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 La foudre frappe toujours deux fois

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MessageSujet: La foudre frappe toujours deux fois   La foudre frappe toujours deux fois EmptyMer 28 Nov - 1:33

Le riz gluant collait au palais de Ebiko tandis qu’elle le mâchait. Elle passa sa langue sur ses dents afin d’en détacher les grains qui s'agglutinaient sur ses gencives. Lorsqu’elle eut finit son bol, un profond soupir s’échappa de sa poitrine. Elle était repue. En dépit d'une nuit agitée, elle était totalement reposée et de très bonne humeur malgré le rhume qu'elle avait attrapé quelques jours auparavant. Elle ne pouvait écarter de son esprit ce sentiment d’inquiétude. En effet, Wataru avait quitté le village dans le cadre d’une mission qui, pour ce qu’elle en avait compris, serait périlleuse. Il n’avait pas pu lui en dire d’avantage. Elle savait de quoi il était capable, il était un bon shinobi. N’étant pas du genre à se morfondre, elle décida donc d’écarter ses pensées négatives de son esprit pour l’instant.
Ebiko avait du pain sur la planche. Son apprentissage ne faisait que commencer et elle ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. Il lui restait tant de choses à apprendre et notamment à propos de la nature de son Chakra : le Raiton. Mais elle n’avait aucune idée de comment apprivoiser cette incroyable énergie dont elle devait, tout d’abord, apprendre à en être la source. Dans cette optique, Wataru s’était avéré être d’un grand secours pour la jeune femme. Il lui avait indiqué que son ami Kagin, possédait la même affinité qu’elle. Malgré ses défauts non négligeables, il semblait être doué et pourrait sans doute l’aider dans sa démarche. La veille, elle lui avait donné rendez-vous au parc Yumekuteka. Comme à son habitude, elle était en retard. Elle enfila rapidement sa veste et quitta son appartement.

Lorsqu’elle pénétra dans le parc, un sentiment de bien être et de plénitude envahit soudainement son corps tout entier. Tout était ordonné et pensé, chaque chose avait sa place. La bouche grande ouverte, Ebiko était stupéfaite par tant de splendeur, comme à chacune de ses visites au parc. Devant elle se dressait fièrement un érable centenaire. Le printemps faisait s’éclore les fragiles bourgeons qui poussaient à ses branches tortueuses. Près de ses épaisses racines serpentait un petit cours d’eau qui se jetait dans une marre recouverte de nénuphars roses et blancs. Soudain le tintement d’un carillon suspendu la ramena à la réalité. Ebiko posa sa main sur l’écorce ridée et sèche de l’érable et tourna autour de son tronc. De l’autre côté, Kagi était assis sur un banc de gré grisâtre. Lui aussi semblait émerveillé par la beauté saisissante de ce spectacle. Ebiko s’approcha de lui d’un pas silencieux. Il se tourna dans sa direction et un sourire ravi illumina son visage.

Kagi - Salut.

Ebiko hocha la tête afin de lui rendre la politesse. Une ombre envahit soudainement l’espace autour d’elle. Instinctivement, elle leva les yeux au ciel. Un épais nuage gris passait devant le soleil, privant ainsi le parc de ses rayons lumineux. Au même moment, la rumeur du temple proche se fit entendre. Le gong indiquait l’heure du recueillement.

Kagi - Tu voulais me voir ?

Ebiko - Oui, j’aimerai que tu m’apprennes à maîtriser le Raiton. Dit-elle de sa voix enrouée.

Kagi - Je me doutais que c’était ton affinité à toi aussi. J’avais senti comme de l’électricité entre nous lors de notre rencontre.



La jeune femme grimaça puis renifla discrètement.

Ebiko - Alors, on commence par quoi ?

Kagi - J’ai jamais dit que j’acceptai...

Ebiko - Qu’est ce que tu veux ? Dit-elle l’air blasé.

Kagi - Un baiser.

