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 [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre

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MessageSujet: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Jeu 14 Avr - 23:08

Réunion au Sommet.

Takahashi Seigen était un daimyo magnanime. Du haut de ses cinquante trois printemps, il dominait le Pays de la Foudre d'une autorité incontestée et incontestable. Faibles et forts, riches et démunis, Takahashi Seigen avait pour habitude de dire que chaque habitant avait valeur de joyau à ses yeux. Mais parmis tous ses sujets, ceux qu'il considérait avec le plus de méfiance était ceux qui servaient le Village Caché des Nuages. Il ne les détestait pas ; loin de là. Il était le premier à vanter l'importance de Kumo dans le paysage diplomatique. Etre à la tête d'un pays munis d'un Village Caché de l'envergure de Kumo accordait quelques avantages ; pour ne pas dire une force de dissuasion importante. Non, ce que Takahashi Seigen redoutait plus que tout, était que la puissance de ce village se retourne un jour contre son autorité, comme cela avait été le cas bien des années plus tôt au Pays de la Terre. L'équilibre entre le pouvoir politique et militaire était fragile. Il suffisait de peu de chose pour le briser. En l'état, l'entente entre Kumo et Takahashi Seigen était cordiale. Kumo avait besoin du daimyo et de ses investissements ; ce dernier de la protection de Kumo. Tout allait bien dans le pire des mondes.

La nécessité de renforcer l'assise du Pays de la Foudre dans cette partie du globe s'était imposée comme une nécessité après l'épisode survenu à Konoha. Takahashi Seigen n'était pas un militaire de carrière, encore moins d'âme, il avait néanmoins accès à certaines informations conservées par Kumo. Asahi... Kakumei... le nom de ses deux organisations n'avaient cessé de torturer ses pensées depuis que leurs ombres s'étaient manifestées au cœur du Village Caché de la Feuille. Il savait bien que c'était, avant toute chose, une affaire de shinobi, mais il n'avait pas oublié le jour où son père, alors daimyo du pays, avait reçu la visite d'un étrange individu qui n'avait ni plus ni moins que formuler une offre d'achat pour Kumo. Seigen se souvenait encore parfaitement de la lueur qui avait traversé le regard de son père, et de la manière dont il s'était redressé, fier et droit, face à son interlocuteur.

" Kumo n'est pas à vendre, pas plus que ne l'est ma conscience. Aussi, permettez-moi de briser l'étiquette en vous demandant de quitter cette pièce sans plus toucher à votre thé "

Un sourire anima le visage de Seigen à l'évocation de ce souvenir. Ses yeux d'un bleu électrique s'arrêtèrent sur le papier de riz qui ornait la porte de ses appartements. Un soupçon de seconde s'écoula et une voix annonça :

? – Toshikane-dono et Ujiory-san sont arrivés mon seigneur.

Ashikaga Toshikane était un vieil homme à présent. Un vieil homme de son âge. Mais un vieil homme dont le nom n'avait pas disparu, au même titre que sa légende. On le disait maître d'une Caste de Kido qui avait failli disparaître avec les affres du temps. Mais Seigen savait bien que cette rumeur était infondée. Ashikaga Toshikane était un guerrier redoutable, encore aujourd'hui ; l'héritier d'une famille de samouraï qui n'avait pas à rougir de leur talent, épée à la main. La famille Ashikaga avait fournis les meilleurs gardes personnels du clan Takahashi. Toshikane n'avait pas rompu cette tradition en son temps. Son fils aîné, Ujiory, l'honorait au-delà de toute les considérations possibles et imaginables.

Seigen autorisa les deux hommes à entrer. La porte coulissa sur le côté et l'imposante silhouette d'Ashikaga Toshikane apparue. Malgré son age, Toshikane n'avait pas perdu de sa carrure. Il arborait de longs cheveux grisonnants peignés vers l'arrière. Ses yeux semblaient lancer des éclairs dans toutes les directions. Au contraire de son kimono, sobre, presque trop. Toshikane se déchaussa et s'agenouilla devant son daimyo. Ujiory se présenta derrière lui. De longs cheveux noirs soigneusement attachés dans le dos, un visage d'ange, et son regard de feu suffisaient à exprimer son insolant élégance. Que dire de son haori nimbé de rouge et d'or, décoré sur la moitié droite d'une tête de tigre rugissant, symbole de la famille Ashikaga. Ujiory imita son père et s'assit à sa droite.

Toshikane – Les préparatifs sont terminés mon seigneur. Mon fils conduira votre suite jusqu'au village d'Hanataba, comme nous en avons convenu. Un détachement de shinobi du Village Caché des Nuages devrait vous y attendre. Ils renforceront votre protection et vous mèneront jusqu'à leur village. Ujiory restera à vos côtés tout le long de votre séjour. L'intendant Koyama n'y voit aucun inconvénient.

Seigen releva sensiblement le menton et oscilla son regard entre les deux générations d'Ashikaga qui lui faisaient face. Un doux sourire anima son visage. Il n'était pas versé dans l'art divinatoire, mais il n'avait aucun mal à deviner le malaise de son vieil ami et encore d'avantage celui de son fils. Il devinait derrière leur impassibilité le terrible effort qui leur en coûtait de remettre sa sécurité à un groupe de shinobi. La vieille déchirure entre le monde samouraï et le monde shinobi imbibait le cœur des Ashikaga. Ils considéraient cette " aide " des shinobi inutile. Sous son masque, Ujiory pensait même à un affront. Nul homme de sa famille n'avait jamais eu besoin d'un shinobi pour assurer la sécurité du daimyo. Il était le premier Ashikaga à qui une telle chose arrivait. Le déshonneur n'en était que plus grand à son échelle.

Seigen – La famille Ashikaga prouve une nouvelle fois sa valeur. Pourtant, il me semble percevoir sa colère, une immense colère.

Un plis se dessina sur le front d'Ujiory.

Seigen – Parles.

Ujiory tourna un regard interrogateur vers son père qui conserva son regard fixé droit devant lui.

Ujiory – Puis-je parler librement ?

Seigen – Fais.

Le plis s'effaça du front d'Ujiory, remplacé par un éclair dans ses yeux.

Ujiory – Aucun homme de ma famille n'a à ce jour eu besoin de l'aide des shinobi pour assurer la protection du clan Takahashi. Est-ce une façon de me punir mon seigneur ?

Le sourire de Seigen s'affina. Il ressemblait désormais au sourire d'un père bienveillant.

Seigen – Je n'ai aucune raison de te punir. Pas plus que je n'ai de raisons de déshonorer la famille Ashikaga. Sais-tu ce qui m'amène à voyager jusqu'à Kumo ?

Ujiory – Je sais que mon seigneur doit rencontrer les daimyo d'autres nations.

Seigen – Tu es bien informé Ujiory, mais tu es un samouraï, non un politicien. De nombreuses nuances t'échappent, parmi lesquelles celle qui veut qu'un sommet de cette importance soit impérativement réalisé sur un sol militarisé. Tu dois comprendre qu'aussi grandes soient les qualités de la famille Ashikaga, votre nombre ne vous permettrait pas de protéger l'intégralité des daimyo et de leur suite. Kumo le peut. C'est la seule raison qui nous pousse à nous y réunir. N'y voit aucune atteinte personnelle, mais une simple nécessité.

Ujiory prit une courte inspiration et acquiesça sobrement en baissant les yeux. Il lui en coûtait, indéniablement. Malgré toute la bonne volonté qu'il pouvait y mettre, les shinobi restaient des meurtriers à ses yeux, des personnes sans foi ni loi. Le clan Takahashi n'en avait pas besoin. Mais les ordres étaient ce qu'ils étaient, et il n'était pas de son ressort de les discuter plus longuement.

Seigen – Ta valeur n'est plus à prouver Ujiory. Je souhaite que tu coopères avec les shinobi qui nous seront envoyés. Ne montres aucune dissonance.

Ujiory – Il sera fait selon vos désirs mon seigneur.

Seigen le remercia d'un quasi imperceptible mouvement de la tête et tourna les yeux vers Toshikane, silencieux et impassible comme à sa plus grande habitude.

Seigen – Des nouvelles des autres daimyo ?

Toshikane – Fujita-sama et sa suite sont déjà sur place. Tôgoshi-dono est en route. Son arrivée est prévue pour demain.

Fujita Kenjiro était la tête du Pays de la Neige depuis cinq années seulement. Seigen s'apprêtait à le rencontrer pour la toute première fois. Son appréhension était d'autant plus grande que les rumeurs le disaient aussi froid que la mort. Tôgoshi Masashi était une plus vieille connaissance. L'homme âgé de soixante quatre ans était même le plus proche d'être son ami. Un ami qui régnait d'une main de maître sur le Pays des Marais depuis près de quarante ans. Un homme sage qui pouvait devenir un ennemi aussi aisément qu'il était devenu un ami. L'équilibre du monde et des alliances reposaient en effet sur d'infimes grains de sable que la direction du vent pouvait déplacer sans mal. L'ami d'aujourd'hui pouvait en se transformer en pire ennemi de demain ; l'ennemi d'hier, l'allié d'aujourd'hui.

Seigen avait bon espoir que Kenjiro et Masashi restent des alliés.

Songeur, il porta son regard vers la grande fenêtre sculptée dans le mur.

Seigen – De grandes choses sont à l'œuvre. Espérons qu'il ne leur arrive rien.

Toshikane – L'intendant Koyama est un homme intelligent mon seigneur. Il a sans doute mis tous les moyens en sa possession pour garantir leur pleine sécurité.

Seigen finit par acquiescer. Shigeo Koyama connaissait son sujet, c'est vrai. En réalité, il valait mieux qu'il le maitrise à la perfection. Kumo était la propriété du clan Takahashi, sa propriété.

...

Mura Masashi plongea ses mains dans le seau et s'aspergea le visage d'eau douce. Lorsqu'il se redressa pour se nettoyer le visage, son regard détailla la scène qui s'offrait à lui. Au bord de la route et sur les toits avoisinants, le nombre de shinobi dépassait de loin les effectifs que le village envoyait habituellement sur une seule et même mission. Le daimyo du pays méritait au moins ça, songea le colosse. En tout et pour tout, Koyama Shigeo avait mobilisé six équipes, rien que pour assurer la protection du daimyo et de sa suite. Les rôles de chacune d'entre elles avaient été décidé à l'avance, et placées sous la responsabilité d'hommes et de femmes de talent.

Masashi avait hérité de l'équipe une ; celle chargée d'assurer la protection du daimyo en tête de colonne. Suujin Noutan, enseignant en genjutsu à l'académie du village, assurerait la couverture du flanc droit avec l'équipe deux. Heiya Yaken, enseignant en taijutsu spécialisé dans l'escorte des prisonniers, assurerait la couverture du flanc gauche à la tête de l'équipe trois. Okamoto Shina, assassin de renom et enseignante à ses heures perdues, évoluerait, avec l'équipe quatre, en électron libre à l'avant des autres, comme un éclaireur. Ibaru Yoigoshi protégerait l'arrière du cortège avec l'équipe cinq, quand l'équipe six, elle aussi placée en électron libre, agirait comme soutient des flancs et des arrières en présence de Nagoshi Sho. La formation employée était l'œuvre d'Asano Masaki, la célèbre Sannin de Kumo et membre du Conclave. Si l'Intendant avait préféré l'assigner à la protection du daimyo du Pays des Marais, Masaki n'avait pas rechigné à établir les formations des trois groupes de protection lancées à la rencontre des daimyo. Celle dont Masashi était le commandant était issue d'un très ancien manuel de guerre. Elle était appelée la formation inori, car observé de haut, elle ressemblait à deux mains jointes dans une prière muette.

Shina – Tu as une sale mine.

Masashi plia le linge dont il s'était servi pour se nettoyer le visage et le rangea dans le sac qu'il faisait porter par le genin aux épaules les plus larges dans son équipe. Un fin sourire anima son visage lorsqu'il croisa le regard de la cadette Okamoto.

Masashi – Tu as toujours été une piètre analyste en expression corporelle. Pourtant, à force de chasser les ennemis du village, tu aurais du en apprendre quelques unes bien utiles.

Shina – Ne joues pas les ignorants. Tu sais bien que je ne m'attarde pas sur ces détails morbides lorsque j'offre la mort. Ça n'empêche que tu as une sale mine.

Masashi – Tu as peut-être raison, mais ce n'est pas un problème. Si ?

Shina détourna le regard.

Shina – A moins que le daimyo ne soit sensible aux barbus, aucun. En revanche, prépares-toi, son cortège arrive.

Masashi tourna la tête et remarqua en effet la colonne de serviteurs approcher des portes du village. Il remercia Shina d'un hochement de la tête et se passa une main sur le visage. Le pas lourd, il s'avança et arrivé face au daimyo courba l'échine pour le saluer. Accompagné d'Ashikaga Ujiory, légèrement en retrait, Takahashi Seigen s'arma d'un sourire sincère. Ses yeux affutés visa une à une les six équipes dépêchées par Kumo.

Seigen – Kumo envoie une petite armée par m'escorter. Je suis impressionné. Qu'en penses-tu Ujiory ?

L'héritier de la famille Ashikaga s'avança à la hauteur de son maître et balaya du regard les troupes en présence. Sans la moindre expression, il déclara :

Ujiory – Kumo ne s'est pas moqué de vous mon seigneur. Mais j'attendrais que vous soyez en sécurité à l'intérieur de ses murs pour tirer une conclusion définitive sur son armée.

Masashi croisa les bras sur son torse imposant et observa Ujiory d'un drôle de regard. Fourreau de katana richement décoré, kimono tissé de fins filaments de soie, et haori brodé aux armoiries de ce qui devait être un clan. Un sourire éclaira son visage. A ne pas en douter, cet homme devait être un homme de bonne famille. Cela expliquait sans doute en partie le dédain qu'il lui semblait deviner entre les lignes, même si ça ne le justifiait pas totalement.

Masashi – Mettons-nous en route mon seigneur, plus vite nous partirons d'ici plus vite nous arriverons à Kumo.

Seigen acquiesça. Masashi siffla et les six équipes se mirent en position autour du cortège. Seuls Sho et Yoigoshi quittèrent leur position pour s'approcher du commandant des opérations.

Masashi – Je compte sur vous. Ménagez vos ressources de chakra.

Les deux Eisei hochèrent de la tête et posèrent dans la foulée deux Yuwaeru Kunan distincts sur le daimyo.

Seigen – Quelle est cette technique ?

Sho sourit et laissa à Yoigoshi le soin d'expliquer à leur invité de marque ce qu'était le Yuwaeru Kunan avant de se téléporter.

Yoigoshi – Ne vous inquiétez pas mon seigneur, moi et mon collègue avons posé un lien qui vous évitera toutes les blessures imaginables en cas d'attaque. Nous les essuierons à votre place.

Seigen – Ce doit être l'œuvre des célèbre Eisei de Kumo. Me voila désormais entièrement rassuré.

En tête de colonne, Masashi levait son poing serré en l'air. Le cortège se mettait en marche.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 15 Avr - 1:57

Chapitre 5 : Lueur
Partie 1 : Le Daimyo du Pays de la Foudre

Spoiler:
 

A une cinquantaine de mètres du cortège, en contrebas d'une petite pente, les équipes du pays de la Foudre patientaient pour la suite des évènements. Un jour et demi de marche avaient été nécessaires pour atteindre le petit village où la mission capitale allait commencer. Le même temps serait requis afin de retourner en paix au village de Kumo. Chacun avait assimilé son rôle, son utilité, sa mission principale. Toutefois, au milieu de ce mini bataillon de talents meurtriers, une jeune fille un peu paumée se sentait sur un autre monde. Elle n'avait rien compris que le strict nécessaire, depuis le départ, de ce qu'on lui avait demandé, de ce qu'on avait exigé d'elle. Le pourquoi d'un tel rassemblement, les personnalités en question, les enjeux de la rencontre, l'aspect essentiel de sa surveillance, tout cela avait glissé de l'autre côté de son monde intelligible, et c'est sous la forme d'un ectoplasme, à l'esprit amorphe, perdu, qu'elle se tenait là parmi tous ces shinobis emplis de zèle, d'enthousiasme ou de gravité. Tout s'était déroulé si vite que l'esprit de la Kuméenne n'avait pas eu le temps de rattraper la réalité du présent. Il y avait eu ce voyage à Kawa, la déception, la misère, la surprise, l'espoir, l'amour. Puis elle était rentrée à Kumo, et les nouvelles l'avaient secouée comme un prunier à la saison des récoltes. Sur la toile de ses sentiments, un mélange absurde de mille teintes s'étaient versées. Parmi elles, la disparition de Seiki avait laissé une immense traînée de noirceur et de tristesse réunies. Un noir teinté de bleu, recouvrant tout l'espace des possibles, une sombre tâche de néant en plein milieu du panache joyeux qui avait petit à petit refait surface.

Et pour que la souffrance ne la consume entièrement, la jeune femme avait trouvé refuge. Faute de s'arracher le coeur, elle asperga d'un blanc pur, amnésique, la douleur de son passé. Elle était là, dans la foule, portée par des vents dont elle ne comprenait ni la source, ni le sens. Tout autour d'elle, ses pairs s'activaient. Certains portaient du matériel, d'autres vérifiaient leurs équipements. Peu à peu, les équipes originellement formées se reformaient. Etsuko avait vaguement entendu le chiffre de son équipe, ainsi que le nom des personnes dont elle allait partager le destin. Le numero six, quatre individus, une seule connaissance : Kitsuke, un jeune homme qui avait récemment intégré son équipe, mais dont elle n'avait pas encore eu le temps de lier une réelle amitié. Un garçon qui avait également subi la mort de Seiki de plein fouet. La Toshiya se demanda un instant ce qu'il pouvait ressentir au fond de lui. Et puis elle s'arrêta de penser : elle n'en avait pas envie. Elle n'avait envie de rien dorénavant, simplement d'avancer sans but précis que de découvrir une nouvelle signification, un jour, peut-être.

Elle se dit que finalement, elle avait certainement atteint l'état d'esprit le plus propice à exploiter son potentiel en tant que kunoichi, mais aussi en tant qu'assassin de sa famille. Un corps pensant, sans désir, n'attendant que la suite des évènements sans n'espérer rien de plus que de pouvoir vivre demain. Autrement dit, une machine à obéir. Pourtant, elle cherchait, dans les recoins de son âme, où ce foutu levier qui contrôle ses émotions avait pu se cacher. Elle souhaitait pouvoir ressentir à nouveau de la peine, de la colère, de la joie, de l'amour. Oui, cette délicieuse sensation de l'amour qu'elle avait pu caresser par deux fois déjà. Elle espérait pouvoir au plus profond d'elle-même l'effleurer de nouveau. Un long moment encore, elle patienta, contemplant le ciel, les branches d'arbres, ses pieds, le ciel de nouveau, le ciel surtout. Les oiseaux, en fait. Cette idée lui trottait dans la tête depuis un petit moment. La liberté des oiseaux l'impressionnait de plus en plus, et Etsuko s'était mis à les regarder un peu trop. Au fil des drames quotidiens qui avaient jalonné sa vie jusqu'alors, ce qu'elle appelait sa "malédiction", son besoin d'échapper au quotidien s'intensifiait d'autant plus. A vrai dire, elle les détestait, ces foutus piafs imbéciles qui ne comprenaient pas la chance inouïe dont ils jouissaient.

* Plop *

Il n'était pas de bon ton de rêvasser à l'aube d'une mission d'une telle importance. Et lorsque Etsuko reprit ses esprits, elle se rendit compte qu'elle était la seule à ne pas avoir commencé à se rapprocher vers son équipe. Un monsieur qu'elle ne connaissait pas se tenait près de Kitsuke. Imposant, le regard sérieux et lourd, les bras croisés, il n'avait vraiment rien de commode. La kunoichi ne se vit pas engager la conversation d'elle-même face à cet homme de pierre, et Kitsuke semblait vivre la même expérience digressive dans les recoins de ses pensées perdues. Aussi, elle attendit que le temps passe, et comme elle n'avait rien à préparer du côté de son équipement, il ne lui restait plus qu'à observer, adossée à un arbre, les discussions qui avaient lieu au niveau du cortège où discutaient les personnes importantes. Elle balaya les visages un à un, tentant de reconnaître une quelconque figure familière, en vain. Elle apercevait vaguement la chevelure particulière de l'homme qu'on lui avait désigné comme chef de son équipe, mais les différents préparatifs ne lui avaient pas laissé le temps de le rencontrer. Quant aux autres, absolument rien ne lui permettait d'avoir la moindre idée de leurs fonctions ou de leur importance. Mais elle prit soin, pour la forme, de mémoriser chacun des regards qu'elle arrivait à happer depuis son poste d'observation, juste au cas où.

Soudain, un autre monsieur, certainement important, siffla et toutes les équipes se placèrent à leurs postes respectifs. Un peu en retard, le temps de comprendre la signification d'un tel son, Etsuko se plaça sans grand effort. En fait, elle ne bougea presque pas, puisqu'elle et ses partenaires se trouvaient déjà en arrière du convoi et à une position convenable. Le grand homme inconnu et Kitsuke paraissaient prêts. Personne n'avait encore parlé. Personne n'en avait ressenti le besoin. L'équipe six attendit son leader encore, quelques instants de plus que les autres groupes, puis il apparut d'un coup près d'eux. Son allure en imposait. Etsuko ne put s'empêcher de le fixer plus que ce que la bienséance ne lui permettait. Mais la demoiselle avait laissé sa politesse dans son placard. Elle sentit presque instantanément qu'elle avait beaucoup à apprendre de ce ninja, et que ce voyage lui serait au combien profitable. La kunoïchi se contenta de tirer une simple révérence envers ce nouvel arrivé à la chevelure insolite, sans un bruit, sans un geste. Elle ne serait pas celle qui oserait rompre le silence qui s'était installé. Ce n'était pas son rôle. Se taire et apprendre, telle était sa ligne de conduite dans cette équipe où elle se voyait petit pois, dans un potager bien trop grand pour elle...


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 13 Mai - 19:06

Sa silhouette se matérialisa au milieu de nul part, son pied gauche touchant en premier le sol avant d'être imité par le droit. Sa longue chevelure de feu retomba gracieusement sur ses épaules et dans son dos. Le silence guettait. Sho leva les yeux et croisa le regard d'un homme à la peau sombre dont le visage et la crinière lui faisait irrévocablement pensé à un lion féroce. L'arc attaché dans son dos ne pouvait tromper personne. L'un des célèbres assassins Toshiya était de la partie, et pas n'importe lequel s'il s'en remettait à son dossier. Du haut de ses vingt trois ans, Yamada Toshiya dominait la nouvelle sphère de chuunin. Il détenait non seulement le record du nombre de missions réalisées en un mois de temps... sept, cela se passait de mots... mais aussi un droit de passage dans les rangs d'anbu ; information que Sho était seul à posséder en raison de son statut de chef d'équipe sur cette mission prioritaire.

Yamada inclina la tête et Sho fit de même pour le saluer. Très vite, son regard se porta sur la seule fille de l'équipe, une autre Toshiya. Si sa maîtrise de l'arc n'était en rien comparable à celle de son ainé, Etsuko Toshiya avait le mérite de posséder une volonté de fer qui, si elle ne lui avait pas évité de rater sa première mission en dehors du village, lui avait permis de se ressaisir et de surmonter l'échec là où beaucoup se serait tout simplement découragé. Une nouvelle fois, Sho inclina la tête. Une nouvelle fois il tourna les yeux pour rencontrer le regard du dernier membre de l'équipe. Kitsuke Raïto était ce qu'on pouvait raisonnablement appeler un novice. Ses états de service étaient maigres, mais Sho savait qu'il ne fallait porter ça qu'au crédit de sa très jeune expérience en tant que shinobi. Il inclina une dernière fois la tête et tira un ruban de sa poche dont il se servit ensuite pour nouer ses cheveux en une queue de cheval haute.

Le brouhaha soulevé par la mise en marche du cortège le fit pivoter sur ses talons et retrousser ses manches. Le rôle de son équipe était d'assurer aussi rapidement que possible le soutien des flancs et des arrières si jamais cela s'avérait nécessaire. Au lieu de quoi, lui est ses troupes s'assureraient que le cortège ne soit pas suivi. En tant que chef d'équipe, Sho avait le devoir de s'assurer que ses troupes s'en tiendraient à ce qu'il leur demanderait de faire. Aussi infimes que puisse paraître ces détails, la vie du daimyo en dépendait.

