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 Apprentissages Nocturnes

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MessageSujet: Apprentissages Nocturnes   Dim 9 Mai - 20:37

Apprentissages Nocturnes

~*Premier Soir : des sourires sans Kiba et des sourires sans chat*~

La tête en arrière contre le pan de mur, la jeune femme semblait dormir.

Elle était assise en tailleur, un livre ouvert reposant sur les genoux, et à chaque souffle sa bouche entrouverte faisait voleter une mèche de cheveux. En retombant, celle-ci lui faisait plisser le nez de façon amusante. Kiba se mit à sourire, attendri, avant d’interrompre la rêverie de sa petite protégée.

Kiba – Tu devrais aller dormir.

Les yeux d’Ine s’ouvrirent et elle tourna la tête vers lui, dardant ses prunelles gris acier sur son visage. Elle le défigura un instant, comme si elle venait de loin, très loin. Heureusement, la lune haute et pleine dispensait tout juste assez d’éclairage pour qu’elle le voie presque comme en plein jour, mais le tamisage nocturne ajoutait un éclat particulier au mordoré des yeux de Kiba. Passant une main dans ses cheveux pour masser sa nuque tendue, la jeune kunoichi répliqua :

Ine – Je devrais, oui. Mais ce serait une perte de temps. Je suis en retard, il faut que j’acquière d’autres techniques pour développer mon art.

Kiba désigna le manuel du menton.

Kiba – Et tu as réussi à emprunter ce livre à la bibliothèque pour une si longue durée ?

Ine – Non, répondit la jeune femme. C’est Ren’ai qui me l’a offert avant de partir. Il n’approuve pas mais il essaie de montrer qu’il s’intéresse à ce que je fais. C’était si mignon que je n’ai pas osé lui dire que les bouquins, c’est pas trop mon truc…

Kiba esquissa un petit sourire et Ine fronça les sourcils ; elle n’aurait su dire si l’éclair de mélancolie qu’elle y avait surpris était une invention de son esprit ou non. Elle prit ses genoux entre ses bras, sembla hésiter mais poussée par la curiosité elle demanda soudain :

Ine – Kiba, où est ta petite sœur ?

Le shinobi se mit à rire avant d’aspirer une bouffée de la cigarette qu’il venait d’allumer.

Kiba – Si tu veux ces informations tu vas devoir venir les chercher toi-même. Dis-moi plutôt quelles sont les techniques qui t’intéressent.

Perplexe, la jeune femme le dévisagea une nouvelle fois, comme si elle pouvait lire les réponses à ses questions sur la figure du natif d’Iwa. Le mystère autour de Kiba était aussi épais que la tignasse qu’il arborait. Il souriait sans cesse et fumait beaucoup trop pour que ce ne soit pas un moyen de cacher des blessures plus profondes. En son for intérieur, Ine se promit de découvrir de quoi il s’agissait. Quitte à aller chercher elle-même dans l’esprit de Kiba, comme il venait de l’y inviter.

Kiba – Alors, quelles techniques ?

Après un soupir faussement las, les mains d’Ine lâchèrent ses genoux et s’élevèrent pour exécuter une gracieuse danse des signes. Ses doigts lestes reproduisirent sans la moindre erreur quatre séries de jutsu, projetant des ombres inquiétantes sur le mur derrière elle. Kiba sourit de nouveau, visiblement content :

Kiba – Asservissement Passionné, Incertitudes, Ostracisme et Hurlement Mental, énonça-t-il à haute voix. C’est un bon choix, mais pourquoi celles-là ?

Le regard d’Ine fixa un point invisible avant de se relever pour croiser celui de Kiba. Machouillant sa lèvre inférieure, elle réfléchit un peu avant de répondre prudemment :

Ine – L’asservissement permettra à mon Genjutsu d’aller beaucoup plus vite. Comme je ne fais pas beaucoup de dégâts, le fait de gagner une action ne peut qu’être bénéfique. Les incertitudes c’est parce que dépensant moi-même beaucoup de chakra je ne veux pas être trop désavantagée face à mon adversaire, et d’autant plus en combat miroir. Ostracisme me permettrait de me débarrasser d’une technique qui m’aurait gravement blessée et je pourrais partager réellement mes souffrances avec le hurlement.

Un instant, la jeune femme repensa à l’arène de Konoha et aux blessures que le katana de Sho lui avait infligées. Comme à chaque fois, elle parcourut machinalement les cicatrices de sa hanche du bout des doigts. Elle était presque sûre d’avoir touché de prêt cette dernière technique lors de ce combat, même s’il ne s’était alors agit que de l’illusion de sa souffrance.

Ine – Je n’ai pas une grande constitution, raisonna-t-elle à voix haute, la moindre blessure peut être grave. C’est une autre manière d’augmenter les dégâts que je fais, comme je serais irrémédiablement touchée.

Elle leva les yeux d’un air interrogateur, comme pour attendre une confirmation. Au lieu de quoi, Kiba s’accroupit face à elle et attrapa ses mains entre les siennes. Très sérieusement, il accrocha son regard au sien et lui demanda :

Kiba – Tu veux que je t’apprenne ?

Surprise, Ine hocha la tête. Les lèvres du shinobi s’étirèrent en un mince sourire, il la releva…

… et la jeune femme se retrouva seule, plantée au milieu d’arbres immenses arrosés d’une lumière bleutée, à peine aussi grande que des fleurs chatoyantes qui ondulaient sous le vent. Mais, il n’y a pas de vent ! songea-t-elle, avant de voir avec horreur l’une des pensées se pencher sur elle pour la regarder fixement. La regarder ?! Ine recula vivement de plusieurs pas, heurta quelqu’un, se retourna.

Ine – Kiba ! fit-elle d’une voix étranglée. Où sommes-nous ?

Le shinobi disparut pour réapparaître perché sur la branche d’un arbre curieusement torsadé.

Kiba – Bienvenue au Pays des Merveilles, Ine.

La jeune femme déglutit, alors qu’un escargot presque aussi gros qu’elle passait nonchalamment à sa droite. Un frisson la frôla et elle se mit à avoir froid, si froid…

Ine – C’est une blague j’espère ? Qu’est-ce que je fais là ?

Kiba – Tu as accepté que je t’entraîne, alors je vais le faire. Je n’ai qu’une chose à te dire : pour sortir d’ici, trouve la Reine de Cœur et tue-la !

Ine n’eut pas le temps de poser plus de questions. Kiba devenait flou, disparaissait et bientôt il ne resta plus que son sourire flottant en l’air au-dessus de la branche. Avant de s’éteindre complètement, il lui souhaita bonne chance. Laissée seule, la jeune femme fut prise d’appréhension. Mais la pluie se mit à tomber drue et elle courut se réfugier sous un champignon géant.

C’est peut-être moi qui suis petite, médita-t-elle en détaillant mieux l’environnement dans lequel elle se trouvait. Elle ne connaissait pas le Pays des Merveilles et à dire vrai, ce qu’elle voyait l’épouvantait plutôt qu’autre chose. Des fleurs dotées d’yeux, des escargots aux airs de vieux monsieur, des brioches beurrées volantes, fallait-il être fou pour inventer cela ? Elle s’appuya au pied du champignon, substance spongieuse qui faillit l’absorber toute entière. Dégoutée, elle s’en extirpa tant bien que mal, plus collante que du miel, et se résolut à laisser la pluie la rincer. La douche glaciale lui fit reprendre ses esprits. Ine se rendit compte soudain qu’elle perdait complètement ses moyens. Respire profondément, Ine, ce n’est jamais qu’un jeu d’esprit.

Négligeant les trombes d’eau qui faisaient coller son vêtement à la peau, la jeune femme s’avança au milieu des fleurs qui semblaient chuchoter sur son passage. A en juger par leurs airs de dédain, elles n’étaient pas heureuses de voir passer cette « mauvaise herbe ». On nage en plein délire, songea Ine en essayant de ne pas y prêter attention. Elle avançait d’un pas plus sûr maintenant, et finit par quitter la parcelle fleurie pour se retrouver à l’orée d’un bois. Puis la pluie s’arrêta comme par magie pour laisser place à un magnifique arc-en-ciel qui éclaircissait le faîte des arbres. Mais cela n’était pas d’une bien grande aide, la kunoichi se sentait perdue, ignorant où trouver cette Reine de Cœur, ignorant même si quelqu’un pouvait la renseigner à ce sujet. Au moins les arbres n’avaient pas d’yeux et elle s’y sentait plus en sécurité que parmi les fleurs. Elle décida donc de poursuivre droit devant elle, maudissant Kiba à chaque pas qu’elle faisait.

Elle ne savait plus depuis combien de temps elle marchait quand derrière elle, une branche craqua. Ine fit volte-face. Elle était prête à affronter n’importe qui mais elle ne put qu’entrapercevoir de longs cheveux noirs disparaître derrière le tronc d’un chêne.

Ine – Attends !

La jeune femme se mit à courir pour rattraper l’inconnue, laquelle finit par s’évaporer. Haletante, Ine s’adossa à un arbre pour reprendre son souffle. Elle en aurait pleuré. Elle retenait à grand mal des imprécations rageuses, et l’unique raison qui l’empêchait de frapper tout ce qui bougeait était le souci de préserver son pied déjà endolori par des heures de marche. Elle releva la tête pour hurler quelque chose, s’arrêta. Partout autour d’elle étaient placardées des pancartes en bois indiquant l’une « par-là », l’autre « c’est par ici », ou encore « à droite », « à gauche », « faites demi-tour ». Il n’y a aucune logique ici ! se désespéra-t-elle. Pays des Merveilles, tu parles ! Puis un sourire s’esquissa au milieu de tous ces panneaux et la kunoichi sentit renaître l’espoir.