Ebiko - Jamais.

Kagi - Tant pis pour toi, tu vas devoir te débrouiller toute seule avec ton affinité. Bon courage.

Joignant l’acte aux paroles, Kagi se leva du banc et, les mains dans les poches, s’éloigna à pas lents. Ebiko pensa à ses buts : la vengeance, la fortune...

Ebiko - Attends !

Le shinobi pivota sur lui même et dévisagea Ebiko avec un grand sourire.

Kagi - Oui ?

Ebiko - C’est d’accord ! Mais après l’entraînement.

Il rebroussa chemin et s’approcha d’elle.
Le nuage se dissipa libérant la lumière blanchâtre du soleil qui vint frapper les deux shinobi. Ebiko, éblouie, ferma les yeux. C’est le moment que choisit Kagi pour approcher son visage du sien. Doucement, il posa ses lèvres sur les siennes et l’embrassa timidement. La jeune femme ouvrit soudain les yeux sous le choc. Le visage de Aiji apparut immédiatement dans son esprit. Aiji... Elle eut le sentiment de trahir sa mémoire. Elle repoussa violemment Kagi et le gifla du revers de la main.

Ebiko - T’es malade ?

Il massa du bout de ses doigts sa mâchoire endolorie.

Kagi - Si tu te montres aussi fougueuse durant ton entraînement, tu progresseras rapidement.

Ebiko - Pfff...

Après un long silence qui en disait long sur leurs humeurs respectives, les deux compères s’enfoncèrent dans le parc. Devant eux s’étendait un immense parterre fleuri et coloré au milieu duquel serpentait un chemin de dalles grises. Il s’y engagèrent. Quelques abeilles butinaient le pollen. Le battement rapide de leurs ailes intercepta l’attention de Ebiko qui était comme hypnotisée par la chorégraphie que ces petits insectes exécutaient. Ils étaient imprévisibles, comme Kagi.

Kagi - On sera bien ici. Il y a de l’espace et personne ne nous dérangera.

Les deux shinobi débutèrent l'entraînement.


Dernière édition par Ebiko Matsuda le Mer 2 Jan - 3:35, édité 12 fois

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MessageSujet: Re: La foudre frappe toujours deux fois   La foudre frappe toujours deux fois EmptyDim 2 Déc - 23:42