Sho – Yamada. Tu peux couvrir de grandes distances en un rien de temps, je veux que tu progresses en fond et que tu surveilles les pistes qui croisent notre route.

La crinière du Toshiya frémit. Sans plus attendre, il s'élança vers l'extérieur du village pour vérifier que le cortège du daimyo n'avait pas été suivi jusque là.

Sho – Etsuko, Kitsuke, restez près de moi et soyez vigilants. Vous avez l'oeil vif. Quatre yeux ne seront pas de trop pour surveiller les alentours tandis que les miens surveilleront le daimyo. Considérez votre mission comme une mission de type escorte. Assurez-vous d'être prêts à toutes les éventualités.

Son oeil d'or remarqua le maigre équipement dont Kitsuke avait pu s'armer. Un semblant de sourire anima ses lèvres. D'un geste net, il dégaina son katana pour le tendre au genin.

Sho – Akikaze, c'est son nom. Je te le confie jusqu'à notre retour à Kumo. Traite-le comme il se doit où il se pourrait qu'il te découpe au moindre caprice.

Ses directives communiquées, Sho se mit en marche. L'allure du cortège était lente, l'équipe 6 n'avait pas à courir dans tous les sens comme pouvait en être chargé la 4. Sho était concentré sur l'existence du daimyo. Cette vie qu'il percevait comme s'il s'agissait de la sienne. Ce coeur qui battait en supplément du sien, ce sang qui battait la mesure contre ses tempes... Yuwaeru Kunan... un bien drôle de nom pour une technique tout aussi singulière. Souffrir à la place d'un autre, s'approprier ses douleurs pour l'en protéger, préserver sa vie au détriment de la sienne, autant de facteurs qui constituaient l'essence même de l'Eisei dit " défensif ". La voie dans laquelle Kumo s'illustrait depuis des décennies, et que le daimyo avait sollicité.

La main gauche posée sur la garde de son nodachi, prête à dégainer à la moindre menace, Sho porta son attention sur l'homme qui accompagnait le daimyo. Lui aussi portait deux lames à sa ceinture: un katana et un wakizashi. Sho lui donnait une vingtaine d'années et distinguait à sa seule posture l'assurance d'une grande famille. Quelque chose lui disait de s'en méfier.

...

Shina se pencha vers l'arrière en appuyant ses mains dans le bas de son dos. Un craquement sourd la fit se redresser et s'abandonner à un soupire de bien être avant que le signal de Masashi ne soit donné. Sous ses ordres, Shina comptait pas moins de six shinobi. Elle pensa en les regardant que Kumo avait du jugé bon de mêler la chair bonne à appâter les ennuis à une chair plus goûteuse car plus expérimentée. Yasuhiro Ika entrait dans la première catégorie à ses yeux. Il n'était ni fort ni résistant. Il était juste un embryon qu'on avait envoyé au front dans l'espoir qu'il en tirerait un enseignement suffisant.

Shina n'aimait pas avoir à jouer les tutrices. Elle savait parfaitement exécuter une cible donnée en un temps record ou retrouver la trace d'un fuyard pour l'abattre froidement au fin fond d'une caverne du Pays de la Terre, mais apprendre à un adolescent à devenir adulte relevait définitivement de l'impossible. Elle effleura à peine Yasuhiro du regard après avoir donné ses ordres aux autres membres de l'équipe. Elle se contenta d'un simple " essaye de me suivre " à son égard.

Elle s'élança aux devants du cortège jusqu'à le perdre de vue. Elle ne força pas l'allure pour garder l'aspirant dans ses pattes. Elle prenait d'ailleurs sur d'avoir à le materner jusque dans l'allure de leur course. Les dents serrés, elle s'enfonça dans le bosquet qui surgissait à quelques centaine de mètres d'Hanataba, au pied d'un léger faux plat descendant, et bondit de branche en branche pour atteindre les cimes et ainsi se donner une meilleure vue d'ensemble. Ce n'est que lorsqu'elle entendit les pieds d'Yasuhiro s'appuyer sur la branche derrière elle qu'elle se décida à entamer la discussion en chuchotant. Enfin une discussion... c'était vite dit.

Shina – On t'entend renifler à une centaine de mètres à la ronde. Tu veux nous faire tuer ?

Tout en observant le pied de l'arbre et les alentours, elle se dit que ce n'était pas une mauvaise façon d'apprendre que de commencer par arrêter de respirer.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Dim 15 Mai - 14:06

Il arriva, sans crier gare, parmi le trio qu'il devait gérer aujourd'hui, comme porté par les vents, furtif et insaisissable. Il avait cette stature que seuls les grands de ce monde se permettaient d'arborer, cette confiance dont seuls les guerriers les plus avertis osaient rayonner. Sa chevelure particulière ne pouvait laisser Etsuko indifférente, et elle profita du temps de silence encore présent pour la contempler mèche après mèche, glissant ses yeux du haut de son crâne jusqu'à son visage encore juvénile, ou bien son cou où d'étranges tatouages en forme de losange formaient un collier coloré. Le Juunin fixa d'abord l'homme qu'elle ne connaissait pas encore. La jeune femme suivit le mouvement, et l'observa de même. Distraite qu'elle fût auparavant, elle n'avait pas encore remarqué son arc imposant, accroché à une lanière dans son dos. Etsuko n'en voyait que la pointe ascendante, mais les motifs gravés dans le bois, ainsi que la manière dont la corde avait été nouée au réceptacle ne pourrait pas la tromper : ou bien ce monsieur était un représentant du même clan qu'elle, ou bien il avait obtenu cet arc selon la volonté des Toshiya. Dans les deux cas, la Genin lui devait tout son respect. Elle se sentit d'autant moins en confiance pour la suite de cette mission, car être observée par l'un de ses pairs, certainement bien plus douée qu'elle dans tous les arts qu'elle apprenait en ce moment, ne ferait qu'ajouter une certaine tension au moment où ses compétences allaient être mises à l'épreuve. Car cet homme, représentant vraisemblablement bien plus aguerri, ne lui laisserait pas passer la moindre faille.

Inconsciemment, elle trembla, souhaitant par dessus tout, dans sa tête, qu'elle n'ait pas à agir pendant les trente-six heures restantes que comptaient le voyage. Tout cela était peine perdue. Dame Destin ne la laisserait pas s'en tirer aussi facilement, elle qui avait déjà semé les embûches de la mort à bien des endroits sur le parcours pourtant si peu avancée de la Toshiya. Puis le regard de l'homme à la chevelure de feu se tourna vers elle, comme pour lui rappeler clairement, qu'elle aussi existait et qu'il allait compter sur elle. Elle lui retourna un petit mouvement de tête, timide au possible, et révélateur de son état d'anxiété. Nagoshi-san n'en tint pas compte, grand bien lui en fasse. Il devait certainement comprendre l'importance de la situation pour un jeune en devenir. Il s'agissait d'une occasion inespérée de montrer sa valeur à des gens qui comptaient, et donc de faire un grand pas vers des aspirations plus ambitieuses que réalisatrice en série de missions de rang D.

Sho – Yamada. Tu peux couvrir de grandes distances en un rien de temps, je veux que tu progresses en fond et que tu surveilles les pistes qui croisent notre route.

Yamada, tel était son nom. A l'annonce de cet ordre, Etsuko souffla un coup. Son aîné serait loin d'elle, et c'était tant mieux. Elle s'attacha également à la voix du Juunin qu'elle entendait résonner dans ses oreilles pour la première fois. Tout ce qu'elle savait de lui jusqu'à présent, c'était son nom, sa spécialité, ainsi que son rang. A la première écoute de ce timbre chaleureux, posé, et rassurant, elle comprit une des justifications de son rang.

Sho – Etsuko, Kitsuke, restez près de moi et soyez vigilants. Vous avez l'oeil vif. Quatre yeux ne seront pas de trop pour surveiller les alentours tandis que les miens surveilleront le daimyo. Considérez votre mission comme une mission de type escorte. Assurez-vous d'être prêts à toutes les éventualités.

Rien d'ardu en somme, un rôle de seconde classe. Voilà qui était opportun. Etsuko pencha la tête en guise d'accord et rigola intérieurement dans sa tête. Elle devait protéger l'un des hommes qui protégeait le Daimyo. Autrement dit, elle serait la troisième vague de défense, celle qu'on enverrait en première ligne. L'occasion idéale de briller si jamais une menace s'approchait d'eux, l'occasion aussi de se faire tuer la première si elle n'était pas à la hauteur. La Genin accepta néanmoins l'épreuve. Après tout, pourquoi avoir peur de la mort ? Lorsqu'elle est là, nous n'y sommes plus, et si nous sommes là, c'est qu'elle n'est pas encore venue nous chercher. Autrement dit, la mort n'existait pas. Seule la peur de la mort subsistait et figeait les élans les plus vitaux, les plus essentiels. La transcender signifiait dès lors passer à un autre stade dans son apprentissage de la vie, tel était le souhait le plus cher d'Etsuko en ce moment même.

Sho – Akikaze, c'est son nom. Je te le confie jusqu'à notre retour à Kumo. Traite-le comme il se doit où il se pourrait qu'il te découpe au moindre caprice.

La Toshiya était heureuse de cette offrande. Elle savait Kitsuke meurtri par la disparition de Seiki, elle n'imaginait cependant pas le dégré de dépitement qui s'était emparé de lui. Le geste de Nagoshi-san avait l'air anodin, mais il portait une symbolique étrangement forte aux yeux de la kunoichi, et elle espérait de tout son coeur que son partenaire de l'équipe 8 y trouverait un peu de réconfort. A la droite de Sho, elle ne pouvait voir Kitsuke qu'à moitié, elle se pencha donc en avant, et lui lança un sourire bienveillant en guise de soutien.

Le cortège se mit en route, lentement, sonnant le début de la mission. Etsuko souffla un grand coup, se concentra sur sa tâche, et sans mot dire, toujours, se mit au travail. Elle s'éloigna de quelques mètres, le chakra à fleur de peau, et observait tant qu'elle pouvait les alentours qui lui étaient assignés. Son arc était toujours rangé dans son étui de tissu noir, et n'en sortirait pas de sitôt. Elle ne savait pas pourquoi elle le prenait à chaque fois. Elle se sentait rassurée certainement d'avoir In'Ki auprès d'elle, mais elle sentait au fond d'elle-même qu'il n'était pas encore temps de l'utiliser. Elle n'avait pas assez mûri, pas assez grandi encore. Son père lui avait dit qu'elle serait une femme un jour, et elle sentait que ce jour n'était pas encore venu. Elle regrettait de n'avoir de technique utile à sa fonction, ou du moins, de technique qu'elle puisse activer en permanence sans s'effondrer dans les cinq minutes parce qu'ayant épuisée tout son chakra. Elle se rappela des étranges capacités de son ami Jin', le membre des Hyuuga, et se dit que son aide aurait pu être des plus utiles dans une telle configuration. Hélas, pas de Jin', la tâche d'Etsuko serait donc purement manuelle. Elle lança toutes ses perceptions en direction des alentours, et ne pensa plus qu'à ça, en espérant au fond d'elle même que cela suffirait à mener à bien sa mission d'escorte...


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Mer 18 Mai - 17:59

Debout, dans l’ombre des vieux arbres qui bordaient la voie, Kitsuke patientait, aussi figé que le décor derrière lui. Les six équipes dépêchées par le village avaient rejoints le lieu de rendez-vous quelques temps auparavant afin de sécuriser la zone. Ce n’était pas n’importe quelle mission qui nécessitait l’envoi de six unités de quatre hommes pour la couvrir. Ils étaient la troupe d’escorte du Daimyo du pays de la Foudre. Ils n’attendait plus que lui.

Au-dessus de sa tête, les branchages s’élevaient en s’entrelaçant jusqu’à la cime, invisible tant la densité de bois et de feuilles en occultait le sommet ainsi que le soleil. Fondu dans l’obscurité du couvert sylvestre grâce au long manteau noir qu’il portait, l’eisei-nin observait, attentivement, les allées et venues des autres shinobis qui composaient les différentes équipes. Pour la plupart, il ne les connaissait pas, ni de vu, ni de nom. Mais pour d’autres, c’était leur réputation qui les devançait. Il y avait Masashi Mura, un membre des forces spéciales de Kumokagure no Sato. Il était aussi une des rares personnes à avoir affronté les renégats de l’Asahi, et à en être revenu vivant.

Et il y avait Sho Nagoshi, son chef d’équipe. S’il n’était pas membres de ce corps mythique qu’étaient les Immortels, il n’en était pas moins un eisei-nin qui excellait dans son art. Il avait épouser le vrai visage de la médecine, disait-on, l’aspect noble de cette science, avec force de talent. Pour autant qu’il pouvait le voir, Kitsuke jugeait que le village avait assuré le déroulement de la mission. Tout comme les autres chefs d’équipes devaient posséder des états de services du même acabit, le genin avait du mal à imaginer être d’une quelconque parmi la crème des shinobis du village. Et plus encore, il avait du mal à concevoir un groupe armé assez fou pour tenter une embuscade sur une compagnie aussi lourdement défendue.

Quelqu’un annonça l’arrivée du Daimyo et de sa suite. Dans le camps, tous s’affairèrent à terminer leurs tâches avant que ne soit donné l’imminent ordre de départ. Les supérieurs de la mission se réunirent autour de Masashi Mura quand le veil homme, répondant au nom de Seigen Takahashi, et seigneur des terres du pays de la Foudre, vint le saluer. Kitsuke sortit des ombres pour se rapprocher des membres de son équipe. Deux Toshiya. L’équipe 6 était une formation bien singulière comprenant un eisei défensif, deux assassins et un eisei offensif aux piètres talents, lui.

Tous deux portaient dans leur dos le long arc caractéristique de leur clan mais ne semblait entretenir aucun lien particulier. L’aîné des deux Toshiya, le plus grand, avait la peau sombre et une crinière de jais. Il paraissait bien plus puissant que sa con-sœur. En approchant, Kitsuke nota dans son esprit de demander à la jeune Etsuko de lui parler un peu de son clan. Il l’avait rencontré à la sélection organisée par Ookani-sama, elle, l’amie de Seiki. Ils n’avaient pas eu le temps de faire plus ample connaissances depuis mais cette mission devrait leur permettre de rattraper un peu de ce temps perdu. Il se demandait comment elle avait accueilli la nouvelle de la disparition de Seiki, après le temps qu’elles avaient passé ensemble, en mission.

Il se défit de ses rêveries quand une désagréable sensation lui glaça l’échine. L’héritier de la sanglante lignée assassine observait son arrivée d’un regard froid et pénétrant. Un regard qui donnait le frisson. Cet homme avait déjà tenu la vie et la mort entre ses mains, cela se sentait. C’était terrifiant. Kitsuke enfonça un peu plus son visage dans l’ombre de sa capuche afin de dissimuler totalement ses traits. Il inclina la tête devant chacun d’eux en arrivant à leur hauteur, un salut sobre et bref. A quelques mètres d’eux, la discussion entre Masashi Mura et Seigen Takahashi touchait à sa fin, les différents chefs de groupe commençaient à rejoindre leur unité et l’ordre de départ ne tarderait pas à être donné.

Une seconde plus tard, Sho se matérialisa devant le petit groupe. Son corps svelte se posa en douceur sur le sol, sans même soulever un nuage de poussière. Il n’était pas impressionnant ou effrayant, comme le Toshiya à ses côtés, mais il exsudait une force tranquille. Telle l’eau, il était calme, fluide, et pourtant on devinait la fureur qui pouvait s’emparer de lui dans le feu de la bataille comme la tempête transformait les eaux calmes en flots tumultueux. Une bien étrange impression.

Il attacha ses cheveux haut sur son crâne avant de les saluer, un par un, d’un hochement de tête. Son regard s’attarda sur Kitsuke, le plus inexpérimenté du groupe, ou du moins celui qui possédait les plus maigres états de service, pour la simple et bonne raison qu’il était devenu shinobi depuis peu de temps. Il communiqua ses dérictives à son unité, leur expliquant au passage quelques points quand au déroulement de la mission. Il finit en fixant le jeune genin tandis que planait un cours silence. Sho se défit du katana à sa ceinture, et le lui tendit.

[Sho Nagoshi] – Akikaze, c'est son nom. Je te le confie jusqu'à notre retour à Kumo. Traite-le comme il se doit où il se pourrait qu'il te découpe au moindre caprice.

Kitsuke hésita pendant une fraction de seconde avant de tendre ses mains, paumes ouvertes, devant l’esei-nin. C’était un grand honneur que lui faisait son chef d’équipe en le lui confiant, car rien n’était plus précieux pour ceux qui marchaient sur la voie du kido que les lames qu’ils portaient. Lui-même regrettait de n’avoir pu emmener ses sabres jumeaux, les kodachis que lui avait remis Kaoru Kusanagi, le maître qui lui avait enseigné cet art, mais ils reposaient à cet instant entre les mains du meilleur forgeron de Kumokagure no Sato, suite aux lourds dommages que le feu leur avait infligé. Il inclina le buste pour montrer sa gratitude au chunin devant lui, qui inclina une nouvelle fois la tête en retour.

Le départ fut ordonné et ils gagnèrent leur position, tout comme les autres équipes autour d’eux. Ils évoluaient en compagnie de soutien, prête à couvrir la moindre brèche sur les flancs, ou intervenir en renfort, si le temps leur en était donné. Kitsuke se plaça à la droite de Sho, les yeux parcourant le décor dans la même direction. Dans sa main, le sabre semblait pulser, comme s’il savait ne pas être tenu par son possesseur légitime. Il le porta devant ses yeux avant d’exercer une pression du pouce contre la garde pour dégager la lame du fourreau. Magnifique. Le fil du sabre était parfait et l’ouvrage d’une grande qualité. Le jeune kuméen capta l’énergie qui émanait de l’arme, son essence. Ainsi, Sho disais vrai, ce katana avait du caractère… Akikaze

Il rengaina le sabre et en serra fermement le fourreau dans sa main. Qu’il était bon de sentir la présence d’un objet familier au creux de sa paume. Un rictus féroce se dessina sur ses lèvres et les mots quittèrent sa bouche dans un susurrement, sans vraiment qu'il les ai formulé consciemment.

[Kitsuke] -Ne t'en fais pas, tu es entre de bonnes mains...



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MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 20 Mai - 18:42

Quelque part au pays de la Foudre - Pleine après-midi

Le cortège du daimyo progressait sur une étroite route de campagne, les six équipes de shinobi tournant autour de lui à l’image des vautours tournant autour d’une carcasse sanguinolente. Sho observait ce ballet du coin de l’œil, quand celui-ci n’était pas occupé à suivre les faits et gestes du daimyo. Il distinguait clairement les mouvements des équipes n°3 et 5, les autres évoluant beaucoup trop loin de sa position ou bien se trouvant cacher par le cortège. Yaken – qui se trouvait à la tête de l’équipe n°3 – marchait d’un pas assuré, les membres de sa formation le suivant en file indienne. Plus près, Yoigoshi – à la tête de l’équipe n°5 – semblait en pleine discussion avec un membre armé de la suite du daimyo. L’homme élancé et chauve arborait une lance peut-être aussi longue que lui. Une dizaine d’autres hommes avançaient avec ces lances posées en appuis sur leurs épaules ou tout simplement tenu le long de leur corps. Sho ne s’interrogea aucunement sur leur capacité. Que la raison de leur présence soit justifiée ou non, ils étaient là. Aucun réflexion sur le sujet n’y changerait quelque chose.

Du coin de l’œil, Sho observa Kitsuke et Etsuko. Un imperceptible tremblement secoua ses lèvres à la limite du sourire. Le sérieux que les deux arboraient lui rappela son propre sérieux quand, plus jeune, il s’était vu confier sa première mission par Reisui Shouka, son sensei. La volonté de faire ses preuves était alors plus forte que tout, plus forte même que la honte en personne. Sho se remémora sa première mission d’équipe en levant les yeux vers le ciel parsemé de nuages cotonneux. Ce n’était qu’une mission de rang D, autant dire une mission de routine. Malgré ça, il s’était donné à fond au point de finir essoufflé alors que la mission demandait à peine de marcher. Si la situation était beaucoup plus sérieuse à cet instant, Sho se reconnaissait un peu dans l’attitude de ses deux subordonnées.

« Yamada au rapport. Nagoshi-san ! Je répète Yamada au rapport ! »

La voix du Toshiya manqua de faire sursauter la totalité du groupe. A bien y regarder, il ne se trouvait pas plus derrière que devant ou sur les flancs. Sa voix continuait pourtant de résonner comme s’il se trouvait à quelques pas de là. Sho se rappela soudainement que Yamada et lui s’était équipé de micros et d’oreillettes pour communiquer efficacement en cas de séparation forcée ou non. Plongeant la main dans sa poche, il saisit le dispositif de communication et s’en équipa.

Sho – Yamada. Tu me reçois ?

« Cinq sur cinq »

Sho – Tu as trouvé quelque chose ?

« Oui, une série d’empreintes qui ont coupé à travers champ pour atteindre la route il y a de ça peut-être une vingtaine de minutes je dirais »

Une série d’empreintes pouvait ne rien représenter, surtout si elles étaient si « visibles ». Mais mieux valait en avoir le cœur net.

Sho – Très bien. Je t’envoie des renforts.

« Ma position se situe au quart nord-est, suivez la route sur trois cent ou quatre cent mètres tout au plus. Je vous attendrais »

Sho – Bien reçu.

Il abaissa le micro sous la courbe de sa mâchoire et tourna son regard vers Etsuko.

Sho – Tu as entendu ? Rejoint-le et remontez la piste aussi loin que possible. Si jamais elle mène trop loin, abandonnez-la et retrouvez-nous.

Il hocha sensiblement la tête pour lui faire comprendre qu’elle pouvait disposer. Reportant son attention sur le daimyo, Sho s’interrogea sur le réel danger encouru par lui comme pour sa suite. Il avait du mal à imaginer quelqu’un d’assez fou pour attenter à la vie du daimyo alors qu’une telle protection était déployée autour de lui. Mais il ne pouvait être sûr de rien dans le monde qui était le sien.

Sho – Je crois savoir que tu n’es passé genin qu’il n’y a que très peu de temps. Son attention s’était reportée sur Kitsuke. Ta spécialité est la médecine offensive, c’est bien ça ? Que dirais-tu d’apprendre une technique avant que quelque chose nous tombe sur la tête ?

~

Izuru Morioka était un véritable colosse, avec tout le lot de muscles, de hauteur, et de largeur d’épaules, que cela pouvait impliquer. Ses petits yeux verts luisaient même à l’ombre des arbres, agiles, rapides, presque incapables de s’arrêter une seconde dans leurs orbites, comme si la moindre feuille frémissante, la moindre branche remuante, ne pouvaient leur échapper. Izuru dominait le sol d’une telle manière qu’Izumi paraissait affreusement insignifiante à ses côtés. Pour autant, Izuru ne la jugeait pas insignifiante et ce malgré l’immense fossé qui les séparait tant en matière de compétences que d’expérience. Elle était ce qu’elle était : une débutante ; ce qu’il avait lui aussi été en son temps, comme ce que tout le monde avait été un jour ou l’autre dans sa vie. Il se tenait là en quelque sorte pour s’assurer qu’elle ne tomberait dans aucun mouvais piège et qu’elle tirerait de cette expérience le stricte nécessaire pour passer à un tout autre stade de son apprentissage.

L’ordre que Shina Okamoto leur avait adressé était simple: vérifier que la lisière sud du bosquet ne comportait aucun piège, aucun dispositif armé ou non qui pourrait ralentir le cortège. Izuru était habitué à ces exercices de « déminage » même si intimement il espérait ne rien trouver qui ralentirait l’acheminement du daimyo jusqu’à Kumo. Il en allait, en quelque sorte, de son honneur et de celui de l’Intendant. Il n’était plus question d’être des shinobi et des kunoichi au service d’un grand village caché, mais d’être de dignes enfants des Nuages, le produit des efforts de Shigeo Koyama et de ses illustres prédécesseurs, le fruit des investissements du daimyo en personne. En somme, la cible de tous les regards.

