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 [Kawa - Ishigaki] Home, sweet home...

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MessageSujet: [Kawa - Ishigaki] Home, sweet home...   Dim 17 Oct - 18:51

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Kamiko rejeta sa tête en arrière, les yeux fermés, en offrant son corps à l’eau que crachotait une pomme de douche sérieusement attaquée par le calcaire. L’eau ruisselait sur sa peau, redessinant les contours de ses courbes. Elle imprimait une chaleur salvatrice dans chacun de ses muscles, encore tendus par le stress de l’entretien avec Len qui s’était déroulé un peu plus tôt. Quelques gouttes, sorties d’on ne sait trop où, laissèrent une brève tracée sur ses joues. Elle plongea alors brusquement son visage sous le jet irrégulier, noyant les gouttes solitaires.

« Idiote. Baka… », murmura-t-elle pour elle-même, avant de couper brutalement l’eau.

Elle écarta d’un geste négligent le rideau de douche humide, et enjamba le rebord de la baignoire. Elle observa, près du lavabo, la jeune femme nue, un peu trop maigre pour être vraiment jolie. Elle lui rendait son regard avec une pointe de tristesse, au fond de ses prunelles teintées de la couleur des cieux.

« Allez secoue-toi ma vieille ! »

Elle se donna quelques claques sur les joues qui prirent une teinte rose vif, et se détourna de son reflet pour enfiler un peignoir. Une fois rendue dans sa chambre, elle ouvrit en grand les portes de son armoire où elle avait déballé ses affaires, et quelques achats récents.

Cet appartement, Ryû Hazuki le lui avait confié. Elle pouvait, selon les dires de son maître, en disposer comme elle l’entendait. L’immeuble, situé à une vingtaine de minutes à pied du marché noir, était vieillot, la tapisserie démodée, les meubles bancals, et le voisinage un peu bruyant. Mais ce dernier point était rassurant : tout ce monde découragera probablement les intrus potentiels. Quant au reste, elle n’avait jamais été habituée à vivre dans le luxe. Avoir un appartement entier dédié à son usage personnel était même une première pour elle.

Pensive, elle observait le contenu de sa garde-robe. Désormais, il s’agissait de se fondre dans le paysage. Si pour sa rencontre avec Len, elle s’était parée de son plus beau kimono, continuer à le porter relèverait de la provocation. Une attitude qui pourrait aisément conduire à sa mort si elle n’y prenait pas garde. Aux yeux des bêtes qui règnent ici, les femmes sont des faibles, celles trop bien parées, des prostituées, les petites jeunes, des naïves inconscientes du monde brutal qui les entoure, et celles aux riches atours, des proies de choix pour une demande de rançon.

Elle se décida rapidement pour une tenue aux tons sombres, en optant pour un pantalon ample, un débardeur et une veste à l’allure sportive. Elle attacha ses cheveux encore un peu humide avec négligence, laissant quelques mèches filer dans sa nuque et autour de son visage. Enfin, elle jeta un coup d’œil à son reflet pour s’assurer que son regard sombre et sauvage à la fois collait bien avec le personnage.

Elle ne put s’empêcher de sourire. Ce regard… avait été véritablement le sien, autrefois.

Enfant, elle n’avait pas eu beaucoup l’occasion de s’apercevoir autrement qu’à travers un reflet flou, tremblotant à la surface d’une eau sale. La première fois qu’elle avait été face à un miroir, elle avait eu l’étrange et dérangeante sensation que ce n’était pas elle. Son propre regard l’avait troublée et fascinée à la fois.

Est-ce vraiment ainsi, que les autres me voient ? De cette façon, que je les dévisage ? s’était-elle demandé.

Son sourire s’effaça en douceur, et elle s’éclipsa hors de l’appartement, renonçant à l’avalanche de souvenirs qui menaçait de la submerger depuis qu'elle était de retour en ville.

Ishigaki… Voici venir, Sayuri Sugai.


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Kamiko Wada
Sayuri Sugai
Kaname Sumeragi


Dernière édition par Kamiko Wada le Ven 7 Oct - 15:54, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Kawa - Ishigaki] Home, sweet home...   Ven 11 Fév - 12:02

Kamiko Wada (level 3)
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J'aime beaucoup le trouble qui se dégage de l'ambiance de ton texte et des agitations de Kamiko. Cela pique ma curiosité à sa source.


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MessageSujet: Re: [Kawa - Ishigaki] Home, sweet home...   Mar 27 Sep - 15:44

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L’homme sonda longuement le visage mélancolique de la jeune femme qu’il avait en partie élevée. Assise négligemment, les jambes repliées sous elle, elle frottait sans y penser une trace de brûlure sur la surface abîmée de la vieille table basse. Il se pencha légèrement et, du revers de son index recourbé, il caressa doucement sa joue, en suivant les courbes de sa mâchoire délicate. C’était un geste étonnamment tendre pour un homme de sa trempe. Immobile, elle ne broncha pas, le regard perdu vers l’au-delà.