Quand Ebiko se réveilla de sa sieste, le soleil se couchait dans un ciel nuageux, plongeant son appartement dans l’obscurité. Elle ne se sentait pas au mieux de sa forme. Sa gorge la faisait souffrir et son nez coulait si bien qu’elle ne pouvait s’empêcher de renifler bruyamment. Malgré tout, elle n’avait d’autres choix que de s’extirper de son lit douillet afin de poursuivre son entraînement. Kagi ne serait pas disponible indéfiniment et elle ne connaissait pas de shinobi plus doué que lui dans la maîtrise de la nature du Chakra.
Elle posa ses pieds engourdis sur le plancher et se leva si rapidement qu’elle fut prise d’étourdissements. Elle posa sa main sur son front et ferma les yeux afin de trouver son point d’équilibre. Décidément, ce rhume était dérangeant. Elle traîna sa molle carcasse jusqu’au coin cuisine de la pièce principale. Afin de dissiper l’épais brouillard de la somnolence, elle prépara du thé. Elle but le liquide chaud d’une traite si bien qu’il lui sembla retrouver le contrôle de son corps instantanément. Soudain, un violent éternuement la secoua comme pour lui rappeler son état. Mais dans ses yeux cernés une lueur étincelante témoignait de sa volonté. Elle n’allait pas abandonner son entraînement pour si peu. Elle s’empara d’une poignée de framboises qu’elle s’empressa d’avaler puis alla jusque dans la salle de bain et remplit la baignoire d’eau chaude. Un pied après l’autre, elle s’introduisit dans la cuvette et s’allongea dans l’eau dont la chaleur apaisait ses douleurs musculaires. Ebiko se souvint que lorsqu'elle était enfant, elle rechignait à se laver mais une fois qu’elle était plongée dans la chaleur réconfortante de l’eau, il lui était difficile d’en sortir. Les minutes défilaient et son corps se débarrassait de ses affres si bien qu’elle manqua de s’endormir. Après s’être lavé les cheveux, elle sortit de la baignoire en inondant la sol carrelé de la petite salle de bain. Une fois séchée, elle enfila un kimono gris clair aux motifs géométriques lie-de-vin. Sa coupe était simple et ample, parfaite pour s’entraîner.
Ebiko observa son reflet dans le miroir qui lui faisait face et remarqua que sa tenue était endommagée. Le tissu était élimé au niveau des manches et une tâche souillait la ceinture. Il lui faudrait acheter de nouveaux habits. Cela ne l’enchantait guère. Elle n’aimait pas dépenser ses économies et les échoppes de Kumo ne proposaient que très peu de vêtements. Et la plupart d’entre eux étaient largement passés de mode. Cela était dut à l’isolement géographique et culturel du village.
La jeune femme chassa ses pensées de son esprit et décida de s’accommoder de sa tenue actuelle. Après tout, personne ne remarquerait les défauts de son kimono.
Finalement, elle quitta son appartement et chemina à travers le centre-ville. Comme souvent à la tombée du jour, les chiens du village aboyaient. La rumeur de leurs hurlements parvint aux oreilles de Ebiko qui atteignait les portes du parc. Les arbres en fleurs étaient éclairés par la lune et brillaient d’un éclat pâle et fragile. Les jardins étaient pleins du parfum et des murmures du printemps. La jeune femme fut profondément émue par cette scène.

Le bruit de pas était léger, presque imperceptible mais il suffit à troubler la mélodie enivrante du parc. Ebiko n’entendit plus le bruissement tranquille des feuilles, ni les échos étouffés du village proche. Dans son esprit résonnait le bruit de ces pas qui s’approchait d’elle. Lentement, elle se retourna et croisa le regard malicieux de Kagi.
Il avait fière allure dans sa tenue ocre. Ses cheveux étaient ébouriffés au sommet de son crâne et un éternel sourire était figé sur son visage anguleux.

Kagi - Désolé du retard.

Ebiko fit la moue. D’ordinaire cette réplique était la sienne.
En silence, les deux compères s’enfoncèrent dans la parc jusqu’à l’étendue fleurie où ils avaient pris l’habitude de s’entraîner. Plongées dans l’obscurité, les fleurs aux couleurs vives semblaient toutes grises. Soudain, un grillon entama un chant tonitruant mais se tut lorsqu’il sentit la présence des deux shinobi.

Kagi - Bon, on va reprendre là où on s’était arrêtés ce matin.

Ebiko - D’accord.

Ebiko ferma les yeux et se concentra. Elle sonda l’énergie que diffusait son Chakra dans son corps. Elle la dompta et s’employa à la canaliser et à la concentrer afin de l’amplifier. Malheureusement comme lors de ses précédents essais, elle ne parvenait pas empêcher cette énergie d’échapper à son contrôle. C’était comme si elle remplissait un ballon d’eau mais qu’a un moment donné, celui-ci éclatait sous la pression.
De petits éclairs bleutés dansaient sur sa peau. Ses cheveux furent soulevés par l’électricité statique et se dressèrent sur son crâne.
L’énergie qu’elle avait déployée se diffusait à son grand damne. Il ne lui restait plus qu’a remplir à nouveau le ballon en espérant qu’il n’éclate que lorsqu’il serait plein.

Les essais infructueux se succédaient. Mais la réserve de Chakra de Ebiko n’était pas infinie. Bientôt, elle s’épuisa et elle ne put poursuivre l’entraînement. L’heure était au constat.

Ebiko - Je n’y arrive pas, c’est trop dur. Dit-elle d'une voix enrouée.

