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 Appartement de Shijima Seika

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MessageSujet: Appartement de Shijima Seika   Jeu 7 Mai - 20:42

/)_ Nouvelle Affectation _(\
.1.

[Sakura] « Allez Seika dépêche toi un peu voyons ! Je veux savoir dans quelle équipe tu vas être moi ! »

[Seika] « Mais arrête de me presser comme ça ! Et puis d’abord quelle importance de savoir dans quelle équipe je vais être ? De toute façon je ne devrais plus faire partie d’une équipe… »

[Sakura] « Ma grande… C’était il y a longtemps, et puis tu as repris du tonus, ça va bien se passer j’en suis certaine ! »

Si tu le dis Hide… Je ne sais plus vraiment quoi croire de toute façon… Seika remonta au niveau de son amie, qui elle-même remontait le chemin circulaire pour aller vers le centre du village, là où Seika avait son appartement, où elle vivait seule bien sur. La route était sinueuse, étant donné la géographie du village, qui s’étendait sur plusieurs montagnes de la chaîne montagneuse du pays de la Foudre. Et vu la façon dont son amie la pressait, elles allaient toutes les deux bien vite s’essouffler… En même temps Sakura avait plus d’endurance qu’elle : elle était une Kunoichi Médecin depuis presque trois ans, et était elle aussi Ninja de classe moyenne, le grade que venait d’atteindre Seika. Un grade, qu’elle ne pensait nullement mériter. La mission qu’elle avait faite et qui avait dévié sur cette cavalcade à travers le village pour arrêter les Genin responsable des rackets subis par les marchands ne semblait pour elle qu’un prétexte à son passage au rang de Chunin. N’ayant pas participé au dernier tournoi inter-village… D’habitude il fallait plus que ce genre de mission pour obtenir une promotion spéciale. La femme aux cheveux noirs jeta un coup d’œil à son amie, marchant à ses côtés : elle avait le sourire aux lèvres… Pourquoi elle-même n’arrivait-elle pas à retrouver ce même sourire franc et sincère ? Elle secoua la tête, accélérant le pas. Elle réfléchissait bien trop à tout ça…

Elles arrivèrent toutes les deux à l’entrée des ruelles, sur le plateau où se tenait le centre du village, avec la plupart des habitations, les magasins, l’académie Ninja ou encore le centre de mission. Vu la montée qu’elles venaient de faire, elle et Sakura s’arrêtèrent une minute, pour reprendre leurs souffles. Seika allait devoir sérieusement penser à refaire plus de sport, et à s’entrainer un peu près des grands lacs, pour avoir de nouveau un niveau physique digne de ce nom ! Mais avant toute chose, elle devait savoir à quelle équipe elle serait affectée. Il y avait un petit peu de monde dehors aujourd’hui, il faisait beau, chaud, une belle journée de printemps quoi. Un beau temps qui ne durerait surement pas jusqu’à la fin de la semaine… Elles se remirent en route, entre les flâneurs et les marchands, les Ninjas et les livreurs, sous les enseignes et les néons éteints, à travers les ruelles de Kumo. L’appartement de Seika était un deux pièces. Pour certains, ça pouvait paraitre vraiment petit, pour elle c’était largement suffisant : elle était chez elle comme dans un nid, un petit cocon de douceur, où personne ne pénétrerait jamais, et n’avait jamais pénétré jusque là… Même à l’occasion de cette promotion, et maintenant qu’elle avait surement reçu chez elle son affection, elle ne laisserait pas rentrer Sakura, se contentant d’ouvrir la boîte aux lettres et de lire le document officiel devant la porte de chez elle.

Seika ouvrit la marche à travers un dédale de ruelle, avant d’arriver devant un petit immeuble de deux étages, principalement habités par d’autres Ninjas, et un vieux couple de retraité qui faisait office de concierge. Le bâtiment, à l’allure très simple, abritait douze appartements : dix deux pièces comme celui de la jeune femme, deux à trois pièces au rez-de-chaussée, l’un étant inoccupé, l’autre occupé par le vieux couple. Shijima Seika avait un appartement à son nom au deuxième étage, portant le numéro sept. Alors qu’elle et Sakura arrivaient en vu de l’escalier, un rideau se tira devant une fenêtre ouverte, et la vielle dame, Watanabi Ina, l’interpella, avec son éternel petit sourire en coin, à chaque fois qu’elle parlait avec Seika ou Sakura, qu’elle devait considérer comme ses petites filles, ou ses nièces, enfin comme des membres de sa famille quoi. Oui, certains considéraient le village tout entier comme une famille aussi… Quelle idiotie…

[Watanabi Ina] « Oh, mais tu rentres bien tôt de ta promenade Seika ! »

[Seika] « Oui, Sakura est venue me chercher pour me dire que j’avais surement reçue mon affectation avec ma promotion… Mais vous devez être au courant n’est-ce pas ? »

[Watanabi Ina] « Oh, en effet, Sakura est venue ici pour te demander, je lui ais dit qu’un Jounin était passé alors que tu étais absente, du coup elle est allée te chercher pour que nous puissions toutes les trois savoir ce qu’il adviendra de notre petite protégée ! »

Petite protégée… C’est vrai, depuis longtemps déjà, elle était la protégée de Sakura, puis de la vieille Watanabi. Ce n’était pas voulu, elle ne désirait pas être traitée comme une « protégée », par ses proches… Mais avec ce qu’elle avait vécu, il y avait un peu de quoi, juste un peu. Souriante, Seika répliqua à ces deux amies.

[Seika] « Je m’en serais doutée, mais ça n’avait peut être rien à voir vous savez ! Bon, attendez-moi là, je reviens. »

[Sakura] « Ne nous fais pas attendre une heure non-plus ! Je veux savoir moi ! »

[Watanabi Ina] « Et moi donc Sakura ! Je vais demander à Aichi de venir aussi ! Vu qu’il continu d’avoir beaucoup de relations avec les autres Ninjas, il te dira surement comment sont les membres de ton équipe s’il les connait ! »

[Seika] « Mais attends je ne suis même pas sur que… »

[Sakura & Ina] « File ! »

[Seika] « C’est bon c’est bon j’y vais ! »

Ah ces deux là, ce qu’elles pouvaient être intenables quand elles s’y mettaient ! Sakura avait aussi ses amis à elle aussi, mais au final elle passait plus de temps avec Seika, avec qui elle avait frôlé la mort, et avec Ina, qui faisait un peut figure de grand-mère pour elle, comme pour Shijima. Seika les adoraient toutes les deux, mais elle avait aussi besoin de ses moments de solitudes à elle. Peut être le sixième sens féminin, ou la simple compassion qu’il y avait chez elles, leurs avaient permis de comprendre puis d’accepter Seika tel qu’elle est. Bien entendu la Fleur Sauvage en avait fait autant, bien que pour elle leurs relations aient toujours semblés, plus ambiguës. Elle avait toujours eu du mal à savoir ce qu’elle ressentait pour les gens, elle manquait d’empathie peut être… Mais pouvait-on vraiment dire « manquer » ? Parce qu’au final, Seika vivait plutôt bien, selon un mode de vie bien particulier certes, et assez renfermé sur elle-même, certes, mais au moins, la jeune femme ne souffrait plus. Et elle ne souffre en effet plus…

Mais cette promotion… Elle pouvait être le point de départ de nouvelles souffrances. Enfin elle verrait bien sur place. Sans s’en rendre compte, petit à petit, la peur et la panique s’installaient en elle, réminiscence de ses blessures passées. Son cœur se mit à battre plus vite à mesure qu’elle montait les marches de l’escalier menant au deuxième étage. Elle le sentait dans sa poitrine, comme elle l’avait souvent sentie s’agiter de la sorte… Ces souvenirs étaient douloureux, et bien qu’ils appartiennent au passé, comme le lui avait dit Sakura quelques minutes plus tôt, les blessures de ces souvenirs étaient encore vivaces… Elle arriva dans l’allée menant à son appartement. Un pas après l’autre, elle commença à se calmer, à prend sur elle, à se dire que tout allait bien, que le passé était justement le passé, et qu’il n’arriverait pas la même chose qu’à sa première équipe… Mais de toute façon, si une situation critique devait arriver cette fois, ce serait à elle de se sacrifier. Chassant d’un revers de la main mentale ces pensées, elle inspira profondément : elle allait juste vérifier son courrier, pas de quoi en faire une dépression non plus !

Finalement elle arriva devant la porte numéro sept, son appartement, sur laquelle était fixé une boîte aux lettres. Glissant sa main sur le métal, elle y injectant son Chakra, qui servait de reconnaissance au mécanisme pour se déverrouiller. Un petit truc de Ninja… Quand à la clé de l’appartement, c’était Ina qui l’avait chez elle : elle n’avait pas de poche dans sa robe blanche. Doucement, elle souleva le boîtier pour voir s’il y avait quelque chose dedans… Et en effet, il y avait un rouleau de parchemin. C’était donc bien pour elle… Laissant le boîtier se refermer, une fois le parchemin saisie, la jeune femme le décacheta et le déplia. Et ben… Ca ne lui disait rien du tout ces noms ! Peut être qu’Aichi en saurait un peu plus ? Aichi étant monsieur Watanabi. Et c’était bien sa nouvelle affectation ! Le stress passé, Seika pouvait maintenant se calmer : elle avait eu peur, elle devait l’avouer, d’être dans la même équipe que Sakura. Certes être avec son amie lui aurait fait plaisir… Mais, bref, pas besoin de revenir là-dessus. Repliant le parchemin, Seika se retourna et se pencha au rebord de la rambarde de l’allée.


Dernière édition par Shijimano Seika le Jeu 7 Mai - 23:16, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Jeu 7 Mai - 20:54

/)_ Nouvelle Affectation _(\
.2.

[Seika] « Vous aviez raison, c’est bien mon affectation ! »

[Sakura] « Et alors raconte ! »

[Watanabi Ina] « Ou plutôt descend nous raconter plus près s’il te plait… »

Souriante, d’un sourire plus naturel cette fois, la jeune femme se dépêcha de redescendre rejoindre ses amies, pour leur montrer le document officiel. Après tout, c’était une étape importante de sa vie cette nomination ! Qu’elle soit voulue, ou simplement provoquée par les hautes instances, Seika était à présent une Chunin, c’était un fait. Mais tout fraichement promue, elle allait donc être intégrée à une nouvelle équipe. Cette partie là de sa promotion était prévisible, mais elle ne l’enchantait guère… Sauf que là, vu qu’elle était en équipe avec des personnes qui à première vue lui étaient totalement inconnues… Une partie restée enfantine en elle était impatiente d’en savoir plus sur eux ! Sakura lui sauta presque dessus pour avoir le parchemin portant le sceau officiel des autorités de Kumo. Elle se mit à parler en même temps qu’elle commençait à lire le dit parchemin.

[Sakura] « Alors voyons voir… Shijima Seika, nous avons le plaisir de vous informer que suite à votre promotion au grade de Ninja Classe Moyenne, vous avez été réintégré aux programmes d’équipes du village. Vous ferez donc à partir de demain partie de l’équipe numéro 2, sous la direction du Chunin Instructeur Sho Nagoshi. Il vous contactera lui-même pour un premier rendez-vous de l’équipe à son grand complet. Bonne chance sur la voie de votre Nindô, l’administration de Kumo. Et bien, c’est léger… »

[Seika] « Ah ? Pourtant il n’y a pas besoin de plus d’information, le reste je le découvrirai bien assez vite je pense ! Elle n’était pas comme ça ton affectation Sakura ? »

[Sakura] « Si, si, mais je ne sais pas ça ne me fait pas le même effet… »

[Watanabi Ina] « Espèce de petite narcissique va, évidemment que ce n’est pas la même chose puisque ça concerne Seika ! Tu devrais la féliciter encore de sa promotion ! »

[Seika] « Allons Ina ne sois pas si dur avec elle ! »

[Watanabi Ina] « Je plaisantais ma chérie, il ne faut pas tout prendre au premier degré je ne cesse de te le répéter : vois au de-là des apparences… »

[ ???] « Et c’est une vielle carne comme toi qui lui prodigue ce genre de conseil alors que tu n’y vois plus à trois mètres ? Ah ! »

[Watanabi Ina] « Aichi, espèce de vieux débris arrête un peu de raconter n’importe quoi, j’y vois très bien ! »

Celui qui venais, sur un ton moqueur mais où transparaissais l’affection qu’il portait à sa compagne, de parler se nommait Watanabi Aichi, le mari d’Ina. Bien qu’ayant avec lui une relation plus faible qu’avec sa femme, Sakura et Seika l’aimait bien aussi, c’était un bon un grand père amusant. Ancien Ninja de carrière, il était à la retraire depuis une mission qui avait mal tourné, vingt ans auparavant. Il y avait laissé quelques os, dont ceux de sa jambe gauche. De ce fait, il arriva en boitillant sur sa canne. Certes ancien Ninja, mais qui avait toujours de très bon contact avec ses vieux camarades, enfin, ceux qui étaient encore en vie. Il avait eu beaucoup de chance de survivre à sa mission, et de revenir ici pour écouler des jours heureux avec sa femme. Malheureusement ils n’avaient jamais eu d’enfant, du moins c’est ce qu’ils avaient laissés entendre aux deux jeunes femmes, lorsqu’elles venaient discuter tout les jours avec eux, quelques années plus tôt.

[Watanabi Aichi] « Alors l’équipe 2 hein ? Celle du petit Sho… Un médecin de talent à ce qu’il parait. Oh mais je n’ai pas eu l’occasion de te le dire : félicitation Seika ! Je suis fier de ta promotion et de ta réintégration au programme normal des Ninjas du village ! C’est la preuve que ta détermination a fait mouche ma petite, et qu’on a reconnu ta valeur en haut lieu ! »

[Seika] « Merci Aichi… Tu sais qu’il y a d’autre dans l’équipe 2 ? »

[Watanabi Aichi] « Malheureusement non, je crois qu’elle n’est encore jamais partie en mission, du coup on a rarement vu les membres de l’équipe ensemble… Mais il parait qu’elle est assez hétéroclite de par ses membres. Enfin je ne pourrais pas te le certifier mais je crois que c’’est ce que mon ancien compagnon d’arme à entendu dire de son côté. »

[Sakura] « Sho Nagoshi… Ca me dit quelque chose, je suis sur de l’avoir déjà vu à l’académie… Je crois qu’il est plutôt mignon… Enfin tu verras bien hein. »

Quand Sakura disait « ça me dit quelque chose » c’est que ça voulait dire en réalité qu’elle savait très bien de qui il s’agissait, et qu’elle avait à priori une envie folle de courir après la personne en question. Si Seika n’était pas trop femme à courir après les hommes, Sakura était plutôt du genre à… Rester en face de l’homme de ses fantasmes la bouche ouverte en espérant qu’une transmission de pensée s’effectue pile à cet instant pour que l’homme sache ce qu’elle ressentait pour lui. Mais comme ça n’a jamais marché, la Ninja, elle aussi du corps médicale, était toujours célibataire. Elles devraient faire attention toutes les deux, à ne pas finir vielle fille… Mais ce genre de relation, si Hide les désirait ardemment, Shijima elle n’en voulait pas vraiment : elle ne voulait plus être trop proche des gens. Elle avait déjà ses deux amies, et Aichi qu’on aurait pu considérer, s’il avait eu un âge différent, comme un bon copain, c’était largement suffisant pour ne pas sombrer dans une dépression provoquée par la solitude. Maintenant qu’elle avait prit connaissance de ce document, qu’allait-elle faire ?...

[Sakura] « Bon, moi je dois retourner à l’académie suivre un cours sur l’Eisei, je te dis bonne chance pour demain Seika, ait confiance en toi, tout va bien se passer ! »

[Watanabi Ina] « Oui Sakura a raison, il ne faut pas t’en faire, tout ce passera bien ! Bon et bien bonne chance pour ton cours Sakura, à bientôt ! »

Après avoir fait une bise à Ina et Aichi, Sakura serra fort Seika contre elle, pour lui faire un câlin, et lui dire physiquement « Je suis là tu n’as rien à craindre ». Mais ce qu’ils ne savaient pas, tous les trois, c’était que Seika, malgré les apparences, n’avait plus peur de grand-chose.

Après le départ de Sakura, qui les salua de la main avant de disparaitre dans les rues de Kumo, Aichi retourna lui aussi à sa remise, un petit coin de l’appartement qu’il avait aménagé pour lui, et où il confectionnait des substances étranges… Dans sa jeunesse il avait autant voulu être Ninja qu’être scientifique. Mais sa carrière avait prit le dessus sur ses rêves, et finalement à l’âge de la retraite, il pouvait enfin se consacrer à son plaisir, qui était tout simplement de manipuler des substances pour en produire d’autres. Des Ninjas venaient parfois le voir pour lui acheter des antidotes spéciaux, ou des poisons pour leurs armes, ce qui permettait à sa femme et lui de vivre convenablement. Il avait aussi créé une sorte de substance à bulle, qui ne servait à rien, sauf à amuser les enfants… Quand à Ina, elle passait son temps à coudre, et à veiller sur la résidence. Une vie tranquille, et des personnes en qui elle avait confiance… Mais elle ne devait pas se laisser rouiller ! Aussi, sentant un regain d’énergie parcourir son corps svelte, Seika annonça ceci à son amie.

[Seika] « Ina, je vais aller me changer, et chercher une mission pour cette après-midi ! Et s’il n’y a rien, j’irais m’entrainer un peu ! »

[Watanabi Ina] « Fais attention à ne pas trop te fatiguer ma fille hein ? Il faut que tu sois en forme pour ta convocation prochaine d’accord ? »

[Seika] « Oui ne t’en fais pas pour moi ! »

[Watanabi Ina] « Je ne m’en fais pas, mais je sais qu’une fois lancer, c’est difficile de t’arrêter alors… Bon, et bien bonne après-midi ma belle ! »

[Seika] « Merci Ina, ne m’attendez pas pour diner ce soir ! »

Ina lui lança la clé de son appartement, que la jeune femme rattrapa avec un sourire, avant de filer se changer, et mettre une tenue plus adéquate à sa condition de Ninja. Un peu de classe que diable… De nouveau face à la porte de son appartement, elle inséra sa clé dans la serrure et la tourna deux fois pour ouvrir l’endroit. Une fois entrée, et la porte refermée derrière elle, Shijima appuya sur l’interrupteur pour éclairer son deux pièces. En effet elle avait prit l’habitude de fermer les volets, de ne les ouvrir que lorsqu’elle en avait vraiment besoin… Quand elle était comme ça, enfermée chez elle et à priori invisible aux yeux du monde, elle se sentait un peu plus en sécurité que d’habitude. Prestement, elle se défit de sa robe blanche et, traversant en quelques pas tout son appartement, ouvrit une armoire murale pour y chercher une autre robe blanche. Fouillant pendant quelques minutes, elle finit par sortir une robe blanche en lin, assez courte. Du coup elle prit aussi un short noir pour éviter de se retrouver dans une position embarrassante… Vous n’imaginez pas le nombre de pervers qu’on pouvait croiser dans la rue… sa robe lui enserrait les biceps, et lui tombait sur les cuisses, laissant apparaitre le bas du short moulant noir qu’elle venait d’enfiler. Elle récupéra aussi son débardeur de cuir marron, enfila ses gants à plaque de métal, et enfila des bottes montantes en cuir brun aussi, lui arrivant juste sous les genoux. Les bottes étaient à talon, du genre à frapper très souvent les petits malins qui auraient voulu voir ce qu’elle portait sous sa robe… Secouant la tête en repensant aux multiples utilisations qu’elle avait du faire de ces bottes, elle referma son armoire, prit bien soin de replier la robe blanche en soie qu’elle avait quittée, et s’admira un moment dans un miroir. Elle avait l’allure d’une Kunoichi, comme elle l’avait été auparavant. Oui, il était temps de se remettre dans le bain, de se relancer sur les chemins des missions et des entrainements, et dans l’immédiat, d’aider la population de Kumo au travers des petites missions de rang D qu’elle confiait aux Ninjas. Alors qu’elle s’apprêtait à partir, elle eu un sursaut et se retourna vivement pour revenir sur ses pas et se placer face à une étagère… Dessus, il y avait son bandeau de Ninja posé. Depuis l’épisode des Genin, elle ne l’avait pas reporté… Il était temps de le mettre franchement cette fois !

Saisissant son bandeau, elle le plaça sur sa taille et fit un nœud comme si elle portait une ceinture. Retournant l’insigne de sa profession, elle le regarda un moment : cette insigne, celui du village des nuages, avait pendant longtemps été synonyme de peur, et de douleur pour elle. A présent, il était temps de recommencer à aller de l’avant. Ouvrant de nouveau la porte de son appartement, elle la referma et rangea la clé dans une poche de son débardeur. Même si elle faisait partie d’un tout, qu’elle ne comprenait pas, Shijima Seika avait un rôle à jouer ailleurs, elle le savait. Et lorsqu’elle serait confrontée à ce destin qui l’attendait, elle ferait son choix. Le choix, qu’elle n’avait jamais pu faire, car on ne lui avait jamais demandé son avis. Concentrant son Chakra dans ses pieds, après l’avoir malaxé quelques secondes, elle prit appuie sur le rebord de la rambarde et saisit la gouttière du toit, s’en servant pour monter sur ce dernier. Même s’il ne s’agissait pas de la plus haute cime des montagnes nuageuses, c’était un endroit, en périphérie du centre du village, où elle voyait très bien le reste de Kumo. Ses yeux balayèrent ce décor maintenant familier, mais dans lequel elle avait parfois l’impression de ne pas être à sa place : ailleurs, on l’attendait ailleurs…

Se redressant, elle chercha le centre des missions Ninja du regard, et finit par localiser le toit du bâtiment. D’abord aller voir si on n’avait pas besoin d’elle… Sinon elle irait peut être s’entrainer en effet… Il était à peine quatorze heures, elle avait toute l’après-midi et la soirée pour s’occuper, et se préparer justement à sa prochaine rencontre avec sa nouvelle équipe. Elle se devait d’être au top, par respect pour eux et par respect pour son grade. Un souffle de vent vint caresser son visage fin, mais en cet instant déterminé. Une seconde plus tard, elle n’était plus là…


MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Sam 9 Mai - 11:42

RP fort sympathique à lire =)

Seika : +24 XP

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mar 13 Oct - 16:54

-| 23 Ans, et Toujours Aussi Populaire… Ou Presque |-
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Cela commença calmement, doucement, sans une once de bruit dans l’obscurité. Dans un noir totale, aussi profond et peut éclairer que les limbes, une masse bougea légèrement. Les seuls sons audibles furent alors ceux des draps qui se tordent, suivant les mouvements du corps qu’ils enlaçaient sensuellement, épousant ses formes arrondies, sans l’être trop. La jeune femme n’ouvrit pas les yeux, cela aurait été inutile, car elle se savait entièrement plonger dans la noirceur de sa chambre, que nulles lumières ne venaient jamais troubler, sauf lorsqu’elle était bien obligée d’allumer l’ampoule électrique. Et oui Seika n’était pas encore aveugle, et aurait eu de toute façon beaucoup de mal à vivre en aveugle, car elle était bien trop habituée aux douceurs visuelles de la vie, des paysages, des plats ou encore des gens, des sourires et des larmes. La seule chose qu’elle n’aurait pas regretté de ne plus voir, ça aurait été les visions de morts, ou mêmes le visuel de ses souvenirs, des images qui la hantaient toujours. Parfois, le matin, ainsi immobile, ne sentant pas encore son corps, à moitié dans le réel et à moitié dans le rêve, il lui arrivait de se demander si la vie qu’elle menait avait un sens, vis-à-vis de ces événements passés, et si elle avait le droit de la vivre. Mais elle se reprenait vite, repensait à Sakura et à la vie qu’elle menait, et cela lui suffisait à se tourner dans son lit, légèrement somnolente, sentant enfin le sang se remettre à circuler normalement dans son corps. Bien sur ce n’était qu’un effet illusoire né de cet état de somnolence qui lui donnait l’impression que tout son corps ne répondait plus, qu’il avait été vidé de son sang. Quelle mort atroce cela avait du être pour quelques uns des Ninjas Renégats de Taki ce jour là : certains avaient été frappés par son Sensei d’une technique incroyable, qui les avaient transpercés de part en part, les vidant rapidement de leurs sangs. Mais il était bien tôt pour repenser à tout ça, surtout sous couvert de se dire qu’on y repensait que par curiosité pour la technique qui avait été utilisé à cette époque et qui avait servi à tuer presque la moitié des assaillants.

Silencieusement, la Kunoichi de Kumo se redressa sur sa couche moelleuse. Dehors, il devait être six ou sept heures du matin, comme d’habitude, et les bruits du village n’étaient pas encore nés. Ce n’était qu’une vague rumeur lointaine de marchands commençant à monter leurs étales, et de Shinobis marchant déjà de bon matin à travers les ruelles pour rentrer chez eux, ou aller en mission pour certains. Faut dire que le rythme de vie d’un Ninja de classe supérieur était assez variable. Dans un sens, Shijima était à la croisée des chemins au niveau des responsabilités et des horaires d’un Ninja : plus de responsabilités, mais des horaires encore assez souples, du moins pour elle. Sho par exemple, qui était Chuunin Instructeur, devait avoir des horaires bien plus costauds, à en juger par la fatigue qui traversait souvent son regard, malgré ses sourires. Seika se remit sur le dos, dénudant sa poitrine de son drap qui glissa jusqu’à son bas-ventre : c’était surtout dans la tête que la fatigue était plus difficile à gérer. Le stress des missions, et des relations humaines en général, devait être évacué d’une manière ou d’une autre. Pour la jeune femme perdue dans la noirceur chaude de sa chambre, cela passait par des moments de solitudes, plus ou moins fréquents. Des moments où elle s’éloignait des Hommes, s’éloignait un peu du village, et se contentait de regarder les montagnes, vide de toutes vies, lançant des reflets et des ombres menaçantes aux lacs du pays du la Foudre. Ces moments, qu’elle appréciait, se feraient rares avec le temps, et elle s’y préparait. Son apprentissage Ninja n’était pas fini, loin de là : il y aurait toujours quelque chose à apprendre elle le savait, et pour continuer de grandir, et ne pas finir écraser par le monde Shinobi, elle devait aussi s’endurcir mentalement, et physiquement. Aussi s’entrainait-elle, de temps en temps, et apprenait-elle de nouvelles techniques à ajouter à son répertoire qui grossissait de jour en jour. Il fallait dire que n’ayant aucunes obligations administratives comme un Instructeur, cela lui laissait pas mal de temps pour parfaire ses connaissances encore trop fragiles. Et la Kunoichi ayant toujours été capable d’apprendre vite, et bien, cela ne lui posait pas de problèmes de gonfler en quelques jours à peine son répertoire de deux, voir trois techniques de Ninjutsu ! Elle aurait bien aimée tenter d’étudier autre chose, mais elle savait depuis le départ que d’une, le Taijutsu c’était trop violent pour elle, que de deux, le Genjutsu c’était bien trop pervers pour elle et qu’il allait à l’encontre de sa rigueur morale -qui bien que faible existait tout de même-, et que de trois, les armes brillaient et pouvaient tuer, mais elle n’avait jamais aimé les manier, même si elle savait que tout un pant du Ninjutsu s’y alliait très bien. Si jamais connaissance elle devrait acquérir sur le Ninjutsu dit de Combat, ce serait bien plus tard, ça c’était clair. Car il lui restait encore une très grosse partie des Techniques du Répertoire Raiton à apprendre ! Sans parler des maîtrises du Ninjutsu basique et commun à tous les pratiquants des Arcanes. Non, elle ne pouvait pas se disperser.

