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 [Yuki] Deux Sceaux ne font pas un Sot

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MessageSujet: [Yuki] Deux Sceaux ne font pas un Sot   Mer 20 Oct - 16:26

Rappel du premier message :

1

Il n'avait rien eu à dire. Elle s'était contenté d'accepter sans l'interroger.

» Et si nous prenions la route ? Lui avait-elle demandé. Le temple sera sûrement un endroit plus chaleureux, et je suis si pressée.

Il s'était contenté d'acquiescer et de sourire, prisonnier d'une logique qui le dépassait. Il était retourné sur ses pas, avait rangé les restes de leur repas dans son sac, s'était vêtu de son manteau, avait passé le nodachi à sa taille puis son sac sur son épaule, puis il était sortit. Une fois dehors, il s'était surpris à ne pas la trouver. Au nord, au sud, à l'est, à l'ouest, rien, la saltimbanque avait disparu.

Au lieu de s'inquiéter, il avait empoigné la tête en cuivre de son kiseru pour en étouffer le brasier, sans grand succès. Une voix l'avait interpellé. Sa voix à elle. Il s'était retourné et avait finis avec un beau pâté de neige sur le visage.

» Merci, je cherchais justement un moyen de l'éteindre.

C'est ce qu'il lui avait dis en se nettoyant le visage d'un revers de manche et en vidant son kiseru de toute la neige qu'il avait avalé. Il avait lâché un semblant de rire puis il l'avait rejoins sur les hauteurs où ils erraient encore...

» Est-ce que tu sais où tu vas ? Demanda Shiro alors qu'ils abordaient la descente d'un col pour le moins " pentu ".

» Je crois.

Il sourit et s'enfonça toujours plus loin avec prudence. Une avalanche était vite arrivée dans les parages pour qui ne prenait pas garde. Tout autour d'eux le panorama leur offrait la plus pure vision qui soit d'un paradis blanc ici et là écorché par de grandes masses rocheuses aux reflets de ciel orageux. Le pays n'en portait pas le nom pour rien. La neige en était un élément, un vivarium, mais aussi un cimetière comme Sho le constata. La couche de neige montait jusqu'à ses genoux lorsque sa jambe droite heurta quelque chose de solide.

En creusant un peu, la découverte n'en fut que plus macabre.

» ...

L'ambre de ses yeux croisa l'obscurité d'un crane vide dont la mâchoire se décrochait sensiblement. Fracture, se dit-il. Il glissa ensuite son index sur le sommet du crâne humain et le tourna vers ses yeux. Aucun résidu. Le froid l'avait conservé en parfait état. La chair qui l'entourait autrefois, elle, s'était évaporée.

» Restons vigilants. Je ne sais pas toi mais moi je tiens à mon crâne.

Leurs pas les menèrent au pied d'un second col par lequel on accédait par une mince bande rocheuse. Sho jeta un œil des deux côtés et constata avec un certain pessimisme que le passage ne laissait que peu de place à l'erreur ; sous peine de quoi ils finiraient une vingtaine de mètres plus bas, leur corps brisé à flanc de montagne. Une perspective peu tentante qui ne sembla pas refroidir Shiro. Jouant de son plus bel équilibre, elle le dépassa sans rien dire et traversa le passage aussi facilement que si ses deux pieds avaient évolués sur un plancher parfaitement droit. Arrivée de l'autre côté, elle lui adressa un grand sourire qu'il interpréta comme une manière de lui faire savoir que ce n'était qu'un jeu d'enfants. Il s'arma donc de courage et posa le pied sur le premier rocher, aussi plat qu'il pouvait être glissant. Il aborda sa progression en jouant des bras quand à mi-chemin sa jambe droite s'affaissa brusquement. La roche sous son pied tangua, craqua, puis dégringola dans le vide, entraînant avec elle une réaction en chaîne qui obligea Sho à user d'un shûmpo pour ce sortir de ce bien mauvais pas.

» Pas mal, mais ça manque d'un soupçon artistique, lui fit remarquer une Shiro passablement amusée.

» Je n'en doute pas, dit-il en se passant une main sur sa nuque. Mais pour ma défense, ce n'était pas l'occasion rêvée de se donner en spectacle.

Leurs regards se croisèrent. Sho prit le parti de ne rien ajouter qui aggraverait son cas. Il lutta contre sa propre honte qu'il emprisonna derrière un masque d'impassibilité et poursuivit simplement leur périple, essayant de faire comme si rien ne s'était passé.

Une heure après avoir quitté la grotte, le duo arriva dans une large vallée où une rivière de neige serpentait entre les montagnes. Aucune trace d'habitation ni la moindre trace de vie n'était visible à des kilomètres à la ronde. Ils étaient seuls au milieu d'un désert enneigé. Seuls au milieu de nul part.

Sho grimpa sur un rocher d'où il put observer le panorama dans son ensemble. Il reconnaissait le cadre à deux ou trois détails près, mais n'arrivait plus à situer le vieux sentier qu'il avait arpenté jusqu'au sommet de la montagne où il avait pu voir le temple. La tempête avait tout recouvert.

