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 Jirou Goro

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MessageSujet: Jirou Goro   Jirou Goro EmptyJeu 20 Déc - 1:47

Choisir sa DestinéeJe suis un shinobi


Choisir sa FactionOriginaire du pays de la foudre, a prêté allégeance au daimyo de l'eau.


Choisir son NindoVoie principale : Taijutsu. Voie secondaire : Ninjutsu non élémentaire. Je ne souhaite pas déclarer de troisième voix.


Jirou ouvrit les yeux au petit matin. La faible lumière du soleil qui pointait discrètement à l'horizon suffisait à peine à distinguer les contours de leur embarcation, un petit voilier d'à peine quatre ou cinq mètres de longueur. Il tenta de se redresser doucement, esquissant une grimace d'inconfort lorsqu'il sentit ses vêtements moites coller à sa peau. Sa nuque lui faisait mal, et sa tête était encore lourde après ces quelques heures d'un sommeil trop peu réparateur. Il jeta un oeil par dessus la balustrade.

Le ciel était encore noir, bloqué par une épaisse couche nuageuse qui semblait tomber sur les falaises au sud. La brume cottoneuse s'effilochait sur les rochers escarpés, coulait entre les arbres rachitiques qui surplombaient l'eau, ceux qui tenaient tant bien que mal debout malgré les grains successifs qui frappaient la côte en cette saison. La côte elle même était encore invisible, mais on pouvait deviner le contour global du littoral en extrapolant à partir des portions rocheuses autour desquelles la brume s'enroulait.

"- Nous ne sommes plus très loin." commença une voix derrière Jirou. "Derrière ce cap se trouve la baie des Marouettes. Notre point d'entrée se trouve huit milles plus loin."

Saito se tenait au milieu de l'embarcation. Il était debout, mais se reposait contre les coffres de vivre sanglés à la balustrade. D'une main distraite, il tenait la corde qui permettait d'orienter la voile dans le sens du vent. Jirou le regarda un long moment. Il admira l'aisance avec laquelle son compagnon gardait ses appuis malgré le roulement de la coque. Il semblait capable de reporter instinctivement son poids sur ses appuis en fonction du mouvement régulier de l'eau. On pouvait y voir la marque d'un navigateur aguerri.

Jirou avait rencontré Saito deux jours auparavant. La tâche à laquelle ils avaient été assignés tous les deux consistait en une mission de reconnaissance dans un archipel à une centaine de milles au nord de Mage. Les deux chuunin s'étaient évidemment déjà vu avant cela, Kiri était encore un bien petit village, mais ils ne s'étaient jamais adressé la parole. Lorsqu'ils s'étaient serré la main, un peu avant d'embarquer, Saito lui avait fait l'effet d'une personne au caractère bien trempé. Sa poignée était ferme, et son regard ne cillait jamais. Il était jeune, pas beaucoup plus de dix huit ou vingt ans, mais la différence d'age qu'il avait avec Jirou ne l'avait aucunement intimidé.

Jirou se redressa complètement et se leva. Il mesurait pratiquement deux mêtres de hauteur, et lorsqu'il s'étira les bras au plus haut au dessus de la tête, la distance qui séparait ses mains du sol approchait les deux mêtre cinquante. Il était sans doute l'homme le plus grand du village caché, et comptait certainement parmi ceux dont la force physique et l'endurance étaient la plus grande. Il comptait aussi parmi les combattants les plus agés, avec sa trentaine entammée depuis peu.

"- Tu es impressionant. On n'en voit pas beaucoup des gens comme toi."

Jirou accueilla le compliment avec un sourire. Il se passait rarement une journée sans qu'un étranger ne lui fasse un commentaire sur sa taille. Il n'en était pas complexé pour autant, car il était conscient que sa carure comptait parmi les atouts qui l'avaient tenu à l'écart du berceau du shinigami pendant tout ce temps.

"- Ton collier t'a échappé quand tu t'es endormi. Je l'ai rangé dans la boite juste sous la toile, derrière toi, celle qui contient les shurikens." dit Saito, en montrant du doigt l'endroit en question. Jirou le remercia et récupera son bien dans la petite caisse. " Comment as tu appelé ça déjà ?"

"- Un chapelet." répondit Jirou, "Pour éloigner les esprits." ajouta t'il en faisant un léger tourbillon dans l'air avec son doigt. Il passa quelques secondes à contempler le collier de perles de bois qu'il tenait. Chaque petite boule contenait à l'intérieur une pierre précieuse, à peine plus grande qu'un grain de sable, et toutes d'une couleur différentes. On trouvait difficilement ce genre de joyaux ailleurs que dans les mines des montagnes foudroyées, au loin au nord du pays du même nom. Et au milieu des sphères de bois, attaché à une chaînette de seulement trois maillons se trouvait un disque de la taille d'une pièce, gravé d'une croix aux extrémités recourbées.