Ine – Kiba ? Kiba c’est toi ?

Mais à la place du messager c’est un chat rayé de rose et mauve qui se matérialisa. Un chat qui souriait et la fixait d’un air matois. Avant de se rendre compte de ce qu’elle faisait, Ine lâcha un « bonjour » machinal et s’entendit répondre :

Chat de Cheshire – Bien le bonjour, jeune amie, qui es-tu donc et que fais-tu par ici ?

Ine était trop heureuse de l’aubaine pour laisser la stupeur la bloquer. Elle s’avança de quelques pas, leva le nez vers le chat étrange et répondit :

Ine – Je m’appelle Ine et je suis à la recherche de la Reine de Cœur.

Chat de Cheschire – La Reine de Cœur, dis-tu ?

Ine – Oui, pourriez-vous m’indiquer le chemin à prendre ?

Le chat se dressa en poirier sur ses pattes, disparut pour moitié, roula des yeux et se lova de nouveau contre la branche, la tête penchée au-dessus d’Ine.

Chat de Cheschire – Ce chemin t’y conduira, fit-il en désignant sa droite, celui-là aussi, ajouta-t-il en indiquant cette fois la direction opposée.

La jeune femme recula d’un pas, prête à se laisser tomber sur le sol et à s’y pelotonner pour oublier tout ça. Kiba se lasserait bien quand il verrait qu’elle n’en sortait pas, il finirait bien par venir la chercher…

Chat de Cheschire – … mais il y a aussi ce raccourci.

Entre les pattes ouvertes de l’animal le tronc de l’arbre s’ouvrit. Le paysage était tout autre de l’autre côté, un chemin bordé de haies taillées y traçait une route vers un château dans le lointain. Ine se précipita, remerciant le chat bizarre qui disparaissait déjà. Il faisait plus chaud sur la petite route et les vêtements de la jeune femme séchèrent en un rien de temps, à son grand soulagement puisqu’elle n’avait pas cessé de grelotter depuis la fin de la pluie. Elle accéléra le pas, pressée d’en finir.

Enfin, la kunoichi arriva aux abords du château. Il y avait de l’animation dans les jardins, ça applaudissait, retenait son souffle, poussait des cris de victoire. Quand Ine jaillit d’entre les haies, une clameur retentissait pour ovationner une grande dame en robe rouge corsetée qui tenait entre les mains les pattes tendues d’un flamand vert, à la tête duquel se trouvait un malheureux petit hérisson de la même couleur. Une flopée de cartes à jouer animées entourait la reine – car c’était forcément elle – qui semblait prête à jouer un coup. Plusieurs cartes servaient même de cerceaux sur la pelouse. Avec hauteur, la reine ajusta son flamand pour viser la boule-hérisson. Quand elle leva la tête pour viser son parcours, son regard croisa celui d’Ine et son visage vira instantanément au rouge cramoisi.

Reine de Cœur – ARISU ! beugla-t-elle en frappant du pied par terre. QU’ON LUI COUPE LA TETE !!

Hein ? Ine eut à peine le temps de se demander ce qu’il lui arrivait qu’elle était entourée de piques tendues par les cartes de la garde royale. Certaines s’écartèrent pour laisser la reine entrer dans le cercle et Ine eut tout le loisir de la détailler plus avant. Elle portait sur ses cheveux montés en macarons une couronne stylisée en cœur aussi grosse que sa figure gonflée par la colère. Le corset de sa robe était comme de juste un cœur de soie rouge qui contenait à peine sa poitrine, les jupons étaient un horrible imprimé de petits cœurs sur fond blanc. Ine se retint de pouffer devant ce spectacle ridicule, avant de se rappeler ce qu’elle venait faire là. Sans plus s’interroger sur cette Arisu avec qui la reine la confondait visiblement, elle ferma les yeux et appela son chakra à se concentrer. Cela lui fit, comme d’habitude, le plus drôle des effets, la mettant dans un émoi qui faisait vibrer sa lèvre supérieure. Elle rouvrit des yeux flamboyants tandis que son aura bleutée faisait subitement se reculer les piques menaçantes.

Mais pas la Reine de Cœur.

Sans attendre que Sa Majesté n’agisse, Ine joignit ses mains en leur insufflant le chakra nécessaire à l’élaboration de ses techniques. Elle avait réfléchi très vite à sa stratégie et en avait conclu qu’utiliser des techniques de l’oubli ne lui serait probablement pas d’une grande utilité pour terrasser cette femme. Elle voulait donc tenter de lui infliger le maximum de dégâts mentaux. Cependant la jeune femme repensait à Sho, à leur combat, à la transmission illusoire de sa souffrance au jeune homme alors que sa hanche et son dos dégouttaient de sang. Cette prémisse à Hurlement Mental lui permettait de bien appréhender la technique, aussi n’eut-elle pas peur de s’y essayer. Et, afin d’être plus efficace, elle combina le jutsu avec une morsure afin de tester la résistance de la reine. Ses doigts s’activèrent, ses yeux brûlèrent et elle se projeta dans l’esprit de son adversaire.

Citation :
Action 1 : Ine utilise Eiensei pour combiner une Morsure de l’Ame (15 dégâts) et un Hurlement Mental (le tout niveau Genin). Ce n’est qu’un chatouillis pour la Reine qui, d’une pichenette, lui inflige 30 dégâts. Réaction du Hurlement Mental (6 dégâts).

INE : -30 HP/-35 MP – 2 entretiens à payer à l’action suivante
REINE : -21 HP

Note : comme il n’y a pas d’indication sur la SAG de la reine, j’ai considéré que SAG=1. De plus, comme j’ai deux techniques non-valides actuellement je considère que je possède « Senritsu » qui est un pré-requis à Hurlement Mental. Par contre j'ai un doute, je sais pas si je peux activer directement le hurlement

La jeune femme s’extirpa de l’esprit de la reine, un fouillis innommable de cartes à cœur, pour voir comment son attaque avait porté. Mais la reine la regardait d’un air narquois, apparemment peu affectée par la morsure. Ine fronça les sourcils, étonnée. Elle s’était attendue au moins à voir la reine tiquer sous l’assaut, mais rien. Elle ne comprenait pas.

Puis elle ressentit une vive douleur à la cuisse. Baissant les yeux, elle se rendit compte que la boule-hérisson y était plantée, assez durement. La Reine de Cœur rejeta la tête en arrière et laissa échapper un rire mi-sardonique, mi-hystérique à peine couvert par la main plantée devant sa bouche. Le son fit reculer Ine d’un pas alors que les cartes à piques se rapprochaient un peu.

Reine de Cœur – Tu essaies de me chatouiller ? Essaie encore, cela me divertit. Après, je te ferais trancher la tête !

Effarée, la jeune femme décida de tenter le tout pour le tout. Fermant les yeux, elle se concentra à l’extrême, reprit son assurance. Ses doigts dansèrent frénétiquement alors qu’elle entretissait ensemble trois autres morsures, mais elle se sentait mal à l’aise avec les dosages qu’impliquait l’Asservissement Passionné. Quand elle essaya de se projeter dans l’esprit adverse pour faire tomber le château de carte, elle se prit un violent retour de chakra qui la sonna un instant.

Citation :
Action 2 : Paiement des 2 entretiens, la morsure 1 inflige 15 dégâts à la Reine. Ine combine sous Asservissement Passionné (niveau Chuunin) 3 Morsures mais elle rate son attaque.

INE : -30 HP/-95 MP (35 action précédente + 15 entretien + 45 pour l’asservissement) – 2 entretiens à payer à l’action suivante
REINE : -36 HP

Note : l’entretien de la morsure n’a ici pas été considéré comme une attaque en soi, donc pas de renvoi de la Reine. Et je sais que je suis à un niveau encore de lancer l’asservissement niveau chuunin mais sinon ça marchait pas pour mon rp… et de toute façon je le rate :p

La Reine de Cœur se mit à glousser, comme sous l’effet d’un chatouillis. Autour d’Ine les cartes de la garde royale s’étaient encore avancées d’un pas, plus hardies à mesure que la jeune femme semblait se défaire. La kunoichi ne perdit donc pas de temps et décida d’être moins gourmande en entretissant deux morsures seulement grâce à l’Eiensei qu’elle maîtrisait mieux. Appelant à elle son chakra, elle en renvoya sous forme de la douleur la plus indicible qu’elle pouvait imaginer.

Citation :
Action 3 : Entretien des 2 actions 1 (15 dégâts). Eiensei combinant 2 Morsures (niveau Genin), ce qui provoque 30 dégâts chez la Reine. Face à l’attaque la Reine renvoie 30 dégâts. Réaction du Hurlement Mental (6 dégâts).

INE : -90 HP/-140 MP (95 + 30 morsures + 15 entretien) – 3 morsures et 1 hurlement à entretenir
REINE : -87 HP (36 + 51 ce tour-ci)

Note : ici j’ai considéré que, étant combinées, les 2 morsures constituent 1 attaque

Une nouvelle fois la reine cilla à peine, ce qui augmenta le malaise d’Ine. Pour sa part une nouvelle boule-hérisson s’était fichée dans son autre cuisse, qu’elle enleva avec précaution avant de la balancer derrière elle. A ce rythme-là, Ine pouvait deviner sans peine ce qu’il allait bientôt lui arriver. Les piques s’étaient un peu plus avancées, le cercle se restreignait autour d’elle, la reine semblait s’amuser follement. Si déjà les morsures, son attaque la plus puissante en terme de dommages mentaux, étaient trop peu efficaces, la fin était proche. Négligeant la crampe qui lui prenait le cœur en étau, Ine joignit de nouveau ses mains. Quoiqu’il advienne, elle irait jusqu’au bout…

Citation :
Action 4 : Entretien de 3 morsures (-30 MP) faisant 45 dégâts, entretien du hurlement (-5 MP). Eiensei combinant une morsure (15 dégâts, -15 MP) et les Démons Intérieurs (-10 MP). La Reine renvoie 30 dégâts, activation du hurlement (6 dégâts).