Son regard se posa un instant Shiro, se demandant comment elle prendrait leur halte. Ils étaient arrivés à mi-chemin selon ses propres estimations. L’autre moitié était sans doute la plus éprouvante des deux. Mais ils leur fallaient tout d’abord retrouver le sentier s’ils espéraient poursuivre leur route.

Sans un mot, il prit place sur le rocher, ses jambes se ballottant dans un vide de deux mètres tout au plus. Il râpa la fine pellicule de neige qui reposait par endroit sur la pierre gelée et la porta à son regard. La neige n’était pas compact. Au contraire, elle était plus fragile qu’elle n’aurait du l’être ; signe que la tempête n’avait fait qu’effleurer la région selon toutes vraisemblances. Sho referma son poing et leva le nez en l’air, noyant ses yeux dans le ciel incertain d’un bleu maquillé de blanc.

Il conserva cette position pendant quelques secondes, observant le ciel sans vraiment le voir alors que devant ses yeux défilaient les images de son dernier voyage. Si certaines étaient devenues floues après une année d’errance, d’autres laissaient apparaître quelques détails importants. Il se remémora par hasard un immense pic rocheux qui sous un certain point de vue s’apparentait à la tête d’un aigle. Dans ses souvenirs, ce pic marquait le début du sentier montagneux mais après tant de temps il lui était difficile de dire s’il pouvait encore se fier à sa mémoire et tenter le risque de se perdre en cherchant quelque chose qui n’existait peut-être même plus.

Mais contre toute attente sa décision fut vite prise.

Il ne pouvait pas se permettre d’errer plus longtemps dans cette vallée perdue. Où qu’ils se dirigent, ils leur fallaient en tout cas progresser, quitte à se tromper.

S’armant d’un sourire, Sho bascula vers l’avant et retomba sur le sol de ses deux pieds. La couche de neige était moins importante dans la vallée qu’elle ne l’avait été sur le flanc de la montagne. Leur progression n’en fut que plus facile.

En deux fois de moins de temps qu’il leur en avait fallu pour arriver dans la vallée, ils trouvèrent le fameux pic en forme de tête d’aigle posé au pied d’une montagne menaçante. De là, Sho dégagea le sentier aussi précisément que ses souvenirs le lui permirent. Ils errèrent longtemps à flanc de montagne, découvrant un panorama pour le moins saisissant ; la chaîne de montagnes se livrant à eux comme un territoire particulièrement somptueux mais tout aussi périlleux. Ils descendirent plus loin une courte pente enneigée qui leur fit atteindre deux petits monts blottis l’un près de l’autre et que Sho savait marqué le seul passage qui pourrait les conduire sur le plateau où le temple était construit.

Le passage consistait en un ponton en bois branlant dont les grincements permanents apportaient une touche particulièrement sinistre à l’endroit.

Sho s’avança le premier. Par mesure de précaution, il appuya son pied sur la première planche et porta tout le poids de son corps sur elle afin d’en tester la résistance. Rien, pas même un grincement. Intrigué, Sho avança prudemment son second pied et toujours rien. Malgré ce qu’il laissait paraître, le ponton semblait en bon état. En tout cas en assez bon état pour supporter le poids d’un homme.

C’est alors qu’il se surprit à sentir quelque chose de très particulier. Il fronça légèrement les sourcils et porta toute son attention sur son propre corps, oubliant aussi bien le ponton que le décor.

» Les planches absorbent le chakra…

La courbe de son sourire s’accentua un peu plus. Le ponton paraissait en mauvais état parce qu’il l’était réellement. Mais il n’était pas fait dans n’importe quelle matière. Arpenté par n’importe quel être humain normalement constitué, le ponton s’écroulait de lui-même. Seul le chakra d’un individu ouvert à cet art pouvait le traverser sans risques.

Il pouvait le percevoir plus clairement à mesure qu’il avançait. Le bois absorbait son chakra pour solidifier la construction dans sa totalité, rendant de ce fait le temple accessible que des seuls personnes capable de malaxer leur chakra.

Astucieux.

Shiro traversa sans difficultés et tous deux restèrent un moment contemplatif devant l’œuvre de ce qui devait être un sage ou un génie.

Mais leurs pas devaient les mener plus loin, aussi continuèrent-ils leur périple à travers un plateau vallonné de petits monts sculptés comme des crocs. Derrière cette véritable « muraille » de dents acérés, le plateau s’ouvrit à eux jusqu’à perte de vue. Élevé sur ce qui semblait être le centre de gravité du plateau, le temple se révéla à eux dans une pierre grise qui depuis leur position semblait scintiller. Comme si les murs pouvaient réfléchir le moindre rayon de lumière perdu.

» C’est le temple que tu cherchais ?


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MessageSujet: Re: [Yuki] Deux Sceaux ne font pas un Sot   Mer 16 Fév - 11:54

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MessageSujet: Re: [Yuki] Deux Sceaux ne font pas un Sot   Mar 22 Fév - 17:16



Dualité.