"- Ah oui, les esprits" ricana Saito.

Jirou passa son collier à son cou, et le cacha sous sa tunique. Il fit deux pas pour rejoindre Saito et lui proposa d'un geste de prendre le relai aux commandes du navire.

"- Volontier. Je ferais bien une petite sieste avant d'arriver." répondit l'interessé. Il alla se blottir à l'endroit même que Jirou venait de quitter. Il passa sa capuche au dessus de son visage et croisa les bras, probablement pour se réchauffer. "Si je m'endors, réveille moi dans une heure, dès qu'on aura dépassé la baie. Je nous déposerai à l'endroit convenu."

Plusieurs minutes se passèrent dans un silence relatif fait du clapotis de l'eau sous le bois et du bruit du vent dans la voile. Le chuunin tenait la corde d'une main de fer, et laissait son attention divaguer sur les oiseaux qui tournoyaient autour des falaises. Certains stoppaient net leurs battements d'aile et fusaient d'un coup vers l'eau, passant sous la surface d'une éclaboussure. Ils réapparaissaient presque aussitôt, presque à chaque fois avec la queue d'un poisson malchanceux qui dépassait de leur bec.

"- Et pourquoi ces esprits auraient ils si peur d'une poignée de billes en bois ?
- Tu ne voulais pas dormir ?
- Je ne peux pas, je me pose trop de questions maintenant." répondit Saito, un rictus en coin. Jirou soupira.
"- Les treize sphère représentent les treize cauchemars de l'homme. Tu dois prendre entre tes doigts chaque perle, une par une et en récitant à chaque fois une prière pour éloigner le cauchemar. Tu dois réciter les treize prières à la suite, sans en oublier une seule : si un seul cauchemar passe au travers du charme, il peut inviter tous les autres derrière lui."

Le chuunin posa inconsciement la main sur sa poitrine, à l'endroit où il sentait les billes sous la toile de sa tunique.

"- Mon père aurait pu mieux t'en parler que moi. Il était prêtre. C'est lui qui m'a laissé ce collier."
- Où est il maintenant ?
- Huit ans qu'il a quitté le monde des hommes. Il a eu le temps de franchir le fleuve des morts et de parvenir au vrai monde. Il a vecu sa vie dans l'illumination. Son esprit voyage vers le divin..." finit doucement Jirou, pensif.

Saito ne demanda pas d'explication. Il n'en cachait pas pour autant son scepticisme.

"- Alors, tu y crois vraiment. Aux esprits je veux dire ? Tu priais hier soir avant de dormir ?"
"- Héhé. Mon père y croyait. J'espère qu'il avait raison et qu'il n'a pas passé sa vie à ne manger que des fruits, ne boire que de l'eau, et ne toucher ma mère qu'une fois l'an pour rien !"

Les deux hommes se regardèrent un instant, avant de chacun se mettre à rire.

"- C'est ça la clé du paradis ? Les pommes, l'eau fraiche la main droite troit cent soixante quatre jours par ans ?" réussit à placer Saito entre deux éclats.
"- C'est ce qu'il soutenait. Il menait une vie pieuse.
- Et toi ?
Jirou répondit sans hésitation
"- J'aime trop le boeuf, le vin et les femmes !" Et ils repartirent de plus belle. Les deux hommes, qui se connaissaient à peine, n'éprouvaient apparemment aucune difficulté à partager ces éclats de rire.

"- Et toi, de la famille ?" finit par demander Jirou, après qu'il se fut calmé.
- Oui, en quelque sorte. Une nièce. Dix ans. Haute comme ça." Il appuya sa dernière phrase en plaçant sa main à plat à un mêtre dix au dessus du sol.
- En quelque sorte ?
- Nous ne sommes pas vraiment liés par le sang. Elle vit avec Jinko Mori, tu dois connaitre.
- Oui, je connais le vieux Mori. Le vieillard est proche de Jiri Teiretsu. Je les ai vu plusieurs fois ensemble.
- Mori est un enseignant, une sorte de maître dans son domaine. Il a passé une grande partie de sa vie à développer son chakra. Il arrive à faire des choses extraordinaires, et est capable de prouesses physiques étonnantes pour son age."

Jirou siffla, jouant l'impressioné.

"- Je crois que je vois la petite, oui. Rouquine, maigrichone, souvent fourrée à l'interieur, c'est ça ? Yuki ?
- Sayuki, oui."

