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 [Terminée] Sainan Aisu

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MessageSujet: [Terminée] Sainan Aisu   Mer 13 Juin - 2:52

Sainan Aisu

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Citation :
Nom : Aisu

Prénom : Sainan

Âge : 20

Village : Kiri no Sato

Affinité : Suiton

Grade Envisagé : Chuunin

Kekkai Genkai Souhaitée : Aisu

Comment avez vous connu Ryoma?
Joueur par le passé.

Techniques gratuites choisies : Maîtrise du Ninjutsu, Hydrolyse & Suisouzou - Création d'Eau


Dernière édition par Sainan Aisu le Ven 27 Juil - 15:27, édité 6 fois

MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Mer 13 Juin - 15:44

Chapitre 1. Origines

« Les yeux tournés vers la Lune, le cœur rythmé par l’écume,
L’élu des Eaux s’éveille, enfant des marées, des fleuves,
Jusqu’à ce qu’au jour céleste, où, cueilli par les brumes,
Son âme s’éteigne en paix, et les astres s’en abreuvent. »

Écrits runiques

Hiroku Nezuyoi était un Shinobi, un homme opiniâtre et dévoué à sa cause, qui avait durement œuvré en efforts pour parvenir à se hisser vers les hautes sphères des effectifs Kirijin. Orphelin, il avait dans sa jeunesse trouvé accueil et famille dans l’entreprise de construction du Village Caché de la Brume. Cela ne faisait que quelques années, précédant la naissance de son fils, que Hiroku Nezuyoi s’était épris de celle qui fut la mère de Sainan, et qu’il tendait à modérer quelque peu son engagement et son investissement.
La belle Hanabira Aisu, était héritière du don des Eaux, elle-même élue des flots, bien que n’ayant jamais vraiment cherché à s’en servir par la suite pour porter la gloire de Kiri. Petite fille, celle que l’on surnommait aujourd’hui Hana’ avait fait partie des quelques enfants des Eaux ayant perçu l’aura du pylône de glace invoqué par Shinobu Aisu. Encore très jeune et très peu éveillée à son don, elle avait suivi instinctivement la direction de Kiri en y ressentant l’appel. Ainsi, elle fut recueillie par Shinobu. Hanabira Aisu était une femme douce et fragile, très peu encline à l’adversité. Mais son amour était grand.

Jadis, la volonté de Shinobu fut surtout de rassembler autour de lui les héritiers des Flots, pour purger à terme sa culpabilité, celle d'avoir été la cause d'un schisme en raison de sa trop grande soif de connaissance. Ce qui animait alors le Mizukage fut le bonheur de reconstruire sa lignée, d’être le protecteur de ceux qui feraient sa descendance. Pour cela, il laissa tout naturellement son nom de famille à ceux qu'il avait recueilli sous son aile.
Hanabira ne manifesta jamais l’envie d’user de son don pour nuire ou combattre. Ainsi, elle éveilla elle-même très lentement ses capacités, avec parcimonie et patience. Ce qui faisait battre son cœur, était le simple bonheur de fonder une famille, de transmettre, d’être un lien charnel et spirituel. Passant le plus clair de son temps à réfléchir et à apprendre calmement, la belle Aisu devint au fil des années l’une des meilleures calligraphes du clan Aisu de la Brume, et se distingua alors des autres membres par son érudition, et non plus par ses faits d’armes. Ce fut pour elle une très grande satisfaction, car elle put alors pleinement trouver sa place au sein des Aisu, et se sentir utile à son épanouissement nouveau.

Lorsque Hiroki et Hanabira unirent leurs regards pour la première fois, ils scellèrent leur amour. Chacun pouvait lire en l’autre l’équilibre parfait dont il avait besoin pour forger un heureux destin. Ils se fréquentèrent quelques mois avant d’officialiser leur flamme. Naturellement, personne ne s’y opposa. Les Aisu savaient que le mélange des sangs n’avaient jamais été un frein à l’éveil du don pour les générations ultérieures. Leur union fut sacralisée, et ne tarda pas à arriver la nouvelle d’un heureux événement. L’enfant que portait Hanabira serait le premier fils à naître au sein du tout jeune Clan Aisu de Kiri. Son destin se révéla au cours des mois et des semaines, sa mère scruta longuement les étoiles pour y déchiffrer la volonté des astres.

Les cieux étoilés l’avaient prédit. Et ils seraient le berceau de l’enfant, l’accueillant à son enveloppe charnelle du haut de leur voile nocturne, parsemé de paillettes. Ainsi donc ce serait un fils, et l’un des élus des Orochi. Car telle était la volonté des Eaux.
Chacun des êtres du Miroir astral avait été choisi, et reviendrait un jour à son créateur, dans la quiétude de l’âme la plus parfaite. Le destin les vouait à un grand pouvoir et un grand combat de l’esprit. La puissance et l’amour du savoir, animés par la volition des créateurs célestes, tant détachés de la petitesse humaine, se devrait d’être vécue avec amour et sagesse ou corromprait un jour l’essence mortelle vers de funestes présages. Car telle était toujours la volonté des Eaux.

Sainan naquit alors, il y a vingt années un soir de pleine Lune, au cœur d’une clairière méconnue, très proche du Village Caché de Kiri. Issu de la lignée encore courte de l’illustre Shinobu, c’est à la lueur de la gloire des Aisu qu’il arpenta pour la première fois le chemin sinueux de la vie, innocent, ignorant complètement la guerre fratricide qui enterrerait un jour l'Histoire du Clan. Il débuta ses premiers jours dans l’ombre la plus totale. La fonction éminente de Shinobu et le mystère qui pesait sur ses disciples recueillis poussaient à la méfiance. Protégé et dissimulé pendant un temps, le petit Sainan, premier descendant d’une appelée de Shinobu, s’éveillait à l’existence. Destiné par les Eaux à hériter du don de sa mère, l'on choisit de lui attribuer le patronyme Aisu.