La réalité s’imposa doucement à lui lorsqu’il ouvrit les yeux au beau milieu de la nuit. Le cœur d’Aishuu fut la première chose qu’il sentit. Il battait lentement, assoupi, avec une régularité apaisante. Le corps d’Aishuu fut la seconde. Sa peau douce collée contre une moitié de son torse. La tiédeur de son corps qui provenait sans doute plus de leur contact que de l’organisme même d’Aishuu, comme pouvait en attester la main froide de la saltimbanque posée sur son torse. Finalement, Sho perçut sa respiration qui venait mourir dans son cou. Aishuu dormait paisiblement, à ne pas en douter.

Sho n’osa pas un mouvement, de peur de briser son sommeil attendrissant. Il tourna simplement ses yeux vers la fenêtre de la petite chambre. Un peu de buée s’était formée sur le bord inférieur de la fenêtre. Sho distingua quelques paillettes blanches s’écraser contre la vitre. Il neigeait. Rien de plus normal à cette période de l’année pour le Pays de la Neige. En tendant un peu plus l’oreille, Sho entendit même le vent souffler contre les murs. Quelques craquements lointains lui indiquèrent que le bois dont le temple était majoritairement composé travaillait à lutter contre lui.

La lune devait se jouer des nuages cette nuit. Un rayon de lumière argenté descendait le long de la fenêtre, courrait sur le parquet puis remontait sur le lit pour éclairer le dos dénudé et l’épaule droite d’Aishuu. Son visage endormi demeurait dans l’ombre.

Sho détailla les courbes de son corps, du creux laissé par sa colonne vertébrale aux contours de ses hanches, en passant par sa chute de reins. De sa main droite, il caressa silencieusement sa peau. Ses doigts suivirent sa colonne vertébrale, s’étendirent à ses côtes puis se figèrent sur le bord du drap. Ses yeux contemplèrent encore un peu le grain si particulier de sa peau de velours puis il remonta le drap sur son corps pour le préserver des courants d’air. La main d’Aishuu s’anima et remonta le long de son torse pour se figer sur son cœur, sa respiration s’accéléra puis retomba aussitôt. Elle dormait toujours.

Sho laissa sa main droite dans le dos d’Aishuu dans un geste qu’il était difficile de considérer autrement qu’un gage d’attachement intime. Lentement, ses yeux retrouvèrent l’obscurité de ses paupières, mais le sommeil ne le gagna pas.

Dormir, seulement se reposer, Sho n’avait plus connu ça depuis longtemps. La sensation que sa tête était plus légère, que ses pensées résonnaient avec d’avantage de conviction, il l’avait pratiquement oublié. A la ressentir de nouveau, Sho se sentit troublé. Un vide se comblait. Aishuu en était la raison.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, il lui sembla que la lumière avait décru, ramenant la chambre à une pénombre relative. Il tourna sensiblement la tête et posa son regard sur le profil d’Aishuu. Ses yeux étaient fermés et quelques mèches de cheveux lui tombaient négligemment sur la joue. Sho sourit. Cette femme avait provoqué une drôle de révolution en lui. Consciemment ou inconsciemment, elle lui avait appris à l’étreindre, appris à léguer aveuglément sa confiance, et même à se reposer, en seulement deux jours.

Il n’avait aucune idée du nombre d’heures, de minutes, qu’il avait passé à dormir, mais il sentait son corps capable de vivre encore cent ans. Une énergie nouvelle gonflait ses veines. Elle gonflait ses poumons avec force et les vidait paisiblement. Elle courait en impulsions électriques le long de son corps et enrobait son cœur de pulsassions nouvelles. Sho se sentait vivre. A croire que toutes ces années, son âme était restée sceller dans un corps épuisé.

Son sourire s’affina. Il remonta sa main droite le long du corps d’Aishuu et saisit l’une de ses mèches de cheveux. Il la caressa entre ses doigts, un instant, puis il la replaça sur le visage assoupi de la saltimbanque.

En ramenant son regard au plafond et son bras autour de la taille d’Aishuu, Sho sentit une onde de légèreté étreindre son cœur. Un long frisson remonta le long de sa colonne vertébrale et s’y figea. Le vent souffla plus fort contre les murs du temple, mais celui-ci tint bon.

Aishuu pouvait dormir en paix. Il veillait.

Le corps un peu plus tiède de son amante frissonna et se blottit un peu plus contre lui, son souffle courant maintenant sur ses clavicules. Quasi automatiquement, Sho resserra son étreindre autour d’elle et vérifia qu’elle ne s’exposait pas trop ouvertement à la fraîcheur de cette nuit d’hiver. L’instinct protecteur qu’il venait de gagner auprès d’Aishuu le fit s’interroger. Chercherait-il toujours à la protéger ? Veillerait-il plus sur sa vie qu’il ne veillerait sur la sienne ? Prenait-elle plus d’importance que tout autre chose en cet instant ? Sho tourna ces questions plusieurs fois dans sa tête et referma les yeux lorsqu’une seule réponse s’imposa à lui.

Oui.

D’une façon ou d’une autre, Aishuu lui avait pris quelque chose qu’il ne pourrait plus reprendre, quelque chose qu’il avait volontairement voulu laisser entre ses mains en réalisant enfin que cet endroit était sans doute le plus sûr au monde pour le conserver.

Il se disait qu’en amour, on pouvait résolument perdre son cœur. Sho avait pris un peu d’avance et l’avait confié à Aishuu.

