sourit.

Saeka - Si tu étais originaire de kiri, sans doute oui. Viens, on va s’asseoir et après, promis, je t’aiderai.

Haya s’exécuta et retrouva la douce sensation de l’herbe sous ses doigts. Saeka lui demanda la permission de prendre sa chaîne, qu’elle regarda avec soin et laissa reposer sur ses genoux.

Saeka - Avant les villages ninja, il y avait les samouraïs. Ils avaient le même rôle que nous actuellement, même si les frontières n’étaient pas les mêmes : protéger les pays. Ils n’utilisaient pas nos techniques, qui sont apparues beaucoup plus tard après des décennies et des décennies de recherche. Mais ils utilisaient les outils, les armes, et je peux te dire qu’aujourd’hui ni jamais on les maniera aussi bien qu’eux. J’appartiens à la caste du feu… spécialisée dans la chaîne, justement.

Haya - Oh. Je pensais que les samouraïs n’utilisaient que les katana.

Saeka eut un sourire qu’Haya qualifierait d’indulgent.

Saeka - Pas du tout, ils utilisaient de tout, chaque caste ayant son enseignement. Mais être ninja et suivre un enseignement de samouraï n’est pas facile, je ne progresse pas aussi bien que je le voudrais et… enfin, ce n’est pas facile.

Haya - Et pourquoi les kiréens sont censés connaître cela ?

Saeka - Kiri doit son nom à l’un des sept épéistes. Ils utilisaient le kido ou, en tout cas, ils utilisaient leurs armes avec plus de conviction que la plupart des ninjas. C’est pour cela que c’était un symbole, et que ça l’est toujours d’ailleurs. Alors, tout le monde sait un petit peu ce qu’il doit au kido et aux samouraïs, même si ce n’est pas aussi simple.

Haya ne connaissait pas grand-chose au sujet de la fondation de kiri. Elle savait, plus ou moins, que c’était le nom de quelqu’un, le premier Mizukage, mais passé cela c’était le flou total. A plusieurs reprises pourtant elle s’était intéressée à l’histoire du village, mais elle y allait progressivement et sans suivre l’ordre logique et chronologique. Elle s’intéressait à certaines personnalités qui, comme elle l’avait appris, avaient pour certaines côtoyées son père. Et c’était peut-être ce qui les rendait si intéressantes à ses yeux. Mais pour elle, Kiri remontait à trop loin dans l’histoire, une zone sur laquelle elle ne s’était pas encore penchée. Et les samouraïs… elle savait à peine qu’ils avaient réellement existés… tout cela remontait à si loin.

Saeka - Je n’ai pas le niveau suffisant pour t’enseigner ce que je sais, mais pour utiliser ta chaîne en soutien, je pense que je peux t’aider en peu de temps. C’est une arme plus intéressante, pour toi en tout cas, d’après ce que je sais de ton style, que le katana. Si tu me permets de te donner quelques conseils, je pense que tu devrais également te fournir à l’avenir quelques aiguilles ou des kunai, car ils te seront tout aussi efficaces quand tu devras économiser ton chakra.

Haya acquiesça. Elle n’avait jamais bien réfléchi à ses dépenses, se focalisant principalement sur sa veste et sur sa protection. A ses yeux, les armes étaient accessoires, même si visiblement il y en avait certaines de particulièrement puissantes. Ce n’était pas quelque chose qui l’intéressait plus que cela, pour elle la pertinence d’une arme se bornait à lui sauver la vie quand elle n’avait plus rien sous la main et à cet égard, une chaîne faisait aussi bien le travail qu’une casserole.

Saeka - La chaîne te permettra en effet de rester à distance, mais de ne pas interrompre ton geste si tu venais à être engagée. Ainsi, tu ne perds pas de temps et tu peux réagir de la façon la plus appropriée. Il te faudra toutefois l’utiliser intelligemment pour ne pas qu’elle se retourne contre toi, car un mouvement trop lent peut être intercepté par un adversaire tandis qu’un mouvement trop rapide manquera sa cible si tu n’y prends pas garde.