Kagi - Tu progresses mais tu ne t’en rends pas compte.

Ebiko souffla. Elle était las et cet entraînement, qui durait depuis des jours, commençait sérieusement à lui courir sur le haricot. Kagi s’approcha d’elle et posa une main compatissante sur son épaule.

Kagi - Tu y es presque. La prochaine fois, tu bloqueras d’avantage d'énergie.

Un sourire se dessina sur les lèvres de Ebiko. Les paroles réconfortantes de son ami avaient fait mouche. Sa motivation était ravivée.


Dernière édition par Ebiko Matsuda le Ven 14 Déc - 19:50, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: La foudre frappe toujours deux fois   La foudre frappe toujours deux fois EmptyMer 5 Déc - 3:06

Les jours qui suivirent se déroulèrent sur le même shéma. A l’aurore, Ebiko rejoignait Kagi au parc Yumekuteka dans le but qu’il lui enseigne la maîtrise de la nature de son Chakra.

Le matin, le parc arborait un visage différent. La nature s’éveillait sous la brume et les jeunes pousses se frayaient un chemin à travers la rosée qui voilait de paysage printanier d’un manteau suintant. Tout, dans son ensemble, semblait enthousiaste et exalté.
Ebiko prit une profonde inspiration. Elle voulait s’imprégner de cette ambiance inspirée afin de faire le plein de courage et de volonté pour son entraînement. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle constata que Kagi l’observait.

Ebiko - Quoi ? Fit-elle agressive.

Kagi secoua la tête l’air de rien. Il commençait a avoir l’habitude du caractère bien trempé de la jeune femme.

Kagi - Tu es prête ma belle ?

Ebiko - La ferme.

Aussitôt elle se concentra et tenta de bloquer l’énergie dont elle était la source afin de l'emmagasiner. Elle avait beaucoup apprit de ses échecs précédents et elle n’eut donc pas de mal à concentrer son Chakra. Après un certain temps, une quantité impressionnante d’énergie s’était accumulée dans son corps. Mais pour la première fois, elle parvint à en prévenir la fuite.

Ebiko - Ca y est !

Kagi - Oui, enfin.

Ebiko - Va te faire foutre... Murmura-t-elle.

Kagi posa sa main sur l’épaule de la jeune femme. Il était flagrant que cette proximité la mettait mal à l’aise. Mais, malgré son air gêné, le shinobi ne retira pas sa main.

Kagi - Je t’invites à dîner.

Ebiko voulait refuser, mais elle pensa au contenu de son garde-manger. Quelques champignons, un morceau de pain... Il était désespérément vide. Elle était épuisée et l’idée de se remplir le ventre commençait à la séduire. Elle agita vaguement la tête au plus grand bonheur de Kagi.

Kagi - Viens chez moi vers dix-neuf heures. Ça te conviens ?

Une nouvelle fois, Ebiko hocha la tête. Ses yeux brillaient à la pensée du festin que lui promettait son ami.
Kagi mima un baiser et quitta la zone d’entraînement avant de rentrer chez lui.
Ebiko demeura immobile durant quelques minutes. Elle venait de réaliser ce qu’elle venait de faire. Elle avait accepté un rencard avec Kagi le cavaleur. Un frisson parcourut l’ensemble de son corps. Puis, elle prit la route en direction de son appartement.

A dix-neuf heures, elle frappa à la porte de l’appartement de Kagi. Il vivait au dessus d’une échoppe vide. Le bâtiment était neuf, une odeur de peinture en se dégageait de ses mûrs. Kagi ouvrit la porte et invita Ebiko à entrer. Contrairement à celui de la jeune femme, le domicile du shinobi était vaste et meublé traditionnellement mais avec goûts. En face d’elle une étagère était suspendue à un mûr bleu clair. Un magnifique vase y était posé à côté d’une petite pile de livres. Ebiko s’en approcha et posa prudemment un doigt sur l’objet. De la porcelaine. Les motifs floraux qui le décorait était sans doute peints à la main. Elle se tourna et jeta un coup d’oeil inquiet vers Kagi. Elle s’attendait à une réaction de sa part. D’ordinaire, les blagues graveleuses pleuvraient déjà sur Ebiko. Mais il affichait une mine soucieuse.

