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 [Event Uchiha] L'avènement du Dragon

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MessageSujet: [Event Uchiha] L'avènement du Dragon   Ven 15 Juin - 5:23

Le monde était devenu fou.

Mes pas vifs résonnaient entre les murs de bâtiments mornes, dans une ruelle déserte. Je n'avais pas arrêté de courir, pendant les trois dernières heures de cette soirée. Quelque chose de sinistre étendait son ombre sinueuse sur le Quartier Uchiha. Enfin, peut-être que je me faisais juste des idées. Peut-être que tout cela n'était qu'une de mes nombreuses psychoses. Cette marche solitaire était peut-être inutile, tout compte fait. Ces trois dernières heures auraient été gâchées que ça ne m'étonnait même pas.

Mais certains détails dérangeaient. La nuit était calme. Trop calme.

Depuis que le Conseil avait été établi, la symphonie de l'acier résonnait aussi couramment que celle des grillons, aux heures tardives. Il n'y avait que des Cygnes au début, mais les impulsifs Tigres s'étaient joints à la danse. J'aurais aimé dire que c'était innocent au début, mais ça ne l'avait jamais été. Les Cygnes cherchaient la violence sourde et aveugle, et attaquaient des cibles isolées. Des domaines qu'ils considéraient collaborateurs. Traîtres à la doctrine et aux valeurs du clan. L'Ours et la Loutre se sont joints à leurs cotés, n'ayant jamais éprouvé de sympathie envers le conseil. Nulle Vipère à l'horizon, mais il semblait bien que le Patriarche mettait toute son énergie à la tâche. Le Lion avait formé une milice, et sillonnait les rues afin de stopper ses effusions.

C'est pour ça que, mon poil s'était hérissé. Il n'y avait personne. Pas de badauds profitant de la fraîcheur du coucher de soleil. Pas de brigade léonine aux allures stoïques. Aucun rogue embusqué au détour d'une zone de pénombre. Rien. Personne.

Et depuis le meurtre de Kuzako, ça ne présageait rien de bon.

La dirigeante du Conseil a été retrouvée pendue à ses appartements, brutalement mutilée. Je n'avais moi-même rien vu, mais d'après les témoignages, l'acte semblait avoir été commis par une bête enragée. Le domaine est resté muet des jours durant. Mais ce n'était que se méprendre, on ne provoquait pas impunément la bête endormie. Le Lion avait retrouvé cet homme méprisant, ce petit rat nommé chef de domaine après la mort de Takeshi, et avait cloué sa tête sur une pique. Imaginez cette succession de sentiments, sur leurs visages. La surprise, la peur, l'indignation, la colère.
Les Cygnes ont dit qu'ils ne laisseraient pas ce meurtre sordide impuni, bah tiens.
Innocents, ils se proclamaient. Ils niaient toute implication dans le meurtre de Kuzako, mais on savait tous que c'était des conneries. C'était peut-être pas eux directement, il était même plus probable que ce soit la Loutre qui ait orchestré tout cela. Mais nous n'étions pas assez naïfs pour croire que le Cygne n'avait guère joué de rôle dans l'affaire.

Une rafale de vent me pris de cours, frontale, me ralentissant et me faisant même stopper. Mon regard balaya nerveusement les environs, alors que je cherchais en vain quelque chose qui ne devait pas se trouver là. Et, glas résonnant sinistrement dans mon esprit, une voix particulièrement désagréable me rappela que rien de ma situation n'était normal.
Et que je devrais me presser, oui. N'oublie pas, n'oublie surtout pas. Ce que tu as vu dans le domaine du Corbeau.
Comment cette image pourrait-elle s'effacer de mon esprit ?
Le corps de Tomoro Uchiha totalement démembré, gisant dans son sang. Je n'avais pas éprouvé la moindre tristesse, après tout, disons-le clairement : c'était un connard, imbu de sa personne.
Mais il ne méritait pas de mourir comme ça, avec la hache encore sale à coté de lui. Personne ne le méritait, merde.
C'était là que j'avais commencé à vraiment flipper. A courir comme si ma vie en dépendait. Et oh que oui, elle en dépendait. Et pas que la mienne.
Que ce soit une coïncidence ou pas, Aho était quand même le second dans la ligne de succession du domaine du Corbeau. Oh oui, vous me direz ce que vous voulez, il avait de la famille le chef, mais ce petit Naisen n'était rien de plus qu'un fœtus de paille, ne présentant pas la moindre menace.
Coïncidence ou pas, je me suis sentie obligée de rendre visite à une amie. Une visite pas agréable, on s'entendait bien là dessus.