Un point pour la chaîne, zéro pour la casserole.

Saeka lui tendit la chaîne, un large sourire aux lèvres.

Saeka - On commence quand tu veux, Haya.

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Re: Les Possédés

Message  Haya Sasaki le Sam 7 Nov - 13:51

Haya attrapa ses deux genoux, haletante, sa chaîne tendue entre ses doigts tremblants.

Saeka était du genre… mortellement rapide et cela en devenait mortellement ennuyeux. Elle ne faisait aucun effort pour être ne serait-ce que vaguement inquiétée par les mouvements d’Haya et se contentait d’esquiver avec une facilité insolente ses moindres tentatives. Les efforts déployés par Haya rencontraient difficilement un écho auprès de Saeka, qui l’observaient souffler (comme un bœuf), l’air intriguée.

Saeka - On fait une pause ?

Mais va mourir…

Haya se redressa en tâchant de conserver la bouche fermée malgré son envie terrible d’avaler le plus d’air possible. Néanmoins, le rouge de ses joues ne saurait mentir ; elle était épuisée après une heure de vaines tentatives, toutes plus misérables les unes que les autres. Saeka sourit.

Saeka - Je t’ai dit, cela prendra au moins trois semaines avant que tu parviennes à produire des choses intéressantes. Pour l’instant, j’aimerais que tu t’habitues au contact de ta chaîne, que tu prennes conscience de son amplitude, de l’espace qu’elle occupe, et que cette espace devienne le tien. Comme une extension gigantesque de ton corps.

Haya sentait bel et bien sa chaîne. Elle pesait si lourd actuellement qu’elle devait faire un effort important sur elle-même pour ne pas la lâcher et continuer à grands coups de jet d’eau. Voilà une méthode de combat raisonnable. Au lieu de s’agiter comme un malheureux pantin désarticulé qu’on prendrait un malin plaisir à secouer.

Haya - Tu sais… je sens… très bien… la chaîne...

Nouvel essai pour que Saeka passa à autre chose, mais il n’en fut rien. La journée se poursuivit sur le même rythme, avec des pauses de plus en plus rapprochées. Haya avait un douloureux point de côté, à cause de sa respiration tout à fait irrégulière et maintenant le soleil était invisible derrière les arbres, au loin. Le ciel se rosissait lentement quand Benihime et Koshiro les rejoignirent. Benihime avait l’air vaguement boudeuse, Haya en déduisit que leur dernière passe d’arme n’avait pas été à son avantage et qu’elle avait décidé unilatéralement d’arrêter la séance d’entraînement, mettant cela sur la luminosité qui baissait. Elle l’avait vue faire plusieurs fois. Koshiro était peut-être un peu trop endurant pour elle, mais c’était un concept qu’elle refuserait d’admettre jusqu’à son dernier souffle.

Koshiro avait la délicatesse de ne pas s’en soucier plus que cela.

Koshiro - Vous avez fini ? On va manger nous.

Benihime - Ah… Moi je n’ai pas assez bougé pour avoir faim. Je suis en pleine forme !

Koshiro - Tu viens de dire que tu mangerais un cheval si tu en...

Benihime - Tu sais, les femmes parlent quand elles s’ennuient.

Saeka - Nous n’avons pas terminé encore.

Haya - On a difficilement commencé…

Benihime - Tu m’étonnes. Je te voyais au loin et ça me faisait rire.

Koshiro - Tu utilisais cette excuse quand je te touchais…

Benihime - Bref. Vous nous rejoignez ? On va… comme d’habitude… A tout à l’heure !

Elle s’éloigna à grandes enjambées. Koshiro hocha la tête.

Koshiro - Poussée par son estomac.

Benihime - J’ai entendu !