INE : -120 HP/-200 MP (140 + 60 ce tour) – 4 morsures et hurlement à entretenir, démons dans 4 actions
REINE : -147 HP (87 + 60 ce tour)

Reine de Cœur – Tiens, j’ai cru sentir une mouche.

Les cartes se mirent à rire aux éclats de la plaisanterie. C’était, semblait-il, à qui rirait le plus fort pour se faire bien voir. Un frisson parcourut le dos d’Ine. La reine avait les yeux exorbités de satisfaction et une faim dévorante se lisait dans son regard. En joignant courageusement ses paumes face à elle, Ine se rendit compte que ses mains, parcourues de spasmes, tremblaient violemment. Elle désenlaça ses doigts d’un air hagard. Oh non, s’affola-t-elle, je vais récidiver. Mais la garde royale ne lui en laissa pas le temps. Trois pas en avant et les cœurs ornant le bout des piques lui enserraient les hanches. Elle ne pouvait plus bouger sans risquer de se blesser. Face à elle, la reine bailla ostensiblement :

Reine de Cœur – Ooooooh, je commence à m’ennuyer.

Elle se retourna et avança de quelques pas avant de faire volte-face, poings tendus en arrière et pieds frappant le sol.

Reine de Cœur – QU’ON LUI COUPE LA TETE !!

Le cœur d’Ine se souleva. Deux cartes vinrent la cerner de près pour enserrer ses bras rendus fébriles par une utilisation abusive de son chakra. Elle essaya de se débattre, en pure perte. Précédée par la reine, encadrée par deux as et suivie d’une flopée de cartes, elle fut introduite dans l’arrière-cour du château, là où, en plein centre d’une petite place pavée se trouvait un billot. Ine ferma les yeux. C’est un cauchemar, pensa-t-elle, je vais me réveiller.

Ine – KIBAAA !

La reine se retourna en l’entendant crier :

Reine de Cœur – Que dîtes-vous très chère ?

Ine – KIBAAA ! Ce n’est plus drôle, fais-moi sortir de là !

Le ton d’Ine était devenu une supplique. Le visage de la reine se mit à rougir et elle hurla plus fort encore pour couvrir la voix de la jeune femme.

Reine de Cœur – Mais faîtes-la taire ! QU’ON LUI COUPE LA TETE !!

Ine fut poussée sans ménagement au centre de l’espace. Elle tomba à genoux. Elle voyait flou, les battements de son cœur lui assourdissait les oreilles et elle avait une caisse de résonance à la place des tempes. Puis on la força à poser sa tête sur le billot. La dernière chose qu’elle vit fut le sourire cruel et satisfait de la Reine de Cœur.

Le couperet de la hache en cœur embrassa sa nuque…

~*~

Ine rouvrit les yeux brusquement. Elle était toujours assise, adossée au mur du palais du Sawakage où ils passaient la nuit. Dans le ciel, toujours la lune et son tamisage feutré. Et, en face d’elle, un Kiba tranquille, les jambes croisées, qui exhalait une longue traînée de fumée. Il sourit et déclara :

Kiba – Ne regrette rien, tu ne pouvais pas la tuer elle est bien trop endurante. J’étais curieux de savoir comment tu l’endommagerais.

Hébétée, Ine se sentait le cœur au bord des lèvres. Elle baissa la tête et murmura :

Ine – Ce… c’était tellement réel…

Lorsqu’elle releva la tête son visage était inondé d’un flot de larmes qui semblaient ne plus jamais vouloir s’arrêter, ses épaules tressautaient au rythme de ses sanglots. La kunoichi aurait voulu s’enfoncer sous terre, ne pas montrer cette faiblesse qu’elle ne comprenait pas à Kiba qui, en face, la dévisageait d’un air consterné. Une minute il parut ne pas savoir quoi faire, puis il s’avança, la releva et la serra dans ses bras. Elle s’accrocha à lui de toutes ses forces.

Kiba – Je suis désolé, fit-il d’un ton navré. Je ne pensais pas que tu réagirais ainsi.

Ine – Quelle idiote je fais ! sanglota-t-elle. Laisse-moi y retourner, je ferais mieux cette fois.

Kiba – Il n’en est pas question ! répliqua le shinobi. Regarde dans quel état tu t’es mise, tu dois dormir maintenant.

Ine – Mais je..

Kiba - Dors ! répéta-t-il, la voix impérieuse.

Du fond de son esprit Ine sentit une intrusion étrangère. Tout devient lourd et flou autour d’elle et la jeune femme s’effondra dans les bras de son compagnon.

[Je suis ouverte à toute remarque si quelqu’un aperçoit de grosses erreurs d’arbitrage. Merci à ceux qui ont répondu à mes questions, j’y serais pas arrivée sinon > < ]

MessageSujet: Re: Apprentissages Nocturnes   Lun 31 Mai - 20:34

~*Deuxième Soir*~

1. De l’eau, des sceaux

Allongée à plat ventre sur l’herbe rugueuse, Ine parcourait les pages du manuel, les tournant l’une après l’autre d’un frôlement de doigt. Elle recherchait le jeu d’esprit dans lequel Kiba l’avait envoyée la veille, mais la fin du bouquin arrivait et la fameuse technique n’était encore apparue nulle part. Contrariée, la jeune femme fronça les sourcils. Elle était prête à renoncer quand sur la toute dernière page elle aperçut un encart qui mentionnait quelques jutsu interdits. Plus par curiosité, la kunoichi parcourut des yeux la petite liste. Et elle le vit : Fushagino Kunino Arisu, le Pays des Merveilles. Arisu ? C’était le nom dont l’avait affublé la Reine de Cœur. Distraitement, Ine remit en place quelques mèches de cheveux derrière ses oreilles.

Abandonnant le manuel, la jeune femme roula sur le côté et s’arrêta quand, étalée sur le dos, elle put s’enivrer des nuages qui moutonnaient dans le ciel. L’air commençait à être plus frais mais le soleil trônait toujours. Encore quelques dizaines de minutes et il viendrait raser la surface du lac au bord duquel elle s’était installée pour étudier, avant de disparaître pour laisser place à la nuit. Il ne pleuvait pas et pourtant Ine aurait presque aimé sentir les gouttes sur son visage. Elle avait besoin d’être réveillée : comment Kiba pouvait-il maîtriser des techniques interdites et n’être toujours qu’un genin ? Elle repensa à son aventure malheureuse de la veille, frissonna tant le souvenir en était encore intense. Si le messager lui avait dit qu’elle n’aurait pas pu vaincre la Reine de Cœur, la jeune femme ne pouvait toutefois pas s’empêcher de s’en vouloir quand elle revoyait ses mains trembler plus que de mesure. C’était la deuxième fois que cela arrivait, et une fois de trop. Elle se promit d’y remédier d’une manière ou d’une autre.

Ine se redressa sur son séant et épousseta l’herbe qui maculait ses vêtements. Elle laissa son regard traîner sur son environnement. Sur la surface du lac une silhouette dansait au milieu de l’étendue liquide, le soleil se reflétant en éclats autour d’elle. La kunoichi se frotta les yeux, certaine de rêver. Mais l’ombre était toujours là, envoyant des gerbes d’eau à chaque pas qu’elle faisait, gracieux profil nimbé d’une aura de vapeur. Et puis l’évidence la frappa : ce ne pouvait être que Naoyuki. Le frisotis des cheveux, la taille élancée de la jeune fille la trahissaient. Ine se leva et resta au bord de l’eau un moment, émerveillée par le spectacle auquel elle assistait.

Le temps sembla s’arrêter, à mesure que la spécialiste du Ninjutsu terminait sa danse tout en douceur. Ine aurait voulu applaudir, mais elle ne voulait pas gâcher la magie de l’instant. Du milieu du lac la reine des eaux croisa son regard et Ine devina son sourire. Portant ses mains autour de sa bouche, elle cria :

Ine – C’était si joli !

Naoyuki fit en retour un signe de la main.

Naoyuki – Viens me rejoindre !

Euh ? Ine considéra une seconde le lac.

Ine – Je suis désolée, je n’y connais rien en Ninjutsu Aqueux.

L’adolescente se mit alors à courir sur la surface de l’eau, voletant presque au-dessus du lac. Arrivée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle s’arrêta face à une Ine bouche-bée.

Naoyuki – Pas besoin d’une spécialisation Suiton, fit-elle avec un large sourire. Ce n’est pas l’eau qui te repousse, c’est ton corps qui ne coule plus. Cela ne nécessite pas beaucoup d’entraînement, je t’assure. Tu veux essayer ?

Ine regarda sa compagne, d’abord comme si elle venait de lui annoncer qu’elle allait marcher sur l’eau. Ah, mais c’était le cas… Rien qu’à s’imaginer à la place de Naoyuki la jeune femme se mit à sourire. Contrairement à beaucoup des paysans qu’elle avait fréquentés dans sa jeunesse, l’eau ne l’avait jamais effrayée. Le paradoxe était amusant même, de la part de personnes passant leur vie à marcher dans des rizières.

Ine – Tu me montres ?