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MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Dim 17 Juin - 2:35

Chapitre 2. Aux reflets de la Lune


« Plongeant en l’abysse du Crépuscule des songes,
L’être de Lune défie, nu, le dédale infini.
Arpenteur des galeries de miroir qu’il longe,
Contemple en ses reflets ce que jamais n’oublie. »
Écrits runiques


L’horizon s’était enveloppé d’un léger voile immaculé, dont la clarté s’estompait parfois au gré des quelques clairières visibles. Au loin, l’immensité des Océans rompaient de leur azur la couverture de flocon, qui culminait au-dessus des canopées du Pays. Le temps semblait figé, comme si l’Hiver gelait tant l’eau que les secondes. Le spectacle était beau, et se parait d’infini. Tel un hypocrite à la douce silhouette, il laissait à rêver de son éternité, pourtant conscient qu’aux premiers éveils du printemps il ne serait plus qu’un passé sublime. Certes sublime, mais fatalement passé.

En contrebas, tout avait l’air petit, insignifiant. Les hauteurs vertigineuses offraient souvent à qui s’efforçaient de les gravir le tableau des plus douces pensées oniriques. Et lentement le soleil levant, aux chaleurs encore trop affaiblies pour faire pâlir davantage l’Hiver qu’il ne l’était déjà, servait la cause de sa saison rivale, malgré lui, éclairant bientôt les neiges de mille éclats de lumière. La brise glaciale soufflait quelques bourrasques qui emportaient ci et là quelques nuages de flocons dans leur sillage.

Telle était l’osmose des cimes du Mont Tenkei. De ses grandeurs il dominait les grandes forêts entourant Kiri, Roi sans gloire, en terre sans commune mesure. Il comblait sans doute son éternelle solitude en proposant aux âmes qui daignaient monter jusqu’à lui le panorama le plus paradisiaque de la région. C’était justement pour cette faveur que le petit Sainan s’était isolé tôt ce matin, parti en quête de la montagne. Ayant contemplé la Lune toute la nuit durant, il avait espéré secrètement pouvoir l’effleurer de sa main blanche, tout là haut.

Un oisillon passa juste devant son regard, jusqu’alors immobilisé entre le temps et l’espace. Jamais de sa courte vie il n’avait pu voir pareille beauté. Tout autour de lui l’émerveillait, comme si la nature ne savait tailler que dans le rocher des perfections, créant inexorablement le sublime à chacune de ses œuvres. Même l’usure du temps, pourtant fatale à la vie, paraissait enrober tout qu’elle avait altéré de la grâce de ses coups. Le petit animal, semblant battre difficilement des ailes, se posa aux pieds du garçon. Les deux êtres se regardèrent, des yeux de l’innocence.

Sainan observa son compagnon de fortune. Lui aussi s’était hissé de ses courtes ailes, lui aussi avait surement été mu d’un instinct inexplicable. Le petit Aisu resta calme, apaisé et chaleureux. Très doucement, il prit entre ses mains menues le petit être de plumes, et le posa contre sa poitrine encore enfantine, au creux de son kimono bleuté, pour réchauffer l’oiseau près de son cœur. Puis il pensa.

Levant une dernière fois les yeux vers la Lune, savourant ses contours crémeux et sa silhouette féminine, le garçon sentit les émotions le saisir. Il ne pouvait plus contenir sa tristesse. Il avait souhaité atteindre celle qui illuminait les nuits, lui dire combien lui et les siens l’aimaient et se laissaient guider par ses reflets, mais il ne put. Elle était toujours bien trop haute, et lui était toujours bien trop petit. Il trembla, tenta de s’apaiser, il trembla davantage. Son visage s’enveloppa de souffrance, et une larme coula le long de sa joue. La petite goutte d’eau dévala sa peau, et creusa d’un trou minuscule la neige sur le sol. Sainan regarda la Lune, malheureux, et celle-ci entendit sa peine.

Il ne se sentait plus être, n’entendait plus son cœur battre, ni son corps caressé par le vent. De là où il était s’étendait un parterre de glace dont on ne voyait pas la fin. Sainan n’osa pas bouger pendant plusieurs instants, émerveillé par ce qu’il voyait. Puis, s’osant à tourner la tête vers la droite, il put y voir un miroir, un miroir des plus parfaits, duquel transparaissait l’exactitude de ses traits enfantins. Tournant frénétiquement le visage vers le sol, il tâta du même coup de son petit pied le sol gelé, et vit qu’il n’y glissait pas. Lentement, il entama sa marche. A chacune de ses foulées, quelque chose en lui s’accroissait, une sensation d’une vivacité inexplicable et qu’il n’avait encore jamais vécue. Arpentant le corridor de glaces sans pour autant savoir ce qu’il trouverait à l’aboutissant, il pouvait s’observer. Ses pupilles s’illuminaient d’une lueur bleutée vivace, ses sens s’éveillaient. Tout sembla se dérouler en dehors des notions du Temps.

Mais sans qu’il ne sache pourquoi, Sainan n’eut plus peur. Il se sentait béat, élu de cet univers de rêves qu’il pouvait pourtant bien sentir autour de lui. Sa mère lui avait parfois conté certaines histoires ancestrales sur les Orochi et le don de leur famille. Elle lui avait révélé qu’ils étaient les fils et filles des étoiles, et qu’un jour lui aussi recevrait leur bénédiction. Heureux alors d’être perdu au cœur de la Galerie des Miroirs, il put enfin en voir le bout.