Cette nuit là, Sho rêva comme il n’avait plus rêvé depuis des années. Il se sentit tout d’abord reposer dans un vide interminable nimbé de ténèbres. Brusquement, le voile d’obscurité s’était déchiré pour laisser apparaître une lumière aveuglante. Difficile à dire s’il avait fermé les yeux ou pas, mais quand la lumière s’estompa Sho reconnut un paysage verdoyant comme on pouvait en trouver dans sa vallée natale et comme il en avait également découvert au Pays du Thé, au cours de ses voyages. Des champs à perte de vue. Des monts en toile de fond. Et ce chemin de terre qu’il semblait invité à suivre.

Il était difficile de se dire que même allongé on pouvait encore avancer et même voyager. Pourtant, Sho avait bel et bien voyagé cette nuit là.

Contre toute attente, il avait emprunté le chemin, l’avait suivi sur un nombre incalculable de mètres ( peut-être même de kilomètres ). Il avait regarder les champs défilés tout autour de lui jusqu’à l’apparition d’un autre chemin qu’il avait suivi naturellement, comme s’il savait inconsciemment où il se rendait et que la route pour s’y rendre n’avait plus aucun secret pour lui.

Ce chemin l’avait conduis à un terrain couvert de gazon au centre duquel une maison - tout ce qu’on pouvait considérer de plus normal - s’élevait sur deux étages. Il lui avait tout d’abord semblé entrevoir des silhouettes derrière certaines fenêtres du premier étage puis très rapidement des éclats de voix aux intonations tantôt aiguës tantôt graves. Sho avait eu l’impression que ces voix appartenaient à des gens vraisemblablement heureux, sans vraiment pouvoir se l’expliquer. D’autant plus qu’il se trouvait beaucoup trop loin d’eux pour distinguer un seul mot de ce qu’ils se disaient.

Quand soudainement, un pan du second étage avait été soufflé par une déflagration contenue. Un nuage de planches de bois et d’objets divers et variés avait été projeté dans les airs avant de retomber au beau milieu de la pelouse. Sho s’était déplacé sur le côté, simplement persuadé que rien de grave n’était arrivé. Au cœur du trou béant qui habitait une partie du second étage de la maison, il avait distingué deux silhouettes de taille adulte, un homme et une femme. Puis la porte de la maison s’était ouverte à la volée sur des rires d’enfants, mais Sho n’avait pas eu le temps d’en voir sortir quoi que ce soit que les ténèbres avaient regagnés le monde.


Le vent avait cessé de souffler. Sho n’entendait plus les fondations craquer. Le corps d’Aishuu était toujours là, contre lui. Il lui semblait qu’elle était allongée sur lui et que son cœur battait plus vite qu’au cours de la nuit. Elle était réveillée. Sho anima sa main et la sentit glisser sur la chute de reins de son amante. Il planta tendrement ses doigts dans sa chair et rouvrit les yeux.

Le visage d’Aishuu lui apparut. Ses yeux d’améthystes d’abord qui fixaient les siens. Puis le fin sourire qui anima son visage.

Aishuu – Bonjour

Sho sourit et glissa une main le long de sa mâchoire comme pour s’assurer qu’elle était bel et bien là.

Sho – Bonjour

Les deux âmes se regardèrent longuement, comme si une conversation muette s’opérait entre leur regard. Leurs respirations se calèrent naturellement l’une sur l’autre puis leurs doigts s’animèrent au travers de simples caresses.

L’instant était unique. Sho se sentait en paix avec lui-même, en paix avec ses idées et avec l’âme dont il fixait l’incroyable regard. Irrésistiblement attiré par elle, il se redressa sur ses bras et scella ses lèvres contre celles d’Aishuu. Leur baiser le coupa de la réalité. Il en oublia momentanément la notion du temps qui passe, absorbé qu’il était par la douceur de ses lèvres. Il était si absorbé en vérité qu’il en ouvrit brusquement les yeux lorsque trois coups retentirent contre la porte de la chambre. Il échangea un regard amusé avec Aishuu, comme s’ils avaient devinés en même temps l’identité de la personne qui venait de faire éclater leur petite bulle de chaleur.

Sho – Il ne nous laissera donc aucun moment de répit.

Ce matin là, un vieil homme toquait à la porte d’un couple qui, il le savait, entrerait un jour dans la légende.

MessageSujet: Re: [Yuki] Deux Sceaux ne font pas un Sot   Jeu 3 Mar - 22:23

Un méandre de sensations venait délicatement s’éprendre du corps de la Blanche, enrobant sa peau, succombant à ses formes douces. La douceur des drapés qui maintenaient un dernier rempart de pudeur sur la jeune femme, le tissu venant épouser ses contours comme une seconde peau. La mollesse du matelas lui permettait de se sentir bien, allongée comme elle était, et quelque soit sa position. Cependant, dans cette alchimie de banalité, un met plus subtile s’établissait en silence, dans une chaleur qui se détachait par moment d’elle pour n’en revenir que plus près encore d’elle. Elle croyait la rêver, l’imaginer dans ses grandes lignes, cette proximité chaleureuse que leur corps laissait s’opérer, comme répondant à un appel d’une même voix. Il n’y avait aucun bruit durant cette douce nuit, du moins, il n’en existait qu’un seul, les battements de leur cœur ne se faisant que selon le cœur de l’autre, s’harmonisant, s’accordant pour jouer une musique unique, une mélopée d’une rare sérénité… Sa main était venue chercher la sienne pour l’étreindre dans cette intimité qui était la leur…