A la lumière naturelle, qui trouvait de plus en plus d’espaces à travers lesquels se faufiler, Izuru fit une halte près d’un tronc large comme cinq fois ses épaules et dont l’écorce présentait des rainures si profondes et si hachurées qu’elle semblait dater d’un tout autre siècle. Arrosé par une mélodie de piaillements, Izuru tourna sa tête dans toutes les directions, pivota ses épaules pour couvrir tous les angles, à la recherche du moindre détail suspect, de la moindre incohérence qui pouvait révéler la présence d’un piège placer là volontairement. Ses petits yeux roulaient de gauche à droite, s’arrêtaient une fraction de seconde, parfois sur un détail insignifiant comme une chenille ondulant sur une feuille, parfois sur un détail plus significatif comme un jeu d’ombre injustifié pour lequel il n’hésitait pas à se déplacer pour prendre un autre angle et réaliser qu’il faisait fausse piste. Puis ils allaient de haut en bas, sans s’arrêter, vérifiant continuellement qu’aucune menace ne puisse jaillir du sol comme des airs. Et comme il ne trouvait rien, Izuru avançait, pas après pas, en demandant à Izumi de le seconder dans ses recherches. Quatre yeux valaient mieux que deux, même quand deux d’entre eux appartenaient à Izuru Morioka, « le roi caméléon ».

L’ombre glissa sur le visage du colosse, une ombre qui le fit se stopper net, aussi net que s’il venait de marcher sur un bout de verre. Ses yeux tressaillirent, roulant de quelques millimètres vers le haut, et se figèrent plus longtemps que d’habituel. Du plus profond de l’émeraude de ses iris à la fine pellicule de verre qui recouvrait ses pupilles, le profil d’un kunai auquel était rattaché un feuillet tacheté d’encre resta imprimé au fer. Instinctivement, il déplia son bras de toute sa longueur pour barrer la route d’Izumi. S’aventurer plus loin était peut-être synonyme de mort, la seule prudence ne suffirait pas. Lentement, aussi lentement qu’il était possible à un homme de sa stature pour s’accroupir sans perturber la circulation naturelle de l’air, Izuru posa la paume de sa main droite sur le carré d’herbe sauvage à ses pieds.

Izuru – Wanawo… Haru

La modération de sa voix n’opposa aucun contraste à la douceur avec laquelle l’onde jaunâtre du sceau s’étendit à la totalité de la zone, filant de la racine à la feuille, de la terre à la canopée, de la pointe du kunai au coin du feuillet, bref de tout ce qui pouvait être solide à une centaine de mètres à la ronde. Sept lampes s’illuminèrent en tout, traçant une série d’ombres ténébreuses au cœur d’un tapis d’or. Le regard avisé d’Izuru les repéra en moins de dix secondes. Quatre notes explosives disposées de sorte à former un carré parfait de vingt mètres de côté, trois pièges rudimentaires à coup de cordes et autres filets qui d’après leur positionnement devaient pousser la cible à se diriger vers le carré piégé. Astucieux, mais pas assez pour duper un homme d’expérience comme Izuru.

Izuru – Nous voilà avec sept pièges à désamorcer et un coupable à retrouver. Pour l’heure, occupons-nous des pièges, nous verrons pour le coupable plus tard. Quelle méthode me préconiserais-tu si, dans une autre vie, nos rôles avaient été inversé ?

Ses yeux continuèrent de rouler dans ses orbites, s'arrêtant par moment sur Izumi, dans l'attente de sa réponse.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Dim 22 Mai - 20:58

Où que j'aille, il y aura au moins une bonne pomme toujours prête à aider une belle femme comme moi dans l'espoir de l'intéresser. C'est une observation. Il y en a certainement plus dans la 'vie civile', probablement parce qu'eux ne voient pas les horreurs que nous voyons, nous shinobis. Il n'empêche que cette espèce d'homme existe même au sein de la plus prestigieuse caste dans le monde que sont les ninjas. La faute serait, parait-il, dûe à un ensemble de molécules qui seraient fabriquées à l'intérieur du corps humain, et qui régiraient toute sorte de comportements, ou du moins qui les influenceraient. Quoi? Non, je vous assure! Ne riez pas, ces travaux sont très sérieux. Je suis en train de lire l'ouvrage, et tout se tient.

Moi? Ah, oui, pardon...Oui, je lis pendant ma pause. On doit assurer la protection d'un homme puissant depuis Hanataba jusqu'à Kumo. Il parait que c'est le Daimyo du pays de la foudre lui-même, mais en réalité, personne ne sait vraiment, sauf certainement les plus hauts gradés. Moi, simple genin pour l'instant, je n'ai pas encore les faveurs des plus grands de ce monde. Ca va venir, je le sais! Enfin, quoi qu'il en soit, je fais mon petit bonhomme de chemin pour l'instant. Pour l'instant, donc, je suis dans l'équipe 4, sous le commandement de Shina Okamoto. D'après ce que j'ai pu comprendre, je n'entrais pas dans les plans de mes supérieurs au départ, et je devais rester à potasser à Kumo no Sato. En somme, je ne dois ma place qu'au désistement d'un de mes camarades.

Pour en revenir à ces histoires d'hormones, je vous garantis que leur existence expliquerait énormément de choses. Tenez...Pas plus tard qu'il y a cinq minutes, il y avait eu ce dénommé Yûjin qui m'aborda pour la énième fois, me demandant si j'avais besoin d'aide. Comme si j'en avais besoin...Mais j'ai accepté! Pensez-vous sérieusement que j'allais me priver d'une occasion pareille pour soulager mes muscles. Ma splendeur ne souffre d'aucune contestation, mais comment expliquer qu'un homme aussi laid que Yûjin me trouve à son goût? Comment expliquer qu'un homme aussi intraverti que Yûjin puisse trouver le courage et l'orgueil de se faire traiter comme un chien par une fille, pourtant du même grade et certainement moins âgée? Il faudra certainement que je fasse quelques analyses dès que j'aurai les moyens et le temps. Ainsi, je vous prouverai à tous que je ne suis pas seulement belle et douée...


Tout était calme, même le ciel. D'un bleu étincellant parsemé ici ou là de quelques nuages cotonneux, il rendait les gens serviables, les humeurs agréables et les natures optimistes. Evidemment, c'était le cas pour les genins, insouciants pour la plupart. Pour précisément en tout cas, ça l'était pour Izumi, le nez fourré dans son parchemin depuis son départ de Kumo no Sato. Si celui des autres shinobis était prévu de longue date, le sien était inopiné, de telle sorte qu'elle n'eût pas d'autres choix que celui de laisser en suspens ses entraînements. Néanmoins, cela ne l'empêcha pas de se munir de quelques traités sur le corps humains et la biologie. Son intérêt était devenu sans cesse croissant depuis son entrée à l'académie. Aussi, elle prit tout naturellement l'initiative de se cultiver pendant les trois ou quatre jours de mission. Ce n'était pas complètement incompatible, se disait-elle. D'ailleurs, pendant le jour et demi nécessaire à la troupe de ninja et sa logistique d'arriver à destination, elle mit à profit ce temps à l'étude des dites molécules.

Cette étude était bien facilitée par Yûjin Fukuoka, un genin à l'allure simplette et profondément déprimante aux yeux de la kunoichi. C'était peut-être un très bon élément, mais il était à l'évidence bien trop torturé pour attirer le regard d'une fille comme Izumi. Elle pouvait paraître méchante aux yeux de beaucoup de gens, Yûjin compris. Ce dernier rivalisa d'ingéniosité pour être au centre de l'attention de la Tokagame, allant jusqu'à lui proposer d'effectuer toutes les tâches qui lui furent assignées. Il conservait une volonté de plaire intacte, malgré les quelques mercis qu'elle lui offrit, sans plus. On ne pouvait pas lui reprocher de manquer d'envie, c'est certain. Mais il hérita d'une sérieuse réputation d'homme plutôt lourd de la part de la blondinette, quoi qu'au fond, elle ne pouvait que le remercier d'avoir eu le loisir de faire ce qu'elle voulait pendant le voyage aller. C'est à dire étudier les parchemins empruntés à la bibliothèque de Kumo...

Le voyage se passa plutôt bien, du reste. Le temps clément n'y était certainement pas étranger, d'ailleurs. Quoi qu'il en fut, les shinobis se préparaient à effectuer une phase retour qui promettait d'être beaucoup moins calme. L'homme riche apparut au loin à travers la colline. Il s'avança vers les chefs d'escadrons, tout en prenant le temps d'observer le plus naturellement au monde le groupe de ninjas chargé de la protection. Izumi regardait sans trop d'insistance la scène qui se déroulait là-bas, alors qu'elle s'était installée légèrement en retrait des autres, adossée au mur d'une bâtisse en ruine. De là où elle était, elle avait un champ de vision suffisamment grand pour surveiller tout ce petit monde. Cela ne l'intéressait pas plus que ça, à vrai dire. C'était certainement un exercice auquel elle se livrait. C'était grisant, et c'était vraiment autre chose par rapport à ce qu'on lui disait, en cours. Là, elle avait vraiment la sensation d'avoir grandi. Toujours était-il qu'elle ne mit pas autant de sérieux qu'elle aurait pu.

C'était néanmoins suffisant pour remarquer la présence d'un homme à l'aura guerrière juste aux côtés de celui qui, au vu de sa stature et de ses vêtements, était de toute évidence la personne à protéger. Elle était intriguée, mais sans plus. Son intérêt, dans l'affaire, était de noter intérieurement tout ce qui lui traversait l'esprit quand son regard se jetait sur quelqu'un.

Homme au Haori rouge et or : Elégant, plutôt beau gosse, tout porte à croire qu'il appartient à une caste guerrière. Certainement la garde rapprochée de la cible à protéger.
Yûjin Fukuoka : Déprimant à regarder. Potentiel à estimer. La logique voudrait qu'il ait les capacités pour faire face à une éventuelle attaque.
Shina Okamoto : Peu commode. C'est ma chef d'équipe. Plutôt mignonne. Eviter de la mettre en colère.
Izuru Morioka : Ninja de mon équipe. Un titan qui semble cacher sa force. Sera avec moi.

Il y en avait bien d'autres qui attisaient ma curiosité, comme ce type aux cheveux rouge comme le sang. Il y avait aussi une fille avec un arc sur le dos, et cette grosse grute...Mais ce n'était qu'un exercice. Et puis, je ne m'étais livré qu'à des affirmations superficielles. J'étais bien trop occupée à finir mon parchemin avant le grand départ. Et puis, le chef de l'équipe une leva le poing en l'air. Je me suis dépêchée de ranger l'ouvrage dans ma besasse et je suis partie vers mes collègues de l'équipe 4.


La demoiselle aux longs cheveux blonds ajusta le brassard qui lui attrapait tout l'avant-bras tout en s'avançant vers l'avant du cortège. Son rôle, lui avait-on expliqué un peu plus tôt, était de faciliter l'avancée du groupe principal en sécurisant le chemin. Elle était ainsi accompagnée de deux shinobis chevronnés, ainsi qu'un autre genin visiblement aussi émérite qu'elle. D'ailleurs, depuis leur départ d'Hanataba, ce dernier était régulièrement pris à parti par Shina. Elle ne devait pas apprécier sa présence, pas plus que son comportement d'ailleurs, si l'on pouvait juger de chacunes des interventions de la chef d'équipe. Remarquez, qui aime bien châtie bien, comme on dit. c'était certainement sa manière à elle de lui faire partager son expérience. Izumi souriait intérieurement. C'était une femme à qui le pouvoir allait bien, pensait-elle. A être trop nerveux, le dénommé Yasuhiro Ika posait bien trop de problème qu'il n'en réglait. Ou bien était-ce là encore que le résultat d'une quête perpétuelle à la perfection de la part de Shina. Toujours était-il que l'adolescente ne pouvait qu'acquiesser.

Sur le chemin pentu dont le vent emportait quelques particules de terre à chacun de ses passages, le groupe d'éclaireur se scinda en deux. Shina intima à Izumi et Izuru de sécuriser la lisière sud d'une forêt que le Daimyo devait traverser. Izumi, qui observait silencieusement ses compagnons, suivit le colosse Kuméen. Là, bien qu'elle fut couverte par son compère aux dimensions inquiétantes, elle ne put s'empêcher de se mettre encore plus en alerte que précédemment. Accroupie, elle suivait son collègue aux travers de l'impressionnante verdure. Plusieurs fois, elle crut devoir s'arrêter. Elle observait à la loupe les réaction du titan, que ce soit au niveau de l'attitude ou des expressions de son visage. Ses yeux mitraillaient la moindre parcelle de son environnement.

Et puis, là, l'accro. Il me barra la route d'un revers de la main. Mais c'était si violent qu'il me propulsa un ou deux mètres en arrière. Pourtant, je sais bien qu'il avait voulu y mettre les formes. Je n'ai pas eu l'occasion de voir pendant ses quelques minutes ensemble une quelconque animosité. D'ailleurs, si j'avais pu lui mettre un surnom sur sa tête, c'eût été 'nounours'. Puissant et doux à la fois.

Son regard était beaucoup plus actif. Il semblait évaluer la situation sous toutes les coutures. Il fit quelque chose sur le sol d'ailleurs. C'était extrêmement curieux. De la terre tendre sous le pieds au feuillage en passant par les troncs, tout rayonna d'une étrange aura dorée. Une série de piège sortit de nulle part. A première vue, j'aurai attribué ce tour de passe-passe à un jutsu, mais il s'avéra que non. Je lui aurais bien demandé quelques détails, mais il me posa une question qui me coupa dans mon élan...


Izuru passa un court moment à observer la série de pièges qui s'étendait devant leurs yeux. Tel le professionnel qu'il était, il prit une décision très rapidement. C'était certainement un cas de figure classique. Les dards lumineux perçaient à travers la cîme des arbres, et malgré un temps radieux, la chaleur n'était pas étouffante, bien au contraire. Il faisait bon, et un léger zéphyr faisait bruisser les feuilles, tandis que le chant des oiseaux n'auguraient absolument pas la présence de pièges. Le titan avait un oeil plus qu’entraîné, il fallait bien lui reconnaitre ça. Celui-ci d'ailleurs posa une question à son équipière, probablement curieux de la nouvelle génération ninja.

Izumi, qui était perdue, reprit du poil de la bête. La question d'Izuru n'y était pas étranger, à n'en pas douter. Il était vrai que le feu de l'action ne laissait pas le temps au cerveau d'agir en toute sérénité. Là, le shinobi lui donnait l'occasion de se démarquer, et la kunoichi ne prit que quelques secondes à la réflexion. Le coude sur un genou, elle tortilla machinalement une mèche de cheveux, tout en occupant l'autre main à compter. Dieu merci, se disait-elle, elle eut une question de ce genre lors d'un examen il y avait quelques semaines de cela. Ses deux émeraudes pétillaient d'un éclat tout particulier. Son coeur battait la chamade, comme lors des interrogations orales devant tous ces élèves. Ce n'était pas la peur de mal répondre qui dominait, mais plutôt cette envie de briller devant son supérieur. Un sourire vint éclairer son visage. Elle s'apprêta à réciter une leçon parfaitement retenue avec une assurance toute particulière. Si caractéristique...

[Izumi] -'Ah...', fit-elle, tout de même surprise d'avoir à répondre à une question étant donné la situation. 'Pour éviter un système de piège, il y a trois possibilités. Désamorcer, provoquer artificiellement, suivre un autre chemin.'

Ses yeux regardaient de temps à autre vers le ciel, comme pour se souvenir plus facilement, tandis qu'elle s'appuyait sur ses longs doigts fins et manucurés pour s'assurer de ses connaissances.

[Izumi] -'Pour désamorcer un piège de ce genre, il faudrait trouver un moyen sûr pour injecter un trop plein de chakra pour le faire disjoncter. Pour provoquer artificiellement le piège, il nous faudrait soit raser le coin, soit utiliser une cible factice.'. Elle reprit son souffle, tout en se grattant légèrement la tête avec ses courts ongles. 'Moi, je préconiserais un léger changement d'itinéraire. C'est bien moins risqué, ça ne demande pas beaucoup de ressources, c'est discret...Je n'y vois que des avantages. Tant que nous sommes toujours opérationnels, le dispositif reste sûr.'

L'adolescente restait accroupie à observer celui qui faisait figure de chef, voire de sensei. Elle jouait toujours avec une mèche de cheveux dorée, tandis que l'afflux de sang qui résonnait dans la tête. Son coeur battait la chamade et semblait vouloir fracasser sa cage osseuse. Nul doute que cela ne se calmerait qu'après avoir entendu un verdict qui tomberait tel un couperet. Car tout cela faisait presque figure de test grandeur réelle...

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Mar 31 Mai - 21:07

« Yamada au rapport. Nagoshi-san ! Je répète Yamada au rapport ! »

Etsuko faillit avoir une attaque cardiaque, tant elle ne s'attendait pas entendre une invective si forte d'un coup comme ça, lui transpercer les tympans. Ses poils de bras hérissés comme jamais retombèrent lentement à mesure que la discussion entre Nagoshi-san et Yamada Toshiya se déroulait. D'une oreille distraite, toute concentrée qu'elle était à ne pas laisser passer le moindre mouvement hors de on champ de surveillance, elle écouta la discussion qui ne lui plut pas, mais alors pas du tout. Elle envisageait à l'instant l'aspect confortable de sa situation actuelle, au milieu de shinobis plus compétents qu'elle et qui pourraient l'épauler en cas de pépin, et la regretterait d'autant plus qu'elle venait de comprendre qu'elle allait devoir rejoindre son aîné en arrière, pour lui prêter main forte. Ou servir d'appât. Ou le laisser faire. Bref, elle ne savait pas trop à quoi elle allait servir, mais comme on ne discute pas les ordres de ses supérieurs, elle ne protesta pas une seconde et répondit au haussement de tête de son chef d'équipe en s'éclipsant aussitôt d'un bond vers l'arrière, laissant le flanc droit de l'Eisei sous la responsabilité de Kitsuke.

La jeune femme profita du mouvement de repli, pour jeter un rapide coup d'oeil aux autres équipes en mouvement autour du palanquin du daimyo. Elle s'étonna de voir autant de jeunes recrues du village, dont la valeur militaire ne signifiait pas grand chose face aux dangers potentiels qu'ils pourraient subir. Volonté du village ? Très certainement. Volonté bienveillante ? Etsuko ne savait qu'en penser. Si la menace était si importante, il y aurait fort à parier que de nombreux Genins affectés à la mission ne serviraient que de chair à canon. D'un autre côté, une telle situation représentait une opportunité inouïe d'en apprendre plus sur les arts shinobis, sur la géopolitique de ce monde mouvant dans lequel entretenir un réseau valait autant pour sa survie que ses propres compétences, et bien entendu en découvrir également sur soi-même. Au final, la balance s'équilibrait. Un habile pari du village caché des Nuages, dans lequel les pions, ninjas de rangs inférieurs, mangeraient double portion, ou bien seraient broyés. Après tout, ce monde appartenait aux forts, aux malins, aux influents. Quiconque ne possédait pas l'une de ses qualités ne faisait pas de vieux os. Une telle pensée rassura la Genin. Non pas qu'elle se pensait maline, autant se trouvait-elle bien chétive, et tout au plus connaissait-elle quelques membres de sa famille. Mais elle se dit qu'aujourd'hui, elle jouait quitte ou double, et elle se sentait bizarrement dans un jour de veine.

Dans sa course vers le point de rendez-vous, pleine de cette énergie nouvelle qui bouillonnait en elle, elle défit sa besace noire, et y sortit son arc aux teintes similaires. In'ki, représentant de la noirceur de son âme, gardien de ses secrets les plus enfouis. Elle ne l'avait jamais utilisé que sur une cible inanimée, mais elle savait qu'elle avait acquis sa confiance. Le premier coup qu'elle porterait lui ferait honneur, et son arc se délecterait du sang qui tâcherait le trait de bois meurtrier. Etsuko replaça l'arc dénudé dans son dos, qu'elle fixa légèrement afin d'être prête à le dégainer en toute occasion. Ses bonds successifs l'amenèrent plus vite qu'elle ne le pensât vers l'homme à la crinière qui l'attendait avec une impatience non dissimulée, oscillant sa tête entre les marques au sol et la silhouette de sa coéquipière qui arrivait. Elle termina sa course à quelques mètres de lui et le salua d'un hochement de tête, tout en reprenant son souffle.

Yamada - Tu es lente.

Le ton était aussi sec que le désert de Suna. Le regard implacable de son aîné donna la chair de poule à la jeune Toshiya. Elle se contenta de répondre un simple :

Etsuko - Désolée.

... avant de hocher la tête à nouveau en guise de pardon. Il ne broncha pas, ignorant presque ces excuses un peu pathétiques, et pas vraiment sincères, tant la kunoichi considérait qu'elle n'aurait pu faire plus vite compte tenu de ses capacités. Le regard implacable du Chuunin fixa les yeux de sa cadette, comme déçu de n'avoir pour renfort que cette néophyte, puis il montra du doigt les empreintes de pas qui s'enfonçaient dans le sol meuble juste devant lui.

Yamada - Combien sont-ils d'après toi ?

Etsuko arqua un sourcil de surprise non dissimulée. Malgré la potentielle urgence de la situation, Yamada-san prenait quelques secondes pour tester ses capacités. La demoiselle n'avait jamais vraiment pisté une trace, aussi se fia-t-elle à ce qu'elle pouvait voir de plus grossier. Elle s'accroupit doucement, et répondit quelques secondes plus tard :

Etsuko - Ils sont plusieurs, deux ou trois. Et ils sont partis... par là.

Le chuunin acquiesça, sans pour autant montrer le moindre signe de satisfaction. Les réponses étaient vraisemblables, mais il n'estimait pas qu'Etsuko avait à être récompensée pour une analyse évidente. Il fallait qu'elle la donne, voilà tout, mais elle n'avait pas à en tirer la moindre fierté. Une formalité en somme.

Yamada - Allons-y

Etsuko - Aï.

Le Toshiya replaça sa ceinture dans un mouvement qui tenait tout d'une manie porte bonheur, puis il s'acroupit, prêt à donner une impulsion. Etsuko pouvait le voir de trois quart, impressionnant qu'il était dans son allure physique comme dans son regard impassible. Avant de démarrer, il apostropha une dernière fois sa cadette.

Yamada - Comment s'appelle-t-il ? Ton arc ?

Ses paroles ravivèrent la motivation d'Etsuko. Demander le nom d'un arc à son propriétaire prouvait en soi, d'une certaine manière, que l'interlocuteur donnait une certaine valeur aux compétences de celui avec qui il s'entretenait. Fière de répondre ainsi, elle rétorqua immédiatement.

Etsuko - In'ki, c'est son nom.

Yamada - C'est un bel outil. Montre-t-en digne.

Etsuko - Aï !

La kunoichi ne demandait que ça. Pour l'honneur de sa famille, celle de Kanza son maître, et le sien propre qui avait été tâché de honte depuis bien trop longtemps.

Les cousins partirent d'un bond synchrone en direction de ces traces mystérieuses qui coupaient à travers champs. Champs immaculés d'une couleur d'or blanc étincelante. Etsuko ne put s'empêcher de penser à Sokaï en cet instant. C'était la première fois depuis ces années joyeuses qu'elle partait en mission accompagnée d'un membre de sa famille. Elle n'espérait qu'une chose : que le dénouement de l'histoire ne soit pas aussi décevant qu'au premier acte...

Yamada Toshiya était un homme intriguant. Sa grande taille, son allure élancée, cette crinière fournie, tout rappelait en lui l’attitude d’un jeune lion, fier et féroce. Des armoiries de la famille, il tenait clairement plus de ce dernier que de l’araignée. Ses yeux bleus et sa chevelure presque blonde dénotaient totalement avec le morphotype habituel des membres du clan, où la tendance se tournait clairement vers les poils bruns, et vers les yeux sombres, noisettes ou bien noirs. Elle se reconnaissait si bien dans sa manière de fixer le monde qui l’entoure. Une aura de tristesse l’entourait comme un voile blanc autour d’un fantôme de train hanté. Il était là, mais ailleurs en même temps, comme prisonnier d’une dimension parallèle d’où il vivait une version altérée de sa propre réalité. Une coquille vide en somme.

La Genin se demandait depuis combien de temps les zygomatiques de son partenaire improvisé n’avaient pas fonctionné. La mâchoire du jeune homme, carrée, taillée dans la roche, lui donnait une expression si sévère qu’on n’aurait pu deviner si ses lèvres avaient un jour connu le mouvement et la sensation du sourire. Voilà cinq minutes qu’ils avaient pris la direction des pas aperçus dans l’herbe fraîche, et depuis sa précédente remarque, à propos d’In’ki, l’arc de la demoiselle, il ne lui avait pas adressé la parole ni lancé le moindre regard ou signe qu’il percevait sa présence. Pour lui, elle n’était rien, tout du moins était-ce ce qu’Etsuko pensait à l’heure actuelle. A tord. Elle ne le savait pas, mais Yamada connaissait sa cadette. Elle n’était simplement pas assez âgée, à l’époque pour se souvenir de ce qu’il avait fait pour elle. Ce n’était pas grand chose, et Yamada avait enfoui ce souvenir amusant depuis bien longtemps dans sa tête, toutefois le visage de la jeune Toshiya lui rappelait peu à peu cette journée ensoleillée dans la demeure des Toshiya, au Sud de Kumo, où il avait croisé cette mignonne petite bouille, à peine âgée de quelques semaines, dans les bras de sa maman, au prénom si doux qu’il vint, comme une fulgurance, des tréfonds de sa mémoire endormie. Naoko Toshiya.