Naoyuki se mit à rire en voyant les myriades d’étoiles qui garnissaient maintenant les prunelles grises d’Ine. Joignant ses mains, elle exécuta une série de trois signes simples.

Naoyuki – Ces jutsu te permettent de concentrer ton chakra vers la plante de tes pieds, expliqua-t-elle. C’est un peu un trompe-l’œil qui fait croire à ton corps que tu marches sur un sol normal. En fait la concentration de chakra est telle qu’elle se réfléchit sur la surface de l’eau pour te faire léviter.

Ine hocha la tête pour indiquer qu’elle saisissait. Avec son aisance doigtesque habituelle, elle reproduisit sans mal la séquence qui appelait la technique. La jeune femme se sentait bizarre en canalisant le flux de chakra vers ses pieds, comme si elle allait bondir d’une minute à l’autre. Assez peu assurée, elle avança son pied droit sur le bord du lac.

Naoyuki – Tu devrais essayer pieds nus la première fois, ça aide à mieux ressentir les choses.

Ine avait si vivement tourné la tête vers sa compagne que sa chaussure prenait désormais l’eau. Bien que déséquilibrée, elle parvint à faire un pas en arrière pour se retrouver sur la terre ferme. Comme l’avait conseillé Naoyuki elle retira ses chaussures qu’elle balança par-dessus son épaule avant de se relever, prête à recommencer. Ine inspira profondément. La jeune femme tentait de canaliser cette excitation qu’elle ressentait si fort sans vraiment la comprendre. Ses doigts dansèrent de nouveau et elle porta en avant son pied droit.

Ine faillit être déséquilibrée de nouveau tant elle s’attendait à sentir la fraîcheur de l’eau sur sa plante de pied. Comme il n’en fut rien, elle s’élança pour poser son second pied à côté du premier. Naoyuki réprima un sourire amusé. Sans la féliciter, elle s’avança elle-même sur la surface de l’eau et attrapa Ine par la main.

Naoyuki – Allez viens, suis-moi.

Forcée d’emboîter le pas à sa collègue, Ine marcha d’abord avec hésitation tout en maintenant sa concentration à l’extrême. Voyant qu’elle ne coulait pas, et un peu aussi par la force des choses vu que Naoyuki ne faisait pas d’état d’âme et l’entraînait sûrement vers le milieu du lac, sa marche se fit plus assurée. Elle sourit, puis se mit à rire franchement. Elle eut soudain envie de courir. Dégageant sa main, elle doubla Naoyuki et s’élança. Ine tourna sur elle-même, transportée, et elle poussait des cris de joie puis riait aux éclats. En arrière Naoyuki riait aussi, contaminée par la bonne humeur de sa compagne.

Elle s’arrêta net lorsqu’Ine disparut sous la surface de l’eau.

Elle ne se pressa d’abord pas, il lui était arrivé la même chose lors de sa première fois. Mais la jeune femme ne réapparaissait toujours pas, et le temps s’allongeait. L’adolescente, inquiète, se mit à courir pour rejoindre l’endroit où Ine avait disparu. Justement, la tête de celle-ci émergeait. Son visage était enfoui sous ses cheveux détrempés. Naoyuki lui tendit une main secourable.

Naoyuki – Pense à deux aimants qui se repoussent, Ine, rétablis ton chakra !

La kunoichi dut obéir car elle bondit presque au-dessus de l’eau pour atterrir sur sa compagne. Naoyuki la retint contre elle. Entre ses bras, le corps d’Ine tressautait.

Naoyuki – Ine, est-ce que ça va ?

Ine – Je… je n’arrive plus à respirer…

Naoyuki dégagea vivement les cheveux qui couvraient la figure d’Ine. La jeune femme riait, elle riait tellement qu’elle en pleurait.

Ine – J’ai mal au ventre, réussit-elle enfin à articuler.

Naoyuki, visiblement soulagée, lui administra une tape affectueuse sur le sommet du crâne.

Naoyuki – Tu m’as fait peur, idiote !

Ine – Hey, j’ai pourtant bien failli me noyer. J’ai été prise d’un fou rire incontrôlable, je ne savais plus où était le haut du bas.

Comme pour affirmer ses dires, elle recracha de l’eau.

Naoyuki – On est presque au milieu du lac, maintenant suis-moi et reste sage.

Ine se montra obéissante et elle resta calme jusqu’à ce qu’elles aient atteint la zone la plus profonde du lac. L’eau y avait deux fois la hauteur de Naoyuki, déjà bien plus grande qu’Ine, et une couleur plus proche du bleu nuit maintenant que le soleil rasait presque l’étendue liquide.

Naoyuki – Nous y voilà. On va voir si tu tiens maintenant.

Ine sourit, étouffa un rire. Se campant bien sur ses deux jambes, elle demanda soudain :

Ine – Au fait Nao, qu’est-ce que tu faisais tout à l’heure ? Quelque chose envoyait des éclats de lumière partout autour de toi.

Naoyuki esquissa à son tour un sourire.

Naoyuki – Je suppose que tu parles de ça.

L’adolescente métissée leva la main en un geste élégant et une myriade de petits cristaux de glace en cascadèrent jusqu’à l’eau où ils flottaient un instant avant de fondre complètement jusqu’à disparaître.

Ine – Je comprends mieux maintenant.

Naoyuki – Comme je te le disais l’autre jour, la glace est un peu mon jardin secret. Je cultive mon don avec amour sans avoir été vraiment autorisée à le faire. Plutôt que de me créer des problèmes, j’ai choisi de devenir excellente dans la maîtrise du Suiton.

Ine – C’est un peu triste je trouve.

Naoyuki sourit.

Naoyuki – Je ne désespère pas pour autant de convaincre un Aisu de m’enseigner les secrets de l’Hyuuton. En fait c’est un peu pour ça que Bairei m’a proposée pour cette mission d’escorte. J’espère montrer mon potentiel, et dès que je passerais chuunin je resoumettrais ma demande au conseil Aisu.

Ine – Tu ne m’as pas dit d’où tu es si proche avec Bairei ?

Naoyuki – Nous avons été réunis plusieurs fois pour des missions. Il est un peu pour moi ce que semble être Kiba pour toi, une sorte de protecteur. Les amitiés vont vite dans ce genre de missions longues. Les inimitiés aussi parfois, malheureusement.

Elle se tut un instant, puis tourna la tête vers son aînée :

Naoyuki – Mais je ne parle que de moi. Quelle est ton affinité à toi, Ine ?

Choquée, Ine se rendit compte qu’elle n’avait jamais réfléchi à la question.

Ine – Oh je n’en sais rien. Je suis issue des champs sans pour autant me sentir attachée à la terre, bien au contraire puisque je m’en suis échappée. Le feu ni la foudre ne m’intéressent. A choisir, je dirais que je me sens d’abord attirée par l’eau, puis par le vent. Est-ce que cela suffit à en faire une affinité ? Je ne crois pas, mais tu as raison. C’est une question que je devrais creuser.

Naoyuki – Cela s’imposera peut-être à toi au moment où tu t’y attends le moins. En tout cas moi je suis contente de mon élève, fit-elle en souriant soudain, tu tiens la marée. Essaie donc une technique pour voir si tu arrives à faire les deux à la fois ?

Ine blêmit et trépigna sur place, mal à l’aise. Elle n’avait pas vraiment envie qu’un Genjutsu vienne sonner le glas d’une amitié naissante. Naoyuki la regarda. Elle comprit rapidement ce dont il s’agissait.

Naoyuki – Du Ninjutsu non-élémentaire peut-être ?

Soulagée, Ine acquiesça. Fermant les yeux, elle dessina dans l’air les symboles qui appelaient la métamorphose. Naoyuki recula d’un pas, surprise de voir Esio lui sourire… debout sur ses jambes. Puis un Kiba plus vrai que nature apparut, dispensant l’un des regards narquois qui le caractérisaient si bien, et enfin Bairei. Fière d’elle-même, Ine sourit. Pas une fois elle n’avait eu l’impression de couler. Mais Naoyuki se mit soudain à pouffer, et Ine-Bairei haussa les sourcils sans comprendre. L’adolescente lui désigna les berges. Bien que désormais plongées dans le noir – Ine n’avait pas vu le soleil se coucher – on y distinguait nettement le médecin les observer. Il porta des mains à sa bouche et cria quelque chose qu’elles n’entendirent pas.

Naoyuki – Allons le rejoindre.

Ine redevint elle-même et hocha la tête.

Ine – Trempée pour trempée, je vais y aller à la nage.

Prise d’une impulsion, Ine serra Naoyuki dans ses bras. Une façon de la remercier, en somme. Puis, sans attendre de commentaire, elle plongea de là où elle était. L’eau paraissait presque chaude après les longues minutes passée mouillée dans la brise nocturne. Ine se sentait un trop plein d’énergie qu’elle dépensa en piquant un sprint en crawl jusqu’au bord du lac. Arrivée sur la berge, Bairei tendit la main pour l’aider à sortir.

Bairei – Ca va mieux ?

Ine acquiesça d’un mouvement du menton. Un peu gênée, elle essaya d’essorer ses cheveux et ses vêtements rendus suggestifs par la baignade. Bairei faisait semblant de ne pas s’en rendre compte. Il accueillit Naoyuki qui arrivait :

Bairei – Esio et Kiba nous attendent pour faire le point. Je venais vous chercher.

Naoyuki sourit.

Naoyuki – C’est entendu, rejoignons-les.

En passant près d’Ine elle déposa un bisou sur la joue de celle-ci, puis l’adolescente prit les devants. Bairei tendit sa veste à Ine.

Bairei – Pour te réchauffer, fit-il.