Il embrassa Saeka et s’éloigna à son tour.

Koshiro - A tout à l’heure alors. Bon courage.

Haya espérait qu’il ne s’adressait pas à elle spécialement, parce que son courage était définitivement enterré sous ses pieds. Saeka dit au revoir à son petit ami et se retourna vers sa jeune et misérable apprentie. Elle ne semblait pas totalement lassée par ses piètres performances et peut-être même, d’une façon incompréhensible et fascinante, plutôt intéressée et enthousiaste.

Saeka - Tu maîtrises bien le chakra non ?

Haya - Je fais du ninjutsu oui.

Saeka - Mais tu en fait bien, n’est-ce pas ? C’est ce que me disais Ko.

Haya acquiesça.

Haya - Je me débrouille.

Saeka posa un doigt fin sur ses lèvres, toute à sa réflexion. Elle finit par lâcher un nouveau sourire.

Saeka - Bien, alors tu vas utiliser ton chakra avec ton arme.

Haya - Mm... je vois comment faire ça, mais je ne vois pas dans quel but.

Saeka - Pour frapper plus fort et plus vite, bien sûr. Tu n’es pas encore, pardonne-moi, physiquement au point. Mais en t’appuyant sur le chakra, tu pourras te donner une qualité supplémentaire dans l’exécution, une qualité que tu apprendras à copier avec le temps même sans chakra. Tu triches un peu, pour habituer ton corps à cette vitesse et à cette puissance et, progressivement, tu n’auras plus besoin de chakra. Comme… des béquilles, par exemple.

Des béquilles… Haya en avait porté des mois durant. Elle allait en cours sur ses deux béquilles, lorsque la douleur était importante mais pas insupportable au point de la clouer au lit. Quand par hasard la douleur s’atténuait, Haya pouvait se déplacer sans l’aide de béquille mais elle était toujours un peu angoissée car parfois, le mal surgissait brusquement et la foudroyait sur place. Dans son placard, il y avait toujours ces deux béquilles qu’elle n’avait plus utilisées depuis plusieurs mois maintenant. Ses vieilles douleurs routinières étaient derrière elle maintenant, mais pas ce qui les avait causées.

Tout cela se dressait toujours face à elle, inébranlable, jusqu’au jour où elle viendrait faire bourdonner la ruche d’un grand coup de pied. Ce jour-là, son espérance de vie se réduirait à un simple fil. Elle pencherait d’un côté, puis de l’autre, au gré des mouvements de ses alliés, de ses adversaires et d’elle-même. Quand tout le monde saurait de qui elle était la fille, la ruche bourdonnerait à s’en exploser les tympans et elle serait prête à danser sur les conséquences jusqu’à la vérité finale, la seule qui importe et celle qui valait de prendre ces risques.

L’importance des béquilles… Ce n’était assurément pas quelque chose qui lui était inconnu.

Haya - Très bien. Je pense pouvoir faire cela.

Saeka - Parfait. Voyons voir un peu comment tu bouges avec l’aide de ton chakra.

Haya se retint de la prévenir de ne pas s’attendre à un changement extraordinaire. Peut-être que son chakra pouvait légèrement influer sur la vitesse d’exécution de son bras et sur sa puissance brute, mais il lui semblait improbable que cela fasse une réelle différence. Saeka évitait ses attaques avec trop d’aisance pour être gênée par un léger mieux. Il lui faudrait quelque chose de beaucoup plus déterminant, mais pourquoi ne pas essayer, après tout ?

La jeune fille dispersa son chakra à travers son corps et le concentra dans ses bras, qui tenaient tous deux la chaîne fermement bien qu’un léger tremblement d’épuisement les agitait toujours. Elle fit tournoyer son arme avec lenteur (pas pour faire du style, mais parce que plus vite elle s’emmêlait avec et risquait de s’ouvrir le crâne bêtement), sans quitter la silhouette bleutée de Saeka. Un peu de son chakra se faufila sur la chaîne elle-même, qui se mit à luire de l’habituel éclat bleu. Haya se sentait peut-être très légèrement plus à l’aise avec son arme dans les mains, qui ne lui apparaissait plus comme une sorte de gros fil embrouillé mais comme quelque chose capable de blesser Saeka, un instrument qui pouvait l’aider à tuer.

