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 La Dame de Brume

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MessageSujet: La Dame de Brume   Ven 20 Mai - 12:47

Prologue
La Dame de Brume






Le terrain d’entrainement pleurait de chaudes larmes de pluie issues de l’affrontement entre l’élève et le maître. Le bruissement de l’eau qui retombait dans les bras de sa mère créait une mélodie tendre… Cette mélodie donna même envie à la jeune femme de jouer. Son kimono blanc dont l’ampleur la rendait fantomatique, était trempé, assaillant les courbes féminines du corps de la Kagerou, dans des draps mouillés. L’air brumeux était assez lourd, et les quelques rayons lumineux qui passaient au travers des gouttes créaient des couleurs dignes d’un arc-en-ciel au sein de ses petites paillettes. Sous leurs pieds, l’eau ondulait, agitée et mécontente de servir de théâtre à cette scène. Seishin laissa lentement s’ouvrir ses paupières pour regarder Hyô en face d’elle…

« Je ne pensais pas être source de déshonneur. »

La Kagerou s’approcha, d’un pas léger et dansant, ressemblant à une démarche digne d’une geisha, et vint s’incliner devant lui, dans une révérence digne d’une fin de spectacle. La jeune femme lui tendit ensuite la paume pour y recevoir le précieux document…

« Je m’y présenterai demain sans faute. »

Dès lors, Hyô lui tendit le parchemin de convocation, et il se retira, calmement… Seishin demeura, quelques instants, seule sur le bassin. Il était temps de montrer réellement qui elle était… Un sourire vint ravir son visage.
Le vent souffla timidement dans la chevelure d’ébène de la jeune femme, les faisant délicatement virevolter dans ses volutes. Son kimono dansait dans ses respirations, rendant la kunoichi davantage vaporeuse. Elle releva sa main pour la glisser dans ses cheveux afin de ranger derrière son oreille quelques mèches indisciplinées. Il régnait en elle une certain grâce noble, une classe humble qui la rendait inaccessible. Son visage de porcelaine se baissa vers le contenu de sa main. Elle rejoint ses doigts sur le rouleau, et lentement défit son étreinte circulaire, pour lire le sujet du parchemin. Dès le lendemain, elle devrait se trouver à la porte du village, le matin à peine levé…

Après avoir lu les instructions, Seishin déclara qu’il était plus logique pour elle d’aller directement se rendre à la porte du village, quitte à y passer par la suite sa nuit. En effet, l’heure avait tourné en présence d’Hyô, et la jeune pâle n’était pas du genre à se prélasser dans les bras de Morphée. Elle se redressa alors, levant la tête vers le ciel nuageux, pour déposer ses pieds sur l’eau, un à un, jusqu’à rejoindre la terre ferme. Derrière ses yeux, les carpes koi la poursuivaient, dans un roulis des nageoires légers. Il régnait dans cet espace de lutte et de travail une poésie unique portée par les eaux. La jeune femme se retira, silencieusement, de ce lieu rituel, laissant derrière elle des miettes de son passage… Les pas de Seishin marquaient une allure fluide et maîtrisée, démontrant sans se cacher toute l’assurance de cette femme dont la douceur était le seul défaut. Délicate, elle se rendait vers la route de la gloire… Traversant les rues silencieuses à cause de l’heure tardive, Seishin se laissait voguer aux chants des ivrognes des tavernes avoisinantes. Elle était loin la fois où pour la première fois elle empruntait ce chemin… L’eau plissait contre le pavé sous ses gheta, une surface légèrement glissante qui pourtant ne lui voulait aucun mal. La traîtrise était un acte délictueux dans les ravages ondins. Sa silhouette s’élevait, légèrement poudrée d’une farine fine, s’estompant dans le cadre…

Les portes s’ouvraient un peu plus loin, et elle ne distinguait que les formes noires qui glissaient sans mot dire au loin. La Kagerou s’approchait d’elle, un sourire aux lèvres.

« Bonjour… Toujours à votre même poste depuis sept ans. »

Garde – « L’avantage est qu’il ne m’arrive plus d’envoyer des enfants innocents dans les bras de Hatori. »

« Ne vous inquiétez pas, il ne m’a fait aucun mal. »

Garde – « Je m’en serai voulu. »

? – « Kagerou-san ? » - La voix rauque d’un homme inconnu des proches de la jeune femme s’approcha. Naturellement, elle se tourna vers l’origine de cette voix, s’inclinant de politesse.

« Elle-même. »

? – « Je suis Airô, je serai votre examinateur. »

« L’épreuve de demain. »

Airô – « Geïrou-sama m’avait prévenu d’avance que vous risquez de venir plus tôt, de ce fait, l’épreuve peu dès à présent commencer… »

Dans un mouvement ample, la brumeuse tendit son bras en avant, laissant filer toutes les supplications de son kimono blanc, pour fléchir ses jambes dans une révérence élégante. Tout cela lui passait au-dessus des épaules. N’était-elle pas là pour obéir de toute manière ? Son visage ne semblait pas inquiété par cette nouvelle déstabilisante. Il paraissait à la fois serein et doux, avec un voile de réserve qui le rendait poudreux. Son regard se posait sur Airô, neutre et calme, avant qu’elle ne hoche la tête pour acquiescer…

C’était une belle femme de la vingtaine, une femme douée qui se faisait remarquer par sa discrétion. Si Hyô lui forçait la main pour qu’elle passe son examen, c’était parce que les supérieurs suivaient les intuitions du Juunin, ainsi que les méfiances convoitées de Hatori. Il s’avérait que ses compétences et sa technique de combat semblaient uniques dans leur manière de s’orienter. Elle était intéressante. Au-delà de cela, Seishin avait refusé déjà plusieurs demandes, plus ou moins pressées, ce qui la rendait encore plus attendue : l’accessible déçoit, tandis que l’inaccessible intrigue…

Airô sourit, voyant que la jeune femme acceptait enfin de se remettre à la demande. Il tendit le bras vers elle et lança une pointe d’humour.

