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 [Missions D] Balades dans les égouts...

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MessageSujet: [Missions D] Balades dans les égouts...   Ven 26 Mar - 13:38

Spoiler:
 


Première mission : Un déchet surprenant

Le soleil se leva, et darda un rayon lumineux sur Kehydan, à travers la fenêtre aux volets grand ouverts. Aucun intérêt à les clore, lorsqu’on est incapable de voir la différence entre le jour et la nuit. Avoir les volets ne serait-ce qu’entrouverts le dérangeait, avant de venir s’installer à Konoha.

Il y a longtemps, dans un passé révolu, son frère aimait à regarder les étoiles pour s’endormir. Parfois, il racontait en chuchotant, pour que leurs parents ne viennent pas les gronder, les histoires vécus par les Dragons. Et de là-haut, tout là-haut, où nombre d’entre eux se sont retirés…. De là-haut, d’où ils sont autrefois venus, ils envoient des messages, pour guider ceux qui ont foi en eux.

Lorsqu’on est perdu dans l’obscurité de la nuit profonde, il suffit de regarder le ciel et la lumière diffuse dispensée par la lune et les étoiles, pour retrouver espoir, et aussi son chemin. À condition d’apprendre à interpréter les signaux. Et de ne pas avoir provoqué la colère des épais nuages, ajouteraient les esprits pratiques.

Kehydan n’avait presque rien appris de cela. Il se retourna sur le côté, tournant le dos à la fenêtre. De toute manière, ça aurait été inutile. La lueur des astres nocturnes, ne peut lui parvenir. Il n’a pas les moyens de la ressentir. Son dos, inondé par la lumière du soleil, se réchauffait agréablement.

Il se leva alors à son tour, ébouriffant ses cheveux, donnant quelques coups de pied dans la couette qui s’était enroulée autour de lui, et bailla. Oui, dans ses ténèbres, aucune lumière pour le guider. Mais au moins, son cœur pouvait se réchauffer auprès du feu solaire.

Il s’étira, et ouvrit la fenêtre pour inspirer avec tranquillité l’air matinal, humant les odeurs d’un village s’éveillant. Aujourd’hui, il était réveillé de bonne heure et se sentait parfaitement reposé. Depuis les intempéries et l’épidémie survenues à Konoha, il s’était contenté de se reposer parce qu’il était « malade ». Un bon rhume qui lui prenait la tête.

Il n’avait plus cette excuse et secoua un peu sa fainéantise. Dernièrement, il avait réussi à se motiver pour étudier la médecine plus sérieusement. Ce n’était pas une mince affaire... D’étudier ? Ou de se motiver ? Probablement les deux. Si seulement tout était aussi facile qu’aller chercher des pommes dans un arbre… En parlant de pommes, il se mit à dévorer l’une de celles trônant dans le panier de fruits, sans même prendre le temps de savourer. Rudement faim, ce matin. Et personne pour partager ce petit déjeuner.

Syara, toujours sérieuse – voire trop – était déjà partie rejoindre ses cours, comme souvent. Le fait que Kehydan s’octroie le droit de faire la grasse matinée régulièrement lui laissait toujours croire qu’il était un parfait glandeur. Ce qui était faux, bien entendu. Il reprenait simplement des forces avant son entrainement. Qui, entre nous, est censé commencer à l’aube. Mais ce n’est pas bien grave, Valiran l’engueulera dix bonnes minutes, lui fera faire l’un de ses horribles exercices dont il a le secret, et puis ça passera.

Ses pensées revinrent vers Syara. À l’origine, il n’était pas censé vivre dans son petit logement étudiant, à se marcher dessus l’un sur l’autre. Il se demandait quelques fois, vaguement, si elle ne cherchait pas tantôt à l’éviter, et tantôt à jouer le rôle de sa mère. Le bandeau qui ceignait sa tête, voilant son regard, se détacha et le tissu tomba au sol pour rejoindre une pile de vêtements. Nu, il entra dans la douche, et posa sa main sur le système régulant l’arrivée de l’eau. Ses yeux restaient clos, et il sentait, à travers ses paupières, la lumières qui tentait de parvenir jusqu’à lui. Mais désormais, elle le gênait. Cela le blessait, même. Mais en passant du temps ainsi, il finirait probablement par s’y habituer à nouveau. Cependant, quoiqu’il arrive, il n’avait plus le droit de la regarder.