Elle projeta la chaîne sur la jeune femme, qui l’esquiva avec la même agilité qu’auparavant, mais Haya tendit son corps et imprima un léger mouvement du poignet pour modifier la trajectoire de la chaîne en plein vol. A sa propre surprise, l’arme répondit favorablement au mouvement et fila sur Sakae avec une vigueur nouvelle. La jeune femme para avec son poignet nu, se ramassa sur elle-même et fonça sur Haya avec, celle-ci n’en doutait pas un seul instant, la ferme intention de la mettre hors d’état de nuire.

Haya tira sur sa chaîne de toutes ses forces alimentée par son chakra presque intact, elle devina l’éclat métallique de l’arme et Sakae se baissa à terre pour éviter d’être effleurée. Haya ne pouvait concevoir qu’on puisse être aussi près du sol et continuer à courir pourtant. Cette réflexion fut d’ailleurs la dernière qu’elle eut avant que Sakae ne la percute de tout son petit poids, beaucoup plus important qu’Haya ne l’envisageait. Les deux filles furent projetées à terre et Haya se reçue douloureusement sur le dos, pantelante.

Elles restèrent là quelques secondes, puis Sakae se mit sur les genoux.

Saeka - Tout de suite plus stimulant ! Il faudra recommencer demain, mais on tient quelque chose d’intéressant.

Elle se redressa et tendit une main qu’Haya saisit, avant de se frotter les jambes pour en ôter la terre. La jeune fille ramassa sa chaîne et l’enroula avant de la fixer à sa ceinture, comme elle le faisait d’habitude.

Haya - Merci de prendre ton temps pour m’aider. Ce ne doit pas être très amusant.

Saeka l’attendait pour repartir en direction de Kiri, dont les palissades apparaissaient uniquement grâce aux lumières nocturnes

Saeka - Il n’y a absolument aucun problème. Ko m’a dit que tu avais besoin de moi, alors si je peux être utile…

Haya - Il t’a dit pourquoi ?

Elles prirent la direction du petit sentier qui les ramènerait à kiri, après une pente qu’Haya espérait être capable de gravir sans se mettre à ramper. Ce ne serait pas très digne mais le corps n’était pas naturellement porté vers la dignité.

Saeka - Pas exactement non. Mais j’ai une totale confiance en lui. Il n’aiderait pas quelqu’un qui n’en a pas besoin véritablement ce n’est juste… pas son genre.

Haya acquiesça. Elle ne souhaitait pas réellement aborder les raisons qui la poussaient à être présente ici ce soir, mais Sakae semblait ne pas désirer la pousser plus que cela. La pente ne fut pas un obstacle aussi inhumain que l’aurait pensé Haya et en réalité, elle ne se rendit compte de l’avoir dépassé que plusieurs secondes après.

Haya - Tu as quel âge ?

Saeka - Vingt-trois. Pourquoi ?

Haya - Pour rien, tu fais plus jeune.

Saeka rit.

Saeka - Il paraît oui ! Et toi ?

Haya - Dix-sept ans.

Saeka - Tu fais plus vieille.

Haya - Heu… il paraît, oui.

Lorsqu’elles entrèrent dans le petit restaurant dont lequel la flamme jaune se retrouvait habituellement après ses longs et pénibles entraînements, elles eurent la surprise de voir Naikin qui s’était joint à Benihime et Koshiro. Elles eurent aussi la non surprise de voir que Benihime avait sans aucun doute possible engloutie une bonne moitié des vestiges d’assiette sur la table, et qu’elle continuait à s’empiffrer joyeusement. Saeka s’installa à côté de Koshiro. Naikin se poussa pour laisser s’asseoir Haya, tandis que Benihime régnait en seule maîtresse sur le bord opposé.