« Mon enfant… Qu’est-ce qui te tracasse ainsi ? », murmura-t-il en retirant finalement sa main.

Elle daigna enfin darder ses iris glacés sur son maître, Hazuki Ryû. Son père adoptif, même. Le seul homme qui eût jamais accepté d’endosser ce rôle pour elle. Mais ses manifestations d’affection étaient rarissimes et ses mains l’avaient davantage frappée que caressée. Ce qui n’empêchait pas Kamiko d’éprouver un amour filial envers lui. Ou était-ce autre chose ? N’ayant ni connu son père, ni aimé sa mère, la question, à ses yeux, restait entière.

« En mon absence, la mort a durement frappé parmi les miens. Je croyais m’y être préparée, puisque je connais bien les dangers qui rôdent dans cette ville, mais… »

Kamiko se tut, cherchant les mots enfouis dans son cœur, paralysée par les échardes du doute plantées dans la paume de ses certitudes.

« … On n’est jamais réellement préparé à la mort… », lâcha Hazuki pour terminer sa phrase après quelques secondes de vide.

Elle se contenta d’hocher la tête en guise de réponse, la gorge nouée. L’homme s’éloigna et se plaça devant la fenêtre, pour mieux observer la ruelle miséreuse en contrebas. Ses mains se serrèrent dans son dos, témoignage discret d’une tension intérieure.

« M’en veux-tu ? »

La jeune femme releva la tête, et observa attentivement la silhouette d’Hazuki. Elle était soulagée qu’il ne lui demande pas quels étaient ceux qui avaient entrepris le voyage vers le néant. Elle n’était pas sûre de pouvoir prononcer leurs noms, de pouvoir décrire les liens qui les unissaient autrefois. Cependant, cette question la rendait perplexe.

« Pourquoi vous en voudrai-je ? »

« Parce que je t’ai empêchée de revenir plus tôt, bien sûr. Tu ne te rappelles donc pas ? Tu étais furieuse contre moi, même si tu as finalement renoncé à ta colère, petit à petit. », fit-il à mi-voix, sans bouger.

Elle amorça un geste de la main, comme pour repousser le passé, mais se ravisa en réalisant qu’il n’en verrait rien.

« Non. Je ne vous en veux plus. À présent, qui peut dire ce que les choses seraient devenues, si vous m’aviez permise d’être ici comme je le désirais ? Peut-être aurait-ce été trop tard, peut-être aurai-je pu les sauver, peut-être serai-je restée impuissante à modifier leur destin… Ou peut-être bien que mon cadavre aurait lui aussi pourri dans un coin sombre, nourrissant la vermine… », conclut-elle avec dans la voix un étrange mélange de pragmatisme et de fatalisme.

L’homme fit volte-face et elle haussa les épaules, confirmant son indifférence envers ces vieilles querelles. Il lui était impossible de déchiffrer le regard ou l’expression du maître. La jeune femme supposa qu’il la dévisageait, mais la fenêtre placée désormais dans son dos plongeait par contraste ses traits dans l’obscurité, alors que les lueurs du soleil levant l’auréolaient.

« Tant mieux. J’aurai détesté que tu m’en veuilles encore. », dit-il.

Elle devina au ton de sa voix qu’il devait sourire, soulagé par ce pardon à demi-mots. Il redevint alors simple mortel, en sortant du rayon de la fenêtre pour s’asseoir sur les talons aux côtés de Kamiko.

Ses grandes mains calleuses posées sur la table devant lui s’étaient abîmées au fil des ans, meurtries par le maniement des armes et le travail des champs. Comme il se tenait près d’elle, la jeune femme pouvait voir ses tempes particulièrement grisonnantes. Epargnée jusqu’à présent par le passage des ans, la chevelure encore fournie d’Hazuki le faisait toujours paraître plus jeune qu’il ne l’était réellement, en dépit des cheveux blancs qui se multipliaient sur son crâne depuis quelques temps. Le bonhomme approchait tout de même la cinquantaine et peu d’hommes pouvait se vanter d’arborer à cet âge une si jolie crinière. Et quand elle n’était pas attachée d’une façon qui rappelait le chignon des samurai, comme en cet instant, elle encadrait sa figure d’une auréole châtain, en soulignant son menton volontaire. C’était encore un homme séduisant, malgré les rides qui creusaient son visage à la peau tannée.

« Je vais partir quelques temps », déclara subitement Kamiko, sur une impulsion.

S’il fut surpris, il ne le montra pas. Patiemment, il attendit en silence qu’elle veuille bien s’expliquer. Il pouvait se montrer aussi bavard que laconique, mais invariablement, lorsque la conversation prenait un tour personnel, il préférait laisser ses interlocuteurs gamberger et parler à leur rythme. Lui ne discutait jamais de lui-même, et Kamiko savait finalement fort peu de choses à son sujet. Elle avait en revanche beaucoup de soupçons.

« Je compte aller à Tori, il y a une fête chez le seigneur Namaiki, lança-t-elle à nouveau brusquement. Le cas échéant, je pourrai peut-être en profiter. Et ça me changera les idées. »

Quelques instants s’écoulèrent en silence.

