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 Un tour de plus, un nouvel entraînement.

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MessageSujet: Un tour de plus, un nouvel entraînement.   Sam 24 Juil - 18:20

~Un tour de plus - Suimen Hokouno Waza~


Quelques jours avaient passé sans que je revoie Kasuo. Il avait dû comprendre que j'avais besoin de temps pour remettre certaines choses au point, et en tirer d'autres au clair. Après une ou deux nuits de réflexions insomniaques, j'en étais parvenu à la conclusion suivante: quelle que soit la volonté de mes parents, celle de Takeshi leur avait été supérieure, de par son doigté et son art de la manipulation. Et, quel que fut le rôle de ma mère, elle avait laissé faire, allant jusqu'à me cacher la vérité sur Takeshi. Une maigre dissimulation, certes, mais une dissimulation tout de même. J'avais consigné toutes ces réflexions par écrit, dans un rouleau que j'avais fermé soigneusement, et dissimulé derrière d'autres. Ce matin là, le soleil, bien que timide, chauffait l'air sans merci. J'avais pu boire mon café matinal, assis dans l'herbe, devant la porte de mon appartement. J'avais salué de loin deux de mes voisins que j'avais déjà aperçu. Un homme d'âge mur et une jeune fille. Je profitais du temps, le plus beau ciel que j'aie jamais contemplé depuis mon arrivée à Kiri. Gâché soudain par une ombre un peu trop étendue. Un nuage? Non.

Kasuo – Encore étendu, fainéant?

Me relevant, je tentai de lui porter un coup de pied – gentillet, bien entendu – en envoyant mon talon en direction de son visage, mais il le para avec une facilité déconcertante. De la main. Enfin, de deux doigts, pour être plus précis.

Ekei – Me surprends jamais comme ça, s'il te plaît. Tu gâches ma minute de soleil.

J'étais volontairement acerbe. Ironique. Je n'avais aucune envie de me laisser déranger impunément par le chuunin kiréen, cet homme qui faisait de moi un bon petit soldat, une marionnette sans cerveau et avec de moins en moins de libre arbitre. Kasuo lâcha mon pied, qu'il avait entravé sans difficulté, puis prit la parole.

Kasuo – Me dis pas que tu as mal pris mes paroles, quand même?

Et lui, répondait sur le même ton. Me relevant vivement, je l'invitai à entrer un moment chez moi. Nous savions que cette manière de jouter verbalement était seule capable d'acheter la paix sociale, désormais. Il s'installa d'un air débonnaire devant la table basse du salon, tandis que je préparais une autre cafetière. Je devais en ingurgiter une par jour. M'asseyant face à lui, je laissai passer un petit moment. Entre nous, le silence était lourd de sens. Il crevait les nuages, frappant le sol à la manière d'une chute de grêles d'une violence inouïe. Il ressemblait à une avalanche de rochers, à une explosion de musique violente, à des hurlements de guerriers assoiffés de batailles. Oui, notre silence contenait tout ça, et plus encore. Je décidai de le briser le premier.

Ekei – J'ai vu que tu avais pris ton sabre. C'est quoi, ton but, aujourd'hui?

Kasuo – Eh bien... J'avais, comment dire, envie de voir ce que Takeshi t'a enseigné. Je ne suis pas mauvais, moi non plus!

Il m'avait alors adressé un sourire. Au dépourvu, je m'étais retrouvé désarmé pour le reste de la discussion, qui avait dérivé sur l'art du sabre, une bonne demi heure. Après quoi, Kasuo me fit part de ses projets pour la journée. Il souhaitait m'emmener au terrain d'entraînement, pour lutter contre moi. Je m'étais d'abord inquiété de la létalité de nos armes, mais Kasuo semblait avoir une parade pour ce petit détail quelque peu gênant. J'étais donc allé chercher mon sabre sur son portant et, après l'avoir dégainé une ou deux fois, afin d'éprouver son tranchant et son équilibre, je l'avais remis au fourreau. Le chuunin avait souri en me voyant tester ainsi ma lame. Croyait il voir en moi une quelconque appréhension de la rencontre? J'espérais qu'il n'y pensait pas. J'étais aussi prêt que je pouvais l'être, et, lorsque je lui emboîtai le pas en direction du terrain d'entraînement, fermant derrière nous le panneau de bois, j'étais déterminé à ne pas fléchir.
Arrivés au terrain, nous retirâmes nos manteaux. La lutte allait être éprouvante. Je jetai alors un regard analytique à notre environnement. Un petit lac naissait à nos côtés, fermant un côté du terrain. L'autre était délimité par le chemin, tandis que diverses souches et pierres constituaient autant d'obstacles à éviter – ou bien à mettre à profit, comme je l'envisageais à l'instant.