Ils passèrent les heures qui suivirent à discuter. Saito posait les questions et Jirou y répondait, souvent de la façon si laconique qui le caractérisait. Ils abordèrent les sujets de la foi, des mythes et de l'au delà. Le jeune chuunin lui demanda de lui citer les treize cauchemars et les treize prières, mais Jirou ne put se souvenir que de huit d'entre eux, et de cinq prières seulement. Le gouffre, le labyrinthe sans porte, la Lune, symbole de l'obscurité, les rats morbides, le vautour aux yeux verts, l'homme tordu, le temple aux statues noires, et le singe sans dents. Jirou affirmait qu'il pouvait retrouver les cinq cauchemars manquants, mais sous la pression des questions de son camarade, il n'y parvint pas.
Puis Saito en profita pour parler de la famille de Jirou. Et ce dernier lui répondit, sans empressement et sans retenue. Il lui parla de ses parents, de ses deux frères et deux soeurs. Il lui raconta son enfance au pieds des Monts de fer, en plein centre du pays de la foudre. Il évoqua ses jeux, ses premiers amis, les moqueries que sa grande taille provoquaient, et les dents cassées et poings meurtis qui en résultaient. Il mentionna le culte, lui décrivit le temple et l'autel et les bougies et les senteurs d'encens en période de cérémonies. Il raconta le mariage de sa soeur ainée, une douce soirée d'été, baigné dans la lumière bleue du soleil couchant entre les pics, ainsi que la mort de son plus jeune frère un mois plus tard aux mains de brigands nomades de passage sur leurs routes. Il décrivit en détail ce qu'il avait fait à l'un de ces brigands peu après, lors de la battue organisée par le village pour les traquer, et il lui montra la cicatrice qu'il avait hérité de son premier meurtre.
Ensemble, ils abordèrent les sujets de sa formation au combat par le samourai du village voisin, puis de la première guerre des seigneurs féodaux. Les combats s'étaient déroulés dans leurs champs et leurs rivières. Le sang avait corrompu l'eau et le feu avait ravagé les récoltes, et quand l'hiver s'était terminé, le village comptait moitié moins d'habitants qu'à l'été précédent. Son père était mort parmi les premier. Il était difficile de subsister sur la base d'un régime basé sur les fruits lorsque les tous fruits avaient brûlé. Il était mort droit dans ses convictions, avec le sourire.
Ils eurent le temps d'évoquer les voyages de Jirou, son départ du village avec ce qui restait des habitants. Sa séparation avec sa soeur ainée, partie se réfugier avec son homme auprès de la famille de ce dernier. Il lui raconta les mois passés sur la route, mendiant de hameau en hameau, acceptant des travaux à la moralités plus que douteuse pour survivre. Ils n'avaient pas tous survécu, cependant, et sa mère était tombée sous les coups de la maladie.
Ils avaient fini par émigrer, afretant des radeaux de fortune et s'engageant sur la mer qui les effrayait tant. Ils n'avaient jamais vu la mer auparavant. Ils avaient, après tout, toujours vécu sous la protection des montagnes. Ils avaient eu raison d'avoir peur, car la mer prit à Jirou son second frère...
Ils étaient finalement parvenus sur les côtes d'une île de l'archipel du pays de l'eau, où ils avaient fondé une petite colonie.

Son histoire s’arrêta là, car il était temps de poser le pied sur la terre ferme. Saito ammara le bateau à un arbre côtier, et les deux shinobis s'engagèrent dans les marais silencieux.


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MessageSujet: Re: Jirou Goro   Jirou Goro EmptyJeu 20 Déc - 1:54

Cela faisait bientôt deux heures qu'ils s'étaient engagés sur le sentier qui longeait la côte. Ils avançaient d'un pas qui aurait semblé rapide à une personne peu versée dans les arts guerriers, mais il prennaient en réalité leur temps. Saito était le traqueur du couple. Il connaissait bien mieux la zone, car il s'y était plusieurs fois rendu au cours de sa vie avant d'être embrigadé à Kiri. C'est lui qui se baissait de temps à autres pour chercher les traces au sol et déduire les mouvements récents d'hommes et de bétails. Jirou était la sentinelle. Il gardait ses sens ouverts, alertes, et se tenait prêt à réagir en cas de danger.

Leur mission consistait en la reconnaissance des mouvements de troupes récemments detectées sur l'île. Les rapports de villages attaqués laissaient penser à une bande de brigands peu organisés. Ils étaient apparu quelques semaines plus tôt, probablement immigrés par la mer, à en juger par les premières observations. L'île sur laquelle ils sévissaient actuellement était à ce jour d'une importance stratégique faible. Mais si on leur permettait de se développer, ils pouvaient à terme présenter un danger pour certaines routes commerciales.
Les chuunin n'étaient pas supposés se battre au cours de ce voyage, uniquement observer et rendre compte du nombre des brigands, ainsi que de leurs installations et si possible de leur commandement.

Ils finirent par arriver au sommet d'une butte, en contrebas de laquelle ils aperçurent un village cotier.