D’un mouvement abrupt de la main, il fit couler l’eau chaude. Elle filait à toute vitesse sur sa peau, massant et délassant, emportant avec elle les cauchemars de la nuit et les réflexions pesantes. Kehydan n’aimait pas les bains, une impression de macération. Non, il préférait les douches, la sensation d’être débarrassé de ses impuretés qui finissaient, tourbillonnantes à ses pieds, jusqu’à disparaître dans les canalisations sombres et profondes, dans les entrailles de la terre d’où elles ne pourront pas revenir.

D’ailleurs, puisqu’il est question de canalisations…


[Valiran] Comme tu es arrivé en retard à l’entraînement, celui-ci va être prolongé. Je t’ai réservé ton après midi pour une mission. De rang D, évidemment, vu ton niveau et ton implication... En tout cas, elle te posera moins de problèmes qu’à la plupart des jeunes shinobis, puisque vous évoluerez dans l’obscurité complète.

[Kehydan] Dans l’obscurité... ? L’après-midi ?

[Valiran] Oui. Une descente… dans les égouts de la ville.

Une grimace de dégoût apparut par réflexe sur le visage de Kehydan. S’enfoncer sous le sol pour patauger dans des eaux usées et respirer un air vicié n’avait rien d’enchanteur. Pour une fois, il regretta son retard.

[Kehydan] Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée...

Timide tentative de protestation... Bien vite rabrouée.

[Valiran] Eh bien moi, oui.

Ton incisif : pas de contestation possible. À Konoha, Kehydan commençait à apprendre ce qu’était la résignation.

[Valiran] Donc commence l’entraînement : échauffe-toi un peu, et va courir une petite heure. Après, on reprendra les exercices d’assouplissement, tu es raide comme un piquet.

Un soupir, et l’aspirant se mit aussitôt au travail. Quelque fois, il pensait qu’il pourrait bien laisser tomber Valiran et faire tout cela à son rythme. Mais il savait qu’au final, il ne foutrait rien de la journée, et que ça ne l’aiderait en rien. Une part de lui se montrait donc raisonnable. Mais ce n’était pas l’argument premier. En tant que Lyushan, membre du corps des shinobis, il avait l’obligation d’obéir au Quatrième Sage. Sinon, il serait renié par son clan, et ne verrait plus jamais sa famille. Si tant est qu’il parvienne à la revoir un jour. Ses sœurs avaient promis de passer, mais ne sont jamais venues… Un coup derrière le sommet de son crâne le ramena à la réalité.

[Valiran] Concentre-toi un peu, tu fais n’importe quoi ! Tu vas geler sur place plutôt que de t’échauffer à ce rythme… !

Nouveau soupir. De toute façon, sitôt genin, il sollicitera la permission d’aller les voir. Il ne lui reste donc qu’à travailler pour parvenir à ce but.

*Il faut que je mange des pommes pour être en bonne santé et supporter ces exercices…*

*
* *

- Alors, p’tit gars, tu viens nous filer un coup de main ? Tu viens de la part de… heu, Valiran, c’est ça ? Et tu es Kehydan donc ?

Hochement de tête évasif. Après l’entraînement destiné à renforcer son corps, il s’était offert une douche froide et tonique, avant de se rendre sur le lieu de rendez-vous. Une sorte de hangar où sont entreposés des équipements utiles aux égoutiers, mais où se trouvent également des vestiaires. On l’avait alors habillé : une combinaison de travail, un harnais, des bottes qui remontaient le long de ses cuisses, un casque surmonté d’une lampe (Kehydan n’en avait pas besoin lui-même, mais ils avaient tenu à la lui donner pour que les autres puissent repérer le petit aspirant…) et des gants si épais qu’il avait du mal à plier les doigts… On lui avait également remis un masque, « au cas où », et on l’avait envoyé sur le second lieu de rencontre.

Cette fois, une bouche d’égout, placée sur l’une des voies principales de la ville, pas trop loin du marché où l’on vend de multiples variétés de pommes. Les gens passaient, observant avec curiosité l’attroupement auprès d’un trou béant. Il y avait là une sept hommes, d’âges variés, s’occupant d’un ou plusieurs adolescents. Parmi ces derniers, certains portaient fièrement une plaque métallique rectangulaire, frappée du symbole de Konoha. Valiran avait omis de préciser ce que devrait faire Kehydan ici. Et le jeune garçon ne s’attendait pas à voir autant de monde. Une mission de grande envergure ? En tout cas, elle avait l’air de n’enchanter personne. Et le jeune aspirant ne voyait rien d’étonnant à cela. Pire, il déplorait sa propre présence ici. Mais l’homme ne sembla pas se formaliser pour le manque évident d’enthousiasme de l’étudiant, et il commença sa petite explication.