Airô – « L’époque est loin où Kiri mettait ses Genin les uns contre les autres dans un combat à mort. »

Il ne décrocha qu’un regard neutre de la Kagerou…

Son sourire s’estompa pour révéler un air plus grave… Il était enfin l’heure de découvrir la difficulté de la vie d’un ninja. Il chercha dans sa sacoche, à tâtons, pour en ressortir un kunai, qu’il tendit aussitôt par la hanse à la jeune kunoichi, un fil, puis un parchemin…

Seishin s’empara de ses bibelots embarrassants et les rangeant dans son épaisse ceinture de tissu… Elle ne souleva pas la moindre inquiétude.

Il lui importait peu de savoir ce que sous-entendaient ses équipements… Le seul intérêt qu’elle avait, c’était de vite en finir, de manière à pouvoir retourner à son quotidien fugitif, vaquer à son devoir, suivre les mouvements de Kiri, et ceux des Aisu… Pas moins consciente que ses connaissances du village se développeraient au fil de son élévation hiérarchique, elle maniait à merveille les ficelles des attentes. Hatori la convoitait, Hyô la convoitait, il fallait que Kiri la convoite à présent, jusqu’à ce qu’elle devienne nécessaire à son fonctionnement…

Sa main s’engourdit tant l’envie la démangeait… Elle sourit un faible instant, agitant ses doigts d’une manière délicate… Les crampes qui la saisissaient finir par glisser jusqu’au bout de ses doigts, prêtes à choir du haut de ses ongles argentés, pareil à la fine pluie coulant sur les ardoises.

Airô – « Vous devriez déposer votre paquetage, il pourrait être gênant pour vous. »

« Je ne quitte pour rien au monde mon Koto. »

Airô – « Je vous souhaite de ne pas croiser d’adversaire. »

« C’est à lui que je souhaite de ne pas me croiser. »

Airô dissimula un sourire, amusé par l’assurance indifférente de la jeune femme…

Airô – « Il faudrait que je dise à l’homme de glace d’arrêter de fondre sur vous… »

« L’élève suit le maître… »

Dommage, une telle beauté ainsi réfrigérée…

Le ninja se redressa, déposant une main dans sa poche dans une attitude légèrement non chalante…

Airô – « Dommage… » - Il souffla ses mots à demi voix, avant de lui faire un signe de sa main libre – « Veuillez me suivre. » - Il passa alors entre les deux gardes, et leur lança, avec une pointe d’acidité amusée… « A plus tard. »

Il ne s’en suivit qu’un regard tourné vers le kunoichi, avant qu’il ne s’élance à la conquête du pays de l’eau, délaissant Kiri le temps d’un examen décisif…







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MessageSujet: Re: La Dame de Brume   Mar 24 Mai - 15:43


Pas un bruit ne filtrait dans le pâle horizon extérieur de Kiri. Deux silhouettes, une forte et imposante, et une seconde plus estompée, filaient en dans une direction connue que de l’un. Il régnait un silence cérémonial dans l’apparat brumeux du pays, un silence paisible qui réagissait au mouvement langoureux des vagues s’écrasant sur la terre… Ce seul son parcourait des étendues incroyables, créant une ambiance unique à cette île… L’air était visible de par les fines gouttelettes en suspension dans l’air, mouillant sournoisement les corps courageux. Rien ne filtrait, pas même les interrogations imaginaires… La destination du voyage semblait si lointaine, Seishin n’en avait pas eu le moindre souffle. Elle avançait dans l’humidité permanente de la rosée perlée, la silhouette droite mais légère, pour qui le sol semblait filer sous ses pas…Son visage de craie souriait, avec une douceur neigeuse, alors que ses yeux étaient concentrés sur le dessus de l’épaule de l’homme qui la guidait, pour en distiller la moindre information…

Airô – « Vous n’êtes pas bavarde. »

« Il faut savoir rester concentrée lorsque l’on ne connait pas le terme de son périple. »

L’homme se contenta d’hocher la tête pour acquiescer, forcé d’admettre que Seishin était du même moule que son enseignant attitré. Il sortit lentement la main de sa poche pour la passer dans ses cheveux en bataille, et comme pour faire connaissance, lança à la jeune femme.

Airô – « Pourquoi avez-vous rejoins Kiri, il y a sept ans ? »

La voix douce de la jeune femme tourna vers un timbre légèrement mélancolique et monocorde…

« Parce qu’il ne me resterait rien d’autre à la mort de mes parents. »

Airô – « Et pourquoi ne pas avoir choisi une voie plus calme ? Une femme n’est pas faite pour les champs de batailles. »

« Les plus belles fleurs fleurissent dans le sang. »

Airô – « Et maintenant, pourquoi restez-vous à Kiri ? »

« Pour y accomplir mon devoir. »

Airô – « Alors pourquoi avoir refusé jusque-là d’en avoir de plus nobles ? »

« Je n’avais pas la capacité physique pour y répondre. »

Airô – « Quel est votre but ? »

« En réalité, mon but sera celui de Kiri, quoiqu’il en devienne. Je suis à ses ordres… »

Airô – « Avez-vous déjà songé à intégrer les forces spéciales à l’avenir ? »

« Je n’ai pas cette prétention… »

Les doigts d’Airô semblèrent se décrisper non loin de sa poche, appuyant sur un objet qui s’y reposait… Seishin s’en aperçu, baissant alors les yeux au sol…

« Détourner mon attention pour mieux m’évaluer… C’est perfide. »