Ses cervicales craquèrent brusquement lorsqu’elle tourna la tête de droite à gauche, ce qui était plus que désagréable de bon matin. C’était bizarre mais elle ressentait pas mal de raideurs dans tout le corps : elle avait eu besoin de plus de repos qu’elle ne le pensait. La Kunoichi avait enchainé les entrainements, cette semaine, après être rentrée de sa première mission de rang C depuis son passage au grade de Chuunin, et en faisant dans la foulée une mission de rang D qui avait laissé naître un fruit auquel elle ne s’attendait pas : celui du mystère. Mystère de sa petite enfance en fait. Mais avait-ce une incidence sur l’actualité, sur sa vie, sur ses amies ou sur tout le reste ? Non, pas du tout. La jeune femme savait juste qu’elle était capable de jouer une musique au Piano, et que ceci datait d’avant son arrivée à Kumo. Autant dire que ce n’était pas ça qui allait lui permettre d’apprendre de nouvelles techniques, sauf s’il existait des techniques basés sur les sons. Ca aurait été intéressant de voir ça tien ! Alors qu’à quatre pattes, la Kunoichi traversait son lit pour atteindre l’extrême droite près de laquelle se trouvait l’interrupteur -d’une façon ô combien excitante pour qui l’aurait vu ainsi, mais surtout très endimanché pour elle-même il fallait bien l’avouer-, elle recasa dans un coin de son esprit l’idée de vérifier s’il existait des techniques liés au Son et viable via le Ninjutsu. Comme cela lui arrivait souvent, l’allonge de son bras fût trop courte, et toute endormie, la jeune femme bascula en avant du haut de son lit et empêcha sa tête venir taper le tapis au sol grâce à ce même bras tendu. Un petit coup d’adrénaline de bon matin, ça réveil aussi vous savez.

Lentement, elle se laissa glisser sur le tapis moelleux, extirpant ainsi tout son corps quasiment dénudé à l’exception d’une simple culote de son lit. Dur le réveil ce matin, mine de rien. On ne pouvait pas avoir la pèche tous les jours : il y avait des jours avec, et des jours sans. Après être tombée si bas, Shijima ne se sentie pas de lever le bras pour atteindre l’interrupteur et décida -une fois n’est pas coutume- de faire tout dans le noir. Aussi, sans aucune grâce peut être, mais sans être fatiguant, elle longea le mur, toujours à quatre pattes, et, telle un chat n’arrivant pas à se sortir d’une trop longue nuit de folie, tituba ainsi jusqu’à sa douche, dans laquelle elle grimpa, après avoir retiré son dernier et surement inutile vêtement. Sa peau presque brûlante de la chaleur enfermée dans l’appartement frissonna au contact brutal du froid du carrelage de la salle de bain et de la douche. Arrivant enfin à se redresser sur ses pieds, elle trouva rapidement la manivelle de l’eau chaude, qu’elle actionna, tout en sachant que le premier jet d’eau serait froid, ce qu’il fût. Seika sursauta et s’écarta du jet d’eau, collant ses fesses au carrelage murale de la douche, qui la fit aussi sursauter. Comme autant de décharges électriques, la jeune femme se réveilla peu à peu. Enfin, l’eau fût assez tiède pour elle, ce qui lui permit de faire quelques réglages de température pour se laver, et laver ses cheveux, ce qui prenait un temps considérable…

Trempée, elle ressortie de là, pour se retrouver de nouveau sur son lit, enroulée dans une grande et douce serviette une demi-heure plus tard, à présent parfaitement réveillée mais pensive. Depuis qu’elle était devenue Chuunin, des choses incompréhensibles semblaient lui arriver, des choses qui avaient le don de l’effrayer lorsqu’elle y pensait trop intensément. Aussi, ne pensa-t-elle plus à rien, replongeant dans un état de somnolence et de mutisme qui lui procurait une certaine paix intérieure. Ses yeux se fermèrent de nouveau, tandis que sa lotion capillaire agissait en toute tranquillité sur la belle endormie et au cerveau malheureusement vide pour le moment. Seika ne savait pas ce qu’elle avait à faire aujourd’hui, et s’en fichait. D’ailleurs, elle laissa filtrer à travers l’état de calme qui s’était installé en elle l’information suivante : je n’ai strictement rien prévue de faire aujourd’hui, mais Sakura voulait me voir dans la soirée. Et bien, elle avait jusqu’à ce soir. Mais ce n’était pas dans ses habitudes de lézarder au lit toute la journée. La jeune femme se redressa et laissa la serviette sur le lit, pour retourner dans la salle de bain et y allumer la lumière. Cette dernière clignota plusieurs fois avant de s’allumer vraiment révélant à la Kunoichi son corps svelte, et ses seins couverts par ses cheveux noirs et encore humides, qu’elle entreprit de brosser et de sécher tranquillement. Il y avait aussi des matinées pour prendre soin de soi, ce que Seika aimait bien faire, car cela lui permettait de ne pas penser, et de se vider la tête de tout ce qui s’y trouvait. Ce qui pouvait être un mal, dans le cas où l’on oubliait au passage un fait important de la journée. Mais là vraiment, il n’y avait rien de prévu, du coup… Shijima entreprit de se vider la tête, petit à petit, traitant ses souvenirs, les idées qui lui venaient, et toutes les pensées qu’elle avait sur le moment, pour le recaser dans des parties bien distinctes de sa tête. Ce rangement mentale l’occupa plus qu’elle ne s’en aperçut, et malgré qu’elle soit restée consciente et active durant tout le temps que dura cet auto-thérapie, lorsqu’elle reprit réellement conscience, elle était debout face à son armoire ouverte, toujours nue, et légèrement frissonnante. Son subconscient venait de la ramener à la réalité parce qu’elle ne savait pas comment s’habiller pour la journée, question qui nécessitait sans plaisanter un réel avis de son conscient occupé sur le moment à d’autres tâches. Aussi s’attela t’elle à se vêtir, avec une pensée pour son bandeau Ninja, ne sachant trop si elle allait le porter aujourd’hui ou pas…

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Lorsqu’elle entreprit de quitter son appartement, Seika eut un tilt, un petit flash mental : elle repensa encore une fois à ce que lui avait dit son amie la veille. A savoir, « surtout ne sois pas en retard ! ». Oui voilà elle se souvenait maintenant du point de rendez-vous, qui était plus qu’habituel : chez madame Watanabi. Surement allaient-elles diner toutes les trois, ce qui ne dérangeait pas la Kunoichi, loin de là. La porte de son appartement se referma derrière elle, et alors qu’elle jaugeait la fraicheur du fond de l’air de cette matinée qui s’annonçait bien belle, Seika tourna sa clé dans sa serrure avant de la ranger dans une poche de son débardeur de cuir. Son instinct ne l’avait pas trompé : il allait faire un temps magnifique. Le ciel bleu, sans nuage aucun, ne charriait pas un vent désagréable, capable de soulever vos vêtements en un clin d’œil par exemple, et les quelques nuages éparses restaient immobiles au-dessus des cimes montagneuses du village. La température n’était pas encore spécialement chaude, mais cela s’arrangerait dans la journée elle en était sur et certaine.

Ses chaussures à semelles renforcées crissèrent sur le bois du palier tandis qu’elle se dirigeait vers l’escalier métallique qui permettait à d’accéder au premier et unique étage du petit lotissement d’appartement. La copropriété n’y était pas très développé malgré ses relations avec la gérante, c’était surtout un dortoir qu’un lieu pour vivre : Shijima repensa à l’appartement de Sakura, juste au-dessus d’un grand appartement d’un jeune couple qui venait d’avoir en bébé. Aussi charmant que soit cet événement, il avait failli rendre dingue la Kunoichi Médicale, qui aurait alors été à l’encontre de son enseignement en pratiquant des soins très particuliers aux cordes vocales du petit… Ah, sacrée Sakura va, toujours le mot pour rire elle, et toujours des sourires francs à distribuer aux gens qu’elle aime. Une amie, avec Ina, qu’elle espérait garder toute sa vie. Mais pour Ina… La vieille gérante n’était plus toute jeune, et leur avait dit à toutes les deux un jour sur le ton de la plaisanterie : « Je m’en irais lorsque je vous saurais mariée toutes les deux ! ». Haem, du coup elle n’était pas prête de partir, et c’était tant mieux comme ça. La jeune femme atteignit l’escalier qu’elle descendit marche après marche, faisant virevolter sa robe blanche à chaque pas, ainsi que son épaisse chevelure noire toute scintillante des traitements reçus. Elle avait un peu de mal à juger de l’heure qu’il était en fait, mais le temps avançais toujours vite qu’on ne le croyait, aussi misait-elle sur neuf heures du matin, voir plus tard. Atteignant enfin le sol qui, autour de la propriété à environ un mètre des murs étaient en bêton, son pied cogna contre un caillou qui partit en roulant dans le sable de la ruelle. Malgré le fait qu’elle aime la puissance de la montagne, Shijima n’aimait pas les cailloux. Ces trucs qui venaient toujours se coincer dans ses chaussures, ou qu’on pouvait lancer pour faire très mal à quelqu’un. Non elle n’aimait pas ça. Elle pensait à ces gens qui vivaient encore au pays de la Terre malgré la destruction de leur village caché : du matin au soir le nez dans les cailloux, brrr, affreux. Après quelques pas, une voix connue, et appréciée, l’interpela avec douceur.

[Watanabi Ina] « Eh bien Seika, je te croyais levée de bonne heure ! »

[Seika] « Bonjour Ina. Elle se tourna vers la propriétaire et marcha jusqu’à sa fenêtre ouverte qui lui servait quasiment de bureau toute la journée, tandis qu’à l’intérieur elle lisait, ou préparait du thé ou des petits plats lorsqu’il n’y avait personne à surveiller, tout ça de cette place. Quelle heure est-il s’il te plait ? »

[Watanabi Ina] « Il est presque midi ! »

Seika resta un moment figé, comme si la formulation de son amie avait été un maléfice qui faisait maintenant d’elle une statue vivante. Midi ? Il était presque midi ?! Ouah, mais cela faisait des années qu’elle n’était pas sortie de chez elle plus tard que neuf heures du matin ! Alors midi, comprenez que la Kunoichi était plus que surprise. Ca devait être pour ça qu’elle avait eu un réveil difficile d’ailleurs, trop peu habituée à dormir aussi longtemps, son corps avait mal réagit à la chaleur trop constante de son appartement ainsi qu’à son sommeil bien trop long. Et bien s’il était si tard…

[Seika] « Avec les entrainements et les missions, j’avais vraiment besoin de repos. Mentit-elle. Dit moi tu as déjà déjeuné ? »

[Watanabi Ina] « Oui, mais on va diner ensemble de toute façon ce soir, Sakura t’as prévenue non ? »

[Seika] « Oui, oui, elle m’a prévenue. Bon, je vais aller faire un tour dans le village et trouver un petit quelque chose à manger avant d’aller me promener aux lacs. »

[Watanabi Ina] « D’accord ma belle, bonne appétit, et fais attention à toi surtout. Elle lui fit un grand sourire avant d’ajouter brusquement. Ah et aussi, ne sois pas en retard ce soir ! Je vous prépare un plat que vous allez aimez Sakura et toi ! »

Seika pencha la tête de côté et lui rendit son sourire avant de la saluer en s’inclinant devant elle, et de la remercier pour ses mises en garde, en lui promettant d’être prudente. De toute façon elle avait besoin de faire une pause dans ses entrainements pour vérifier ses acquis, et vérifier que toutes les techniques qu’elle avait déjà apprises, elle les maîtrisait bien. Et pour ça elle ne pouvait pas se relancer dans un nouvel apprentissage. Shijima tourna les talons et prit la direction des ruelles de droite, en direction du centre du village, et plus loin de la place du marché où elle était sure de trouver quelque chose à grignoter avant d’aller se balader. Sur le chemin elle croisa deux Jounin qu’elle salua d’un petit mouvement de la tête et d’un sourire, tandis que ces derniers se retournèrent sur son passage, admirant ses courbes et ses mains fines mais gantés de lins et de métaux. Rapidement, elle sentit se rapprocher d’elle les signes de l’activité humaine : odeurs de nourriture, sons des voix des marchands et des badauds en train de discuter, chiens et chats voleurs, attendant que des victuailles tombent des étales, et parfois n’attendant pas que cela se passe ainsi. Le flot humain augmentait, mais vu que midi pointait, c’était autant de personnes rentrant chez elles que de passants qui, comme elle, cherchaient juste quelque chose à manger pour l’heure du soleil à pic. Bien que vu la saison, et l’arrivée de l’automne et des pluies, le pic de midi était légèrement après midi passé en fait. La jeune femme entra sur le marché, tandis qu’au loin, deux yeux bleus la suivirent avec attention…

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mar 13 Oct - 17:14

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.2.

Le fait est que parfois, on ne trouve pas son bonheur comme ça, en claquant des doigts. C’était le cas pour une jeune femme magnifique qui arpentait la place du marché en quête de nourriture qu’elle ne trouvait pas, regardant les étales avec envie, puis les délaissant, cherchant des senteurs plus agréables à ses narines. Un reflet métallique accompagnait ses passages à la lumière du soleil : autour de son cou délicat se trouvait un bandeau de Ninja de Kumo. Cette femme en robe blanche était donc une Kunoichi du village ? Pour certains, qui ne la voyait que pour la première fois, vu le nombre de fois qui se comptait sur les doigts qu’elle était passée sur la place du marché ainsi vêtue, c’était une grande surprise de savoir cette femme Ninja. Mais après tout, pourquoi pas ? Avec son sourire, et son corps, elle avait de grandes capacités ! C’est ce que disaient les hommes qu’elle avait repoussés pour se moquer d’elle, mais il était aisé de sentir sous leurs paroles le désir inachevé de son être, et de la toute puissance qu’ils auraient voulus avoir sur elle. Cependant le cœur de la jeune femme, loin d’être prit, restait clos à tous sentiments trop poignants, comme l’amour par exemple. Et une femme comme elle, ne pouvait se laisser toucher ni même approcher, que si des sentiments transparaissaient, en tout cas c’est ce qu’elle pensait de ces relations là.

Seika s’arrêta devant un nouvel étale, ou plutôt un petit stand de restauration, où le marchand et cuisinier faisait cuir ses succulentes petites brochettes qu’on nomme Yakitoris. Depuis qu’elle en avait mangé au restaurant du Chien Fou avec Sho, elle en raffolait de ces petites douceurs. L’homme au visage rond, pas très grand, mais très habile de ses mains, lui fit un grand sourire en banane et lui présenta son produit, en revendiquant d’être le meilleur du marché tous les jours ! Sous-entendu donc qu’il y avait d’autres vendeurs de Yakitoris qu’elle n’avait pas vus. Mais le petit homme avec son couvre-chef blanc sur le crâne était bien sympathique, aussi finit-elle par s’avouer vaincue. Shijima, un peu affamée il fallait le dire, lui prit quatre brochettes, qu’elle se décida à manger en marchant, en direction des lacs où elle comptait se promener, seule et mystérieuse, le reste de l’après-midi. Le petit homme sautilla de joie et finit par lui dire, légèrement rougissant, quelques mots troublant.

[Marchand] « Vous savez, ça me fait plaisir de voir une femme si belle et distinguée -une Kunoichi en plus !-, apprécier les choses simples et la bonne nourriture. D’ailleurs, il n’y a pas qu’à moi que vous faite plaisir par votre présente : tous les hommes vous ont remarqués, arpentant le marché dans votre robe blanche, comme un ange discret mais impossible à rater, descendu parmi les pauvres mortels que nous sommes… Tien regardez cet homme là-bas, au coin du couloir, il ne vous a pas lâché des yeux une seule fois depuis que vous vous êtes arrêtez à mon étale. »

La jeune femme, malgré son état un peu absent mentalement depuis qu’elle c’était réveillée, n’en était pas moins sobre et capable de tout de suite s’alarmer d’être suivie. D’habitude, ses prétendantes n’allaient pas jusque là, et la sachant Chuunin, la plupart se calmaient, souriaient, et plaisantaient pour éviter d’être frappé par la foudre au détour d’un chemin, par une nuit sans lune. Mais là, et en plein jour ! Etait-ce vraiment un simple garçon qui voulait s’attirer ses faveurs ? Et bien ce n’était pas en la suivant de loin qu’il y arriverait, ça c’était clair. La jeune femme lui jeta un coup d’œil discrètement : effectivement il y avait quelqu’un, dans l’ombre des bâtiments, mais la clarté n’était pas parfaite et elle n’arrivait à distinguer que des vêtements qui ne lui disaient rien. Cependant sa tête était continuellement tournée vers elle… Etrange tout ça, et surprenant surtout. Après avoir payée le marchand et lui avoir adressée un sourire en coin avec un clin d’œil, la Kunoichi repartit dans la direction opposée de celui qui semblait l’avoir prise en filature. Quelques secondes après l’avoir vue partir, le marchand vit passer devant lui un homme aux cheveux bruns coupés court, le regard espiègle mais déterminé en cet instant. Il portait autour du cou un pardessus de lin noir qui retombait tout autour de son corps, cachant ses bras et son torse. Ses yeux croisèrent le regard du marchand, qui ne put s’empêcher de sourire : ah ces jeunes, ils avaient vraiment du mal lorsqu’ils étaient fous amoureux.

Seika prit plein nord à travers les ruelles, puis commença à bifurquer vers l’ouest, puis le nord-ouest, pour rejoindre le chemin qui partait vers les hauteurs, longeant les précipices pour rejoindre, à certains embranchements, les différents lacs qui pouvaient servir de lieux d’entrainements aux Ninjas. Ce vers l’un des plus lointains et avec le plus d’altitude que la jeune femme se rendit. Un crissement de cailloux derrière elle lui fit se retourner brusquement, mais il n’y avait rien. Elle se faisait peut être des idées, voilà tout. Elle venait de finir sa deuxième brochette lorsqu’un nouveau crissement vint la déranger, et dans un mouvement rotatif, elle projeta le petit pic de bois derrière elle en se retournant, sa chevelure volant avec elle, de même que sa robe blanche. Heureusement qu’elle n’était volante qu’au niveau de mollets, car ces chemins montagnards étaient venteux, et elle n’aurait pas apprécié de se retrouver les fesses à l’air, même toute seule et en pleine nuit noire. Son petit pic de bois encore humide de ses bouchés de volailles traversa le vide, et alla s’écraser par terre. Bizarre tout ça. La jeune femme ne repartit pas tout de suite et se retourna totalement pour observer le chemin, puis ses flancs. Celui qui descendait vers la vallée formait un précipice, et était bien trop dangereux à emprunter. Par contre, quelqu’un pouvait être en train de la suivre depuis les hauteurs, en zigzaguant sur le versant de la montagne, d’arbre en arbre. Ces mouvements, combinés au poids de la personne qui la suivait, devaient faire trembler les troncs, et déclencher la glissade de quelques cailloux le long de la pente. Ou alors elle recommençait avec sa paranoïa naturelle : ce n’était peut être qu’un petit animal qui provoquait ces crissements.

Elle arriva finalement près du lac Karas, pour s’apercevoir que quelqu’un l’y attendait déjà : l’homme qu’elle avait vu au marché dans l’ombre, il était là à présent, assis sur une pierre. La veille, les eaux du lac étaient montées à cause de la pluie, mais à présent tout était revenu à la normal, et la plage de pierre de nouveaux accessibles laissait transparaitre les rochers sur lesquels la jeune femme aimait bien s’installer pour se concentrer. C’était justement sur l’un de ses rochers, qu’était à moitié assis l’homme. A présent dans la lumière du jour, elle arrivait mieux à le distinguer : de taille normale, des cheveux bruns avec une coupe peu sophistiqué, et des yeux rieurs. Sa tenue fit qu’elle ne le reconnue pas tout de suite… Mais lorsqu’il se redressa, et s’approcha d’elle, Seika vit enfin de qui il s’agissait !

[Seika] « Et bien Kakuzo-kun, que me vaut le plaisir de te voir si loin des portes du village ? »

[Kakuzo] « Euh je… Le Chuunin semblait perturber par la question de Seika et son sourire, la tête penchée de côté. Je ne suis pas de garde aujourd’hui, c’est Arata qui s’occupe des portes. Mais comment connais-tu mon nom ? »

[Seika] « J’ai entendue Sho t’appeler comme ça en rentrant de notre mission dans les montagnes il y a moins d’une semaine ! La remarque, accompagnée d’un petit rire, fit rougir l’homme qui n’arrivait pas à rester de marbre de sa présence près de lui en cet instant, alors que c’était lui qui l’avait provoqué. Alors, qu’est ce que tu fais ici ? »

[Kakuzo] « … Je… Je voulais te parler un peu. Certains Chuunin et Jounin ont parlés de toi de temps en temps au Centre des Missions, et j’ai souvent eu l’occasion d’entendre bien des rumeurs à ton sujet, mais rien qui ne semblait tenir la route. Alors je me suis dit que la meilleure façon d’en avoir le cœur net, c’était de venir te parler directement, pour… Pour… »

Il n’arrivait pas à terminer sa phrase, de plus en plus rouge alors que Seika le regardait juste avec des yeux ronds. Des rumeurs sur elle ? La jeune femme était curieuse d’entendre ça. Que des rumeurs circulent, cela ne l’étonnait guère, mais elle avait peut être l’occasion de savoir de quoi il s’agissait cette fois. Et puis sur quels détails de sa personne circulaient des rumeurs ou des informations. Car si des choses d’un ordre privé de sa vie avaient été dites, ou qu’elle avait été épiée… D’ailleurs elle allait demander de ce pas quelque chose à ce garde des portes timide.

[Seika] « Kakuzo, est-ce que tu m’as suivie ? »

[Kakuzo] « …Je, tu m’as vu ?.. Je ne voulais pas t’importuner sur la place du marché, et puis j’avais trop honte et trop peur pour venir te parler en public. Alors quand tu es partie, j’ai essayé de te suivre, mais je t’ai perdue de vue, et finalement je suis monté ici directement pour t’attendre ici, parce qu’on m’a dit que tu venais souvent là. »

[Seika] « Tu… Tu n’étais pas sur le chemin pour monter ici derrière moi, ou dans les hauteurs alors ? »

[Kakuzo] « Non, je suis arrivé ici il y a quinze minutes ! Pourquoi ? »

La Kunoichi ne répondit rien, et se retourna à demi vers le chemin, observant de profil ce dernier, comme s’il allait lui donné une réponse à sa paranoïa. La jeune femme finit par soupirer, puis par reporter son attention au garde des portes du village, qui attendait surement une autre réaction que celle-ci de sa part. Souriante, elle lui fit un petit signe de main, et l’invita d’un mouvement de la tête à marcher avec elle près du lac. Un peu perdu, Kakuzo la suivit et se porta à sa hauteur, tandis qu’elle dégustait sa dernière brochette. Leurs pas se synchronisèrent lentement, car le garçon à côté d’elle avait des jambes plus longues que les siennes, et la jeune femme prenait son temps pour mâcher, et finir de déguster les morceaux de viande blanche encore tièdes. Ainsi ce n’était pas lui qui l’avait… Non mais elle devait arrêter de penser à ça, c’était juste un animal ! Un petit écureuil peut être. Elle devait arrêter de toujours penser que quelque chose allait lui tomber dessus. Kakuzo restait silencieux à côté d’elle, incapable de prendre la parole, surement honteux de l’avoir suivie. Elle-même n’en avait cure, elle se contentait juste de finir de manger en faisant ce pourquoi elle était venue ici : se balader. Mais viendrait le moment de jeter cette petite tige de bois, et de prendre la parole pour inviter le Chuunin à lui parler, à lui dire ce qu’il avait sur le cœur, même si elle ne pourrait en aucun cas lui répondre favorablement, ça c’était une évidence. Lorsqu’elle le pique vola vers la forêt, pour aller se perdre dans les buissons, Kakuzo y vit l’occasion de lui parler. Mais Seika tourna sa tête vers lui, et tout en souriant gentiment, prit la parole avant lui.

[Seika] « Alors, quel rumeur tu voulais vérifier en venant me parler Kakuzo ? »

[Kakuzo] « Ah, euh, et bien comment dire… Il tourna la tête de gauche à droite, comme s’il n’arrivait pas à ordonner ses idées. On t’a vu diner en tête à tête avec Sho le soir de votre retour de mission alors beaucoup pensent que vous êtes ensembles… »

[Seika] « Et, pourquoi voulais-tu vérifier ça ? Tu t’inquiètes pour Sho ? Dit-elle avec un sourire moqueur. »

[Kakuzo] « Mais non ! Enfin si mais, enfin pas par rapport à toi ! »

Le Chuunin allongea le pas, la dépassa, et se plaça devant elle avant de tendre les bras et de lui prendre les mains dans les siennes, avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir. Ses mains, bien que tremblantes, ne reflétaient pas son air déterminé à oser demander cette question qu’il n’était ni le premier, ni le dernier à demander surement.

[Kakuzo] « Seika, est-ce que ton cœur est libre de m’aimer ? »

[Seika] « Kakuzo je… »

[Kakuzo] « Non ne dis rien ! Je sais déjà ce que tu vas me répondre, ce que tu as répondu tous les autres d’ailleurs. Mais crois-tu, penses-tu, que si l’on apprenait à se connaitre tous les deux, tu pourrais tomber amoureuse de moi ? »

[Seika] « Kakuzo. Elle retira ses mains des siennes et se contenta de faire un pas en arrière, puis de croiser ses bras dans son dos, la tête et le dos légèrement vouté en avant. Kakuzo comme tu l’as si bien dit, je t’aurais répondu la même chose qu’aux autres avant toi. Et parce que tu es quelqu’un de sympathique au premier abord, bien qu’un peu spécial, je vais répondre à ta seconde question : peu importe le temps qu’on passerait ensemble, je ne puis pas ouvrir mon cœur, à qui que ce soit. Sauf peut être, à quelqu’un qui me ressemblerait, et qui saurait me comprendre sans qu’aucun mot ne soit échangé… Le Chuunin baissa la tête, les poings serrés. Je suis désolé Kakuzo. S’il te plait ne le prend pas personnellement, tu es quelqu’un d’amusant, et puis ta timidité est craquante, mais tu auras plus de chance avec une autre. »

Le jeune homme finit par desserrer les poings, et un coup de vent fît danser ses vêtements sombres. Finalement, ses mains se décrispèrent : il savait que cela se passerait ainsi, et avait été aveuglé par un espoir fou, que la jeune, froide, et mystérieuse femme soit sensible à ses propos. Elle n’était pas méchante, ne cherchait pas à faire souffrir les gens, comme l’avaient dis certains autres Shinobis : elle était juste, naturellement belle, et avait en elle des douleurs qui l’empêchaient d’aimer. Des douleurs que le garde des portes se savait incapable de comprendre. Il n’avait jamais été un grand analyste. Mais depuis qu’il l’avait vu, ce matin là aux portes du village avec le reste de son équipe, il n’avait été que subjuguer par sa grâce, ses formes, le charisme naturellement charmeur et presque effrayant qu’elle exerçait sans s’en rendre compte sur les hommes. Lui aussi en avait été victime, mais il ne regrettait pas ce qu’il venait de faire : il avait pu lui prendre les mains, les sentir contre les siennes, et lui parler un peu. Et certes, il aurait plus de sa chance dans l’avenir avec d’autres femmes, s’il était capable d’autant de franchise que ce qu’il venait d’accomplir.

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Seika regarda Kakuzo s’éloigner, l’air un peu penaud et titubant, mais elle n’aurait pas pu lui mentir : d’ailleurs elle ne mentait quasiment jamais. Elle ne pouvait répondre aux sentiments des gens, justement pour la simple et bonne raison qu’elle était incapable de les ressentir elle-même ! Et puis ce qu’elle avait ressenti avec Sho, c’était différent. Shijima n’était pas « avec » lui, mais au vu de sa déclaration ce soir là, on pouvait facilement se demander si ce n’était pas le cas implicitement. Le Chuunin des portes se retourna une dernière fois et regarda Seika avec un petit sourire triste, mais qu’il s’attendait surement à ressentir, cela se voyait dans son regard. La jeune femme lui adressa un signe de la main, souriante, et le jeune homme descendit le chemin, devenant invisible aux yeux de sa collègue en quelques secondes.