"- Kono." murmura Saito. "- Nous pourrons nous ravitailler là bas, peut être glaner quelques informations. Essayons de ne pas y passer plus de deux heures, puis nous repartirons plus loin dans les terres." Jirou acquiesca silencieusement.

Alors qu'ils descendaient d'un pas serein vers les portes de Kono, Saito fit brusquement halte. D'un geste du poing, il intima à son camarade de passer derrière lui et couvrir les arrières. Jirou ne mit qu'une seconde à comprendre ce qui avait alerté l'autre chuunin.
Il sentait l'odeur du sang.

Les deux hommes quittèrent le sentier et avancèrent silencieusement entre les joncs et les arbustes. Autour d'eux, ils ne percevaient que les bruits habituels à la nature, les chants d'oiseaux, le ruissellement de l'eau sur les pierres, et le frollement des branches mortes dans les arbres sous le vent. Ils ne se sentirent jamais menacés.
Ils finirent par arriver sur le lieu de l'attaque. Jirou remarqua immédiatement les trois premiers corps. Même en les voyant de loin, il comprit rapidement qu'ils étaient ainsi depuis longtemps. Deux cadavres supplémentaires gisaient en contrebas d'une petite bute au bord du chemin.

Les chuunin s'arrétèrent au milieu du massacre. Saito se mit à tourner de corps en corps, s'agenouillant dans la boue et se penchant au dessus de chaque dépouille. Jirou, quant à lui, laissa simplement son regard vaquer sur la scène. Ses yeux passèrent sur le sang, les marques de lutte au sol, et les visages de ces malheureux. Chacun des deux hommes s'imprégnait de ce qui s'était passé ici. Chacun, à sa façon, tachait d'en reconstituer la scène et le déroulement.

"- Je crois que j'ai une assez bonne idée de ce qui s'est passé." lança Saito, brisant le silence.

Il se mit à détailler avec précision le scenario de l'attaque, en se basant sur la position des cadavres, la nature des blessures affligeant chaque corps, les dégâts infligés aux arbres et aux buissons alentours. Il commença par l'homme le plus à l'écart du groupe principal. Ce dernier présentait deux entailles, une au flanc et une à la poitrine.

"- Ils ont commencé par celui là. Les villageois n'étaient sans doute pas conscients d'être ciblés. Ils devaient être cachés derrière ces buissons, juste là, et leur ont jailli dessus par surprise. Celui là n'a pas pu se défendre, il a pris deux coups de couteau, un dans le flanc, et le deuxième, mortel, directement dans le coeur. La première blessure l'aurait probablement tué à terme, ceci dit."

Il fit quelques pas, et s'agenouilla au dessus du second homme.

"- Lui non plus n'a rien vu venir. Ils lui ont immédiatement tranché la gorge. Les traces au sol indiquent plusieurs assaillants, mais peu de confusion."

Jirou le laissait parler. Il était fasciné par la minutie de son camarade, et l'entrain qu'il mettait à décrypter la scène d'une telle tragédie. En cet instant, Saito se détachait des victimes. Il était émotionnellement neutre, et toute son attention était braquée sur les indices qu'il découvrait dans le sang et la boue.

"- Ils ont paniqué, et ont tenté de fuire. Cet homme a été propulsé en avant. On a dû le pousser. Il s'est débattu au sol, mais n'a pas su repousser son, ou ses aggresseurs. Plusieurs plaies. Désordonnées. Le brigand s'est laissé exiter par la vue du sang. Ce n'est plus aussi précis que les premières victimes."

Il fit un pas de côté et rejoignit le quatrième cadavre, qui se trouvait affalé sur le ventre, visage caché.

"- Celui là..."

Il s'arreta net. Le visage de cette victime était partiellement calciné. Saito se releva et parcourut du regard les alentours. C'est alors qu'il remarqua l'écorce de l'arbre juste derrière lui, à quelques mêtres seulement du cadavre. Le tronc était parsemé de zones sombres, couleur charbon.

"- Quelque chose a brulé près de cet arbre. Ou alors ... des flèches enflammées ?"

Il était évident que Saito ne croyait pas à cette hypothèse. Des flèches auraient laissé une entaille dans l'écorce, et les points calcinés étaient beaucoup trop localisés pour avoir été infligées par un feu voisin. Jirou passa la main sur le bois brulé.
"- La foudre." murmura t'il.

Les deux hommes se regardèrent en silence un long instant, chacun conscient de ce que cette découverte impliquait. La foudre ne tombait pas par hasard sur le lieu d'un combat, et elle ne laissait pas ce genre de traces multiples. L'arc électrique qui avait frappé le cadavre couché au sol à leurs pieds avait été dirigé sur lui...

"- Voilà qui va inquiéter Jiri. Si même les barbares se mettent aux arts destructeurs, ils vont nous donner du fil à retordre." annonça Jirou, sarcastique. "- Prends note de l'état de l'arbre et des blessures sur ce cadavre." ajouta t'il.