Airô – « Oh, si vous saviez tout ce que je suis censé vous faire ! »

« Il me semble que je vais bientôt le découvrir. »

Un sourire à la limite du sadisme s’inscrivit alors sur la face de l’homme, éveillant un rictus qui faisait luire son regard d’une pulsion noire. La jeune femme n’en tint pas rigueur, toujours confrontée à son dos, puisqu’elle marchait dans ses traces, qu’elle marchait sur son ombre. La Kagerou caressa alors sa lèvre inférieure du bout pulpeux de son index, levant les yeux vers le ciel dans une attitude réflexive…

Un léger bruit ondin vint s’immiscer dans sa pensée, tombant dans les flaques stables jusqu’à présent. Le cliquetis léger évoquait une pluie fine, mais, dès lors où l’homme claqua des doigts, la pluie devint lourde, dure et même oppressante… Cette attitude climatique agressive alerta les sens de la jeune femme… La vision lui était un tantinet brouillée, bien qu’étant native d’Awa, elle avait du mal à être embrumée dans ce genre de temps. Airô s’arrêta, silencieux… Sa silhouette s’éclipsa lentement, s’enfonçant dans la blancheur de la brume et dans la froideur de la pluie… Il s’était camouflé pour mieux admirer le carnage, sans doute…

Une silhouette se tenait davantage plus loin, figée, et semblant regarder la jeune femme. Seishin sourit, s’avançant lentement vers l’informe qui aurait pu être aussi bien amicale qu’une menace… Elle marchait, jusqu’à environner la personne, s’inclinant devant elle… Un rire rauque fila d’entre les lèvres humides de la femme trempée…

Izune – « Elle fut longue à arriver, la partenaire… »

« Je ne suis pas familière au travail en groupe. »

Izune – « Je suis Izune Kakechi, et je suis affilée au village de Kusa. »

« Tout ce chemin pour moi… »

Izune – « En général, on organise des tournois inter villages pour ce genre de promotion… Or, tu t’es faite priée à ce que j’ai pu comprendre. Du coup, on est un peu plus limité en informations. »

« Je ne m’inquiète pas pour ce filon… »

Izune – « Pour ma part, je m’en moque, on fonce dans le tas, on fait ce que l’on a à faire, et on se quitte. Je n’ai pas de temps à perdre avec une mijaurée. »

Dois-je réellement m’étonner de trouver le profil opposé ? Hyô, tu m’en as trop souvent fait le procès pour que je ne comprenne ce que tu désires…

Izune était une femme au caractère bien épicé… Son visage a demi visible était couvert d’un tissu qui voilait sa bouche et son nez, d’un vert sombre… Son regard perçant, d’émeraude polie, fixait inflexible la Dame de Brume. Ses cheveux noués en une queue de cheval serrée tirait ses traits d’une manière sèche et froide… Contrairement à ce qu’elle devait être de par sa présence ici, c’est-à-dire une Genin tout comme Seishin, elle paraissait plus expérimentée et axée sur les lois shinobi qui touchaient à la mort. La kunoichi de Kusa lança un regard vers sa partenaire et soupira, expirant un délicat nuage brumeux…

Izune – « Rien de plus discret que le blanc pour la dissimulation… Pfff. »

Seishin hocha la tête dubitativement. Être prise pour une débutante était son quotidien, or, lui dire qu’elle ne savait pas se camoufler dans la masse fut à la limite de l’ironie…

« Tu ne connais pas le pays on dirait… Dans ton village, le vert est peut-être de rigueur, ici, il règne une brume permanente et oppressante… Tu dois être visible à des kilomètres à la ronde pour un œil entrainé… »

Le regard qui était posée sur elle devint alors hautain…

Izune – « Et que sais-tu faire ? »

« Fuir ? »

Izune – « Je sens que je vais m’amuser … »

Le visage grave de la kunoichi montrait toute son acidité et son amertume. Elle pensait sans nul doute que Kiri était suffisamment dénué de talent pour envoyer ce profil de militaire sur un champ de mine… Elle serra avec force le poing, contrariée de se retrouver dans cette situation…

Izune – « Si je n’ai pas ma promotion à cause de ton incompétence, je te tue… »

« Je ne veux pas de cette promotion personnellement, les menaces ne me motiveront pas davantage. »

Izune – « Fais en sort qu’elles te motivent, car je tiens mes promesses… »

Seishin sourit, amusée d’ainsi faire réagir la femme piquante en face d’elle. Elle se contenta de lever le bras, et de lui faire signe de se taire… Révoltée, Izune ne tarda guère à le faire remarquer.

Izune – « Qu’est-ce que… »

La Kagerou deposa sa main sur ses lèvres pour la faire taire, mais dans un comportement agressif, sa partenaire s’empara de son poignet et tenta alors de lui faire une clef… Seishin soupira, plaçant son autre main au niveau de sa gorge, déployant son index et son majeur au niveau de la pomme d’Adam… Izune s’arrêta net, tout comme sa respiration…

Seishin, aux aguets, regardait les alentours avec une certaine attention délicate, continuant sa domination sur les poumons de la kunoichi, jusqu’à ce qu’elle eut ce qu’elle désirait.

« Merci. »

Elle sentit son poignet se libérer de l’étreinte puissante de la jeune femme, et dès lors, relâcha ses doigts au niveau de sa gorge, laissant à nouveau l’arrivée d’air à sa disposition…

Izune se recula de quelques pas, fusillant du regard la jeune femme farineuse, ses poumons tentant de reprendre u rythme juste…

« La pluie va amplifier, nous ferions mieux de nous retirer vers un endroit plus sec. »

Izune – « Pourquoi ferions-nous ça ? Je suis tombée sur la seule Kiréenne qui ne maîtrise pas l’eau ? C’est tout à ton avantage ! »

« Si c’est un haut gradé du village qui arrive, je n’aurais pas l’avantage non, mieux vaudrait aller dans la zone la moins humide, tu serais alors avantagée sur ce terrain… »


Le bruit retomba un instant…

Izune – « Je ne vois pas pourquoi un gradé nous attaquerait… »

Surprise par une telle remarque, Seishin s’arrêta net dans sa progression, se tournant vers elle avec l’air grave.