Cela faisait longtemps que la saltimbanque n’avait senti le réconfort d’un rêve accompagné sa nuit la plus douce. L’espace d’une nuit, elle avait cru envisager tout un avenir, quelque chose de réel qui allait au-delà de ses idéaux utopistes. Aishuu avait rêvé des bras du juunin qui la serrait contre lui, de son contact chaleureux, ainsi que sa présence, elle l’accompagnait agréablement, comme pour lui créer un cocon de protection. Son sourire vint illuminer son visage, même durant son sommeil, tant cette sensation lui était profitable. Elle serra sa main sur la sienne, abandonnant un fin soupir de joie, tandis que sa tête vint se placer juste en face de celle de Sho.

La nuit était si douce…

Se sentant observée, ma Blanche souleva lentement ses paupières, dévoilant l’améthyste de son regard sur le doux visage de l’homme qui avait passé la nuit avec elle. Son regard dévalait les formes de son ovale, son sourire s’élevait au gré de ses découvertes… Alors qu’elle détaillait ses paupières closes, ces dernières se soulevèrent pour laisser entrevoir ses yeux d’ambre…


[Aishuu] : « Bonjour. »

Sa voix vint s’élever délicatement, comme un pétale venait caresser la surface de l’eau. Elle vit alors sa main glisser le long de sa mâchoire, ce qui abaissèrent presque automatiquement ses paupières pour suinter un soupir doux… A son tour, elle vint déposer ses doigts d’ivoire sur le contour de sa joue, et lui sourit.

[Sho] : « Bonjour. »

Cet instant sembla durer une éternité, elle savourait sa vue comme un délice sulfureux, mordillant sa lèvre sous l’ivoire de ses dents, afin de retenir ses quelques ardeurs. Elle était si bien, si agréablement animée par son contact… Ses lèvres cherchèrent à venir à se poser sur les siennes, mais trois coups vinrent briser les rêves de la Blanche. Elle soupira, en lançant un regard complice à l’intention du ninja, lorsque celui-ci laissa filer entre ses lèvres…

[Sho] : « Il ne nous laissera donc aucun moment de répit. »

La Blanche soupira, apposant ses lèvres sur les siennes, avant de lentement soulever les draps pour laisser ses jambes pendre au dessus sol. Elle attrapa le voile de tissu et vint le poser sur ses épaules avant de se relever.

[Aishuu] : « Il s’inquiète peut-être parce qu’il ne te trouve pas. »

Un fin sourire va relever le timbre calme de sa voix. Elle se releva, étendant ses jambes avant d’étirer le reste de son corps. La Blancheur de son corps se laissait distraire par le soleil, jouant avec les pâles rayons du soleil qui s’infiltraient. Cette journée avait tout pour être belle, à commencer par un magnifique réveil et d’un temps qui se montrait radieux. Dommage qu’ils soient condamnés à rester dans le temple jusqu’à la fin de leur enseignement. Le regard d’Aishuu se déposa sur la silhouette de Sho avec une étincelle rêveuse, quand à nouveau, trois coups s’établirent sèchement sur la porte avec insistance.

[Ankisuru] : « Prenez votre temps et j’entre, vous allez voir, je n’ai aucune pudeur ! »

La Blanche se mit à rire, et se dirigeant vers la porte, lança un regard plein de malice à l’attention de son compagnon de nuit.

[Aishuu] : « Entrez donc ! Je n’ai rien à cacher ! »

[Ankisuru] : « Pas même un rouquin sous l’oreiller ? »

L’Améthyste retourna vers l’endroit où trônait toujours, comme avec une pointe de flemme, le ninja sous les draps. Elle s’assit au bord du lit de son côté, et attrapa entre ses doigts une des ses mèches enflammées… Son sourire ne désemplissait pas.

[Aishuu] : « Je croyais que les shinobi étaient pires que des hommes invisibles lorsqu’il s’agissait de les trouver… »

Elle lâcha délicatement les cheveux fins aux pointes colorées, déposant ses doigts le long de sa joue avant de laisser mourir ses lèvres sur les siennes. Au fond, qu’il soit piètre ninja, ça lui convenait bien mieux que de l’imaginer puissant et reconnu, et aussi traqué. Son expression sereine apaisait ses pensées, alors que l’ordinaire aurait souhaité l’inverse. Elle se sentait bien entourée lorsqu’elle était entre ses bras, elle n’avait nulle raison de s’inquiéter. Alors que ses doigts caressaient les découpes de sa mâchoire, son autre main se saisit du bout des draps et, sans prévenir, la jeune femme tira avec force dans le but de les faire voler, alors qu’elle se relevait. Lui adressant un clin d’œil sournois, et conclue…

[Aishuu] : « Enfile ta tenue, si le maître est si enthousiaste, c’est qu’il doit bien y avoir quelque chose d’étrange pour nous ! »

Sans dire un mot, et pourtant un doux sourire sur le coin de ses lèvres, Sho tendit sa main pour attraper celle de la Fantôme. La chaleur de ses doigts entrant en contact avec les siens réveilla en elle un frisson langoureux parcourant son échine. Son sourire vint répondre au sien, tandis qu’elle se rapprochait du ninja pour venir se blottir dans ses bras. Il y avait une chaleur qui n’existait qu’ici, contre le torse puissant de l’homme. Aishuu s’y sentait bien, incroyablement protégée, comme si plus rien ne pouvait les séparer. Et s’ils étaient nés l’un pour l’autre ?