Avançant jusqu’à la dernière des glaces, le Mont Tenkei se substitua à sa silhouette. Puis au sommet du trône de neige il put de nouveau se voir, tel qu’il était il y a encore quelques instants éternels, assis, observant la Lune. Il n’eut pas besoin de penser, son jeune esprit comprit. Se retournant une dernière fois, comme pour quitter son passé avec nostalgie, le petit homme passa le miroir, et sentit son humanité renaître.

La Lune disparut, son éclat scintillait maintenant en l’âme du jeune Aisu.



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MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Mer 25 Juil - 5:42

Chapitre 3. Symbelmynë


« Quiconque pleure un défunt se tourne vers le Ciel,
Du halo des âmes éternelles scintillent les étoiles ;
Que s’estompe son chagrin et tombe son funèbre voile,
Au Royaume des Astres, les ancêtres à jamais veillent. »
Écrits runiques


Tous se ruaient avec panique dans la maison de la belle Hanabira. Les deux Shinobi du Clan des Glaces qui l’avaient amenée en ce qui serait sa dernière demeure luttaient encore, presque aux poings, avec quelques Ninjas en garde à Kiri. Ces derniers insistaient, criaient. Il fallait la conduire la plus vite possible à l’Hôpital, sinon elle mourrait. Mais tout le monde ici savait, cela ne faisait aucun doute. A travers les vitres des quelques fenêtres, l’on pouvait voir que les flocons commençaient leur chute légère, pour venir cueillir une nouvelle âme avec grâce.

Depuis maintenant deux ans, Sainan exerçait ses arts Hyuuton en servant les rangs Genin du Village Caché de la Brume. Sa carrière tout juste entamée, il pratiquait encore les tâches les plus basiques, agrémentées de temps à autres de quelques missions qui, bien que tout à fait ordinaires, avaient une saveur toute particulière au regard des contrats quotidiens. Le jeune Aisu était une recrue prometteuse, il était travailleur et passionné. On lui reprochait cependant souvent son penchant un peu trop prononcé pour l’isolement.

Le petit garçon solitaire se tenait là, stoïque, perdu entre incompréhension déconcertante et tristesse indescriptible. Le choc est l’inconnu retenaient des larmes pourtant pressées de sortir de leurs prisons oculaires. Tandis que son Père parlait au chevet de sa douce et tendre, Sainan observait, sans vraiment avoir conscience de tout, l’agonie de sa Mère. Son petit corps musclé par les entraînements tremblait, la chair de poule parcourait sa peau. Malgré sa volonté, son regard de déporta sur la blessure ouverte de sa Mère, déchirure béante dans l’abdomen, ce qui lui glaça l’échine et l’empêcha d’oser quoi que ce soit. Pendant ce temps autour de lui, tous pleuraient et priaient les étoiles en cœur.

Sur son lit de mort, sa mère garda ses dernières forces pour son fils aîné. Tournant la tête avec une difficulté touchante, ses yeux illuminés d’une ultime lueur bleutée percèrent ceux du garçon, jusqu’à ce que lentement ils s’éteignent en accompagnant un dernier soupire. Hanabira Aisu, douce recueillie de Shinobu, venait de succomber. Quelques heures plus tôt, elle avait été victime d’une attaque sur un convoi, durant laquelle des Nukenin bien organisés l’avaient touché fatalement. Tout avait été rapide et brutal. L’esprit de Sainan fit abstraction du brouhaha de pleurs et de paroles qui l’entouraient, ne restaient plus que lui et le dernier visage de sa Mère. Il la fixait, hypnotisé dans une peine inexorable. Et dehors, il neigeait…

Tandis que le temps semblait se ralentir, les Aisu se ruèrent autour du corps inanimé de Hanabira. Lentement, l’esprit de Sainan fit abstraction des hurlements et des pleurs, pour ne plus se focaliser que sur le dernier regard de sa Mère, bientôt caché par la foule qui priait en sanglots. Une main puissante vint saisir le jeune garçon, celui-ci ne se débâtit pas. L’empoignant avec la fermeté de l’affection, on conduisit le garçon dans une pièce, à part, pour ne pas souffrir davantage du spectacle macabre.

Puis, plus rien. Les heures passèrent, durant lesquelles Sainan fixait le vide de ses yeux en peine. Tout était arrivé si vite qu’il n’avait eu le temps d’encaisser le choc, et maintenant il prenait conscience douloureusement de la réalité de l’évènement. Il fallait qu’il se rende à l’évidence, tel était le risque de la vie de Shinobi. Tel était le risque qu’il avait accepté de prendre en s’engageant lui aussi quelques années plus tôt. Le jeune homme se remémorait sa Mère, faisant un signe de tête négatif lorsque les larmes montaient. Il se devait de rester fort, même aujourd’hui. Et puis, brisant de leurs flots amers les dernières barrières morales de Sainan, les larmes finirent par couler sur ses joues blanches. Lui, tentait en vain de les retenir, le visage marqué par la colère, tandis qu’elles s’écoulaient, de plus en plus incontrôlables.

La porte de la pièce s’ouvrit en fracas, accompagné d’un homme qui reprenait son souffle après avoir enfin retrouvé Sainan.

[Membre du Clan] « Sainan, tu dois raisonner ton Père. Il veut venger Hanabira, et ne comprend pas que nous soyons en paix pour son âme. Tu le sais, il n’est pas un Aisu. Fais quelque chose ! »

Nul ne savait qui avaient été les auteurs du meurtre de sa Mère. Et nul ne le saurait surement. Les Nukenin avaient déjà surement pris la fuite vers d’autres contrées depuis longtemps. Si son Père venait à partir en quête de vengeance, cela signifierait une recherche longue et périlleuse, que Kiri ne pourrait jamais accepter. Hiroku était Shinobi des Brumes, il avait juré de servir en toutes circonstances, même dans les pires. Un tel départ n’aurait pas été cautionné par les autorités, et signifierait la marque de désertion lorsqu’elles l’apprendraient. Toute la douleur du moment reposait sur les épaules déjà ébranlées du petit Aisu. Lui, ne savait plus quoi faire.