Il fit mine de suivre Naoyuki mais la kunoichi l’arrêta :

Ine – Attendez ! Je dois vous demander quelque chose.

La jeune femme se retourna pour enlever son haut et enfiler prestement la veste de Bairei avant de le retrouver. Marchant à sa gauche Ine n’était pas à son aise, et pourtant elle finit par rassembler son courage et lança :

Ine – Vous qui êtes Eisei-nin, existe-t-il un moyen d’éviter de tomber inconsciente ?

Bairei la dévisagea attentivement.

Bairei – Tu veux dire parce que tu es à court de chakra ?

Ine rougit, heureusement la nuit ne permettait pas à son compagnon de le voir. Le médecin reprit :

Bairei – Ce que j’ai à te proposer ne relève pas de la médecine mais tu pourrais apprendre à le maîtriser. Tu t’y connais en calligraphie ?

Perplexe, Ine répondit par la négative. Profitant d’un rayon de lune donnant sur le tronc d’un arbre, Bairei sortit d’une poche du papier et un pinceau qu’il trempa dans une petite bouteille d’encre. Sa main se mit à aller et venir, si vivement qu’Ine ne pouvait en suivre les mouvements. Une seconde plus tard, il lui remettait le papier où un symbole séchait, mais elle n’arrivait pas à voir à quoi il ressemblait.

Bairei – Reviens m’en parler lorsque tu sauras parfaitement reproduire ce sceau.

Il lui fourra dans la main l’encre, le pinceau et un rouleau de papier.

Bairei – Maintenant dépêchons-nous. On nous attend.

MessageSujet: Re: Apprentissages Nocturnes   Sam 5 Juin - 0:39

2. Arisu

Lorsque Kiba s’approcha de la jeune femme, elle était penchée sur une table, l’air concentré à l’extrême. La lueur d’une bougie éclairait son visage aux sourcils froncés, la langue pointant à la commissure des lèvres. Elle était entourée d’un amas de boules de papier froissé qui couvraient le bois sur lequel elle s’appliquait. Curieux, il s’inclina par-dessus son épaule. Ine sursauta. Une trainée d’encre vint barrer sa calligraphie. Dépitée, elle laissa tomber le pinceau, soupira et se porta en arrière pour s’adosser au messager. Elle releva la tête vers lui, espérant un sourire encourageant, mais il regardait d’un air contrarié le sceau désormais raturé. Il tendit la main pour attraper le modèle de Bairei, le contempla un instant.

Kiba – Tu as mieux à apprendre que des sceaux qui vont barioler ta jolie peau. D’où est-ce que tu sors ça ?

Le ton était si sec qu’Ine ne sut d’abord que répondre. Se redressant, elle lui balança un regard aigu et répliqua :

Ine – Je crois que tu n’as pas à me dire ce que je dois faire, Kiba.

Kiba – Oh, ne me dis pas que tu m’en veux pour la nuit dernière ? demanda le messager, la voix chargée de cynisme.

Ine – Ne raconte pas de bêtises.

Le timbre de la jeune femme était doux et calme mais elle avait l’air blessé. Kiba se rendit compte qu’il s’énervait tout seul. Navré, il fourra une main dans sa tignasse pour la ramener en arrière et marmonna en regardant ailleurs :

Kiba – Excuse-moi. Je n’aime pas beaucoup ces trucs-là, c’est tout.

Ine – Eh bien passe ta colère autrement. Je ne veux plus que tu me parles comme à une enfant.

Ine se pencha de nouveau sur la table, trempa son pinceau dans l’encrier et recommença à calligraphier laborieusement son sceau. Kiba la regarda faire. Il la voyait là, concentrée sur son ouvrage, et il se rappelait une autre jeune fille qui lui avait un jour dit la même chose. Finalement il se pencha à son tour, attrapa sa main et la fit aller et venir jusqu’à ce que le sceau se dessine sur la feuille, presque reproduit à la perfection. Sous son poids le cœur d’Ine battait plus fort et elle contempla, passive, le miracle se produire.

Kiba – Tu raisonnes trop comme quand tu composes tes jutsu. Tes doigts sont vraiment très habiles mais là tout est une question de dextérité du poignet.

Ine hocha la tête sans répondre. En s’appliquant à jouer du poignet comme il le lui avait dit, elle constata que le sceau devenait presque le jumeau de son modèle.

Ine – Bairei m’a dit de retourner le voir quand je saurais le dessiner parfaitement. Il m’expliquera comment ça marche, je crois.

Kiba – Et quel est ce sceau ?

Ine secoua la tête de gauche à droite.

Ine – Je ne sais pas. Tu ne le connais pas, toi ?

Kiba – Non. Ma sœur utilisait essentiellement les sceaux de soutien, celui-là ne me dit rien.

La kunoichi s’arrêta net dans son mouvement, attendant la suite. Kiba fit mine de n’avoir rien vu. Il demanda :

Kiba – Je venais pour revoir avec toi l’asservissement passionné. Compte-tenu de ce qu’il s’est passé hier, je pensais que tu pourrais t’entraîner sur moi.

Ine laissa échapper un petit rire. Reprenant calmement son travail, elle déclara sans le regarder :

Ine – Tu crois vraiment que je vais pouvoir entrer dans l’esprit d’un type capable de lancer une technique interdite ?

Si Kiba fut surpris, il ne le montra pas. Il considéra un instant la jeune femme qui poursuivait comme si de rien n’était. Il avait l’impression de la voir mûrir en accéléré, elle avait tant changé depuis le départ de leur mission. Il soupçonnait le vieux Kenji d’avoir flairé en elle cette formidable capacité d’adaptation et de l’avoir imposée à cette fin. A ce rythme-là, il ne serait probablement pas déçu quand Ine reviendrait à Kiri.

Le messager s’approcha de sa compagne qui s’arrêta pour le regarder de côté. Comme la veille il lui tendit les mains et vit Ine hésiter à les prendre.

Kiba – Tu as raison. Il faut d’abord mettre certaines choses au point, après tu y arriveras. Il ne faut pas que tu aies peur.

Ine esquissa un sourire narquois pour le détromper. Elle déposa ses mains qui semblaient si menues dans celles de Kiba et darda ses prunelles grises dans ses iris mordorés.

~*~

Ine dégagea les mèches qui lui volaient sur le visage. Elle se trouvait au beau milieu d’une plaine herbeuse qui ondoyait sous l’effet du vent, face à une jeune femme assise sur un petit muret de pierre. Elle eut soudain le sentiment d’être complètement nue. Elle ouvrit la bouche, pour la refermer aussitôt. Un miroir lui renvoyait sa propre image, à ceci près que celle-là avait le front couvert d’une épaisse frange et des yeux d’un bleu de glace. L’autre la salua d’un signe de la main :

XXX – Salut.

Hébétée, Ine se trouva incapable de répondre. Ce qui ne sembla pas décourager sa vis-à-vis qui badina de plus belle :

XXX – Ca fait bizarre hein ? Mais ce n’est que justice après tout, imagine que moi ça fait déjà des jours que je te vois ! On s’habitue, je te jure.

Ine – Mais où je suis ? Et qui êtes-vous ?

Cette fois l’autre se mit à rire de bon cœur :

XXX – Non tu n’es pas dans un Genjutsu mais dans l’esprit de Kib. Moi je suis sa sœur Arisu, mais je croyais que tu avais deviné.

Ine ouvrit de grands yeux.

Ine – Je ne comprends pas. C’est toi qui m’as aidé la nuit dernière pour trouver mon chemin ? Et c’est toi qu’a cru voir la Reine de Cœur ?!

Arisu grimaça une moue désappointée.

Arisu - Oui, à ce propos je suis désolée, je l’ai déjà pas mal taquinée et elle ne m’aime pas beaucoup. Je sais que tu te dis que ce n’est pas possible et tout le tralala mais Kib te confirmera.

Ine – Me confirmeras quoi ?

Arisu leva les yeux au ciel :

Arisu – Que je suis bien sa sœur tiens ! Enfin, techniquement, juste l’esprit de sa sœur mais c’est vraiment moi. Ca va, tu arrives à suivre ?

Ine se rendit compte qu’elle commençait à avoir mal à la tête. Elle n’osa pas répondre par la négative de peur de contrarier cette personne qui lui ressemblait tant. Physiquement, s’entendait. Arisu sembla s’en rendre compte et pour la première fois depuis de longues minutes, elle laissa transparaître un peu de sérieux.

Arisu – Excuse-moi c’est l’excitation, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas parlé à quelqu’un. Enfin, sauf à mon frère bien entendu. Alors croiser son double, c’est encore plus excitant ! Mais viens t’asseoir et je vais t’expliquer ce qu’il s’est passé…

Ine ne se fit pas prier. Oubliant le bizarre de la situation, elle s’installa sur le petit muret à côté d’Arisu. Celle-ci lui attrapa la main puis ses yeux se troublèrent comme si elle voyait au-delà des choses. Elle commença :

Arisu – Nous étions tous les deux shinobi d’Iwa. J’imagine que tu t’es déjà rendue compte que Kib et moi on ne se ressemble pas vraiment. En fait Kiba avait presque treize ans quand il m’a recueilli. J’en avais sept, comme lui je venais de devenir orpheline alors il m’a prise sous son aile. Il était déjà shinobi à l’époque, ça m’a formé très tôt. Mais moi je n’ai pas choisie la voie du Genjutsu. Je me suis découvert un don pour les sceaux.

Ine se rappela le comportement étrange de Kiba face à sa calligraphie. Elle comprenait mieux sa réaction. Encourageant son double à poursuivre, elle lui serra la main.