C’était leur petit coin à eux. Haya ne les avait jamais vu ailleurs, que le restaurant soit vide, comme aujourd’hui, ou bien bondé. Elle ne pouvait en vouloir aux gens. Pendant longtemps, elle avait elle-même méprisé et craint la flamme jaune, jusqu’à ce qu’elle en vienne à la fréquenter régulièrement. Naikin disait que ce lien était important pour elle, et le serait encore plus quand tout kiri saurait qu’elle était la fille de Kade Kasen. Avant de faire une bêtise, disait-il, ils penseraient d’abord qu’elle était une kunoichi de kiri, puis qu’elle était sous la responsabilité de Satoshi Kagehisa, puis que si elle était la fille de Kade, elle fréquentait Hyô et qu’enfin, elle était traitée comme une égale par la flamme jaune. Cela représentait autant de couches de protection qui se montreraient utiles au moment opportun.

Haya commanda une quantité de nourriture qui lui sembla prodigieuse mais qui paraissait risible à côté de la propre commande de Benihime, trop occupée à penser à mâcher avant d’avaler pour entretenir la moindre conversation. Saeka commanda une part encore plus modeste de nourriture et Haya se dit, dépitée, qu’elle n’était même pas parvenue à lui ouvrir l’appétit après six heures d’entraînement. La honte…

Naikin - Alors, comment ça s’est passé ?

Haya -

Saeka - De jolis progrès.

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Re: Les Possédés

Message  Haya Sasaki le Lun 9 Nov - 19:05

Les jours suivants se déroulèrent, à quelques variations près, d’une manière similaire.

Haya et Saeka travaillaient jusqu’à ce que tombe le crépuscule, puis elles repartaient en direction du village où elles dînaient tour à tour avec la flamme jaune, en tête à tête ou encore chez elles. Saeka parlait très librement d’elle, mais elle n’abordait toutefois jamais véritablement son passé, ce qui l’avait mené là où elle en était. Haya ne pouvait pas lui en vouloir, elle était exactement dans la même situation. Néanmoins, quelques indices subtils indiquaient que Saeka était une personnalité beaucoup plus enrichissante que le cadre strict de leurs séances d’entraînement.

Elle était juunin depuis un peu plus d’un mois, lorsque kiri avait décidé de s’armer en prévision de la guerre latente contre Asahi. Saeka n’avait pas souhaité s’occuper d’une équipe, pas parce qu’elle ne s’en sentait pas les capacités, mais parce qu’elle n’avait pas encore atteint son niveau d’excellente. C’était, aujourd’hui, ce qu’elle cherchait : un maximum qui, une fois atteint, lui permettrait de se disperser dans d’autres sphères sans pénaliser sa progression. Haya s’était trouvée quelque peu gênée à l’idée d’être précisément quelqu’un qui la ralentissait dans son chemin, mais Saeka avait devancé sa pensée pour lui dire que ces séances n’entraient pas dans cette catégorie et qu’au-delà de ça, cette perspective était davantage un idéal qu’une réalité.

Saeka - Je vais à présent t’attaquer avec ma propre chaîne, pour que tu en saisisses les mouvements. Oh, je n’essaierai pas strictement de te blesser.

Ce n’était malgré tout pas très engageant. Pendant qu’elles s’entraînaient, Haya était parvenue à plusieurs reprises à toucher Saeka (il faut préciser qu’après près d’une semaine passée à essayer de le faire, il aurait été absolument lamentable de ne pas y être arrivé une seule fois), mais la jeune femme avait des capacités d’évasion beaucoup plus importantes que les siennes propres. Haya s’apprêtait à argumenter l’air de ne pas y toucher que les mouvements de la chaîne ne lui étaient plus inconnus à présent, mais Sakae ajouta :

Saeka - A ce sujet, tu peux utiliser ton chakra pour augmenter ta vigilance. Avec l’expérience, là aussi, on n’a plus besoin de chakra mais cela dépend de l’adversaire que tu as en face de toi. C’est un peu le même principe qu’ajouter du chakra à tes coups, peu à peu tu en auras moins besoin.