Après ça, Seika se remit à marcher, mais elle ne ressentait plus trop l’envie de se balader à présent : cette rencontre, même si elle s’était bien passée, l’avait un peu vidé de ses forces et de sa volonté de solitude. Shijima s’arrêta de marcher et concentra son attention sur deux corbeaux, installés sur une branche d’un des nombreux arbres morts du lac Karas. Silencieux, immobiles, ils dardaient leurs yeux vers elle, seuls éléments mobiles de leurs êtres en cet instant. Oui, mieux valait qu’elle redescende en ville. D’ailleurs l’heure avançait. Seika avait rendez-vous à vingt heures, et bien qu’il soit dix-sept heures tout juste sonné, elle préférait être en ville pour être sur d’arriver à l’heure : Ina détestait qu’on arrive en retard à ses diners. Souriant intérieurement à cette pensée, Seika tourna les talons, faisant crisser ses chaussures sur les cailloux au sol. Derrière elle… Trois paires d’yeux l’observaient, et l’une d’entre elle n’avait rien à voir avec le regard perçant d’un volatile nécrophage.

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mar 13 Oct - 17:26

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.3.

La jeune femme redescendit donc le chemin menant au lac Karas pour retourner vers le village caché de la Foudre. Cette fois-ci, un peu perdue dans ses pensées malgré qu’elle n’ait plus désirée en avoir de la journée, la Chuunin n’entendit pas cette fois les bruits autour d’elle, qu’elle aurait de toute façon mise sur le compte de petits animaux de la forêt, qui à cette heure où le soleil redescendait déjà dans le ciel, vers l’ouest, devaient surement retourner dans leurs terriers. C’est donc dans un état second qu’elle regagna Kumo, tandis que les ombres s’allongeaient autour d’elle. Après tout, la Kunoichi se demandait s’il ne valait pas mieux qu’elle soit avec quelqu’un, pour éviter que ce genre de chose continue de se reproduire. Mais d’après Sakura, cela ne rebutait pas certaines personnes de faire des avances à des dames qui étaient déjà en couples. Cette attitude, certes qu’elle ne pouvait pas comprendre dans son ensemble, l’incitait surtout à beaucoup de prudence, et à un rejet systématique, avec autant de douceur que possible, des hommes qui venaient à elle dans l’espoir de cueillir la rose sauvage et mystérieuse. Le plus étonnant dans tout ça ait été qu’elle ne rejette pas Sho Nagoshi. Sauf que lui, il n’était pas vraiment venu à elle de la même façon que les autres, et c’était plus le fruit du hasard qu’elle ce soit autorisée cette fois à ne rien faire, à le laisser agir à sa guise, le temps de voir s’il était vraiment capable de faire autre chose que d’articuler des mots, comme la plupart des hommes.

C’est d’ailleurs quand on est un peu trop perdue dans ses pensées qu’on fait un pas de travers, qu’on oublie de regarder où l’on va, et qu’on se retrouve brusquement dans un cul de sac qui n’était pas là la première fois. En fait si, le cul de sac avait toujours été là, on ne faisait pas pousser les maisons comme ça en claquant des doigts. Par contre ce qui était bizarre, c’était qu’elle ce soit dirigé dans cette direction là précisément, perdue dans ses pensées, sans jamais regarder où elle mettait les pieds. D’habitude, même en fermant les yeux, elle aurait pu retrouver la direction de son appartement, vu le nombre de fois qu’elle avait empruntée ce chemin. Elle refit le trajet qu’elle venait d’accomplir mentalement : elle était arrivée à l’entrée du village, pas la grande porte hein mais un chemin de montagne qui partait vers les terrains et les lacs, puis avait emprunté cette rue, puis celle-là, celle-ci, avait croisé un vieux couple, puis un marchand portant un sac de marchandise sur son épaule, puis un adolescent sans bandeau, puis, plus personne. Un adolescent sans bandeau ? Pourquoi elle ajoutait d’elle-même mentalement qu’il n’avait pas de bandeau sur lui ? Tout les jeunes gens du village n’étaient pas destinés à être des Shinobis après tout. Pourtant oui, un instant, elle avait croisé son regard, et elle avait tout de suite pensé qu’il devait s’agir d’un Ninja. Mais pourquoi ? Face au haut mur de quatre mètres de haut, qui devait bien couvrir un étage du bâtiment fermant la rue, elle mit une main sur sa hanche et se passe l’autre dans les cheveux en réfléchissant. Ses yeux, oui, elle avait lu dans ses yeux qu’il était Ninja, et après ça au lieu de continuer tout droit elle avait bifurqué à droite et c’était engagé dans un dédale de ruelle très peu fréquenté car résidentiel, et qui se terminait en cul de sac, à l’est du village, presque en plein milieu parce qu’après, c’était l’Asakura, les bas-quartiers de Kumo. Que diable faisait-elle là alors qu’elle habitait à l’ouest elle ? Ses yeux, ses yeux, ses yeux…


Oui ! Ses yeux, ils avaient brillés d’énergie ! Ils étaient chargés de Chakra ! Bon sang elle c’était faite piégé ! La suite des événements ne se fit pas attendre : elle entendit un sifflement derrière elle, et se plaqua contre le mur à sa droite, évitant de justesse un Kunai lancé à bout portant par ce même garçon qu’elle avait croisée en arrivant ici. Mais Seika n’eut pas le temps de pousser plus loin sa réflexion : sur le manche du Kunai, un parchemin explosif était enroulé. Avant même d’avoir le temps d’articuler un début de « nom de di… », le parchemin s’embrasa brusquement, et explosa. Le souffle de l’explosion, bien que proche, ne la blessa pas outre mesure. Par contre le mur du bâtiment se craquela. Impossible, impossible ! L’explosion allait surement attirer du monde, mais le temps que le monde arrive, c’était à elle de se défendre contre cet agresseur sorti de nulle part, et qui sans raisons apparentes, l’attaquait dans le but évident de la tuer. Qui était-ce ? Pourquoi s’en prenait-il à elle ? Deux questions qu’elle ne pouvait pas formuler à voix haute faute d’oreilles pour écouter. Le garçon qu’elle prit la peine de détailler un peu, cheveux bleus foncés et des yeux aux iris noirs, composa brusquement une série de signe : pas de doute, il s’agissait d’un Shinobi. Et s’il était dans le village, c’était qu’il devait s’agir d’un de ses membres. Mais qui ? Elle n’avait jamais vu cet adolescent auparavant ! Il ne s’agissait pas d’un prétendant qu’elle avait repoussé en tout cas. Soudain elle eut un flash mental. Ces yeux, s’ils lui avaient parlés, c’était parce qu’elles les avaient en effet déjà vu ! Mais oui ! C’était les mêmes yeux que le chef de ce petit gang qui avait racketté pendant quelques temps les marchands du village, il s’agissait d’un Genin mais qui n’avait fait que rester dans l’ombre pour faire son petit business. Mais elle l’avait poursuivit, traqué, et finalement c’était faite arrêté à temps par un Jounin avant qu’elle ne le tue. Après quoi elle était devenue Chuunin. Ah comment s’appelait-il… Zabi, Zabi quelque chose…

[???] « Je crois que tu as compris maintenant. Zabi Tetsuara, c’était le nom de mon frère. C’était l’adolescent qui venait de parler, tandis que dans sa main se matérialisait un véritable sabre de foudre. C’était mon frère… Et malgré ce qu’il avait fait, je ne pouvais pas le considérer autrement. Il pensait pouvoir sauver notre mère avec l’argent qu’il amasserait, je pensais le faire légalement, en effectuant des missions pour le village. Mais à présent… »

Il n’acheva pas sa phrase, et pointa de son arme de Chakra la jeune femme qui c’était remise en plein milieu du chemin. Oui il se souvenait de lui, Zabi Tetsuara. Il avait avoué qu’il voulait rassembler de l’argent pour faire venir des médicaments spéciaux du pays du feu pour sa mère, qui était malade. Les responsables avaient promis de s’occuper d’elle, mais que même si le but était louable, la méthode n’avait été que trop mal choisie par le Genin. Mais elle ignorait qu’il avait un frère. Un frère Ninja en plus, et qui lui avait lancé un Genjutsu pour la forcer à passer dans cette ruelle, pour l’isoler du reste de la population. Cela lui laissait possiblement le temps d’essayer de la tuer, ce qu’il n’avait pas réussi à faire pour le moment. Son sabre de foudre crépitait de toute part, et semblait auréolé de puissance : ce n’était pas n’importe qui ce type.

[Seika] « Qui es-tu ? Qu’est ce que je t’ai fais à toi pour que tu m’en veuilles au point de vouloir me tuer ? »

[???] « Son poing se resserra sur son arme improvisé, et son regard sans sentiment se durcit encore un peu. Je m’appelle Xang Quotsuara, et ce que tu as fais… Malgré la dureté de son regard, une larme se forma au coin de son œil droit. Tu les as tués ! »

Seika n’eut pas le temps de répondre : son adversaire était déjà sur elle ! Rapidement, ses mains formèrent un signe et elle disparut dans un nuage blanc, évitant ainsi le sabre de foudre de son adversaire qui trancha net le rondin de bois qu’elle avait placée sur sa trajectoire. Xang, Xang… Elle avait déjà entendu ce nom quelque part, il s’agissait d’un Genin très prometteur à ce qu’elle avait entendue dire, surement promis à devenir Chuunin d’ici peu. Mais ce qu’il faisait aujourd’hui, mettait fin à cet avenir, et ne lui en ouvrait plus que deux : la prison, ou la désertion, qui finirait malheureusement par la mort. La Kunoichi était à présent derrière le Genin, qui c’était retourné et lui fonçait de nouveau dessus. La jeune femme recula d’un bond, et se retrouva contre le mur de gauche. Xang, qui avait anticipé l’esquive, bondit en même temps qu’elle et tenta de lui frapper la jugulaire de son arme. Malgré sa position, Seika réussit à se baisser et à rouler de côté, évitant l’arme une nouvelle fois. Le sabre craquela le mur sur son passage : la concentration en énergie de sa technique était d’autant plus forte qu’il semblait y mettre toute sa peine, toute sa souffrance, et toute sa haine pour elle. Un seul coup, et ce serrait la fin. Mais Xang, comprenait qu’il n’arriverait à rien en agissant de la sorte, vu que son temps était à présent compté, relâcha sa technique. Seika, connaissait le parchemin à l’académie permettant d’apprendre Sandaa Saabaru, le sabre de foudre, savait ce que ça signifiait. Alors que Xang s’écartait aussi en bondissant en arrière, Seika se roula une nouvelle fois dans la poussière pour s’écarter de l’explosion que provoqua la technique. En effet, il était prometteur ce type. Et même s’il semblait totalement possédé par ses sentiments, il n’en restait pas moins lucide et capable d’aligner ses attaques avec une grande précision. Toussant à cause de la poussière, la Chuunin se mit à genoux et mit sa main sur sa bouche, avant de dire.

[Seika] « Ecoute, je ne sais pas ce que tu racontes, je ne les ais pas tué ! »

[Quotsuara Xang] « Si. Ma mère… Est morte de son cancer aux poumons, dans des souffrances abominables. Et sur son lit de mort, et on lui a refusé le droit de voir son fils une dernière fois. Lorsque Zabi l’a apprit, en prison… Xang réprima un sanglot. Il c’est suicidé, en laissant comme dernier message : « Vous n’avez pas tenu votre parole ». Le village ne l’a pas sauvé. Et lui, malgré ce qu’il faisait, il aurait peut être pu la sauver avec l’argent… Mais tu es arrivé, et tu as tout gâché, tu as détruit ce qu’il avait mit plus d’un an à bâtir. Tu as tué mon frère, ma mère, les deux seules personnes qui comptaient pour moi, par tes actes ! »

Shijima accusa l’information, et une sueur froide coula le long de son échine, la faisant frissonner. Elle n’était pas le village ! Si sa mère était morte, ce n’était pas sa faute à elle qui n’avait fait que son travail ! S’il avait des explications à formuler, c’était à l’administration, pas à elle. Mais dans le regard embué de Xang, elle lue… Qu’il l’avait déjà fait. Malgré son jeune âge, il c’était maîtrisé, était allez trouver l’administration, et avait demandé des comptes sur ce comportement honteux. Mais rien n’y avait fait, la politique du village vis-à-vis des criminels était intransigeante. Seika sut, en se relevant, que cette discussion ne mènerait à rien. Elle ne pouvait pas les ramener. Elle ne pouvait pas changer le passé, et ne l’aurait de toute façon pas fait. Il était trop tard, pour faire marche arrière, pour Xang comme pour elle. Le regard de la Chuunin se fit froid, distant, plus sombre que jamais, ce qui contrastait avec les flammes ardentes du regard du Genin. Ce dernier, reçut comme un choc face à ce changement total d’expression. Un regard, qui disait quelques mots simples : « Je suis désolé ». Xang, l’avait comprit, mais sa détermination à la combattre ne changea pas, et il en assumait pleinement les conséquences.


D’un geste qu’elle ne comprit que plus tard, l’adolescent aux cheveux bleus sortit un nouveau Kunai de la sacoche qui pendait à sa hanche, et le lança faiblement, de manière à ce qui se plante juste devant les pieds de la jeune femme, qui cru tout d’abord que l’arme était piégé. Mais comme son adversaire ne faisait aucun mouvement, elle se baissa et la ramassa, ne découvrant rien d’autre qu’une arme. Elle ne comprit pas, lorsqu’il fit apparaitre un Kunai dans sa propre main, qu’elles étaient ses réelles intentions. Elle ne comprit pas, lorsqu’il se jeta sur elle, son arme en avant, brillant de mille feux à la lumière du soleil couchant. La Chuunin réagit au quart de tour, et maintenant qu’elle était bien au fait de la situation, ne c’était pas privé de malaxer son Chakra durant ce court intermède. Seika jeta son arme en l’air, qui décrivit des cercles sur elle-même, éclairant peu à peu tous les recoins de la rue sans le vouloir. Après quelques signes, un éclair blanc se matérialisa dans les airs. La technique de l’éclair fendu voulait que l’attaque rebondisse au sol, ce qu’elle fit. Mais son rebond, atteignit le Genin en pleine tête. Intercepté en plein mouvement, son corps ne pu s’arrêter. Sous la puissance de la décharge électrique, son arme semblait glisser entre ses doigts parcourus de courants électriques, incapables de bien serrer son arme.

Seika ne comprit pas, enfin, lorsqu’après avoir reçu l’attaque, Xang Quotsuara se mit à sourire. Dans ses yeux, la haine avait disparu, et malgré la tristesse et la douleur, il avait l’air heureux, de ce qui allait arriver. La jeune femme, n’avait absolument rien comprit, et cette fois-ci, personne ne l’arrêta. Personne n’était dans le quartier, et l’explosion d’un seul parchemin de faible puissance, n’avait pas attiré l’attention. Ils étaient seuls tous les deux, et alors que l’adolescent arrivait sur elle, la main tendue de la jeune femme rattrapa le Kunai que lui-même lui avait lancé, avant de se retrouver sur la trajectoire de son torse, qui semblait basculé en avant. Elle n’avait rien comprit, et elle le sut, au moment où l’arme transperça ses vêtements noirs sous lesquels il n’y avait aucune protection, les déchirant, jusqu’à atteindre sa chair qu’elle transperça aussi facilement que le reste, plongeant dans son sang, s’en gorgeant, jusqu’à atteindre un point critique. Ce fût la main de la jeune femme qui marqua l’arrêt du corps de l’adolescent.

Seika croisa son regard, et comprit enfin son sourire. Du sang perlant de ses lèvres, maculant de rouge les vêtements blancs de la jeune femme, il lui adressa ses dernières paroles, à croire que Shijima, était destinée à recueillir les derniers mots des mourants.

[Quotsuara Xang] « Merci, mademoiselle… Je n’avais pas la force, de mettre fin à mes jours, moi-même… Il toussa, et de ses mains se tint aux épaules de la jeune femme, tandis que celle-ci sentait sur son menton qu’elle avait été aspergé de sang. Je sais… Que… Vous n’y êtes pour rien… Alors… Alors… Xang glissa en avant, entrainé par son poids et ses jambes qui n’arrivaient plus à le soutenir. Son menton se posa sur son épaule, et ses dernières paroles lui furent murmurer à l’oreille. Ne… Leur faites… Jamais… Confiance… Jamais… »

La jeune femme glissa elle aussi, et tomba à genoux, retenant contre elle le corps de l’adolescent si prometteur. Elle n’avait rien comprit, depuis le départ : jamais elle ne pourrait faire confiance à ce village, aussi fort qu’elle l’aurait voulue. Le corps de Xang se raidit, et quelques secondes plus tard, ne bougea plus. Le Kunai avait percé sa cage thoracique, et, trop près de son cœur, avait provoqué une hémorragie interne fulgurante. Il était si prometteur, lui avait-on dit une fois. A présent, il était mort, dans une ruelle sans sortie, sous le soleil couchant, dans les bras d’une femme dont les larmes coulaient sans qu’elle s’en rende compte.

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mar 13 Oct - 17:30

-| 23 Ans, et Toujours Aussi Populaire… Ou Presque |-
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C’est dans cette position presque prostrée que deux Jounin la trouvèrent, serrant contre elle ce corps froid d’un jeune garçon aux yeux que certains décrivaient comme rieurs, même s’ils étaient la plupart du temps concentrés sur ce qu’ils étudiaient. Seika, sa robe parsemé de rouge, avait été arraché au corps du Genin sans ménagement, puis écarté de lui tandis que le premier des deux Ninjas Supérieurs constatait la mort de l’adolescent, un Kunai planté près du cœur. Les mains rouges de sang de la jeune femme faisaient d’elle la coupable, c’était une évidence. Mais lorsqu’ils fouillèrent le corps du Genin, ils y trouvèrent une lettre, signé de la main du jeune Ninja. Une lettre demandant pardon à la jeune femme pour le mal dont il l’avait accusée, et confirmant que c’était de sa propre volonté qu’il l’avait défiée, et avait tenté de la tuer pour être tué à son tour, dans un acte d’auto-défense. Transférée discrètement au Temple où elle fût isolée et interrogée, l’expert en interrogatoire de l’académie, le Jounin Toukotsu Kusari vint la plonger dans plusieurs Genjutsu successifs visant à lui faire avouer tout ce qui c’était passé avec le Genin. Mais les autorités durent se rendre à l’évidence : la Chuunin n’avait rien fait, à part tuer pour se défendre l’adolescent, qui voulait provoquer sa propre mort, et était arrivé à ses fins. A la fin de sa lettre, il signait juste de son nom, en ne laissant que de quelques mots : « Pour n’avoir pas tenu votre Promesse ».

Les experts finirent par faire le rapprochement et son lien de parenté avec le Genin suicidé quelques jours auparavant dans les geôles de Kumo. Il semblerait que Xang ait adopté le nom de son père, et qu’il n’ait été en fait que le demi-frère de Zabi, adopté par sa mère à la mort de son père. Même s’ils n’étaient liés que par un parent commun, les deux frères s’entendaient à merveille, jusqu’à ce que leur mère tombe gravement malade, deux ans auparavant. Elle avait lutté contre un cancer des poumons pendant ces deux années, mais avait finalement succombé, faute de soins adéquats, la semaine dernière. Une triste histoire, dont la fin l’était encore plus, autant pour le village que pour cette famille totalement décimée : les autorités avaient perdus un Genin prometteur. Et certains auraient été d’accord pour mettre Seika dans la même cellule que le frère de celui qu’elle avait tuée. Mais la jeune femme aussi, était particulière, et la mettre en prison n’aurait servi au rien. Aussi fût elle relâchée, avec plus de douceur qu’à l’arrivée. Dehors le ciel était noir à présent. Seika revint un peu à elle, alors qu’elle marchait vers le quartier ouest, et son appartement. Vingt-deux heures passés déjà…

Titubant, sentant sur elle plus que de raison l’odeur de mort dont elle était imprégnée, l’estomac de la jeune femme ne tint pas la distance et elle dut s’arrêter pour vomir contre un mur, comme un vulgaire alcoolique. Elle portait toujours ses vêtements couverts de sang. Ses gants en cuir n’avaient rien eu, son débardeur non-plu. Par contre sa robe était à jeter. A bruler même, et Shijima résista à une furieuse envie de la retirer de suite. Haletante, elle concentra son Chakra dans ses pieds et grimpa sur les toits. Les nuages étaient avec elle, la cachant aux yeux du monde. Rapidement, traversa le village à moitié endormi, elle retourna par le toit à son appartement. En bas, chez Ina, elle entendait des éclats de voix. Mais ça ne semblait pas très joyeux. De toute façon, elle ne voulait pas les voir, elle ne voulait voir personne, elle avait besoin de laver son visage, sur lequel apparaissaient des tâches rouges. Et puis, le sang avait traversé le tissu blanc pour venir coller à sa peau douce, la rendant désagréablement collante. Seigneur que c’était-il donc passé…

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Sakura était rentrée chez-elle, Ina dormait surement déjà, quand Seika sortit enfin de son appartement. Revêtue d’une grande chemise à manches longues, et d’une jupe longue, les pieds couverts par des chaussettes rembourrés pour éviter d’attraper froid, la jeune femme referma la porte de son appartement, et grimpa sur le toit de l’immeuble : elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. Ce que Xang lui avait dit tournait dans sa tête, ainsi que son sourire. La mort était-elle vraiment une délivrance ? Si c’était cela, pourquoi n’avait-elle jamais cherché à mourir, pour être délivré de cette vie ? Peut être parce qu’elle n’avait pas perdue des choses qu’elle n’avait jamais possédée. Elle n’avait jamais perdu sa famille, enfin pas dans le sens où elle aurait été assez grande pour s’en souvenir. Elle n’avait que cinq ans, et tout avait été très flou après. La jeune femme s’installa, allongée, et regarda le ciel maintenant étoilé. Les nuages avaient bougés. Que c’était-il passé… Elle le savait très bien.

Mais elle n’avait plus la force de réfléchir, voilà tout.

Et c’est aussi, dans ce genre de situation, qu’on se rappel des choses importantes de la vie de tous les jours. C’était… Le jour de son anniversaire aujourd’hui. Raison pour laquelle elle avait été invitée à diner chez Ina. Désolé mes amies, mais j’ai eu un empêchement… Sa date d’anniversaire… Xang le savait-il ? Peut être oui, ainsi il était sur de marquer son esprit à jamais, et que chaque année, pour son anniversaire, elle se souvienne de lui. La Chuunin serra ses bras sur sa poitrine : encore des souvenirs douloureux qui venaient s’ajouter aux autres.

Certes, tout ne pouvait pas être rose, mais tout ne devait pas être noir non-plus ! Seika se passa la main sur le visage, et ferma les yeux, revoyant aussi clairement que s’il avait été en face d’elle le visage de l’adolescent. Non, personne n’avait pu l’arrêter cette fois. A présent, c’était fait, elle devait faire son deuil et avancer, tout en gardant ses distances avec les autorités du village. La Kunoichi allait se remettre à étudier, intensément, cela lui permettrait d’être le plus vite possible capable de se protéger, contre autre chose qu’un Genin même prometteur. Après, elle aviserait… Oui, elle aviserait…

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Jeu 15 Oct - 21:04

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
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Sho était invité chez le vieux Hôndo ce soir là. Les deux hommes étaient assis autour du goban – la table de jeu comptant 19 lignes parallèles tracées à l’horizontale et à la verticale utilisée au jeu de go – et profitaient tranquillement de leur soirée en abordant différents axes de discussion. L’eisei-nin était concentré sur son jeu. Chacun de ses coups étaient portés avec une grande minutie. Il n’était pas homme à considérer la partie à court terme mais au contraire à très long terme. Il perdait peut-être quelques pierres en début de partie mais son esprit cherchait déjà à mettre en place le coup fatal qui annoncerait la déroute de son adversaire. Le vieux Hôndo, lui, se servait de sa ruse pour tenter de percer les lignes de Sho. Par moment, il arrivait à ses fins mais il finissait toujours par réaliser que Sho profitait de ses avancées pour le frapper à l’arrière de sa ligne d’attaque.

KÔSUKE. Essayerais-tu de me contourner ?

Le visage de Sho s’illumina d’un léger sourire.

SHO. Possible.

Il avait bien tenté de se créer une ouverture sur la partie droite de la table, mais le vieux Hôndo s’améliorait de partie en partie et il ne lui était plus aussi évident de réussir un coup de cette ampleur stratégique. Il devait essayer de surprendre son adversaire, essayer d’attaquer dans deux ou trois directions simultanées pour l’obliger à porter son attention sur une seule de ces directions tandis qu’il se servirait des autres pour mettre en place les fondations d’une victoire assurée. La main légère, Sho plaça en conséquence une de ses pierres blanches dans la partie inférieure gauche de la table, là où le vieux Hôndo n’avait pas réussi à étendre l’influence de ses pierres noires.

KÔSUKE. J'ai entendu dire que l'académie avait décidé de dissoudre toutes les équipes pour promouvoir une nouvelle campagne de recrutement. Je suppose que ça n'a pas été facile pour tout le monde, toi le premier.

Le vieil homme à la barbe blanche naissante et aux yeux bleus électriques savait y faire pour détourner l’attention de ses adversaires. Sho entendait encore l’armurier lui raconter combien de fois Hôndo l’avait battu en utilisant cette méthode. D’après lui, il était sans doute le joueur le moins loyal de tout le village. Ce qui l’avait particulièrement fait rire. Fort heureusement, Sho savait comment contourner le problème, même quand la question posée s’avérait sérieuse.

SHO. Sauf votre respect Hôndo-sama, je n’ai pas envie de parler politique ce soir. Les autorités avaient certainement leurs raisons, bonnes ou mauvaises ça ne m’intéresse pas. J’ai réussi à retrouver des visages qui m’étaient connus si c’est ce que vous vouliez plus ou moins savoir.

Kôsuke Hôndo haussa légèrement son sourcil droit mais son attention resta fixée sur le goban.

KÔSUKE. Je vois, tant mieux dans ce cas.

Les minutes s’écoulèrent et la table de jeu se couvrit d’un nombre toujours plus important de pierres blanches et noires. Les deux hommes étaient concentrés, vigilants, mais cette vigilance vola littéralement en éclat lorsque des coups frénétiques vinrent frapper la porte d’entrée.

KÔSUKE. Qui peut bien venir taper à ma porte à cette heure ....

Avec difficulté, le vieil homme se mit debout et alla ouvrir la porte. Sho fronça légèrement les sourcils lorsque le visage de Kakuso apparut dans l’encadrement.

KAKUSO. Sho ! Seika a des ennuis !

Était-ce une blague de mauvais goût ou avait-il perdu la tête ? Sho n’en savait rien mais ce qui était sûr c’est que l’information avait eu du mal à rentrer. Seika ... des ennuis ... comment une telle chose était-elle possible ? Le village n’était-il pas assez surveillé ? Kakuso devait forcément délirer. Mais dans le doute – car à bien regarder son visage grave il était difficile de croire à une blague – Sho prit la peine de demander à son camarade chuunin de répéter.

SHO. Qu’est-ce que tu dis ?

KAKUSO. Seika a des ennuis ! Je reviens du temple, je l’ai vu encadré par les membres des forces spéciales et ce malade de Toukotsu. Tu sais ce que ça veut dire n’est-ce pas ?

SHO. Interrogatoire forcé ...