*****

Naoko Toshiya était plutôt discrète. Elle avait traversé l'adolescence sans heurt, respectant les codes et les normes de son clan. A vingt ans, elle envisageait l'avenir d'un oeil serein, sans soucis. Elle aimait rire, elle aimait lire. Ces deux occupations étaient rarement simultanées puisqu'elle préférait les histoires tristes. Sous ses airs de rêveuse, elle laissait peu de place à l'à peu-près. Elle restait des heures à poncer le bois des arcs de la fabrique familiale, un étrange sourire au visage. Au moment où la vie d'adulte s'annonçait, elle avait délaissé la tenue des armes pour se consacrer au bonheur de son clan. Elle ne serait pas assassin, incapable qu'elle était à donner la mort, même au plus abject des êtres humains sur terre. Il lui arrivait parfois de repenser à son enfance. Des instants de bonheur ramassés en quelques épisodes, toujours les mêmes. Elle courait sur une plage, elle montait à cheval, elle dormait dans les bras de son père. Mais elle ne ressentait aucune nostalgie, jamais.

La plupart des couples adorent se raconter des histoires, penser que leur rencontre revêt un caractère exceptionnel, et ces innombrables unions qui se forment dans la banalité la plus totale sont souvent enrichies de détails offrant, tout de même, une petite extase. Finalement, on cherche la sublimation en toute chose. Naoko Toshiya avait rencontré Sanyu à l'occasion du retour d'une branche de la famille, installée dans un village du nord de Kumo, à la demeure principale. Il était là, près de ses parents, à la regarder posée sur le pas de la porte, un arc dans les mains. Il avait balbutié ses premiers mots, et subitement, tout était venu, d'une manière limpide. Ses paroles avaient été propulsées par cette énergie un peu pathétique, mais si touchante, du désespoir. C'est bien la magie de nos paradoxes : la situation était tellement inconfortable qu'il s'en sortait avec élégance. Au bout de trente secondes, il parvint même à la faire sourire. Au bout de trente secondes, il parvint même à la faire sourire. Une faille dans l'anonymat, un pas vers l'amour.

Il trouvait cela si étonnant de pouvoir ainsi passer un moment avec une femme qui venait à peine d'entrer dans son champ de connaissances. Il n'avait jamais été très adroit avec les femmes, aussi ne s'en était-il pas fait un problème lorsqu'il vit que les années passèrent et qu'il n'avait toujours pas assouvi ses pulsions les plus intimes. Il se souvenait d'avoir été une sorte d'adolescent romantique capable de revasser jusqu'au bout de ses fantasmes des femmes qu'il avait rencontrées. Soumis à la dictature de son imagination débordante, il n'en demeurait pas moins extrêmement terre-à-terre, presque obtu, sur de nombreux sujets plus quotidiens.

Il lui demanda si elle voulait lui faire visiter cette demeure qu'il n'avait encore jamais vue. Elle termina sa phrase en usant des mêmes mots qu'il allait employer dans la seconde. Il la regarda comme si elle était une effraction de son monde onirique. Si elle avait accepté d'aller avec cet inconnu, c'est qu'elle était tombée sous le charme. Immédiatement, elle avait aimé ce mélange de maladresse et d'évidence, une attitude perdue, terriblement craquante. Physiquement, il avait quelque chose qu'elle appréciait chez les hommes : un petit nez retroussé. Oui, c'était étonnant de retrouver ce détail précis chez lui. Et puis il s'appelait Sanyu, fils du bonheur, de l'optimisme. Elle avait toujours aimé ce prénom. C'était élégant et calme.

Il parlait maintenant, avec de plus en plus d'aisance, il n'y avait aucune tension entre eux, pas de gêne, aucun silence. En dix minutes de balade, la scène initiale était oubliée. Ils avaient l'impression de s'être déjà rencontrés, de se voir parce qu'ils avaient rendez-vous. C'était d'une simplicité déconcertante. D'une simplicité qui déclassait toutes les autres relations humaines qu'ils avaient vécues auparavant. Avant il fallait parler, essayer d'être drôle, faire des efforts pour paraître quelqu'un de bien. Leur évidence devenait presque risible.

Naoko regardait ce garçon qui n'était plus un inconnu, dont les particules de l'anonymat s'effaçaient progressivement sous ses yeux. Elle essayait de se rappeler où elle allait au moment où elle l'avait rencontré. C'était flou, seul l'arc qu'elle tenait entre ses mains le lui rappelaient. Elle n'était pas du genre à se promener sans but. Le soir venu, ils se retrouvaient près de la petite cascade du ruisseau qui traversait le jardin. Quelques semaines plus tard, le ventre grandissant de Naoko témoignait de la naissance de leur amour. Elle aurait un enfant. Il serait le père. Dorénavant, ils étaient un couple.

Le temps passa sans encombres ni problèmes, semaine après semaine, le ventre grandissait, à mesure du bonheur et de l’impatience d’une mère qui avait rêvé bien des fois de tenir ce rôle un jour dans sa vie. La plupart du temps, elle continuait de travailler pour la demeure, à s’occuper des enfants, leur inculquer les bases de l’art du clan, la calligraphie, à leur fournir une éducation correcte afin d’être plus tard des dignes représentants de leur famille. Tout ce temps passé à s’occuper des bambins des autres avait fortement pesé sur ses envies, et voilà bien longtemps qu’elle aspirait à une telle route pour elle, la non guerrière, celle pour qui l’amour valait bien plus que toutes les armes et que la mort, dont son clan s’était pourtant fait une spécialité de semer au gré des contrats. Elle passait ainsi son temps à jouer les nourrices, nourrissant son impatience de future mère à voir son enfant dans ses bras en faisant de même avec les enfants de la famille.

Les membres du clan reconnaissaient et estimaient grandement la valeur du travail quotidien de Naoko-kun, la garante des valeurs primordiales de l’Araignée à tête de Lion. La jeune femme impatiente en oubliait également l’éloignement de Sanyu, son mari, parti ça et là pour des missions diverses, et ne revenant que trop peu, et pour trop peu de temps, afin de veiller sur elle et sur la santé du petit bout qui se formait peu à peu. Naoko était capable de prévoir son retour sans aucune faille, à la minute près, alors qu’il n’avait même pas prévenu. Dès qu’il grimpait les premiers mètres de dénivelé du mont Kido, en bas du versant Sud, par le petit chemin serpentant à travers les bois qui menaient à la demeure, son cœur à elle s’emballait, et le sien suivait la cadence, dans un synchronisme enchanteur. Inséparables, les nommait-on, tant à chaque fois qu’ils se retrouvaient, ils se suivaient constamment pour ne pas perdre de vue leur moitié, ne pas s’éloigner un instant de son odeur, de la douceur de sa peau, de la gentillesse de ses paroles, du ton apaisant de sa voix.

Les mois défilèrent sans crier gare, et bientôt la grossesse arriva à son terme. Par chance, la petite avait attendu que son père rentre de mission pour pointer le bout de son nez, au terme d’une lutte intestine qui dura une nuit entière. Aux cris de la mère succédèrent les pleurs de l’enfant, puis le jaillissement de joie de la famille. C’était une fille. Elle s’appellerait Etsuko, l’enfant du désir, l’ambassadrice de l’amour le plus pur qu’avait connu cette terre jusqu’à présent, car tel en était le souhait de Naoko, sous la bienveillance de Sanyu qui trouvait ce prénom parfait également. Il fallut quelques jours à Naoko avant de pouvoir sortir de sa chambre en compagnie de l’enfant, dont l’état de santé n’inquiétait personne. La petite avait attaqué ses premiers jours à plein poumon, avec appétit, et ce qu’il faut de pleurs pour signaler sa présence lorsque ses parents commençaient tout juste à s’endormir. Ce matin là, tous les enfants dont s’occupaient habituellement la jeune mère vinrent à sa rencontre, demandant des nouvelles, exprimant leur bonheur de voir leur nourrice en bonne santé, posant une multitude de questions plus ou moins stupides à propos du bébé qui les intriguaient comme un phénomène de foire. Naoko fut heureuse de ce déferlement de bonne humeur, répondit aux questions volontiers, tenant dans les bras son bien le plus précieux, celui de son union éternelle avec l’homme de sa vie.

Sanyu, lui, tentait tant bien que mal de compenser sa maladresse paternelle en redoublant d’efforts et d’attention. Lui qui était si habile à l’arc et dans l’art de tuer ses cibles se retrouvait complètement dépourvu face à un petit être de chair pleurant pour qu’on lui change sa couche. Ce jour là, où sa vie bascula d’un seul coup, il s’évertuait comme il pouvait à stopper les pleurs de la petite en lui changeant ses dessous chargés. Yamada avait alors six ans. Il faisait partie de la petite troupe d’enfants dont s’occupait Naoko et jouait dans le jardin près de la rivière. Néanmoins, il n’était pas concentré pour un sou, et regardait avec une curiosité exacerbée le papa en pleine lutte dans l’opération délicate de l’essuyage-de-caca-sans-en-mettre-partout, l’un des jutsus les plus difficiles à maîtriser pour un nouveau parent encore maladroit. Naoko était parti aider une petite qui pleurait toutes les larmes de son corps après être tombée dans le ruisseau, et Sanyu, démuni de toute aide maternelle, faisait au mieux, c’est-à-dire mal. Yamada lâcha le ballon qu'il aggripait sur le sol et partit à la rencontre de ce drôle de monsieur malhabile.



J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.


Dernière édition par Etsuko Toshiya le Mer 1 Juin - 4:27, édité 3 fois

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Mar 31 Mai - 21:08

Yamada – Vous avez besoin d’aide ?

Sanyu leva un œil vers le garçon pour considérer sa réponse. Après un petit examen, devant le constat que ce petit bonhomme haut comme trois pommes ne pourrait pas lui apporter grande aide, il refusa poliment.

Sanyu – Ne t’inquiète pas mon petit, je m’en sors comme un chef. En plus ça sent vraiment pas bon, je vais pas t’imposer ça.

Malgré tout, Yamada s’accroupit, et continuant de regarder ce spectacle qui oscillait entre le comique et le pathétique, lança un argument de choc.

Yamada – Bah, j’ai une sœur de quatre mois, et j’aide tout le temps maman pour la changer.

Sanyu se stoppa net dans son entreprise. Après un petit coup d’œil vers sa femme qui s’occupait encore de la petite, un petit sourire malicieux s’esquissa sur son visage.

Sanyu – Bon d’accord, mais rapidement.

Yamada – Z’inquiétez pas, je dirai rien à Naoko-chan, promis juré craché !

En deux temps trois mouvements, le petit avait plié l’affaire, faisant taire Etsuko par la même occasion. Yamada regardait le visage du poupon avec une tendresse perceptible. Les Toshiya avaient beau avoir choisi pour métier la voie de l’assassinat, ils n’en demeuraient pas moins complètement humains, et n’importe lequel d’entre eux chérissait ces moments de bonheur partagés. Il était à genoux devant le bébé qu’il fixait avec une curiosité mêlée d’amusement, quand Naoko-chan revint vers eux après avoir traversé le petit pont de bois qui enjambait le ruisseau. Il se souviendrait longtemps de cette scène, la première qu’il avait vécue et qui avait porté à sa connaissance ce goût d’amertume et de désespoir. Celui que procure la mort. Naoko-chan posa son pied nu au sol, un immense sourire inondait de bonheur son visage encore fatigué par l’accouchement. Sanyu n’oublia jamais ce tableau de bonheur et de sérénité qui se présentait à lui, et qui lui serait arraché dans quelques instants.

Elle fit trois petits pas dans l’herbe fraîche, puis plus rien.

Elle s’effondra au sol comme un château de cartes sur lequel on venait de souffler, sans vie, devant les yeux de tous ceux et celles qui l’aimaient et la chérissaient. Elle les abandonna sans crier gare, à l’insu de tous, dans une injustice foudroyante, arbitraire. Sa chevelure d’ébène s’étala parmi les feuillages, un dernier souffle emplit ses poumons, mais lorsque Sanyu la porta dans ses bras, elle s’en était déjà allée, rejoindre ses ancêtres, le Grand Tout, dans un ultime voyage dont elle ne reviendrait pas. Aucune médecine n’aurait pu prédire le mal foudroyant dont était atteinte Naoko, personne n’aurait pu prévenir une telle tragédie, mais depuis ce jour, quelque chose s’était brisé dans le cœur de Sanyu. Une petite poussière d’âme venait de s’évanouir à l’intérieur de lui, qui ne réapparaîtrait jamais, et qui expliquait en grande partie sa maladresse légendaire envers sa fille, qu'il n'avait jamais réussi à comprendre.




*******



Les pièces du puzzle se replaçaient petit à petit dans l’esprit du jeune homme qui n’avait pas repensé à cet événement tragique depuis bien longtemps déjà. Lui aussi avait perdu quelque chose en lui en voyant la mort s’approprier injustement d’une femme dont la bonté était de celles qui donnaient une signification au monde dans lequel il vivait. C’est de là qu’il avait puisé ensuite la force de commettre son premier crime, qu’il en avait justifié les raisons. Puisque la mort elle-même ne savait qui prendre pour cible et préférait toucher les personnes innocentes plutôt que ceux qui ternissent l’univers de leur bassesse, il serait son guide. Il s’érigerait en bras armé de la mort elle-même et lui dicterait sa volonté. Une telle pensée le rassurait lorsqu’il venait à en commettre l’irréparable. Il savait bien qu’il ne s’agissait que d’une excuse, mais cela lui convenait parfaitement. Après tout, depuis quand l’être humain avait-il besoin d’être totalement rationnel ? Chacun fait sa tambouille comme il peut pour survivre en ce bas monde, et tant pis si des failles peu avouables venaient gâcher l’architecture globale, tant qu’elle nous permet de tenir et d’avancer comme nous le souhaitons. Telle était la pensée de Yamada, celle qui lui permettait de tenir bon et de trouver un sens à son existence.

A vrai dire, depuis ces quelques minutes de filature, la raison la plus simple, mais pourtant la plus évidente à son manque d’intérêt pour Etsuko, venait d’un simple constat : il avait autre chose en tête, et ne souhaitait pas se déconcentrer. Le chemin, s’il menait vers de potentiels brigands, ou pire, vers des shinobis aux intentions peu louables, risquait d’être semé d’embûches et de pièges destinés à semer la mort à d’éventuels survivants. Aussi avait-il l’œil sur la moindre particularité du terrain qui se présentait à lui. Ce début de chemin coupait à travers des champs d’herbes hautes en direction de collines adjascentes à la route principale par laquelle le cortège passait en ce moment. Le Chuunin n’aimait pas ça. Ce type de poste d’observation était le lieu idéal afin de préparer une embuscade ou de profiter de l’avantage du terrain. Aussi, la direction que prenaient les pas qu’ils repéraient encore de temps en temps ne présageait rien de bon.

Puisque Etsuko courait derrière son supérieur hiérarchique et ne pouvait pas avoir une visibilité claire du chemin dans lequel ils s’étaient engagés, elle décida de s’occuper des flancs ainsi que des arrières du duo, au cas où eux-mêmes seraient suivis ou en danger d’embuscade. Elle ne repéra pourtant pas grand chose d’autre qu’une multitude de papillons blancs comme une feuille de papier, quelques lapins, une sorte de libellule, et deux trois gros nuages cotonneux qui avaient tantôt une forme de bouteille, tantôt l’aspect d’un ours en peluche. En somme rien de bien excitant, mais elle s’occupait comme elle pouvait, dans cette avancée lente, par prudence, qui les faisait gravir la colline à l’ouest du cortège. Une dizaine de minutes plus tard, alors que le haut de la colline aurait pu laisser au duo l’avantage d’un panorama dégagé sur le reste de la zone, Yamada et Etsuko firent face à l’orée d’une forêt qui devenait de plus en plus dense et ne leur permettait qu’une cinquantaine de mètres de visibilité, sur un terrain sinueux entrecoupé de bosses qui cachaient le paysage. Yamada s’arrêta, l’air perplexe. Dix minutes de marche ne représentaient rien, et un retour rapide à allure normale leur permettrait de rejoindre extrêmement rapidement le cortège à nouveau. Aussi décida-t-il de continuer à suivre les traces, en commençant par repérer dans quelle direction elles se poursuivaient. Ce fut Etsuko qui remarqua un indice intéressant la première, en se penchant du côté du chemin central qui longeait le bord de la forêt. Le sol terreux, protégé des rayons du soleil grâce aux arbres feuillus plutôt fournis, était encore humide et avait laissé des traces accentuées qui révélaient une information supplémentaire importante.


Etsuko – Des traces de roue, ce doit être un attelage.

Une nouvelle inconnue s’ajoutait à l’équation. Que contenait la carriole dont les deux roues avaient formé deux sillons parallèles très distincts ? Avant que Yamada ne réponde quoi que ce soit, la jeune femme se permit d’ajouter quelque chose :

Etsuko – C’est étrange tout de même.

Yamada – Quoi donc ?

Etsuko – S’il s’agissait d’une embuscade, ce serait clairement des amateurs, pour laisser des traces pareilles.

Yamada - Et que suggères-tu donc ? De s’arrêter là et de laisser une potentielle menace évoluer sur la seule base d’une supposition ?

Etsuko – Non, ce n’est pas ce que je voulais d…

Yamada – Alors dans ce cas, ne dis rien. Si une supposition n’amène pas à une décision claire, alors garde la pour toi. Allons y, on a déjà assez perdu de temps.

La Genin baissa la tête d’un air étonnée. Elle ne s’attendait pas à faire face à une telle véhémence de la part de son interlocuteur, apparemment agacé pour pas grand chose. Même si au fond, il n’avait pas tort – sa remarque n’ayant mené à rien de concret – il n’en demeurait pas moins qu’il n’avait pas besoin d’employer un tel langage et une attitude aussi tranchée. Etsuko ravala sa fierté et emboita le pas de son aîné en tentant d’oublier le remontrance. Elle n’avait pas que ça à faire, se reconcentrer était primordial pour la suite de leur mission.

Yamada savait qu’il avait été dur, voire injuste, mais maintenant qu’il se rappelait clairement qui elle était, il ne voulait absolument pas que ses sentiments prennent le pas sur son professionnalisme. En filigrane également, il souhaitait pouvoir apprendre un maximum de choses à la demoiselle et cette première leçon lui serait utile pendant toute sa vie de shinobi. Yamada était un homme taciturne. Il ne parlait jamais pour rien dire et détestait les personnes qui palabraient des heures pour un rendement minimum en terme d’efficacité, mais maximum en termes d’agacement et de perte de temps. Dans le cadre de ses missions, savoir se taire était en outre l’une des qualités les plus importantes pour survivre, et il était persuadé que de nombreux shinobis, pourtant très talentueux, avaient certainement déjà péri pour avoir énoncé le mot de trop. S’il fallait qu’Etsuko retienne la leçon par le biais de la remontrance, cela ne lui posait donc aucun problème.

Le Chuunin examina une dernière fois les traces de pas, qu’il considéra fraîches, voire très fraîches. Cela valait définitivement le coup de s’avancer un peu plus. Il considéra qu’à partir d’une demi heure d’avancée sécurisée, si la piste ne donnait rien, alors ils retourneraient aussitôt vers le cortège. Le rythme s’intensifia à nouveau. Naturellement, Etsuko adopta une autre posture afin d’acquérir la meilleure vision possible des alentours et repérer au mieux les possibles menaces. Le chemin traçant une route sinueuse mais qui partant néanmoins toujours dans la même direction, elle laissa Yamada suivre son tracé exact et décida de grimper en haut des bosses qui longeaient la route afin d’obtenir une vue à trois cent soixante degrés et rattraper le chemin en redescendant de l’autre flanc de la bosse là où le Chuunin se retrouvait après avoir contourné. Ils évoluèrent ainsi encore un bon moment, presque un quart d’heure pendant lequel il ne se passa rien. Le chemin longeait toujours le bord de la colline sans jamais s’enfoncer dans la forêt, ce qui confortait la décision de Yamada de poursuivre la poursuite afin de s’assurer que rien de dangereux ne pouvait suivre le cortège depuis cette position. Les courbes serrées de chaque virage, la vigilance de Yamada et les escalades d’Etsuko prenant un temps certain mais pourtant nécessaire à la sécurité des deux pisteurs. La Genin regrettait d’être en pleine mission alors qu’elle repérait des espèces de fleurs qu’elle n’avait jamais vues auparavant, et qui auraient sans doute fait le bonheur de Tezuka-sama pour ses expérimentations de nouveaux poisons et autres décoctions. Prenant à cœur son rôle pourtant modeste, elle n’avait toutefois pas le temps de faire le moindre détour, et subirait les foudres de Yamada s’il apprenait qu’elle faisait autre chose que de repérer le chemin et les possibles pistes qui s’ouvraient sur leur route.

Vint justement le moment décisif. Le route se coupa de nouveau en deux, et les traces de pas partaient vers deux chemins différents. D’un côté, la carriole restait sur le chemin longeant la colline, de l’autre des traces de pas d’un seul homme s’enfonçaient vers l’intérieur de la forêt. Yamada ne laissa pas le temps à Etsuko de proposer quoique ce soit et interpella aussitôt sa cadette d’un signe de main qui lui indiqua de suite le chemin s’enfonçant quand lui partirait sur la piste de la carriole. La jeune femme déglutit un coup, se demandant s’il était bien prudent de se séparer. Mais elle ne rechigna pas et partit dans sa direction sans mot dire, répondant d’un simple signe de tête à l’ordre de son aîné. Dans un certain sens, si elle n’était pas capable d’assurer face à un seul homme son rang de shinobi, alors elle n’avait rien à faire dans cette mission. Elle prit donc son courage à deux mains et s’engagea sur le petit chemin. Yamada en fit de même.

L’angoisse monta et Etsuko sentit son cœur battre dans chaque parcelle de son corps. Elle savait qu’elle n’était pas forcément en posture d’être en sécurité, et se demandait ce qu’elle pourrait trouver à l’issue du chemin. Peut être était-ce un leurre destiner à séparer les deux compagnons, auquel cas cela avait fonctionné. Il ne fallut pas attendre cent mètres avant qu’au détour d’un arbre, la Genin repère sa cible. Caleçon baissé, il sifflotait tranquillement, visiblement soulagé d’uriner enfin. Un homme plutôt empâté, la bonne quarantaine, habillé de façon modeste mais respectable, qui n’avait en tout cas en rien l’air d’un shinobi. Pendant qu’il finissait sa pause tant méritée, la Genin s’approcha doucement derrière l’inconnu, et attendit qu’il termine sa petite commission et relève son pantalon pour le retourner et le pousser sur le tronc d’arbre qui venait de recevoir le liquide doré à l’instant, clé de bras à l’appui afin de restreindre ses mouvements au possible. Elle vérifia par la même occasion qu’il ne portait pas sur lui une arme quelconque. Elle ne trouva rien.

Inconnu – Qui… qui êtes vous ?

Si l’homme était réellement un malfaiteur ou un shinobi, alors Etsuko lui décernerait une palme d’acteur sans aucun problème. La peur le fit même uriner de nouveau un peu dans son pantalon beige qui noircissait doucement en partant de son entrejambe.

Etsuko – J’appartiens à Kumo. Que faites-vous par ici ?

Inconnu – On transporte une cargaison de bière avec mon cousin….J’ai … j’ai dévié pour aller pisser, mais promis je le referai plus !

Etsuko arqua un sourcil.

Etsuko – Refaire quoi ?

Inconnu – Ben pisser sur les arbres ! C’est interdit c’est ça ? C’est pour ça que vous m’avez attrapé comme ça ?

Etsuko relâcha le bonhomme qui se retourna, apeuré comme un enfant à qui l’on viendrait de raconter une histoire d’horreur. Etant donné son embonpoint et sa force de mouche, il n’y avait aucun risque pour elle, et certainement aucun pour le daimyo.

Etsuko – Vous allez jusque où comme ça ?