Ebiko - Ca va ?

Devant le mutisme de son ami, la jeune femme commençait à s'inquiéter .

Ebiko - Qu’est ce qu’il se passe ?

Kagi - C’est Wataru...

Ebiko - Quoi ? Il va bien ?

Kagi ouvrit la bouche mais aucun mots ne s’en échappa. De toute façon, il était inutile d’en dire plus. Après un long et pénible silence où les deux compères s’évitèrent du regard, Ebiko murmura :

Ebiko - Comment ?

Kagi - Il était en mission dans le sud. Il est tombé dans l’embuscade d’une bande de mercenaires.

De nouveau, le silence envahit la pièce. Ebiko retenait ses larmes mais elle ne put contenir un discret sanglot. Comme s’il semblait l’avoir remarqué, Kagi s’approcha d’elle, sans doute dans l’intention de la consoler. Mais au moment où il fut trop proche, elle lui jeta un regard dissuasif et il s’arrêta.

Ebiko - Bon, qu’est ce qu’on mange ?

Le visage de Kagi se décomposa. Il était surpris de la réaction de l’aspirante. Elle venait de perdre un ami proche, son ancien maître qui l’avait recueillie alors qu’elle n’avait nul part où aller. Pourtant, elle agissait comme si de rien n’était.
En réalité, Ebiko était dévastée mais et ne voulait pas laisser sa tristesse prendre le dessus. Elle aurait tout le temps de faire son deuil et de verser des larmes lorsqu’elle serait seule.

Kagi - Euh... Des Yakitori et des Okonomiyaki.

C’est dans un ambiance singulière qu’ils dînèrent. Ebiko était anormalement bavarde et Kagi ne faisait que répondre à ses incessantes questions. Les rôles étaient inversés mais aucun d’eux ne s’en rendait vraiment compte. Une seule chose les accaparait : le décès de Wataru. Leurs comportements étranges n’étaient que leur façon de faire face à cette terrible nouvelle. Mais une lumière venait éclairer l’ombre qui obscurcissait le tableau. A cause de cette épreuve, Kagi et Ebiko étaient plus proches que jamais.
Soudainement, elle se leva de sa chaise.

Ebiko - Merci pour cette soirée et pour le dîner. C'était délicieux.

Kagi - Je t’en prie.

Ebiko - Je vais y aller, je suis fatiguée et on a une grosse journée qui nous attend demain.

Sur ces mots, elle quitta l’appartement du shinobi et se précipita dans les rues sombres de Kumo. Elle courut plus vite qu’elle ne l’avait jamais fait et arriva devant chez elle en seulement quelques minutes. Son corps tremblait lorsqu’elle posa sa main sur la poignée de la porte. Elle se plongea dans la bienveillante chaleur de son appartement et laissa libre court à sa tristesse. Après avoir clos la porte derrière elle, elle s’y adossa et se laissa glisser jusqu’au sol. Elle prit son visage entre ses mains tandis qu’un torrent de larmes roulait sur ses joues. Wataru... Il lui avait permit d'entamer une carrière de shinobi ici, à Kumo. C'était lui qui l'avait recueillie chez lui avant qu'elle ne prenne son propre appartement. Lui encore qui lui avait tant enseigné. Et maintenant il lui transmettait sa dernière leçon : ne pas trop s'attacher aux gens, car elle pouvait les perdre à tout moment.