« Nous sommes évaluées. »

Izumi – « Chez nous, il faut ramener la tête de quelqu’un pour avoir sa promotion. »

« Nous sommes chez moi, de ce fait, tu vas suivre ma méthode. »

Izune – « Plutôt mourir. »

« Soit… »

Sans rien ajouter, la Kagerou se retira, avec une délicatesse vive qui s’estompait peu à peu dans la brume, désagrégeant et digérant lentement les voiles claires de son kimono…

Jamais les espions et les assassins ne pouvaient agir ensemble. L’un réfléchit, l’autre exécute, mais la vanité empêche toujours ce déroulement complémentaire…

Sa silhouette s’effilait silencieusement dans les volutes informelles et immatérielles de l’eau suspendue… Elle était une femme douce, certes, mais elle n’aimait pas s’encombrer d’obstacles dans ses jolies jambes claires. En aucun cas, la kunoichi n’avait demandé une partenaire, or, si celle-ci voulait agir de la sorte, elle n’avait qu’à le faire seule. Les spectres ne s’encombrent pas de souvenir pour venir hanter un domaine… Du bout de ses doigts fins, Seishin se retirait lentement, s’enfonçant davantage dans les méandres du pays de l’eau, comme pour déserter le village qui s’enfonçait à l’horizon derrière elle…

La pluie battait, dégoulinant de langueur sur sa peau claire. Le silence qui régnait était d’une incroyable légèreté, une véritable source curative… Pourtant, alors que son regard semblait aspirer au délice du calme, un frisson parcouru son échine…

Mais bien sûr…

Seishin se mordilla alors la lèvre inférieure, presque blessée d’avoir si aisément fautée.

Hyô-sensei, vous me connaissez donc si bien…

La réaction se montrait en effet très prévisible pour une jeune femme solitaire qui savait manier les ficelles sans se gêner des autres… Ainsi séparer, les deux jeunes femmes complémentaires se voyaient chacune amputées d’une moitié de leur champ d’action… Izune ne connaissait pas le terrain et fonçait tête baissée… Seishin le connaissait elle, mais elle était plutôt du genre à se retirer dès que les problèmes survenaient… L’offense n’étant pas son fort, elle me montrerait vulnérable si un long combat s’instaurerait, tant ses réserves s’épuiseraient avec une vitesse fulgurante… Elle n’en pinça que davantage sa lèvre, idiote qu’elle avait pu être…

Quelque chose me dit que vous avez le sourire aux lèvres, sensei… Je vais devoir changer mon profil…

La mort de l’une entrainerait la défaite de l’autre : c’était uniquement cela l’enjeu de l’instauration de l’équipe aléatoire. L’intégration, l’instruction, la raison, et la collaboration, tant d’étape à établir dans n’importe quelles situations si l’envie de vivre nous tient au corps dans un tel monde… Le visage si gracieux de la jeune femme semblait encore insensible à tout ce qui passait, pourtant, la kunoichi était réellement piquée à vif dans son orgueil… Au cours de sa vie, elle n’avait été que réussite, que raison et solution, jamais elle n’avait su décevoir ses attentes déjà hautement perchées, cette fois-ci, elle était tombée dans le piège le plus simple et le plus attendu de la part du village. Voilà pourquoi elle refusait les promotions que l’on lui proposait : elle n’en avait pas encore la carrure.

Je vais essayer, malgré tout, de conserver mon avantage, mais je pense qu’il est déjà trop tard…

La jeune femme ne taillada pas la brume, tentant de repérer sa partenaire… « Visible à des kilomètres à la ronde par un œil entrainé »… C’étaient ses mots, des mots qui lui collaient aux lèvres, elle, Vent de Brume qui avait autrefois vécu sur l’île floue. Elle pouvait la retrouver… Accommodant alors sa vue, elle se concentra sur cette couleur terrestre qui ne collait pas à ce pays, cherchant à l’isoler dans la marre de gris…

Izune – « Argh… »

Un bruit métallique résonna, et s’en suivit un déchirement brutal de la terre…

Izune – « Retsudo Tenshou ! »

« Trop tard… »

La terre grinça, bruyamment dans un frottement malsain… Seishin accéléra le pas, se dirigeant vers la source de ce bruit sourd, espérant qu’il n’était pas trop tard, puisque cette partenaire n’était pas forcément du style cérébral… Un soupir fila, constituant un fin nuage un peu plus opaque… Agitant ses doigts avec légèreté, elle tissa les fils de laine formés par ce souffle, l’étendant de plus en plus… Au village de Kiri, le camouflage dans la brume était une question de survie… La zone s’enfonça davantage dans un filtre oppressant de gris nuageux. Izune, se remettant à peine en question, ne soupçonna pas l’arrivée de la femme de brume…

En face d’elle se tenait une silhouette, une silhouette qui peu à peu, s’enfonçait dangereusement dans la création artistique de Seishin… C’était à double tranchant, mais il était nécessaire d’agir… La jeune femme à la peau claire s’élança devant Izune, manquant de peu de prendre un coup issu des réflexes aiguisés de la native de Kusa…

« Trop impulsive… »

Elle tourna un peu la tête vers lui et la fusilla presque du regard tant les étincelles de ses yeux semblaient d’une froideur arctique…

Izune – « La fuite te colle à la peau, pas à la mienne… »

« Résume-moi la situation. »

La kunoichi se tenait devant Izune, les jambes fléchies, et le regard fixant les alentours, suivant le mieux possible les oscillations de la silhouette hostile… Ses doigts s’agitèrent alors pour former quelques taos, et elle conserva le dernier actif, comme prête à réagir à tous mouvements suspects.