Cette fois-ci, il n’était plus question de farce. Le visage de Sho n’afficha pas le trouble dans lequel il venait brusquement de basculer. Seika avait été aperçu au temple du Raikage avec Toukotsu Kusari, le juunin en charge des interrogatoires, et quelques membres de l’anbu. Qu’avait-elle fait pour mériter un tel traitement ? Que s’était-il passé ? Des questions qui ne cessaient de résonner dans sa tête mais qui ne trouvaient aucune réponse pour le moment. Tout ce qu’il savait, c’est que Seika avait des ennuis et que lui était assis dans l’appartement du vieux Hôndo, loin, très loin, de ce qui s’était passé dans les coulisses du pouvoir. Ses yeux glissèrent vers le vide et reprirent soudainement une profondeur troublante tandis que Kakuso poursuivait ses explications.

KAKUSO. A ce qu’on m’a dit, elle aurait abattu quelqu’un dans le village mais je n’ai pas réussi à en apprendre davantage ... j’ai tout de suite pensé à te prévenir vu que ... vu que tu es son chef d’équipe ...

Ce n’est pas tant l’hésitation de Kakuso sur ses derniers mots qui intrigua Sho mais sa première phrase. Seika abattre quelqu’un à l’intérieur du village ? C’était impossible. La Seika qu’il connaissait était incapable de tuer quelqu’un qui ne soit un réel danger pour elle. Qui pouvait bien être un réel danger pour elle à l’intérieur de Kumo ? Personne. C’était impossible. Sho devait absolument comprendre ce dont il était question dans cette affaire. Il devait sortir Seika de ce pétrin s’il en était capable.

Déterminé à mettre fin à toutes les questions qui envahissaient son esprit, l’eisei-nin se mit debout et se rapprocha de la porte pour enfiler ses sandales.

SHO. Je suis désolé Hôndo-sama, nous remettrons cette partie à un autre jour.

KÔSUKE. Je comprends parfaitement, dépêches-toi ton amie a besoin de toi.

Avec une certaine distinction, Sho se courba devant son vieil ami et le gratifia d’un léger sourire pour le remercier de lui avoir ouvert les portes de sa demeure. Il se glissa ensuite dans le couloir et emboîta le pas de Kakuso qui paressait plus inquiet que jamais. Son inquiétude n’était pas vraiment justifiée aux yeux de Sho. Certes, Seika était une kuméenne à part entière et qui plus est une chuunin talentueuse. En revanche, elle n’entretenait aucun lien particulier avec Kakuso, tout du moins de ce qu’il en savait. Fallait-il y voir quelque chose ? Sho jugea que ce n’était ni l’heure ni le moment de se le demander.

SHO. Cette histoire est insensée ...

Sa voix trahissait une légère surprise. En descendant l’escalier principal, Kakuso le dévisagea presque comme s’il avait vu le diable en personne.

KAKUSO. Peut-être. Mais tu sais aussi bien que moi que la présence de Toukotsu ne signifie pas rien. Elle a forcément du faire quelque chose de très grave.

Arrivés au pied du bâtiment, Sho regarda la demi-lune briller comme une lampe d’argent au milieu du ciel étoilé. Kakuso porta son attention vers l’est. A croire qu’il attendait quelque chose en particulier. En réalité, il n’attendait peut-être pas que quelque chose se produise mais une chose arriva; ou plutôt une personne arriva. Arata, son compagnon de garde aux portes du village, fit son apparition dans la rue.

ARATA. Ah vous voilà, je me doutais que je vous trouverais chez le vieux. Sho, j’ai vérifié par moi-même, Seika a été relâchée, elle se trouve chez elle en ce moment même.

KAKUSO. Tu en es certain ?

ARATA. Sûr et certain.

KAKUSO. Alors quand je l’ai vu au temple, ils s’apprêtaient sans doute à la relâcher.

L’eisei-nin était ailleurs, perdu dans le nombre mirobolant de pensées qui transitaient dans sa tête. Il entendit seulement que Seika avait été relâchée et qu’elle était certainement hors de danger désormais. Mais les bonnes paroles d’Arata n’expliquaient toujours pas ce qui avait bien pu se passer. Le mystère restait complet. Sho pivota à quatre vingt dix degrés sur le côté et remercia ses deux camarades d’un simple hochement de tête. Arata le regarda avec des yeux ronds mais il n’y attacha aucune importance. Il laissa simplement un semblant de chakra glisser sous la plante de ses pieds, fléchit sur ses genoux, quand la main de Kakuso s’enroula autour de son avant-bras droit.

KAKUSO. Attends.

Sho se redressa mais n’accorda aucun regard à son ami.

KAKUSO. ... prends soin d’elle ... je ne pourrai pas te le pardonner si tu venais à lui faire du mal ...

Comprendre s’avérait parfois compliqué dans certaines circonstances. Kakuso desserra son étreinte et Sho prit son envol. Les mots de son ami ne cessèrent de défiler devant lui tandis qu’il bondissait de toit en toit dans une direction qu’il était seul à deviner. Que lui arrivait-il pour se permettre de lui donner des leçons de moral ? Qu’avait-il cherché à lui dire en lui demandant de prendre soin de Seika ? Il n’en savait rien ...

... au bout de quelques minutes, il sût simplement qu’il était arrivé à destination. Il atterrit comme une plume sur le toit où la silhouette de Seika se dessinait comme une ombre au milieu de la nuit. En la voyant ainsi, Sho sentit que tous les mots du monde ne suffiraient pas à la réconforter. Le silence était sa meilleure arme. Lentement, il s’approcha. Pas à pas, il s’approcha. Il s’approcha encore et encore jusqu’à se trouver assez près. Là, légèrement en retrait sur la droite de Seika, Sho courba nettement l’échine et apposa sa main gauche sur son épaule droite.

Pas un mot, c’est promis ... juste un acte.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Ven 16 Oct - 3:04

-| 23 Ans, et Toujours Aussi Populaire… Ou Presque |-
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Chaque seconde à présent, avait la valeur d’une éternité de souffrance. Toutes les résolutions et les pensées ne pouvaient arrêter ce qui se trouvait enfoui au fond de soi. Sous les eaux troubles de son âme, un monstre venait de respirer, provoquant un véritable raz-de-marée de noirceur sur l’îlot de douceur qui était le sien. L’un des derniers refuges de son âme. Tremblante, les yeux écarquillés et le regard vide, Shijima Seika n’était plus la jeune femme douce et souriante qu’elle était, durant cette même journée. Agée à présent de 23 ans, elle n’était que le reflet de ses démons, des démons nommés solitudes, désespoirs, illusions. Trois visages successifs s’entremêlaient dans son cœur, s’engouffrant dans le cristal de son être, augmentant de minute en minute le trou béant qui s’y trouvait. Ce trou, cette cicatrice rouverte, suppurait cette noirceur qui avait envie son être de jour en jour, depuis des années.

Un phare peut éclairer la mer sombre, et l’horizon, mais il ne peut pas mettre à jour ce qui rôde sous la surface. Une masse gigantesque, une masse plus réelle qu’elle n’aurait voulu le croire : une masse, qu’elle voyait à présent, de ses yeux aux iris dilatés. Résultat surement de l’interrogatoire musclé réalisé à coups de Genjutsu, les peurs de la Chuunin n’était maintenant plus en elle : elle « voyait » les images qu’elle avait avant dans sa tête. Elle les voyait, aussi clairement qu’elle avait vu leurs visages, lorsqu’ils étaient en train de mourir. Elle revoyait Sazaki, son Sensei aux cheveux bruns et mi-long, ses yeux bleus lançant des éclairs de rages à ses opposants. Elle le revoyait, alors que dans un dernier sursaut de vie, son bras droit c’était une dernière fois auréolé d’électricité, et, saisissant la lame planté dans son ventre pour tirer à lui le Ninja Renégat qui l’y avait installé, lui avait arraché le cœur à main nue. Le Jounin Yosu Sazaki avait été un homme droit, et un combattant fier. Sa seule ambition, était de servir Kumo, mais sa vraie joie, était de mourir un jour pour le village, sur le champ de bataille, en protégeant ceux qui était cher à son cœur. Comme des charognards, les Ninjas de Taki avaient bondis, et à cinq, avaient plantés toutes leurs lames dans son corps musclé bien que maigre. Sazaki n’était pas bien grand de son vivant, mais dans la mort, alors que son regard n’exprimait plus qu’une certaine incompréhension de la situation, il lui avait paru si grand… Cette incompréhension qu’elle avait lue, il s’agissait de cette découverte pour lui, que la mort sur le champ de bataille était une trop grande facilité de disparaitre : il aurait voulu rester, avec ses élèves, ses tous premiers élèves en fait. L’équipe n°3 avait été sa première en vérité, mais ses élèves n’en avaient jamais rien su. Seika l’avait appris par hasard, au détour d’une conversation, les jours suivant, à la maison de soin. Et cette découverte, n’avait fait qu’aggraver son état : son Sensei était tellement gentil et doué pour apprendre des choses à ses trois disciples, et il était mort parce qu’il avait du les protéger, elle et Sakura. Alors qu’il tombait à terre, et que les lames sortaient de son corps, faisant jaillir avec elles de toute part le sang de celui qu’elle avait finie par considérer comme un père, Matsuo, petit géni des attaques surprises, avait fait exploser un parchemin au milieu de leur formation, avant d’essayer de les séparer pour les combattre un à un. Sakura avait essayé de se précipiter sur le Jounin pour tenter de le sauver avec ses connaissances en médecines, mais l’un des Renégats lui était tombé dessus, et lui avait envoyé une attaque de Taijutsu d’une puissance qu’elle n’avait jamais vue. C’était une chance si Sakura avait survécu, et ce grâce justement à ses compétences en médecine. Seika l’avait rejointe, mais Sakura restait inconsciente. Alors Matsuo c’était interposé, entre elle et son opposant, tandis que la plupart des autres bandits s’emparaient des marchandises pour lesquels ils avaient perdus plus de la moitié de leurs hommes. Le choc frontal avait été terrible, et ce petit singe avait réussi son coup : une fleur rouge c’était épanoui sur le torse bandé de son agresseur. Son cœur avait fait un bond dans la poitrine : ils allaient pouvoir s’enfuir avec lui ! Mais lorsqu’elle s’était approchée de lui à quatre pates pour ne pas être repéré parmi les flammes et les débris de bois, elle l’avait vu tomber à son tour, une dague planté dans les poumons…


Seika tendit la main, vers l’illusion né de son esprit, assise sur le toit, sans pouvoir retenir ses larmes. Oh Matsuo pourquoi toi ? Pourquoi être intervenu ? Pourquoi ne m’as-tu pas laissé mourir à ta place ? Sa main trembla dans les airs, puis revint vers elle, tandis que sa main gauche remontait le long de ses genoux, pour aller se plaquer sur son orreille, rejointe par sa jumelle de droite. Plus tremblante que jamais, Seika l’entendit aussi clairement, que s’il avait été à côté d’elle. Ses yeux dont les paupières ne réagissaient plus, restant obstinément ouvertes, tremblèrent aussi, incapables de ne fixer autre chose que cette illusion face à elle, comme un écran géant ouvert sur le film de sa vie. Et le son, ne venait pas de l’extérieur, mais de l’intérieur d’elle, ce qui rendait obsolète ses mains sur ses oreilles.

[Matsuo] « J’ai tenu ma promesse… A toi de tenir la tienne, Seika… »

Et moi ?! Comment ais-je tenu ma promesse ?! En tuant par mes actes trois nouvelles personnes, dont une de mes mains. Tout cela avait fait parti de son plan, cette mise en scène, mais cela n’enlevait rien à l’horreur de la chose. Non, cela était même pire, de se dire qu’elle avait utilisée pour mourir. Comment penser à vivre normalement après ce nouvel échec de sa part ? Elle aurait du comprendre, elle aurait du voir les signes. Mais Xang Quotsurara avait été plus fort qu’elle sur ce dernier coup brillant. Son final avait été parfait, sans fausse note. Et en plus de ça, il avait pensé à tout, même à la lettre lui permettant d’être relâchée. Tout était arrivé trop vite, bien trop vite. Elle pouvait bien étudier tout ce qu’elle voulait : cela ne servirait qu’à tuer, encore et encore. Et un jour, la Kunoichi finirait par trouver « amusant », tout ceci. Des gens qui pleurent, des gens qui souffrent, des gens qui meurent… C’est amusant non ?! NON ?!

[Seika] « Non ! Je vous en prie arrêtez non ! »

Comme des flashs, des éclairs d’horreurs, le rideau de nuage qui se trouvait face à elle, dans le vide, lui renvoya les images de leurs morts, à tous les trois, encore et encore. Et à chaque fois, leurs sourires, à la fin. La mort était-elle une véritable délivrance ? Seika s’était pausée la question, mais la réponse était évidente non ? Bien sur, que la mort était une délivrance des plus douces. Délivré des contraintes physiques, l’âme était enfin libre de partir, de rejoindre la nature. Libéré des larmes de son cœur, libéré de la solitude de son âme, libéré de la rage de son esprit, libéré des cris de… Son être, prit au piège sur cet îlot. Elle se vit, sur cet îlot, alors que la noirceur recrachait des eaux troubles, la carcasse d’un monstre qu’elle avait engendré en elle-même. Ses griffes raclèrent la tôle du toit sur lequel elle se trouvait, et sa bave d’acide fit fondre les jointures. Sa tête reptilienne, son corps écailleux. Elle savait, sans vraiment comprendre, d’où venait cette représentation de toutes ses peurs… « L’Histoire du Dragon des Cascades »… Une légende de Taki no Kuni, selon laquelle derrière l’une des cascades, se trouvait l’antre d’un Dragon qui avait commis la faute impardonnable de dévorer les gens qui venaient lui faire des offrandes. Pour le punir, les dieux avait transformé son corps plein de vie et de couleurs en celui d’un cadavre en putréfaction, et l’avaient condamné à rester dans son antre pour l’éternité, et à souffrir chaque années, chaque jours, chaque heures, chaque minutes, chaque secondes, de visions cauchemardesques. Les dieux, lui avait donné un cœur d’homme, pour lui faire ressentir à tout jamais la peine d’avoir ôté la vie. Inconsciemment, cette légende avait absorbé en elle toutes les peines qu’elle avait ressentie à Kumo, puis celles d’avoir tués, par son inaction, les personnes qu’elle aimait. Et l’ultime souffrance, pour ce Dragon, aurait été de l’obliger à tuer à nouveau, alors que son âme avait déjà tant souffert. Pour Seika, cette ultime souffrance venait de naître, et elle dépassait toutes formes d’entendement et de raison. Un trait distinctif de ce dragon d’après la légende, était que malgré son apparence en putréfaction, il lui restait trois mèches blanches sur le crâne, trois longues mèches soyeuses, un rappel éternel de ce qu’il avait été…


Seika se releva, tenta de se relever plutôt, et trébucha en arrière, face à la face hideuse de ce dragon aux yeux cadavéreux. Non, elle ne voulait pas être dévoré par cette noirceur, elle voulait encore voir le jour se lever, elle voulait encore vivre sa vie, vivre avec ses amies ! Elle voulait encore partir à la découverte du monde ! Elle avait encore tant de choses à faire, elle ne voulait pas que tout s’arrête ! Stop, arrêtez, arrêtez de sourire, arrêtez ! Brusquement à genoux, la jeune femme, les mains sur les oreilles, rejeta sa tête en arrière, ses cheveux noirs s’envolant dans l’air froid de cette nuit d’automne. Aucun son ne sorti de sa gorge, mais le cri mental qu’elle poussa, brisa sa dernière résistance. Et son appel à l’aide, ne trouva aucun écho… D’un seul coup unique et violent, Shijima Seika rabattit sa tête sur la tôle de métal du toit. Le choc, étouffé par la masse de cheveux entourant le point d’impact, ne résonna que dans sa tête, tandis qu’un liquide chaud se mettait à couler de son front. La jeune femme n’arrivait plus à se contrôler, elle n’arrivait plus à contrôler son corps. Se réveiller, elle devait se réveiller de se cauchemar ! Alors Ryuunoshikabane, le Cadavre du Dragon, lui parla… Et sa voix, audible uniquement pour la jeune femme, le front contre la tôle froide du toit, fît éclater le cristal.

[Ryuunoshikabane] « Pourquoi as-tu si peur de moi Seika ? C’est pourtant toi qui m’as créé. Je ne suis pas là pour te faire du mal… »

Sa voix… Etait si douce. Tellement douce… La jeune femme se redressa, et tourna son visage vers le monstre qu’elle avait engendrée de son âme détruite. En effet, pourquoi aurait-elle eu peur de quelque chose qu’elle avait crée ? Et puis, ses trois mèches sur sa tête, étaient magnifiques… Et puis il avait dit qu’il n’était pas là pour lui faire du mal, c’est qu’il était gentil dans le fond, il avait juste fait une erreur, comme elle, et il avait du en payer le prix, comme elle. Lui, avait été maudit, elle, avait souffert le martyre dans une torture mentale insoutenable, celle de la culpabilité propre à l’être humain, d’ôter sa vie à l’un de ses semblables. Et même si pour Suzuki et Matsuo, ça n’avait pas été de sa main, pour Xang… Shijima serra son poing, sur lequel elle avait encore l’impression de sentir le sang poisseux qui s’y trouvait quelques heures auparavant, et qu’elle avait eu tant de mal à faire partir.

[Ryuunoshikabane] « Bien, tout va bien Seika… Tout va bien… Je vais t’aider, nous allons nous en sortir tous les deux : je te protégerais, je te le promets. Jamais plus tu ne souffriras d’eux. »

Une part encore naturellement rationnel de son esprit savait, que ce dragon qu’elle voyait là, planant silencieusement au-dessus du village endormi, n’était qu’un produit de son imagination. Mais elle savait aussi, qu’elle ne pouvait au final, que se faire confiance à elle-même. Elle avait créé ce dragon en elle, pour qu’il vienne un jour la sauver, car elle ne pouvait plus compter sur personne, et elle ne désirait plus compter sur personne : personne n’aurait plus jamais à mourir pour elle, car la jeune femme à la chevelure d’ébène serait capable de survivre toute seule. Oui, apprendre, emmagasiner plus de puissance. Et après ? Elle aviserait, de toute façon, le dragon veillait sur elle ? Créature monstrueuse charriée par les eaux ténébreuses de son âme, le cauchemar de son enfance se rapprocha doucement de la lumière de son cœur, et l’enlaça, tendrement. Sa chair, bien qu’en putréfaction, était chaude, et agréable. Oui, il était bon d’être réconforter ainsi, très bon… Mais si jamais elle n’était pas assez forte ? Si jamais le dragon n’était pas assez fort ?

[Ryuunoshikabane] « Nous serons fort ensemble. Je vais te donner un peu de ma force, un peu de cette haine, de cette rage, de cette tristesse, et de ses cris dont tu m’as créé. Tu vas vite découvrir, quelle puissance ils renferment… »

Réalité, ou fiction ? A genoux sur le toit d’un immeuble du quartier Est de Kumo, une jeune femme se retrouva brusquement soulevée de terre, et son corps fût parcouru d’un courant électrique violent. Sa blessure à la tête se referma, comme si elle n’avait jamais existé, pourtant quelque chose apparut à l’emplacement du coup qu’elle s’était auto-infligée : une mèche de cheveux, à la jonction parfaite des deux hémisphères de son crâne, devint blanche. Le courant électrique était en train de détruire la pigmentation de cette seule et unique mèche. Et un rire incontrôlable envahit sa tête. Son corps fût secoué par ce rire. Ce rire, son rire, celui que son esprit détraqué avait créé pour tenter de diminuer la douleur. Ils étaient morts, tous morts, et ils souriaient ! La mort était amusante alors ? Si c’était le cas, alors elle devrait surement tuer des gens pour les faire rire. Ils riraient pour elle, de tous leurs êtres, et leurs soubresauts de morts ne seraient plus que des rires doux à ses oreilles. Vraiment très amusant non ? … NON ?!

[Seika] « NON ! »

Le lien se brisa, et elle retomba lourdement sur le toit, sur lequel elle roula avant de s'arrêter. Son crâne lui faisait mal. Et lorsqu’elle se passa la main dans les cheveux, elle remarqua en la faisant passer entre ses doigts devant son visage, que l’une de ses mèches, était blanche à présent. L’illusion avait disparu, le dragon avait disparu, mais son rire résonnait en elle. Le monstre s'éclipsa une nouvelle fois sous la surface de noirceur de son âme, laissant l’âme brisée sur son îlot. Tout ceci, avait été bien réel pour elle, et était prit très au sérieux par son conscient : elle devenait folle, c’était une évidence. Mais qui en était responsable ? Elle, où ceux qui l’avaient retenus ici, dans ce village, et obligée à devenir Kunoichi ? Les seuls responsables, étaient les dirigeants de ce village, les autorités. Elle ne pouvait faire confiance à personne, à personne, à personne… Même plus à elle-même. Car si la jeune femme relâchait sa vigilance, elle relâcherait aussi Ryuunoshikabane, le Cadavre du Dragon… De nouveau assise, ses bras autour de ses genoux, la jeune femme sentit peu à peu la douleur disparaitre…

Mais pas les rires.

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Thème Musicale 5

Lorsque l’homme qu’elle avait entendue arriver tendit sa main vers la jeune femme aux cheveux noirs, sans mèche blanche, une ombre furtive observa non loin de là le ciel se couvrir. Les étoiles disparaissaient une à une, l’orage revenait, et l’air, se chargeait d’une électricité… Peu naturelle. La main tendue toucha l’épaule de la jeune femme… Qui disparue, dans une petite explosion blanche. Il ne s’agissait que d’un vulgaire Bunshin. Mais Sho Nagoshi n’aurait pas le temps de reconstituer le puzzle dans sa tête : comme pour elle lorsqu’elle était allée s’inscrire dans son équipe, il verrait vite combien c’était amusant, et drôle, de ne pas tout comprendre. Tellement drôle. Seika bondit du toit voisin derrière la cheminée duquel elle était cachée, tout en réalisant avec une certaine dextérité il fallait l’avouer, une série de signe.

Le Chuunin Instructeur, l’Eisei-nin, se retourna et vit s’abattre sur la tôle, dans un sifflement d’étincelles un trait de lumière aveuglant dans cette nuit tournant maintenant à la noirceur totale. Une nuit aussi noire que celle de son âme. Seika, sa mèche de cheveux blanche légèrement surélevé par rapport au reste de sa chevelure, comme la crête d’un dragon, plongea son regard dans celui perdu de son Sensei en cet instant. Elle ne savait pas ce qu’il venait faire ici, et n’en avait cure : il faisait parti de personnes capable de l’arrêter, d’arrêter ses rires dans sa tête. Reproduisant avec la même exactitude ce qu’avais fais un jeune garçon prometteur moins de douze heures auparavant, Shijima Seika s’attaquait à plus fort qu’elle, dans le but qu’il puisse voir qu’elle être monstrueux elle était devenue, qu’il puisse ainsi faire taire ce rire glauque qui cinglait son âme à chacun de ses échos. Un rire, dont elle était agitée en cet instant, et que Sho pouvait entendre s’échapper de la jeune femme aux yeux marrons-rouges, vides de sentiments, vides d’espoirs, vides de vie. La mèche blanche attestait du commencement de ce cauchemar : elle représentait la première étape de sa transformation en monstre. Mais rien n’était joué, et une part conséquente d’elle-même le savait. Elle pouvait y arriver, elle pouvait apprivoiser cette puissance, mais elle y arriverait, si l’homme aux yeux d’ambres arrivait à l’arrêter ce soir… Sans la tuer.

L’éclair renvoya ses reflets de lumière dans la nuit, tandis qu’il fonçait droit vers sa cible, trait porteur de noirceur, caché derrière un sourire immaculé…

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Lun 19 Oct - 12:33

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
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Ses doigts fins glissèrent sur la brise avant de se refermer sur l’épaule droite de Seika. Son regard scruta le ciel et s’arrêta sur un groupement d’étoiles en forme de collier. Umiyame-boshi, cinquième des sept constellations de la Tortue noire du Nord.

L’extrémité de ses doigts s’enfonça irrésistiblement dans la chair sans consistance du cadavre. Comme on déchire une toile en y enfonçant ses ongles, comme on se saisit d’un linceul troué, Sho vit ses doigts saisir puis déchirer littéralement l’épaule de Seika d’une simple pression. Un nuage de fumée blanche lui explosa en plein visage, confirmant l’impression qu’il avait eu de caresser un nuage de poussière pendant une fraction de seconde. Illusion, cadavre, rien d’autre qu’un clone placé sur ce toit pour tromper sa vigilance. Pourtant, l’eisei-nin ne chercha pas à s’extirper du nuage, il attendit, calmement, que la vue se dégage. Son bras couvert de bandelettes blanches revint se blottir contre son corps. Le vent souffla plus fort. L’écharpe blanche nimbée de violet autour de son cou se mit à danser autour de lui comme si elle était entraînée par une force invisible.

Piège ou pas, il était prisonnier d’une situation qui le dépassait. Pourquoi Seika avait-elle placé un clone sur ce toit ? Était-ce seulement pour éloigner la foule ou bien pour provoquer d’autres évènements ? Il était incapable de répondre à ces questions. Tout ce qu’il constatait, c’est qu’il s’était fait piéger par un bunshin. Une oeuvre qui ne ressemblait en aucun cas aux habitudes de Seika. Alors qui ? Et surtout pourquoi ? Qui avait imaginé cette situation et à quelle fin l’avait-il créé ? La question restait sans réponse comme toutes les autres. Seul le vent apportait un sifflement sinistre aux oreilles de Sho.

Quand le nuage se fut entièrement dissipé, un détail attira ses pupilles dans le coin droit de ses yeux. Un détail ou plutôt une ombre dans la nuit pesante. Il distingua les courbes d’une femme qu’il croyait bien connaître. Ses jambes, ses hanches, son ventre, sa poitrine, son cou, mais pas son visage. Son visage était différent. Il était habité d’une expression incroyablement plus froide que ce qu’elle était capable de produire habituellement. Ce visage était celui d’une autre femme que Sho n’avait jamais rencontré. Mais toutes ces impressions disparurent avec la vision de deux mains s’agitant l’une près de l’autre pour former des signes incantatoires très particuliers.

Avant même qu’il n’ait eu le temps de réagir, Sho vit une mèche blanche au milieu de la longue chevelure noire de Seika puis la foudre dans tout ce qu’elle avait de plus mystique. Le sol trembla sous ses pieds, les bruits de la nuit disparurent brusquement dans un rayon de lumière blanche. Ses yeux eurent à peine le temps de cligner et tout bascula.

La douleur le titilla, reléguant toutes interrogations au fin fond de son esprit. Ses muscles tremblèrent l’un après l’autre, même son coeur sursauta. Pendant une fraction de seconde, il lui sembla sentir le flux sanguin dans ses veines, juste avant que la douleur ne devienne plus grande et que l’électricité contenue dans son corps ne dessine quelques belles petites entailles en lui.

Seika avait-elle perdu la tête ? Probablement. Le doute subsistait néanmoins. La personne qui venait de l’attaquer n’était pas Seika. Elle avait peut-être ses traits, son apparence, mais sûrement pas son âme. La personne qui venait de l’attaquer n’était pas la fille qu’il avait découverte au beau milieu d’une nuit froide dans une forêt des environs. Cette personne n’était pas la fille souriante qu’il avait rencontré au restaurant quelques jours plus tôt. Cette personne n’était pas la Seika que Sho avait commencé à côtoyer. Ce n’était qu’une pâle copie. Une copie non conforme à la réalité.

Alors qui, qui pouvait bien être cette personne ?