Elle sourit.

Saeka - J’ai d’ailleurs dû l’utiliser à plusieurs reprises pendant nos petites sessions.

Haya se passa une manche sur le front (qui était ces jours ci perpétuellement couvert de sueur et l’impression de sentir l’animal mort quand elle rentrait le soir avait de plus en plus de mal à quitter son esprit). Elle ne se souvenait pas avoir vu Saeka utiliser une seule technique, bien qu’elle se souvienne avoir ressenti du chakra dans l’air. Mais elle l’attribuait alors aux membres de la flamme jaune, qui s’entraînaient tout près. Savoir que Saeka avait tout de même dû utiliser à plusieurs reprises (une façon polie de dire deux fois, Haya n’en doutait pas) une technique pour améliorer son étonnant potentiel d’esquive n’était pas sans la flatter.

Haya - Ah? Comment?

Saeka s’approcha d’elle et Haya discerna peu à peu une certaine densité de chakra autour d’elle, effectivement. Elle passa sans difficulté la main à l’intérieur et la retira, légèrement surprise. Le dôme n’était pas très grand, il englobait un certain périmètre autour de Saeka mais probablement trop peu pour inclure quelqu’un dedans. Peut-être, toutefois, que Saeka était capable de l’étendre davantage, rien n’indiquait le contraire.

Haya - Et ça te permet de mieux éviter ça ?

Saeka - Pas exactement, non. Cela m’indique qu’une attaque arrive, ainsi que son angle, ce qui me permet de l’éviter. Mais plus tu utiliseras cette sphère, plus tes sens s’aiguiseront et ta capacité d’évitement s’améliorera naturellement.

Haya acquiesça plusieurs fois la tête.

Haya - Ce n’est pas une barrière de protection donc?

Saeka - Non.

Haya - Mais si j’utilise cela toute la journée, je serais fatiguée trop vite, non ?

Saeka - C’est vrai, même si la sphère n’est pas trop exigeante. Tu vas alterner, tu l’utilises deux minutes, puis tu ne l’utilises plus, d’accord ?

L’utiliser, l’utiliser, encore fallait-il la produire ! Haya s’y essaya modestement, mais extérioriser son chakra de cette façon était encore inédit pour elle. Elle ne voyait pas comment l’expulser par tous les pores de sa peau. Visiblement Saeka n’avait pas fait de gestes particuliers pour manifester la sphère autour d’elle, mais le chakra devait bien venir de quelque part.

Saeka - C’est une technique très basique dans son fonctionnement, ne te complique pas la tâche. Il suffit de… oh, c’est comme pour les techniques suiton, l’eau en moins. A la place de créer un mouvement pour diriger l’eau, tu crées un mouvement pour ériger une barrière.

Haya s’y repris plusieurs fois, sous le regard azuré et serein de Saeka. Ce n’était pas très probant, un bon quart d’heure plus tard elle n’était toujours pas arrivée à créer la moindre ombre de barrière.

Saeka - On va reprendre l’entraînement, tu verras que quand tu en auras besoin, tu parviendras à créer la sphère autour de toi.

Les prévisions de Saeka se révélèrent moins justes que prévu. Après une heure similaire aux autres, Haya n’était toujours pas parvenue à maîtriser correctement la technique. Elle était superficiellement blessée à la cuisse et aux côtes et il lui semblait à présent certain qu’elle ne pourrait plus tenir le rythme bien longtemps. Haya n’avait pas une constitution très fragile, mais elle n’était pas pour autant faite pour les combats qui s’étiraient en longueur. Surtout quand elle ne maîtrisait pas elle-même la longueur du combat et qu’elle ne pouvait faire autrement que jouer sur la composition d’un autre.