Arisu – Iwa était déjà bien mal en point, nous on était en mission pour tenter de la préserver. Je m’étais liée à Kib grâce à un sceau, c’est lui qui insistait, il voulait me protéger qu’il disait. On est tombé dans une embuscade et je me suis pris un Genjutsu très violent. J’aurais dû mourir mais le sceau a agit bizarrement. Mon esprit a été projeté dans celui de Kiba qui était laissé pour mort. Mon corps est dans le coma, ça fait maintenant huit ans.

L’histoire était tellement dingue qu’Ine eut l’ombre d’un doute sur sa véracité. Mais Arisu n’avait pas l’air de plaisanter et ça lui semblait difficile de parler de son corps. Tant de temps passé dans l’esprit de son frère, parfaitement consciente de ce qu’il se passait sans jamais pouvoir agir, la jeune femme était une emmurée vivante. Ine eut envie de faire un geste pour la consoler mais Arisu s’était levée et elle lui agitait les mains en l’air avec le plus beau des sourires.

Arisu – Voilà, tu sais presque tout ! Je laisse le soin à Kib de te raconter comment il est devenu voyageur et comment il en est venu à intégrer les rangs de Kiri no Kuni.

Ine – Pourquoi m’avoir raconté tout ça ?

Arisu – Tu es aussi curieuse et têtue que je le suis. Il valait mieux que tu saches toutes ces choses avant de t’entraîner sur Kiba, non ?

Ine fit la moue de celle qui ne se sent pas concernée. Amusée, Arisu lui claqua un bisou sonore sur la joue. La plaine s’effaça et Ine se retrouva face à Kiba, ses mains toujours entre les siennes. Elle les lui retira, l’attira plus près d’elle et, se hissant sur la pointe des pieds, fourra le bout de son nez dans le cou de son compagnon. Surpris, le messager l’entoura dans ses bras. Leur étreinte terminée, il se dégagea et lança :

Kiba – Je voulais te donner quelque chose avant de reprendre l’entraînement.

Il fouilla dans son grand manteau, en retira un petit livre tout corné et le lui tendit. Aplanissant la couverture, Ine lut le titre à mi-voix :

Ine – Alice aux Pays des Merveilles.

Kiba – C’était celui d’Arisu. Son histoire préférée, forcément. Alors comme tu ne l’as pas lu…

Ine – J’en prendrais soin, promit la jeune femme avec émotion.

Kiba – Il y a ça aussi, ajouta le messager en lui donnant un autre paquet, bien plus volumineux celui-là.

Ine découvrit avec surprise ce que contenait le ballot : une combinaison constituée d’un tissu extrêmement résistant, d’un bleu de glace qui rappelait les yeux d’Arisu et avec des renforcements en cuir aux endroits stratégiques.

Ine – C’était à elle aussi ? balbutia-t-elle. Je ne peux pas accepter ça Kiba.

Kiba – Bien sûr que si ! Ca fait des années que je la traîne sans trop savoir pourquoi, et la tienne est vraiment dans un sale état. Arisu en est ravie, crois-moi.

Ine devait bien admettre que depuis son combat avec Sho, son vêtement ninja faisait peine à voir malgré les rafistolages qu’elle y avait apporté. Elle se résigna donc et enfila la combinaison. Celle-ci lui allait parfaitement.

Kiba – Alors, fit le jeune homme, l’œil éclairé d’une lueur inhabituelle, tu es prête à continuer maintenant?

Ine hocha la tête en souriant.

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MessageSujet: Re: Apprentissages Nocturnes   Mar 29 Juin - 0:24

3. La mâchoire des loups

La sueur perlait sur le front d’Ine.

Combien de fois avait-elle échoué ? Elle ne comptait plus. Par deux fois Kiba lui avait proposé d’arrêter, de reporter l’apprentissage de la technique au lendemain mais sans succès. La jeune femme était tenace, et plus têtue qu’une mule. La fatigue ? Elle ne la sentait même plus. Il devait être deux, trois heures du matin peut-être. Ses doigts devenaient raides et ses enchaînements malhabiles, mais sa volonté n’avait pas bougé d’un iota.

Elle ne se coucherait pas avant d’avoir maîtrisé l’Asservissement Passionné.

Ine soupira bruyamment en reportant une mèche folle en arrière de son visage. Face à elle Kiba la dévisageait sans rien dire. Ses yeux mordorés brillaient mais la kunoichi n’aurait su dire s’il s’agissait d’amusement ou de lassitude. Il faisait extrêmement lourd dans la petite pièce où ils se tenaient. Kiba s’était résigné un peu plus tôt à nouer sa tignasse noire en catogan et même à se défaire du manteau qui ne le quittait jamais. Si elle-même s’était dévêtue autant qu’elle le pouvait, Ine enviait la capacité des hommes à pouvoir se mettre torse nu sans complexe. Elle passa un avant-bras sur son front pour en éponger la sueur et soupira de nouveau, avant de se tenir prête pour un nouvel essai.

Qui échoua aussi lamentablement que les autres.

Kiba – Bon, fit le jeune homme tout en croisant patiemment les bras sur sa poitrine, on reprend depuis le début. Esprit Infini sur deux altérations de ton choix.

Ine hocha la tête et joignit ses mains.

Ine – Eiensei, murmura-t-elle en serrant les dents.

Les mains posées sur les hanches, Kiba subit l’assaut sans ciller.

Kiba – Nakusu, Senritsu. Comme d’habitude, tu ne me surprends pas beaucoup. Tu l’aimes bien cette dernière, c’est ta nouvelle trouvaille ? demanda-t-il d’un ton qui commençait à devenir cassant.

Ine riposta, cramoisie :

Ine – J’ai juste reproduit ce que tu semblais follement t’amuser à me faire endurer l’autre jour, quand tu testais ma barrière mentale. On ne t’a jamais dit que je répète tout bêtement comme un perroquet ?

Kiba – Recommence, répondit le jeune homme sans s’émouvoir. Tu veux te spécialiser dans le Genjutsu offensif non ? Qu’est-ce que tu attends pour me faire mal ?

Ine – Pas besoin d’en arriver là, maugréa Ine, partagée entre la gêne et la mauvaise humeur.

Kiba esquissa un sourire narquois.

Kiba – Tu crois vraiment que tu peux me faire du mal ?

Ine rougit et regarda dans une autre direction. Le regard de Kiba se faisait trop lourd tout à coup, et elle eut presque envie d’abandonner. Elle essuya ses mains moites sur son t-shirt, en proie à l’hésitation.

Kiba – Recommence. Kajino Reikon ! ordonna cette fois d’une voix forte le messager.

Et Ine s’exécuta. Les deux morsures s’entretissèrent sans mal, comme lorsqu’elle affrontait la Reine de Cœur. Désinhibée, la jeune femme laissa la douleur matérialisée entre ses doigts s’échapper pour aller infiltrer l’esprit de Kiba.

Kiba – C’est bien, fit-il en hochant la tête. Recommence. Avec l’Asservissement Passionné cette fois.

Encouragée de la sorte, Ine se sentait prête à faire des merveilles. Bien décidée à y arriver, elle fit danser ses mains, y insufflant ce qu’il faut de chakra pour trois morsures combinées. Son enthousiasme retomba bientôt comme un soufflé. Nouvel échec. Elle en aurait donné des coups de pied au mur. Mais, pas le temps. Kiba s’avança vers elle, tendit la main et la gifla à toute volée. La kunoichi recula de plusieurs pas, complètement déstabilisée. Les joues lui cuisaient, autant de douleur que de chaleur et de honte.

Kiba – Bordel, Ine, de quoi est-ce que tu as peur ?! Si tu ne peux pas faire mieux que ça, retourne te coucher, ça vaudra mieux pour tous les deux !

Ine crut que la colère allait la submerger mais elle resta plus froide qu’un glacier. Elle gronda :

Ine – Je t’avais dit de ne plus me parler comme à une enfant.

Kiba – Ohoh ! Je vais le regretter c’est ça ? Montre-moi alors !

Alors que le visage de Kiba se fendait d’un grand sourire moqueur, Ine ferma les yeux et inspira profondément. Elle n’avait plus beaucoup de chakra mais elle en rassembla les derniers vestiges en l’appelant à elle, se laissant enivrer par la sensation que cela lui procurait à chaque fois. Ses doigts liés, elle imagina trois loups amoureusement enlacés se précipitant vers leur proie. En ouvrant les yeux, fixant droit ceux de Kiba, elle rejeta avec force le jutsu dans l’esprit de ce dernier. Les loups furent violemment projetés, mâchoires en avant. Ils s’abattirent, une, deux, trois fois.

Et Kiba recula.

Ine regarda sans le croire la trace épaisse et sombre du sang qui s’épanchait de la narine gauche de son compagnon. Elle voulut s’avancer mais il passa sa paume sous son nez pour disperser le sang qui ne coulait déjà plus.

Kiba – La prochaine fois j’aimerais ne pas être obligé de te frapper pour que tu y arrives, okay ?

Ine hocha la tête. Kiba tendit la main et lui ébouriffa les mèches.

Kiba – On va attendre demain pour terminer cet entraînement. Maintenant je ne veux plus te voir.

Il sortit une cigarette et fit jouer son briquet.

MessageSujet: Re: Apprentissages Nocturnes   Sam 24 Juil - 13:04

~*Troisième Soir : de l’Apprentissage des Sceaux*~

1. Introduction

Un trait, une courbe, un autre trait, une autre courbe, un dernier trait et le tout encadré d’une ellipse, le pinceau imbibé d’encre traçait son chemin sur le papier du parchemin.