Les bras puissants du ninja se serrèrent autour de ses épaules, et elle sentit son torse réchauffer son dos. Un fin soupir d’aise s’enfuit de ses lèvres, alors qu’elle enlaçait ses doigts entre les siens. C’était un moment d’une magie rare durant laquelle leurs soufflent s’emmêlaient et leur cœur battait d’une même pulsation. La scène, d’une rare tendresse, ne témoignait pour eux qu’un instant parmi leur éternité de vie liée. L’Améthyste aurait laissé son cœur se rompre en espérant accélérer le temps d’attente qui l’avait séparé de ces délicats parfums. Malheureusement, le jeune couple n’était pas seul…

Ankisuru vint à nouveau taper à la porte de la chambre.

Intriguée par un nouveau pressentiment, la jeune femme tourna la tête vers son compagnon, voyant sur ses lèvres s’étirer son sourire dans un soupçon de malice. La serrant davantage contre lui, il attrapa les draps et il s’enveloppa, ainsi que la saltimbanque, dans ses méandres de soie et de douceur. Il se leva lentement, avec Aishuu contre lui, et se dirigea vers la porte pour accueillir le vieil homme. Cela sentait bon la provocation… Alors que la musicienne tenait fermés sur eux les drapés, Sho souleva sa main pour la poser sur le bois du cadre de la porte et la faire lentement coulisser. Le maître calligraphe se trouvait encore là, prêt à frapper de nouveau en râlant.

L’amant sentit comme une envie de vengeance s’imposer de la part du ninja…

[Sho] : « Vous devriez mettre de quoi signaler « ne pas déranger » à l’entrée des chambres de vos pensionnaires. »

La voix légèrement amusée du shinobi extorqua un petit rire fin de la part de la jeune femme, alors qu’en face d’eux, le sourcil froncé, Ankisuru les fixait avec un air grave. Le petit homme, recourbé vers le sol, leva alors son index pour enfoncer ses lunettes sur son nez.

[Ankisuru] : « Votre sens de l’humour me fait sensiblement rire, puisque vous le prenez ainsi, je vais changer l’exercice. Cependant, j’avoue avoir tout écouté l’oreille contre la porte ! Il faut que je vérifie votre compatibilité ! Huhu ! »

Le visage d’Aishuu s’assombrit, alors que le vieil homme se retirait en sifflotant. Elle n’eut d’ailleurs pas le temps de grogner…

[Ankisuru] : « Vous avez deux minutes, sans quoi, je brûle chaque parcelle de tissus dans cette chambre. »

La Blanche referma aussitôt le rabat coulissant de la porte, avant de se retourner vers Sho, appuyant son index sur son torse avec fermeté.

[Aishuu] : « C’est malin ! Si maintenant tu te mets à le provoquer, on va vraiment avoir du mal à pousser l’enseignement. »

Elle quitta alors les draps, lâchant la pression de ses doigts qui les tenaient, pour se diriger vers le petit meuble sur qui se reposait ses vêtements. Ses mains fouillèrent sa sacoche pour en sortir de longues bandes médicales. Elle déposa son autre main sur l’extrémité des bandages qui s’enroulaient sous sa poitrine pour cacher le début de sa maladie… Elle chercha un moyen de cacher à la vue du médecin ses marques, retirant lentement ce garde-fou. Aishuu ne laissa guère le temps à l’homme de venir voir, puisqu’à peine la bande fut-elle retirée qu’elle avait déjà commencer à nouer la seconde. Elle serrait fort pour ne pas avoir à y revenir plus tard, alors qu’elle cherchait un moyen de cacher l’ancienne déjà souillée de plusieurs taches de sang. D’un seul geste, elle plaça la bande usée dans sa sacoche pour en attraper une nouvelle, cette fois destinée à soutenir sa poitrine. C’était un rituel familier de la plupart des femmes qui se battaient, les kimono n’étant pas forcément les mieux adaptés. Sans ajouter le moindre mot, elle éleva lentement les tissus de sa tenue pour les revêtir un à un avec minutie, ne se souciant plus de Sho pour le moment, tant la préoccupation de ses plaies la perturbait… Il y avait plus de sang que d’habitude.