- Bon, habituellement, y a pas besoin de grand monde pour s’occuper des égouts, Konoha est une petite ville. Mais quand il y a des grosses intempéries, comme celle de la semaine dernière…

Un frisson ? Une grimace ? Peut-être une réminiscence de cet étrange après-midi où une épidémie tout aussi étrange s’était abattue sur l’un des villages cachés les plus importants au monde. L’homme avait peut-être souffert de cette curieuse maladie… En reprenant plus sérieusement ses études d’eisei-nin, peut-être que le Lyushan parviendra à comprendre cet évènement. Encore que les maladies ne relevaient pas spécifiquement des ninjas, mais en savoir plus sur le corps humain ne peut qu’être bénéfique en ce sens. L’égoutier reprit.

- Il faut bien veiller à dégager toutes les voies, sinon, ça se bouche. Et ça fait des remontées d’odeurs, voire d’eau pas très « clean », tu vois ? Enfin, je sais qu’tu vois pas, mais, tu vois c’que j’veux dire ?

Léger embarras de la part de l’interlocuteur en face de l’aspirant, lequel lui sourit légèrement.

[Kehydan] Oui, pas de souci…

- Bref…

Il faisait plutôt chaud – enfin, n’exagérons rien, c’était bien loin des 30° à l’ombre, mais ce n’était pas négligeable non plus – et il était aussi bien équipé que Kehydan, mais paraissait souffrir un peu plus de cette légère chaleur… D’un revers de la main, il essuya quelques gouttes de sueur. Elles avaient outrageusement effectué un dépassement de vitesse, lequel les menait rapidement au bas de sa joue. La sanction ne s’est pas faite attendre. Adieu petites gouttes…

- C’est bloqué un peu plus bas, en plusieurs endroits. Donc on va faire deux p’tites équipes à partir de ce point, il y en a d’autres ailleurs, et vous allez nous aider à déblayer tout ce qui est coincé. Le noir devrait pas trop te perturber, en tout cas.

Il avait l’air encore une fois quelque peu mal à l’aise. Peut-être à cause de son allusion aux paupières closes de Kehydan. Autant, certains se montraient très à l’aise avec lui à ce sujet, autant d’autres ne savaient sur quel pied danser, se demandant sans arrêt jusqu’à quel point il était autonome et s’il ne trouverait pas vexant ou douloureux de devoir répondre à la question. Au moins, dans son cas, il s’en foutait. Il lui aurait été beaucoup plus pénible de ne pas le porter, ce bandeau.

- Valiran m’a prévenu de ton.. euh, état, et tu feras parti de mon équipe.

D’un signe de la main, il l’invita à le suivre et s’approcha d’un petit groupe.

- Alors pour les présentations, je suis Reitarô, le chef de cette équipe, voici Mamoru et Asae, tous deux égoutiers, et pour nous épauler Kyokô, une genin, Seigô et Kehydan deux aspirants. Wataru restera à la surface, en cas de souci. Bon. Allons-y.

Il s’approcha du trou dans la chaussée, la plaque d’égout posée à côté sans plus laisser le temps aux gens composants son équipe de s’étudier. De toute manière, il n’y avait pas grand-chose à regarder, puisqu’avec leur équipement, il n’existait plus vraiment de distinction très visible, surtout pour Kehydan. Mamoru fut le premier à disparaître, une carrure relativement massive, mais musclée. Il y eut ensuite Kyokô, jeune fille dont les cheveux longs disparaissaient sous son casque. Puis Asae, le plus fin mais aussi le plus jeune des égoutiers, parierait Kehydan en observant la qualité de la texture de sa peau. Le jeune Lyushan fut le suivant. Osant à peine respirer par anticipation, il posa un pied peu assuré sur le premier barreau. Les semelles de ses bottes paraissaient accrocher, ce qui le rassura un peu.

Puis, il s’enfonça.