Pendant que Saito sortait de sa sacoche le petit rouleau de papier et qu'il y consignait leurs dernières découvertes, Jirou s'écarta et s'avança vers le dernier cadavre.
C'était une femme, probablement pas plus de vingt ans. Sa robe de voyage était défaite, et d'une plaie béante juste sous le menton s'était écoulé plusieurs litres de sang qui avaient formé une marre dans laquelle baignaient ses longs cheveux noirs. Jirou resta longtemps immobile, les yeux rivés sur les pupilles vides de la jeune fille.

"- J'ai tout noté. Repartons. Le village n'est qu'à vingt minutes de marche." proposa Saito en se relevant. Il avait déjà fait quelques pas sur le chemin lorsqu'il s'aperçut que Jirou ne suivait pas. Il se retourna et contempla un instant le grand homme prostré. Impatient, il lui fit signe de le suivre.
"- J'aimerais les enterrer.
- Nous n'avons pas le temps pour ça. Cinq cadavres, à nous deux, nous prendraient jusqu'au soir et une bonne partie de la nuit. Descendons au village et poursuivons notre affaire.
- Les esprits issus d'une mort violente hantent souvent le monde des vivants longtemps après leur décès. Faire cet effort pour les apaiser un petit peu ne nous coûte rien.
- Foutaises, leurs esprits sont aussi morts que leur carcasses. Il n'y a plus rien ni personne à aider ici.
- Je vais l'enterrer, elle."

Saito souffla bruyamment mais n'insista pas. Une fois retombée la poussée d'adrénaline, lui même ne pouvait plus rester froid devant la tragédie. D'autre part, sans avoir besoin d'en parler, il était arrivé à la même conclusion que Jirou.
Les quatres hommes n'avaient connu la peur qu'un bref instant, et leur mort avait été rapide. Elle n'avait pas eu cette chance...



Il leur fallu un peu plus d'une heure pour mettre la jeune femme en terre. Jirou empila un petit monceau de galets pour indiquer la tombe. Symboliquement, sans même y penser, il passa sa main sur les treize perles de son collier avant qu'ils ne quittent les lieux du massacre. Ils prirent malgré tout le temps de rassembler les quatre autres corps et de les aligner, côte à côte, au bord de la route.

Ils arrivèrent au villageen fin d'après midi, et Saito, agacé, fut contraint de reconnaitre qu'il ne valait pas le coup de repartir dans la même journée. Leur enquète dans le village ne leur apporta rien qu'ils n'auraient pu deviner. Les habitants était terrifiés, peu d'entre eux osaient s'aventurer en dehors des murs de bois. C'était pour ça que les chunins avaient été les premiers sur les lieux du carnage.
Ils retrouvèrent par hasard la famille de l'une des victimes, et eurent la désagréable responsabilité d'apporter la mauvaise nouvelle.

Le soir, dans leur chambre à l'auberge du coin de la rue, les deux hommes firent leurs couches sans mot dire. Ce fut Saito qui brisa le silence quelques minutes après qu'il eut soufflé la bougie.

"- C'est pour ça qu'on se bat, n'est ce pas ? Pour empêcher ce genre de barbarie que Jiri a monté le village caché.
- Massacres méthodiques pour prévenir les massacres hasardeux. Une bien belle idée que notre Daimyo a eu là !
- Tu sais ce que je veux dire. Je ne suis pas suffisamment naïf pour prêter la moindre bonne intention à Teiretsu. Mais le résultat sera là, tu ne pense pas ? C'est ce qui manque à ce pays, une force militaire organisée, pour sécuriser les routes, les villages...
- Il manque beaucoup de choses à ce pays.
- A commencer par la stabilité." le coupa Saito. "Et l'unité.
- Tu prêtes beaucoup de foi à la nature humaine, mon cher compagnon. Le meurtre, aussi bien organisé soit il, reste le meurtre. Nous nous débarassons de nos ennemis, mais nos méthodes nous attirent bien peu d'alliés. Je ne parierais pas sur la qualité de la stabilité qu'on peut apporter de cette façon.
- Ces barbares peuvent bien crever, ils ne seront pas regrettés."

Jirou s'esclaffa d'un rire jaune et sans humour.
"- Je n'ai pas pu te raconter la fin de mon histoire tout à l'heure sur le bateau. Je ne t'ai pas dit ce qui était arrivé aux survivants de mon village, après qu'ils sont arrivés dans l'archipel.
- Qu'est ce qui est arrivé ?
- Kiri est arrivé."