Inconnu – On vient de Tatanka sur la route principale. Y a une ferme pas loin où va y avoir une fête pour les récoltes. A même pas un kilomètre d’ici.

Etsuko – Merci pour vos informations. Vous pouvez partir.

Inconnu - Et pour ... ?

Etsuko – Je laisse passer pour cette fois, mais la prochaine fois, je serai pas aussi indulgente, aussi faites attention à vous.

Inconnu – B… bien madame.

Elle s’éclipsa, sur le point de rire devant la naïveté du monsieur qu’elle venait de rencontrer. Tant d’efforts pour si peu de danger ne la satisfaisait pas pour autant, elle aurait aimé trouver quelque chose quitte à marcher presque trois quarts d’heure en se concentrant constamment. Elle ravala sa réaction puérile au moment de revenir vers le croisement où elle retrouva Yamada qui était déjà de retour.

Yamada – Une simple carriole avec trois fûts de bière pour une ferme plus loin. Tu as dû rencontrer le cousin ?

Etsuko – Oui, un gros monsieur inoffensif. Fausse alerte.

Yamada – Bien, rentrons.

« Nagoshi-san, ici Yamada. Fausse alerte de notre côté, nous reprenons position »

Le retour fut bien plus rapide que l’aller. Le duo redescendit la plaine à grandes enjambées, et fut bientôt de nouveau sur le chemin principal à l’arrière du cortège. Il ne manquait plus qu’à reprendre position et à attendre la nouvelle surprise qui viendrait bousculer l’ennui de la surveillance molle d’une marche à l’allure réduite. Avant de reprendre son rôle de rabatteur en arrière du peloton, Yamada ne put s’empêcher de poser une question à sa cadette. Il voulait en avoir le cœur net.

Yamada – Es-tu la fille de Naoko-kun ?

La demoiselle tourna la tête, surprise d’entendre le nom de sa mère de la bouche de cet homme qu’elle n’avait pourtant jamais croisé à la demeure du mont Kido. Ce nom résonnait en elle comme une promesse non-tenue. Bien des Toshiya lui avaient vanté les qualités de sa défunte mère, mais elle n’avait jamais, et elle n’aurait jamais l’occasion de s’en assurer elle-même. Aussi ne pouvait-elle s’empêcher d’éprouver un petit pincement au cœur, mélange de déception, de tristesse, mais aussi de curiosité, à l’entente de ce mot magique et tabou à la fois.

Etsuko – En effet, la connaissiez-vous ?

Yamada – C’était ma nourrice.

Alors qu’il était sur le point de partir, il ne put s’empêcher de dévoiler sa faille, lui le colosse fier et brave, qui n’avait pas montré le moindre sentiment depuis le début. Sans tourner la tête, à demi-voix, il ajouta,

Yamada – Elle me manque.

Puis il s’éclipsa. Etsuko regarda l’ombre repartir au loin, puis considéra le ciel bleu azuré d’un air mélancolique.

Etsuko – Moi aussi, elle me manque.



J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Jeu 2 Juin - 19:18

Izuru . Un changement d’itinéraire. Hm..

Le roi caméléon se pinça les lèvres, ses yeux continuant de tournoyer dans toutes les directions pour étudier chaque recoin de bosquet qui s’offrait à eux.

Izuru . C’est une solution. Une solution de lâche, mais une solution. Il se redressa et respira un grand bol d’air. Le daimyo n’est pas le seul individu que nous devons protéger. Tu as bien retenu tes leçons théoriques, mais, en pratique, nous défendons aussi les civils. Si une pauvre gamine s’aventurait dans cet endroit bien après notre passage, la condamnerais-tu simplement parce que le daimyo était ta priorité à ce moment là ?

Il observa la réaction d’Izumi du coin de l’œil.

Izuru . Je suis sûr que non.

La jeune pousse qu’il avait sous les yeux avait beaucoup à apprendre, mais à voir la précision avec laquelle elle lui avait narré sa leçon de déminage, Izuru n’avait aucune inquiétude quant à sa capacité à retenir celle qu’il venait de lui donner et celles qui suivraient.

Tirant un lot d’aiguilles de la sacoche accrochée à sa ceinture, il les regarda scintiller à la lumière du jour, en sélectionna une parmi les autres, et dessina un trait du bout de son index sur le métal froid. Un scintillement doré s’y refléta alors.

Izuru . Keihouki… le sceau jaune de l’alarme. Un sceau essentiel quand il est question de surveiller ses arrières. Il dégagea une pelote de fil ninja d’une autre sacoche et noua l’extrémité du fil autour du chas. Nous n’allons pas changer d’itinéraire, nous allons neutraliser la menace et essayer de trouver qui l’a placé là. D’un geste vif, il envoya l’aiguille se planter au pied d’un arbre situé à une dizaine de mètres plus au sud. Implanté sur une aiguille et un fil, Keihouki nous informera de la moindre présence pour peu que l’intrus touche le fil. Tu vas m’aider à sécuriser notre position actuelle. D’ici, nous pourrons cibler toutes les notes explosives. Si quelqu’un essaye de nous tomber dessus durant l’opération, nous le verrons venir. C’est ce que ton cours préconisait n’est-ce pas ?

Izuru sourit – un ersatz de sourire en réalité – et tendit un paquet de dix aiguilles et une autre pelote de fil ninja à Izumi. Il accorda son temps à lui expliquer comment elle devait s’y prendre pour dessiner le sceau sur chaque aiguille. De la forme initiale du sceau, à la « trace » de chakra nécessaire à son activation, il n’omit aucun détail. Il savait qu’une bonne explication passait par des gestes simples et faciles à retenir. Le sceau jaune de l’alarme se prêtait justement bien à cette facilité.

Après quelques efforts, une toile de fils invisibles les encerclait.

De là, Izuru prit en considération la meilleure trajectoire, mais aussi la direction du moindre souffle d’air, pour déterminer le meilleur angle de tir. Quand cela fut fait selon les règles, le colosse tendit deux kunai à sa partenaire et en conserva deux autres pour lui. La minute d’après, quatre explosions retentissaient et tout un piège se refermait sur le vide.

Bien qu’accompli, leur objectif avait engendré un début d’incendie de petite envergure qu’Izuru se sentit dans le l’obligation de mater.

Izuru . Suiton, Suisouzou

Concentré, les yeux rivés sur les différents foyers, il multiplia les taos à une rapidité tout bonnement démentielle.

Izuru . Suiton, Daibakufu no Jutsu !

Un impressionnant tourbillon d’eau s’éleva du sol pour se précipiter sur les flammes les plus proches. Izuru répéta la même action une bonne dizaine de fois avant de réussir à maîtriser la totalité des foyers.

Observant les arbres en partie calcinée, et par moment sa partenaire, le roi caméléon décida qu’ils devaient tous deux se mettre en quête d’indices. Un responsable courrait forcément en liberté, mais plus pour très longtemps..

...

Ujiory Ashikaga regardait l’étendard du clan Takahashi flotter au côté de son plus grand représentant. Dessiné sur un fond violet, le chrysanthème noir était son symbole. Il exprimait le pouvoir. Le pouvoir d’un clan qui régnait depuis des décennies sur le Pays de la Foudre. Le pouvoir d’un homme qui ne pliait devant rien, Seigen Takahashi, daimyo du Pays de la Foudre et maître du domaine Takahashi – le plus grand que comptait le pays.

Derrière cet étendard, l’on devinait de part et d’autre de la colonne ceux de la famille Ashikaga: tigre jaune sur fond rouge. Le même tigre rugissant qui ornait subtilement la lame qui pendait au flanc d’Ujiory ; le même qui imprégnait l’épaule et le dos de ce dernier, comme un souvenir indélébile de son appartenance à l’une des plus anciennes familles de samouraï du continent.

Le symbole de Kumo, Ujiory et Seigen le connaissaient que trop bien. Et si Ujiory ne le portait clairement pas dans son cœur, Seigen éprouvait un certain orgueil à chaque fois qu’il le voyait gravé dans une plaque de métal sur le front ou autour du bras d’un shinobi ou d’une kunoichi. Très peu de personnes le savaient, mais ce symbole était l’invention commune de Sakae Samura, proclamée Shodaime Raikage à la fondation du village, et de Nobuhiko Takahashi, alors membre du collège de daimyo qui régnait sur le pays. Le même Nobuhiko Takahashi qui grava dans ces deux petits nuages, l’annonce de l’orage qui s’abattit quelques mois plus tard sur le collège de daimyo et qui fit de lui le seul et unique daimyo du pays par l’activation d’un habile levier politique constitué de rouages corrompus.

« Ne montre aucune dissonance » telles étaient les paroles qu’Ujiory ne cessait de se remémorer. Son mépris était profond pour ceux qui étaient la raison du déclin des samouraïs. Ce mépris était si enraciné en lui que le fait même que ces shinobi n’aient, pour la plupart, aucun lien de parenté avec les responsables des massacres perpétués contre les samouraïs, ne les vidait pour autant pas de leur sang maudis.

Sa raison fondait comme neige au soleil et manqua de s’évaporer lorsque son regard s’attarda sur une silhouette au loin.

Ujiory . Comment osent-ils porter nos armes..

Interpellé par ces paroles, Seigen jeta un regard interrogateur par-dessus son épaule.

Seigen . Que dis-tu ?

Ujiory hocha la tête avec dédain.

Ujiory . Regardez par vous-même mon seigneur. Le katana et le nodachi ne sont-ils pas les fruits des arts samouraï ? Pourtant, ces hommes osent se pavaner avec comme s’ils en étaient les dignes héritiers. Quelle folie..

Seigen plissa les yeux pour s’apercevoir que l’homme qui accaparait toute l’attention d’Ujiory était le même homme censé souffrir de ses plaies en cas d’attaque. S’il pouvait comprendre le ressentiment de son garde personnel, Seigen pouvait aussi comprendre l’appropriation des biens samouraï par les shinobi. Ils étaient sortis vainqueurs d’une longue guerre. Ils avaient donc tous les droits malgré ce que Ujiory pouvait penser.

Seigen . Le seigneur Hidenaga, mon père, t’aurais probablement conseillé de confronter ton honneur à celui de l’homme que tu accuses.

Ujiory . Vous voulez que je me batte ?

Un large sourire éclaira le visage du daimyo.

Seigen . Bien sûr que non. Cet homme veille à ce que j’arrive en parfait état à Kumo. Ne partages-tu pas la même mission que lui ?

La main gauche d’Ujiory se crispa d’avantage sur la poignée de son katana.

Ujiory . Je ne partage rien avec ces usurpateurs.

Seigen . N’oublie pas mes ordres. Aucune dissonance… c’est compris ?

Ujiory serra les dents si fort que les courbes de sa mâchoire enflèrent à vu d’œil. Il acquiesça sobrement néanmoins. Quel que soit son ressentiment, la vie du daimyo importait autant que ses ordres.

A quelques pas de là, la vie du daimyo pesait exactement le même poids dans les consciences de l’équipe n°6.

Yamada . Ashikaga, c’est son nom.

Sho . Prénom ?

Yamada . Aucune importance, seul le nom en a.

Le visage de Sho se fendit d’un sourire.

Sho . Il n’y a aucun doute sur ton appartenance au clan Toshiya.

Yamada ne releva pas la remarque. Son attention se reporta sur Etsuko pour dévier la conversation vers un autre sujet.

Yamada . Elle s’est bien débrouillée.

Sho . Tu étais le seul à douter de ses capacités dans cette équipe.

Yamada n’avait pas le sourire facile, encore moins le rire. Sho s’amusa de la situation et tapota l’épaule du Toshiya qui se renfrogna encore un peu plus, à son plus grand amusement.

Au loin, le village de Saruha se profilait.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Sam 11 Juin - 12:22

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Mer 15 Juin - 22:57

Saruha, charmant petit village, paisible bourgade loin des tracas de la vie politique, surplombait une petite colline chargée de feuillus vigoureux. L'escale n'était pas pour déplaire à Etsuko, qui se sentait vidée de cette journée fatigante. Pourtant, elle n'avait pas fait grand chose. Crapahuter ça et là pour vérifier des pistes inutiles, marcher quelques kilomètres auprès du cortège, rien de bien éreintant. Mais elle se sentait lasse, d'avoir tenu sa concentration à chaque seconde, d'avoir épié chacun des mouvements à sa portée pour s'assurer de la sécurité du groupe, de paraître compétente et talentueuse pour se faire remarquer auprès de sessupérieurs. Tout cela avait un prix, et les jambes de la jeune femme se firent soudainement lourds à mesure qu'elle entrevoyait la possibilité d'un repos salvateur. Elle savait pourtant que le calme ne viendrait pas immédiatement, car il fallait avant tout sécuriser la zone et prendre possession des lieux de telle manière que le daimyo serait à l'abri.

Les pas des shinobis finirent bientôt de gravir la petite colline. Etsuko se tenait derrière le palanquin de l'homme qu'elle protégeait, et se rendit soudainement compte qu'elle n'avait encore jamais vu son visage. Elle se sentait fascinée et gênée à la fois. Cet homme installé, pour qui tout ce dispositif ne servait qu'à s'assurer de sa survie, devait grandement mériter un tel traitement, ou alors, avoir les moyens de l'obtenir. Les considérations politiques d'une telle réunion lui paraissaient obscures. Elle ne s'était jamais vraiment intéressée à la vie citoyenne et n'avait qu'une connaissance très partielle des rouages de la sphère politique qui entourait son village. Après tout, elle n'était qu'un bras armé de décisions plus hautes, inaccessibles, dont elle n'avait pas besoin de se soucier. Un shinobi n'est qu'un pion sur l'échiquier des grands de ce monde. Mais toutefois, elle savait qu'elle avait besoin de saisir cet aspect, de le manipuler sous toutes ses facettes, pour un jour être capable d'y tenir un rôle. Elle se voyait déjà à la place de ce monsieur mystique, protégé de tous, assis dans son cocon de soie à la lueur du soleil couchant qui le baignait dans une lumière orangée pour les personnes qui se tenaient derrière lui. La
Toshiya rêvait, elle se voyait haut, très haut, trop haut pour ses faibles capacités actuelles, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser que c'est en voulant toucher la lune qu'on atteint au moins le sommet de la montagne. Dans son coeur hélas, d'autres affaires plus urgentes lui demandaient audience. Elle n'avait toujours pas lavé son honneur souillé, et ferait goûter à Soba la pointe de ses flèches pour l'affront qu'il lui avait fait. Elle n'avait toujours pas guéri son coeur inquiet de l'absence de sa meilleure amie qui n'était jamais revenu de Suigara. Il fallait d'ailleurs qu'elle s'en occupe, pourquoi pas ce soir, en
apprendre un peu plus sur le sort de celle qui avait crée l'étincelle dans son âme meurtrie.


Sahura n'était pas grande, encore moins somptueuse. Quelques maisons de pierre, quelques bâtisses de bois, trois-quatre auberges capables d'accueillir à peine le quart de l'effectif qui venait d'arriver sur les lieux. Après ce petit tour d'horizon de la zone, Etsuko comprit que dormir à la belle étoile serait l'option la plus probable pour son équipe. Dommage. La suite rapprochée du Daimyo partit directement en direction d'une maison plus grande que les autres, qui accueillait certainement le chef du village, ou quelqu'un à la position similaire. La troupe de shinobis se regroupa à l'arrière du palanquin et les ordres furent donnés. Kitsuke et Etsuko furent chargés, avec quelques autres Genins, à prévenir la population de la présence du daimyo et à les rassurer quant à cette population anormale de shinobi qui ne resterait que pour la nuit. Les deux jeunes shinobis s'exécutèrent, et furent appelés à rejoindre le reste de leur équipe sur une terrasse en hauteur surplombant l'auberge. Nagoshi-san et Yamada-san ne s'y dirigèrent pas immédiatement non plus, appelés à s'entretenir avec les autres responsables afin de régler les derniers détails. Sur le point de partir, Etsuko croisa le regard de Yamada. Il ne réagit pas, comme s'il venait de la rencontrer pour la première fois. Elle s'en amusa, se demandant quels évènements tragiques il avait pu vivre pour perdre une part si grande de son humanité. Décidemment, plus elle rencontrait des membres du clan, plus elle se disait que son sort faisait partir d'une sombre destinée familiale qui faisait de tout Toshiya la proie d'un fatalisme implacable. Et puis, à y réfléchir plus sérieusement, elle en conclut que ce sort lui semblait mérité. Combien de personnes avaient été tuées des mains d'un Toshiya ? Combien d'âmes extraites de mère nature pour plonger dans le néant, combien de familles détruites, de pleurs, de cris de désarroi, combien de familles anéanties d'un simple geste ? Après tout, il n'était pas difficile de comprendre que le destin, en retour, se faisait un malin plaisir à faire subir en retour tous les malheurs que ces quelques personnes avaient asséné de leur plein gré dans le passé. A se prendre pour Dieu, on en finit par en subir les foudres.

La tâche fut rapide à remplir. Saruha n'accueillait pas une population très vaste, ni très sympathique d'ailleurs. La plupart des habitants réagirent plutôt mal à l'annonce, mais ne posèrent pas de problème et comprirent la situation sans trop grommeler. Bientôt, la tournée fut terminée et le duo se rejoignit pour aller ensemble vers la terrasse où ils passeraient la
nuit. L'air se radoucit rapidement et la nécessité arriva de faire un feu de camp. Kitsuke alla couper du bois et Etsuko puisa de l'eau à la fontaine pour les besoins de la soirée et du lendemain matin. Yamada-san ne fit rien, se disant très probablement qu'il était du rôle des jeunots de s'occuper des menus travaux. Les deux jeunes en question ne s'en soucièrent pas. Il leur était naturel de gérer pareilles broutilles et les tâches ne semblaient pas non plus insurmontables. Le
feu crépita, au moment que choisit Nagoshi-san pour rejoindre le groupe installé dans un confort précaire mais suffisant pour passer la nuit. D'un côté, Yamada était avachi sur son sac de voyage, un livre à la main qu'il parcourait à telle vitesse qu'Etsuko se demanda si ce n'était pas juste un moyen d'éviter d'engager la discussion avec le duo de Genins, qui de l'autre côté du feu mangeait tranquillement une ration copieuse pour regagner des forces. Un silence gêné se baladait depuis déjà
quelques temps dans l'air, qui semblait de plus en plus lourd. La kunoichi se demandait comment engager la discussion avec Kitsuke. Elle ne le reconnaissait plus depuis l'annonce de la disparition de Seiki, et ne savait pas vraiment comment l'aborder. Il semblait complètement détruit, plus qu'elle ne l'était elle même. Elle y trouvait une certaine source de réconfort. Peut être n'était-t-elle pas si fragile que ça, tout compte fait. Nagoshi-san n'aida pas la situation à se décanter, et dans un silence tout aussi respectueux, s'installa près de Yamada avant de commencer lui-même une ration de nouilles déshydratés sur laquelle il versa de l'eau chaude venant d'une petite théière installée en équilibre au dessus du feu. La jeune Toshiya, à nouveau, fut hypnotisée par cette chevelure si particulière. Elle hésita à se servir de ce sujet pour aborder le Juunin, puis se ravisa en reconsidérant la position de celui à qui elle allait parler. Ses mots devaient être mesurés, tout comme son attitude. Elle avait une idée derrière la tête... Elle quitta son poste d'observation auprès de Kitsuke et se rapprocha de l'Eisei au
regard perçant.


Etsuko - Nagoshi-san ?

Sho - Oui ?

Etsuko - J'aurais voulu vous demander un service...

Ne voyant pas de réponse arriver, Etsuko sentit qu'il fallait continuer.

Etsuko - Je suis partenaire d'une kunoichi qui s'appelle Seiki Naru dans l'équipe 8, sous la direction d'Hatsu Ookami, et elle aurait dû être présente pour l'escorte. Est-ce que vous avez eu vent de quelque chose ? J'ai peur qu'il ne lui soit arrivé quelque

Il se contenta de secouer la tête, d'un air songeur, puis de répondre :

Sho - Maintenant que tu le dis, ça fait un moment que je ne l'ai plus vu rôder dans les parages

Etsuko - Elle m'a dit qu'elle partait en voyage avec sa famille, mais elle devrait déjà être revenue... Est-ce que vous pourriez vous renseigner de retour à Kumo ? Je pense que vous pourriez obtenir plus d'informations qu'une
simple Genin


De la même manière qu'auparavant, dans un mouvement lent et simple, il hocha de la tête.

Sho - Je verrai ce que je peux faire

Etsuko - Merci beaucoup

Elle n'osa pas aller plus loin dans un premier temps, et s'apprêta à partir. Alors que Nagoshi-san se concentrait de nouveau sur son bol de nouilles bientôt prêt, la Genin repartit toutefois à l'assaut.

Etsuko - Je voulais savoir aussi... Je connais pas vraiment les rouages de Kumo, et je ne sais pas vraiment à qui demander...

De telles paroles attisèrent la curiosité de Yamada, il leva les yeux envers la jeune femme, qui cherchait visiblement ses mots. Formuler une telle demande n'était pas évident, la kunoichi n'avait réellement aucune connaissance du fonctionnement des ordres shinobis. Elle s'était contenté jusqu'à présent de suivre les directives et de réaliser des missions, avec un succès relatif mais une application qui n'était plus à prouver.

Etsuko - Voilà. Je voudrais devenir Oï-Nin.

Le blanc qui s'ensuivit fit rougir la demoiselle comme une pivoine, qui remercia le ciel qu'il fasse nuit et que cela ne se voie pas trop. Yamada sourit, posa le livre au sol, et croisa le regard de Sho. Celui-ci baissa son menton comme pour l'autoriser à prendre la parole, et le Toshiya ne s'en priva pas.

Yamada - Qu'est ce qui te fais croire que tu peux en être une ?

Elle s'attendait à cette question, mais bizarrement, elle ne s'y était pas préparée. Devenir Oï-Nin, faire partir de ce corps d'élite chargé de capturer ou de tuer les menaces au village, et de traquer les déserteurs. Voilà quelques temps déjà que tout cela s'était imposé comme une évidence. Depuis qu'un certain Soba lui ai fait subir un affront insupportable et qu'elle s'était fixé comme premier objectif d'atomiser ce roquet impétueux de la surface de la Terre. Etsuko pivota son buste vers son aîné et répondit, presque immédiatement :

Etsuko - Rien. Ou plutôt tout... J'ai beaucoup cotôyé la mort, je crois qu'elle m'aime bien. Et puisque je l'attire, autant que je m'en serve à bon escient.

Yamada esquissa un sourire discret et abaissa son regard sur le feu de camp. Etsuko ne comprit pas si cela était bon signe ou non, et dans le doute, décida de passer outre.

Sho - Morte, tu es inutile au village. Les Oi-nin sont l'élite, si tu veux être de cet élite alors entraine-toi jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout, et sert dignement le village, il te le rendra en temps voulu.

Yamada - Si tu y tiens vraiment, commence par ne pas rater des missions faciles. Ensuite, prend conscience que tu n'es rien. Finalement, ne soit jamais dans l'attente. Kumo ne te doit rien, pas plus qu'il ne m'en doit à moi, ou même à Nagoshi-san. Fait en sorte d'être remarqué pour les bonnes raisons et tu auras ce que tu voudras

Etsuko arqua un sourcil. Yamada n'avait décidemment rien compris à la situation de la jeune femme. Jamais elle ne s'était cru être quelqu'un, ou même quelque chose, que ce soit à l'intérieur de son clan, de son village, ou même au milieu de ses quelques rares amis. Jamais personne n'avait pu mépriser son arrogance tant elle se sentait petite et inutile dans la grande
marche du monde. Elle rétorqua, d'un ton sec, touchée dans son intime :


Etsuko - Je ne demande rien à Kumo. Je vis tous les jours avec le poids de mes erreurs, et il n'est pas un moment sans que j'essaie de les effacer.

Elle corrigea le tir en s'inclinant brièvement, et lança rapidement tout en tournant les talons.

Etsuko - Merci beaucoup pour vos conseils.

Sho et Yamada la regardent s'éloigner et se murmurèrent des paroles que la jeune femme ne parvint pas à entendre, malgré une envie prononcée de savoir ce qui se disait sur elle. Elle s'installa de nouveau près de Kitsuke, et se concentra sur le gateau de riz qui lui restait à manger avant d'essayer de dormir.