MessageSujet: Re: [Missions D] Balades dans les égouts...   Sam 3 Avr - 1:55

Kehydan s’aperçut que la température avait considérablement chuté lorsqu’il mit pied à terre – ou devrait-il parler de pied sous terre ? – et qu’un frisson le parcourut. Il devait bien y avoir six ou sept degrés de moins qu’à l’extérieur, où il avait eu chaud, notamment à cause de tout l’équipement qu’on l’avait forcé à porter. Ici, il en aurait bien besoin. La sueur que son corps avait produite se glaça sur sa peau, et il fut impatient de commencer réellement la mission afin de se réchauffer.

Il n’osa pourtant pas remuer. Ils se trouvaient sur une sorte de quai, qui longeait un conduit assez profond et dans lequel coulait une eau dont la qualité laissait à désirer. L’un des principaux risques dans ces égouts, était la glissade. Voire noyade selon la quantité d’eau et la force du courant. Il préféra se rapprocher prudemment du mur sur lequel courait une rampe sommaire, qui se perdait plus loin, dans le tunnel sinueux.

Seigô, l’autre aspirant de la partie, les rejoignit enfin après une lente descente. Mamoru et Asae s’affairaient en silence auprès du matériel déjà descendu, laissant tout le loisir aux trois novices de s’habituer à ce nouveau monde. Un monde dans lequel le Lyushan s’attendait à sombrer dans le silence. Chose surprenante, c’est loin d’être le cas. Les bruits résonnent et se propagent d’une manière intimidante. Le brouhaha de la rue donnait presque l’impression d’être entendu sous l’eau, si proche et si loin.

Soudain, les trois adolescents sursautèrent. Un inquiétant bruit de métal qui retentit, vibre et se propage, comme assourdi, accélérant les battements de leur cœur. La bouche de Kehydan s’assécha légèrement. Mais pas trop. Après tout, les deux hommes d’expérience qui les accompagnaient n’avaient pas sourcillé. La pointe d’optimisme qui toujours l’habitait montra le bout de son nez et le rasséréna.


[Seigô] C’était quoi, ça ?

Il avait posé la question qui leur trottait dans la tête à tous, sa voix trahissant un semblant de panique que Kehydan ne partageait qu’à moitié. Il faut dire, pour la défense de l’autre étudiant, que son champ de vision était largement diminué dans cet environnement, ce qui le rendait probablement plus prompt à perdre son sang-froid. Toute leur attention se concentra néanmoins sur Asae qui se retourna en souriant.

[Asae] Oh c’est rien. Vous n’y ferez bientôt plus gaffe… Sûrement un cheval et la charrette qu’il tirait qui sont passés sur une plaque d’égout, pas tellement loin dans le réseau…

De nouveau, ce bruit les surprit.

*On se croirait dans un genre de château hanté… Sauf que là, se sont des conduits hantés par des âmes errantes occupant leur temps en tapant contre des tuyaux de métal… Ou alors un bonhomme pas net qui marche en brandissant une canne de métal ??? Je ne veux pas savoir ce qu’il pourrait nous faire…*

Léger frisson, mais pas exactement dû à la température ambiante. Plutôt à cause de ce sentiment que partagent les enfants jouant à se faire peur en se racontant des histoires de fantômes… Voulant peut-être faire bonne mesure après sa petite frayeur, Seigô reprit, d’une voix plus assuré, le nez légèrement plissé.

[Seigô] Hum, en tout cas, ça sent pas tant mauvais que ce à quoi je m’attendais.

[Kyokô] Oui, ça me paraît déjà presque respirable… renchérit la genin.

Kehydan hocha la tête en signe d’assentiment. Lui aussi s’attendait plutôt à une puanteur absolue, mais les fragrances indélicates étaient plus ou moins masquées par le parfum entêtant d’une eau savonneuse, de lessive, de shampoing, et autres produits de ce genre. Le tout donnait un mélange parfaitement nauséabond, mais c’était encore à peu près supportable après quelques minutes d’adaptation.

M’enfin. Ça pue quand même. Il tourna la tête, machinalement, sans réfléchir à l’endroit où ses yeux bandés – et accessoirement sa lampe fixée sur le casque – se braquaient, ce qui arracha un cri de surprise à Kyokô. Elle leva ses bras en croix, devant son visage, afin de se protéger de l’éblouissante lumière dont l’inondait l’aspirant. Lui n’avait alors conscience de rien et l’observait avec curiosité.