« Plus vite… »

Izune – « J’ai vu quelqu’un approcher, alors j’ai engagé le combat. »

« Pardon ? »

Izune – « Je voulais ramener sa tête ! »

« Sans connaître son identité… Tu n’auras pas besoin de moi pour rater ta promotion… Et tu te plaignais de devoir te trainer une femme comme moi. Dans ma sacoche, il y a un bandage, panse ta plaie, le sang est une odeur très attractive ici. »

La silhouette s’avança au cours du discours, sous le regard de la jeune femme.

« Qui va là ! »

Un fin rire résonna dans la brume…

? – « Je suis la clef de l’énigme. »

« Pourquoi attaquez-vous ? »

? – « Ma seule utilité est de répondre : si la question se compose de coups, je réponds dans le même langage. »

« Alors je vous déclare les hostilités achevées. Si vous ne faites que répondre à nos questions, j’en ai une. »

? – « Vous en avez déjà posé deux, il ne vous en reste qu’une. »

« Quel est votre lien avec nous ? »

? – « Ceci sera ma dernière parole : vous devez me tenir en vie. »

« Tu n’as décidément pas besoin de moi pour mettre tes chances d’avenir en retrait… » - La froideur de sa voix vint jusqu’à faire frissonner Izune qui ne ravala pas son orgueil pour autant… Seishin soupira, dénouant ses mains du tao encore actif jusque-là… Elle se redressa, pour s’incliner vers la silhouette de la dite « clef de l’énigme », qui continuait d’avancer vers elles, jusqu’à les rejoindre, un sourire sadique accroché sur le visage.

Izune – « Du coup, il va cesser de dire des conneries celui-ci ? Il nous est inutile, autant le laisser là. »

« S’il faut le tenir en vie, c’est qu’il nous est demandé de l’escorter. Laisse-le sur place si tu veux, je me moque pas mal de ce qui peut t’arriver… »

Izune de désemplit pas de sa colère…

Izune – « A ce que j’ai vu, il est totalement capable de se défendre seul ! »

« Un ordre ne se discute pas… Je n’ose pas imaginer le monde d’anarchie dans lequel tu vis pour ne pas savoir cela. »

Izune – « Ne m’insulte pas… »

« Je glisse comme mes mots sur toi et sur le reste… Rien ne me touche… Je suis simplement étonnée qu’ils t’aient envoyé là. Sans doute ont-ils voulu me mettre un obstacle de plus sur le chemin. »

Seishin la glaça littéralement…

« Maintenant, soit tu t’écrases et tu suis mes directives, soit tu te retires : dans le second cas, je ne te promets ni que tu conserves la vie, ni que tu aies le temps de t’en rendre compte. Je ne sais pas comment tout cela se passe dans ton univers nombriliste, mais à moins que tu ne sois borgne, sache qu’ici, c’est mon terrain. »

Izune – « Oh mais elle montre les crocs… »

Seishin ne releva pas… Elle sentait que le débat était clos, et qu’elle était ressorti vainqueur de celui-ci. Il ne restait que l’amertume pour s’exprime.

S’imposer… Un profil lunaire comparé à mon tempérament… Mais nécessaire, et ce, pas forcément par la force…

Un fin sourire se dessina sur son visage, alors qu’elle leva les yeux vers le ciel…

Si tu ne peux dominer par l’offense, domine quelqu’un qui peut attaquer pour toi, n’est-ce pas…

Il leur manquait, malheureusement, cruellement une réponse, une réponse qu’elle ne pouvait plus obtenir à cause de l’impulsivité de Izune, élidant d’office deux questions dues pour rétablir l’ordre des choses… Où devait-elle l’escorter ? … Seishin souffla une fois de plus, laissant un nouveau nuage gris s’installer, pour ensuite le déchirer violemment… La réaction ne se fit guère attendre, et le paysage se découvrit peu à peu de l’apparat artificiel… La vue restait timidement brouillé par le brouillard naturel, mais la purée de pois s’était dissipée…


Seishin semblait imperturbable, son visage de craie ne se tordant pas sous l’amère inquiétude que procure l’incompréhension.

Izune – « Hey la kiréenne, bouge-toi ! »

Seishin sursauta, se retournant presque en garde, cherchant des yeux sa partenaire. Elle n’eut le temps de réagir… Izune s’était déjà lancé dans l’exploitation de son art… Ses dents avaient douloureusement sectionné la peau de son index, le laissant saigner abondamment… La kunoichi de Kusa dessina alors sur le sol, avant d’apposer sa main au centre du pictogramme. Un soupir se décolla de ses lèvres, alors que le sceau s’illuminait…

Izune – « Le sceau qui fend les montagnes… »

La Kagerou n’eut que le temps de battre des paupières, voyant le choc et la puissance du sceau… Ses doigts s’agitèrent, s’arrêtant sur la formation d’un tao… Lentement, le corps de la jeune femme sembla se désintégrer dans un tourment pâle, s’effaçant…

« Les susurres de la brume… »

Izune serra le poing, sa partenaire, visiblement pas assez réactive avec certainement encaissé des dégâts collatéraux… Mais elle ne se souciait plus que du fruit de sa mission à présent, elle devait garder la tête de l’inconnu sur ses épaules…

Le terrain humide avait était arraché, écorché vif… Une fissure béante attirait avec sournoiserie la boue et l’eau, asséchant peu à peu la zone de combat… Mais Seishin n’était plus là. Izune sembla rageuse, serrant son poing, hésitante, avant de s’élancer vers la faille.