Elle parvint néanmoins à produire quelque chose de consistant avant la fin de l’entraînement. Haya ne s’en rendit pas compte immédiatement, elle s’en aperçut quand son esprit, d’une façon subtile, lui indiqua l’angle de l’attaque et dévoila également le très léger effet qu’avait donné Saeka à sa chaîne. Elle se déplaça ainsi de sorte à éviter réellement l’attaque et non simplement la trajectoire visible et resta quelque peu stupéfaite. Trop peu de temps toutefois pour se faire avoir par une nouvelle attaque, car Saeka avait cette fâcheuse habitude à contrôler sa chaîne aussi bien que si elle n’était qu’un prolongement de son bras (et quel bras !).

Au fil des minutes, l’emprise d’Haya sur sa barrière s’intensifia. Il ne s’agissait effectivement que d’une manifestation très classique du chakra, qu’elle sentait comme à son habitude couler et chauffer doucement à l’intérieur de son corps. Mais elle n’avait jamais réellement étudié sa structure de façon formelle et jusqu’à présent, elle était plus intimement liée avec l’utilisation de l’eau conjointement au chakra qu’avec le chakra seul.

Saeka remarqua la différence de qualité dans son esquive et effectua des attaques plus précises, plus vicieuses. Haya maintint la sphère un peu plus des deux minutes prévues puis l’arrêta, et les heures déroulèrent ainsi avec une même régularité. La fatigue et la sensation d’avoir de moins en moins de chakra dans le corps forcèrent Haya à lever une main pour demander une pause. Saeka ramena sa chaîne à elle et la rejoignit d’un pas tranquille. Elles marchèrent sur quelques mètres puis décidèrent que l’entraînement s’arrêterait là pour aujourd’hui. En effet, le soleil n’allait pas tarder à se coucher et la séance avait été plus exigeante que la semaine passée. Haya s’écroula par terre et étendit les jambes au maximum. Elle se souvenait des premiers mois qu’elle avait passé à l’académie, quand elle pouvait marcher de façon plus ou moins harmonieuse et que les séances de physique pur étaient de longues tortures pour elle. Ce n’était pas tant l’effort actuel qui l’épuisait, mais les conséquences le lendemain sur ses muscles de jeune adolescente. Son corps n’avait jamais été habitué à de tels efforts, même si Haya n’avait jamais été inactive il n’avait pas la musculature suffisante pour être ninja. Alors elle passait des jours entiers à avoir de vagues douleurs dans les jambes et dans les bras, jusqu’à ce que son corps s’habitue à ces nouvelles exigences et les adoptent.

Elle s’adossa à l’arbre et ferma les yeux un instant, retrouvant une respiration apaisée. Saeka ne bougeait pas, les genoux ramenés sous son menton et le regard dans le vague. Les membres de la flamme jaune avaient également cessé l’entraînement et des éclats de voix leur parvenaient indistinctement, plus loin. Benihime… Ryosen… et certainement Naikin.

Haya - Qu’est-ce qui t’a amené à fréquenter la flame jaune?

Saeka - Oh, c’est Ko. Je ne fréquentais pas beaucoup les autres équipes au-delà de la mienne et pendant les cours, je restais avec mes amis. Et puis, cette flamme jaune était toute récente à ce moment et elle a très vite eu une mauvaise réputation.

Haya - Je n’en ai entendu parler que plusieurs mois après être devenue genin.

Saeka - Je connaissais l’histoire de la flamme moi, mais les membres actuels ne m’intéressaient pas beaucoup. Je les trouvais prétentieux et pas vraiment dignes de cette position, mais encore une fois, je ne les connaissais pas.