[Kyokô] Mais… Hey ! Fait gaffe où tu mets ta lampe, enfin !

[Kehydan] Oups, désolé. s’excusa platement le Lyushan, tournant la tête obligeamment.

[Reitarô] Hop là. Vous vous disputez déjà ? Y a pas intérêt, sinon, je vous vire de la mission.

[Kyokô] Non, on ne se dispute pas… il m’a juste aveuglée…

Le dernier membre de l’équipée avait quelque peu tardé à les rejoindre, mais le voilà enfin. La silhouette silencieuse de Wataru assombrissait la petite ouverture en haut de l’échelle, paraissant attendre quelque chose.

[Reitarô] Laissez tomber le wagon-vanne, lâcha-t-il d’un ton abrupt en direction de ses deux collègues, l’autre équipe s’en chargera, finalement. Ses membres sont un peu plus costauds, ce sera mieux pour le tirer. On va plutôt s’occuper du secteur des ovoïdes.

Les deux hommes acquiescèrent en silence et cessèrent de s’occuper de l’étrange engin qui trônait au milieu du conduit dans un état peu ragoûtant. Asae, qui était passé de l’autre côté, sur un quai en face, les rejoignit à nouveau, sans cesser de sourire dans la pénombre. Kehydan se demanda ce que les uns et les autres pouvaient voir, se sentant pour une fois avantagé. Cependant, ça n’était pas une raison pour désirer demeurer plus longtemps dans ces tunnels humides et à l’odeur aussi peu appétissante. Etait-il possible de savourer une pomme dans un tel endroit ? Ou prendrait-elle cet affreux goût de station d’épuration ? Malheureusement, il ne pouvait pas tester, on lui avait interdit d’emmener des pommes avec lui. Un air renfrogné s’installa alors sur son visage. Reitarô cria à Wataru qu’ils partaient, sûrement pour laisser place au second groupe, puis il prit la tête de la file et s’avança.

[Reitarô] Bon, les gamins, écoutez attentivement. Les égouts, c’est assez dangereux. D’abord, vous pouvez vous casser la gueule. Et remonter quelqu’un qui s’est brisé une jambe par une échelle de ce genre, et avec une ouverture aussi étroite, c’est pas une partie de plaisir, je vous l’assure. Donc faites gaffe. Par contre, il y a peu de chances que vous vous noyiez ici, parce qu’on a pompé pas mal de saletés et qu’on a coupé l’eau courante dans le coin pour le temps de l’intervention. Mais faut pas se croire à l’abri pour autant, hein…

Il soupira, et se tut quelques instants, peut-être pour bien réfléchir à ne rien oublier des recommandations obligatoires à savoir. Ils progressaient lentement dans le boyau, et Kehydan préférait laisser sa main courir le long de la rampe, par précaution.

[Reitarô] Après, y a tout un tas de mauvaises maladies que vous pouvez choper ici. Suffit de faire gaffe, de pas quitter vos vêtements de protection, de pas jouer dans l’eau croupie et aussi d’éviter de se faire mordre par un rat. Y a pas mal de rats dans le coin. Quand vous voyez un rat, c’est bon signe, d’ailleurs. Ça signifie que l’air est bon.

Nouveau silence. Cette promenade était carrément monotone. Passé l’adaptation au milieu, suffit simplement de marcher sur une bande étroite, un pas après l’autre. Pas de paysage à regarder, non rien. Si peut-être regarder l’eau qui coule, distinguer deux ou trois déchets dans le lot, mais il y a franchement mieux à voir à la surface. Parole d’aveugle !

[Reitarô] Parce que ces saletés qui se décomposent, le problème, c’est que ça dégage des gaz toxiques. Quand c’est bien aéré, ça se dissipe. Mais quand, par exemple, il y a des conduits d'aération bouchés, ce gaz stagne. Et puis, ça se concentre dans l’air. C’est comme ça, que ça devient nocif. Très nocif. Et là, jpeux vous dire que les rats sont bien plus malins que nous… Ils s’en aperçoivent vite. Bref, si ça sent les œufs pourris, que votre gorge commence à être irritée, que vous avez mal à la tête ou envie de vomir… ou pire que vous perdez votre odorat, vous mettez votre masque immédiatement et vous nous tenez au courant.