Il avait prononcé cette phrase sur un ton glacial. Saito mesurait le poids de ces mots et de ce qu'ils semblaient vouloir dire. Il hésitait à poser ses questions, craignait d'avoir les réponses. Jirou poursuivit malgré tout :

"- Nous étions installés depuis plusieurs mois. Nous commencions tout juste à nous sentir à nouveau chez nous, lorsque Jiri est arrivé. Tu devines ce qui s'est passé : nous étions sur son chemin, il a posé l'ultimatum habituel. Les villageois était toujours las de leur exil, et refusèrent de se plier. Alors il lâcha ses chiens pâles.
- Il te restait une soeur.
- Elle est morte ce jour là.
- Pas toi.
- Elle était faible, j'étais fort. Aussi simple que ça."

Il n'ajouta rien. Et Saito ne posa plus aucune question.


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MessageSujet: Re: Jirou Goro   Jirou Goro EmptyJeu 20 Déc - 2:00

Cela faisait trois jours qu'ils patrouillaient les marais et les landes de l'île. A leur départ du village de Kono, une sentinelle leur avait indiqué la dernière position connue du groupe de brigands. Ils avaient eu peu de difficulté à remonter la piste jusqu'à leur campement, qu'ils avaient passé deux jours et deux nuits à observer. Ils avaient tout consigné sur le rouleau que portait Saito.

La situation n'était pas aussi sombre qu'ils ne l'avaient cru après avoir découvert que les brigands connaissaient le chakra. Ils remarquèrent quelques individus plus doués que les autres, mais ils ne cultivaient apparemment pas leur don. Le campement avait tout du camp barbare le plus classique. La structure hiérarchique était ridiculement étriquée et mal assise, et des querelles puériles éclataient souvent pour dégénérer en bagarres pathétiques. Pas de discipline, pas d'entrainement, juste des pillards sans foi ni loi.
Au deuxième soir, les chuunin purent assister à une sorte de fête, peut être d'origine religieuse. Il s'agissait essentiellement d'une beuverie généralisée. "- Qu'ils festoient" avait murmuré Saito, "- Qu'ils en profitent tant qu'ils le peuvent encore."
Jirou n'avait pas répondu.

Ils décidèrent de terminer leur observation et de quitter l'île au plus vite pour rendre leur rapport. Saito ne laissait rien transparaitre, mais Jirou se rendait bien compte qu'il aurait adoré croiser le fer avec les malandrins. Les ordres de la missions étaient cependant très clairs : pas de contact.

Ce soir là, ils jugèrent qu'il ne valait pas la peine de poursuivre jusqu'à Kono et installèrent donc un bivouac.
Il ne pleuvait pas encore, mais l'humidité dans l'air ne laissait pas présager d'une nuit très agréable. Les deux compagnons étaient maussades et montèrent leur abri de fortune sans enthousiasme. Aucun des deux n'avait particulièrement sommeil, mais ils étaient conscient qu'il n'aurait pas été sage d'allumer un feu alors qu'ils étaient toujours assez près du camp des brigands. Ils se laissèrent donc aller à discuter alors que le soleil passait doucement sous l'horizon.

"- Ecoute, je sais qu'on ne se connait pas depuis assez longtemps pour ça, mais j'aimerais quand même te poser cette question." débuta Saito, avant de marquer une pause. Jirou garda le silence.
"- C'est en rapport avec ce que tu m'as dit il y a trois nuits, à propos de ta famille. De ce qu'il s'est passé quand Kiri est arrivé dans ton village."
Silence.
"- Pourquoi ? Je veux dire... pourquoi est ce que tu les as rejoint ? Tu m'a dit qu'ils avaient tué ta soeur, c'est ça ? Pourquoi les rejoindre ?
- Je te retourne la question. Pourquoi ne pas les rejoindre ? Ils me l'ont proposé. Je n'avais plus aucune raison de refuser à ce moment.
- Tu n'as pas songé à te venger ? A venger ta soeur ?
- J'avais survécu. Ne minimise pas cet état de fait. Jiri a déployé ses salopards blancs, et ils ne m'ont pas achevé. Je n'en étais pas resplendissant pour autant, tu peux l'imaginer. Je suppose qu'ils ont jugé qu'ils me trouvaient plus utile vivant que mort, alors ils ont stoppé leurs assauts et m'ont tendu la main. La refuser revenait à signer mon arrêt de mort, et je ne gagnais rien à mourir.
- Tu ne réponds pas à ma question. Je veux bien croire que tu acceptes sur le moment, ne serait-ce que par esprit de survie, mais c'était il y à longtemps. Plusieurs mois, peut être années !
- Et alors ? Qu'est ce que je gagne à tenter un coup de force ? Est ce que je devrais m'attaquer à Name directement ? Je sais que c'est lui qui a congelé ma soeur, je l'ai vu faire. Je ne peux pas vaincre cet homme en combat singulier, si tant est que j'arrive à le séparer de tous les chiens pâles qui lui restent collés au cul à longueur de journée. Est ce que je devrais m'attaquer au groupe en général ? Faire un maximum de victimes avant de tenter une fuite peu glorieuse ? A quoi bon ? Je ne ramènerai pas les morts à la vie."