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 17 Juin - 19:12

Après une journée plus éprouvante pour les nerfs que pour le corps, Kitsuke louait l'annonce donnée par l'avant-garde du cortège d'un village en vue. Plongé dans le silence durant la majorité de la journée et contraint à maintenir sa concentration ainsi que ses sens exacerbés des heures durant, le jeune eisei-nin se sentait vidé de son énergie. C'était une bien dangereuse sensation, et une idée bien pire encore, que d'accueillir ce manteau de lassitude si agréable, cette torpeur enivrante qui vous saisit au plus profond de votre être, engourdissant vos membres et vos sens. Il n'avait pas imaginé que cette journée puisse le laisser dans un tel état. Le rythme était loin d'être rapide du fait de la taille du cortège. Il avait pensé que la mission se déroulerait autrement ; rapidité, discrétion étaient les maîtres mots qu'il avait en tête, surtout lorsqu'il s'agissait de la protection d'une personne de cette envergure ; on parlait là du Daimyo du Pays de la Foudre, l'autorité politique de tout le territoire. Cependant, même s'il était escorté par des shinobis, leur nombre ne permettait pas que la carte de la discrétion soit de mise dans cette partie, aussi doué soient-ils. Il demeurait clair que l'accent avait été mis sur la sécurité, et les moyens mis en oeuvre par le village en étaient les meilleurs indicateurs. Six équipes avaient été dépêchées pour honorer cette mission d'escorte, soit une force armée de vingt quatre ninjas, et parmi eux du beau monde.

Chassant de ses pensés la fatigue qui résultait de cette journée, Kitsuke n'oubliait pas d'en dégager une expérience. Il n'avait jamais eu à faire preuve de tant d'efforts de concentration prolongée et voyait maintenant à quel point cet exercice méritait d'être pris au sérieux, surtout si la mission devait durer plusieurs jours, comme la situation avait l'air de se présenter. Pour le moment, il ne savait qu'une chose, une bonne nuit de sommeil lui était nécessaire et le village n'était maintenant plus qu'à quelques dizaines de mètres, les derniers pas vers un repos salvateur.

Bien entendu, c'était nourrir un espoir bien maigre, et il le ne le savait que trop bien. Dès leur entrée dans le village, les chefs d'équipe avaient réquisitionné les genins pour faire le tour des habitations afin d'avertir la populace de la situation et des évènements en cours. Ainsi, Kitsuke partit remplir cette tâche, ingrate mais nécessaire, accompagné d'Etsuko, revenue regonfler les rangs de l'équipe six avec Yamada Toshiya, à peine un peu plus tôt que le village n'apparaisse à leur yeux. Le seul réjouissement qu'il pouvait tirer de cela résidait dans le fait que le village n'était pas bien grand et qu'ils n'étaient pas les seuls genins à la besogne. Portes après portes, il délivrait les informations qu'il était autorisé à révéler, comme sa camarade de l'autre côté de la rue. Peu ce qu'il en vit, les membres du petit village de Sahura ne montraient guère de sympathie à l'égard des nouveaux venus et très peu de considération quand à l'homme qui troublait leur ordinaire tranquilité. Si certains accueillaient stoïquement la nouvelle avec de fermer leur porte de l'indifférence plein les yeux, d'autres cachaient mal leur mécontentement, quand il n'était pas clairement transparent. Kitsuke ne s'en offusqua pas, à vrai dire, il n'en avait cure. Il s'amusait, en revanche, de ce qu'il entendait derrière lui. Etsuko avait son caractère, et contrairement à lui, elle était enclin à basculer rapidement dans la colère. Se faire claquer la porte au nez ou se gratifier d'injures non dissimulées l'avait amené très vite à laisser son humeur parler à la place de la raison. Kitsuke sen était déjà fait la réflexion lorsqu'il avait appris de quelle lignée descendait la jeune femme. Volubile, directe, exubérante, il ne voyait pas elle l'essence de son clan à la sinistre réputation. Cependant, il avait pu observer chez elle d'autres qualités, notamment lors de la sélection organisée pour intégrer l'équipe huit de Kumokagure no Sato, et ne doutait pas qu'elle devienne un jour aussi doué que son aîné ici présent, Yamada Toshiya.

Il revinrent en silence au milieu du campement de fortune qui, vraisemblablement, servirait de dortoir. Une nuit à la belle étoile ne le dérangeait pas, il n'en était pas à sa première, il espérait seulement ne pas avoir un quart de garde qui couperait sa nuit en deux. S'il était chanceux, il aurait le premier ou le dernier quart, fastidieux certes, mais il pourrait profiter de son sommeil d'une traite.
S'il la bonne fortune lui souriait, il n'aurait pas à monter la garde autour du village. Bien entendu, malgré la fatigue accumulée tout au long de la journée, il était trop tôt au goût des chefs de la mission pour qu'ils se reposent. Il y avait encore tellement de petites tâches dont ils devaient encore s'occuper avant d'aspirer à un repos qui semblait à portée de main, mais qui demeurait insaisissable pour le moment. On leur demanda de petites choses ; aller chercher de l'eau, couper du bois pour le feu ; mais combien rébarbatives. C'était l'un des aspects de la profession, et rien ne servait de s'en plaindre. Telle était la vie des shinobis, telle était la voie qu'il choisi. Quand tout fut fait, ils retournèrent auprès des membres de leur équipe, Sho Nagoshi, l'eisei-nin à la chevelure peu commune, et Yamada Toshiya, un assassin que sa réputation précédait. Kitsuke étira ses membres las avant de se laisser tomber sur les couvertures qui le protégeraient de la fraîcheur nocturne. Au dessus du feu, la nourriture cuisait tranquillement dans la petite marmite suspendue. L'odeur qui s'en dégageait réveilla en lui la faim qu'il contenait jusque là, et qu'il allait se faire un plaisir de satisfaire.

Sous sa capuche, ses yeux reflétaient les flammes dansantes qui s'agitaient au coeur du foyer. Le genin avalait la nourriture riche que contenait son bol, en silence, perdu dans ses pensées. Il trouvait apaisant le lent ballet des langues embrasées, et appréciait la douce chaleur qui venait enlacer son corps. La pression tombée, il n'était plus que langueur ; c'est pourquoi le silence qui s'était installé lui convenait tout à fait. En face de lui, Sho et Yamada se livraient à leurs propres occupations ou échangeaient entre eux. Cela le laissait indifférent car il préférait sa solitude aux discussions anodines. Mais à ses côtés, Etsuko s'agitait. Son attitude la trahissait, on devinait clairement qu'elle voulait briser ce silence et prendre la parole, mais il semblait qu'elle ne voyait comment aborder le problème qui lui tourner dans la tête. De quoi qu'il puisse s'agir, cela la rendait un peu nerveuse.

Sans prévenir, elle se leva et contourna le feu de camps qui les séparaient de leurs deux aînés. Ils cessèrent leur conversations pour s'enquérir de ses volontés. Elle était parvenue à se lever pour les confronter, et ne pouvait plus faire demi-tour désormais. Réunissant le soupçon de courage qui lui manquait, elle lâcha de but en blanc les interrogations qui l'animaient.

[Etsuko] - Je suis partenaire d'une kunoichi qui s'appelle Seiki Naru dans l'équipe 8, sous la direction d'Hatsu Ookami, et elle aurait dû être présente pour l'escorte. Est-ce que vous avez eu vent de quelque chose ? J'ai peur qu'il ne lui soit arrivé quelque chose.

[Sho Nagoshi] - Maintenant que tu le dis, ça fait un moment que je ne l'ai plus vu rôder dans les parages.

[Etsuko] - Elle m'a dit qu'elle partait en voyage avec sa famille, mais elle devrait déjà être revenue... Est-ce que vous pourriez vous renseigner de retour à Kumo ? Je pense que vous pourriez obtenir plus d'informations qu'une simple Genin.

[Sho Nagoshi] - Je verrai ce que je peux faire.

Etsuko enchaîna sur des questions plus personnelles cette fois. Manifestant sa volonté d'intégrer les brigades de traqueurs, les anonymes Oï-nins. Kitsuke se désinterressa de la conversation que les trois autres membres de l'équipe avaient entamé, cela ne le concernait pas et il ne savait encore quelles aspirations nourrir quand au futur. Il avait cependant prêté une oreille attentive à la discussion précédente, celle qui concernait Seiki, toujours portée disparue. Il n'avait montré aucun signe physique quand à la révélation de Sho qui n'en savait pas plus qu'eux sur la situation de leur camarade, mais les yeux sont les fenêtres de l'âme, certains disent, et les siens hurlaient son tourment. Il ramena l'un de ses genoux contre sa poitirine tout en repliant l'autre en dessous, dans une position assisse plus confortable que le seiza. Il se saisit d'Akikaze, le katana que lui avait confié Sho, posé à ses côtés, et laissa reposer la garde de ce dernier contre sa clavicule. De sa main libre, il tira sa capuche afin de dissimuler dans l'ombre les traits figés de son visage et la peine qui hantait ses prunelles. Il se referma sur lui-même, dans le sanctuaire de son esprit, espérant échapper à ses maux, mais là encore, il lui était de plus en plus difficile de se sauvegarder de ses démons.

De l'autre côté du foyer incandescent, la discussion prit fin et la jeune Toshiya vint reprendre sa place près de Kitsuke. Ses interlocuteurs baissèrent d'un ton et continuèrent de parler entre eux, d'une voix si basse qu'il était presque impossible de les entendre ; un presque très vite corriger par les craquements du feu qui les séparait des deux jeunes shinobis. Etsuko finit son repas et se s'allongea pour trouver le sommeil. Elle se détourna du feu, préférant offrir son dos à la chaleur des flammes et éviter ainsi d'être victime d'une projection brûlante pendant la nuit.

Malgré sa respiration régulière, Kitsuke devinait que la jeune fille ne dormait pas encore. Il parvenait même à ressentir l'agitation qui la troublait, les questions, sans réponses, qui se bousculaient dans sa tête. Il savait mieux que quiconque ce qu'elle pouvait traverser depuis la disparition de Seiki, lui qui vivait cet enfer au quotidien. Pourtant, les hautes sphères de Kumokagure no Sato, ne semblaient se préoccuper outre mesure de l'absence de la jeune Naru, comme en avait témoigné la réponse de Sho à la jeune Toshiya. Même si cela ne le consolait pas, il s'apaisait de voir d'autres personnes inquiètes quand à la situation de Seiki, et de ce fait, il pensait pouvoir partager ses sentiments avec sa camarade.

Un mot franchit ses lèvres. Un seul. Un mot qui exprimait bien plus que sa seule signification ne le laissait croire. Un mot qu'il prononça d'une voix brisé, quasiment inaudible, comme si le vent avait murmuré.

[Kitsuke] – Merci...


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MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Mar 9 Aoû - 21:36

    Sho ( Niveau 37 )
    : +70% Bonus Inclus
    : +77 XP

    Etsuko ( Niveau 12 )
    : +20% Bonus Inclus
    : +88 XP

    Kitsuke ( Niveau 6 )
    : +0% Bonus Inclus
    : +41 XP

    : Pause XP avant bouleversements ^^

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Mar 9 Aoû - 21:46

SHIROGAITO.

Un briquet à la main, Masashi Mura s'alluma une cigarette en guettant l'horizon depuis le plus haut toit du village.

La nuit régnait sur le monde et le ciel voilé empêchait de distinguer la silhouette des montagnes au loin. Seul le bosquet au nord de Saruha se détachait quelque peu de l'obscurité oppressante. Masashi renifla. L'odeur du tabac mêlé aux senteurs de bouillons et de viandes mijotées lui arracha un sourire. J'espère au moins qu'il se remplit bien la panse, que nous ne fassions pas tout ça pour rien.

Ses yeux s'abaissèrent sur la façade sud de l'auberge du village. De sa position, il ne pouvait rien voir du festin qui était actuellement servi au Daimyo, mais il pouvait clairement percevoir aux éclats de rire et aux voix puissantes qui résonnaient dans toutes les ruelles alentours que les festivités battaient leur plein.

Les mâchoires serrées, il détourna les yeux et les plissa en direction du bosquet.

Les années passées dans l'ANBU n'avaient pas réussi à altérer ce doute qui l'habitait systématiquement au cours des missions importantes. C'était comme un sixième sens qui mettait brusquement, et sans raisons apparentes, les cinq autres en alerte ; un sixième sens qui lui avait évité bien des ennuis au cours de sa carrière - quoi qu'il se demandait si sa réussite n'était pas intimement liée à ce sens qu'il appelait lui-même l'instinct de survie.

Au cœur de cette nuit sans lumière, il se sentait plus que jamais habité par son instinct de survie.

Une fraction de seconde avant que sa silhouette ne se matérialise dans un nuage de poussière, Masashi avait viré ses yeux en sentant le toucher de chakra si particulier que Shina laissait toujours dans son giron.

Oahyo !

Garde ta bonne humeur pour toi, tu veux bien ? Répliqua sèchement l'héritière Okamoto. Je suis inquiète.

Masashi essaya de conserver des traits neutres, malgré l'inquiétude soudaine qui s'emparait de lui. Quinze ans. Cela faisait quinze ans qu'il côtoyait Shina. Et à chaque fois qu'elle lui avait manifesté son inquiétude au cours de ces années quelque chose de grave s'était produis dans la foulée. Masashi se souvenait encore très bien d'une mission de sauvetage au Pays du Son, un riche entrepreneur du Pays de la Foudre qui avait été enlevé par un groupuscule au cours d'un voyage d'affaire et qu'il avait été chargé de retrouver par sa famille. Shina avait exceptionnellement intégré son équipe sur cette mission et autant dire qu'elle avait eu le don de flairer le danger avant tout le monde. Un soir, alors que l'équipe avait pris ses quartiers dans un appartement situé face au bâtiment présumé où leur cible était retenue prisonnière, Shina avait manifesté son inquiétude quant au fait qu'un appartement situé si près de leur cible paraisse si peu surveillé. Cette réflexion avait suffi à faire déménager toute la troupe et de surprendre l'équipe de gros bras venue les cueillir peu de temps après leur arrivée.

Aujourd'hui, la nature et la configuration de leur mission étaient certes différentes, mais n'altéraient en rien la capacité à anticiper le danger de Shina. Quelque chose ne filait pas droit.

Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Masashi en la fixant des yeux.

Izuru n'est pas rentré. La genin qui l'accompagnait, non plus. Ça ne lui ressemble pas. Il n'a jamais raté un horaire de rendez-vous. Jamais.

Un vent d'ouest souleva sa longue chevelure rouge. Masashi baissa les yeux puis les reporta sur le bosquet. Où es-tu passé Izuru....

Où les as-tu envoyé ?

Je les avais chargé de nettoyer une forêt en avant de la route qui partait d'Hanataba, répondit calmement Shina. Je n'ai aucune nouvelle depuis que nous nous sommes séparés sur tes ordres.

As-tu envoyé une escouade pour les chercher ?

Pour qui est-ce que tu me prends ? Une amatrice ?

Excuse-moi, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.

Il tira une grande bouffée de tabac et la relâcha par le nez. L'information du non retour d'Izuru Morioka et d'une genin dans leur équipe mettait à mal la protection du Daimyo. Izuru n'avait pas hérité du surnom de roi caméléon pour rien. Comme ce n'était pas un hasard de l'avoir choisi pour compléter cette garde rapprochée. Izuru était bourré de talents. Il était un bourreau de travail, un maître du ninjutsu comme Kumo n'en connaissait qu'un par siècle. Masashi n'imaginait pas encore le pire, mais son inquiétude se changeait peu à peu en angoisse. Celle qu'un ami et qu'un frère d'arme d'une grande qualité soit peut-être tombée dans un piège ou dans une embuscade.

Réunis les autres chefs d'équipe, ordonna Masashi avec une pointe de fermeté dans la voix. Retrouvez-moi ici.

Shina se contenta d'acquiescer et de se téléporter dans la foulée, le laissant seul avec ses doutes.

Le Daimyo devait être conduis sain et sauf à Kumo. Tels étaient les ordres. Devait-il pour autant avancer sans se soucier de l'ami qu'il laissait derrière lui ? Masashi médita à la question tandis que les minutes s'égrainaient et que les éclats de voix en provenance de l'auberge s'atténuaient.

Le vent tourna, et avec lui la chevelure des arbres se mit à chanter. Masashi en était à sa deuxième cigarette de la soirée quand un scintillement attira soudainement son regard. Ses méninges se mirent automatiquement en branle. Par un réflexe salvateur, il réussit à protéger son visage de la main droite, tout juste avant que la pointe d'un kunai ne ricoche sur son gantelet et ne s'écrase dans la ruelle en contrebas.

Le colosse cracha sa cigarette au sol et banda ses muscles, prêt à fondre sur l'ennemi, quand l'Ennemi en question fondit sur les toits du village en prenant la forme d'une quinzaine de silhouettes dispersées sur toute la largeur de son champ de vision. Toutes vêtues d'un long manteau gris et d'un bandeau blanc qui leur barrait les yeux.

Shirogaito... dire que ces crétins ne donnaient plus signe de vie depuis plus d'un an...

Deux silhouettes attaquèrent Masashi de face. Chacune tenant un katana d'excellente qualité dans les mains. Le colosse eut tout juste le temps d'activer les trois premières portes célestes avant de repousser leur offensive. Mais les deux membres de Shirogaito usèrent de leur rapidité pour poser des charges raiton sur le corps de Masashi avant de se téléporter un toit plus loin et de les faire exploser. Masashi grimaça de douleur, mais au sortir de l'épais nuage de fumée son sourire carnassier aurait certainement glacé le sang de n'importe quel démon.

Au même moment, cinq silhouettes se téléportaient dans son dos.

Ce n'est pas trop tôt ! Je commençais à trouver le temps long ! Pesta Masashi.

La lame d'un Shin'Kan fendit la manche de Shina Okamoto. Noutan Shuujin réalisa une courte série de taos. Yaken Heiya dégaina sa paire de Nunchaku, Sho Nagoshi son Nodachi, et Yoigoshi Ibaru son Katana.

DISPERSION ! S'écria Shina.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 2 Sep - 12:38

Combat à plusieurs à Risque (Mode Nocturne)

Situation à distance.
Etsuko a l'initiative.

Masse de terre :
aucune.
Pélagie : 0


~~


Etsuko Toshiya (Niv.12) & Kitsuke Raïto (Niv.6)
vs.
Udame (Niv.??)


~~

Résolution du Tour 1

Action 1 :
Etsuko reste à distance et essaye d'anticiper les actions de son adversaire, sans grand succès [Action en réserve ratée]. De son côté, Kitsuke crée un clone dans un nuage de fumée blanche [-15MP] tandis qu'Udame forme quelques taos.

Note à Etsuko : tu écris " si mon adversaire ... " et " dès que " dans la même action de réserve, ça en fait deux, pas une seule. J'ai donc considéré la première partie de l'action de réserve, en enlevant le " dès que ", qui fixait une seconde condition.

Action 2 :
Etsuko réagit la première et dissipe une quantité de chakra dans l'air ambiant et Kitsuke s'élance vers son adversaire. Ce dernier les attend avec un léger sourire, et active une Sphère de Défense autour de lui [-3MP].

Note à Kitsuke : Étant à distance de ton adversaire, tu prends une action pour t'en approcher. Le Katana est de MQ, soit 25 DGT.

Action 3 :
Etsuko réussit à former un gros Orage dans le ciel [-30MP]. Kitsuke dégaine son katana et frappe, mais n'arrive pas à infliger de dégâts à son adversaire. Ce dernier ne perd pas son sourire et lance deux Morsure de l'Âme [Altérations Combinées] sur Etsuko [-30MP] qui ressent aussitôt une vive douleur la gagner [-35HP].

Note à Kitsuke : dans ta malchance, tu as un peu de chance. Le fait que tu n'infliges pas de dégâts à cette attaque, te rend toujours indissociable de ton clone. Si tu avais fait, ne serait-ce qu'un 1 HP de dégât, ton clone n'aurait servi à rien dans l'histoire.

Action 4 :
Etsuko subit une nouvelle vague de douleurs [-35HP] mais réussit à faire s'abattre un trait de foudre sur Udame qui lâche un cri de stupeur en se faisant électrocuter [-61HP]. Kitsuke est bien décidé à ne pas laisser son adversaire aller plus loin et le touche avec De la Vie à la Mort [-20MP]. Udame est légèrement entaillé [-10HP]. Il paye l'entretien de ses Altérations Combinées [-20MP], de sa Sphère de Défense [-3MP], et utilise Faiblesse sur Kitsuke [-5MP]. Une chance sur deux... Kitsuke ou son clone ? Udame vise malheureusement le clone qui se dissipe aussitôt.

Note à Etsuko : Pour ne pas que ton Orage ne serve à rien à cause de ton action en réserve ratée, j'ai fais tombé un trait de foudre tout de même. Considère que c'est une fleur, parce que tes actions ne prévoyaient pas de le faire tomber au-delà de ton action en réserve.


~~

Etsuko
-70HP ... -30MP
est à distance de Kitsuke et Udame
sous le joug de deux Morsure de l'Âme (Altérations Combinées) de Puissance 6
Orage de nouveau utilisable dans 8 actions

Kitsuke
-0HP ... -35MP
est à distance d'Etsuko et au corps à corps avec Udame

Udame
-71HP ... -58MP
est à distance d'Etsuko et au corps à corps avec Kitsuke
Sphère de défense activée, +4DEF



~~

Me [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien] si problème.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 9 Sep - 12:54

~~

Résolution du Tour 2

Action 1 :
Etsuko subit une troisième vague de douleurs [-35HP] mais réussit à activer Amplification [-5MP].
Kitsuke continue sur sa lancée et touche son adversaire avec De la Vie à la Mort [-20MP]. Udame est de nouveau entaillé [-10HP].
Udame paye ses entretiens [-20MP] et relâche Incertitudes sur Kitsuke [-20MP].

Action 2 :
Etsuko subit une quatrième vague de douleurs [-35HP] mais lâche un Raiton sur son adversaire [-48MP]. Udame reçoit un assaut foudroyant [-50HP].
Kitsuke s’acharne et relâche de nouveau De la Vie à la Mort [-30MP]. Udame est de nouveau entaillé [-10HP].
Udame paye ses entretiens [-20MP] et lance Ostracisme sur Etsuko [-20MP]. Etsuko oublie Raiton.

Note Udame : désactive la sphère de défense.

Action 3 :
Etsuko paye ses entretiens [-5MP] subit une cinquième vague de douleurs [-35HP] et ne peut utiliser Raiton qu'elle a oublié. Elle exécute une action par défaut et récupère de l'énergie [+10MP].
Kitsuke n'en démord pas et continue d'attaquer son adversaire avec De la Vie à la Mort [-30MP]. Udame est de nouveau entaillé [-10HP].
Udame paye ses entretiens [-25MP] et lance une nouvelle Morsure de l'Âme sur Etsuko [-15MP]. Etsuko voit sa douleur amplifier [-17HP].

Action 4 :
Etsuko subit une septième vague de douleurs [-52HP] mais réussit malgré tout à relâcher un Éclair au chocolat Fendu [-18MP]. Udame subit quelques dégâts [-17HP].
Kitsuke n'a plus assez de chakra pour utiliser sa technique. Il exécute une action par défaut et récupère de l'énergie [+5MP]
Udame paye ses entretiens [-30MP] et relâche un Fuuton sur Etsuko [-20MP]. Etsuko est légèrement touché [-11HP].


~~

Etsuko
-255HP ... -96MP
est à distance de Kitsuke et Udame
sous le joug de deux Morsure de l'Âme (Altérations Combinées) de Puissance 6
sous le joug d'une Morsure de l'Âme de Puissance 3
Orage de nouveau utilisable dans 4 actions

Kitsuke
-0HP ... -110MP
est à distance d'Etsuko et au corps à corps avec Udame
sous le joug d'Incertitudes de Puissance 1

Udame
-168HP ... -228MP
est à distance d'Etsuko et au corps à corps avec Kitsuke



~~

Me [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien] si problème.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Sam 10 Sep - 14:11

~~

Résolution du Tour 3

Action 1 :
Kitsuke attaque avec un Katana son adversaire. Udame est à peine effleuré [-1HP]
Udame paye ses entretiens [-30MP] et porte la main à sa poche pour saisir une pilule Seiryuku III et l'amener à ses lèvres. Mais une Flèche Crénelée sortie de nul part pulvérise littéralement la pilule dans la main d'Udame. Udame subit des dommages importants [-42HP].
Etsuko subit sa huitième vague de douleurs [-52HP] et se trouve aux portes de l'inconscience. Elle paye ses entretiens [-5MP], fait preuve d'une ultime goutte de courage et relâche un Éclair Fendu [-18MP]. Udame s'écroule, inconscient.