Le silence qui suivit fut plutôt… Pesant… Kehydan se racla légèrement la gorge… Non, rien à signaler de ce côté. Sa tête ? Son estomac ? Pas de problème non plus. Il huma à plein poumons l’air nauséabond et… eut légèrement envie de vomir. Mais cela passa très rapidement quand il se remit à respirer normalement. Conclusion : son odorat fonctionne à merveille. Inutile de trop le solliciter.

[Reitarô] Mais bon, rassurez-vous, normalement, nous nous en apercevrons avant vous.

*Normalement… *

Le bruit de leur pas résonnait, parfois couvert par le son d’une de ces plaques d’égout un peu trop remuante sous l’impulsion des activités en surface. Kehydan décida d’ignorer ces sons et se concentra sur son Œil Intérieur. En se forçant très fortement, en théorie, il pouvait analyser la composition de l’air, comme de toute autre matière. En observant finement cette composition, il devrait pouvoir détecter tout changement alarmant… Une seconde d’intenses efforts… Et…

Et il abandonna.


*Hum… En théorie… Mais dans la pratique, hein… Pas la peine que je me prenne la tête, les accidents doivent être assez rare, et puis les autres sont là, alors…*

[Reitarô] Bon, nous y voilà. Il est temps de se séparer.

Sans que l’aspirant n’y prête attention, le conduit d’évacuation de l’eau s’était élargi et bifurquait en plusieurs conduits de taille plus réduite. Ils avaient une forme ovale, qui permettrait aux plus petits d’entre eux – qui a dit Kehydan ? – de s’y tenir debout s’en problème. Le dirigeant du petit groupe descendit dans l’eau qui lui arrivait jusqu’aux chevilles et marcha en direction de ces bouches béantes, suivi de Mamoru et Asae qui leur fit signe de les suivre.

[Kyokô] Qui disait qu’il ne fallait pas aller jouer dans l’eau croupie ? murmura la jeune fille d’un ton suffisamment bas pour que les trois hommes ne l’entende pas.

Malgré son air ennuyé et ses paroles, elle descendit sans protester davantage et rejoignit les égoutiers, accompagnée de Seigô et de Kehydan. Devant eux s’étendaient ces tunnels dont l’étroitesse paraissait écrasante vu de près. Ils remarquèrent quelques déchets, provenant du tout-à-l’égout domestique, mais également des bouches d’égout situées dans les rues et qui avaient drainé branchages, cannettes, et autre ordures.


[Reitarô] Voyez, ça empêche l’eau de s’écouler convenablement.

Il se baissa, ramassa quelques détritus coincés et les balança de l’autre côté, afin qu’ils disparaissent de leur champ de vision emporté par le lent courant. Puis il saisit la branche qui avait provoqué l’accumulation en se mettant en travers d’un des passages, et la brisa en deux. Dans leur dos, seul Kehydan put surprendre le haussement dubitatif des sourcils de Kyokô. Elle devait probablement repenser au fait de « jouer dans l’eau croupie ». Il sourit légèrement… Leur mission ne sera pas bien compliquée. Après tout, six couloirs se présentaient à eux.

[Reitarô] Voilà, il suffit donc de dégager le passage pour laisser l’eau s’écouler facilement. Les éléments qui peuvent poser problème essayez de réduire leurs tailles, sinon, ramenez-les avec vous… Et dans un improbable cas où ça serait trop lourd, notez-le on y retournera à plusieurs. Maintenant, choisissez votre chemin. A priori, ils sont tous plus ou moins encombrés. Vous n’avez qu’à avancer jusqu’à sortir de l’ovoïde, et ensuite, vous revenez voir Wataru. Il n’y a pas de bifurcations, ça devrait pas poser de soucis.

Kehydan choisit celui qui se trouvait le plus à droite, et commença, du bout de ses doigts gantés, à dégager à l’entrée le carton d’emballage d’une brique de lait qui s’était collé contre la paroi.

[Asae] Allez, bon courage les mômes… Faites bien votre boulot !

Les trois hommes s’engouffrèrent sans rien ajouter d’autres, tandis que Seigô et Kyokô échangeaient un regard.

[Seigô] Bon, quand faut y aller, faut y aller… À tout à l’heure !

[Kehydan] Bah, plus vite ce sera fait, plus vite nous sortirons d’ici. À plus.

L’aspirant commença dès lors sa progression solitaire…
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