Le Domaine du Lion n'était pas simplement majestueux, même s'il l'était de trop. Il y avait autre chose gravé à même la pierre des bâtiments. Quelque chose de noble, que le Cygne n'avait jamais réussi à simuler malgré toutes leurs fioritures et airs condescendants. Les maisons défilaient rapidement, et je ne jetais de regard à aucune d'elle. Je savais parfaitement où aller.

La bâtisse où je m'arrêtais ressemblait à tant d'autres. Un étage, des portes fenêtres, un toit traditionnel. Rien qui sorte de l'habituel, en somme. Le quelque chose qui m'avait attiré ici se trouvait sur les cieux. Naturellement, j'aurai pu emprunter la voie simple, à savoir rentrer par la porte d'entrée. Mais cette nuit étant ce qu'elle est, je préférais ne prendre aucun risque. A moins que ce ne soit que de la psychose. N'empêche que j'avais du mal avec les coïncidences.
Trop de coïncidences. Et cela me remémore un sombre proverbe sur ce qui se cache dans la nuit ... Un saut précis me fit atteindre le rebord d'une fenêtre du premier étage. Constatant la méprise, une nouvelle acrobatie me permit d'atteindre l'emplacement choisi. Je me permets un regard vif à l'intérieur.
La chambre est celle que l'on s'attendrait à voir de la part d'une quelconque adolescente. Des meubles ici et là, des affiches et photos accrochés aux murs, des couleurs féminines (ou moches si vous préférez), et un lit accueillant sa propriétaire. Un petit sourire se dessina sur mes lèvres, alors que je m'introduisais à l'intérieur, tel un vulgaire stalker.
Ma chevelure ébène dansa, alors qu'à pas feutrés, je m'asseyais juste à coté de la demoiselle, sur le lit. Je me sentais limite coupable. Coupable de m'introduire en voleur chez elle, la tirer des draps en pleine nuit.
Mais c'était une nécessité. Elle était importante pour moi. Avec ses boucles châtains et son visage d'ange, délicat et paisible.

Je posais ma main sur son épaule, et la secouais doucement. Puis alors qu'elle se plaignait sans pour autant daigner ouvrir les paupières, j'insistais plus, refermais un peu plus ma prise. Jusqu'à-ce que finalement, yeux mi-clos, elle me regarde ensommeillée juste pour marmonner.


- Kazu', c'pas une heure ...

- C'est une heure comme une autre pour une visite !

- T'es relou ...

Elle se contente de se retourner, me présentant son dos, ce qui accentue mon agacement. Et ma nervosité déjà latente, exprimée par un petit *clip clop* du pied sur le plancher. Et perdant patience, je tirais sur sa couverture et la balançais de l'autre coté de la chambre, laissant la demoiselle en pyjama découverte.

- Grouille, on a pas l'temps !

- Pourquoi ?

- Tu sais très bien pourquoi ...

Le malaise teinta ma voix. C'est sûr, ça aurait été plus simple de tout lui dire. Mais, était-ce nécessaire de l'alarmer outre mesure ? En aucun cas. Cette angoisse qui figeait mes traits, je ne voulais pas la partager. Elle était trop précieuse. Mais pourtant, elle savait. Je l'ai lu dans ses yeux, alors qu'elle prenait un air grave, loin de celui de la petite fille endormie.

- Ils ne vont pas s'arrêter à Kuzako, c'est ça ?

- Oui.

- Et ça se passe ce soir.

Mon silence lui servait de réponse, et c'est sans tarder qu'elle s'activa à sa tâche, le voile du sommeil l'aillant définitivement quitter. Cinq minutes, pas plus, c'est ce qui lui a fallu pour être en tenue pratique et pour passer la fenêtre, jetant des regards furtifs tout autour d'elle. Quelque chose me donnait envie d'exprimer ma fierté à son égard, mais les mots se gelaient dans ma gorge. Il était trop tôt pour ce genre de futilités, le danger était éminent. Le domaine du Lion désert ne fit qu’aggraver mon stress intérieur, et pourtant, j'étais loin de me douter que ce ne serait que le début.