Kasuo – Les règles sont simples. Bats toi de toutes tes forces, comme si ta vie en dépendait.

Ekei – Et si je te touche? Tu ne crois pas que c'est un peu dangereux, ton petit jeu? Un entraînement, tu parles! Un joyeux pugilat, oui!

Kasuo – J'ai tout prévu, ne t'en fais pas. Je ne te toucherai pas, enfin, pas en te blessant. Et même si tu m'atteins, je saurai éviter les pires désagréments. Aie confiance en mes capacités.

Si il le disait, autant lui faire confiance. Le fixant droit dans les yeux, je reculai de quelques pas, en direction de la rivière. Puis, pliant légèrement les jambes, je cherchai un appui solide pour mes pieds, que je trouvai très vite en la personne d'une épaisse racine qui traînait là. Plaçant ma main droite sur le pommeau du sabre, j'appuyai doucement sur la tsuba noire du pouce, de manière à laisser paraître quelques centimètres de lame. Ainsi paré, j'attendis, observant Kasuo. Lui ne s'était pas préparé de la même manière. Il avait laissé son sabre attaché dans son dos, et semblait près à se ruer à mon contact, dès qu'il donnerait le signal de départ. La poignée qui dépassait de ses épaules laissait présager une longue mais fine lame, qui permettrait à Kasuo une allonge importante. De plus, sa carrure impressionnante lui permettrait de porter des coups plus que brutaux. Je commençai alors à me demander si j'avais ne serait-ce qu'une petite chance de l'emporter sur cet homme.

Kasuo – C'est parti!

Il fondit sur moi avec une vitesse que je n'attendais pas. J'eus à peine le temps de dégainer mon sabre pour parer son coup, la lame levée au dessus de ma tête. Néanmoins, la violence du coup me fit trembler. Luttant de toutes mes forces, je réussis à le faire reculer de quelques pas d'un mouvement de lame, avant d'attaquer à mon tour. Enchaînant une série de frappes verticales puis horizontales, je tentai de lui faire perdre ses moyens. Mais il restait concentré, et paraît chacun de mes coups avec méthode. Lorsque je tentai de l'attaquer en envoyant la pointe de la lame, méthode certes peu orthodoxe, il s'effaça et mon coup se perdit dans le vide.

Kasuo – Pas assez rapide.

Il était de retour dans mon dos cette fois et, pour éviter d'avoir à se servir du tranchant de son sabre, m'administra un sévère coup de son pommeau renforcé de fer, qui m'envoya au sol. A terre, je le voyais approcher, centimètre par centimètre. Récupérant quelque peu, je me relevai lestement, prêt à une nouvelle série d'échanges, série qui ne dura qu'un instant. Kasuo dominait le combat, c'était évident. En usant de tout mon art, je ne pouvais que le repousser, tandis que lui se retenait. Puis, tout s'enchaîna rapidement. Portant un coup violent de son sabre sur le mien, il l'immobilisa à terre, puis, de sa main libre, me projeta avec une violence inouïe. Je n'avais pas vu que le lac était si près, et piquai une tête bien malgré moi. L'eau était plutôt bonne,et peu profonde – elle devait m'arriver à la taille – mais je ne pouvais y rêvasser, ç'aurait été admettre ma défaite. Cherchant du regard mon sabre, je constatai avec dépit qu'il était resté sur le sol.

Kasuo – Dans ce cas là, que fais-tu?

L'homme s'était approché de moi. Mais il marchait sur l'eau. Un peu à la "Jesusse", en clair. Je fixai ses pieds, qui irradiaient très légèrement. Son sabre dans une main, il venait de récupérer le mien dans l'autre. Même si j'avais eu mon sabre, j'aurais été impuissant, bloqué que j'étais dans l'eau.