Levant la tête, le visage fatigué et amoindri par la tristesse, il regarda quelques secondes son interlocuteur essoufflé. Ses yeux, encore dans l’innocence de l’âge, cherchaient une réponse sans pouvoir en trouver. Il ne connaissait que trop son Père, et savait que personne ne pourrait le retenir. C’est pour cette raison qu’il souffrait doublement maintenant. Comment garder en laisse un Homme à qui l’on a pris son cœur. Même un enfant ne le pourrait pas. Se levant, prenant la porte de sortie sans d’abord dire un mot, le petit garçon prit la direction de l’école où était gardée sa petite sœur. Alors qu’il marchait, il lui répondit sans pour autant se retourner, d’une voix faible et tremblotante. Il sanglotait.

[Sainan] « Il est trop tard.... Père est déjà parti. Son cœur n’est plus ici, ne reste que sa haine. Papa a accompagné maman vers les étoiles, comment pourrait-il en être autrement… »

L’homme l’appela par son nom plusieurs fois, et le garçon n’y répondit plus. Il savait qu’en ce jour son destin venait d’être scellé, que les Dieux avaient décidé que ses repères vacilleraient durablement. Essuyant les dernières larmes, sur son visage encore rougi par ses pleurs, il durcit son expression, comme pour faire fi de sa douleur. Au loin, dans un préau, les jeunes pousses des clans héréditaires de Kiri jouaient ensemble.
Sainan approchait, tandis que leurs rires et leurs cris joviaux se faisaient de plus en plus bruyants. Au bout de quelques minutes, le garçon atteignit la cour de récréation. Déjà Shinju courrait vers lui, les bras écartés, en criant le nom de son grand frère venu la chercher avec l’amour qu’il lui avait toujours porté. Sainan s’accroupit pour recevoir sa petite sœur dans ses bras, et la serra fort contre lui. Après lui avoir déposé un baiser sur le front, il la regarda, avec une force qu’il ne l’avait jusqu’alors jamais obligée à voir.

[Sainan] « Shinju, nous allons rentrer tous les deux. Maman est partie très loin, elle t’embrasse de tout son cœur. Et, Papa est parti la rejoindre car il l’aime beaucoup. Je m’occuperai de toi petite sœur. Allez, retournons à la maison… »

Donnant la main à sa cadette âgée de quatre ans, le jeune garçon devenait un homme. Il se devait de protéger Shinju à dater de ce jour, il s’en sentait le devoir. Rien ne servait de luter contre le destin. Ce qui devait arriver était arrivé, lui pouvait seulement se battre pour l’avenir de ce qui pouvait encore être épargné.

[Sainan] « On va aller dans une nouvelle maison Shinju, elle sera bien, tu verras. »

Sur le chemin du retour, les frère et sœur croisèrent leur Père, le visage absent de haine. Après les avoir vu, un intermède d’amour parcouru son élan vengeur, tandis que la nuit tombait. Hiroku courut vers ses enfants et leur donna un baiser. Il leur jura de revenir vite, mais Sainan savait que cela était faux. On ne survit pas seul au Mal que porte ce monde. Pendant plusieurs minutes, Hiroku leur jura son amour et sa tristesse infinie. Il tenta de leur expliquer son choix, leur assurant qu'il serait de retour dans quelques jours et qu'en attendant le Clan prendrait bien soin d'eux. Sainan ne répondit rien, une fois de plus. Il se contentait de regarder son Père pour fixer une dernière fois son visage dans sa mémoire, intimement certain qu'il ne le reverrait plus.

Jamais le frère n’obligea sa sœur à voir Hanabira sur son lit de mort. Jamais tous deux ne retournèrent dans leur ancienne demeure. Jamais leur Père ne revint depuis. Jamais plus Sainan ne serait un enfant. Il se devait de faire honneur plus que jamais à son nom, glaçant ses sentiments pour ne pas être faible.



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Dernière édition par Sainan Aisu le Ven 27 Juil - 0:30, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Jeu 26 Juil - 17:21

Chapitre 4. Œil de Givre


« Nul être de givre ne doit rechercher le combat,
Préférant la quiétude aux violences et fracas.
Mais qui provoque un jour le courroux des frimas
Scelle de son propre sang les cloches de son glas. »
Écrits runiques



L’atmosphère étant étouffante, plus inhospitalière que prévue. Les chaleurs d’été gonflaient les sous-bois marécageux du Pays de l’Eau d’une humidité écrasante, à l’intérieur de laquelle il était difficile de respirer et lourd de se mouvoir. Ci et là quelques insectes un peu plus gros que la moyenne grimpaient le long des troncs centenaires aux cimes touffues. Parfois, au détour d’un bosquet, l’on pouvait croiser quelques animaux farouches, toutefois assez censés pour ne pas s’attaquer à l’unité Kirijin en mission.

Tous les trois pataugeaient dans les boues désagréables et collantes, tandis que le dignitaire escorté depuis Kiri râlait. Il se plaignait déjà depuis plusieurs heures qu’on l’ait forcé à barouder au fond des forêts denses de Mizu no Kuni. Toutes les minutes, il accusait une tâche ou un enchevêtrement de ronces qui manquaient, ou non, de le faire trébucher. Mais il fallait se faire à son fracas et sa maladresse.