Lorsque nous quittions la relative sûreté du Domaine, les ombres commencèrent à bouger, à danser, à se refermer sur nous deux. Le moindre bruit nous faisait sursauter, crisper nos traits en imaginant l'innommable menace tomber sur nous. Mais ce n'était que des lubies de nos esprits, les reflets de notre terreur. Mais la vraie terreur, elle, n'était pas encore présente. Elle n'était venue que plusieurs minutes après, qui m'ont pourtant sembler des heures. Et nous savions que nous étions traqués. Notre rythme de course, pourtant vif, s'était d'autant plus accéléré. Rien à faire. Les bruits de pas feutrés résonnaient bien trop fort à nos oreilles. Les silhouettes indistinctes se devinaient au clair de lune.
Et alors que nos forces nous quittaient, les leurs ne semblaient jamais vaciller.
Nous atteignions une zone de broussaille, où il était aussi simple de se cacher que de se faire prendre en embuscade. Histoire de prendre un peu de repos. Une minute pour reprendre son souffle. Je me laissais tomber le long d'un arbre, haletant. A coté de moi, à genoux sur l'herbe ruisselante de rosée, Yui était au bord de la crise de sanglots.
Yui, vingt ans, prochaine dans la succession après son père Keiryu. Voilà pourquoi j'avais tant tenu à l'éloigner du Domaine. Après ce qui était arrivé à l'autre blanc-bec d'Aho, je me doutais du sort qu'on lui réserverait.
Mais, ne nous voilons pas la face. Ce n'était pas juste pour ça, du tout. Yui, c'est une fille adorable et enjouée, douce et empathique. Belle à sa façon, même si je doute être le seul à avoir une telle fascination pour elle.

Yui, c'est un peu la fille avec laquelle j'ai envie de passer ma vie.

Je constate nos possibilités. Là, maintenant, tout de suite. Et sincèrement, je suis tout sauf positif. Les gens qui nous ont cernés doivent appartenir au Domaine de la Loutre, vu à quel point leur truc est bien foutu. Je devine facilement qu'ils nous ont cernés, où en tout cas qu'ils en sont pas loin. On était à bout, et fuir ensemble ne s’achèverait que par notre capturer et par une fin peu héroïque. Se battre revenait à un suicide, ne nous voilons pas la face.
Alors, il n'y avait qu'une chose à faire.

Vous savez, je crois que c'est le moment le plus paisible de cette soirée, celui que je suis en train de vivre là. Voir même de toute ma vie en fait. Après la montée d'adrénaline, voilà la chute. Après la chaleur, place au froid. Et à la sérénité. A une sombre détermination amenée par la résignation. La résilience. L'affectation du fait que, parfois, certaines situations nous dépassent, et que l'on ne peut pas y faire grand-chose.
Je m'accroupissais à coté de ma demoiselle aux cheveux châtains, et prenais ses mains dans les miennes, les serrant sûrement avec un peu trop de force. Et elle devait bien voir aussi que je tremblais. Alors qu'elle relevait le visage vers le mien, que son regard venait se river au mien, un échange silencieux s'accomplit. Avouant mes désirs inavouables. Et je prie la parole.


- Yui, Yui, Yui ... Écoute moi bien ... Tu traces, et surtout tu te retournes pas, le domaine Hyuuga est plus très loin. Tu trouves n'importe qui là-bas, tu lui dis ce qu'il se passe, et surtout, surtout, tu restes là-bas jusqu'à-ce que ça se calme, t'as compris ?

- Et toi ?

- L'est temps que j'devienne un vrai mec.

Ma voix s'était brisée sur la fin, se fondant dans le murmure du vent. Elle savait. Je savais. La situation n'avait rien d'équivoque. Et c'est peut-être pour ça que j'ai dû la remettre debout à moitié, et que j'ai dû limite la pousser en avant pour qu'elle se décide à effectuer quelques pas en avant. Mais à peine les avait-elle fait, qu'elle se retournait vers moi, figure stoïque découpée dans la pénombre. Un petit sourire en coin se dessina sur mes lèvres, alors que je lu demandais, avec ce qui se voulait un ton narquois.

- Hey, qu'est-ce qu'on dit à la mort ?

- Pas aujourd'hui.

- Trace.

Pour ne jamais revenir, petite Yui.


Dernière édition par Kazuya Uchiha le Sam 16 Juin - 21:37, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Event Uchiha] L'avènement du Dragon   Mar 7 Aoû - 22:09

- Tu es déjà épuisé, renard ?