Saito resta pensif de longues secondes. Il n'était pas difficile de deviner ce qui lui passait par la tête à ce moment là. Il était évident qu'il ne comprenait pas la décision du chunin.

"- Tu as peur." Jirou grogna. "- Jiri te tient par les joyaux. Il t'a tout volé, y compris ton honneur."
"- Je crois autant en ton honneur que toi en mes esprits. Garde de toi de porter un jugement si hatif sur quelqu'un qui est de dix ans ton ainé. Tu découvriras vite la valeur de tes convictions et de tes idéaux. Je ne sacrifierai pas ce qui reste de ma vie pour laver un affront fait aux morts.
- De là à te ranger aux côtés des meurtriers...
- Nous partageons simplement des talents communs."

Saito ricana méchamment. Il n'insista pas. Cinq minutes s'écoulèrent.

"- Tu abandonnes ?
- Quoi ?
- Tu n'essaieras pas de me faire admettre tord ?
- Tu as ton point de vue. Tu l'as dit toi même, tu as eu des années pour le forger. Je ne vois pas ce que je peux te dire pour te faire changer d'avis aujourd'hui. Ce n'est de toute façon pas à moi de le faire.
- Quel pragmatisme. Surprenant de ta part."

Quelque chose dans le ton de Jirou fit tiquer le jeune chunin. Il lui jeta un regard en coin, mais le visage du grand homme était impassible.

"- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Kiri est un village dangereux. Ce que nous avons entreprit va nous attirer beaucoup d'ennemis, et bien peu d'entre nous survivront pour en voir le résultat. Comment justifies tu de laisser ta nièce grandir dans un tel environement ?
- Qu'est ce que Sayuki a à voir avec cette discussion ?"

Saito était mal à l'aise. Il se tendit, une goute de sueur ruissela sur sa joue.

- Malgré tes beaux discours, malgré ton enthousiasme à l'idée de civiliser par la force cet archipel, tu n'as pas supporté l'idée qu'elle coure ce risque, n'est ce pas ? Alors, tu leur à proposé...

Jirou se jeta instinctivement au sol. Il sentit la lame du kunai le frôler juste au dessus de la nuque, et entendit son sifflement mortel. Il profita de son élan pour effectuer une roulade en avant qui l'éloigna du jeune homme. Il prit alors appui et se redressa.
Saito marqua une pause. On pouvait lire la confusion dans ses yeux, alors qu'il était en train de remettre toutes les pieces du puzzle en place. Il aurait été possible de l'attaquer à ce moment, alors que son attention n'était pas encore concentrée toute entière sur le grand chuunin. Jirou n'en fit rien.

"- Tu..."

Il serra les dents, tendit chaque muscle de son corps. Son regard était noir d'une furie infinie.

"- Sale chien !"

Saito joignit les mains et débuta une incantation. L'air ambiant perdit presque instantanément une dizaine de degrés. Jirou se déporta sur le côté, se préparant à esquiver un projectile, et s'élança vers le chunin. Il balança le poids de son corps, épaule en avant contre le jeune homme et l'envoya valser dans la boue, interrompant du même coup sa série incantatoire. D'un pas agile malgré le sol glissant, il se propulsa aux côtés de Saito et lui écrasa la main gauche d'un coup de talon, lui arrachant un cri aigu de douleur.
Saito sembla alors abandonner toute retenue. Il s'agripa à la jambe du géant et le força à le rejoindre au sol. Tandis qu'il s'efforçait d'assurer une prise autour de la gorge de Jirou, il tentait de sa main blessée de récupérer son deuxième kunai à sa ceinture. Il ne réalisait pas qu'alors que lui dépensait toute l'énergie que sa colère alimentait, le plus vieux chunin économisait ses forces et jouait la montre.

Jirou sentit la lame du couteau s'enfoncer dans sa chair. Son instinct presque animal lui avait une fois de plus permis d'interposer son bras sur la trajectoire du kunai, et d'éviter une blessure grave. D'un geste sec, il déporta son poids sur le côté et frappa trois fois du coude sur les côtes de Saito. Il se delecta du craquement qu'il entendit au troisième coup. Jirou roula sur le côté et se libéra de l'emprise du jeune homme. En se relevant, il attrapa Saito par le col et le projeta de toutes ses forces en contrebas de la bute sur laquelle ils se trouvaient.