La saltimbanque, une fois habillée se tourna vers Sho, et s’approcha de lui, suffisamment près pour sentir son corps battre sur sa poitrine, sa main parcourant sa joue avant de l’embrasser. Elle lui ajouta un petit clin d’œil pour confirmer son intention, et conclu simplement…

[Aishuu] : « Allez, dépêche-toi, autant y aller ensemble maintenant. »

Une fois de plus, trois coups vinrent crépiter contre la porte, mais cette fois, beaucoup plus apaisés. Aishuu s’avança en soupirant, forcée de quitter l’homme quelques instants et, lorsqu’elle ouvrit, alors qu’elle voulut râler, elle fut étonnée, sursautant presque…

[Aishuu] : « Qui… »

Un jeune homme aux cheveux d’un bleu océan se trouvait là, le regard froid et hautain se déposant sur les contours de la femme qui lui faisait face. Il était grand, du moins, par rapport à elle car il devait être de même corpulence que le shinobi à la chevelure de braise.




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MessageSujet: Re: [Yuki] Deux Sceaux ne font pas un Sot   Jeu 17 Mar - 18:16


Aishuu – C’est malin ! Si maintenant tu te mets à le provoquer, on va vraiment avoir du mal à pousser l’enseignement.

Un fin sourire anima le visage du ninja. Il ne pouvait nier le plaisir qu’il prenait à remettre Ankisuru à sa place quand l’opportunité se présentait. Plus qu’un plaisir, Sho considérait ça comme une nécessité. Celle de rappeler au vieil homme que si le respect existait entre eux, celui-ci devait toujours être réciproque dans une certaine mesure. Sho ne croyait pas Ankisuru capable de lui manquer concrètement de respect – bien qu’il affichait un aplomb à toute épreuve – mais il s’efforçait de lui rappeler que même si le rapport maître à élève existait, aucun d’eux ne devait oublier la force de l’autre. Et puis, après toutes ces interruptions – que Sho soupçonnait d’être mûrement voulues – il fallait avouer que ces petites chamailleries improvisées étaient de bonne guerre et plutôt amusantes.

Sho observa Aishuu du coin de l’œil et tourna la tête, aussitôt après l’avoir vu saisir ses effets personnels. Il était difficile d’expliquer un tel comportement de sa part. Il venait de passer une nuit complète blottit contre elle, et pourtant cette notion de pudeur subsistait toujours. Sentir la chaleur de son corps nu était une chose, le regarder à la lumière du jour en était une autre. Pour le second, Sho préférait laver Aishuu de tous regards, même si les siens n’avaient rien de mal placés. Il pensait simplement que leur intimité était encore très neuve et que certains réflexes mettraient un certain temps à disparaître. Dans un silence que seuls des froissements venaient interrompre, Sho se vira vers le pied de lit et y saisit les vêtements qu’il avait abandonnée la veille au soir. Son hakama puis son kimono, ainsi que sa ceinture de lin dont il se servit pour nouer solidement le tout à sa taille, rien ne fut oublié. Sa main droite repassa les ondulations du tissu puis son regard d’ambre s’éleva à nouveau vers Aishuu, après avoir remarqué l’ombre grandissante de sa silhouette. Un baiser, un doux baiser, témoin du puissant sentiment qui était né entre eux au cours des dernières quarante huit heures. C’est tout ce qui combla cet instant.

Trois nouveaux coups retentirent et la bulle éclata. Aishuu se rua vers la porte, prête à étriper Ankisuru, mais ce qu’elle y trouva ne ressemblait en rien au vieil homme que Sho s’était amusé à surnommer « vieux singe ». L’homme en question était beaucoup plus jeune – Sho n’aurait su dire s’il avait le même age que lui ou s’il était proche de la trentaine. Il arborait une chevelure hérissée d’un bleu insaisissable tant il paressait improbable. Ses yeux étaient peint du même alliage, mais exprimait une suffisance qui intrigua le ninja, plus qu’elle ne l’inquiéta. L’homme qui se tenait devant eux était puissant, et quelque chose, l’instinct peut-être ou la drôle d’aura qui se dégageait de lui, laissait penser qu’il était ouvert aux arts ninja. Dans quelle mesure ? Sho ne s’en importait pas pour le moment. Une seule interrogation martelait son esprit : que voulait-il ?

Les coussins de ses pieds étouffant le bruit de ses pas, il s’approcha de la porte et croisa le regard de l’inconnu. A ne pas en douter, cet homme était réellement puissant.

Sho – Que voulez-vous ?

Le silence absolu pour réponse. Sho réitéra sa question.

Sho – Que voulez-vous ?

L’homme avait à peine percé son regard avant d’abaisser les yeux en gardant ses lèvres scellées. Sho avait remarqué l’intérêt qu’il avait porté aux mouvements de ses lèvres. Tout dans l’allure, le comportement, les regards de cet homme, laissait entendre qu’il était sourd et la réalité s’imposa d’autant plus violemment à Sho qu’il en était venu à se demander s’il ne se moquait pas de lui pour ne pas répondre directement à sa question.

Nigawarai – Suivez-moi.

Il y avait dans ces deux mots quelque chose d’autoritaire, mais de contenu ; comme un ordre qu’on aurait dissimulé sous une couche de bienséance. Sho n’était pas du genre à s’étonner d’un tel comportement. Il avait passé son adolescence auprès d’une kunoichi froide comme la mort, qui ne lui avait offert de sourire que lorsqu’il avait réussi à lui faire plier un genou à terre. Il n’était pas non plus du genre à chercher les ennuis pour si peu. Il se méfiait tout au plus, ce n’était déjà pas si mal. Nigawarai, qui se sentait à même de les mener par le bout du nez en piquant brutalement leur curiosité, n’attendit pas la moindre réponse de leur part pour rebrousser chemin. Il les toisa seulement de ses yeux océan et les laissa planter là, sans plus de considération. Curieux, Sho fit un pas dans le couloir et le regarda disparaître à l’intérieur de la pièce dans laquelle lui et Aishuu s’étaient exercés à la calligraphie, la veille.