La voix sonnait terriblement narquoise, même si elle était semblable aux copeaux de glace formés sous les branches. Définitivement, elle n'avait rien de moqueuse, et c'est peut être bien pour cela que deux sentiments se battaient en duel dans mon esprit embrumé : La rage et l'impuissance.
La rage de l'impuissance, même. Savoir que ses paroles avaient tout du constat, et tout de la sentence. Le gringalet en face de moi, il avait pas cillé une seule fois. Deux minutes après que Yue m'ait quitté, j'avais senti. Pas lui, ses acolytes d'abord. Des ombres fugitives aux visages de nacre. Ils avaient tourné autour de moi, sans jamais s'approcher. Je ne pouvais que deviner qui ils étaient. Deviner à travers leurs mouvements et leurs pas, leurs corpulences et leurs traits déformés. Déjà, rien qu'eux auraient pu me tuer. Un seul d'entre eux. J'étais assez expérimenté pour le savoir.
Mais d'un autre coté, j'en avais un peu rien à foutre, je savais très bien que j'étais là pour mourir, alors de la main d'une, deux, ou d'une dizaine de personnes, ça n'avait plus tant d'importance. Avant oui, mais sur le coup beaucoup moins.

Mais lorsque le gringalet s'est pointé, tout a changé.
Même le vent s'était tu, tout était devenu immobile. Et lui, il cachait pas son visage. Il avait une tête d'Uchiha, et je parle des vrais Uchiha, un sang pur aux yeux onyx et à la chevelure ébène. Et un ado' à peine plus vieux que moi, p't'être plus jeune. J'ai senti la blague à un moment, mais même là j'avais trouvé ça de mauvais goût. Et sans un mot, il m'a convié à la valse silencieuse.

Cinq minutes s'étaient écoulées.

Nous avions dansé cinq longues minutes, sans que je n'arrive à prendre l'ascendant. Peut-être était-ce ce qu'il attendait de moi, d'un autre coté on ne m'avait pas trop laissé le choix. Mais l'indécence avec laquelle il avait contre-carré tout et chacun de mes mouvements m'avait étourdi. Littéralement. Je n'ai pas la prétention d'être le meilleur, loin de là. Je sais qu'il y a de trèèèès nombreux shinobis qui me dépassent en force et talent. J'en avais même croisé pas mal hein, sans vouloir m'en vanter (et puis pourquoi je le ferai ? je vais mourir anyway). Mais bref, aucun ne s'était amusé à esquiver mes techniques les plus complexes. Ils m'avaient pété la gueule avec plus ou moins de tact, mais ils n'avaient pas dansé avec mes nerfs.

L'Averse Mortelle, la Danse Sous la Nouvelle Lune, la Mort Silencieuse, la Lance Divine ...

Leur force qui se voulait absolue ne signifiait rien, ou presque.
J'étais en sueur, et je haletais comme un forcené. Le connard en face ? Quedalle. Alors je me sens obligé de l'interpeller.


- Putain, mais t'es qui à la fin ?

- Je suis le lien entre la terre et le ciel, le début et la fin.

Ce putain de mec était un illuminé. Mais qui faisait flipper.

- Ce combat devait avoir lieu, car nos engeances s'affrontent depuis la nuit des temps. Mais ce n'est ni toi ni moi qui nous affrontons, mais juste les idées que nous représentons. Nous ne sommes rien de plus que des pantins au service d'un dessein supérieur, Kazuya. En as-tu conscience ?

- J'pense que t'es carrément pas bien dans ta tête, j'ai le droit ?

Cette discussion était une perte de temps, et le répit qu'il m'offrait ne me donner aucun réconfort. Je savais très bien qu'il allait continuer dans sa tirade mystico-tarrée, et j'y pouvais rien. J'avais pas les arguments pour, et, au fond de moi, me glaçant l'échine ... Je savais que lorsqu'il en aurait fini, je suivrai le trépas de ses mots.

- Le déni de la réalité, si souvent vu et vécu. C'est bien à cause de lui que la chute et l'ascension ont lieu. Est-ce pour autant un mal ? Je ne suis guère juge, mais l'on m'a mandaté. La conjonction est celle tant attendue, et l’Élue est parmi nous pour nous guider en ces temps sombres. Les pupilles écarlates sont celles de la tragédie et de la grandeur, celles qui souillent et embellissent de sang tout ce qu'elles regardent.

Il faut une figure forte, pour aller de l'avant. Pas que je l'ai choisi, mais le flambeau s'est de lui même porté en ma personne, en celle de Seiryu du Domaine renaissant ... du Dragon. Veux-tu faire partie de ce nouveau monde, jeune Kazuya ? Briller à jamais parmi les astres du ciel ?