Le jeune homme roula sur plusieurs mètres. Il parvint tant bien que mal à ne pas se blesser dans sa chute et termina sa roulade sur le ventre. Une fois stabilisé, il prit appui sur sa main valide et entreprit de se relever. Mais Jirou était déjà juste au dessus de lui. Il abattit son pied sur le dos du jeune chuunin une fois, deux fois, trois fois. A la troisième fois, Saito laissa tout l'air s'échapper de ses poumons. Il cracha un glaire de sang qui éclaboussa les joncs devant lui.
Jirou poussa un râle sauvage. Son pied s'abattit encore plusieurs fois. Il sentit l'omoplate de son camarade se disloquer, ses côtes se briser et percer ses chairs, ses vertébres s'écraser contre ses boyaux.

Et d'un seul coup, aussi vite qu'elle l'avait envahi, l’excitation quitta Jirou. Il interrompit son assaut sauvage, et fit quelques pas en arrière. Saito était encore en vie. Son corps était agité de soubresauts désordonnés, et on pouvait sentir dans sa respiration laborieuse la douleur qu'il ressentait. Il parvenait tant bien que mal à cracher le sang qui se déversait continuellement dans sa bouche par sa trachée, et chaque crachat lui arrachait une plainte.

Jirou se laissa tomber assis au sol. Il pressa machinalement la main sur sa blessure, et remarqua alors la quantité de sang qui lui même perdait. Il ferma les yeux, souffla amplement pour se calmer, et entreprit d'utiliser son vêtement pour fabriquer un bandage de fortune.

Saito tenta une fois de plus de se relever, mais les forces lui manquaient. Son visage, contre le sol, baignait presque dans la boue, et il avait de grandes difficultés à garder la bouche au dessus de l'eau pour respirer. Jirou se leva et, du pied, le poussa sur le côté puis sur le dos.

"- Tu... tu ne m'acheveras pas ?"

Jirou ne répondit pas tout de suite. Il se tenait debout au dessus du chuunin. D'un dernier coup de pied, il pouvait sans difficulté mettre un terme à sa vie.

"- Non.
- Chien. A la solde d'autres chiens.
- Tu savais que ça se passerait ainsi. Tu devais t'en douter. Mori était trop important pour le village pour qu'on ferme les yeux sur sa désertion.
- Il est ... parti ..." Saito avait de plus en plus de mal à trouver le souffle pour formuler ses mots. Il était douloureusement conscient du fragment de côte cassée qui lui perçait le poumon.
"- Il est mort. Jiri était conscient de votre plan. Il t'a envoyé en avance sur cette mission de reconnaissance pour t'éloigner. J'ai intercepté Mori et Sayuki au port de Sokohan. C'était là bas que vous deviez vous retrouver. Il a résisté, évidemment. Alors je l'ai tué, c'était ma mission. Nous ne pouvions pas prendre le risque qu'il répande ses connaissances. Puis je t'ai rejoint sur cette mission. Une mission dont tu ne devais pas revenir vivant, j'en ai peur.
- Il... n'aurait pas...
- Oh, je suis d'accord. Il n'aurait sans doute jamais repris d'apprenti. Le but de votre escapade, c'était Sayuki, n'est ce pas ? Vous vouliez l'éloigner de Kiri.
- Fils de... fils de..."

Saito rassemblait toute l'energie dont il était capable pour parler, mais il ne put finir sa phrase. Il tremblait. Jirou s'assit à côté de lui et posa doucement sa main sur la poitrine fracassée du chunin. C'était bientôt fini.

"- Acheve moi, salopard... je prie pour que tes esprits existent. Je retrouverai ma Sayuki de l'autre côté.
- Tu retrouveras Mori, certainement. La petite est toujours en vie."

Jirou ne parvint pas à interpréter la dernière expression de Saito. La douleur se mélangeait à la colère, et peut être à une pointe d'espoir pour l'enfant qui avait survécu. Saito poussa un dernier râle avant de devenir parfaitement silencieux.

Le grand homme soupira. Il se leva, et commença à creuser.


Dernière édition par Jirou Goro le Ven 21 Déc - 16:23, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Jirou Goro   Jirou Goro EmptyJeu 20 Déc - 2:01

Voilà voilà. J'ai joué sur ce forum les personnages d'Isamu, et d'Hideo. Du premier je voudrais récupérer le grade (chunin). Du second je voudrais récupérer le niveau (niveau 11 de mémoire). Je ne prétends pas aux techniques ou à l'argent.

Bonne lecture !

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MessageSujet: Re: Jirou Goro   Jirou Goro EmptyVen 21 Déc - 22:05

Jirou Goro

Présentation Validée - Grade Chuunin
+ 43 XP , Réincarnation Acceptée

Un très joli texte, je suis content de valider ta présentation. Je pense que tu n'as pas besoin du blabla habituel, tu connais déjà la maison. ^^ Si tu as besoin de quoi que ce soit, je reste disponible.
Rebienvenue sur Ryoma !
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MessageSujet: Re: Jirou Goro   Jirou Goro Empty

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