Note Udame : désactive incertitudes.



~~

Etsuko
-307HP ... -119MP

Kitsuke
-0HP ... -110MP

Udame
[INCONSCIENT]

-228HP ... -258MP



~~

Etsuko
+88 XP

Kitsuke
+88 XP

Sho ( Arbitre )
+12 XP

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Sam 10 Sep - 16:54



La nuit avait beau être fraîche, cela n'avait pas empêché Etsuko de s'endormir bien vite. Ses sceaux émotionnels, qui la reliait à son Cygne à l'autre bout du monde, étaient complètement ouverts, et elle partageait ainsi des sentiments qui la berçaient autant qu'ils l'apaisaient. Elle faisait des rêves teintés de bleu, fantasmagoriques, complètement ahurissants, qui l'étonnaient, l'interpellaient, la faisaient rire, puis soudainement s'inquiéter, et puis ploc. Un souffle de vent frais vint de soulever sa couverture et la caresse glaciale du vent sur sa peau dénudée la réveilla aussitôt. Elle s'assit en tailleur, l'esprit déjà alerte, et aperçut Nagoshi-san en pleine discussion avec une drôle de dame, aux cheveux verts, et habillée d'un patchwork de couleurs à vous faire croire que vous avez avalé un champignon hallucinogène. La Toshiya se rappela l'avoir déjà croisée très rapidement pendant les préparatifs, elle se souvenait d'une femme énergique, un peu grande gueule et très sure d'elle. Elle s'était dit qu'elle aimerait bien lui ressembler si d'aventure elle arrivait un jour à des responsabilités pareilles. Mais son esprit n'eut pas le temps de vagabonder davantage qu'elle s'aperçut que les deux officiers s'étaient volatilisé en urgence. Etsuko arqua un sourcil. Quelque chose ne tournait pas rond, elle en avait le sentiment. Elle coupa l'ouverture de ses sceaux, Jin' attendrait, puis décida de réveiller Kitsuke en le secouant énergiquement.

"Kitsuke !"

"Mmm... quoi ?"

"Il se passe quelque chose"

Le duo fut prêt en quelques secondes, même s'ils ne savaient trop pourquoi. Depuis les hauteurs de leur point d'observation, la nuit ne leur permettait pas de distinguer grand chose.

"Alors ?"

Alors, la bataille avait déjà commencé...

Dans son dos, Etsuko mit un certain temps à remarquer la présence de deux silhouettes cachées dans la pénombre. La voix de son cousin la rappela à l'ordre.


" Dans ton dos, fillette !"

A peine les deux shinobis eurent-ils le temps de se retourner que Yamada-san avait déjà attaqué l'un des deux ennemis. Le second se dirigeait vers eux, un étrange sourire aux lèvres. Alors que Kitsuke réalisait déjà ses premiers taôs, suivis de ceux de son adversaire, Etsuko se surprit à rester figée, incapable d'entamer le combat, le souffle presque coupé. Pour la seconde fois de sa vie, elle sentait qu'elle risquait sa vie. Et la première fois qu'elle avait vécu une telle situation, son premier compagnon avait péri. De son côté, son partenaire avait déjà lancé un clone et s'élançait vers l'ennemi.

"Qu'est-ce que tu fais ?!?"

"Je..."

"C'est pas le moment, vas-y !"

Il avait raison, le temps des doutes était révolu. Elle avait de nouvelles armes à son panel, un ami à protéger, et une mission à mener à bien. Elle dissipa son hésitation, et leva des bras chargés de chakra au ciel. Une multitude de particules chargées d'électricité s'envolèrent dans le ciel en un nuage qui prit bientôt forme. Intérieurement elle remercia Hoshi-san, son sensei qui lui avait enseigné cette nouvelle technique. Un orage apparut dans les cieux, à l'endroit précis où ils se trouvaient. Etsuko baissa soudainement les bras au sol, visant très précisément sa cible qu'elle avait perdu des yeux quelques secondes.

"Raiu !"

Un trait de foudre s'abattit en plein sur lui, furtif, inesquivable. Etsuko entendit son adversaire pousser un cri de douleur, dans une satisfaction certaine. Mais à ses cris de douleur à lui se mêlèrent sa souffrance à elle. Elle ne comprit pas ce qui lui arriva. Des vagues imperceptibles soufflaient dans sa tête, entraînant un premier choc, puis un second, qui lui laissaient le cerveau en bouillie. Une sensation d'entrave qu'elle n'avait jamais vécu avant s'emparait d'elle, elle tomba à genoux presque aussitôt. Elle scruta son corps, mais rien n'y fit. Elle ne portait en elle aucune blessure visible. Son mal attaquait son âme, pas son corps.

Du genjutsu.

Dès lors, l'état d'urgence avait sonné. Elle se rappelait du discours de Hoshi-san qui lui avait enseigné le maniement du Kaï. " Le genjutsu ne peut se combattre, à ton degré de maîtrise, que par le Kaï que je viens de t'enseigner. Mais tu as besoin de pratique. A ton niveau, tu ne pourrais rien faire avec un Kaï aussi ridicule, il faudra qu'on se revoie et que je t'entraîne." Mais l'entraînement n'avait jamais eu lieu. Et vu la force de ce qu'elle venait de subir, rien de ce qu'elle ferait ne pourrait contrer les jutsus de son ennemi. Elle jouait donc un contre la montre, il devenait primordial d'éliminer dès que possible l'auteur de ces agressions psychiques.


"Aaaaaaaah !"

Ce second cri qu'elle poussa n'était plus de douleur, mais de rage. Elle se releva d'un bond, et concentra son énergie afin d'amplifier ses jutsus futurs. Puis, mains en avant, après quelques taôs rapides, une petite bille violette incandescente rayonna du bout de ses doigts recroquevillés en un même point.

"Raiton !"

Elle ne s'occupait même plus de ce qui se passait entre Kitsuke et l'ennemi. Elle ne s'attachait plus qu'à le cibler et à le pulvériser, tout en espérant que son compagnon s'en sorte dans son duel au corps à corps. La bille suivit la ligne tracée par le chakra de la demoiselle, et toucha l'inconnu en plein torse. Elle prépara aussitôt une deuxième salve, mais alors que la bille allait bientôt s'abattre et rejoindre sa grande soeur, elle disparut soudainement. Etsuko ressentit une sensation similaire aux morsures qu'elle avait subies, mais au lieu d'attaquer son âme, elle assaillit sa mémoire. C'est là qu'elle ressentit à nouveau les vagues successives qui l'avaient touchées jusqu'alors. La Genin s'essouffla, garder ses esprits lui demandait un effort considérable. Les mains sur les genoux, elle fixa le sol, puis le ciel, puis considéra enfin le combat qui continuait toujours en face d'elle, à une dizaine de mètres. Kitsuke ne s'arrêtait pas, attaquait, esquivait, dans un flux perpétuel de mouvements grossiers, mais qui faisaient preuve d'une détermination sans faille. Elle puisa dans cette vision la force nécessaire pour reprendre ses esprits. Alors qu'une énième vague de douleurs lui brûlait le crâne, elle décida de changer de jutsu, et se rabattit sur la dernière technique capable d'infliger des dommages raisonnables à son ennemi. Quelques taôs à nouveau, dont la rapidité rassura la Toshiya sur ses capacités restantes. Elle était de nouveau capable de faire mal, et elle n'allait pas se gêner. Mains jointes en une prière qu'elle leva au ciel, puis rabattit aussitôt dès l'aura violette réalisée. Comme une épée invisible, ses bras tracèrent une ligne de haut en bas, et la foudre qui s'échappa prit la forme d'un fouet qui alla cingler l'agresseur.

Mais il ne tomba pas, et Etsuko n'était plus très loin de la fin. La nouvelle vague psychique la fit chanceler. Un rapide coup d'oeil à Kitsuke ne la rassura guère. Il semblait impuissant, vidé de ses ressources, ne sachant comment faire pour atteindre cet homme qu'ils avaient face à eux. Les coups de katana de Kitsuke effleuraient à peine sa combinaison qui encaissait presque tout le choc. La Kuméenne tomba à genoux, épuisée, et n'aperçut qu'un sourire carnassier s'approcher d'elle, une main attraper une pilule et la porter à sa bouche. Il allait se soigner, elle n'avait aucun moyen de s'échapper. La seule échappatoire était une mort rapide, ou un miracle.

Ce miracle s'appelait Yamada.

Une flèche sortie de nulle part vint percer le bras qui tenait la pilule. L'ennemi posa un genoux à terre, et Etsuko trouva un ultime souffle de vie pour enclencher une nouvelle salve d'éclair fendu, sortie de ses tripes, qui finit de terrasser le genjutsuiste.

L'étreinte suffocante se brisa, Etsuko posa les mains à terre, la nuque trempée d'une sueur froide, effet secondaire des techniques qu'elle avait subies. Si elle n'avait plus la force de se lever, elle réussit néanmoins à lever la tête vers son sauveur. En haut d'un toit, il semblait s'être débarrassé de son vis-à-vis sans aucune difficulté. Elle se demanda s'il avait attendu avant d'apporter son aide, s'il l'avait regardée dans sa déchéance mentale avant d'utiliser son arc qu'il tenait fièrement, cet arc salvateur à qui elle devait peut être la vie. Et puis ses pensées néfastes s'évanouirent. Il était intervenu, c'était tout ce qui comptait. Il hocha la tête vers leur direction, elle répondit de même malgré la douleur qui ne s'était pas encore évanouie et qui la relançait au moindre mouvement, dans une révérence signe de gratitude. Puis il se téléporta, laissant à leur sort les deux Genins. Elle vit Kitsuke se rapprocher d'elle, chancelant lui aussi, comme s'il avait couru pendant des heures jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout, mais il ne semblait pas blessé, ce qui la soulagea.


"On l'a fait Kitsuke. On est vivants."


Ravagés, mais vivants.



J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Mer 14 Sep - 18:29

La journée avait était épuisante pour le jeune genin. C'était sa première mission d'importance et il en accusait maintenant le contre-coup. Durant des heures, Kitsuke avait dû maintenir tous ses sens en alerte pour prévenir du moindre danger, surveiller les abords de la voie qu'empruntait le convoi du Daimyo, guettant parmi les ombres une menace invisible. Cette exercice avait été éprouvant pour l'eisei-nin, et la fatigue l'avait emporté rapidement alors qu'ils établissaient un campement dans le petit village de Saruha. Il s'était enfoncé dans les ténèbres alors que le silence régnait autour du feu de camp. Pourtant, une étrange sensation le tenaillait, un cri au plus profond de son être.

[Etsuko] – Kitsuke !!

Elle le secouait énergiquement pour le faire émerger de son sommeil. De ses yeux embués, il distingua Sho disparaître dans un nuage de fumée, à la suite d'une autre personne dont il ignorait le nom mais qu'il avait vu dans l'entourage du chef d'escorte, Masashi Mura.

[Etsuko] – Il se passe quelque chose.

Le genin ne se le fit pas dire deux fois. Il sauta sur ses pieds en secouant vivement la tête de droite à gauche pour s'éclaircir les idées. Il regarda vers le ciel. La nuit était tombé depuis plusieurs heures et la menace crainte jusqu'ici donnait maintenant la pleine mesure de la crainte qu'elle suscitait. Partout à travers le village résonnait des cris, des explosions et le fracas de l'acier sur l'acier. L'ennemi était là.

[Yamada Toshiya] – Dans ton dos fillette !!

Deux silhouettes s'étaient matérialisées dans le dos des jeunes kuméens et le cri d'alarme du Toshiya à sa cousine leur avait sûrement sauvé la vie. Ils se retournèrent pour faire face, tandis que Yamada les dépassait pour se jeter sur l'une des deux personnes encapuchonnée, un sourire carnassier sur les lèvres. Le second intrus ne sembla pas s'émouvoir une seconde d'être séparé de son acolyte. Il se contenta de regarder ses jeunes opposants, dans un silence de mort.

Kitsuke fut le premier à réagir. Alors que leur adversaire avançait dans leur direction, il se jeta en avant tout en réalisant ses premiers mudras. Il ne savait pas de quoi était capable son vis-à-vis, mais à voir l'inquiétant sourire peint sur son visage, il le savait plus expérimenté que lui. Un clone se forma à ses côtés dans une volute de fumée blanche. Il risqua un coup d'oeil derrière lui tandis le ninja commençait son attaque. Il découvrit une Etsuko tétanisée, le souffle court.

[Kitsuke] – Qu'est ce que tu fous ?

Ces mots semblèrent la faire sortir de sa torpeur.

[Etsuko] – Je...

[Kitsuke] – C'est pas le moment. Vas-y !!!

La jeune Toshiya reprit aussitôt ses esprits. Elle incanta rapidement un jutsu en levant les bras au ciel, sûrement un Raïton à voir comment l'atmosphère se charger d'électricité. Les cheveux sur la nuque de Kitsuke s'était hérissés sous l'impulsion élémentaire. Une sombre masse nuageuse naquit au-dessus de leur tête. Voilà une attaque qui s'annonçait pour le moins...violente.

Couvrant rapidement la distance qui les séparait, l'eisei-nin ne lâchait pas son adversaire des yeux, comme celui-ci conservait son regard sur les deux jeunes gens. Il ne leva même pas la tête pour voir ce qui se préparer au-dessus d'eux, prouvant par là encore une expérience du combat que Kitsuke n'avait pas. Il composa alors une nouvelle série de mudras tandis que le jeune homme fondait sur lui dans un élan furieux. Ramassé sur lui-même, il tenait dans ses mains le précieux katana de Sho Nagoshi, Akikaze. Sa main gauche enserrait fermement le manche du sabre, tandis que l'autre serrait le fourreau, quelques centimètres à peine sous la garde. De son pouce, il laissa apparaître l'acier dans un léger crissement. A cet instant, il n'avait aucun doute, aucune peur. Ce geste, il l'avait répété des milliers de fois depuis son enfance au Dojo du maître Kaoru Kusanagi, et maintenant il allait l'exécuter au dépens de son ennemi. Il pénétra le ma-aï de son adversaire et laissa jaillir avec fulgurance la lame affamée. Un coup de taille, accéléré par la course de l'acier à l'intérieur de son carcan, propre à le couper en deux, mais c'était sans compter cet étrange sourire dont il ne se détachait pas. La lame heurta une surface invisible qui miroita faiblement lors de l'impact. Merde, une sphère de protection. L'homme de gris vêtu fit un pas de côté et attaqua à son tour. Dans son dos, Kitsuke entendit Etsuko gémir de douleur par deux fois. Pourtant il n'avait pas vu de jutsus et à cette distance, la Toshiya n'aurait eu aucun mal à éviter des armes de jet. Alors cela ne laissait plus qu'une possibilité...le genjutsu. La riposte fut cinglante et immédiate. Surmontant la douleur que lui causait le genjutsu, elle fit s'abattre un trait de foudre sur l'origine de ses maux.

[Etsuko] – Raïu !

Descendu des cieux, l'arc électrique frappa sa cible dans une formidable explosion de lumière, aveuglant l'espace d'une seconde un Kitsuke quelque peu ébahi. Mais alors que se dissipait la luminosité accrue et le voile de fumée provoquée, le jeune homme distingua leur adversaire toujours debout, marqué certes, mais loin de leur concéder une victoire facile.

Kitsuke chargea de nouveau, escorté par son clone, alors que l'homme semblait retrouvé un peu de son aplomb et le fixait du regard. Celui tendit un doigt dans sa direction alors même que l'eisei-nin en finissait avec ses mudras, les mains chargées d'une énergie mortelle. Pouf!! Son clone disparut sans même qu'il ne se rende compte de quoi que ce soit. Encore du genjutsu...
Encore une fois, il pénétra la garde du ninja au manteau gris et blanc. Ses bras devenus des lames d'énergie dessinait des arabesques au rythme des enchaînements sauvages qu'il exécutait dans l'espoir de terrasser son ennemi. Mais cet espoir s'envola bien vite tandis qu'il sentait son chakra se consumer au fur et à mesure qu'il portait ses attaques avec son jutsu, le Jinsei Noshi. Son adversaire était loin d'être maladroit et parvenait à esquiver de justesse chacun de ses coups tout en en diminuant les effets grâce à sa sphère de protection. Pour seule trace de la frénésie du jeune kuméen, l'assaillant n'avait récolté qu'une série de blessures superficielles.

Haletant, Kitsuke recula de quelques pas. Le halo autour de ses mains avait disparu, et avec lui l'ultime goutte de son chakra. Il regarda avec une étrange sensation de détachement sa coéquipière lancer ses dernières forces dans la bataille afin de porter le coup décisif à l'utilisateur de genjutsu qui, de son côté, lui lacérait l'esprit de son art.
De ses doigts gourds, il dégaina à nouveau le katana qu'il portait à la ceinture, et repartit à l'assaut, ses jambes lui paraissant peser un peu plus encore à chaque pas. Une nouvelle fois Etsuko laissa échapper un cri de souffrance comme son adversaire la tourmentait, et la lame d'Akikaze vola pour ne causer qu'une coupure insignifiante à l'homme qui semblait de plus en plus avoir la main mise sur ce combat.

De ses yeux voilés, Kitsuke le vit fouiller dans l'une des poches de son manteau avant de porter la main vers sa bouche. Plus expérimenté, plus endurci et plus équipé, le jeune homme ne voyait pas quel miracle pouvait bien les sortir, lui et sa camarade, des griffes de cet obscur inconnu. Et pourtant le miracle se produit.

Quelque chose traversa l'air, trop rapidement pour qu'il puisse en appréhender la nature, suivi d'une grande effusion de sang provenant de la main de l'homme face à lui. Dans un grand cri de rage, il chercha des yeux qui avait pu lui porter une telle attaque. Etsuko profita de cette ouverture pour lui adresser un nouveau jutsu. Cette fois ci, il s'écroula.

Plus loin, sur un autre toit, Kitsuke distingua la silhouette de Yamada. D'un léger signe de tête, il exprima toute sa gratitude à leur sauveur qui disparut alors. Il tomba à genoux, aux côtés d'Etsuko, vidé de toute ses forces même s'il n'avait accusé aucune blessure physique pendant ce combat.

[Etsuko] – On l'a fait Kitsuke ! On est vivants.

Il hocha faiblement la tête pour confirmer, mais au fond de lui, il ne pouvait s'empêcher de penser que l'intervention du Toshiya leur avait sauvé la vie, à tout les deux. Tu es faible.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Jeu 29 Sep - 20:53

Prévenu de la situation par Yamada, Sho abandonna sa proie sanguinolente aux bons soins de Noutan ; qui ne manquerait pour rien au monde de lui dévorer l’esprit avec ses illusions. D’un hochement de tête entendu l’eisei-nin et l’assassin Toshiya se téléportèrent dans la ruelle où l’autre bataille s’était tenue. Sho demanda à Yamada de s’occuper du corps inanimé puis s’agenouilla près des deux genin. Physiquement, Etsuko était dans un état critique. Kitsuke semblait s’en être mieux tiré.

[Sho]  – Vous pouvez être fiers de vous..

Sho chercha un ruban dans ses poches pour attacher ses cheveux.

[Sho] – Moi je le suis.

Il sourit et fouilla dans la petite sacoche attachée à sa ceinture.

[Sho] – Avale ça Kitsuke, ça ne compensera pas l’état dans lequel tu t’es mis mais il y a assez de chakra là-dedans pour t’empêcher de t’écrouler au prochain pas que tu feras.

Sho lui tendit une capsule blanche et bleue. Un court instant, il loucha sur le fil de son katana. Il était décoré par quelques traînées rouge rubis, signe que la lame avait sévi sans toutefois causer des blessures irréversibles à l’adversaire.

[Sho] – Aide-moi à l’allonger sur le dos.

Saisissant les épaules d’Etsuko, Sho laissa Kitsuke se charger de ses jambes tandis qu’il aidait la Toshiya à s’allonger sur le sol.

[Sho] – Viens ici et soutiens sa nuque, elle doit rester parfaitement immobile pendant l’opération.

Les consignes de l’eisei-nin allait toujours à Kitsuke. Doucement, Sho retroussa ses manches puis rapprocha ses mains de sorte à former un triangle pouces joints et index tendus. Avec la lenteur du chimiste qui ajuste ses dosages, il fit influer son chakra dans ses doigts. Une aura aussi blanche que neige se matérialisa autour d’eux, tournant au blanc le plus brut dans le triangle dessiné par ses pouces et ses index. Son regard croisa un instant celui de la Toshiya et il comprit à la lueur inquiète dans ses yeux qu’il s’en était fallu de peu. L’eisei-nin ne pouvait imaginer à quel point. Il lui sourit pour lui faire comprendre qu’il n’y avait plus à s’inquiéter, qu’il était là maintenant.

Ses techniques poussées lui permirent de refermer toutes les blessures et d’en guérir certaines. Tout ce qu’il fallait à la Toshiya c’était du repos. S’épongeant le front – ses mains s’étant débarrassées de leur aura curative – Sho observa à tour de rôle les deux genin et voulut leur dire un mot quand une silhouette en tout point identique à la sienne, et pour cause il s’agissait d’un kage bunshin à son effigie, apparu dans son champ de vision. Sho leva la tête et releva l’entaille qui se régénérait à vu d’œil sur le visage de son double.

[Sho] – Est-ce que le daimyo a été touché ?

[Sho II] – Non, ils n’ont pas réussi à l’atteindre et le lien de vie est toujours intacte.

S’entendre parler à soi-même avait toujours ce quelque chose de très étrange qui laissait sans voix même au milieu d’une situation aussi critique. Sho finit néanmoins par se reprendre et ordonna à son double de retrouver son poste et de ménager sa réserve de chakra. La silhouette presque entièrement vêtue de violet et de pourpre acquiesça et disparut au pas de course au coin de la rue.

Sho resta songeur un bon moment, se demandant encore à quoi pouvait bien rimer cette sortie de l’ombre pour Shirogaito.

En ramenant son regard sur ses deux protégés, il se permit un sourire forcé, presque grave.

[Sho] – Désolé de vous avoir fait endurer ça.

| Ellipse de deux jours |

Le cortège avançait en silence le long de la route principale qui serpentait au cœur des montagnes verdoyantes. Nombre d’hommes de la garde du daimyo affichaient des visages graves ou soucieux. Leur corps avait conservé quelques stigmates de l’affrontement et ne devaient, pour la plupart, de tenir encore debout qu’aux soins des quatre eisei-nin présents dans les effectifs kuméens. Ces derniers étaient plus songeurs encore.

En tête du cortège, Masashi Mura avançait la tête haute, un cigare aux lèvres. Arrivée au grand carrefour désigné comme le point de contact avec l’équipe d’accueil, le colosse leva le poing en l’air pour faire s’arrêter tout le monde. Posant ensuite un genou à terre, il scruta le bosquet proche, les yeux plissés. Ils devaient déjà être là. Masashi délaissa son cigare et siffla.

Trois silhouettes surgirent de la pénombre. Masashi se redressa en appuyant ses mains sur ses hanches, tout sourire.

[Masashi] – Oahyooo !

Kumo n’était plus très loin.

MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 30 Sep - 4:44

[Quelques heures plus tôt]

Deux petites pinces usées, sombres, jumelles, tenues entre ses doigts aux boursouflures disgracieuses, reflétaient par instants la lumière des néons froids et clignotants. En face d’un miroir abîmé par la haine et fendu par l’amertume, il se tenait droit et pensif, deux petites pinces se baladant entre ses doigts agiles. Le bruit alentour ne l’atteignait pas, seul son reflet était présent. Un reflet difforme, un reflet réel, tel qu’il représentait la réalité aux yeux de ceux qui osaient l’observer. Son regard parcouru, une fois de plus, l’affreux réseau de plis, de creux, de tâches, en un seul mot de brûlures, dont son visage était parcouru, mais également une partie entière de son torse, son bras gauche et la main qui le terminait. Ses yeux semblaient en retracer le dessin, reconnaissant par là son existence. Non, aujourd’hui non plus n’était pas un rêve.
Une fois arrivé au bout de ses doigts, il fixa un instant les jumelles, les fit s’arrêter et, attrapant de son autre main les quelques mèches de cheveux qui retombaient devant son visage, les accrocha sur des dernières, libérant alors à la vue de tous son apparence dérangeante. Ses cheveux en place, il serra le point, le plus fort qu’il le pu, jusqu’à ce que les déformations cutanées sur sa main s’agitent faiblement. Non, aujourd’hui non plus n’était pas un rêve.