Kasuo – Il est grand temps de t'apprendre à marcher sur l'eau.

La suite de cette leçon promettait d'être plus qu'intéressante... Lâchant mon sabre que je récupérai au vol, Kasuo me fit signe de regagner la rive, tandis qu'il y retournait de lui même.

[à suivre]

MessageSujet: Re: Un tour de plus, un nouvel entraînement.   Lun 26 Juil - 14:17

Je m'étendis au sol une fois de plus, laissant le doux soleil sécher mes cheveux longs. Bien trop longs pour ce que j'étais sensé être, mais à la taille parfaite pour exprimer mon ressentiment envers cet embrigadement de force. Allongé sur le sable chauffé par l'astre brillant, je regardais les mouvements de l'eau du lac. La petite plage était plus constituée de graviers que de vrai sable, mais la différence ne me frappait guère. Je profitais un peu du temps, tandis que Kasuo était parti nous acheter de quoi manger. Cette fois-ci, il n'avait pas voulu m'emmener au restaurant. J'attendais donc son retour en essayant de maîtriser la technique qu'il souhaitait m'apprendre. Et j'étais en accord avec lui: j'avais déjà quelques bases pour le combat au sabre, et cette technique serait un appui, un atout non négligeable, du genre de ceux qui sont nécessaires pour avoir ne serait-ce qu'une chance de survie. D'autant plus que j'avais commencé à imaginer d'autres applications à ce talent nouveau que je tentais d'acquérir. Pour l'instant, lorsque je tentais de tenir debout sur la surface du lac, j'y parvenais quelques secondes, avant de partir en arrière, projeté par l'énergie qui se concentrait à la pointe de mes pieds. En outre, la concentration dont j'avais besoin pour maintenir cette technique m'empêchait de vaquer à d'autres occupations. Un grand problème, s'il en est.
Me relevant une énième fois, je me dirigeai vers la berge d'un pas alerte, puis tentai d'accomplir à nouveau ce que j'étais sensé maîtriser avant de poursuivre mon enseignement. Concentrant mon chakra dans la plante de mes pieds, j'osai faire un pas. Puis un autre, délicatement. J'étais désormais debout, sur l'eau. Je me hasardai alors à avancer un peu plus. Au bout du troisième pas, mon surplus d'énergie m'entraîna en arrière, et je me sentis comme plongé dans un seau d'eau glacée.

* Merde! Rappelle toi des conseils de Kasuo: concentrer de manière égale dans chaque pied, puis avancer délicatement en maintenant cette concentration! *


Je ne pouvais pas savoir que le problème ne provenait pas de là. Du moins, pas jusqu'au retour de Kasuo, qui, lorsqu'il revint du village caché, un sac dans chaque main, me trouva éreinté, assis sur la bûche que nous avions élus comme banc officiel de mon entraînement, torse nu, les cheveux collés au visage. Le chuunin s'assit à côté de moi, puis, ouvrant les deux sacs, il me tendit une petite boîte en bambou dans laquelle je trouverai sûrement quelque plat traditionnel cuit à la vapeur ou à l'eau. Aujourd'hui, des nouilles. Original, ma foi.

Kasuo – Eh bien, t'as pas chaumé, dis moi! Les cheveux trempés, plus de vêtements secs. Tu t'es donné du mal, pour une fois!

Ekei – Comme d'habitude, Kasu, comme d'habitude.

J'avais pris l'habitude de tronquer le "o" de son nom. C'était plus rapide à prononcer. Nous commençâmes à manger en silence, mais je voyais bien que le shinobi kiréen attendait de moi un compte rendu de mes tentatives lors de son absence. Plutôt longue, d'ailleurs, deux heures pour aller acheter un repas! Il s'était perdu en route, ou quoi? Mettant de côté mes reproches, je commençai à lui détailler par le menu le contenu de mes entraînements. Comment je suivais ses conseils, et comment mes multiples tentatives finissaient inexorablement de la même manière.

Ekei – Je pars en arrière, et plouf, la tasse. Et pourtant, je suis tes conseils. J'essaie de maintenir un équilibre parfait entre mes deux pieds, à tous moments. Mais je n'arrive pas à me retenir, quand je pars en arrière...