Spoiler:
 


Dernière édition par Ebiko Matsuda le Lun 17 Déc - 6:41, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: La foudre frappe toujours deux fois   La foudre frappe toujours deux fois EmptyMer 5 Déc - 22:55

Lorsque ses pieds touchèrent le sol, les jambes de Ebiko flageolèrent et elle faillit tomber à genoux tant elle était épuisée. Une douleur sourde pulsait dans ses muscles et ses articulations protestaient à chacun de ses mouvements. Elle se sentait meurtrie, écorchée vive à l'extérieur comme à l'intérieur.
Elle essuya son visage couvert de sueur et se traîna d’un pas chancelant jusqu’à un rocher couvert de mousse sur lequel elle s’assit. Elle se pencha en arrière et, en appui sur ses bras tendus, observa la tranquille valse des nuages blancs qui traversaient le ciel.
Ebiko baissa doucement la tête. En l’espace d’une journée, elle avait perdu son guide, son maître, son ami. Wataru lui avait été arraché, brutalement. Pourquoi tous les hommes auxquels elle tenait devaient finir ainsi ? D’abord Aiji et maintenant Wataru. Elle s’aventura sur l’étendue verdoyante devant elle. Rien ne lui semblait réel. Les arbres qui longeait le sentier à sa gauche lui semblaient dépourvus de substance. C’était comme si elle évoluait dans un décor virtuel ou dans un rêve au sein duquel elle n’avait aucune emprise. Une légère brise l’enveloppa et lui tira un frisson. Elle s’enveloppa de ses bras et se bascula d’avant en arrière. Elle ne pouvait plus retenir ses larmes.
Elle ne réagit pas lorsque Kagi s’avança vers elle pour l’étreindre et la bercer. Il la serra contre lui pour la consoler. Il ne dit pas un mot, se contentant de l’envelopper de ses grands bras. Peu à peu, les sanglots de Ebiko s’apaisèrent et elle plongea son regard dans celui de son ami. Lui aussi elle pouvait le perdre à tout moment. Brutalement, elle s’écarta et essuya ses larmes.
Soudain, un clapotis intercepta l’attention des deux compères. Ils jetèrent un coup d’oeil curieux vers une petite marre dont le fond était tapis de petites pierres polies. De nouveau, le clapotis rompit le silence tranquille qui régnait sur cette partie du parc. Ebiko vit une carpe koï gober un quelconque insecte qui c’était aventurer à la surface de l’eau. Elle était d’une taille impressionnante et la jeune femme se demanda quel âge pouvait avoir le noble poisson. Ses écailles blanches, tachées de rouge étaient d’une élégance rare.
Ebiko s’avança sur le pont qui traversait la petite marre et s’accouda sur sa rambarde. Sous elle, elle vit les ronds que produisaient les mouvements du poisson dans l’eau. Au fur et à mesure, elle s’aperçut que le poisson n’était pas le seul à vivre dans cette petite marre. De nombreux autres nageaient calmement dans l’obscurité des fonds du bassin.
Kagi posa sa main sur l’épaule de la jeune femme et lui souffla à l’oreille :

Kagi - Tu n’es pas toute seule.

Elle se tourna vers lui. Ses yeux brillants témoignaient du torrent de larmes qu’ils avaient versés toute la journée. Avec un sourire discret elle hocha la tête. Elle lui était reconnaissante pour ses mots.
Soudain, Kagi approcha son visage anguleux de celui de la jeune femme dans le but de l’embrasser. Mais elle s’écarta et lui jeta un regard surpris.

Ebiko - Qu’est ce qui te prend ?

Kagi - Rien. Je pensais... Désolé.

Ebiko souffla. La colère venait de prendre le pas sur sa tristesse. Kagi restait Kagi, triste ou pas. C’était un fait connut dans le village qu’il était un bourreau des coeurs. Mais elle n’était pas intéressée par lui. Certes, elle lui trouvait un certain charme et il comptait beaucoup pour elle mais jamais elle n’envisagerait, ne serait-ce que la possibilité, de devenir sa petite copine.