J'étais assez futé pour comprendre qu'il ne s'attendait pas vraiment à une réponse. Il n'y avait rien de vrai sur son visage, dans ses pupilles ou dans sa voix. Juste des copeaux de glace résonnant de façon absurde dans cette esplanade ouverte et sombre, où étrangement nous étions les deux seuls êtres vivants.
Juste lui et moi, parce qu'il ne fallait pas plus. Mes doigts se crispèrent sur la garde de ma lame, un katana de qualité pas si médiocre que ça, mais qui avait beaucoup à envier à des armes de meilleure qualité. Son regard croise le mien. Il comprend. Je comprends. On ne parlera pas cette nuit, ni les autres. J'étais là pour en finir, avec moi-même. Après tout, il n'y a aucune honte à ne pas remettre ce que l'on peut faire aujourd'hui au lendemain.


- Va et frappe-moi, jeune Kazuya. Que ta lame s'enfonce sur le rempart que je représente, pour que tu comprennes qu'il ne peut ni ne doit y avoir d'autres voies. Le prisme des choix est brisé, Kazuya.

Le chakra était malaxé au bout de mes doigts, et ma lame s'en empreignait toute entière. Il fallait frapper, et frapper une seule fois, une frappe qui ne laisserait pas l'occasion à l'ennemi de se relever. Mais quel espoir y avait-il dans tout cela ? Cela sonnait futile. Désespéré. Ce combat n'en avait jamais été un, et ce dernier coup de théâtre n'était rien de plus qu'un moyen pour m'écraser davantage.
Sans porter aucun coup, il m'avait ébranlé plus que le plus puissant coup de masse. Une goutte de transpiration coula le long de ma joue, alors que je me dressais fièrement.
Tout cela était ridicule. Je me demandais même pourquoi je ne l'implorais pas de finir cette mascarade et de me tuer d'un unique revers de la main. Je ne sais pas, plus rien n'avait d'importance pour moi.
Je ne fis qu'un unique pas, avant de m'évanouir dans les airs, l'espace d'une éternelle fraction de seconde.
Me voilà bien plus près de lui, plus près que je ne l'avais jamais été. J'entendais le froissement du tissu de qualité, l'odeur de menthe, le mouvement de cheveux mus par un vent imaginaire.
Et la déchirure caractéristique de l'acier tranchant à travers vêtement, peau, chaire et os. L'éclaboussure de sang et son odeur écœurante. Et finalement, l'étincelle. Celle qui embrasa le tout et résonna en un coup de tonnerre, illuminant fugacement l'espace, chassant la nuit de façon éphémère.

Il n'y avait plus rien, maintenant. J'étais seul au milieu du Quartier Uchiha, et ce Seiryu n'était plus là.
Plus là, pas dans le sens mort, juste dans le sens absent. Évanoui. Un vif regard me renseigna sur la réalité de la scène, et ma lame tachée dissipa quelque peu mes doutes. Je l'avais frappé mortellement.
Le soupir de soulagement résonna. Nan, je n'y croyais pas. Mais il n'y avait plus de présence suffocante, plus de gringalet dérangeant.

Ma victoire était belle et bien là, improbable et impossible.
Accueillant une brise avec un sourire à peine voilé, je me mis à rire à gorge déployée.


C'est peut-être pour ça, que je n'ai pas vu cette ombre plus noire que l'ébène me recouvrir. Et que la lame qui m'a transpercé de part en part tenait plus du rêve que de la réalité.
Battement de cœur. Un, deux. Le rire s'était noyé dans ma gorge. La morsure du froid remplaçait la morsure des brasiers. Et un sentiment, étranger, m'envahissait. Pas celui de la déchéance, un sentiment tout autre. Un sentiment artificiel de bien être, qui m'accompagnait dans mon linceul.

Mais même comme ça, je refusais.
Refuser d'admettre sa puissance. Sa supériorité. Qu'il puisse y avoir une quelconque vérité dans ses paroles dénuées de tout sens. Ma chute était lente, mais on m'avait toujours dit que je l'étais, lent. Je n'ai pas réussi à fermer les yeux, si bien que je pouvais observer des dalles froides et sans vie. Le flou arriva, et les couleurs se sont éteintes.

Au fond, mourir se résumer à ça, à éteindre des lumières.


- Il fait si ... noir ...
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MessageSujet: Re: [Event Uchiha] L'avènement du Dragon   Jeu 1 Nov - 20:22

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