Izune – « Ne me dis pas que t’es tombée la mijaurée ! »

« Je vais bien… »

La main de la jeune femme à la peau claire sortie alors de la brume, se déposant sur l’épaule de la kunoichi, avant de laisser tout le corps fin de la kiréenne s’en évader…

« Pourquoi as-tu fais ça… »

Izune – « Nous ne sommes pas seules… »

« Hm ? »

Izune – « Quelqu’un nous scrutait du sol… »

« La puissance de tes coups me tiennent en respect… »

Le silence suivait chacun de leur mot…

« Du sol tu disais … »

Certaines techniques évoquent plus de souvenirs fictifs qu’une vie passée…

Kiri était un village fourbe, qui savait jouer de tous les rouages de leur possibilité pour atteindre leur but… Seishin se redressa alors, regardant l’homme qui n’avait pas bougé…

« Méfons-nous alors des flaques stagnantes, il en existe des innocentes, et certaines quant à elles, ne sont pas du tout andines… »

Izune hocha alors la tête…

Izune – « Tu es vive pour une Genin… »

« Et toi tu me parais bien puissante pour en être une… »

Izune – « Le bénéfice de l’âge sans doute… »

« Tu ne devrais plus l’être dans ta situation… »

Izune – « Ne pose pas trop de question. »

Coupant court à la conversation, la femme empoisonnée fusilla Seishin du regard… L’inexpressivité de ses traits la rendait oppressante et agressive visuellement. Il ne fallait pas remuer certains couteaux parfois trop profondément plantés dans une chair chaire purulente… Izune se recula, se positionnant dans une garde basse… Sa position dans un kiba dachi délicate à tenir lui donnait un air d’autant plus hostile… Elle ferma les yeux, respirant profondément, pour armer sa main en arrière… Sa respiration contrôlée filait d’entre ses lèvres, se coupant momentanément lors de la chute de sa paume qui vint violemment s’écraser sur le sol… La terre se souleva, en piques abruptes, déformant la totalité du terrain déjà ravagé par les interventions de la jeune femme… Le sol s’échappait, se durcissant et se redressant dans des méandres désordonnés de violence. L’herbe se noyait dans le torrent de boue et de roche, tout comme la kiréenne qui s’effaçait dans les esquisses boueuses…

Seishin regardait ce spectacle d’un œil critique. Tant de force, tant de chakra était consumé dans la réalisation d’une telle force de la nature. Izune s’appuyait solidement, elle ne bougeait pas, alors qu’autour d’elle, tout dérapait… La Kagerou soupira, soufflant une délicate vapeur blanche qui se déformait sous son souffle… Ses doigts se serrèrent, et son corps se laissa happé dans les sulfures de l’immatériel. Sa silhouette se déchira… Les extrémités de la soie blanche qui la couvrait venaient se confondre avec l’atmosphère, dévorant progressivement le corps blanc de la jeune femme… Puis plus un souffle, elle n’était plus là.

Les forces de la nature s’opposaient, s’alliaient…

La Genin sentait qu’Izune préparait quelque chose et de ce fait, elle préférait se cacher des éventuels dégâts de sa partenaire, surveillant l’homme posté derrière elle… Sans dire un mot, elle s’en approcha, allant se poster dans son dos, pour passer ses bras autour de lui… Lentement, la blancheur de ses mains se détacha de l’épaisse brume, venant se poser sur sa bouche…

« Silence … »







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MessageSujet: Re: La Dame de Brume   Mar 31 Mai - 18:22



Dans les éclats de terre qui craquelaient, une silhouette esquivait une à une les offenses…

Au loin, muet, Hyô assistait à la scène, l’ouïe et la vue comme moyen de remarquer les actions de son élève… Alors qu’il était là, dans une attitude réflexive, son sourcil se releva successivement à chaque utilisation violente du doton à l’horizon…

Hyô – « … »

Quelque chose clochait, mais ce fut volontairement qu’il décida de n’en faire ni le rapport, ni de s’en mêler… Il restait au loin, silencieux, pour voir comment se débrouillerait Seishin…

L’ombre filait, souple et légère, au travers les attaques lourdes qui rendaient le sol vicieux… Sans prévenir, sa main s’arma d’un kunai, auquel était liée une note explosive… L’inconnu lança de toutes ses forces le kunai, visant sans concession Izune. Le projectile, à toute hâte, cherchait à attenter à la vie de la partenaire d’infortune de Seishin… Réagissant au bruit fin de la lame qui tranchait l’air, la Kagerou pivota, nuageuse, sa main se matérialisant soudainement pour venir s’emparer de la note explosive qui dormait derrière le kunai. Le papier en sa possession, elle le lia rapidement à un autre projectile, et le retourna à son propriétaire. En attendant, Izune, campant toujours sur sa position lourde, éleva la terre devant elle pour laisser l’arme s’y planter inutilement. Pourtant concentrée sur les déplacements invisibles de la Kagerou, elle ne parvenait pas à la voir, ni à la comprendre.