Kasuo me considéra de la tête aux pieds, me détaillant minutieusement. Qu'était-il en train de penser? Qu'il avait fait une erreur en magouillant pour me recruter, que j'étais incapable d'assimiler ses consignes? Je préférais ne pas imaginer ce qui passait dans la tête du chuunin, qui se leva alors. Il posa son plat à ses côtés, fit quelques pas en direction du lac, puis, ôtant sa veste de coton, il s'aventura, légèrement vêtu, sur les eaux calmes du lac qui s'étendait à nos pieds. Après quelques mètres, il se retourna dans ma direction.

Kasuo – Rejoins moi, désormais. N'aie pas peur, tu auras encore pied. Tu sais nager, au fait, rassure moi?

Ekei – En rivière, sans problème. Le lac ne doit pas être plus compliqué...

Lorsqu'il m'avait parlé, le chuunin avait tendu son bras vers moi, en signe d'invitation. Depuis qu'il était revenu du village, il avait vite abandonné son sens habituel de la raillerie et du dénigrement. Il était devenu sérieux, il était rentré dans la peau du professeur qu'il se devait d'être. Ce qui me ravit au plus haut point. Plus d'histoires de Takeshi, plus rien sur ma mère. Seulement un entraînement constructif, avec un individu compétent. Le Kasuo qui savait tout sur ma famille était une autre personne. Celui qui était en face de moi s'avérait bon pédagogue. Dédaignant à mon tour le repas, je m'aventurai de même sur les eaux claires. Comme à l'accoutumée, je pus faire quelques pas sur l'étendue aqueuse avant de partir une nouvelle fois en arrière, chutant dans l'eau fraîche. Un bain de plus.

Kasuo – Réessaye, s'il te plaît. Je crois avoir décelé ce qui pourrait te gêner dans l'accomplissement de cette technique.

Je recommençai à marcher sur l'eau, une fois de plus. Et, une fois de plus, je chutai. Mais cette fois, j'étais confiant en la capacité d'analyse de Kasuo, et je pensais que cette mésaventure compterait parmi les dernières. C'était sans compter mon rôle dans l'affaire...

Kasuo – Ok, je vois. Ton contrôle du chakra est très correct, et tu parviens sans problème à maintenir l'équilibre, mais par contre, c'est la situation sous tes pieds qui ne convient pas. Je m'explique: lorsque tu te tiens debout, sur la terre, quelle impression as-tu?

Après un hoquet de surprise lié à son compliment lâché à mi-mots – autant dire, une pépite d'or massif, les jardins perdus de Babylone ou les manuscrits de la Mer Morte – j'avais cherché la réponse à son interrogation, tentant de trouver l'image la plus représentative possible pour expliquer ce que je ressentais lorsque, comme tout un chacun, je me dressais debout sur le sol.

Ekei – Eh bien, je suis debout, et, comment dire... La terre me porte.

Kasuo – Oui, c'est exactement ça! Ton problème lorsque tu tentes de maîtriser cette technique, c'est que tu te focalises bien trop sur l'eau. Tu en as peur, et, du coup, tu engendres une réaction instinctive de répulsion: tu pars en arrière car tu repousses l'eau. Et elle est plus forte que toi. Essaie donc de te tenir debout sans penser à l'eau.

Hochant la tête, je sortis de l'eau. Ignorer la surface miroitante serait donc la meilleure des solutions. J'allais essayer. Je sais ce qu'aurait dit un sage: n'essaye pas, fais le. Mais je n'étais pas un sage, juste un élève tentant de recevoir l'enseignement de son sensei. Au premier pas, j'oubliai l'eau. Ainsi, je pus me hasarder un mètre plus loin qu'à l'accoutumée. Je me focalisais sur la rive, et essayais de retrouver la sensation habituelle de se trouver debout, dans une position stable, sur le plancher des vaches.

Kasuo – Ne regarde pas l'eau, pour l'instant.

Ses paroles m'avaient remis en tête ma situation, et perturbèrent ma concentration, déjà fragile. Me rappelant soudainement que j'étais au dessus d'un lac, je me remis à agir comme au début de mon apprentissage. Mon esprit se fixa directement sur les expériences passés, que j'essayai tant bien que mal de résorber, mais dont la place allait grandissante. Et, inévitablement... Plouf! Cela commençait à devenir lassant, mais je ne devais pas abandonner pour si peu. Je m'entraînerais sans relâche en tentant d'oublier le lieu où je me trouvais, j'apprendrai à marcher sur l'eau.