Sho – Notre ami semble amateur de calligraphie.

Un amateur qui en cachait un autre, bien que ni Sho ni Aishuu ne le soupçonna encore. Sho tourna à peine la tête pour regarder sa compagne en coin. Elle se trouvait encore à l’intérieur de sa chambre. Sans un mot, à peine portée par le bruissement de ses habits, il retourna auprès d’elle et glissa un bras autour de sa taille. Ses lèvres s’arrêtèrent à l’orée de son oreille et un doux murmure s’en échappa.

Sho – Quelque chose me dit qu’on nous réserve une surprise de taille, et qu’il serait malvenu de la refuser. Ankisuru nous a montré qu’il aimait jouer, alors prêtons-nous à son jeu.

Sho n’avait alors pas la moindre idée de ce qui l’attendait ; et il était fort probable que s’il l’avait su à l’avance, jamais il ne lui serait venu à l’idée de suivre Nigawarai sur son terrain. Ankisuru était un vieil homme habile qui savait tourner une grande majorité de situations à son avantage. La sagesse n’avait pas grand chose à voir avec ça, pas plus que l’expérience. Ankisuru était intelligent, beaucoup plus intelligent et perfide qu’il ne voulait bien le montrer. Nigawarai était le pion de son nouveau jeu. Un pion d’une très grande valeur comme nos deux protagonistes s’apprêtaient à le découvrir. Le début de leur séjour n’étant au final qu’une vaste mise en scène voulue par Ankisuru afin de les tester. Recevoir l’apprentissage d’un tel homme n’était pas quelque chose qui s’obtenait gratuitement. Le vieux singe, comme s’amusait à le surnommer Sho, voulait tirer le meilleur de chacun de ses élèves, atteindre jusqu’à l’essence de leur âme, et ainsi se confronter à leur nature profonde. Ce n’était qu’au terme de ce long processus ; en réalité plus ou moins long selon les individus ; qu’Ankisuru décidait d’enseigner les secrets en sa possession aux plus dignes, mais surtout au plus méritants. Le mérite était une valeur qui se perdait par les temps qui courent, comme l’éclat poussiéreux d’un glorieux passé où la moral d’un homme valait beaucoup plus que la portée de son bras. Ankisuru était résolument un homme de ce passé.

A l’approche de la pièce, Sho et Aishuu entendirent résonner les voix d’Ankisuru et Nigawarai sans réussir à déterminer clairement le discours de chacun. A leur entrée en scène, les deux hommes cessèrent de parler. Le regard du kuméen oscilla entre les trois intervenants ; car il en existait bien un troisième, ou pour être tout à fait exact, une troisième. A ceci près qu’elle était une femme, et qu’elle possédait des cheveux beaucoup plus longs, Sho crut reconnaître en elle la parfaite réplique de Nigawarai. La couleur bleu intense de ses yeux, de ses cheveux, le même visage inexpressif, la même posture, droite, la même prestance, appuyée, les ressemblances étaient nombreuses. Si nombreuses qu’on ne pouvait les dissocier autrement qu’à leur sexe.

Sho s’arrêta et reporta son attention sur Ankisuru. Le vieil homme était assit en tailleur près des bacs de sable. Un fin sourire anima son visage narquois.

Ankisuru – Et voilà notre illettré de service.

Sho ne releva pas la remarque et se contenta de sourire dans un premier temps. Et de répliquer dans un second.

Sho – Grand-père, faites attention, vous êtes trop gourmand en compliments ces temps-ci.

Ankisuru – L’humour shinobi me surprendra toujours. Je suppose que vos académies doivent vous en apprendre énormément à ce sujet ?

Sho – Ne soyez pas cynique, vous savez bien que « nos » académies ne servent principalement qu’à ça.

La perfidie d’Ankisuru étincela à la lumière du jour lorsque son rire s’estompa.

Ankisuru – Très bien, vraiment très bien. Mettons à l’épreuve la fierté les maîtres autoproclamés du chakra si tu le veux bien ?

Sho – Et si je ne le veux pas ?

Ankisuru – Aucune importance. Je suis sûr que Shiro t’entraînera une fois de plus. Tes sentiments pour elle t’empêcheraient d’agir autrement.

Sho abaissa les yeux. Être mis à nu de cette manière devant de parfaits inconnus avait quelque chose de profondément rageant. Mais comme il était de nature à privilégier le calme à l’emportement, il refréna son désir d’inonder ce pauvre fou d’Ankisuru de paroles mal placées.

Ankisuru – Nigawarai, Azane, prenez place. Shiro, Sho..

Il désigna les deux bacs de sable devant lesquels le couple s’était exercé.

Sho – A quoi jouez-vous ?

Ankisuru – Ça ne se voit pas ? A te ridiculiser.
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