« Tu fuis Ishigaki ? »

Une question simple, posée d’un ton neutre, mais qui trahissait les doutes de son mentor. Kamiko fut tenter de dissiper précipitamment ces incertitudes, d’autant plus qu’il venait à peine de l’introduire auprès d’une organisation au recrutement restreint en se portant garant d’elle. Mais face à tant de franchise, elle préféra prendre le temps de la réflexion, interrogeant ses sentiments afin de répondre le plus honnêtement possible.

« Non. J’ai juste envie de retrouver… Ma sérénité. Ishigaki, vous serez d’accord avec moi, n’est pas propice à cela. Et cette opportunité à Tori peut m’apporter beaucoup. Je ferai d’une pierre deux coups. »

Il hocha la tête, sans rien laisser transparaître de ce qu’il en pensait.

« Tori… Ça fait un bout de chemin, tu iras seule, avec Hayai ? »

La jeune femme acquiesça. Hayai était un jeune étalon baie, aussi vif et agile que le sous-entendait son nom. Kamiko le connaissait depuis sa naissance, et s’il n’était ni spécialement rapide ni particulièrement endurant, elle appréciait son pied sûr qui pouvait l’emmener n’importe où. Il devait s’ennuyer dans la stalle où ils l’avaient laissé en arrivant à Ishigaki, quelques jours auparavant.

« Les routes ne sont pas sûres pour une femme seule et un canasson… », déclara tranquillement l’homme.

« Je sais. Je partirai dès demain, et je serai très prudente, Hazuki-sensei. », répondit son ancienne élève d’un ton studieux, un brin amusée.

« Je ne suis plus ton professeur, à présent. Inutile de me donner du sensei. »

« Alors désormais, je m'adresserai au grand Hazuki-sama ! », plaisanta Kamiko.

Ils échangèrent un sourire complice, et il se leva. D’un regard, il parcourut la pièce dans laquelle il avait vécu des années plus tôt. Il constata que rien n’avait bougé depuis qu’il en était parti. La jeune femme ne s’était donc pas approprié ce lieu. Pas encore, peut-être.

Mais au fond de lui, il savait qu’à sa prochaine visite, les choses ne seront pas différentes. Celle qu’il connaissait sous le nom de Kaname n’avait jamais eu d’endroit à elle, et nul doute qu’un jour, elle s’en dénicherait un. Elle le choisira probablement d’une façon qui le surprendra, et il s’amusait à l’imaginer vivre dans des conditions incongrues. Mais d’une certaine façon, le refus discret et implicite qu’elle lui opposait le peinait. Il aurait aimé qu’elle se sente chez elle ici. Cependant, elle n’avait pas le moindre début de conscience de ces sentiments, et ne devait donc pas se douter des regrets qui traversaient l'âme d'Hazuki.

Comprenant qu’il souhaitait prendre congé, Kamiko se dressa à son tour sur ses deux jambes.

« Prends bien soin de Hayai. La ville n’est pas faite pour lui. », ne put s’empêcher de recommander Hazuki.

« Bien sûr, Hazuki-san. » répondit-elle en insistant sur le changement de considération.

Elle eut un sourire indulgent, pourtant prêt à se muer en rictus agacé s’il devait trop insister, et l’homme plus que mûr y vit l’insolence de la jeunesse se dresser contre la sagesse de ses aînés. Il renonça alors à la liste de conseils qu’il s’apprêtait à débiter et se contenta comme souvent d’un hochement de tête. Il l’avait formée, il pouvait bien lui faire confiance.

« Au fait, reprit-il brusquement, je pensais recourir aux services de quelqu’un d’autre, mais puisque tu te rends à Tori… Peut-être pourras-tu me venir en aide. Un colis à récupérer aux forges Boshida. Rien de bien compliqué, si tu veux bien. »

« Eh bien… Volontiers », accepta la jeune femme prise au dépourvue. Elle ne voyait pas comment refuser élégamment, compte tenu de ce qu’il avait fait pour elle.

« Renseigne-toi simplement auprès d’Endo Makoto, de ma part. »

Leurs adieux furent brefs, mais lorsqu’Hazuki sortit dans la rue, il songeait encore à elle, adolescente rebelle devenue une belle jeune femme. Il répugnait à la laisser sortir du nid et prendre son envol. Avait-elle les ailes suffisamment solides pour se diriger vers son objectif sans dévier ? Soudain, son coeur se serra douloureusement. Il se mentait à lui-même. Kaname, sa petite Kaname qu'il abandonnait ici, n'était pas un oiseau. Absolument pas.

C'était une flèche.

Il soupira, accablé par le poids de ses actes.

« Décidément, je dois commencer à me faire vieux… », murmura-t-il en remontant son capuchon sur sa tête.


Spoiler:
 


Kamiko Wada
Sayuri Sugai
Kaname Sumeragi


Dernière édition par Kamiko Wada le Ven 7 Oct - 15:58, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Kawa - Ishigaki] Home, sweet home...   Mer 5 Oct - 21:30

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