[à suivre]

MessageSujet: Re: Un tour de plus, un nouvel entraînement.   Mer 28 Juil - 19:31

Quelques jours avaient passé. J'avais tout d'abord eu du mal à détacher mon attention de l'eau, mais avais, après quelques tentatives, finalement réussi, en tentant d'orienter mon esprit vers d'autres réflexions. Tout d'abord, je m'étais récité les quelques poèmes que j'avais appris, plus jeune. Ensuite, j'avais tenté de me rappeler de tout ce que j'avais pu lire tout au long de ma vie. Enfin, j'avais essayé d'élaborer des tactiques militaires et des écrits personnels, en m'inspirant de différents grands maîtres du genre. La technique n'était certes pas infaillible, mais elle m'avait permis de faciliter ma concentration. Ces jours là, dès mon retour dans le domaine qui abritait mon appartement, je m'exerçais encore, lorsque personne ne montrait le bout de son nez. Je faisais quelques pas sur l'eau de la fontaine – puis quelques brasses involontaires à l'intérieur. Chaque matin, je retrouvais Kasuo sur le terrain et m'entraînais à nouveau, sans relâche. Tout en continuant de se montrer un professeur inflexible et efficace, il redevenait de plus en plus comme avant. J'avais l'impression grandissante qu'il ne cessait de me dissimuler diverses informations, qui pourraient me perturber. Ces séances me valurent d'ailleurs un commentaire simple de Kasuo, qui signifiait, bien évidemment, qu'il sentait que je tentais de le sonder.

Kasuo – Ne t'intéresse pas à moi. Concentre toi sur ton entraînement, s'il te plaît.

J'avais décidé de remettre à plus tard la séance d'interrogations diverses et variées. Au bout de quelques jours, je maîtrisais la marche sans trop de problèmes. Il arrivait encore que je tombe, mais c'était seulement lorsque je me distrayais à essayer des mouvements trop brusques. Au bout du troisième jour, Kasuo aborda avec moi la course. Pour le chuunin, il était primordial de pouvoir se déplacer rapidement. Je lui avais répondu, de manière assez ironique:

Ekei – Si je tombe encore lorsque j'enchaîne mes pas trop vite, ce n'est pas pour courir sur l'eau!

Mais Kasuo n'avait pas goûté la délectable pointe de sarcasme. Il avait passé outre, et continué à me dispenser ses conseils d'entraînement. Inlassablement, j'avais donc essayé de tenir et de courir sans chuter. La marche fut entièrement acquise le quatrième jour, mais la course me posait encore quelques soucis. Lorsque je reposais le pied sur la surface liquide, je ne me représentais pas à chaque fois la résistance que j'allais rencontrer et, une fois sur deux, le pied posé en avant crevait le lac sans que j'aie pensé à relâcher la résistance du pied arrière. Une situation plutôt embarrassante. Qui se terminait par un éclat de rire de Kasuo et un éclaboussement impressionnant. Lorsqu'il riait de la sorte, il me rappelait Takeshi. L'homme au passé et aux actions si troubles. Un forgeron de talent, certes, mais jusqu'à quel point m'avait-il menti? Je me promis alors de le retrouver, lorsqu'il reviendrait au village, et de le questionner. J'avais le droit de savoir pour qui il m'avait pris, et ce qu'il voulait faire de moi. Une injonction de Kasuo me fit sortir de ma rêverie.

Kasuo – Je crois qu'on va pouvoir passer aux choses sérieuses.

Il avait dit cela d'un ton badin, comme si cette finalité était une banalité pour lui, une pierre de plus à l'édifice, sans aucun rôle de soutien. Me préparant à écouter ses conseils, je me tins néanmoins sur mes gardes. Comment savoir ce qu'il allait me soumettre? J'avais remarqué qu'il avait emporté son sabre – et le mien, qu'il avait dû récupérer chez moi en forçant la porte d'une manière quelconque...

Kasuo – Attrape ça!