Omettant depuis une petite heure les instructions d’usage, le Chef d’Equipe, Shuurei semblait aux affuts, ses sens en alerte, à la recherche de la moindre trace d’un danger qu’il avait l’air d’avoir prédit. Il commandait très régulièrement au dignitaire de se taire et de cesser de se plaindre, ce qui ne manquait pas de provoquer chez ce dernier les menaces incessantes de remonter son attitude irrespectueuse envers ses supérieurs. Le Juunin s’en moquait manifestement, ses inquiétudes se fixaient sur une toute autre menace, à tel point que ses deux apprentis ne l’avaient jusqu’alors jamais vu aussi troublé lors d’une mission.

Depuis deux mois, l’équipe Muteki dirigée par Shuurei Kira, avait pris ses fonctions et œuvrait lors de missions de rang D ou C, parcourant régulièrement les territoires de l’Eau pour leurs contrats. Shuurei était un bon enseignant, patient et protecteur, tout autant qu’exigeant. Il avait cependant toujours gardé une distance et une froideur vis-à-vis de ses élèves, attitude typique des anciens de Kiri. Sainan et Mebana avaient appris à l’apprécier ainsi.

Mebana était une jeune fille du même âge que Sainan, à laquelle ce dernier s’était beaucoup attaché depuis quelques temps. Les missions récurrentes et la proximité forcée avaient forcé une compassion rapidement transformée en amitié solide et inébranlable. Le jeune Aisu admirait Mebana, car elle était une Kunoichi de talent, et largement son égale en combat, alors qu’elle n’avait hérité d’aucun don particulier. Son travail et son acharnement à la perfection l’avaient forgés jusque là. L’équipe Muteki était maintenant considérée comme l’une des plus performantes pour les contrats de basse importance, et des plus prometteuses quant à ses jeunes Genin. Portée par l’instruction de Shuurei Kira, ancien membre de la garde rapprochée du Mizukage Shinobu Aisu, retraité des rangs à la suite d’une blessure, la récente équipe s’entendait bien et offrait en outre une réussite certaine.

Shuurei marchait en tête, balayant les lieux des yeux. Ils avaient adoptés une formation en triangle dans laquelle Mebana se tenait en bas à droite de leur Sensei, et Sainan en bas à gauche. Au centre marchait péniblement l’individu qu’ils escortaient. De quelques signes de mains et quelques codes connus depuis, Shuurei demandait à ce que l’on agrandisse ou l’on referme le triangle, pour disposer de meilleurs angles de vue ou permettre une meilleure protection rapprochée, suivant la disposition des lieux.

Avec les semaines, l’équipe Muteki avait réussi à développer une coordination et une réactivité intéressante. Si de nombreuses fois les deux jeunes Genin s’étaient plaints des contrats barbants, ceux-ci ne pouvaient que constater aujourd’hui l’importance d’avoir mis à profit certaines bases du travail en groupe lors de missions plus périlleuses. Sainan tourna la tête vers Mebana, et lui sourit avec sincérité. Celle-ci lui rendit un habituel sourire soudain, où elle montrait toutes ses belles dents avec un air volontairement infantile et amusé. Tous deux savaient pourtant qu’il n’y avait pas matière à plaisanter. Ils sentaient que leur Sensei était inhabituellement inquiet. Les Genin avançaient sereinement et s’efforçaient de porter leurs poids sur des pas légers, pour ne pas s’enfoncer dans les marais. Ils ne le savaient pas, mais ils étaient déjà des Shinobi d’un bon niveau. On ne leur avait jamais dit, volontairement.

Le jeune Aisu tourna la tête de nouveau, pour chuchoter un mot à Mebana. Il ouvrit la bouche pour commencer à parler, et n’eut pas le temps d’en sortir un mot. Un Katon, venu de nulle part, venait d’être brisé par une vague d’eau soudaine, créée par Shuurei. Ayant déjà anticipé l’attaque, leur Instructeur s’élançait au combat avant même que les Genin n’eurent le temps d’en percevoir le commencement.

Aussitôt, dans un hurlement qui glaçait le sang, un ennemi sembla tomber au champ d’honneur. Une fumée noire et épaisse creusait maintenant un trou béant dans les sous-bois, vestige de l’attaque Katon, et au fur et à mesure qu’elle se dissipait les deux Genin voyaient mieux leur Sensei combattre. Il était entouré de cinq Shinobi qui arboraient différents bandeaux barrés. Tandis qu’il les affrontait sans siller, il fit un signe pour ordonner à ses Kun de protéger le dignitaire, cible supposée de l’attaque ennemie.

Il ne fallut pas longtemps pour qu’ils aient à appliquer les ordres. L’un des cinq Nukenin restant se rua vers eux la haine aux yeux, pour abattre les jeunes Kirijin. Dans une action coordonnée, Mebana et Sainan joignirent leurs talents. Dissimulant une volée de Kunai derrière un Dragon Aqueux, ils parvinrent à surprendre l’ennemi. Celui-ci désormais sur la défensive, Sainan le givra à l’aide de son Hyuuton, et Mebana apparut derrière lui avec célérité pour lui trancher la gorge de sang froid.

En alerte, les deux jeunes Genin observaient de partout autour d’eux. Au bout de quelques secondes, ils ne purent que constater le décès de leur Sensei. Il avait encore abattu deux de ses ennemis d’un coup de maître, mais les deux derniers l’avaient pris en tenaille et transpercés de face et de dos de leurs Katanas acérés.

Ils se tournèrent maintenant vers Sainan et Mebana. Tous deux étaient sous le choc de la mort de leur Sensei. Ils s’étaient toujours sentis protégés par sa présence et son expérience, et ne pouvaient que redouter d’affronter ceux qui avaient réussi à le battre. De nouveau, un Katon vint ébranler leur position. Dans un geste coordonné, les deux Genin s’extirpèrent de la trajectoire en emmenant avec eux le dignitaire déjà apeuré. Ce dernier hurlait.