Elle sourit.

Saeka - La vérité c’est que Naikin est certainement l’un des juunin les plus talentueux et qu’il a réussi à composer une équipe plutôt exceptionnelle. J’ai eu la chance de faire une mission avec eux, dernièrement, ils ont un travail d’équipe extraordinaire. Quand on regarde Benihime et Ryosen, on pourrait se dire qu’ils ont des styles opposés, mais ils parviennent à en faire quelque chose de vraiment bien. Cela leur a pris longtemps pour parvenir à ce résultat.

Haya - Ils se connaissaient avant ?

Saeka eut une moue d’hésitation.

Saeka - Je ne voudrais pas dire de bêtises, mais je crois que Benihime connaît Ryosen depuis qu’ils sont très jeunes. Ko et Naikin se connaissaient quand ils étaient genin, ils étaient dans des équipes opposées. En fait, les chefs ne se supportaient pas, mais Naikin et Ko s’entendaient bien. Ensuite… Naikin a demandé au mizukage de pouvoir disposer de la flamme jaune. On lui a répondu qu’il était talentueux, mais trop jeune et qu’un chuunin ne pouvait pas accéder à ce rang. Quand il est passé juunin, il a posé la même question et on a accepté. Il a recruté Ko, puis il a cherché quel pouvait être l’autre personne la plus talentueuse de cette génération. Il est tombé sur Ryosen, dans un premier temps, qui a refusé de venir sans Benihime. Naikin a alors eu une équipe de quatre.

Haya - Naikin a cédé au caprice de Ryosen?

La jeune femme sourit et arrangea l’une de ses mèches bleues derrière son oreille.

Saeka - Il a observé Benihime, d’abord, et il en est arrivé à la conclusion qu’elle était également l’une des plus talentueuses de sa génération. C’était il y a deux ans, Naikin et Ko avaient dix-huit ans.

Haya - Et comment tu es entrée en contact alors ?

Saeka - Ko était réputé pour avoir une excellente esquive. Je souhaitais m’entraîner à la chaîne, et mon professeur m’a indiqué que ce pouvait être une bonne solution. Puis, bien, je suis tombée amoureuse et lui… disons que ça lui a pris un peu plus longtemps mais qu’au final on a trouvé un terrain d’entente.

Haya acquiesça en souriant. Elle imaginait sans mal Koshiro mettre un peu plus longtemps pour tomber amoureux.

Saeka - C’était il y a six mois maintenant.

C’était étrange, mais elle n’avait jamais réellement parlé de la formation de cette flamme jaune ci, avec les membres qu’elle fréquentait pourtant tous les jours. Cela ne l’étonnait pas plus que cela, cette création. On sentait à les voir que Ryosen et Benihime partageaient une vieille complicité et qu’ils nouaient des relations peut-être un peu trop complexes pour être parfaitement saines, mais cela les regardait. Haya les observa approcher, Benihime qui s’étirait longuement, Ryosen qui suivait plus loin derrière et Naikin, qui était effectivement là, les mains dans les poches. Il discutait avec Benihime d’une ancienne mission dont la jeune fille ne se souvenait pas bien, d’après ce qu’Haya pouvait comprendre de là où elle était.

Haya - Je les aime bien.

Elle sentit Saeka sourire.

Saeka - Et ils t’aiment beaucoup aussi, murmura-t-elle.

Benihime - Alors on a fini de se rouler les pouces les filles ?

Elle sourit de toutes ses dents (et c’était un peu inquiétant à voir, en fait).

Benihime - Prêtes pour le vrai combat de la journée ?

Haya jeta un coup d’œil furtif à Saeka qui souriait avec son habituelle sérénité.

Haya - Heu, ça depend lequel, dit-elle sans trop se mouiller.

Benihime posa une main sur son cœur, ferma les yeux et soupira avec une intense satisfaction.

Benihime - Eh… Manger.

Haya Sasaki
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