Ebiko - Ce n’est pas grave. C’est aussi un peu de ma faute. Je n’ai peut-être pas été assez claire.

Kagi observait la jeune femme d’un regard interrogateur.

Ebiko - Je ne suis pas intéressée, ni par toi ni par personne. Tout ce que je désire, c’est atteindre mes objectifs. Et pour cela, j’ai besoin d’un ami pour me soutenir.

Un sourire à la fois déçu et ravi étira les lèvres du shinobi.

Kagi - Je serais ravi d’être cet ami. Murmura-t-il, l’air ému.

Ebiko lui asséna un coup de poing amical dans l’épaule. Tout les deux éclatèrent d’un rire franc et libérateur.

Kagi - Tu frappes comme une fillette.

Ebiko - La ferme. On reprend l’entraînement ?

Côte à côte ils franchirent le pont et se rendirent au milieu d’un petit jardin délimité par un muret en pierre envahit de plantes grimpantes. Des bambous parsemaient les lieux tels de petites forêts qui se pliaient sous les violents bourrasques. Cet endroit projetait une ambiance sauvage malgré le travail apparent qu’il nécessitait.
Le visage de Kagi changea du tout au tout. D’ordinaire, une expression moqueuse et ironique était peinte sur ses traits en toute circonstance. Mais lorsqu’il s’agissait des arts shinobi, il revêtait une toute autre expression. Il devenait plus grave et sérieux.

Kagi - Très bien. Donc maintenant que tu peux emmagasiner ton Chakra Raiton. Il faut que tu apprennes à relâcher cette énergie sous la forme d’un éclair que tu dois projeter sur une cible.

Ebiko - Ça je l’ai compris mais comment je fait pour lui donner cette forme ?

Kagi - Tu dois te concentrer et malaxer ton Chakra afin de lui donner la forme voulue. La concentration est la clef, comme souvent.

Le visage de Ebiko se décomposa. Comment pouvait-elle se concentrer sur cet entraînement après ce qu’elle venait de vivre ? Cet exercice lui semblait hors de sa portée pour l’instant. Mais elle ne voulait pas laisser transparaître ses faiblesses devant Kagi.

Kagi - C’est quand tu veux Ebiko.


Dernière édition par Ebiko Matsuda le Ven 14 Déc - 19:51, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: La foudre frappe toujours deux fois   La foudre frappe toujours deux fois EmptyVen 7 Déc - 20:22

Kagi était capable de reconnaître un serpent quand il venait de lui marcher dessus. L’aisance et la vivacité des gestes de Ebiko suggéraient un danger dissimulé, comme les crocs d’une vipère. Un frisson parcourut son échine. Elle apprenait vite. Et elle était belle avec ses cheveux sauvages et flamboyants, secoués par ses mouvements vifs et précis.
Soudain, comme l’extension de son bras, un éclair blanchâtre aux reflets bleutés émergea de sa chaire et vint frapper le tronc d’un arbre. Une fumée grise s’échappa de l’impact et un oiseau effrayé pris son envol. Le bois était noirci comme s’il avait été brûlé. Kagi savait les dégâts que cette technique pouvait faire sur un homme. Lorsque lui même avait appris à maîtriser le dangereux art du Raiton, il avait gravement blesser son professeur. Le temps avait passé mais sa culpabilité demeurait ancrée dans son esprit.

Kagi - C’est très bien Ebiko. Mais tu dois encore travailler ta précision. Surtout lorsque tu combines la Surcharge avec le Raiton. Tu pourrais vite te laisser dépasser par toute cette puissance. Mais il faut diriger et maîtriser l'énergie. En être seulement l'origine ne suffit pas.

Ebiko hocha la tête, haletante. Sa réserve de Chakra s’amenuisait. Une pause était nécessaire. Elle s’assit en tailleur dans l’herbe moelleuse et jeta un regard malicieux vers son ami.

Ebiko - C’est vraiment important ?