Mebana regarda Sainan d’un œil nouveau. Nul rire, nul moquerie gentillette, ne restait que le sérieux et le dialogue du regard. Ils savaient qu’aujourd’hui n’était plus un entraînement, ils se battraient pour leur vie. La Genin s’élança au contact des ennemis en mouvement vers eux, effectuant un tourbillon autour d’elle-même. D’un geste empli de dextérité elle projeta dans tous les sens les dizaines de Kunai attachés à son équipement. Sainan savait qu’il devait profiter de sa diversion. Ses yeux s’illuminèrent avec intensité, tandis qu’il invoqua les étoiles pour faire pleuvoir sur l’un des Nukenin le courroux des glaces.

Transformant une attaque Suiton en givre lourd et tranchant, il empala l’un des adversaires, dans son élan colérique, et le cloua à un arbre solide un peu plus loin. Mebana parvint au contact du dernier ennemi, lorsque ce dernier révéla sa technique de substitution. Elle atteint le clone, mais il fonça dans son dos pour l’abattre d’un déluge de flammes extrait de ses mains. Mebana s’effondra au sol depuis sa position en hauteurs, dans un bruit sourd. Puis, le dernier Nukenin fonça sur Sainan. Usant d’une nouvelle technique de Feu, il l’exécuta suffisamment rapidement pour que le jeune Kirijin n’ait que le temps d’esquiver du mieux qu’il put. Le dignitaire fut immolé, et commença à déambuler partout en criant, véritable torche humaine.

Sainan observa Mebana, elle vivait toujours. Puis, une douleur soudaine le cloua au sol. Sa jambe était brûlée et le faisait terriblement souffrir. Il n’avait pu esquiver à temps le dernier Katon, et en payait les frais. Agenouillé contre le sol humide des marécages, il attendait le coup fatal. Alors, pendant que son adversaire le narguait de quelques phrases macabres, Shuurei bondit de nulle part avec ses dernières forces pour ébranler les mouvements du Nukenin. Ce dernier envoya sa déflagration dans une autre direction, et fut suffisamment surpris pour que Sainan puisse profiter d’une ouverture.

Bondissant proche du Déserteur, le jeune Aisu put voir qu’il était originaire de Suna, à son symbole du sablier balafré. Effectuant quelques mudras rapides de sa main droite, il créa de nouveau un Suiton vers son adversaire. Celui-ci alors percuté par la technique, il apposa sa main sur l’eau pour la givrer et le condamner dans un tombeau de glace. L’adversaire tomba au sol en se brisant en mille morceaux, périssant du même coup. Sainan s’effondra à son tour, tordu de douleur et de peine.

[Mebana] « Sai’, sai’… J’ai mal Sai’, aide-moi, s’il te plait, œil de givre. »

Shuurei, leur Sensei, semblait avoir rendu l’âme aux cieux. Il devrait l’abandonner ici pour sauver son équipière. La portant sur ses épaules du mieux qu’il put, il commença sa route vers le Village Caché de la Brume. Il parvint dans les deux heures à l’entrée, et lorsque ce fut le cas, s’écroula face contre terre après avoir déposé Mebana devant les portes. Il était vidé de toute énergie.

Ce qu’il apprit plus tard, c’est que Mebana mourut de ses blessures, après avoir indiqué dans quelle direction gisait Shuurei. Sainan s’en voulut éternellement. Shuurei non plus n’avait pu être sauvé. Lui, était sur le lit d’hôpital, seul face à sa peine. Il pensa à sa petite sœur, et demanda à ce qu’on aille la chercher pour qu’il reste près d’elle. Celle-ci passa les quelques jours de convalescence à ses côtés.


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MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Jeu 26 Juil - 22:49

Chapitre 5. Amère ascension


« Puissance, amour et solitude,
Voilà quelle est la ligne du destin du fils des étoiles. »
Écrits runiques



Le matin perçait les quelques fenêtres grandes ouvertes de ses rayons éblouissants. Allongée près de lui, Shinju dormait encore à poings fermés, blottie contre son torse. Sainan se demanda quelques instants ce qu’il faisait là avant de se rappeler la veille. Il aurait tant aimé que tout cela ne soit qu’un cauchemar. Il tenta de bouger sa jambe, mais elle le fit souffrir. Levant un peu sa couverture, il put voir qu’elle était bandée et bardée de compresses humidifiées. Le Katon aussi, avait été bien réel.

Il se rallongea, expirant un grand coup, et fixa le plafond en pensant à ce qui s’était passé. La douleur le prit aux sentiments lorsqu’il prit conscience qu’il avait perdu Mebana et son Sensei. Peut-être aurait-il dû mourir à leurs côtés, et les rejoindre aux cieux… Mais Sainan croyait aux récits des étoiles, il en avait été témoin plus jeune dans la Galerie des Glaces, et il savait que s’il était en vie c’était que cela devait être son destin. Il passa un bras autour de sa petite sœur, le seul être qu’il chérissait encore en ce monde, et lui caressa les cheveux pendant qu’elle sommeillait encore. Puis, il se rendormit à son tour.

Quelques heures plus tard, une main le secoua sans violence pour l’extraire de sa torpeur. Shinju se réveilla aussi. L’infirmière s’apprêtait à lui dire quelques mots lorsqu’une délégation de trois Shinobi de Kiri la devança. Le Mizukage Shinji Azechi en faisait partie, mais il ne parla pas. Deux autres Shinobi, probablement de haut rang se chargèrent d’engager la discussion.

[Kencho] « Shinju, peux-tu nous laisser quelques instants s’il te plait, nous devons parler à ton grand-frère. »

La petite regarda Sainan, et s’exécuta après que ce dernier acquiesce d’un signe de tête. Il ne savait pas exactement pourquoi il était interrogé, même s’il se doutait bien que ce serait au sujet de la mission d’hier. Encore faible, il s’efforçait de garder la mine la plus respectueuse possible devant ses supérieurs.