Le quatrième soir de son voyage vers Kumo, Ine avait décidé qu’il était temps d’en apprendre plus sur les sceaux. Et, comme s’il avait deviné ce que souhaitait la jeune kunoichi, Bairei apparut ce soir-là. Attablée à l’endroit même où les membres de la petite équipe avaient pris leur repas, Ine s’entraînait à parfaire sa calligraphie en recopiant consciencieusement le morceau de papier qu’il lui avait transmis la veille. L’eisei-nin à l’imposante carrure s’installa à la table, face à elle. Il ne dit rien, se contentant d’observer le tracé de l’encre sur le parchemin.

Un trait, une courbe, un autre trait, une autre courbe, un dernier trait, le tout encadré d’une ellipse.

Lorsqu’elle eut terminé, Ine releva la tête pour dévisager son coéquipier. Quelque chose chez cet homme l’attirait. Sa force tranquille, peut-être, assortie de cette cicatrice qui lui barrait le côté gauche du visage et qui, éclairée par la lueur tremblotante de la bougie, se faisait rappeler à tout regard. Sans savoir pourquoi, Ine se mit à sourire. Et, comme Bairei ne disait toujours rien, c’est elle qui brisa le silence en lui tendant le petit bout de papier où séchait encore le dernier sceau qu’elle avait reproduit :

Ine – Ca doit bien être le centième que je dessine.

Bairei – La persévérance est l’un des premiers enseignements du Fuuinjutsu.

Ine – J’ignorais qu’il existe un Art des Sceaux.

La neutralité jusque là affichée par Bairei disparut au profit d’un mince sourire.

Bairei – C’est une branche peu connue du Ninjutsu non-élémentaire que tu pratiques.

Ine – Mais pourquoi est-elle peu connue ?

La jeune femme se pencha un peu plus au-dessus de la table, comme pour s’approcher davantage de son interlocuteur et ne pas perdre une miette de ce qu’il lui disait.

Bairei – Parce qu’il était à la base réservé à une élite venue d’Iwa. Mais peut-être que Kiba t’en a un peu parlé ?

Ine – Il n’aime pas trop les sceaux, s’avança prudemment la kunoichi, soucieuse de ne pas ébruiter les secrets de son compagnon. Je sais seulement qu’ils s’apposent sur la peau comme des tatouages et qu’il existe des sceaux de soutien.

Les yeux de Bairei se mirent à briller.

Bairei – C’est exact, mais partons plutôt du début.

L’homme se redressa sur son siège et posa ses coudes sur la table. La lumière tremblante de la bougie accentuait la solennité de l’instant. Ine, elle, coinça son visage entre ses mains et prit l’attitude d’une enfant passionnée par les histoires de son père.

Bairei – Il existe en fait six grandes classes de sceaux. Chacune de ces catégories se distinguent par un chakra d’une couleur différente.

Se redressant un peu sur ses coudes, Ine fronça les sourcils.

Ine – Mais je croyais que le chakra était toujours bleu ? s’étonna-t-elle.

Bairei – Et tu as raison, pour la majorité des cas. Les sceaux sont une exception à cette règle. Il désigna le modèle qu’il avait dessiné la veille pour la jeune kunoichi. Ce sceau que je t’ai appris à reproduire se nomme Kin et, comme pour tous les sceaux de préservation, le chakra qui le produit est jaune. Posé sur ta peau, il y dessinera un symbole légèrement doré.

Ine – Kin… répéta la jeune femme dans un murmure. Elle avait demandé à Bairei un moyen de ne pas sombrer dans l’inconscience par manque de chakra, comme cela lui était arrivé face à Sho et qui avait failli se reproduire face à la Reine de Cœur. Ine se mordit la lèvre. Voilà qu’elle se retrouvait confrontée à un art qui lui était totalement inconnu, mais qui lui était accessible sans passer par la médecine qui ne l’attirait pas du tout. La kunoichi savait que beaucoup de travail l’attendait encore pour renforcer ses réserves trop justes de chakra. Cependant, ce sceau représentait pour elle l’assurance de ne pas essuyer la honte de s’effondrer inconsciente encore une fois.

Ine – Montrez-moi, souffla-t-elle. Comment est-ce que cela s’utilise ?

Bairei avait patiemment attendu qu’Ine sorte de sa rêverie. Il sourit.

Bairei – Je vais te montrer, dit-il en se levant pour se rendre à côté d’Ine. Il s’accroupit auprès d’elle et remonta la jambe gauche de son pantalon au niveau de son genou. La jeune femme l’observait sans rien dire. La scène était presque comique, elle assise le pied posé sur la hanche droite de l’eisei-nin qui lui maintenait le mollet. Le feu monta aux oreilles d’Ine qui essaya de ne pas montrer sa gêne. Bairei leva la tête pour mieux lui expliquer et, du même coup, la rassurer :

Bairei – Kin se pose au niveau de la jambe. Tu apprendras que chaque sceau se place à un endroit spécifique du corps, aussi il ne faut pas que tu te sentes mal à l’aise. Même s’il est vrai que l’Art des Sceaux induit une certaine proximité entre le poseur de sceau et le receveur.

Ine hocha la tête pour acquiescer. Amusé, Bairei poursuivit :

Bairei – Un sceau de préservation s’utilise sur soi normalement, il te permet de protéger ta propre vie contre les agressions adverses. On dit qu’il est personnel, et c’est pourquoi celui que je vais te « tatouer » n’aura aucun effet, sauf celui de te montrer comment t’y prendre.

Attentive, Ine observa les doigts de Bairei se couvrirent d’un éclat jaune-doré. Elle sentit une pression chaude sur sa peau alors qu’ils redessinaient sur le côté extérieur de sa jambe le sceau qu’elle avait appris à reproduire : un trait, une courbe, un autre trait, une autre courbe, un dernier trait, le tout encadré d’une ellipse. Le sceau terminé s’illumina un instant avant de devenir plus opaque. L’opération avait duré moins de trente secondes.

La jambe toujours coincée entre les mains de Bairei, Ine leva la sienne et fixa ses doigts pour tenter d’invoquer de ce chakra jaune qui lui permettrait de se préserver. Elle trouva ça étonnamment facile : il lui suffisait de songer au sentiment qui lui étreignait la poitrine lorsqu’elle se trouvait en présence de Kenji, dont la seule aura écrasante activait inévitablement un instinct de survie primaire. Des flammèches jaunes s’élevèrent aussitôt du bout de ses doigts.

Bairei – Pas mal, fit l’eisei-nin en poussant un sifflement. C’est déjà un premier pas, mais nous n’irons pas plus loin tant que tu ne maîtriseras pas le deuxième sceau que je vais t’apprendre.

L’homme déposa délicatement le pied d’Ine par terre et se releva pour rejoindre sa place initiale. Perplexe, la jeune femme demanda, sourcils froncés :

Ine – Mais pourquoi ne pas en finir tout de suite avec celui-là ?

Bairei – Parce qu’il vaut mieux que tu saches d’abord comment effacer tes propres sceaux, au cas où tu ferais une erreur. Personne, même le plus aguerri des maîtres des sceaux, n’est à l’abri d’une erreur. Il faut être très prudent avec l’usage du Fuuinjutsu.

La kunoichi hocha la tête.

Ine – Je comprends, murmura-t-elle.

Et elle repensait à l’histoire d’Arisu.

MessageSujet: Re: Apprentissages Nocturnes   Mar 7 Sep - 19:47

2. Préservation et télépathie

La situation se trouvait maintenant inversée : assise sur ses genoux, Ine se tenait face à la jambe découverte de Bairei. Elle avait attentivement écouté le chuunin lui expliquer le fonctionnement de Koshin Soru, le fameux sceau qui lui permettrait d’annuler ceux qu’elle aurait apposés au préalable. Par ailleurs il avait ajouté que si Kin empêchait l’évanouissement, c’était parce qu’il scellait une petite partie de chakra du porteur. C’était un sceau très puissant, qu’on ne pouvait d’ailleurs détruire qu’à l’aide de ce contre-sceau et à condition d’en être l’auteur.

Puis l’eisei-nin avait décidé que la meilleure façon de tester ses capacités à l’Art des Sceaux était de la mettre à l’œuvre. Ine n’aimait pas trop ça. Elle avait parfaitement conscience qu’un échec de sa part la rendrait responsable d’un emplacement rendu inutilisable. Elle avait protesté pour la forme, mais en pure perte. Soupirant, Ine rappela en elle le sentiment qui avait plus tôt fait appel au chakra jaune de la préservation. Le bout de ses doigts sembla soudain en flammes.

Bairei – La volonté de survie est un sentiment fort en toi. Peut-être est-ce ta couleur de prédilection…

Ine – Que voulez-vous dire ? demanda la kunoichi en relevant la tête.

Bairei – Chaque maître du Fuuinjutsu a une affinité particulière avec l’une des six catégories de sceaux, que l’on appelle aussi « couleurs ». Cette même inclinaison l’empêche d’ailleurs d’utiliser les sceaux de la couleur opposée. Généralement c’est la personnalité profonde de la personne qui définit cette affinité. Si tu veux un exemple, en tant qu’eisei-nin défensif ma catégorie est celle des sceaux de soin. Je ne peux donc pas utiliser ceux qui sont destinés à détruire. C’est contre-nature.

Ine sembla songeuse un instant.

Ine – Des sceaux de soin face à des sceaux de destruction, murmura-t-elle. J’imagine que les sceaux de préservation s’opposent aux sceaux de soutien. Quelles sont les deux dernières catégories alors ?

Bairei – Tu apprends vite. Les couleurs restante sont celles du blocage, antagoniste à la communication et aux échanges.

Ine hocha la tête en se mordillant la lèvre, soucieuse.