Quand la lumière aveuglante se dissipa enfin dans l’ombre de la nuit, l’eisei-nin décida de répondre à ses interrogations. Ses mains s’agitèrent à leur tour, plus rapidement qu’un éclat de tonnerre, mais rien ne se produisit. Enfin, rien de visible. Tout se déroula à l’intérieur de lui, là où ses cellules commencèrent à se régénérer plus vite que la normale, bien plus vite. Les belles petites entailles au fond de lui se refermèrent aussi brusquement qu’elles s’étaient ouvertes. Son coeur retrouva un rythme normal et détendu. Le flux de sang dans ses veines cessa de provoquer toute forme de sensation, laissant place à un autre flux, plus profond et plus instable encore.

Sa main droite remonta jusqu’à sa ceinture, là où l’attendait deux lames, l’une plus grande et plus sombre que l’autre, à mi-chemin entre une lance et une épée. L’autre plus petite de moitié et plus affûtée que l’autre, destinée à l’assassinat pur et dur. Un nodashi confiné dans un fourreau noir et un katana dans un fourreau rouge brique. L’eisei-nin opta pour le katana. Ses doigts fins se refermèrent sur sa poignée, effleurant sa garde forgée représentant un loup affamé. Quant au même moment, sa main gauche se figea dans une position étrangère.

L’attaque ne viendrait pas de la lame mais bien de son âme.

Le rire diabolique de Seika couvrit la vitesse de Sho. En l’espace de quelques secondes, l’eisei-nin avait rompu son immobilisme pour porter une attaque à l’horrible copie qui osait le narguer.

SHO. Jinsei ....

Ses yeux dorés croisèrent le marron-rouge de son regard.

SHO. .... Noshi.

Sa main gauche s’apposa délicatement contre le ventre de Seika. L’extrémité de ses doigts s’illumina, laissant apparaître cinq étincelles verdâtres. Ces étincelles dessinèrent plusieurs entailles plus ou moins profondes tout le long du ventre de la kunoichi, comme si elle venait d’essuyer le jet de plusieurs scalpels affûtés avec une infinie précision. Le chakra de Sho imbiba chacune de ces plaies pour les charger de douleur. Car la douleur ravivait toujours l’âme, même celle du plus grand monstre qui soit.

La silhouette finement sculptée de l’eisei-nin retomba quatre ou cinq mètres derrière sa cible.

SHO. Qui que tu sois, rends-la moi, lui demanda-t-il sur un ton parfaitement calme.

On entendit alors le frottement du métal froid le long de son fourreau. La lame argentée brilla même sous le ciel ténébreux. Les crocs du loup luisirent dans la main du médecin. Mais rien ne brilla autant que son regard lorsque de dos à son adversaire, il tourna sa tête du côté de son épaule droite, révélant un sourire presque malsain et une flamme dans les yeux qui n’avaient jamais été entrevue jusqu’à aujourd’hui.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Lun 19 Oct - 15:54

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Sho reçu l’attaque de plein fouet, et ne fit rien pour l’éviter. Amusant non ? Mais malgré ça, il ne semblait pas plus inquiéter par la situation. Après tout, c’était un Ninja Médecin, ce genre d’attaque il devait en avoir prit pendant un moment, et il devait évidement savoir exactement comme les combattre à l’intérieur de son organisme. Et bien tant pis, elle n’avait que ça à lui offrir pour rire avec lui de cette nuit agréablement fraiche. Son rire froid s’échappa de sa gorge, comme le souffle rauque du monstre qui veillait sur elle. Son cadavre en putréfaction secrétait sous l’eau noire un sang pourri qui, animé d’une vie propre, glissait sur le sable de son îlot de bonheur, et venait tendrement se coller à l’étoile lumineuse formant le cœur de son âme. Doucement, comme un amant, le sang glissait entre ses rayons… Et l’étoile, comme un appel à l’aide, brillait bien plus fort, et de cette surbrillance, de cet appel à l’aide, son être se tendait, se crispait, se réchauffait et malaxait du Chakra de lui-même, gagnant en puissance, en concentration, en habileté, malgré que tout ces effets ne soient liés finalement qu’à une illusion de son subconscient. Elle lui avait dit, que l’égo était dangereux à nourrir, mais qu’il permettait de faire naitre une puissance incroyable quand on savait l’apprivoiser. Mais qui, de l’égo ou de l’âme, allait gagner à ce petit jeu ?

Pour le moment la partie était en suspens, et tout son être se concentrait uniquement sur la personne face à elle. Sho Nagoshi, Chuunin Instructeur de Kumo, Shinobi spécialisé en Médecine. Son responsable d’équipe, un homme charmant bien que mystérieux, et qui désirait l’aider et ne plus la laisser seule. Et bien il était temps de le montrer à présent. La jeune femme fit un pas en arrière en voyant les mains de l’homme aux cheveux rouges s’agiter dans la nuit, après que la lumière de l’éclair fendu se soit dissipée. Prudente elle devait être, même si au fond d’elle, elle attendait qu’il passe à l’action et répondre à sa violence par une violence plus grande encore : qu’il la fasse taire, qu’il l’empêche de rire de tout ça ! Et la réplique ne se fit pas attendre : alors que son corps était de nouveau agité de soubresauts morbides, Sho passa à l’attaque. Son rire couvrit les deux mots qu’il prononça, tandis que sa main ne rencontrait aucune résistance, aucune esquisse d’esquive : rien de plus qu’une impassibilité neutre en attendant d’être frappé, puis tué s’il le fallait. La main de Sho entra en contact avec son ventre par-dessus sa chemise blanche à manche longue. L’habileté du Médecin n’était plus à faire en effet : l’attaque se planta en elle comme une griffe de rapace, transperçant sa chemise, puis sa chair, pour faire apparaitre quelques entailles de-ci delà. Mais Shijima savait que le vrai danger, était qu’il ravage son organisme. Mais pouvait-on vraiment parler de danger, lorsque l’on provoquait soi-même sa propre mort ?

Non, ça n’avait rien d’un danger, ni d’un combat provoqué par une partie d’elle-même plus qu’à moitié détruite par toutes ces rancœurs, ces tristesses, et ces instants de solitudes extrêmes qu’elle avait vécu. Ce qui se passait n’avait plus rien à voir avec le monstre qui dormait en elle, car il dormait justement : tout ceci était provoqué par cette lumière, unique, et seule, en elle-même. Elle désirait être libérée, de tout ceci, pouvoir enfin découvrir au loin le continent de paix dont elle a toujours rêvé. Mais le phare n’éclaire rien, et le sang continu de le ronger. Un sang chaud, visqueux, comme celui qui glissait hors de son corps à présent. Son coup porté, Sho avait bondit pour atterrir derrière la jeune femme. Seika sentit la douleur remonter à son cerveau, et provoquer un tremblement dans ses muscles, puis dans ses jambes qui menacèrent de la lâcher. Elle ? S’effondrer à la première attaque ? Titubant en avant, Seika calma son rythme cardiaque, laissant son sang couler sans rien faire pour l’arrêter, malaxant à toute vitesse son Chakra, juste pour la paix que cela lui apportait.

Sa mèche blanche battit le vent, alors qu’elle se retournait vers son adversaire. Ses yeux avaient encore perdus de leur couleur, comme si à chaque instant, la lumière de son être la brûlait de l’intérieur, faisant tomber une à une toute les nuances dont elle était constituée.

En face d’elle, Sho, calme comme l’eau d’un lac sombre, lui parla vraiment cette fois. Et vu que son corps n’était plus agité de rires pour le moment, elle put comprendre ses paroles.

[Sho] « Qui que tu sois, rends-la moi. »

Te rendre quoi ? Crois-tu que j’appartienne à quiconque ? Crois-tu que j’appartienne à ce village peut être ? Lui qui m’a tout donné, et m’a tout reprit. Lui qui n’a rien fait pour empêcher ce désastre survenu dans l’après-midi. Crois-tu que j’appartienne à ce monde Sho Nagoshi ? Mais les yeux de Seika n’exprimaient même plus les mots qui traversaient son esprit. Pourtant, d’une voix bien plus triste à présent, que son regard, ou que le rire qui semblait avoir disparu d’elle après avoir été blessée, la jeune femme lui répondit juste ceci.

[Seika] « Je n’ai rien à te rendre. »

Tout ça était en elle depuis le début, rien ne pouvait disparaitre en claquant des doigts. La lumière intérieur brillait avec plus d’intensité à présent, et le Chakra qui tourbillonnait en elle fît échos à tintement de métal qui traversé la nuit du village caché. L’homme aux cheveux rouges avait dégainé la plus petite des deux armes qu’il portait à la ceinture, et qu’il tenait d’une main sure. Pensait-il vraiment que la personne en face de lui n’était pas Shijima Seika ? On dirait oui. Pourtant c’était elle, une partie d’elle. Elle ne lui appartenait pas, n’avait rien à lui rendre qu’il n’ait pu entrevoir. A présent, il était l’heure de disparaitre, de laisser se feu s’éteindre. Sous l’eau rendu clair par la lumière de son âme, brulant tout autour d’elle, jusqu’à son cœur, Ryuunoshikabane s’agita, puis se redressa.

Au même instant, dans la réalité, la foudre naquit de nouveau, mais se dirigea cette fois sur elle-même. Des traits blancs apparaissaient de tous les côtés, fonçant à toute allure vers la jeune femme, dévorant presque son corps d’électricité. L’espace d’une seconde, la concentration d’énergie pure permit à l’homme en face d’elle de voir l’image renvoyé par l’être morbide qui l’habitait. Les yeux de son partenaire d’équipe brillaient d’une aura plus malsaine que la sienne, mais sa flamme n’avait rien à voir avec celle qui brûlait la jeune femme en cet instant. Retombant lourdement sur le toit de tôle, le corps fumant, la jeune femme avait refermé les blessures à son ventre. Autour de ses bras, une aura électrique tourbillonnait, accumulation de l’Amplification qu’elle venait de lancer naturellement. Lorsque son visage revint à Sho… Les yeux de Shijima Seika étaient sombres. En elle, le dragon venait de l’enlacer de nouveau, gardant jalousement son âme contre lui. D’une voie différente, plus diffuse, comme si son Chakra se mélangeait à ses cordes vocales, Seika s’adressa de nouveau à l’homme face à elle, tout en se redressant.

[Seika] « Je n’ai rien à te rendre. Tes mensonges ne me contrôleront pas. »

La mèche de cheveux blanche trembla, puis s’auréola d’une lueur bleutée, comme ses avant-bras.

Ses yeux, qui n’étaient plus les siens, privés de toutes couleurs, dardaient leurs prunelles sur ceux de Sho, qui semblait lui aussi habité par une énergie plus forte que son calme habituelle. Ils étaient pareils tous les deux, elle le savait : et cela valait aussi par l’eau trouble de leurs âmes, et ce qui se cachait dessous. Sho Nagoshi avait surement son propre monstre en lui, sa propre part d’obscurité, qui semblait se manifester en réponse à celle de la jeune femme. Mais lui, qui était ce qu’il était depuis plus longtemps qu’elle, semblait maîtriser tout ceci en lui. Il avait bien de la chance… Car elle, n’y arrivait pas. Et, elle ne désirait pas vivre avec cette noirceur enfouie au fond d’elle-même. Elle trompait la vigilance du dragon, rayonnait encore, et de ses rayons, avait choisi la seule option qui semblait la plus réalisable dans l’immédiat. Ils souriaient, tous les trois, alors, cela ne devait pas être si difficile que ça…

De mourir ?

L’électricité tourbillonna autour de ses avant-bras, tandis qu’elle s’élançait à son tour vers son adversaire. Mais pouvait-il vraiment parler d’adversaire ? Un trait blanc naquit dans sa paume droite, puis un second de sa paume gauche. Deux éclairs blancs s’enlacèrent, traversa de concert la distance qui les séparaient de leur cible, tandis que la jeune femme les suivaient de près, préparant un nouveau éclair, ne voyant que l’idée de bombarder son adversaire de Raiton jusqu’à ce qu’il se décide à utiliser son sabre qu’il tenait d’une main si sure.

On ne pouvait pas parler d’adversaires, on ne pouvait pas parler de combat.

On dit que nous sommes destinés à reproduire nos traumatismes passés, que ce cycle est immuable, qu’on ne peut pas échapper à ce destin qui est celui de ceux dont l’âme à souffert plus que de raison.

On ne pouvait pas parler de vengeance, on ne pouvait pas parler de châtiment.

On dit que ceux qui ont été trompés, dont l’égo a été bafoué, veulent châtier ceux que son esprit désignent comme des coupables, que cette seule et unique pensée suffit à faire fonctionner un corps dont l’âme a été détruite, et dont les morceaux continuent encore de battre.

Ce n’était rien de tout ça. Il ne s’agissait, que d’un suicide.

Sho était habile, il ne raterait surement pas son attaque. C’était tout ce qu’elle espérait, que malgré les éclairs lumineux, la pointe d’acier de son arme arrive à l’atteindre… Le temps ralentit, comme il avait ralentit quelques heures auparavant. Etait-ce ça, que Xang avait ressentit lui aussi, en sentant la mort peser sur lui … ?

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Jeu 22 Oct - 14:13

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
3

La main serrée sur l'arme, le regard fixé sur la cible, le coeur battant calmement, il attendait ... attendait le moment propice pour mettre fin aux souffrances de son amie. Ne pas attaquer bêtement, ne pas frapper inutilement, simplement donner le bon coup, le coup juste qui renverrait cette pâle copie d'elle-même dans les abysses. Ne pas se précipiter, ne pas la devancer, attendre le dernier moment, la voie sans retour pour frapper. Lui laisser une chance de combattre seule, de se détruire d'elle-même. Lui laisser la chance de se reprendre et d'éviter l'inutile. Se tenir simplement là pour elle, pour l'aider, pour la débarrasser de cet épais voile de ténèbres. Être là ... la regarder souffrir, la regarder mourir, pour mieux entrevoir le Mal. Le chercher en attendant que sa silhouette apparaisse dans l'entrebâillement de la porte et le frapper sans détour, quand il le verrait enfin. Voilà à quoi pensait Sho en regardant Seika se débattre contre la douleur et contre elle-même.

SEIKA. Je n’ai rien à te rendre.

L'aura sinistre qui se dégagea de cette réponse ne l'atteignit même pas. Le regard et le discours de Seika avaient beau s'endurcir, il n'y attachait aucune importance. S'il était encore ici à cet instant, c'est qu'il avait dit vouloir veiller sur elle et ne plus la laisser seule face au passé. Même si ce dernier avait prit une aura différente de tout ce à quoi il s'était attendu, il resterait là jusqu'à la fin. Ce genre de souffrances ne le faisait même pas sursauter. Il avait vu bien pire. D'une manière ou d'une autre, il sortirait Seika de ce mensonge, de l'illusion dans laquelle elle s'était enfermée. Pour cela, il n'avait pas besoin d'énormes moyens. Il devait simplement frapper au bon moment et de la manière la plus noble qui soit. Ne pas tenter le malin dit-on. Lui n'en avait rien à faire du malin, un jour ou l'autre il trouverait la mort, comme tous les autres, et il le rencontrerait enfin dans les entrailles du monde. Mais ici, dans le monde des vivants, la vie prévalait sur toute autre chose. Il était donc hors de question que le malin y pose le pied. Il ne le laisserait pas faire, peu importe les sévisses qui lui en coûteraient après la mort. Qu'importe la fin ...

Le ciel gronda faiblement au-dessus de sa tête. Dans une avalanche d'électricité, la foudre frappa Seika de plein fouet. Impassible, Sho assista au phénomène sans bouger. C'est là qu'il fit son apparition ... dans l'entrebâillement de la porte, Sho le vit enfin. Le Mal prit la forme d'une épaisse silhouette presque aussi noir que le jais au moment où le corps de sa victime s'illuminait dans un rayon de feu originel et de lumière étincelante. Sho avait obtenu ce qu'il voulait savoir. Dans sa main droite, la poignée d'Akikaze, son katana, ne fit qu'un tour sur elle-même. La lame brilla en réponse à l'accumulation d'énergie à laquelle Seika était soumise. Tôt ou tard, elle allait de nouveau l'attaquer, il le savait. Le Mal la tenait prisonnière comme un marionnettiste tient ses marionnettes. Seika n'était plus qu'un pantin contrôlé par cette silhouette sombre et difforme qu'il avait entraperçu. Il n'y avait plus trente six solutions à sa disposition. Il devait couper les fils qui la retenaient captive, il devait la percer à jour pour cueillir le Mal au fin fond de son âme. Pour y arriver, il savait exactement ce qu'il avait à faire. Mais avant cela il devait se méfier, Seika était peut-être très loin d'avoir son niveau, elle n'en était pas moins capable de produire des attaques puissantes. Prudence est mère de sûreté. Il activa une régénération de niveau moyen pour palier à toutes éventualités et il pivota sur ses talons pour faire totalement face à Seika.

Il vit que la beauté de son regard avait totalement disparu au profit d'un vague reflet noirâtre. La Seika qu'il connaissait avait maintenant disparu.

SEIKA. Je n’ai rien à te rendre. Tes mensonges ne me contrôleront pas

Le sourire de Sho s'adoucit. La lame de son katana décrivit un arc de cercle de bas en haut pour venir se blottir contre son épaule droite. De son côté, Seika arma sa prochaine offensive. En quelques secondes, elle relâcha toute l'énergie qu'elle venait d'accumuler. Deux éclairs blancs, rien que ça ... une attaque qui en aurait fait trembler plus d'un dans l'arène mais qui n'eut pas l'effet escompté contre lui, l'eisei de la branche défensive. Les deux éclairs le frappèrent de plein fouet, certes, ils le blessèrent certes, mais à peine sa peau brûla comme si elle avait été marqué au fer rouge qu'elle retrouva sa couleur et sa consistance. C'était comme si rien ne s'était vraiment passé. Il se racontait dans les plus vielles histoires du village que certains hommes étaient capables de subir toutes les attaques et d'en refermer les blessures dans la seconde qui suivait. Sho n'avait pas encore tout à fait atteint une capacité de régénération optimale mais la sienne était bien assez suffisante pour produire le même effet contre un ninja de classe moyenne.

Maintenant que l'offensive de Seika était passé et que celle-ci s'afférait déjà à la préparation d'une autre attaque sûrement plus puissante encore, Sho décida que le moment était venu pour lui de faire ce qu'il avait à faire. Seika ne pouvait pas rester dans cet état. Elle représentait un danger, peut-être pas assez grand pour inquiéter les autorités, mais un danger assez grand pour faire quelques dégâts bien assez conséquents. La valse avait assez duré. Il était temps de remédier au problème ou en tout cas de le faire disparaître pendant un temps. Dans l'ombre de la nuit, Sho distingua deux silhouettes à peut-être trois ou quatre toits de celui où lui et Seika se trouvaient. De pâles reflets à hauteur de ce qui aurait du être leur visage mais impossible de deviner clairement de quoi il s'agissait. Un battement de cil plus tard, les deux silhouettes avaient disparus aussi simplement qu'elles étaient apparus dans le paysage troublé par la nuit noir.

La lame de son katana se tortilla sous l'impulsion de sa main. Elle quitta son épaule droite et descendit à hauteur de sa taille. Le regard ardent toujours fixé sur Seika, sa cible, Sho fit lentement glisser son pied droit vers l'arrière puis dans un tourbillon de rapidité, il s'élança vers elle sans remords, sans peurs, sans craintes. Il s'élança vers elle avec une seule idée derrière la tête : la faire renaître. Dans sa course, Seika eut à peine le temps d'identifier le signe reproduit par sa main gauche que le coup la transperça littéralement. Tranche Akikaze ... tranche ... du sang éclaboussa sur les bandages de Sho et le silence tomba sur le toit avec autant d'exactitude que la foudre était tombé sur Seika quelques minutes plus tôt. Akikaze s'était planté dans le ventre de Seika.

Enfoncé jusqu'à la garde, le katana avait changé en cours de route. Les deux mains de Sho étaient serrées sur sa poignée comme si elles en étaient devenues prisonnières. La pression exercée était si grande que n'importe qui se saurait demandé comment Seika aurait pu survivre à un tel coup. Pourtant, Seika ne trouva pas la mort ce soir là. Seika survécu car le coup n'en était pas vraiment un.

Si les mains de l'eisei-nin étaient si resserrées sur la poignée de son katana c'est que tout en transperçant la chair de son amie, il l'avait soigné grâce à la technique de la Paume Mystique poussée à son paroxysme. Il s'était servi du tranchant de la lame pour jeter à bas ses défenses physiques et ainsi pouvoir la soigner de l'intérieur, depuis les entrailles de son corps. C'est là que résidait le Mal, là qu'il espérait le toucher et l'obliger à se rétracter le temps pour Seika de devenir plus forte et d'apprendre à le contenir ... là qu'il voulait la sauver. Lentement, il ramena Akikaze vers lui. Centimètre par centimètre, il dégagea la lame du corps de Seika. En la regardant sortir petit à petit, la belle put remarquer l'aura verdâtre entourant l'arme. Sous son passage, la blessure se referma en profondeur grâce à l'action de la technique défensive absolue. Sho avait réussi à en maîtriser toute la puissance en atteignant le niveau d'efficacité d'un Kage. Seika ne sentit presque rien, si ce n'est une légère impression de fraîcheur en elle.

La nuque légèrement abaissée, ses mèches de cheveux violettes tombant sur son front et recouvrant son visage, Sho perdit son sourire.

SHO. C'est mon devoir, murmura-t-il ... de veiller sur toi.

Un nouveau tintement de métal se fit entendre. Akikaze retrouvait la chaleur de son fourreau à la ceinture de son maître. Le bras droit de Sho, lui, vint enlacer la taille de Seika pour la soutenir si jamais elle n'était plus capable de tenir sur ses deux jambes.

Plus une goutte de sang, plus de blessure apparente, une simple cicatrice légèrement rosée sur son ventre pour qu'elle se souvienne qu'il était là pour elle.

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MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Jeu 22 Oct - 18:40

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.7.

Thème Musicale 6

Vas-y, tue-moi ! C’était ce que criait une flamme de détermination derrière le regard noir et impassible de l’être monstrueux qui la protégeait. Mais Sho ne semblait pas avoir vu cette flamme. Pourvu qu’il ne fasse pas exprès de me laisser en vie. Avant qu’elle ne puisse lancer un nouveau trait de lumière, la pointe de l’arme scintillante du Chuunin bougea, vite, très vite, trop vite pour qu’elle arrive à la suivre de ses yeux. Elle savait cependant où la pointe irait se planter, et son corps, loin de se contracter, se détendit, pour que les muscles n’offrent aucunes résistances à l’acier. Alors que la lune reparaissait au-dessus d’eux, la lame de son libérateur brilla une nouvelle fois, renvoyant aux pupilles noirs de la jeune femme un flash, d’un autre temps.

Tout s’arrêta en une seconde. Shijima Seika fût doucement absorbé par ses souvenirs, des souvenirs qu’elle pensait avoir oublié, qu’elle croyait devoir oublier. Des souvenirs heureux, pour la plupart. Lorsqu’elle avait obtenue son diplôme, sa première rencontre avec Sakura, Matsuo, son Sensei. La première fois qu’elle c’était enfin sentie en sécurité, près de quelqu’un… Elle se souvenait à présent, des bons instants de ces moments. Puis le film s’accéléra, passant pour la première fois sous silence les instants douloureux qui suivirent. Elle se revit sortir de la maison de soin. Je me souviens oui, j’étais tombé à genoux dans le sable, tant le bonheur était grand, de pouvoir retrouver la lumière du jour, de mes propres yeux, et pas à travers des fenêtres et des barreaux. Oui, tous ces instants, que la souffrance avait absorbés progressivement, la privant de leurs réconforts. Elle revit sa rencontre avec Sho Nagoshi, et le reste de l’équipe. Mais tout ceci voulait-il encore dire quelque chose ? Ses yeux perdirent de leur noirceur, durant cette seconde d’éternité, et peu à peu, revinrent à leur couleur naturelle. Son regard neutre, froid, presque haineux, laissa doucement place à une certaine nostalgie de cette vie qu’elle s’apprêtait à quitter.

Elle revit ce soir, où elle avait découvert qu’elle savait jouer du Piano, grâce à une femme dont elle ne se souvenait plus que de l’odeur, et qui devait être sa mère. Si sa mère était encore en vie, surement l’avait-elle oubliée, comme sa fille ? Peut être, qui sait… La pointe d’acier de l’arme du Shinobi traversa ses vêtements trempés de sang, jusqu’à appuyer légèrement sur sa peau fine et blanche. Peau qui ne lui offrit aucune résistance. Je suis désolé maman, si tu es encore de ce monde, je ne pourrais pas te retrouver. Et si tu es déjà de l’autre côté, alors je te rejoins…

Un sourire revint à ses lèvres, et ses yeux se plissèrent de la manière qu’elle seule connaissait, tandis que l’acier la traversait de part en part, jusqu’à la garde. Oui, vous aviez raison, il est doux de se sentir mourir. Lâche elle était surement, de vouloir quitter cette existence si difficile, mais elle n’en pouvait plus. La garde su sabre arrêta son corps, tandis que l’énergie électrique retenu dans son frêle corps s’évaporait brusquement par les ports de sa peau, créant l’illusion, de milliers de plumes bleus et blanches tombant autour d’eux. Comme le silence qui suit la foudre, la contre-attaque fulgurante de Sho fît renaître le silence sur le village endormi.

Pourtant…

[Seika] « Que… ?! »

Elle sentit une énergie qui n’était pas sienne envahir son organisme de l’intérieur, émanant de la lame froide et étrangère à son organisme. Et le plus étrange, était qu’elle n’avait pas si mal que ça en fait. Seika ne sentit nulle goute de sang perler de sa blessure, outre le sang que l’arme avait fait giclé au moment de l’impact. Son corps ne fût pas agité de soubresauts violents comme Xang. Elle remonta intérieurement le fil du Chakra qui soignait son corps de l’intérieur, et remonta jusqu’à Nagoshi. Le Ninja Médecin utilisait à travers l’arme sur la garde de laquelle ses deux mains étaient crispées une technique de soin, soignant directement la blessure qu’il lui avait infligé.

Malgré cela, le corps de la jeune femme perdait en force, en énergie, tandis qu’en elle, se retirait doucement le cadavre du dragon. Son souffle rauque fît buller l’eau trouble : il n’était pas vaincu. Mais il pour le moment, Shijima n’avait plus besoin de lui, n’était plus en danger. Par ce qui venait de se passer, elle avait extériorisé sa peine, et mentalement et métaphoriquement, l’avait tué par l’arme interposé de son Responsable d’équipe. Un homme qui avait promit de ne plus la laisser seule, et qui tenait parole. Et plus important encore, il avait accompli son désir le plus cher, tout en la gardant en vie. Mais était-ce un bien, ou un mal ? Un miracle, ou une malédiction ? La technique qu’utilisait Sho continua d’agir, tandis qu’il retirait l’arme du ventre de la Kunoichi, encore sous le choc, mais se sentant physiquement plutôt bien. Tandis que la pointe de l’arme ressortait, sa peau se referma d’elle-même, ne laissant qu’une cicatrice légèrement rouge à l’endroit du coup qu’elle avait reçu. Sa première, vraie cicatrice…

Le regard de la jeune femme ne souriait plus, de même que ses lèvres, et c’était l’incompréhension qui se lisait surtout dans ses prunelles.

[Sho] « C'est mon devoir de veiller sur toi. Dit-il tout bas. »

Malgré le sentiment de bien être intérieur qui l’habitait, ses jambes tremblèrent, et elle fit un pas en arrière, comme si elle allait s’effondrer. Le Chuunin aux cheveux rouges fût plus rapide qu’elle, et après avoir rengainé son arme, vint à ses côtés pour enlacer sa taille de ses bras puissants. Il n’en avait pas l’air au premier abord, mais le Ninja Médecin avait de la force. Avec un sourire, l’œil absent, elle se rappela qu’il avait arrêta à main nue une chaise projeté avec la force de son Chakra. Les doigts fins de l’homme tinrent sa hanche droite, tandis que son visage, près du sien, laissait transparaitre inquiet à présent. Son sourire carnassier, égal à celui de la jeune femme, avait lui aussi disparu, faute de noirceurs à laquelle répondre. La jeune femme bascula doucement, retenu par le bras du jeune homme couvert de bandages, qui posa un genou à terre pour accompagner doucement son mouvement.