[Kencho] « Sainan Aisu. Tu sembles avoir hérité de la robustesse de feu Shinobu. »

L’infirmière sortit aussi, donnant la main à Shinju. Puis il reprit.

[Kencho] « Nous n’allons pas te fatiguer plus que tu ne l’es déjà. Nous savons ce qui s’est passé, et ne pouvons nous blâmer que nous-mêmes. Nous avons commis deux erreurs, la première de vous avoir envoyé dans une mission périlleuse, la seconde de ne vous l’avoir caché à toi et Mebana…
Depuis quelques semaines, une équipe de Nukenin rôde dans les sous-bois du Pays de l’Eau, et a déjà fait une victime dans nos rangs. De sources sûres, ils souhaitaient dévaliser un convoi sous peu, mais comme nous avons interrompu volontairement toutes les lignes commerciales le temps de les débusquer, ils n’ont rien pu dérober. La personne que vous escortiez était le fils du Daimyo, et vous ne le saviez pas. Nous avions pensé qu’avec les Oi-nin mobilisés dans la région, il ne serait pas risqué de vous laisser faire cette escorte, estimant que les Nukenin auraient peu de chance de tomber sur vous. Et nous avons eu tort…
»

Sainan continuait d’écouter, impassible.

[Kencho] « Shuurei est mort, et Mebana aussi, comme tu le sais. Vous avez affronté hier des Nukenin de rang Chuunin et Genin, tous issus de Villages Cachés différents, avec une expérience certaine du combat comparée à la votre. Que tu sois envie est un miracle Sainan, et nous nous en réjouissons. »

Le jeune Aisu, âgé de seize ans désormais, coupa son supérieur dans son élan.

[Sainan] « C’est pour me dire que la mort de mon Sensei et de Mebara est une erreur de stratégie, que vous êtes venus me voir ? Navré, mais je ne suis pas ravis de l’apprendre, et cela ne les fera pas revenir. »

Kencho voulut poursuivre, mais il fut interrompu de nouveau par le Mizukage, qui écoutait un peu en arrière.

[Shinji] « Shuurei et Mebana se sont engagés au prix de leur vie Sainan, et ils l’ont payé. Si leur vie s’est éteinte part notre faute, il n’en restait pas moins qu’ils avaient pris l’engagement de leur existence en âme et conscience, tout comme toi. »

Shinji s’avança calmement, et continua.

[Shinji] « Tu as atteint l’âge de tes seize ans. Ton expérience du combat devance de loin la plupart de tes camarades Genin. Mais jusque là, rien qui puisse consoler ta peine je l’imagine. Nous ne sommes pas venus pour te réconforter, mais pour te signifier les félicitations de Kiri pour ta survie lors de ce combat. Tu t’en veux surement d’être le seul à en recevoir les louanges aujourd’hui, mais comme les Aisu le croient, sache que c’était ton destin. »

Il marqua une courte pause.

[Shinji] « Hier, tu as affronté bien plus que ce que nous demandons à la plupart de nos Chuunin pour obtenir leur rang. Rien n’était prévu, tes adversaires te devançaient en nombre et en puissance, et tu en es ressorti vivant. Il serait ingrat de notre part de considérer que ce qui s’est passé est ordinaire, et que la façon dont tu t’es tiré d’affaire l’est aussi. Au nom de la Brume, nous souhaitons t’accorder le rang de Chuunin. Tu as mérité ce titre Sainan. »

Ainsi donc, ils étaient venus pour m’offrir une promotion. Peut-être pensaient-ils estomper ma colère envers leur grossière erreur, et me faire oublier la disparition de mes équipiers. En aucun cas ils ne pourraient indemniser ma peine avec une récompense de combat. Je réfléchis alors, quelques instants. Shuurei aurait aimé que son disciple franchisse un pas, il chérissait Kiri. Mebana aussi m’aurait félicitée, si elle avait été à ses côtés. Grâce à ce titre, peut-être pourrait-il à son tour enseigner à d’autres ce qu’il avait appris. Sainan rêvait d’être Instructeur, de lancer les Genin sur les sentiers véritables du monde Shinobi.

Baissant la tête, pensif, il ne regarda plus ses interlocuteurs. Le ton froid et absent, il leur répondit enfin.

[Sainan] « Je vous remercie. Je porterai ce titre à la mémoire de mes frères d’armes disparus. J’espère leur rendre hommage du mieux qu’il m’est possible… »


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Dernière édition par Sainan Aisu le Mar 7 Aoû - 8:59, édité 2 fois

MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Ven 27 Juil - 0:38

Chapitre 6. Le crépuscule glacé


« Crépuscule des ombres, voile de la nuit,
Saisis de ta noirceur les rêveries endormies.
Berce les âmes tranquilles, en tes sombres lagunes
Pour qu'à leur réveil elles bénissent la Lune. »
Écrits runiques


En ce crépuscule, quelques oiseaux à l’horizon redescendaient vers la forêt par milliers. Ce devait être la saison des migrations, et il était l’heure pour l’horloge animale de trouver le repos avant de voler vers d’autres cieux. Sainan, lui, ne le pouvait pas. Il lui était impossible de dormir depuis une semaine, il revoyait sans cesse l’image de ses équipiers tombés au champ de bataille, dans les marécages emprisonnant du Pays de l’Eau. Alors, ce soir là, il avait décidé de se rendre là où bien des années auparavant les étoiles lui avaient parlé, là même où il avait pu contempler la Galerie des Glaces.