Il me lança d'un geste vif le sabre encore enfermé dans sa saya, puis dégaina le sien, tout en s'aventurant sur les eaux du lac. Le temps se dégradait, mais les conditions n'étaient pas insurmontables, loin de là?. J'attrapai au vol le sabre, évitant sa chute en eaux claires, puis me préparai à la lutte. Le récupérer avait demandé un peu de concentration, aussi me sentis-je l'espace d'un moment déséquilibré. J'avais l'impression de revivre mes débuts au sabre, tant mes gestes étaient hésitants, délicats et lents. Tirer le sabre du fourreau me demandait déjà énormément de concentration. Combattre dans ces conditions était un luxe que je ne pouvais me permettre.

Ekei – Je peux pas... Impossible de te combattre, j'ai déjà bien trop de mal à tenir debout!

Ma voix laissait bien trop filtrer mon dépit, que je voulais pourtant dissimuler. Kasuo me considéra avec une moue gênée, puis me dit d'une voix aguichante:

Kasuo – Si tu arrives à tenir debout, sabre à la main, et faire quelques passes d'armes gentillettes, je te révèlerai ce que tu as senti, tout à l'heure...

J'avais horreur de cette forme de chantage, mais décidai de tenter l'aventure. Je m'avançai de quelques pas après avoir tiré le sabre de sa saya. Mais ma tentative fut brève, et sa fin évidente. Un nouveau bain improvisé. Me relevant, je me dirigeai en pataugeant dans l'eau. Arrivé à la plage, je retirai ma veste, puis, écartant les cheveux qui s'étaient collés à mon visage, regardai Kasuo avec une lueur de défi dans les yeux, tout en recommençant le parcours.

Ekei – Je ne saurai pas ce que tu dois me dire, mais je le saurai. Prépare toi, j'arrive!

J'avais malheureusement raison. Il me fallut deux jours de plus pour parvenir à échanger des coups avec le chuunin kiréen, qui restait tendre dans sa lutte contre moi. Il contrôlait son déplacement aqueux à merveille, tandis que je peinais encore à considérer un lac comme une arène improvisée pour bretteurs habiles... Malgré tout, mes efforts répétés me permirent, au bout de quelques jours de plus, d'utiliser presque toutes mes capacités au sabre contre Kasuo, debout, sur le lac. Lorsque je parvins à le toucher de la pointe du katana, mû par mon ardeur à connaître ce secret qu'il me cachait, il me sourit. Certes, il s'était retenu, mais j'étais tout de même heureux de l'avoir atteint, sur l'eau de surcroît. De plaisir, je perdis ma concentration et, abandonnant le contrôle du chakra sous mes pieds, je bus une tasse de plus.

Kasuo – C'est ta passion ou quoi?

Comme seule réponse, je lui crachai un jet d'eau à la figure. J'étais heureux d'avoir maîtrisé, partiellement mais plutôt efficacement, la technique que je mettais en application depuis quelques jours, et ses sarcasmes n'avaient aucune emprise sur moi. Cela, il le savait très bien.
Nous nous retrouvâmes sur le bord du lac, moi pour sécher et lui pour flemmarder – comme à son habitude, lorsqu'il ne m'enseignait rien, apparemment. Au bout d'un court moment, je lui demandai, d'une voix hésitante.

Ekei – Alors, ce secret que tu dois me céder? Je crois que j'ai plutôt réussi ton petit test, tu ne crois pas?

Il opina du chef alors même qu'un vaste sourire s'imposait sur mon visage, bien malgré moi.

Kasuo – Takeshi sera de retour en ville d'ici une ou deux semaines.

Il disparut ensuite, sans laisser de traces, dans un tourbillon de léger vent. Merde. Il m'avait encore eu et désormais, je pouvais être certain de ne pas le revoir avant d'avoir extorqué des réponses à Takeshi. Deux semaines sans nouveaux aspects de la vie de shinobi? Non, je ne l'espérais pas.

[Fin de la session]

MessageSujet: Re: Un tour de plus, un nouvel entraînement.   Jeu 19 Aoû - 22:08

Ekei : + 30 XP

RP sympathique. J'ai bien aimé. Technique validée.
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MessageSujet: Re: Un tour de plus, un nouvel entraînement.   

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