Kagi - C’est vital. Sinon tu pourrais te blesser ou blesser tes coéquipiers lors d’une mission.

Le regard vide du jeune homme témoignait des souvenirs douloureux qui venaient le hanter.
Soudain, un éclair fendit le ciel d’une balafre blanchâtre et une pluie torrentielle s’abattit sur les deux compères. Ils n’eurent d’autres choix que de courir, la tête baissée vers l'abri le plus proche. Leurs pieds s'enfonçaient dans le sol boueux tandis qu’un peu plus loin, ils distinguèrent un petit sanctuaire vers lequel ils se précipitèrent. Une fois au sec, un soupir de soulagement s’échappa de la poitrine de Ebiko. Elle essora ses cheveux trempés et retira les quelques mèches qui s’étaient collées sur son front.

Ebiko - Je crois qu’on peut oublier l’entraînement pour aujourd’hui. Dit-elle en riant.

Kagi - Oui. De toute façon, tu n’as plus qu’a appliquer ce que je t’ai appris. Ma présence n’est plus nécessaire.

Ebiko jeta un coup d’oeil surpris vers le shinobi. Sa présence lui était plus nécessaire qu’il ne l’imaginait. Il la motivait et lui permettait de se dépasser. A défaut de lui dire ce qu’elle avait sur le cœur, elle acquiesça poliment. Un long silence s’installa dans le petit sanctuaire. Seul le son de la pluie tambourinant la terre humide troublait le calme qui régnait sur les lieux. A nouveau, la foudre inonda le ciel nuageux de ses zébrures lumineuses provoquant un grondement qui fit vibrer la terre.
Kagi se tourna vers Ebiko et lui offrit son sourire le plus radieux.

Kagi - Si tu as besoin de moi à nouveau, tu sais où me trouver.

Ebiko - Oui.

Comme si l’humeur de Kagi était à l’origine de la météo, la pluie cessa.
Ebiko balança sa tête en arrière et éternua violemment.

Kagi - Rentres chez toi et reposes toi, tu as l’air fatigué.

Ebiko - Tu as raison. Il faut que je me débarrasse de ce rhume.

Après avoir échangés un regard complice, les deux amis sortirent de leur abris et quittèrent le parc. Comme ils craignaient que la pluie ne récidive, leur allure se fit rapide.

Ebiko claqua la porte derrière elle. Il faisait chaud dans son petit appartement. Avec habilité, elle se débarrassa de ses vêtements trempés. Complètement nue, elle se rendit dans la petite salle de bain dont le sol carrelé et froid lui tira un frisson. Elle fit couler l’eau dans la baignoire puis s’y allongea. Le niveau de l’eau montait lentement mais sa délectable chaleur lui tira de petits gémissements de plaisir. En peu de temps, seule sa tête émergeait de la surface de l’eau. Elle demeura immobile un certain temps profitant du simple fait de macérer dans l’eau savonneuse. Son regard se perdit sur le plafond aux poutres sombres qui la surplombait. La vapeur qui s’échappait du bain l’avait entièrement recouvert d’une mince pellicule d’eau. Soudain, une goutte s’en détacha et s’écrasa sur le front d’Ebiko.
Il lui fut ardu de s’extirper de son bain et du bien-être qu’il lui procurait. Mais l’eau commençait à se faire tiède et sa peau à flétrir. Après s’être enroulée dans une serviette trop petite pour ses courbes, elle se dirigea dans la cuisine afin d’y préparer un thé aux herbes qui, à coup sûr, la requinquerait.

Spoiler:
 


Dernière édition par Ebiko Matsuda le Lun 17 Déc - 5:14, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: La foudre frappe toujours deux fois   La foudre frappe toujours deux fois EmptyMer 12 Déc - 12:14

Techniques validées
Ebiko + 52 XP (bonus inclus)
Tu peux supprimer rhume de ton état.
Contenu sponsorisé



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