Les Aisu disent qu’il est possible de l’emprunter une fois que l’on sait comment. Seulement, jamais aucun d’entre eux n’a appris le moyen de le faire. C’est un savoir sacré qu’ils vénèrent, et qu’ils veulent transmis des astres aux êtres. Ils nient même qu’il soit possible d’instruire le voyage par la Galerie des Glaces. Le jeune homme trônait au sommet de sa montagne, contemplant le coucher de soleil sur le Pays de l’Eau. Les Brumes aussi s’endormaient, se faisant bien moins épaisses qu’à l’aube. Sainan se rappelait cet instant, quelques années plus tôt, lorsque l’émerveillement pour cette nature parfaite avait précédé son voyage vers les étoiles.

Il y a six jours, on l’avait nommé Chuunin, pour des exploits prétendus qu’il refusait d’admettre. Il s’était battu, certes, mais n’était pas parvenu à sauver les siens. Il n’avait réussi qu’à épargner sa propre vie, et cela ne lui suffisait pas. Que valait sa vie au regard d’une autre ? Pas davantage en tout état de cause… Mais il lui fallait accepter son rang, il sentait que c’était son destin. Les Aisu étaient à Kiri désormais, ils devaient servir le Village. Et puis, Sainan avait repensé les paroles du Mizukage. Il était vrai que, quelque soit la raison d’une mort, les Shinobi et les Kunoichi du Village avaient jurés sur leur sang. Lui, ne pouvait donc en vouloir aux Brumes pour la disparition de ses équipiers. Mais au fond de son cœur il ne pouvait faire le deuil, et ce soir là, il retenait encore une fois des larmes qui souhaitaient sortir de ses pupilles.

Il lui était impossible désormais de revenir en arrière. Il devrait affronter cette vie construite sur la mort de ceux qui l’entouraient. Il avait toujours à ses côtés sa petite sœur qu’il chérissait, et profiterait sans aucun doute de sa récente promotion pour proposer son Instruction aux autorités du Village. C’était d’ailleurs pour cela qu’il était venu méditer. Se rappelant son Sensei, il se demandait s’il serait aussi bon que lui, et s’il serait à même de protéger ses élèves quoi qu’il advienne. Et tout réfléchi, il en vint à la conclusion que c’était sa voie, car il aimait enseigner et il aimait protéger ceux qui devaient l’être.

Rassemblant un peu de vigueur, il retrouva petit à petit la quiétude qui lui était habituelle. Au loin, le paysage était sublime. Le voile nocturne parsemé de paillettes étoilées était dominé par un quart de lune scintillant. Les reflets argentés des rayons lunaires donnaient aux roches des quelques montagnes alentours une couleur envoûtante. Maintenant, il fallait relever la tête. Il lui serait impossible d’oublier cet évènement, il marquerait à jamais son existence. Mais il lui était nécessaire de l’accepter et de vivre avec, sans culpabiliser d’être encore en vie.

Sainan repensa alors à sa Mère, Hanabira, qui aurait été fière de voir son fils accéder au rang Chuunin. Elle n’avait jamais trop aimé la vie de Kunoichi mais avait fini par s’y faire avec contrainte. Et finalement, elle en était décédée. Le jeune homme se disait que le mieux à faire pour survivre était surement de suivre ses désirs les plus forts, et de ne jamais se forcer. C’est ce qu’il ferait en prenant la tête de sa propre équipe, pour purger la peine d’avoir perdu la sienne.
Entamant la descente du Mont Tenkei, Sainan pensa à Shinju, qui devait dormir profondément. Elle avait maintenant huit ans, et elle entamerait bientôt l’Académie Shinobi. Récemment, elle avait visité la Galerie des Glaces elle aussi. Sainan la savait en sécurité au sein des Quartiers du Clan, mais il voulait la retrouver, et la sentir protégée. Arpentant alors les sentiers pour retourner à Kiri, le fils des glaces, descendant du Clan Aisu de feu Shinobu, fils de Hanabira Aisu et de Hiroku Nezuyoi, prenait le chemin de sa destinée.


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Dernière édition par Sainan Aisu le Dim 29 Juil - 0:29, édité 3 fois

MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Ven 27 Juil - 2:21

Bonsoir,

Ma présentation est (enfin^^) terminée ! J'espère que vous aurez plaisir à la lire. Je vise donc le grade Chuunin, avec l'envie affichée d'être Instructeur et de mener une équipe à Kiri. Pour le reste, vous savez déjà tout je crois !

Bonne lecture,

Sai'


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MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Ven 27 Juil - 12:30

Bonjour à toi, et bon retour sur Ryoma - forum des shinobi.

Ta présentation est d'un niveau RP exceptionnel, très peu de joueurs peuvent se vanter d'avoir écrit aussi bien que toi. Sachant que tu es un ancien du forum, je suis très curieux. Quel était ton ancien personnage ?

Sache que ta présentation ne fait pas débat, tu es bien sûr accepté en tant que Chuunin Instructeur de Kiri. Félicitations, c'est largement mérité.

Sainan : + 23 XP

Pour coller encore plus à ton histoire et aux événements qui ont pu s'y produire, je t'offre une technique gratuite supplémentaire, gage de ton expérience au combat, et tu subis également une blessure superficielle de type brûlûre que je te mets dans le spoiler.

Spoiler:
 

Encore félicitations pour ta présentation, l'Académie de Kiri n'attend que toi.

MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   Ven 27 Juil - 15:20

Merci à toi !

Je jouais Zul Yuurei il y a de cela quelques années. J'aime bien la blessure superficielle qui agrémentera un peu le RP, et te remercie pour la technique gratuite supplémentaire. Je vais prendre la Technique de la Création d'Eau, que j'ai rajoutée à la liste dans le post n°1 de ma présentation.

Si vous avez des questions, je suis bien entendu disponible. J'ai déjà vu avec Rin pour récupérer des points d'XP de mon ancien personnage, il faut que je clôture son histoire en tant que PJ en revanche.

Sai'


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MessageSujet: Re: [Terminée] Sainan Aisu   

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