Lentement, Seika fit glisser sa main gauche sur sa jambe, puis s’accrocha une seconde à ses bandelettes, prise de légères convulsions, le corps pas totalement remit de l’opération qu’elle venait de subir. Puis sa main caressa son cou, puis sa joue. Un dernier sourire en coin, Seika serra son épaule, leurs yeux de nouveaux plongés chacun dans le regard de l’autre, une pratique qu’ils semblaient devoir adopter, pour longtemps. Déjà lors de la mission, puis du diner, c’était ainsi qu’ils communiquaient. Là encore, c’était par le regard -et parce qu’elle avait la gorge sèche-, qu’elle lui disait « merci d’avoir tenu ta parole ».

Sa mèche blanche était toujours là, preuve que ce qui c’était passé n’était pas un rêve, mais pour l’heure, la jeune femme n’avait plus besoin de rêver, juste de se reposer. Sentant surement le rythme cardiaque de la jeune femme, Sho passa ses bras autour de ses épaules, tandis que Seika venait appuyer sa tête contre son ventre, l’obligeant à rester à genoux près d’elle. Ses iris frémirent, son esprit s’obscurcit. Mais il ne s’agissait plus de la noirceur de son âme : juste le noir du sommeil réparateur…

Peut-être lui mentirait-elle un jour, peut-être avait-elle tort du lui accorder sa confiance, peut-être que cet affrontement allait lui offrir un réveil derrière de nouveaux barreaux… Mais peu importe, au moins, il avait tenu sa parole…

Et si on le lui permettait, elle continuerait de tenir la sienne… Le vent vint caresser leurs deux corps, faisant voler les cheveux de la jeune femme endormie…

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mar 27 Oct - 18:00

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
4

Sho posa le genou à terre pour accompagner la lente chute de Seika. Il sentit la main de sa coéquipière se crisper sur son torse, comme si elle essayait de se retenir. Mais la chute était inévitable. La blessure était peut-être guérie, mais le coup qu'elle avait encaissé lui avait ôté toutes les forces qui lui restaient. Rien qu'en sentant le poids de son corps contre le sien, Sho comprit qu'elle n'était presque plus capable de faire le moindre geste. Seika trouva néanmoins la force de lui caresser le cou puis de remonter sa main contre sa joue, comme pour le remercier. Il releva sensiblement la tête pour figer son regard dans le sien. Les ténèbres avaient définitivement quittés ses yeux. Ils avaient retrouvés leur couleur si particulière, bien que atténué par la fatigue.

A sentir la température de Seika augmenté sensiblement, Sho compris qu'elle allait s'endormir d'une minute à l'autre. Aussi fit-il en sorte de la placer dans une position un peu plus confortable. Il posa l'autre genou à terre et glissa ses bras autour de ses épaules pour la tenir près de lui. Accablée par le poids de son corps devenu trop lourd, Seika s'abandonna dans ses bras, sa tête venant s'échouer sur son torse dans un calme absolu. Dire que Sho n'avait jamais vraiment été à l'aise avec ce genre de rapprochement physiquement.

Le vent souffla sur les deux chuunin et les yeux de Seika se refermèrent, tirés par le sommeil.


¤¤¤


SAYURI. Sho ?

Les paroles d'une mère avaient toujours une valeur particulière pour un fils. Sayuri avait beau être clouée au lit par une étrange maladie qui lui obstruait les bronches, elle ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle le découvrit assit sur une chaise juste à côté d'elle. Sho n'était qu'un enfant. Son enfant. Un petit garçon aux grands yeux dorés et aux cheveux noir comme le jais dont les jambes n'étaient pas encore assez longues pour toucher le sol lorsqu'il s'asseyait sur une chaise.

Elle ne savait pas quelle heure il était exactement mais dehors la nuit était tombée depuis très longtemps. Sho ne devait pas être là mais dans son lit.

SAYURI. Il est tard, comment se fait-il que tu sois encore assis sur cette chaise ?

SHO. Je veille sur toi.

Il y a des réponses qui vous hachurent le coeur, des réponses qui vous font trembler de joie sans que vous ne compreniez vraiment pourquoi. Sayuri ressentit cette joie infinie embaumée son coeur en entendant la voix fluette de son fils. Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration pour congédier ses émotions les plus vives au fond de son coeur. Elle ne voulait pas lui montrer qu'elle était malade. Elle ne voulait pas qu'il s'inquiète pour elle. Il était encore si petit, et pourtant il comprenait déjà tant de choses. Mais comme tous les enfants, il avait besoin de grandir pas à pas, loin des grands malheurs, c'est en tout cas ce qu'elle voulait pour lui.

SAYURI. Approche.

Elle rouvrit ses yeux et le regarda descendre de sa chaise pour se hisser ensuite sur le lit. Elle passa son bras gauche autour de sa taille et elle l'invita à s'allonger contre elle. Sho s'allongea et colla sa joue droite contre le ventre de sa mère, ses grands yeux tournés vers la table de chevet où la flamme d'une bougie dansait dans un panache de fumée jaune orangé.

SAYURI. On ne peut pas toujours veiller sur tout le monde, tu sais.

Sayuri s'amusait à caresser la chevelure de son fils.

SHO. Moi je peux.

Cette réponse la fit sourire. Depuis que Sho était en age de parler, il s'était toujours montré différent des autres enfants de son age. Ce n'était peut-être pas le mot le plus approprié pour un enfant de son age mais elle lui avait toujours trouvé une grande maturité. Il comprenait plus vite que les autres, parfois même simplement en regardant. Pour être différent, Sho était différent non seulement parce qu'il était son fils unique mais parce qu'il avait ce quelque chose en plus, cette intelligence qui la rendait énormément fière de lui.

SHO. Maman..

SAYURI. Oui ?

SHO. Est-ce que tu es malade ?

Le ventre de Sayuri se gonfla légèrement puis il se dégonfla dans un soupire discret. Elle se sentait incapable de lui mentir. Elle savait de toute façon que s'il lui posait cette question c'est qu'il avait compris certaines choses.

SAYURI. Oui, mais ne t'en fais pas, ça ira mieux demain.

Sayuri sentit les bras de son fils la serrer plus fort. Elle s'arrêta soudainement de caresser ses cheveux et pencha légèrement la tête de côté pour regarder son visage. Elle eut à peine le temps d'entrevoir une larme perlée sur sa joue que Sho se recroquevilla aussitôt en sentant qu'elle l'observait. Le coeur battant, Sayuri se remit à lui caresser les cheveux de sa main gauche puis elle porta son autre main sous le visage de son fils pour éponger les larmes qu'il avait souhaité rendre discrètes. Malgré sa perspicacité, il ne pouvait pas comprendre les instincts d'une mère, il ne comprendrait jamais d'ailleurs, elle seule pouvait comprendre. Il pouvait se cacher, elle le sentait bouillir dans ses entrailles quand il pleurait ou quant il se sentait triste. C'était un lien indéfectible, un lien éternel entre une mère et son enfant.

SAYURI. Ne sois pas triste car si tu l'es vraiment je le serai aussi.

Pas un seul sanglot, pas un seul bruit. Sho se redressa sur ses bras et plongea ses yeux encore humides dans les siens. Sayuri sourit en lui caressant tendrement la joue. Les lèvres de Sho se fendirent d'un grand sourire qui manqua presque de faire rire sa mère.

SHO. Et maintenant tu vas mieux ?

Il comprenait très vite, c'était indéniable.

SAYURI. Oui, beaucoup mieux.

Elle imita son sourire.


¤¤¤


Le corps endormi de Seika sur les bras, la tête de la belle reposant tendrement contre son épaule droite, Sho se fraya un chemin en terres inconnues. Il n'avait jamais mis un pied dans son appartement, il n'avait donc aucune idée de l'endroit où pouvait se trouver sa chambre. Un rapide arrêt au centre de ce qui semblait être le salon, et il détailla l'appartement dans ses moindre recoins à la recherche du précieux sésame. Une porte glissa dans son champ de vision malgré la pénombre dans laquelle il s'aventurait. Premier essai concrétisé puisqu'en franchissant cette porte il trouva un grand lit recouvert de draps blancs. Seika devait certainement dormir là.

Sans attendre plus longtemps, Sho posa doucement un genou sur le matelas moelleux. Il descendit lentement ses bras sur le matelas tout en courbant l'échine pour ne pas avoir à placer Seika dans une situation inconfortable. Quand le corps inerte de Seika fut correctement immobilisé sur son lit, il ramena progressivement ses bras vers lui jusqu'à se dégager complètement de tous contacts. Il se redressa pour la regarder de haut. Ses yeux brillant comme des étincelles dans la pénombre s'arrêtèrent sur son ventre, là où sa chemise à manches longues était déchirée d'une large entaille sous laquelle il devinait la blessure qu'il lui avait infligé. Elle ne le montrait jamais quand il se trouvait avec elle, mais elle était fragile. Elle avait beau se montrer froide parfois, elle était sensible dans le fond. Il le savait, il l'avait compris au premier regard qu'il avait posé sur elle.

Il la regarda de la tête aux pieds. Il s'arrêta sur ses jambes à peine couvertes. Au cours de sa vie, il avait croisé un certain nombre de salauds qui ne se seraient pas gênés de profiter d'une si belle plante, surtout dans l'état dans lequel elle se trouvait. Bizarrement, chez lui, le plaisir de la chair ne prédominait pas. Seika était belle, c'était indéniable. Elle avait tout ce qu'il faut où il faut comme il se disait dans la salle des chuunin à l'Académie. Mais en cet instant, il n'avait aucune envie de ce genre. Il la regarda comme on regarde un être cher et non comme une conquête aux formes terriblement délicieuses.

Seika était importante.

Sho se courba et il apposa le dos de sa main contre le genou droit de Seika. Sa peau était froide. La nuit ne l'avait pas épargné. Elle avait besoin de chaleur et surtout de repos. Sho remonta les draps sur le corps de Seika jusqu'à ses épaules. Il adressa un dernier regard en direction de son visage puis il se redressa.

SHO. Bonne nuit.

Son murmure se perdit au moment où il referma la porte derrière lui.

Il resta planté dans le salon pendant plusieurs minutes, le regard baissé en direction du sol. Ce qui s'était passé ce soir rien ni personne ne pouvait l'expliquer. Seika pouvait avoir de sérieux ennuis si quelqu'un apprenait ce qu'elle avait fait. De son côté, Sho n'était pas dupe. Il savait que quelques membres des forces spéciales du village les avaient certainement vus sur le toit. Deux éclairs qui frappaient le même toit en pleine nuit ce n'était pas le genre de chose qui passait inaperçu à Kumo. Mais peu importe, il ferait taire les rumeurs.

Sho ne s'attarda pas plus longtemps dans l'appartement de Seika. Il ne se donna même pas la peine de regarder dans quoi elle habitait, il n'en avait rien à faire. Ses pas le traînèrent hors du salon, son ombre glissa sur les murs vers la sortie, puis on entendit la porte s'ouvrir et se refermer derrière lui.

Le silence investit l'appartement de Seika. Sa sale journée était enfin terminée.

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MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mar 27 Oct - 22:43

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.8.

Son corps sentit les mouvements, se sentit transporter doucement, puis déposer ailleurs. Mais son esprit n’était plus là. Un corps vide de pensées, de sentiments, voilà ce qu’était l’être humain en train de dormir. Nous expérimentons la mort à chaque fois que nous nous endormons, et cet expérience nous rapproche de notre animalité naturelle : vivre, se nourrir, boire, dormir… Mourir. Chaque nuit n’était qu’une lente préparation à la mort. Aurait-elle des cauchemars et des rêves aussi étranges une fois morte ? Peut être oui, mais la mort n’était que l’arrêt du système cardiaque et nerveux : les impulsions électriques qui la parcouraient se stopperaient elles aussi. Elle savait cela, malgré le fait qu’elle ne soit pas versée dans l’Eisei, car tout ce qui concernait l’électricité concernait aussi le corps humain, comme les autres éléments du Ninjutsu. Priver un corps d’eau, de chaleur, d’électricité, d’air, de résistance, et il se desséchait, gelait, arrêtait de fonctionner, mourrait d’asphyxie, ou tomber en lambeaux.

[Sho] « Bonne nuit. »

Son corps entendit les derniers mots du jeune homme aux cheveux rouges, de même que son esprit, mais elle ne fit qu’assimiler cette information au rang secondaire, car elle avait autre chose à faire que de s’occuper du monde réel en cet instant.

Bien après que Sho soit repartit, Seika commença à rêver, ou à cauchemarder, parfois un mix des deux… Elle arpentait le village caché de Kumo, dans son rêve. Ce dernier était vide de toutes vies, et ça et là, des bâtisses étaient en ruines. Elle avait parfois imaginé ces images, en considérant ce village comme la source de tous ses malheurs. Et le bonheur qu’il lui avait offert, le monde lui avait retiré. D’où qu’elle regarde, tout tombait en ruine : les murs, les maisons, les montagnes aux alentours. Un pan d’une montagne qu’elle aimait admirer au loin se détacha, et dégringola jusqu’à un lac dans lequel il s’écrasa lamentablement. Aucun sourire ne s’affichait sur son visage, et comme éjectée hors de son propre corps, Shijima se vit continuer d’arpenter le village. Sa tenue était étrange, et rappelait une sorte d’armure. Son crâne, et ses joues, étaient protégés par un casque de métal brillant, duquel sortaient comme des plumes de décorations trois mèches de cheveux blanches. Une lumière bleutée brillait dans son regard, qui semblait chercher quelque chose de particulier dans ces ruines. Quelque chose qui la trouva elle, avant qu’elle ne le trouve. Son souffle rauque lui caressa la nuque, faisant virevolter ses cheveux. De son point de vue extérieur, elle n’arrivait pas à voir de quoi il s’agissait : c’était comme si ses yeux ne pouvaient que regarder là où le rêve la porterait. Son cri de rage déchira le ciel sombre et nuageux, du gris qu’elle aimait souvent voir recouvrir le monde, le rendant aussi terne que son cœur. Seika fit face au Cadavre du Dragon, gigantesque, se prélassant entre les ruelles, ses pattes reposant sur des ruines de maisons qui avaient autrefois accueillis des habitants croyant fort en la puissance de leurs Shinobis. Mais dans ce rêve, ce n’était ni elle, ni le dragon qui étaient les êtres dangereux. Au-dessus de ça, autour d’eux, il y avait une présence plus pesante, plus dangereuse encore. Une présence, qui était apparue en elle lorsque Sho l’avait soigné. Il ne s’agissait pas de lui non, mais d’une toute partie de ses pensées, et de sa peur la plus grande à l’heure actuelle. Il lui en avait parlé durant le diner, et à présent elle commençait elle aussi à en avoir peur…

La peur d’Asahi. Seika arma ses bras d’énergie, et une lumière blanche l’auréola. Mais avant qu’elle ne puisse faire quelque chose, la lumière devint bleu, et la foudre la frappa de plein fouet. A ses côtes, le dragon tombait lui aussi, être invisible aux yeux de ses ennemis, mais présent malgré tout pour elle. L’éclair l’avait presque tuée quand à elle, pourtant elle se ressaisit et tenter de créer un arc électrique d’une puissance incalculable depuis le ciel, en priant la chance de l’attaque accumule assez d’énergie pour être lancé. Mais avant qu’elle n’ait le temps de le faire, un sabre lui transperça le ventre. C’est du moins ce qu’elle sentit, mais aucune lame ne traversait son corps. La douleur s’intensifiant, elle déboutonna sa chemise et vit apparaitre une cicatrice en forme de ligne verticale, sous son nombril. La cicatrice la brûlait, la brûlait tellement…

Seika se réveilla en sursaut. Sa chemise était déboutonnée, et sa poitrine dénudée froide, car exposé trop longtemps à l’air passablement froid de l’appartement. Sur son ventre, ses deux mains étaient plaqués, tandis que la douleur se faisait encore sentir, mais de façon beaucoup moindre, de seconde en seconde. Se levant au bout d’un moment, elle se dirigea vers sa salle de bain. Sa main trouva par habitude l’interrupteur de la lumière, et légèrement tremblante, vint observer dans la glace ce qui lui faisait si mal. Son sourcil se releva : elle avait une cicatrice, sous le nombril, verticale, presque pas naturelle ! Mais d’où cela pouvait-elle bien venir ? Oui, d’où… D’où… Alors elle revit les éclairs de lumières, puis la lame scintillante : cette blessure lui avait été infligée par Sho Nagoshi, lorsqu’elle avait tenté de le blesser sur le toit de l’immeuble, au-dessus d’elle. La Kunoichi trembla sur ses jambes, et jusqu’au fond d’elle-même : elle avait tenté de se suicider par attaque interposée ! Mais qu’est-ce qui lui avait prit ? En plus de ça, les yeux qui l’épiaient avaient surement vu la scène. Elle était chez elle, mais où serait-elle le lendemain ? D’ailleurs, comment était-elle rentrée dans sa chambre ?

Trop de questions une nouvelle fois.

[Seika] « Respire, respire… Du calme Seika. »

Son souffle ralentit, et ses muscles reprirent de leurs consistances, tandis qu’elle se dirigeait de nouveau vers sa chambre, d’elle-même cette fois. Elle imaginait mal Sho la poursuivre de façon hiérarchique, alors qu’il avait eu la possibilité de la tuer. Elle devait faire comme si de rien n’était, où les ennuis viendraient d’eux-mêmes. Alors qu’elle reposait un genou sur ses draps blancs, puis qu’elle basculait pour s’enrouler dans le drap, Shijima sentit une mèche froide battre son front. Une mèche qu’elle savait blanche… Encore en vie… Tout restait possible, toutes les spéculations… ses paupières se refermèrent une nouvelle fois, pour la plonger dans un sommeil sans rêve, aucunement perturbé…

-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-

Les sons du village la réveillèrent aux alentours de sept-heures du matin. Comme tous les jours en fait. Malgré que son cœur se serra immédiatement, en pensant à ce que cette journée pourrait devenir, la jeune femme tenta de fermer de nouveau les yeux, pour se rendormir. Joyeux anniversaire hein Seika ? Vingt-trois ans ça se fête hein. Depuis ce jour maudit, je crois bien n’avoir jamais vécu de journée aussi désastreuse vraiment. Mais si cette journée devait arriver, cette fois elle l’affronterait dans les yeux, et regarderait sa déchéance en face. Aussi prit-elle le temps de s’habiller comme elle le faisait naturellement, puis de petit-déjeuner, ce qu’elle faisait rarement…

Alors qu’elle buvait un thé chaud, le soleil vint caresser ses cheveux… Seika avait ouvert ses volets : elle n’avait rien à cacher à cette ombre qui la suivait. Elle n’eut pas à attendre bien longtemps, avant d’entendre frapper à sa porte.

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Lun 2 Nov - 13:40

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
5

Sho était assis à l'entrée du petit restaurant de son quartier entrain de déguster un verre de thé. La rue était encore calme à cette heure de la matinée. Il y avait bien quelques personnes qui passaient de temps à autres mais rien de comparable à la foule qui envahirait la rue d'ici quelques heures. Derrière le comptoir du restaurant, le chef – un homme de forte carrure aux cheveux coupés courts – s'afférait à la préparation de son plat fétiche : l'Oden, le pot au feu local à base de légumes, d'oeufs durs et de quenelles de poisson.

L'eisei-nin n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Ses paupières étaient colorées d'un violet peu prononcé, signe que cette nuit blanche n'était que la dernière d'une longue série. Malgré ça, il se portait pour le mieux. Rien dans son attitude ni dans sa gestuelle ne laissait présager la moindre séquelle physique ou psychique. Il se sentait parfaitement bien, calme et détendu, comme à son habitude. Si dormir était synonyme de regain de force pour beaucoup, pour lui ce n'était plus que le lointain souvenir d'un temps révolu. Le sommeil était un luxe qu'il ne pouvait plus se payer. Le village était fragile, Seika était fragile, sa propre existence était fragile. Il n'avait presque plus de temps pour lui, les heures passées à mettre en place des programmes d'entraînements, à préparer ses missions futures, et à tenir à jour sa paperasse administrative, lui accaparaient le plus clair de ses journées.

Un coursier entra dans le restaurant, les bras chargés de caisses d'oeufs frais. Sho le suivit du coin de l'oeil sur même pas deux mètres que deux silhouettes lui barrèrent la vue.

? Nous avons à vous parler Nagoshi-san.

Sho ne prit même pas la peine de regarder les deux hommes qui venaient de s'arrêter devant sa table. Il abaissa simplement ses yeux sur son verre de thé fumant.

? C'est à propos de Shijima Seika.

Rien d'étonnant. Il s'était attendu à cette visite depuis le moment où Seika s'était endormie dans ses bras la nuit passée. Certaines personnes avaient assistés à leur petit affrontement sur le toit de l'immeuble où Seika résidait. Aujourd'hui, ces mêmes personnes, ou d'autres envoyés par leurs soins, cherchaient à comprendre ce qui s'était passé. Il n'y avait vraiment rien d'étonnant là dedans, quoi que cela ne présage rien de bon pour Seika. Elle qui avait déjà visité la salle d'interrogatoire du terrible Toukotsu risquait de faire un séjour bien plus désagréable en prison si jamais quelqu'un venait à savoir qu'elle s'était attaquée à un gradé.

Le dos de Sho rencontra le dossier de sa chaise, la manche gauche de son kimono frémit quand sa main se coucha sur les deux fourreaux pendus à sa ceinture. Le regard toujours tourné vers sa tasse de thé, il répondit de la manière la plus décontractée qui soit.

SHO. Je vous écoute.

Il y eut un silence notable. Sho comprit que les deux hommes ne savaient pas par où commencer tant l'affaire était délicate.

? Un rapport rédigé cette nuit fait état d'un affrontement sur le toit d'un immeuble de la deuxième artère. Ce rapport stipule que vous étiez présent sur ce toit en compagnie de la chuunin Shijima Seika. Est-ce que vous confirmez ?

SHO. Je confirme.

Sho porta la tasse de thé à ses lèvres pour en déguster quelques précieuses gouttes, ses yeux dirigés vers la table. Il entendit le son caractéristique d'une mine gratter le papier ; son propre interrogatoire pouvait commencer.

? Ce rapport stipule également que vous et la chuunin Shijima Seika vous êtes affrontés durant cinq minutes, faisant tomber la foudre à deux reprises sur le lieu de l'affrontement et ayant recourt à une arme blanche. Vous confirmez ?

SHO. Je confirme.

Le ton était toujours aussi décontracté. Sho reposa la tasse de thé sur la table.

? D'après les observations menées par l'auteur de ce rapport, la chuunin Shijima Seika vous aurait attaqué à deux reprises. Vous confirmez ?

SHO. Non.

Nouveau silence. Les doigts fins de Sho se mirent à glisser le long de la poignée de son nodachi.

? Ce n'est pas ce qui s'est passé ?

SHO. Non.

? Est-ce que vous voulez bien nous éclairer sur ce point ?

Cette fois-ci, Sho releva sensiblement sa tête pour plonger son regard dans celui de ses interlocuteurs. Les deux hommes étaient approximativement de la même taille. Le premier avait des cheveux bruns en bataille, des yeux verts perçants, et tenait accroché en diagonal dans son dos une faux à deux lames. Le second était plus maigre, plus athlétique, et possédait une longue crinière blonde teintée d'un regard profond. A première vue, tous deux étaient des chuunin, mais d'un niveau élevé, peut-être même plus élevé que le rang ne le demandait. Ils étaient malins et habitués à travailler ensemble, cela se notait au tout premier regard. La vigilance était de mise.

SHO. En réalité, ce n'est pas Seika qui a attaqué la première mais moi.

Les deux hommes échangèrent un regard surpris.

SHO. J'ai cherché à la surprendre alors qu'elle était au plus bas de sa forme, dans le cadre de tests menés pour jauger la réactivité des membres de mon équipe.

? Vous voulez dire que cet affrontement n'en était pas vraiment un ?

Sho immobilisa sa main contre la garde de son nodachi. En même temps, il porta une nouvelle gorgée de thé à ses lèvres tout en fixant un point imaginaire entre lui et la table.

SHO. C'est bien ça.

? Si ce que vous dîtes est vrai, pourquoi avoir utilisé votre katana pour lui infliger une blessure bien réelle ?

SHO. Je voulais qu'elle se sente en danger, qu'elle le ressente au plus profond de ses entrailles. Comme elle sera amené à le ressentir face à d'éventuels ennemis.

La mine recommença à gratter le papier mais Sho ne remua pas d'un cil. Il savait parfaitement ce qu'il était entrain de faire.

? C'est une drôle de manière d'enseigner la peur à vos élèves, vous ne trouvez pas ?

SHO. Shigeo-sama considère mon enseignement comme irréprochable, mais peut-être n'êtes-vous pas d'accord avec son point de vu ?

Sho plongea ses yeux mielleux dans les leurs pour apporter un poids supplémentaire à sa question. Les deux hommes parurent soudainement gênés. Ils échangèrent quelques regards fuyants puis ils reportèrent toute leur attention sur Sho quand celui-ci s'adressa de nouveau à eux.

SHO. Si vous n'avez rien à ajouter, j'aimerai me retirer si vous me le permettez ?

L'homme aux cheveux blonds se gratta la nuque en plissant les yeux.

? Bien sûr ! Bien sûr ! Vous pouvez partir Nagoshi-san, nous en avons terminé. Excusez-nous de vous avoir importuné.

? Vous comprenez, nous avons été si étonnés par le contenu de ce rapport que nous avons cherchés à nous assurer que tout était en règle.

Sho avala le restant de thé que contenait sa tasse après s'être levé. Sa main gauche délaissa la garde d'Hoshiyo et retomba le long de son corps.

SHO. Ce n'est rien, vous faisiez votre travail. Maintenant vous savez la vérité.

En se retournant, il entendit l'homme aux yeux verts saisir le papier que son coéquipier tenait entre les mains et le déchirer. Fin de l'histoire.


¤¤¤


Deux, c'est le nombre de coups qu'il donna. Le couloir était vide, il était seul face à la porte de l'appartement de Seika. Cette même porte qu'il avait franchi la nuit dernière avec le corps de la pauvre kunoichi sur les bras. Avait-elle eu le temps de récupérer un minimum ? Se souvenait-elle de tout ? Sho n'était pas venu pour trouver les réponses à ces questions. S'il était là, c'était pour une occasion particulière que l'affrontement d'hier soir avait quelque peu effacé. Seika avait fêté son anniversaire hier, un bien triste jour si on s'en référait à tout ce qu'elle avait vécu au cours de ces dernières vingt quatre heures.

Sho avait fait le déplacement pour inverser la tendance. Le passé était le passé, il était de ceux qui ne s'y replongeaient que très rarement. D'une manière ou d'une autre, même si cela paressait hautement improbable, il voulait lui faire oublier cette nuit noire. Le bon sens vous dirait que c'est peine perdue mais allez expliquer ça à un eisei-nin légèrement, comment dire ... différent ? Sho souhaitait associer cette journée à quelque chose de plus positif, quelque chose qui tenterait d'équilibrer ne serait-ce qu'un petit peu la balance. C'est pour cette raison qu'il était là, pour cette raison qu'il tenait une petite boîte en cuire marron ornée de filaments d'or sur les arrêtes. A l'intérieur ? Un cadeau. Un simple cadeau comme il était coutume d'en offrir à un anniversaire.

Des bruits de pas étouffés résonnèrent derrière la porte. Sho cligna des yeux quand cette dernière s'ouvrit sur Seika.

A première vue, elle semblait en meilleure forme.