La terre grondait, attisant la jalousie de la pluie qui se mit à battre…

Le climat pouvait être décisif dans certains affrontements, ce fut pourquoi Seishin fit particulièrement attention à ce détail qui aurait pu passer inaperçu… Avec une finesse brumeuse, la jeune femme laissa le brouillard conquérir le lieu, accomplissant dans l’ombre blanche, à l’abri des regards, quelques taos qui eurent un effet presque immédiat… Les gouttelettes d’eau se laissaient aspirer, sans mot dire, pour s’évaporer dans une blancheur âcre et oppressante… La brume faisait de son lit un véritable domaine de conquête. Malgré cela, d’autres glissaient d’entre les mailles du froid pour tomber sur le sol… Ces quelques privilégiées servaient une tierce personne…

En face d’elles, le ninja détourna très simplement le projectile, esquivant de quelques pas le souffle de l’explosion de la note. Son regard perçant avait déjà su identifié le style de combat de Seishin, pourtant, voir la terre ainsi se crevasser ne lui semblait pas normal… Son index vint se déposer sur sa tempe…

Tokai – « Geïrou-sama, il y a un souci par ici… »

Hyô – « Je sais. »

La voix neutre de l’homme de glace tomba comme un couperet sur le ninja engagé.

Tokai – « Poursuivons-nous l’examen ou devons-nous intervenir ? »

Hyô – « D’après moi, elle peut le faire… Soit l’appât, Seishin a du talent pour apprendre des choses sans que les mots ne soient échangés. »

Tokai – « Elle va finir comme Hatori ! »

Hyô – « Je veillerai à ce que cela n’arrive pas. »

Sur le visage de Tokai se dessina un sourire… Il était camouflé dans un tissu qui s’enroulait autour de sa tête de manière à camoufler son identité. Seul son regard de jade filtrait dans une bande pudique de son corps apparente. Les instructions étaient données, il fallait agir en conséquence. Ainsi renseigné, il savait qu’à présent, il allait devoir lever le soupçon dans l’esprit de Seishin sans lui communiquer la moindre information… La pluie était une aubaine.

L’homme pivota, prenant appuis sur son pied arrière pour esquiver un pic dur qui vint s’ériger là où il se tenait quelques secondes auparavant. Il fit un pas en arrière, se dirigeant vers une dune de terre présente pour composer à l’abri de toutes présences certaines préparations de son répertoire… Tokai porta sa main sur le tissu, le tira quelque peu vers le bas pour libérer ses lèvres, un filet d’eau arpentant déjà leur commissure. Alors qu’il ouvrit la bouche, il retira l’entrave, laissant couleur une quantité importante sur le sol… Sous ses pieds, la terre commençait à trembler…

Izune ferma les yeux, composant une importante série de signes… Deux immenses murs de terre s’élevèrent, de part et d’autres de la position du ninja…

Seishin se tourna vers Izune… Une telle connaissance du répertoire du Doton était impressionnante… Son regard se concentra alors sur l’expression de son visage, neutre et imperturbable…

Une telle maîtrise face au stress me tient en respect…



Seishin savait pertinemment qu’une telle neutralité d’expression en situation de combat, bien que leur âge ne leur permette une meilleure maturité, restait une prestation très impressionnante pour le niveau qu’elles étaient censées avoir… Disloquée dans sa fine brume blanche, elle se pinça la lèvre, conservant plus d’attention sur sa partenaire que sur son adversaire actuel…

Pendant ce temps, Tokai esquiva de peu le sarcophage terrestre qui filait pour l’étouffer. Souffrant de quelques déséquilibres suite à son saut, il s’activa pour mettre en place une technique démesurée, tant elle était admiré au village… Ses doigts s’agitèrent, et l’eau dansait sous leurs mouvements, prenant une importance de plus en plus dévastatrice… Sa main s’arrêta net, donnant naissance à un monstre aqueux incroyable… L’eau s’éleva, violente, filant vers la kunoichi de Kusa…

Seishin ne craignait pas en particulier cette technique, sachant que pour la brume, l’esquive était le meilleur des gages de qualité, cependant, elle s’avoua une curiosité malsaine… Elle désactiva son dernier tao, reconnaissant ne pas vouloir annuler l’imposant dragon aquatique… Izune ne pouvait parer une technique de cette puissance, Seishin se savait d’autant plus que lors d’un entrainement, Hyô avait pris un malin plaisir à se jouer d’elle par son biais.

L’eau s’avançait dangereusement… Izune, malgré cela, ne sourcilla même pas. Elle éleva ses deux bras successivement dans une danse céleste, érigeant successivement de hautes colonnes de pierres qui vinrent, une à une, emboutir une partie de l’être d’eau… Voyant cette destruction venir à son aboutissement, la Kagerou se tourna vers elle et se dirigea sans concession dans son dos, sans laisser la moindre partie de son corps visible… Camouflée, elle savait que la jeune femme ne pourrait rien voir venir. Son premier réflexe fut de récupérer l’homme qu’Izune était censée protéger, tirant son bras autour de ses épaules. Seishin réapparu, juste assez longtemps pour élever une brume si lourde que rien ne se voyait au-delà de cinq centimètres…

Elle fit signe à la dite « clef » de se taire, et vint traversa le terrain, sentant sous ses pieds vibrer et gronder les plaques tectonique…

Tokai s’immobilisa, voyant venir les agissements de la kiréenne…

Tokai – « Je pense qu’elle a compris. »

Hyô – « En effet, par contre, je ne peux plus vous assister. »

Tokai – « Pas de problème pour cela. »

Le Vent de Brume manqua de peu de se faire empaler, préférant repousser la progression de son hôte pour encaisser le coup.

« Continuez droit devant, sans vous arrêter. »

Le temps de se relever, et Seishin vint de fines barres l’entourer, comme pour l’emprisonner…

Non loin de là, Tokai entendit les bruits de pas des deux protagonistes et parti sans plus attendre à leur rencontre. Alerte de par le peu de visibilité, en effet, bien que la brume soit un élément à part entière du village, Seishin avait l’art de la rendre si opaque, si lourde, que même les kiréens avaient du mal à s’en débattre… Sa main vint serrer le poignet de l’homme.