Ine – Mais comment se reconnaît-on une affinité ?

Bairei – C’est comme pour l'affinité élémentaire : elle s’impose à toi plus que tu ne l’élis.

Ine ouvrit la bouche. Elle allait dire qu’elle ne connaissait toujours pas son élément de cœur mais choisit finalement de se taire. Renouvelant l’afflux de chakra chatoyant, elle apposa des doigts chauds sur le mollet de Bairei et y dessina sans hésitation le symbole cent fois reproduit. Le sceau achevé s’illumina une brève seconde avant de se confondre presque avec la peau.

Ine – Je crois que j’ai réussi.

Bairei sourit devant la modestie de son élève.

Bairei – Oui c’est plutôt bien, tes doigts ont pris la mémoire du sceau. Tu verras que tu acquerras de plus en plus facilement cette mémoire sans être obligée de reproduire encore et encore à la calligraphie comme tu l’as fait. Enfin, du moins pour les sceaux de base. Déjà, tu as compris le principe fondamental du Fuuinjutsu.

Ine repassa du bout du doigt les contours du sceau tracé sur la jambe du chuunin. La jeune femme avait les sourcils froncés par la concentration, si bien qu’elle commençait à en avoir des maux de tête.

Ine – Bairei-san, murmura-t-elle, je ne vois pas du tout comment nullifier ce sceau grâce au Koshin Soru.

L’eisei-nin se pencha sur Ine pour lui attraper le poignet avec douceur et ouvrir grand sa main d’une caresse sur la paume.

Bairei – Lorsque tu as composé ton sceau tu as invoqué une certaine quantité de chakra dans un but précis. Le Koshin Soru est une image miroir de ce flux que tu as appelé pour apposer Kin. C’est comme si tu invoquais ton sceau à l’envers.

Ine fit la moue, sceptique. Elle trouvait étrange d’utiliser un chakra de préservation pour se débarrasser d’un autre sceau de préservation. Elle posa néanmoins de nouveau ses doigts sur la peau de Bairei, mais la magie n’opéra pas.

Bairei – Le dosage de ton chakra doit être extrêmement précis. Garde ton calme et ne panique pas si tu n’y arrives pas tout de suite, c’est un coup de main à prendre.

La jeune femme ferma les yeux pour se retrouver dans les conditions qui avaient vu naître le Kin. Presque certaine d’en avoir le négatif parfait, elle tenta de nouveau l’opération. Le sceau tatoué ne réagit pas davantage. Sa main se mit à trembler et Bairei l’enferma entre les siennes.

Bairei – Ine… fit-il doucement.

La kunoichi soupira et rouvrit les yeux pour dévisager l’eisei-nin.

Bairei – Regarde ta jambe.

Docile, la jeune femme obéit. Elle constata avec surprise la disparition du sceau de Bairei sur sa propre jambe. Elle releva la tête vers le chuunin qui souriait.

Bairei – Tu vois, comme Kin est personnel il n’est pas stable sur autrui. Si je ne te l’ai pas dit c’est pour que tu te sentes l’obligation morale de me réussir ce Koshin Soru.

Ine hocha la tête. Son angoisse disparue, elle invoqua de nouveau le chakra doré, fit léviter au-dessus de sa paume un négatif du Kin avant de caresser de la main le mollet tatoué. Le chakra ancré dans les premières couches de l’épiderme sembla s’activer un instant, avant de disparaître complètement. Ine expira longuement, soulagée.

Ine – Ouf ! souffla-t-elle alors qu’un mince sourire se dessinait sur ses lèvres.

Bairei lui ébouriffa les cheveux avant de l’aider à se relever.

Bairei – Ne t’inquiète pas. Au pire il existe un sceau d’annulation. Je ne peux pas l’utiliser mais peut-être que toi tu pourras.

Ine – C’est un sceau de destruction alors ? demanda la kunoichi en le regardant prendre un papier pour y dessiner un symbole. Concentré sur sa calligraphie, Bairei acquiesça d’un signe de la tête avant de lui tendre le modèle :

Bairei – Hadano Fuuin. Ce sceau n’agit pas comme un miroir mais comme un perturbateur. Tu instilles des faiblesses dans la circulation du chakra qui forme le sceau que tu veux combattre, jusqu’à ce qu’il cède.

Ine – C’est d’accord, répondit Ine en recueillant précieusement le morceau de papier. Je m’entraînerais pour l’essayer.

Le chakra de préservation était venu rapidement à elle mais elle doutait que la destruction lui soit aussi facilement accessible. Un tel sceau avait cependant tant de valeur qu’elle espéra pouvoir trouver ce sentiment quelque part en elle. Pour l’heure c’était une autre idée qui lui trottait dans la tête depuis de longues minutes.

Ine – Bairei, commença-t-elle, vous avez parlé de communication tout à l’heure. J’aimerais pouvoir faire ça.

Bairei ne put s’empêcher de sourire.

Bairei – Alors ce sont ces sceaux-là qui t’attirent le plus hein ?

Ine sourit en retour.

Ine – Si c’est ce que je pense, oui, fit-elle simplement.

A de maintes reprises ces derniers jours elle avait eu envie de pouvoir communiquer avec les membres de son équipe, et surtout avec Kiba, lorsque la situation ne permettait pas de le faire de vive-voix. Ine se rappela Sawa et son dirigeant. Elle avait bien pensé au Genjutsu mais sa discipline s’apparentait plus à une intrusion forcée qu’à un échange consenti. Elle n’avait donc pas osé en faire usage. Or, ce que Bairei lui avait appris sur les sceaux lui permettait d’entrevoir les possibilités qu’un tel art pouvait conférer dans le domaine.

Ine – Télépathie ? finit-elle par demander après un long moment de silence.

Bairei – Presque.

L’homme se pencha sur la table, attrapa de nouveau le pinceau plein d’encre et traça côte-à-côte deux petits sceaux presque jumeaux.

Bairei – Je peux t’apprendre les sceaux de base de la communication, je les utilise à l’occasion avec Naoyuki. Le reste tu devras te débrouiller toute seule. L’apprentissage de ces sceaux est plus difficile que pour Kin car ce ne sont pas des sceaux passifs : il faut les maîtriser une fois qu’ils sont posés.

La jeune femme fixa sans rien dire le trait impeccable des dessins.

Bairei – Le premier s’appelle Okukanji, ce qui signifie le sentiment offert. On le dissocie difficilement du deuxième, Kanjitsukamae ou le sentiment capturé. Ces dénominations rendent pleinement justice à leur fonction.

Ine – Le sentiment offert… Je mets à disposition mes émotions donc ? Le sentiment capturé permettant un retour entre les deux personnes liées ?

Bairei – Oui c’est un peu ça, mais ça s’expérimente plus que ça ne s’explique. Tends-moi tes bras.

Ine s’exécuta. Un chakra gris-perle naquit au sein des paumes de l’eisei-nin qui imprima les sceaux d’une caresse sur la peau de la kunoichi, un sur chaque bras. Pendant qu'il reproduisait l'opération sur lui-même, Ine contempla les symboles si semblables qu’ils respectaient presque la symétrie de son corps.

Bairei – Alors ?

Haussant les épaules, Ine répondit machinalement :

Ine – C’est joli. Comment s’utilisent-ils ?

Bairei – Impressionnant, remarqua Bairei à voix haute. Ine sursauta. Elle venait de se rendre compte de la différence. Ahurie, elle dévisagea son compagnon.

Bairei – Tu te débrouilles bien pour un premier essai.

Ine – Bah, rétorqua la jeune femme avec malice. je n’ai pas beaucoup de mérite je suppose. Le Genjutsu doit bien aider, reprit-elle normalement.

Elle sourit ; une sorte d’ivresse faisait briller ses yeux. Bairei se leva.

Bairei – Tu es fatiguée, lança-t-il, et moi aussi. Je suis content de l’intérêt que tu portes à cet art méconnu. On en reparlera plus tard ?

Ine hocha la tête. Elle ne s’en était pas rendue compte mais elle se sentait effectivement épuisée. La soirée avait été longue et riche en enseignements.

Bairei – On est d’accord. Et, Ine ?

Ine se retourna vers son compagnon, l’air interrogateur.

Bairei – Tu veux bien me tutoyer maintenant ?

La jeune femme lui offrit son plus beau sourire en réponse.


Dernière édition par Watagumo Ine le Lun 13 Sep - 18:51, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Apprentissages Nocturnes   Mar 7 Sep - 19:55

[Je mets ce topic en pause mais je le réutiliserais peut-être au retour de Kumo si cela s'y prête.

Point sur les techniques apprises (je l'espère !) ou en cours dans ce sujet à ce jour :

Post 1 – Hurlement Mental, Asservissement Passionné [en cours]
Post 2 – L’Art de Marcher sur l’Eau, Kin [en cours]
Post 3 – Kin [en cours]
Post 4 – Senritsu, Asservissement Passionné
Post 5 – Kin [en cours]
Post 6 – Kin, Koshin Soru, Hadano Fuuin [en cours], Okukanji [en cours], Kanjitsukamae [en cours]

Voilou !]

MessageSujet: Re: Apprentissages Nocturnes   Sam 11 Sep - 23:20

J'ai beaucoup aimé. Le développement de Kiba, Naoyuki et Bairei est très intéressant. Je suis heureux de voir ce que tu fais de ces personnages Smile

Je valide les techniques "finies". Si tu le souhaites, pour d'éventuels affrontements à venir, tu peux aussi valider des techniques encours, les RP rédigés méritent au moins cela.

Ine : + 72 XP (bonus inclus)
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Apprentissages Nocturnes   

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