SHO. Avec un peu de retard ..

Il lui tendit la boîte en cuire. En l'ouvrant, Seika découvrirait une étoffe comme celle qui ornait le cou de Sho. A ceci près qu'elle n'était pas aussi extravagante. Blanc nacré pour le fond avec des losanges légèrement plus prononcées pour qu'on ne les distingue que sous la lumière du coucher de soleil ; et le contour décoré par de longs et doux filaments de soie argenté.

SHO. .. joyeux anniversaire.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Lun 2 Nov - 22:53

-| 23 Ans, et Toujours Aussi Populaire… Ou Presque |-
.9.

Qui pouvait bien frapper à cette heure-ci ? Qui pouvait bien venir frapper chez-elle ? Peut être Sakura qui venait prendre de ses nouvelles, ou Ina, qui sait. Revêtue d’une robe blanche, sans ses apparats de cuir qui caractérisaient une tenue plus guerrière que féminine, et suivant l’idée qu’elle n’avait rien à attendre de plus que la vérité des faits, c’est ainsi qu’elle se dirigea vers la porte de son appartement. S’il s’agissait bien des forces de la police secrète, ou de Jounin venus l’arrêter, au moins partirait-elle dignement : comme une femme, comme un être humain, ce qu’elle était avant d’être une Kunoichi ou une citoyenne du village caché de Kumo. Plaçant ses pieds dans des petits chaussons blancs en fourrure synthétique, douce et réchauffant, elle traversa donc son salon, sa tasse de thé encore fumante et à moitié vide dans la main droite, bien déterminée à ne pas verser de larmes. Quel fût donc sa surprise en regardant par la lunette de l’entrée, de voir la personne à qui appartenaient les deux coups brefs qui avaient retenti à sa porte : Sho Nagoshi.

Ses sourcils se froncèrent, et immobile et analysa rapidement la situation : ce qui était arrivé la veille n’était pas un rêve, aussi sur que ça avait été son anniversaire, et qu’elle avait à présent vingt-trois ans. Or donc, la nuit non-plus n’avait pas été un cauchemar, si ce n’est un cauchemar éveillé : elle avait attaqué Sho à coup de Raiton Daishino, en espérant le pousser à la tuer, pour mettre fin à ses souffrances intérieurs et totalement psychologiques, causés par des années de souffrances et de solitudes inhibées durant son enfance dans le village. Ce qu’avait finalement fait le Chuunin Instructeur. Mais ça n’avait été qu’une feinte : son attaque, bien que mortel, ne l’avait pas tuée. Le Médecin avait utilisé une technique médicale à travers la lame de son arme pour ne pas rendre l’attaque mortel, ce qui faisait qu’elle puisse marcher, parler, respirer et penser à l’heure actuel. Mais son arrivé pouvait être aussi synonyme de l’arrivée des autorités, dont le jeune homme aux cheveux rouges faisait parti. Autrement dit, au moment où elle ouvrirait cette porte, son destin serait scellé. Mais ne l’était-il pas déjà depuis bien longtemps ? Non, ce n’était pas ce qu’elle pensait : Shijima Seika n’avait aucun destin, tout restait à construire aujourd’hui ! Et sa vie, restait à être vécue, avec les parts de noirceur qui étaient en elles, et la douceur et blancheur naturelle de son être. Elle n’inspirait pas au pacifisme, mais elle espérait bien avoir un rôle à jouer dans le village, si on lui laissait l’occasion de continuer sa lutte de pouvoir. De plus, il restait encore la question de son passé, mais les deux objectifs étaient liés : les autorités savaient très bien qui elle était, pour Seika c’était une certitude. Si elle arrivait à gagner en pouvoir ici-bas, elle pourrait devenir assez influente pour obtenir les informations manquantes pour reconstituer le puzzle : le piano, Taki, sa mère, le parfum, tous ces éléments n’étaient que des petites pièces. Shijima posa la main sur la poignée de la porte. Une fois celle-ci ouverte, se serrait aussi une ouverture sur cet avenir dont elle ne distinguait pas la couleur, mais qui s’annonçait plein de surprise, de couleurs, et d’aventures ! Pouvait cracher sur tout ça en fuyant maintenant ? Qui vivra verra : la Chuunin appuya sur la poignée, et déclencha en réaction la levée du loquet qui bloquait la porte de l’intérieur, ce qui eut pour elle effet d’ouvrir le morceau de bois isolateur marquant l’entrée de sa demeure.

Son sourire apparue sur son visage, même si les cernes sous ses yeux trahissaient son état de fatigue encore omniprésent. Il en allait de même pour Sho, mais comme le Shinobi le lui avait fait comprendre durant leur diner, il était tout à fait capable de résister à cette fatigue pourtant naturelle des êtres humains. Et en sens, pouvait-on qualifier Sho d’humain ? Qu’est ce qui nous caractérisait tous ? La jeune femme ne le savait pas, et elle s’en foutait là tout de suite maintenant. Son sourire et son regard fatigué lue dans celui de son chef d’équipe que le passé était derrière eux : l’affaire semblait close d’après son attitude. Et il le prouva en lui déclarant gentiment.

[Sho] « Avec un peu de retard … »

Joignant le geste à la parole, et dans sa grâce masculine habituel et propre à sa personne, le Médecin lui tendit un paquet : une petite boite de cuir marron entourée de filaments d’ors sur les arrêtes, légères et très agréable au touché en tout cas. Mais la jeune femme soupçonnait que ce cadeau en soit en cachait un autre. Et comme n’importe quelle autre personne dans sa situation, la jeune femme ouvrit la boîte. Ses lèvres laissèrent échapper un son qui rappelait celui du miaulement d’un chat, plein d’incompréhension, curieux, et surtout, heureux d’avoir quelque chose à quoi s’intéresser. Seika déposa la tasse qu’elle tenait toujours derrière elle, sur une petite table du vestibule servant justement à déposer les choses encombrantes tandis qu’on se mettait à l’aise dans l’appartement. Puis d’une main nue et délicate, elle tira de la dite boite une étoffe nacrée, d’une blancheur immaculée. Mais en y regardant de plus près, elle remarqua que la texture du tissu semblait plus épaisse par endroit, formant comme des losanges sur toute la langueur sur ce que l’on pouvait désigner d’écharpe. Le tout était achevé sur les bords par des filaments argentés doux et brillants légèrement à la lumière du jour. Un cadeau tout approprié à la jeune femme qui, comme on avait pu le voir jusqu’ici, avait tendance à se balader tout de même avec la même tenue qu’il pleuve qu’il vente ou qu’il neige. Elle avait bien sur des vêtements chauds pour l’hiver, et certains étaient d’ailleurs des cadeaux, comme celui qui venait de lui faire Sho. Mais la texture semblait aussi assez légère pour être portée aussi lorsqu’il faisait beau, comme son Sensei le faisait actuellement d’ailleurs. Sauf que son écharpe à lui était un rien plus extravagante que la sienne il fallait bien l’avouer.

[Sho] « ... Joyeux anniversaire. Acheva-t-il avec un sourire. »

La mine illuminé de Seika devait surement le renseigner en ce moment-même sur l’effet que lui faisait sa présence inattendue, et ce cadeau encore plus inattendue de sa part. Ce n’était pas tant le cadeau en lui-même -bien qu’il soit magnifique et fort bien choisi-, mais l’acte qui était louable et dont le remercia brusquement. Sans crier gare, et sans plus rien faire des convenances et des considérations en cet instant, la jeune femme à la chevelure d’ébène relevé d’une mèche blanche parfaite se jeta dans les bras du jeune homme aux cheveux rouges, couvert de bandages, mais à l’allure toujours aussi calme et agréable. Ses bras autour de ses épaules, ne lui laissant que la possibilité de poser ses mains sur ses hanches, ce qu’il fit après un moment d’hésitation, Seika le serra fort contre elle, écrasa sans s’en rendre compte sa poitrine contre son torse musclé. Mais en cet instant elle se fichait de se dire qu’elle était une femme, et lui un homme : en cet instant ils étaient des amis. Finalement la Kunoichi desserra son étreinte et gratifia le jeune homme de son sourire spécial, la tête penchée de côté, lui déclarant avec une joie non-dissimulée.

[Seika] « Merci Sho, tu as tenu ta promesse. »

Et pour elle cela voulait dire beaucoup, car peu d’hommes étaient capables de tenir leurs promesses. Finalement elle s’écarta de lui, en réalisant qu’elle se tenait à ras de son visage. Le rouge lui monta légèrement aux joues, ce qui ressortait plutôt bien sur sa peau blanche. Ohlala qu’est-ce qu’elle venait de faire ? Elle préférait encore le baffer encore pour avoir réussi à lui planter une lame dans le corps, plutôt que de se mettre à rougir ainsi. Mais c’était aussi comme ça qu’était Seika avec ses amis : expressive. Ce qu’elle n’était pas avec les autres dehors, si ce n’était pour exprimer des sentiments négatifs, son amusement face à certaines situations, ou sa désapprobation face à d’autres. Par tout ce qui était arrivé depuis une semaine, le jeune homme était rapidement devenu quelqu’un qui jouissait auprès de Shijima de la même place que celle qu’elle réservait en son cœur à ses amis, et en cela il avait faire. Mais on pouvait dire sans détour que les événements l’y avaient aidé sans le vouloir : le processus normal, si rien de tout ça n’était arrivé, aurait prit bien plus de temps qu’une semaine. Mais baste de tout ça, Sho avait tenu sa parole, c’était tout ce qui comptait, et en plus il était venu lui souhaiter un joyeux anniversaire, malgré tout ce qui c’était passé la veille au soir : comme le lui avait dit ses yeux, tout ceci était derrière eux à présent. Si Sho avait voulu réussir à changer cette journée qui aurait pu être triste, en quelque chose de plus heureux, il avait réussi. Mais cela n’empêchait pas la paranoïa naturelle de la jeune femme à la chevelure d’ébène de continuer de fonctionner, et elle passerait surement le reste de la journée dans l’attente, anxieuse, d’un événement quelconque. Vu qu’elle n’osait pas, et ne désirait pas gâcher cet instant de bonheur en ressassant les événements passés, elle ne dit rien et se contenta d’enrouler l’étoffe autour de son cou, pour oublier qu’elle était en train de rougir de s’être jetée au cou de son supérieur, après avoir essayé de le tuer la veille -sans succès-.

L’étoffe était grande, et elle l’installa de façon à ce qu’elle recouvre son épaule droite et son biceps droit, tandis qu’elle découvrait une partie de son épaule gauche. Mais son cours était entièrement couvert, ce qui était l’essentiel : la jeune femme se laissait aller à un style légèrement asymétrique avec les écharpes, et d’habitude ça lui allait plutôt bien. Elle caressa le tissu, et sans mot dire, plongea de nouveau son regard dans celui du Chuunin face à elle, maintenant que son cœur avait cessé de battre la chamade. Mais elle n’arrivait pas à lire derrière son sourire comment il la trouvait. Seika l’avait déjà remarqué sans vraiment en être sur mais en fait, Sho ne semblait guère fait commerce de l’apparence des gens : pour lui c’était à l’intérieur de l’être que se cachait la véritable apparence des gens, et en ça il avait raison. Il n’y avait qu’à voir quelle obscurité parcourait son âme pour comprendre que l’extérieur n’était qu’un artifice. Cependant, Shijima était une femme élevé comme une femme et qui avait par conséquence, certaines considérations sur sa propre personne sur le plan physique et vestimentaire. Aussi demanda-t-elle, dans l’attente d’une réponse sincère, mais positive, à son chef d’équipe.

[Seika] « Comment me trouves-tu Sho ? Elle fit un petit tour sur elle-même dans un torrent de blancheur agrémenté de la noirceur de sa chevelure, avant de s’arrêter et de s’écarter légèrement de l’entrée, le bras légèrement tendu vers l’intérieur de l’appartement. Veux-tu entrer si tu n’es pas trop occuper ? Cela fait un moment que je n’ai pas eu de visiteur chez moi, et ça me ferait plaisir de partager un thé avec toi ? »

Même si la vrai traduction aurait été -et Sho pouvait le lire dans ses yeux-, « Veux-tu rester encore un peu avec moi, et tout simplement partager un moment d’intimité avec moi ? ». La jeune femme n’était pas insistante : si Sho était occupé, elle s’en voudrait de le retenir, mais comme elle l’avait fait pour Sakura, et pour Ina, il était important pour elle que ses amis pénètrent au moins une fois dans son « sanctuaire » personnel, qui pour une fois, comme lorsque Sakura venait elle aussi la voir, était éclairé de lumière (car Seika gardait lorsqu’elle était seule obstinément les volets fermés par crainte d’être observée).

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Ven 6 Nov - 1:21

    ................................................................
    Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement
    A l'ombre de la demi-lune
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¨ Nagoshi Sho
¨ Shijimano Seika



    Lorsqu'elle ouvrit le paquet, Seika découvrit l'écharpe nacrée dont Sho lui fit cadeau. Ses yeux brillèrent comme des pierres précieuses révélées à la lumière du jour, mais rien n'égala son sourire aux yeux de Sho. Car plus que tout, l'eisei-nin aimait la voir sourire. Il sentait son coeur s'alléger et ses tourments voguer jusqu'à d'autres rives. Il savait que ce n'était que passager ; à peine plus long que les temps d'une mélodie, mais cela l'apaisait. Dire qu'il était tout bonnement heureux relevait cependant de l'indécis, car de tels sentiments étaient à son coeur ce que le crépuscule était à l'aube, une inconnue. Le regard perçant malgré tout, il contempla les mains de Seika puis ses yeux pétillants à la recherche d'un présage.

    Ce présage prit forme de la manière la plus surprenante qui soit. Il avait beau être observateur, Sho ne vit surgir, soit par naïveté soit par refus, ni le rapprochement soudain de Seika ni l'étreinte qui s'en suivit. Impuissant, il sentit son coeur se serrer et ses yeux se crispés comme si un voile venait de tomber sur eux et qu'ils cherchaient à voir au-delà. Involontairement, son ventre se contracta ; s'il en avait été capable, il se serait certainement retranché encore plus profondément. La poitrine de Seika se colla contre son torse. Au-delà de l'aura chaleureuse qui se dégagea de se rapprochement, Sho sentit un poids toquer aux portes de sa cage thoracique, un poids qui différait du sien. Son rythme était normal, il frappait régulièrement, ni trop vite ni trop lentement. Pour les Hommes, il était impossible de comprendre le langage de sourd entre ces deux mondes, mais eux s'entendaient et se comprenaient à leur manière, comme tous coeurs battants à l'unisson.

    Le temps parut glisser lentement, très lentement, comme si l'Horloger avait voulu immortaliser l'instant. Résolu à montrer un peu plus d'affection qu'il en était capable habituellement, Sho laissa ses mains glisser sur les flancs de sa coéquipière et s'arrêter sur ses hanches. Le contact de ses mains se vit léger, égal à une caresse suspendue. Le voile qui crispait ses yeux disparus aussi aisément qu'il était apparu, les laissant prendre une expression plus sincère et plus pensive également.

    Seika serra un peu plus son étreinte et Sho y répondit par le plat de sa main droite contre le creux de son dos. Leur moment s'arrêta à cela. Seika se retira avec douceur et les mains de Sho revinrent le long de son corps, le plus simplement du monde.

    ¨ Merci Sho, dit Seika. Tu as tenu ta promesse.

    Sho abaissa son menton en allongeant la courbe de son sourire. De son côté, Seika enroula l'écharpe autour de son cou en s'armant de deux auréoles rosâtres sur ses joues. La gêne n’était jamais trop loin dans ce genre de situation, mais Sho semblait s’en être préservé. Ses yeux parcouraient sensiblement le vide tandis que les images de la nuit passée défilaient dans son esprit comme la pellicule d'un vieux film. Il la vit disparaître sous sa main. Il vit le regard de son mystérieux démon intérieur, sa silhouette à travers la foudre. Il la vit s'effondrer dans ses bras et s'endormir comme si tout ce qui c'était passé n'était que l'essence même d'un mauvais rêve. Il releva la tête et plongea son regard perçant dans le sien. Il la voyait rougir.

    ¨ Comment me trouves-tu Sho ? Demanda-t-elle.

    Elle pivota sur elle-même pour lui offrir une vue globale de son nouvel accessoire.

    ¨ Si j'en crois ce que je vois ; que tu n'avais pas besoin de cette écharpe pour être belle, répondit-il avec un naturel déconcertant.

    ¨ Veux-tu entrer si tu n’es pas trop occupé ? Cela fait un moment que je n’ai pas eu de visiteur chez moi, et ça me ferait plaisir de partager un thé avec toi.

    Les yeux de Sho retrouvèrent leur profondeur chimérique. Posément, ils dévièrent vers l'intérieur de l'appartement et en observèrent les rares recoins qui osaient s'offrir à eux. La décision ne fut aucunement délicate à prendre.

    ¨ Avec joie, répondit-il en ramenant son regard sur elle.

    Seika sourit et l'invita à entrer d'un simple mouvement du bras. Sho inclina poliment la tête et entra. Son regard insondable ne se porta pas vers la décoration ou les lampes qui projetaient d'innombrables faisceaux de lumière dans toutes les directions, mais vers le sol qu'il suivit comme s'il marchait sur un fil invisible suspendu dans le vide. Comme il en avait été question la nuit passée, Sho ne s'importait aucunement du lieu où Seika vivait. C'était elle qu'il était venu voir, non son appartement.

☆ Post 6 ☆

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Sam 7 Nov - 15:11

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Le regard de Sho, bien que tendre, était aussi songeur, tandis qu’elle s’était écartée de lui, desserrant son étreinte sur le Chuunin Instructeur. Malgré leur rapprochement soudain cependant, le Médecin n’avait pas laissé le rouge lui monter aux joues : étaient-ils encore sensible en tant que mâle à ces marques physiques d’affections ? Voilà une question que lui aurait posée Sakura en cet instant, car pour son amie l’amour et l’affection n’étaient jamais éloignés de la présence physique, et des caresses. Seika n’avait aucune idée de ce que pouvait être ces dites caresses… Oui elle était vierge, et alors ? Chacun ses problèmes… Haem, cette pensée ne l’aida pas à diminuer la rougeur de ses joues, mais au moins elle se contrôla assez pour ne pas rougir de plus belle.

A la question, un peu rhétorique, qu’elle lui posa concernant son apparence une fois le cadeau de son collègue enroulé autour du coup comme un châle, Nagoshi lui répondit simplement.

[Sho] « Si j'en crois ce que je vois ; que tu n'avais pas besoin de cette écharpe pour être belle. »

Uh qu’il est adorable ce beau jeune homme aux cheveux rouges de sang ! Pour un peu elle l’aurait gratifié d’un nouveau câlin, mais elle se contenta de sourire, la tête penchée vers le bas, comme prise de timidité. Elle n’allait pas non-plus se mettre à lui sauter au cou à chaque mot gentil si ? Quelle image donnerait-elle, alors que son naturel était si calme, et froid ? Mais vous savez ce qu’on dit : les cœurs de glaces sont les plus chauds une fois fondus… Sur cette nouvelle pensée non pas gênante mais même légèrement amusante, son Responsable d’équipe accepta son invitation à pénétrer chez elle, ponctué d’un charmant.

[Sho] « Avec joie. »

Après avoir incliné la tête vers elle pour accompagner son assentiment, Sho passa près d’elle et entra donc chez elle, tandis que derrière lui, Seika refermait simplement la porte, sans verrou. A l’intérieur, qui pour une fois était éclairé, baignait dans une lumière blanche agréable et réchauffant. L’appartement de la demoiselle à la mèche blanche était en fait beaucoup plus petit que ce que Sho avait pu en voir la veille : il ne s’agissait à proprement parler que d’un trois pièces. A gauche de l’entrée, tout de suite en rentrant, se trouvait la salle de bain avec douche-baignoire et les toilettes. En face, en s’avançant, les deux Chuunin arrivèrent donc dans le salon-cuisine de six ou sept mètres carré (Seika n’était pas à cheval sur les chiffres). Enfin, exactement en face de la porte d’entrée, de l’autre côté du salon, se trouvait une nouvelle porte, et la chambre de la jeune femme, là où il l’avait déposé pendant la nuit. Quand à la cuisine, elle se trouvait donc dans le salon, contre le mur, juxtaposé à la salle de bain. C’était simple, et suffisant, plus que suffisant, pour une célibataire qui n’avait que très rarement de la visite, et encore cela se limitait-il à une personne -Sakura- de temps en temps. Quand à la décoration, rien d’incroyable loin de là. Contrairement à d’autres personnes, même si chez-elle était un peu un sanctuaire inviolable, ce n’était pas le reflet de son être, ou de ses passions. De toute façon elle n’avait guère de passion… Les murs étaient blancs. Sho avait naturellement retiré ses chaussures une fois la porte passée, quand à Seika elle était juste en Tabi.

D’un pas léger, sa robe flottant au-dessus du parquet, elle fit donc installer son ami dans un canapé en cuir blanc, face à une table basse et à une bibliothèque. Autour de la dite table se trouvait deux autres fauteuils de cuir blanc, identiques. La jeune femme, à deux mètres de lui, prit donc une nouvelle tasse propre, et y versa la liqueur encore chaude du thé. Lorsqu’elle revint auprès du jeune homme, elle lui tendit gentiment la tasse en déclarant.

[Seika] « J’ai peur qu’il soit loin d’égaler celui que nous avons bu au Chien Fou. »

Délaissant Nagoshi une minute, elle retourna à l’entrée récupérer sa tasse qu’elle avait laissée pour prendre en main la boîte du cadeau de Sho. Elle laissa la boîte où elle était, et observa son reflet dans la glace à droite de l’entrée. En effet cela lui allait plutôt bien… Cette blancheur ne faisait que mettre en valeur son visage, et rehaussait la couleur rouge de ses yeux marron. Revenant dans le salon, une question fît jour dans son esprit : où allait-elle s’assoir ? Lorsque c’était Sakura, les deux femmes étaient assises l’une à côté de l’autre sur le canapé évidement, leurs jambes repliées et enlacées. Mais aussi amical que soit leur relation à Sho et elle, il n’en restait pas moins un homme, et Seika n’était pas du genre à être « trop » entreprenante non-plus. Le câlin qu’elle lui avait faite devant l’entrée, c’était une marqué d’amitié, rien à voir avec une quelconque tentative de séduction féminine non, non, non. Et de toute façon, l’homme aux cheveux rouges, s’il l’avait analysé ainsi, n’y attachait pas grande importance donc.

Finalement la jeune femme s’installa dans un fauteuil, celui à la droite du canapé, car le Chuunin s’était assis à droite lui aussi. Ainsi ils étaient proches, assez pour parler sur le ton de l’intimité, ou de la confidence, mais elle gardait tout de même une distance, pas vraiment de sécurité mais de façon à dire « Voilà Sho, pour l’instant nous en sommes là ». Les jambes croisés, sa cheville dénudée, la tasse de thé encore chaude sans plus être fumante, Seika lui sourit, mais ne trouva pas quoi dire.

Elle était encore sous le choc de la veille, tout simplement, et se mettre à parler de choses banales, de la vie de tous les jours, du temps qui passe, ce n’était pas pour elle, enfin, pas maintenant en tout cas. Cela lui arrivait bien sur de bavarder comme une vieille fille avec Ina quand elle dinait chez elle. Elle devrait d’ailleurs aller la voir, pour lui expliquer tout ce qui c’était passé, la rassurer. Shijima pensa aussi à Sakura, sa pauvre amie devait surement être inquiète et la mort de Xang ne pouvait pas passer inaperçu non-plus. La rumeur s’étendrait rapidement parmi les Juunin et les Chuunin, que la belle et mystérieuse Seika avait tué un Genin, et qu’elle était en liberté. Cette réaction de ceux qui avaient accès aux informations serait inévitable malheureusement.

Seika resta donc là, assise, à continuer de boire son thé en compagnie de son Responsable, collègue, et maintenant ami. Peut être que lui avait quelque chose à lui dire ? La jeune femme garda ses yeux fixés sur ceux ambrés de son Sensei : elle ne prétendait pas le connaitre mais, elle avait souvent remarqué que ses yeux -et les siens d’ailleurs- exprimaient le plus souvent leurs pensées, leurs questions, leurs interrogations, ou tout simplement leurs sentiments… Si Sho voulait lui dire quelque chose, le message passerait principalement par ses yeux. Souriante, elle resta donc ainsi, dans un calme et un silence à peine troublé par leurs respirations, et des craquements du cuir…

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Dim 15 Nov - 2:04

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
7

Après avoir délaissé ses sandales dans l'entrée, Sho s’avança dans le salon qui servait de pièce centrale à l’appartement. Un rapide coup d’oeil à sa gauche puis à sa droite lui suffit pour remarquer la maigre décoration mise en place. Quelques pièces de mobilier, des murs blancs, et le stricte nécessaire pour ne pas manquer de confort, voilà qui reflétait bien l’identité même de Seika. Sho ne la connaissait ni trop coquette ni trop attachée aux biens matériels. Le sourire toujours suspendu à ses lèvres, il se tourna vers sa coéquipière et lui offrit un regard qui voulait dire quelque chose comme « c’est un endroit for sympathique ». Malheureusement, il n’était pas venu pour juger la décoration ou la manière dont elle avait disposé ses meubles. Il avait quelque chose à lui dire, quelque chose qui demanderait toute son attention.

La belle l’invita à s’assoire dans un canapé placé autour d’une table basse. Sho acquiesça et prit place comme convenu par les règles de politesse après avoir surélevé ses deux fourreaux pour ne pas qu’ils gênent son assise. La main gauche posée sur la garde d’Akikaze, l’autre posée sur sa cuisse, il suivit attentivement le moindre petit geste de Seika. La cérémonie du thé était un art extrêmement complexe qui demandait, pour les plus passionnés, d’innombrables heures d’études. La température de l’eau, le types de feuilles, de récipients, ou encore le nombre de bulles formées au moment de servir le thé, était autant de facteurs qu’aucune personne ne pouvait se venter de maîtriser sans ces études.

Les mains de Seika se déplaçaient avec lenteur pour manipuler les différents ustensiles. Elle usait d’une grande délicatesse et même si cela n’était peut-être pas parfait pour un oeil avisé, on sentait qu’elle maîtrisait les étapes les plus importantes de cette cérémonie quasi séculaire.

Quand elle revint vers lui avec une tasse remplie au deux tiers, Sho saisit la tasse de ses deux mains, la droite épousant le contour et la gauche aplatit sous la base. Il la gratifia d’un hochement de tête et ramena lentement ses bras vers lui.

SEIKA. J’ai peur qu’il soit loin d’égaler celui que nous avons bu au Chien Fou.

SHO. Ne sois pas si dur avec toi-même.

L’eisei-nin ramena ses yeux sur sa tasse. Il en contempla longuement le contenu sans y voir autre chose que l’étrange reflet de son visage à la surface du liquide légèrement tremblant. Le doux parfum du thé monta alors jusqu’à ses narines. Il l’huma, les paupières closes. De là où il venait, il se disait que les meilleurs thé étaient toujours ceux qui faisaient voguer l’esprit loin de ses rivages. Rien qu’en le respirant, Sho se sentit partir vers le sud, là où le soleil brillait constamment dans un ciel bleu azur. Il se vit au sommet d’une toute petite colline couverte d’une belle herbe verte. En contrebas, des hectares et des hectares de champs cultivés s’étendaient à perte de vue. Il se sentit en paix avec lui-même, comme si rien ne pouvait l’atteindre en haut de sa colline.

Le craquement du cuir le ramena dans l’appartement de Seika. Il cligna des yeux et allongea la courbe de son sourire avant de goûter au thé de sa coéquipière. Une gorgée, une seule, comme toujours ; une manière de sentir tous les aromes pétiller dans sa bouche, et Sho comprit qu’il avait à faire à un thé raffiné. Peut-être pas un thé comme ceux qu’on pouvait trouver chez les cueilleurs, mais un thé néanmoins délicieux et revigorant.