Un picotement violent lui gifla la joue, cela le sortit de ses pensées, et il se mit à grommeler, suffisamment fort pour que l’odieuse auteur de cet acte l’entende, sans daigner lui accorder un regard même à travers ce miroir qu’il avait perdu de vue.
Il s’habilla rapidement, le temps n’était plus à la réflexion, ajusta ses équipements un à un, et termina par enfiler son shin’kan qu’il avait récemment fait modifier, afin de le personnaliser quelque peu. Il en activa le mécanisme pour vérifier que tout fonctionnait. Un simple geste de son annulaire droit, entouré alors d’un anneau serpentin relié aux fins rouages du gantelet par une ficelle sensible et fine, fit sortir en une fraction de seconde deux crocs de métal, semblables à deux senbons, longs d’une vingtaine de centimètres chacun. Cette double piqure lui convenait mieux, au fond, c’était simplement une question de style. Mais il envisageait déjà d’en faire encore quelque chose d’autre. Non pas différent, juste amélioré…

Un nouveau geste et les deux frères rentrèrent à leur place. Arai ouvrit alors le sac se trouvant dans le casier à ses côtés, jeta un regard entre les tâches du miroir, et ne voyant que celles-ci, il plongea sa main dans le sac. Presque aussitôt, cette sensation froide l’envahit, toujours étrange, et tellement familière. Le corps long et glacé de son ami parcourait lentement son avant-bras, sa langue fourchue sortant par frénétisme presque convulsant. Le serpent fit le tour de son cou tandis qu’il se métamorphosait peu à peu en longue étoffe de tissu épais. Le chuunin en attrapa le bout et le rabattît sur son épaule opposée, fermant alors le nœud de l’écharpe illusoire.

Il était seul, le néon clignota si fort qu’il finit par se briser, un discret nuage de fumée s’en échappa, comme coupable d’un acte involontaire. Alors plongé dans le noir des vestiaires déjà lugubres, Arai ferma la porte de son casier et prit le pas de la sortie.

Izawa l’attendait dehors. Sa grande chevelure afro cachait le soleil ardent, et semblait alors brûler tandis qu’Arai admirait la silhouette de son équipière. Fière, forte, pas suffisamment féminine à son goût, mais fidèle et sarcastiquement aimante. Une amie, en somme. Les deux katanas qui dormaient tranquillement dans leur fourreau respectif créaient deux lignes horizontales brisant l’harmonie des formes déjà peu sensuelles de la kunoichi. Enfin, tout n’était qu’une question de goût. Il parait.
Sans se retourner, elle leva la main droite et claqua des doigts, Arai fit un rapide mouvement de la tête et esquiva l’étincelle soudainement apparu près de sa joue.

Arai – Une fois…

Izawa – Si tu me dis encore que j’ai un gros cul, c’est un Rairyuu que tu recevras.

Le chuunin sourit. Ils avaient toujours été taquins l’un envers l’autre. Un esprit compétitif, doublé d’une enfance commune, il n’en fallait pas plus.
Un peu plus loin entre les câbles électriques, sur le toit d’un bâtiment aux tuiles brillantes d’or solaire, les attendait leur unique et dernier équipier, impatient. Il se tenait debout, fixant leur position, les poings serrés et la carrure musclée parfaitement dessinée en contre-jour. Il était tendu.
Ils ne le connaissaient pas bien. Cela faisait seulement deux ou trois fois qu’ils se voyaient, tout ça parce que leur précédent compagnon et ami avait décidé de quitter l’équipe pour faire chemin seul, sur des voies peu fréquentables. Et lorsque l’illusionniste avait été remplacé par la testostérone, beaucoup de détails avaient volé en éclat. Le stratège avait laissé place au pion, et l’équipe torturée, la n°11, n’en était devenue que moins stable. Enfin, c’est ce qu’ils en pensaient, tous les deux.

Arai – Tu sais très bien que je ne crains pas les serpents, alors ton Rairyuu tu peux le ranger. Et puis… c’est pas de ma faute si tu es moche.

D’un bond il s’éclipsa, rejoignant leur camarade en sautant de toit en toit. Izawa resta quelques instants en arrière, et murmura :

C’est un dragon, connard. Pas un de tes foutus serpents… et…

Comme blessée, elle posa son regard sur son compagnon qui s’éloignait peu à peu d’elle. Blessée ou touchée ? Reniant ce sentiment, quel qu’il soit, elle cracha au sol de sa virilité non assumée et se téléporta directement à leurs côtés.

Et vas te faire foutre ! – lança-t-elle à Arai tout en apparaissant à sa droite.

Hideto – Bon ça suffit maintenant. Vous la fermez et –

Izawa – Ta gueule. C’est pas parce que t’as des muscles autour de ton cerveau que tu peux te sentir supérieur.

Hideto – … Et on rejoint les autres fissa. On est en retard.

Izawa grimaça, imitant puérilement son interlocuteur et tous deux disparurent dans un léger souffle magnétique, laissant Arai seul dans ses sandales noires. A peine eut-il le temps de lever les yeux au ciel, qu’une étincelle lui gifla de nouveau la joue.

Izawa – Il serait temps que t’apprennes la téléportation toi.

Elle posa sa main sur son épaule et le soleil n’eut plus rien à brûler sur ce toit doré.
Non, aujourd’hui non plus n’était pas un rêve.


Les trois chuunins arrivèrent sur le lieu de rendez-vous, Hideto ne les attendit pas et partit se fondre dans le groupe composés d’autres chuunins de kumo. Une poignée d’Anbus se tenaient devant eux, ils rassemblaient les équipes et expliquaient une fois de plus la marche à suivre.

Izawa et Arai observèrent leur équipier tout en s’avançant eux même à leur tour.

Izawa – Mais pourquoi bordel ? Pourquoi ils nous ont foutu cet espère de tas de muscles mou du cerveau et arrogant. Nan parce qu’il est arrogant, tu trouves pas ? Avec ses grands airs là, à faire le chef.

Arai – Peut-être parce qu’en tapant plus fort que toi, cela te forcera à te la jouer plus stratégique et arrêter de tout défoncer inutilement à coup d’orage et de « foudre divine » – finit-il par dire en jouant des guillemets avec ses doigts.

Izawa – Ha parce que pour toi ramper à plat ventre et onduler au sol comme un débile c’est stratégique ?

Arai – Tsss…

Izawa – Ouais c’est exactement ça, fais tout ce que tu sais faire et va bouffer des œufs d’oiseau au lieu de m’emmerder.

Arai – Bon, ça y est, t’as fini ? On peut enfin essayer d’entendre les instructions ? …

La kunoichi amorça un début de son mais s’arrêta aussitôt, presque vexée. Finalement, elle n’avait pas tant de couilles que ça.
L’anbu qui parlait portait un masque d’oiseau, probablement une grue, à en juger la forme du bec, quelque peu plus allongée et pointue de ce qu’on avait l’habitude de voir. De carrure relativement banale, ses gestes accompagnaient parfaitement ses mots, la dextérité ne semblait pas lui manquer. Il était planté devant une large table de bois massif, sur laquelle reposait une grande carte des environs de Kumo no Kuni. De petits pions à l’effigie d’animaux attendaient sur le côté tandis que la majorité était déjà répartie sur la carte, en divers endroits.
A ses côtés, légèrement en retrait, quatre autres anbus bras croisés et bien droits, un renard, un épervier, un lynx et un ours attendaient la fin des explications. C’était bien des membres de l’unité spéciale, Arai en était encore fasciné. Une telle prestance, et ces masques… Il n’entendait que des bribes de mots, malheureusement trop déconcentré par l’image de ses supérieurs. Et Izawa ne manqua pas cette occasion pour lui lancer son coude dans les côtes.

Anbu Grue – … périmètre de sécurité autour du village. Les équipes 9, 14, 16 et 17, vous serez réparties pour former une barrière supplémentaire en compagnie de respectivement Epervier, Ours, Renard et Lynx.

Chaque fois qu’il citait l’animal de l’anbu responsable correspondant il plaçait le pion adéquat sur différentes zones de la carte.

Je vous invite à entrer en contact avec votre Anbu affilié pour les détails éventuels. Départ dans une heure. Et pour finir, l’équipe Modaeru, vous serez envoyés pour entrer en contact avec le cortège du Daimyo à ce carrefour, aujourd’hui à 16h. – Il déposa alors un nouveau pion à l’endroit indiqué, il représentait un chien, comme l’on en trouve dans les montagnes, qui servent à rameuter le troupeau, le guider et l’encadrer. - Vous attendrez près du bosquet comme il a été indiqué à nos équipes au sein du cortège. Bien entendu à vous de surveiller l’horizon, que cela soit pour eux ou pour toute autre approche. Masashi Mura arrêtera le cortège, et sifflera, de cette façon. – Il prit une légère inspiration et siffla très subtilement. Non pas trop discrètement, mais le son portait un marquage très délicat, identifiable parfaitement entre plusieurs autres. – A ce moment, vous pourrez sortir et les accueillir. Des questions ?

Izawa, Hideto et Arai firent non d’un léger signe de tête. Le reste des chuunins avait déjà commencé à se répartir selon les Anbus et chaque groupe discutait des quelques détails de la mission. Alors que l’équipe 11, Modaeru, s’écartait pour faire les derniers préparatifs, Grue les rattrapa.

Anbu Grue – Attendez un instant. Je vais vous inscrire un sceau de communication. Nous pourrons échanger librement par la pensée les informations importantes et comptes rendus. La distance étant grande il faudra prendre le temps de bien vous exprimer et d’y attribuer un minimum de chakra, et la communication sera stable et suffisamment claire pour tout le monde. Je serais votre relai. Tsumetai-san, approche et présente moi ton épaule.

Arai eu une hésitation soutenue. La télépathie, non, ce n’était pas une bonne chose. Il jeta un regard à son amie, discret, inquiet, et s’avança lentement.

Arai – Juste pour information, faudra-t-il parler distinctement ? Je veux dire, oralement ?

Anbu Grue – Non, c’est un échange télépathique. Il suffira de penser avec insistance et je recevrais les informations automatiquement. Ton épaule, la droite sera suffisante.

Izawa bouscula le chuunin et se présenta fièrement devant l’anbu.

Izawa – C’est moi le chef d’équipe. Je porterais le sceau. Lui il risquerait de brûler la marque sans même s’en rendre compte.

Anbu Grue – … Soit. Peu importe. Donne-moi ton épaule.

Le porteur du masque exécuta quelques simples taos et traça dans l’air, au dessus de l’épaule d’ébène de la chuunin, un symbole circulaire du bout du doigt. Deux à trois gracieux et petits gestes plus loin, il appliqua sa paume entière sur la peau de la kunoichi et glissa légèrement sur le côté, comme s’il en essuyant la surface. Une fois retirée, le signe auparavant dessiné en suspension était apparu à cet endroit précis, encore lumineux d’un chakra grisâtre. Il s’éteignit peu à peu, laissant visible une discrète marque grise sur le deltoïde si peu féminin de la ninja.

Anbu Grue – Bien. Partez dès que vous êtes prêts.

Sur ces mots il se retourna et alla vérifier que les autres groupes avaient terminé leurs préparatifs.

Izawa fit également volte face et rejoignit ses équipiers alors en train de boucler leurs affaires et vérifier leur équipement. Arai tenta de capter son regard et de glisser un sincère ‘Merci’ à son encontre, mais à peine s’était-il tourné vers elle qu’elle le rembarra d’un ‘La ferme’ bien incisif. Oui, c’était peu malin de discuter de ceci maintenant qu’elle avait ce sceau. Si elle avait eu le reflexe intelligent de l’en protéger, ce n’était pas maintenant qu’il fallait tout faire foirer. Quoiqu’il en soit, il était soulagé. Porter ce sigle aurait été bien trop contraignant. Lui-même ne contrôlait pas tout le temps ses pensées, et il y en avait qu’il valait mieux garder silencieuses pour le moment.

Hideto exécuta une courte série de signes et un grand parchemin apparu debout face à lui.

Arai – Qu’est-ce que c’est encore ? …

Izawa le regarda d’un air pantois puis répondit exaspérée – Quand est-ce que tu apprendras toi ? On est censé y être pour avant 16h coco, comment crois-tu qu’on va se rendre si loin aussi rapidement ? En tapis volant ? Quoique ça ne serait même pas utile. C’est un parchemin de téléportation longue distance, Arai. Sors de ton nid et grandis, fais-moi plaisir.

Arai déglutit et se renferma sur lui-même. C’était pas forcément évident de ‘sortir’ dans sa condition. Et elle le savait très bien. Il se contenta de prendre sur lui, une nouvelle fois et se rapprocha des deux autres. Hideto attrapa le rouleau et l’élança face à lui, lequel se mit à tournoyer autour d’eux, se déroulant complètement en formant un cercle parfait en suspension, comme un paravent les encadrant tous les trois. Il rassembla une quantité précise de chakra, et après quelques tours de mains ils disparurent ensemble des lieux.[/justify]

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Cela faisait maintenant deux heures qu’ils attendaient, dissimulés dans le bosquet d’arbres près du carrefour, comme prévu. Ils avaient fait une ronde préalable et avaient passé le temps restant à observer l’horizon, chacun surveillant un tiers du champ de vision total. Izawa donnait régulièrement des informations à l’anbu par télépathie, quand enfin ils aperçurent un groupement conséquent en approche. Pas de précipitation, il fallait attendre le signe. Ils n’étaient pas à l’abri d’un subterfuge.

Un homme qui s’apparentait bel et bien à Masashi Mura fit arrêter le cortège, posa un genou au sol et scruta dans leur direction. Un instant d’attente et il siffla. Ce son, parfaitement reconnaissable oui. Izawa donna l’ordre à son équipe de décoller, et tous trois sortir de l’ombre.

La kunoichi prit les devants et s’adressa au ninja de Kumo les ayant rejoints.

Izawa – Equipe Modaeru, Mura-sama. Bienvenu près de Kumo no Kuni.

Arai ne put s’empêcher de porter un regard au cortège. Que leur était-il arrivé ? Leurs mines étaient sombres, épuisées, et certains semblaient d’ailleurs même blessés. Ce n’était pas bon. Arai n’aimait pas les missions pour ça, les imprévus étaient quelque chose qui le bloquait lourdement et, un peu, l’effrayait. Heureusement, Izawa avait toujours été là, et encore aujourd’hui elle assurait. Mais serait-elle toujours présente ? Le chuunin dévisagea plus précisément les têtes qui se dessinaient face à lui, et comme il s’y attendait, peu de ses connaissances y figuraient. Il fallait de toute façon dire qu’il ne connaissait pas grand monde de manière générale, mais une grande chevelure colorée attira son attention. Lui, il le connaissait. Sho Nagoshi était non loin de là. Et si son regard vis-à-vis du village avait évolué et qu’il n’était pas des plus sensibles quant au sort de chacun, en revanche, celui qu’il portait aux personnes plus proches de lui que la moyenne grandissante était bien plus concerné. Et de savoir et constater que celles-ci ne semblaient pas au plus haut de leur forme, dans une situation pareille, cela ne lui plaisait pas franchement. Il serra le poing et lança un regard en direction d’Izawa et Masashi Mura, en quête de réponses.

Non, aujourd’hui non plus n’était pas un rêve.


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MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 30 Sep - 18:55

[Sho] – Vous pouvez être fiers de vous..

*Tu parles*

A quatre pattes, les mains posées au sol, elle n'avait plus la force de répliquer quoi que ce soit, mais son cerveau tournait toujours à mille kilomètres à l'heure. Et pour sûr, il lui faisait un mal de chien, un horrible mal de chien pour peu qu'elle essayât de bouger le moindre muscle ou la plus petite parcelle de son corps. Aussi s'était-elle contenté de s'immobiliser, tête presque au sol, le front frôlant les graviers de la terrasse qui surplombait Sahura. La sueur froide continuait de couler depuis sa nuque, comme si tout le mal qu'elle avait subi s'évacuait de la sorte, goutte à goutte, par les pores de sa peau. Elle n'était plus essoufflée, mais n'osait malgré tout pas respirer, de peur de décupler la douleur. Nagoshi-san marmonna autre chose qu'elle n'entendit pas, trop concentrée à évacuer la douleur, ainsi qu'à ruminer le long cheminement des évènements précédents, qui pourtant n'avaient duré qu'une minute à peine. Lorsqu'il attrapa ses épaules, et Kitsuke ses pieds, elle sentit sa conscience vasciller. La Toshiya avait soudainement l'impression d'être assailli en son être intérieur par des milliards d'aiguilles brûlantes. Jamais elle n'avait subi de pareille douleur, jamais n'avait-t-elle été réduite dans un tel état de faiblesse. Elle vit un visage familier la scruter, puis elle s'effondra dans un inconscient plus paisible, libération extatique, souffle de volupté, ultime rempart d'un esprit calciné par les assauts foudroyants d'un manipulateur d'illusion. Puis petit à petit, la quiétude, l'insouciance, une inextricable marée de douceur et de plaisirs qui façonnait à nouveau l'architecture de son for intérieur.

Elle était sauvée.


*** Deux jours plus tard ***

La fin du chemin, Etsuko ne l'avait vu qu'à moitié. Le premier jour de voyage s'était résumé en une longue période de sommeil tourmenté, en position presque foetale, accrochée au dos de son cousin. Puis vint la période du nouveau né, celle où la conscience s'éveille mais rien n'est encore possible. Celle où la honte est la plus forte, celle de se sentir fardeau, ainsi branlebâlée par des mains qui avaient certainement mieux à faire que de s'occuper de son sort. Enfin, le moment du bambin, celui où l'on apprend à marcher, puis à vivre, à se débrouiller seule. Par petites sessions, Etsuko reprenait possession d'elle-même, aidée par le travail de rééducation conseillé par Nagoshi-san, et le zèle immodéré de son coéquipier Kitsuke qui avait repris du poil de la bête bien vite et s'occupait d'elle comme un grand frère s'occupe de ses cadets. En l'espace d'une journée et demi, Etsuko avait l'impression d'avoir vécu une nouvelle naissance, et du coup goûtait avec une certaine saveur aux instants simples de la vie. Son mal de crâne avait disparu, elle était de nouveau capable de se débrouiller d'elle même, et bientôt son équilibre ainsi que ses capacités athlétiques furent de retour, aussi solides qu'avant. Elle n'avait jamais remarqué auparavant à quel point le simple fait de marcher, courir, vivre simplement pouvait rendre heureux. Elle comprenait également beaucoup mieux son oncle Kanza, amputé d'une jambe, qui tentait continuellement de compenser sa perte par son exubérance et sa joie de vivre apparente. Que de masques, dans ce monde. Que se passerait-il si soudainement tout le monde avait le devoir de le tomber ? Que découvrirait-on derrière ces façades bienséantes et minutieusement travaillées, poudrées, vernies, ornées de mille et un atours ? Etsuko profita ainsi de cette dernière demi journée de voyage pour goûter à la joie d'être en vie, tout simplement. Et nom d'un chien, que c'était bon.

La Toshiya s'accorda également une autre tâche, d'une toute autre ampleur. Un par un, elle se devait de remercier ceux qui l'avaient préservé de la déchéance, ravaler sa fierté et accepter humblement le regard peut être sévère de ceux qu'elle avait dérangé par son incompétence. Elle appréhendait énormément, en ce sens, la réaction de Yamada-san. L'un des enseignements primordiaux du clan consiste au refus de la médiocrité et de l'incompétence. Il n'y avait à sa connaissance pas de pire insulte pour un Toshiya que celui de l'aveu de son impuissance. Comment son cousin la voyait-elle en ce moment ? Yamada avait repris son poste en arrière-garde depuis le réveil de la kunoichi, aussi ne le voyait-elle presque pas. Peut-être évitait-il aussi la confrontation, ce moment inexorable où il devrait faire face aux paroles de la jeune femme. Vint le moment, à l'ombre d'un peuplier, lors d'une pause où les différentes équipes en profitaient pour faire une sieste ou bien se restaurer. Par un hasard bienheureux, ou malheureux selon la façon dont le prendre, Etsuko le croisa adossé à l'arbre centenaire, une pomme à la main. Leurs regards se croisèrent, il lui fit un petit signe de la tête, auquel elle obéit. Il croqua un bon morceau de son fruit quand elle brisa le silence gênant qui s'installait peu à peu.


Etsuko - Tu en veux un peu ?

Elle lui présenta un petit plateau de noix décrochées d'un arbre un peu plus loin. Grosses et d'une couleur beige alléchante, elles ressemblaient à des oeufs ridés qui avaient bronzé et oublié de mettre de la crème solaire. Il refusa dans une politesse approximative, et se contenta de croquer derechef.

Etsuko - Je voulais te dire...

Yamada - Il n'y a rien à dire. Ma mission est de défendre les intérêts de Kumo. Tu es une partie de Kumo.

Il détourna la tête vers la droite, plongeant son regard dans les prairies verdoyantes éclairées d'une lumière vive et dynamisante. Ainsi n'était-elle que le résultat d'une relation de causalité ? Etsuko resta un petit moment sans bouger, dans une perplexité mêlée d'amusement. Quel mauvais menteur faisait-il... Elle le comprenait de mieux en mieux, petit à petit, et son excuse rationnelle et sans sentiment n'était pas crédible pour un sou aux yeux de la demoiselle. Seulement, elle appréhendait également pas à pas sa pudeur extrême. Car il avait beau se cacher derrière tous les masques impassibles qu'il arborait en permanence, il n'en éprouvait pas moins les mêmes émotions que quiconque. Seulement, cette pudeur maladive l'obligeait à jouer ce rôle d'homme bourru et obstiné. Derrière la coquille toutefois se cachait un homme aimant, et profondément humain. On dit que c'est souvent dans les forteresses les plus imprenables que se cachent les plus fabuleux des trésors. Yamada Toshiya semblait l'exemple parfait de ce proverbe au combien véridique. Aussi, elle se contenta de sourire doucement, et sans prévenir, sans mot dire, embrassa Yamada sur la joue. Il ne la repoussa pas, mais ponctua le geste d'un petit grognement. Elle n'avait pas trouvé meilleure façon de montrer sa gratitude, et espérait qu'il l'avait compris de son côté. C'était le cas, mais il ne le montra guère, du moins pas tant qu'elle voyait encore la silhouette de sa cousine s'éloigner pour retrouver son coéquipier. Lorsqu'il fût sûr que plus personne ne pourrait le voir, un petit sourire serein s'ouvra sur son visage. Assurément, Yamada était humain. Il avait simplement oublié comment faire...

Le chemin se poursuivit sans encombres, jusqu'à un croisement où une équipe apparemment attendait le cortège pour se charger de la suite du voyage. Etsuko avait profité du voyage pour lier connaissance avec quelques Genins d'autres équipes, dont les membres aussi avaient subi d'importantes blessures pour certains. Elle s'estima heureux finalement de n'avoir quasiment aucune trace physique et que ses capacités psychiques n'aient pas été altérées après coup. La vision de quelques touchés plus graves lui donnaient la chair de poule, comme ce jeune homme de son âge, tellement sonné qu'il ressemblait maintenant à un légume sur pattes et ne pouvait vraisemblablement plus formuler la moindre pensée cohérente. Voilà ce à quoi elle avait failli ressembler. Voilà ce pourquoi elle devait régler au plus tôt sa faiblesse sur les genjutsuistes et leurs pouvoirs effrayants. La fin du voyage lui avait permis également de se rapprocher un peu plus de Kitsuke, qu'elle ne connaissait décidément pas assez. Il faudrait vraiment qu'elle fasse quelque chose contre ça dès que possible, mais pas dans le cadre d'une mission. Pour le moment, elle se contenta, au détour d'un chemin quelconque, sorti de nulle part, d'un petit mot qu'elle lui rendit, en souvenir du soir où ils avaient combattu ensemble.


Etsuko - Merci à toi aussi.

Depuis leurs positions respectives, les deux shinobis de l'équipe 8 ne parvenaient pas vraiment à comprendre ce qui se passait au devant, aussi le mieux semblait-il d'attendre patiemment la suite du voyage, tout en espérant que rien de fâcheux ne se passe par la suite...



J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.
Daiisu Aisu
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MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    Ven 3 Fév - 18:39

Etsuko Toshiya (Niveau 14) :
+ 20% Bonus inclus
+ 24XP

Pour la réputation, on va en discuter avant, je te reviens avec cela le plus tôt possible


Kitsuke Raito (Niveau 9)
+ 0% Bonus Inclus
+ 10XP


Arai Tsumetai (Niveau 21)
+ 40% Bonus Inclus
+ 28XP
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: [SU] - Le Daimyo du Pays de la Foudre    

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