Tokai – « Replis immédiat ! »

La clef se contenta d’hocher la tête, sans même prendre la peine de conjurer son henge. Il ne fit que ce signe de tête, optant pour une vive téléportation, esquivant par la même l’offense de la jeune femme. Dès lors, Tokai se lança à la recherche de Seishin, s’enfonçant dans la nappe blanche…

Prise au piège dans les bras de la terre, la Kagerou soupira pour se laisser dématérialiser… Ses bras s’estompèrent, et son corps se déforma sous le vent, se déchirant en volutes gracieuses… Sa silhouette se désintégra, happée par la brume qui filait d’entre les bras de terre… Seishin réapparu alors, au dehors de la prison, tomba nez à nez avec Tokai.

Tokai – « La situation est critique. »

« Elle dit être de Kusa… »

Tokai – « Pardon ?! » - Son regard se fronça… « Et tu n’as rien vu venir ?! »

« Les examens Chuunin sont généralement fait de sorte à ce que les villages se rencontrent, donc non cela ne m’a guère paru étrange… »

Tokai – « Il faut qu’on retrouve la vraie Izune… »

« Je m’en charge… »

Tokai – « Non, occupe-toi d’elle ! »

L’homme se retira, l’index pointé sur son oreille…

Tokai – « Geïrou-sama, il y a peut-être une blessée, je vais rechercher l’autre Genin et je vous contacte pour alerter les secours. »

Hyô – « Laissez Seishin seule. »

Tokai – « Je l’ai fait, mais je m’inquiète. »

Hyô – « Je ne connais pas ce sentiment… »

Tokai baissa la tête, retirant l’empreinte de son doigt sur sa tempe pour soupirer. Il laissait donc une deuxième Genin dans les bras de la kunoichi dont les capacités n’étaient pas encore estimées…

Tokai – « Geïrou-sama, vous pouvez la voir ? »

Hyô – « Je n’en ai pas besoin, je la connais. »

Tokai – « Bien. »


Seishin resta, quelques instants, seule face à la prison de terre… Elle glissa son bras à l’intérieur des bras, alignant quelques signes pour laisser apparaître son image parfaite dans le piège… Ainsi prisonnière et libre, la jeune femme se recula pour chercher un point d’encrage loin de cela… Son sourire vint apparaître sur son visage comme pour colorer ce décor de blanc vêtu…

La jeune femme leva délicatement la main, la portant sur le lien de soie au niveau de ses épaules, jouant de la finesse de ses doigts pour délier sa langue enchaînée… Son autre main accompagna avec subtilité les mouvements de l’instrument qui vient s’enrouler sur autour d’elle dans les drapés clairs… La Kagerou s’assit alors en tailleur, laissant le tissu noble aspirer peu à peu l’eau et la boue dans ses mailles… Seishin expira un fin nuage blanc, et se mit à constituer calmement plusieurs taos, de sorte à créer une nouvelle réplique d’elle-même… Elle ouvrit lentement les yeux pour voir sa jumelle immatérielle, et se releva pour lui laisser la place devant le koto…

Joue, à en faire rêver les étoiles…

Avec lenteur et douceur, le clone vint délicatement pincer les cordes, laissant filer une délicate mélodie si connu des proches de la jeune femme…

Hyô – « Rokudan… Les Six mouvements de Seishin… » - Un sourire discret vint se poser sur son visage, disparaissant presque aussitôt… « Tant que tu joueras, c’est que tu auras la situation en main… » - A nouveau, un rictus moins froid se dessina, mais comme une illusion, ne resta pas même une seconde… « Tu savais que j’étais là… »

Hyô conserva alors le regard rivé sur la brume trop dense pour n’en distinguer la moindre silhouette, l’oreille guidé par les doigts du clone de brume… Il ne pouvait pas desceller l’affrontement, ni même deviner qui avait l’avantage, il n’avait que pour seul certitude le fait que le silence annoncerait la défaite de son élève…

Hyô – « Si tu doses mal ton chakra, il te videra de toute énergie… Si tu n’agis pas, elle te tuera… Tu as les cartes en main, Vent de Brume… »







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MessageSujet: Re: La Dame de Brume   Lun 20 Juin - 14:19

L'élève qui ne connait son maître ne peut être digne de lui succéder...

Izune – « C’est quoi ce bordel ? »

La kunoichi, toujours en posture offensive, dépensait des quantités de chakra pour parvenir à conserver l’emprise sur l’élément dominant du terrain… La musique survenant, alors qu’elle sentait encore le poids de Seishin dans la prison l’irrita…

Izune – « T’as vraiment que ça à foutre ? Ca me facilitera la tâche… Je comprends pourquoi Kiri a cette réputation… »

La jeune femme restée jusqu’à présent muette se posta en face de la voix, dans un rayon d’une bonne dizaine de mètres… Dans les plis de son kimono, ses doigts s’animèrent, se colorant d’une timide teinte grise… Seishin sembla se dissiper dans la brume, lévitant, mais conservant un matérialité palpable… Ses cheveux s’effilaient dans le blanc menaçant… Un fin sourire se dessina sur son visage, avant qu’elle ne laisse fuir sa voix…

« Kiri no Kuni, l’abri des démons… »

Sa voix résonnait de part et d’autre dans la brume, comme si chaque particule d’eau en suspension émettait ce son… La voix, à la fois lointaine et proche, sonnait légèrement caverneuse, comme si elle venait d’une autre entité que celle du commun des mortels… Le timbre tremblant fit frissonner Izune…

Tokai – « Geïrou-sama ! Il se passe des choses étranges ! »

Hyô – « De quel genre ? »

Tokai – « Il y a une aura malsaine, les démons se réveillent… »

Hyô – « Tu sais aussi bien que moi que les seuls démons ici, ce sont nous… »

Tokai – « Je ne plaisante pas… »

Hyô – « Alors Seishin me cache des choses… »


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