SHO. Il est très bon, merci.

Sa voix était sincère, chaleureuse, presque mielleuse mais un voile glissa sur ses yeux. La nuit avait été courte, mais ce n’était pas la fatigue qui s’exprimait à travers eux en cet instant. Il s’agissait de quelque chose de plus profond, quelque chose que lui même ne s’expliquait pas. Jusqu’à aujourd’hui, il n’avait jamais eu à le faire et il n’arrivait pas à comprendre pourquoi il devait en être ainsi. Mais une voix dans sa tête lui murmurait que c’était la meilleure chose à faire depuis que la nouvelle était tombée. Difficile de savoir s'il s'agissait de sentiments ou bien une question d'éthique mais il avait décidé qu'il devait le lui annoncer. Il avait promis, promis qu'il serait là pour elle. Sans doute était-ce le moment de lui montrer qu'elle n'était pas n'importe qui à ses yeux.

Le regard abaissé sur la table basse, il repensa à ce que lui avait confié l'Intendant. Dans quarante huit heures il allait se lancer sur les traces du Yondaime. Un honneur dirait certain, une simple mission comme une autre de son point de vu. Le village avait perdu un objet d’une grande valeur, il était tout naturel de sa part de le retrouver et de le ramener chez lui. Au-delà de ça, il y avait également le cas du professeur Tsukushi. Un porté disparu qu’il s’était juré de retrouver après l’attaque qu’il avait subis en plein coeur de l’hôpital par un homme qui s’était fait passé pour ce professeur. Qui sait où il pouvait être aujourd’hui ? Peut-être déjà à dix pieds sous terre. Car s’il possédait un nom de lieu pour l’objet recherché par l’Intendant, il n’avait pas la moindre idée de l’endroit où pouvait se trouver le professeur Tsukushi. Ce qui compliquait particulièrement sa tâche.

La senteur du thé lui chatouilla de nouveau les narines. Ses paupières clignèrent puis ses bras se tendirent pour déposer la tasse sur la table basse. Son sourire avait brusquement disparu.

SHO. Seika ... nous n’allons plus nous revoir pendant un temps.

Ses yeux dorés prirent une lumière triste et fatiguée. Lentement, il bascula en arrière de sorte à ce que son dos vienne s’appuyer contre le dossier du canapé. Son regard, qui jusque là avait évité le contact de celui de sa coéquipière, se tourna subitement vers elle. Un léger sourire revint ponctué ses fines lèvres, comme pour lui montrer que ce n’était rien de bien tragique.

SHO. L’Intendant m’a confié une mission qui devrait m’éloigner du village durant quelques semaines si ce n’est pas des mois. J’aurai pu partir sans rien te dire, c’est probablement ce que j’aurai fait avec n’importe qui d’autre, mais quelque chose me disait de ne pas te faire endurer ce genre de comportement.

Son regard glissa de nouveau vers la table basse.

SHO. Pardonnes-moi de ne pas t’apporter meilleure nouvelle.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Dim 15 Nov - 3:12

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La vérité était, qu’en cet instant rien d’autre n’aurait pu perturber Seika. Que ce soit l’apparition d’une section de l’Anbu, que ce soit l’attaque d’un groupuscule nommé Asahi sur le village, que ce soit l’explosion de tout le village, rien de tout cela ne l’aurait touché, affecté, autant que ce que Sho lui déclara par la suite. Et pourtant ce n’était pas faute de ne point désirer en être affectée. La jeune femme était juste, heureuse de partager ses instants avec Nagoshi, un ami, un vrai. Du moins pour ce qu’il lui en avait montré jusque-là. Mais la Kunoichi ne voyait pas de raison de douter, de lui, alors elle se laissait aller, sereine, sans se douter qu’outre cette journée qu’elle aurait qualifié presque d’après-guerre mentale, cachait en réalité une nouvelle fatalité.

Elle vit tout de suite le regard de Sho changer, tandis qu’il détachait ses lèvres de sa tasse de thé, qu’il avait qualifié de « très bonne ». Il avait eu l’air d’être sincère, et c’était plutôt gentil de sa part de le lui dire. Mais ses yeux n’avaient plus caressés les siens, comme il aimait à le faire d’habitude, surement plus par habitude, que par une réelle marque d’attention envers elle. Ses deux ambres fixés sur la table basse du salon de la belle à la chevelure d’ébène, il sombrait dans ses pensées, de seconde en seconde. Mais comme un plongeur s’enfonce dans les eaux troubles, Sho finit par remonter, respirant, gonflant sa poitrine, cherchant à inspirer pour enfin déclarer sans la regarder ce qu’il avait à dire.

[Sho] « Seika... Nous n’allons plus nous revoir pendant un temps. »

[Seika] « … Qu… »

Mais la gorge de la jeune femme s’était serrée, coinçant ses cordes vocales, l’empêchant d’émettre un seul son audible pour son interlocuteur. Comment ça il n’allait plus la revoir ? N’était-il pas son responsable d’équipe ? Son ami ? Seika se reprit elle-même en se faisant l’effet d’un coup de fouet mental : était-elle une femme digne, ou une simple gamine dont le cœur battait la chamade à la moindre évocation d’une rupture ? Certes elle n’en avait pas connu beaucoup des ruptures dans la vie, et autant dire qu’elle n’en avait jamais connu de cet acabit là. Mais son esprit allait trop vite en besogne, car Sho n’avait pas fini de parler elle le voyait bien, à sa manière de changer de position et d’enfin replonger son regard dans le sien, tout en s’adossant au canapé. Il avait un léger sourire sur les lèvres : son cœur se calme bien vite, sous l’impulsion de sa raison, car ce qu’il avait à dire ne concernait pas leur relation à proprement parler.

[Sho] « L’Intendant m’a confié une mission qui devrait m’éloigner du village durant quelques semaines si ce n’est pas des mois. J’aurai pu partir sans rien te dire, c’est probablement ce que j’aurai fait avec n’importe qui d’autre, mais quelque chose me disait de ne pas te faire endurer ce genre de comportement. »

Puis il se pencha une nouvelle fois en avant, rompant encore leur contact visuel, comme si cela était trop difficile pour lui de l’affronter.

[Sho] « Pardonnes-moi de ne pas t’apporter meilleure nouvelle. »

Meilleure nouvelle… Clair que ce n’était pas une très bonne nouvelle mais… Seika décroisa ses jambes, et reposa délicatement sa tasse de thé sur la table basse. Une fois sur ses jambes, elle contourna son fauteuil et alla au lavabo saisir un verre d’eau, qu’elle remplit normalement, comme si ce geste avait été le plus naturel de la terre, et qu’il n’eut été à une aucune seconde troublé par des désirs et des pensées très contradictoires dans son esprit. La jeune femme fit cul-sec du verre d’eau, et laissa échapper un long soupire de lassitude : rien n’était jamais vraiment rose dans sa vie il fallait bien l’avouer. Après un malheur, et un grand bonheur, succédait une nouvelle fois un retour à la réalité assez brutale. Mais n’était-elle pas trop affectée par ceci ? N’était-elle pas « trop » en phase avec Nagoshi ? Cette question revenait une nouvelle fois sur le tapis, et silencieusement, dos à Sho, elle prit le temps d’y réfléchir, et d’y répondre : non, elle n’était pas trop proche de Sho, cet homme formidable lui avait prouvé pas plus tard que durant la nuit-même qu’il était capable de veiller sur elle, et de l’aider à se sortir d’un mauvais pas. Mais devait-elle pour autant lui en être « si » reconnaissante ? Et puisqu’était la reconnaissance pour elle de toute façon…

Du bout des doigts elle caressa l’étoffe blanche autour de son cou. Quelqu’un sur qui l’on peu compter… Et il n’y avait pas que Seika : tout le village comptait sur lui. Et l’Intendant aussi à ce qu’elle voyait, vu qu’il lui confiait une mission importante. La jeune femme ne l’avait pas entendu ajouter quelque chose en rapport avec cette mission : si elle avait été confiée par l’Intendant en personne, alors elle était top-secrète, mais ne pouvait requérir la présence d’un Jounin, ou d’un Anbu. Seika leva ses mains à son visage et appuya légèrement sur ses joues, avant de remonter à ses cheveux et de les caresser, faisant du même coup retomber sur son front, le long de l’arrête de son nez, de ses lèvres, de son cou, de ses seins, descendant jusqu’à son ventre comme le reste de sa chevelure au niveau du bas-dos, sa mèche blanche. Mais elle ne l’écarta pas et se contenta de se retourner brusquement vers son ami.

Ce dernier releva le visage en l’entendant se retourner dans un flottement de vêtements. D’un pas rapide, en trois enjambées, Seika vint se placer face au Médecin, qui bascula en arrière sur le canapé, vu le peu de distance qui les séparait l’un de l’autre, et tout simplement pour pouvoir voir son visage. Son regard n’était pas froid, mais autoritaire, ce qui était assez rare pour la jeune femme. Ses yeux marrons-rouges plantés dans les siens, Seika releva la jambe, et vint poser son pied chaussé d’un tabi blanc sur le rebord du canapé, entre les jambes de son Sensei, qui ne fit aucun geste, se contentant simplement d’observer, l’air un peu surpris. Dans le regard de la jeune femme, il y avait une émotion qui passait, une émotion sourde, mais puissante, qui disait avec une certaine gentillesse « tais-toi et écoute ». Alors Seika prit la main de Sho, et la posa sur son ventre, juste à l’emplacement de sa cicatrice.

[Seika] « Tu as fais cette cicatrice pour me sauver. »

La jeune femme se pencha un peu plus, et porta la main de l’homme aux cheveux rouges entre ses seins, près de son cœur.

[Seika] « Alors ne me fais pas une nouvelle cicatrice ici en ne revenant pas de cette mission d'accord ? »

Souriante, malgré la gravité de ses propos, Seika lâcha la main de son ami et vint s’installer à côté de lui sur le canapé de cuir, les jambes reposant sur les genoux de Nagoshi. Plus ou moins enlacés de cette manière, elle lui demanda.

[Seika] « Tu n’y vas pas seul tout de même ? »

Sous-entendu, évoque-moi seulement l’idée que tu puisses y aller seul et je ne te laisse pas sortir de cette pièce sans m’avoir juré de m’emmener, ou d’avoir une personne de confiance avec toi pour accomplir cette mission. Pas qu’elle soit mère poule non, mais Seika lorsqu’elle avait un ami, un vrai, l’aimait vraiment, et pour rien au monde elle ne voulait le perdre. Vu la façon dont l’annonçait Sho en plus, elle avait de quoi se faire du souci non ? Pas qu’elle se sente seule sans lui, mais… Sa présence était rassurante du coup, qu’il parte… Bref. Seika savait que les choses se passaient ainsi, et d’ailleurs ça arrivait souvent avec Sakura. Pourtant avec son amie, elle n’avait pas le même genre de réaction qu’avec Sho…

Seika remarqua alors… Qu’elle était bien à côté de lui. Le pas avait été franchi, et cette retenue sans fondement qu’elle avait eu s’était échappé aussi vite qu’elle était apparue… Souriante, mais inquiète, la Kunoichi avait gardé la main de Sho entre les siennes, la caressant du bout de doigts, comme elle aimait parfois à le faire avec Sakura…

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mer 18 Nov - 2:50

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« A l'ombre de la demi-lune »
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Sho continua de fixer la table basse, même quand Seika se leva et le dépassa pour se rendre devant son lavabo. Ses yeux aussi perçants que la pointe d’une lance exprimèrent une fatigue plus psychologique que physique. Bien des choses étaient arrivées depuis que Seika avait intégré sa première équipe. Des choses qui avaient le don de lui redonner le sourire, comme d’autres qui pouvaient le rendre plus froid et distant. Blesser Seika n’était pas le but qu’il avait cherché à atteindre en venant chez elle ; tout comme il n’avait d’aucune façon cherché à l’agacer. Son départ était tout simplement irrémédiable.

Le soupire de sa coéquipière lui parvint comme un lointain murmure. Il ferma ses yeux et se laissa gagner par l’obscurité et le silence. Les battements de son coeur se mirent à chantonner, l’afflux de sang dans ses veines à fredonner ; tout son corps se mit au diapason de l’instant. Mais les sentiments de sa coéquipière étaient autant de fils de soie qu’il était délicat de saisir et de comprendre. Aussi eut-il à peine le temps de tourner sa tête quand il entendit ses pas revenir avec rapidité auprès de lui.

Sa surprise ne transparue ni dans son regard ni sur son visage. Il se tassa simplement contre le dossier du canapé et plongea son regard dans le sien. Il y lut comme une forme de colère, d’incompréhension, peut-être même d’autorité. Dans son silence, il attendit le dénouement.

Seika sembla prendre des routes qu’il n’avait jamais empruntées. Au point que son regard laissa filtrer sa surprise quand la belle porta son pied sur le rebord du canapé, entre ses deux jambes. Avant même qu'il n'ait eu le temps de se demander à quel genre de jeu elle s’amusait, elle prit sa main et la remonta sur son ventre. Sho sut alors qu’elle voulait lui rappeler la présence d’une cicatrice ; et non des moindres, puisqu’il s’agissait de la marque que son katana avait laissé sur elle au cours de la nuit.

SEIKA. Tu as fais cette cicatrice pour me sauver.

Les yeux de Sho se voilèrent et un sourire léger apparu aux coins de ses lèvres. Le souvenir de cette cicatrice était presque aussi marqué dans son esprit qu’il ne l’était sur la peau de Seika.

SEIKA. Alors ne me fais pas une nouvelle cicatrice ici en ne revenant pas de cette mission d'accord ?

N’importe qui aurait trouvé une réponse à cela, mais Sho n’en trouva aucune. Il leva simplement ses yeux vers le visage de Seika. Il la regarda ainsi pendant une dizaine de secondes. Secondes au cours desquelles son esprit se ferma comme s’il était victime d’un genjutsu. Il sentit simplement le coeur de sa coéquipière battre contre sa main tel un tambour régulier. Son sourire s'évanouit. Un seul hochement de tête suffit.

SEIKA. Tu n’y vas pas seul tout de même ?

Sa question se perdit dans la mémoire de Sho. L'eisei-nin la regarda prendre place à ses côtés, ses jambes reposant sur ses genoux. Les contacts physiques autres que ceux qui se déployaient dans le cadre de son travail avaient toujours été d’un grand mystère à ses yeux. Dire qu’il ne les aimait pas n’était que pure folie. Seulement, il les craignait pour toutes les sensations qu’ils pouvaient engendrer. Mais le regard persistant de Seika lui rappela qu’une question lui avait été posée et qu’il n’y avait toujours pas répondu.

Comme si de rien n’était – bien que tous ses sens étaient rivés sur le contact entre ses jambes et celles de Seika – il répondit sur le ton neutre qu’on lui connaissait :

SHO. Non, j’ai réussi à obtenir l’aide d’un professeur sur cette mission. Cela suffira à résoudre les éventuels problèmes rencontrés en cours de route.

S’il avait répondu oui, Sho était persuadé que Seika serait sortie de ses gongs. Jamais elle ne l’aurait laissé affronter seul le moindre danger. Pourquoi ? Il n’en savait rien. La relation qu’il partageait avec elle avait prit une tournure pour le moins étrange depuis le soir où ils s’étaient tous deux entretenus à l’ombre des arbres. Rien ne pouvait être considéré comme tout à fait normal dans leur relation. Ils se ressemblaient autant qu’ils se différenciaient l’un l’autre. Ils avaient chacun leur propre code, leur propre langage, leur propre état d’esprit. Pourtant, Sho jurait qu’il n’avait jamais connu pareille compréhension. Le Destin était peut-être incertain et tortueux, quelque chose lui murmurait que Seika serait toujours là, quelque part, pour lui.

Il avait beau ne pas savoir s’il avait besoin ou non de sa présence, il ne pouvait nier l’étrange sentiment qu’il éprouvait à son contact. Comme si les choses ne pouvaient aller que pour le mieux lorsqu’elle se tenait à ses côtés. Le loup solitaire qu’il était ne pouvait pas comprendre grand chose à ce langage du coeur. Mais tôt ou tard, les mots viendraient combler son manque et alors, il comprendrait.

Ses yeux dorés dégringolèrent le long de son bras et s’arrêtèrent sur les doigts de Seika qui s’amusaient à caresser sa main. Un trouble son nom tomba à l’intérieur de lui, créant remous et vaguelettes. Son sang se glaça alors que ses sourcils se fronçaient légèrement.

Alors son regard retourna dans le vague, là où il se sentait dans son foyer, et des paroles d’un autre temps jaillirent de sa bouche, portées par une voix douce et assurée.

SHO. Je suis tordu et torturé ... crois-tu que tu voudrais de ça ?

Une lueur traversa ses yeux, une flamme projeta sa langue dorée sur les murs de sa rétine. Lentement, ils se tournèrent vers l’éclat brun rougeâtre qui habitait ceux de Seika. Sho ne souriait pas. Son visage n’exprimait ni interrogation ni surprise. Détendu, calme, le loup contempla ce qui n’était rien d’autre qu’une louve toute aussi solitaire que lui.

Ses doigts s’animèrent et sa main serra les siennes avec ce qui ressemblait presque à de la tendresse.

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MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mer 18 Nov - 13:22

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C’était étrange à expliquer, cette attirance mutuelle qu’ils avaient l’un pour l’autre. Tantôt on aurait dit deux parts égales d’une même âme, ne demandant qu’à être confondus de nouveau. D’autres fois on aurait pu les voir comme deux individualistes que rien ne pouvaient réunir. Seika ne savait pas grand-chose de la vie en société de Nagoshi, mais avec ce qu’il lui avait dit et montré jusque là, il était un peu comme Seika : il avait beau connaitre du monde, en fin de compte il était seul chez lui, sans pouvoir dormir, prisonnier d’un présent auquel il ne pouvait échapper. Depuis combien de temps ces yeux n’avaient-ils pas été clos, dans une longue nuit de sommeil réparatrice ? Lui-même ne devait plus le savoir à force.

Le Chuunin instructeur prit un temps pour lui répondre, tant il semblait perdu dans ses pensées. Mais à quoi pensait-il ? Son regard n’exprimait ni gêne ni honte ni même colère ou plaisir pour cette position qu’avait adopté Seika et qui, plus ou moins le retenait contre elle. Elle-même ne concevait rien de négatif à être ainsi mais, ça aurait été mentir que de dire qu’elle n’aimait pas être ainsi. Seika, aimait recharger son cœur en chaleur humaine. La proximité était un moyen simple d’y arriver. Mais là c’était autre chose, une autre forme de douce chaleur, qui l’étreignait. Heureuse ? Oui, plutôt. Mais soucieuse de savoir si son ami allait partir seul pour cette mission qu’il décrivait comme passablement longue. Aussi Sho, semblait revenir à lui, sa main toujours entre celles de la jeune femme, finit par lui répondre.

[Sho] « Non, j’ai réussi à obtenir l’aide d’un professeur sur cette mission. Cela suffira à résoudre les éventuels problèmes rencontrés en cours de route. »

Ouf, la jeune femme respira enfin. La plupart des professeurs de Kumo étaient avant toute chose des Shinobis émérites, comme lui d’ailleurs. Et s’il partait avec un professeur, peu importe ce dernier, ce ne pouvait être qu’une bonne chose. Une idée la fit sourire : et s’il partait avec Souryo ? Ca ferait de sacrées vacances à la belle Kunoichi ! Souriante de nouveau, autant par cette bêtise qu’elle avait pensé que par le fait de savoir son ami en sécurité, ou presque, avec un autre professeur pour cette mission, la jeune femme se laissa aller contre lui, appréciant leur long contact… Elle n’avait pas besoin de lui répondre par des mots, ses yeux avaient parlés pour elle, son corps avait parlé pour elle, et son cœur, qui s’était tus, s’animait, peu à peu. Le rapport avec la situation ? Et bien quand une femme est aussi proche d’un homme, cela ne peut que lui faire se sentir bien vous ne croyez pas ? Sauf cas particuliers que je ne décrirais pas là…

Sho replongea dans ses pensées, ses yeux caressant le corps de la jeune femme, avec une certaine pointe d’étonnement transparaissant derrière son calme habituel. Ses yeux d’ambres se voulaient impassibles, mais Seika commençait, commençait juste, à les comprendre, à sentir quand son regard disait quelque chose qu’il ressentait, ou qu’il voulait cacher. Il semblait agiter de pensées contradictoires, ou plutôt qui pouvaient difficilement cohabiter entre elles. Un peu comme Seika, mais en plus prononcé.

Pour elle-même, qui malgré les apparences avait une vie sociale, et des amies fidèles et chères à son cœur, la jeune femme ne se faisait pas d’illusion. Ses yeux marrons-rouges ne quittaient pas ceux de Sho, qui lui-même cherchait, surement en lui-même, une réponse clair à donner à ce qu’il ressentait. Avait-elle peur qu’il ne puisse ressentir comme elle cette chaleur qui lui étreignait l’âme ? Avait-il seulement pour habitude de la ressentir de temps en temps ?

Finalement, Sho devait être bien plus seul que Shijima, et s’était triste, vraiment. C’était pour cette raison qu’elle sentait, sans pourtant en avoir de preuves, que Seika restait ainsi contre son « ami ». Mais pouvait-elle seulement parler d’ami ? La Kunoichi comprit aussi, comme une porte qu’on ouvre sur un espace que l’on regard par un trou de serrure, que sa relation avec Sakura était un peu identique à celle qu’elle avait avec Sho en ce moment même : Sakura avait pour Seika des attentions, des regards, des gestes, qui étaient plus que de l’amitié. Cela la fit rougir intérieurement : oui, Seika commençait à se souvenir, de ce que c’était, d’aimer.

Elle n’avait pensé jamais plus ressentir ça, ne s’en était jamais senti le droit. Mais maintenant que tous les événements s’étaient chamboulés entre eux, que sa vie avait prit une autre tournure, qu’elle pouvait à nouveau « vivre » pour de vrai… Seika n’avait pas envie d’attendre, d’attendre l’autorisation d’un mort. Elle devait respecter sa promesse, cela voulait-il dire qu’elle n’avait pas le droit de tomber amoureuse à nouveau ?

Les femmes ont souvent des éducations différentes des hommes, ce doit être pour ça qu’elles sont plus facilement accessibles à des sentiments aussi doux que ceux que l’on peut avoir lorsqu’on est amoureuse. Mais Seika ayant eu une éducation un peu particulière et totalement impersonnel, sans forme sentimentale qu’elle soit féminine ou masculine, ceci expliquait qu’elle mette autant de temps à saisir en elle-même ce qu’elle ressentait. Pour Sho, ce devait être encore plus dur, de comprendre, tout simplement, pourquoi son regard, et son être, se tournait vers elle. Il n’y avait pas de mots, mais il y avait en Sho un monstre tout aussi terrifiant que celui de la jeune femme.

Et parce qu’il ne savait pas, parce qu’il avait peur tout simplement, de cette même peur pouvant étreinte le cœur au moment le plus crucial de sa libération, les yeux de Sho se voilèrent, perdirent de leur éclat. Il se réfugia en lui-même, comme elle-même le faisait souvent. Oh Sho, pensa-t-elle… Il avait peur, elle aussi mais, pas de la même peur. Seika ignorait ce qu’il avait bien pu perdre dans son passée, pour en perdre le sommeil, et le goût d’aimer, mais ce qu’elle savait, c’était qu’il était toujours possible d’arranger les choses, de manière douce, ou brutal -comme de se faire planter par un sabre par exemple-. Oui, il y avait des manières si douces…

[Sho] « Je suis tordu et torturé ... Crois-tu que tu voudrais de ça ? »

Seika eut un petit sourire timide, comme si, malgré la gravité de sa déclaration, cette phrase n’était qu’une invitation à plus de « présence ». Pourquoi hésiter ? Elle allait le faire remonter à la surface et lui faire goûter, ce qu’il avait peur d’approcher. Son regard replongea dans celui de la jeune femme, sa main qui était entre les siennes s’agita et saisit celle qui la caressait, la serrant doucement.

[Seika] « Sho… Je ne peux pas te dire que je veuille, d’une chose ou d’une autre. Si tu es tordu et torturé, je suis brisé et tout aussi torturé ! Mais hier soir tu m’as montré qu’il était possible de recoller les morceaux d’un cœur brisé… Alors, je pense qu’il est possible de dénouer petit à petit les nœuds de ton cœur tordu. »

Seika eut un petit rire, comme si tout ceci était d’un naturel chaleureux. Et en effet, elle se sentait bien, à ses côtés. Elle était heureuse. Sho avait retrouvé un sourire calme, un sourire qui frémit et s’agrandit légèrement après qu’elle eut parlé. Deux âmes sur des îles différentes. Sho avait fait le premier pas pour la rejoindre et la secourir, à elle d’en faire de même. Aussi Sho Nagoshi n’était-il pas au bout de ses surprises, et il allait avoir matière à réflexion durant ses longues nuits blanches !

[Seika] « Et je pense… Qu’il y a des manières plus douces pour dénouer un cœur, que de se prendre un coup de sabre… Comme ceci. »

Sa chevelure ondula faiblement. Sa main serra avec autant d’insistance celle de cet homme aux cheveux rouges qui se trouvait à ses côtés. Et enfin, sans crier gare, son visage fût plus près du sien, bien plus près, accomplissant un geste qu’elle n’avait eu l’occasion d’accomplir qu’une seule fois durant toute sa vie. Si près, que ses lèvres vinrent se poser délicatement sur celles de cette personne… Les lèvres de Sho étaient tièdes, celle de Seika aussi. Le baiser qu’elle lui prodigua, comme on exerce une douce caresse sur un patient pour le détourner de sa souffrance, lui permit de faire remonter sa main libre le long de son ventre musclé, puis de son torse, pour se poser sur son cœur, contre lequel elle appuya faiblement, pour ressentir à son tour qu’il battait, qu’il vivait, que Sho Nagoshi n’était pas qu’un bloc de marbre taillé dans le seul but de vivre une vie impersonnel pour ce village. A l’intérieur de ce bloc, vivait toujours un cœur, un cœur capable d’aimer…

Seika détacha ses lèvres des siennes, et rouvrit les yeux, à peu près en même temps que Sho. Devait-elle le qualifier d’amant à présent ? Aucune idée, Sho était juste Sho, et ce baisé n’en était encore qu’un. Mais pour Shijima cela voulait déjà dire quelque chose de fort. Leurs regards se croisèrent de nouveau, et Seika resta à un souffle de celui de l’Eisei-nin, ses yeux où étincelait le rouge plongés dans ceux où étincelait l’or.

-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-|-

Que se passa-t-il ensuite ? Sho resta-t-il aux côtés de celle qui venait de caresser son cœur avec autant de tendresse ? Tout ceci n’appartient qu’à eux, et eux-mêmes ne seront peut être jamais certains que tout ceci se soit réellement passé. La vérité appartient à celui qui lira leur histoire, sans chercher à en déterminer un sens, et un dénouement.

Mais chacun des deux protagonistes, gardera en lui cet instant, précieux, jusqu’à leur prochaine rencontre. Si l’un les voyaient comme des loups, l’une les voyaient comme des corbeaux, mais peut importe la désignation, Seika et Sho étaient ce qu’ils étaient : deux jeunes gens, empruntant ensemble une voie, dont ils ne connaissaient pas la finalité.

Fusion éternel, ou séparation irréversible, amour, ou haine…

Mais ceci, est une autre histoire.

.Fin.

MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   Mer 18 Nov - 16:26



    Sho : + 88 XP ( bonus chuunin inclus )
    Seika : + 128 XP ( bonus chuunin inclus )
    ...........- 2 Réputation

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MessageSujet: Re: Appartement de Shijima Seika   

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