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 Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure

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MessageSujet: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Mar 24 Mar - 4:56

Là se dresse ma maison.

Petite, minuscule même... Vous n'y trouverez ni tableaux, ni marbre, ni pierre, ni moquette, ni même de toilettes, ou de portes. Juste quatre grands pans de taule dans le plus pur style patchwork, ajustés à un toit qui vient égayer le tout dans une ondulation superficielle, et presque ostentatoire.

Dedans, quelques meubles, trouvés ça-et-là, sans valeur. A l'intérieur, quelques objets utiles, mais rien de superflu. J'avais réduit mon existence à sa plus simple expression. De toute façon, je ne vivais ici que quelques heures par jour, dépenser du temps à embellir un amas de plastique a autant d'utilité que de toiletter un chat errant.

Bref, bienvenue chez moi, une maison en kit, dans un quartier du même acabit. D'aucuns disent que les villages cachés ont, à défaut d'offrir le luxe, l'incomparable qualité d'être en sécurité. Il est sur que ces personnes n'ont jamais vu la bordure Est de leur propre cité. Ou plutôt, ils n'ont jamais voulu les voir, trop occupés dans leurs vies minables aux relents d'ignorance. Ici, les jeunes apprennent à voler dès leur plus jeune âge, les adultes se destinent à des voies peu enviables, allant du brigand de bas étage, au dealer, en passant par la prostitution et le marché noir. Et tout ce beau monde, dans un joyeux chaudron, s'émulsionne et se bat contre soi-même, pendant que les vrais pourris, eux, regardent le spectacle dans leurs tours de verre.

Je suis donc né ici, mais j'ai choisi de voir ailleurs. Du quartier, nous devons être trois ou quatre, tout au plus, à avoir pu, un jour, fouler le sol de l'Académie. Par contre, il doit en avoir des centaines à l'espérer au moins une fois dans leur vie. Malheureusement, l'espoir n'est que trop présent, et fait de l'ombre à une réalité qui les rattrape, tôt ou tard.

La ruelle est sombre ce matin, le soleil n'est pas encore bien haut. Lentement, mes yeux s'ouvrent sur le plastique ondulé de mon plafond-toit de première qualité. L'avantage des petits espaces, c'est que tout est à portée de main. En une fraction de seconde, j'attrape ce qui me servira à préparer le thé : casserole, eau, et feu, qui accessoirement me sert en même temps de chauffage, en ces temps plutôt humides et froids. Les quelques minutes d'attente sont une torture épouvantable. Il fait froid, je grelotte sous ma couette, en espérant que ça passe vite. Bien entendu, ce n'est jamais le cas.

Ce matin, même le goût du thé est infect. Je n'ai pas la tête des bons jours. Tant pis, il faudra faire avec, d'autant plus que ça ne risque pas de s'améliorer. Aujourd'hui, j'ai rendez-vous à l'Académie, pour commencer mon entraînement. Je dois donc rentrer dans cet établissement nauséabond, cotoyer ces crétins d'élèves aussi arrogants que stupides, et me coltiner un autre couillon de premier ordre qui me prendrait pour un imbécile, comme d'habitude. Maigre consolation : la première fois, c'est une cruelle désillusion. Les fois suivantes, on sait à quoi s'attendre.

J'enfile mes vêtements, attrape mon maigre équipement, et je bondis hors de mon hôtel 4 étoiles, direction la maison des fous... Je le fais pour toi, Aneko, j'espère que tu vois bien ça de là haut. Sinon, je pète un watt, et je viens te botter le cul au paradis. Le soleil apparaît doucement devant moi, illuminant les poubelles, et autres immondices des lieux, comme pour narguer un peu plus les habitants du quartier. Et doucement, je quitte les rues malfamées de Kumo, en direction du nirvana... ou du moins, la première étape pour y parvenir
.

MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Mar 24 Mar - 18:10

Les ruelles défilent au rythme cadencé de mes pas qui fouettent les flaques du village des nuages. En cet instant, je ne pense à rien. C'est agréable. Le vent souffle sur mon visage, de légères perles de larmes s'extirpent de leur foyer originel, attirées par le froid d'une saison trop peu clémente.

Je quitte le foyer des inexistants pour rejoindre celui des nantis. Les commerces apparaissent, d'abord par à-coups successifs, puis régulièrement, jusqu'au foisonnement rococo des lampions et des vitrines illuminées dans cette presque clarté d'un matin automnal. Des flaques et de la boue, j'en suis venu aux allées pavées, grouillantes d'enfants, de rires, de regards hautains, de bonhommes peu commodes, de dames boursoufflées. Je ne fais pas partie de ce monde. Je m'en rends compte, et ils me le rendent bien. Je n'ai pourtant rien à leur envier. Ma richesse, je la trouve ailleurs, dans des contrées qu'ils sont si loin d'imaginer...

[Inconnu] - Hey, toi là bas.

Simple réflexe, je me retourne. Ce genre de paroles m'est toujours destiné. Encore une fois j'avais raison. Sans mot dire, je toise du regard l'imbécile malpoli. Je suis attrapé par deux autres débiles. Je me laisse faire. Je dérive ailleurs. Mon corps est ici, mais mon esprit divague.


Une ruelle, et une impasse en plus. C'est dingue ce que les clichés fonctionnent toujours... Ca sent le réchauffé depuis déjà 5 bonnes minutes.

J'ai déjà une idée de la suite des évènements. Faut dire qu'ils ne sont pas très inventifs au pays des nuages. Après tout, il ne s'appelait peut-être pas comme ça pour rien... Le pays des nuages dans le ciel était couplé par une brume intense au niveau des neurones, qui se traduisait bien souvent par l'incapacité totale à voir plus que le bout de son nez. Jour après jour, en vivant dans ces rues, je remarquai que de moins en moins de personnes dérogeaient à la règle.

Le refrain habituel du chantage, suivi du couplet des menaces me confirma sur la voie de la crétinérie absolue.

Ne fais pas le malin, on te fera rien si tu nous donne tout ce que tu as.

Tout ce que j'ai...

Je regardai au ciel, mes yeux vides cherchaient point de fixation, et ne s'en délogèrent pas.

... c'est une promesse. Et je ne peux pas te la confier, désolé.

A l'esprit, ils répondirent par les muscles. Prévisible. J'encaissai malgré tout, sans broncher. Je ne les toucherais pas, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'ils n'en valaient pas la peine. Ensuite, parce que mes poings étaient destinés à d'autres personnes, en d'autres lieux...

Le sang coula, vint de méler aux flaques d'eau. D'ici, on aurait pu croire au quartier de l'Est. Mais non, il s'agissait bien de ceux qui ont, et pas de ceux qui sont. Quelle ironie... Je restai malgré tout debout. La vibration des coups dans mon ventre faisait sursauter mon corps entier, chaque fois un peu plus. Le sang en bon fugitif, profitait de l'occasion pour s'échapper de ma prison corporelle. Soit. Ils s'arrêteront bien, tôt ou tard... Ce n'est qu'un mauvais moment à passer, un mauvais moment...







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MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Mer 25 Mar - 18:59

¤,.°o°O Chapitre 7 : Croître et Grandir O°o°.,¤
« Par un jour de pluie »
-1-

Le silence.

Un rêve presque utopique dans un village qui ne dormait que de brèves heures au cours de la nuit. Pourtant, aussi invraisemblable qu'il puisse paraître, il régnait à cette heure matinale comme un calme absolu sur la cité des nuages. Même le centre-ville s'était tu pour mieux entendre la symphonie des gouttes d'eau s'échouer sur les toitures. Triste panorama que celui-ci. C'est très certainement ce qu'un étranger aurait pensé en découvrant pareil spectacle. Fort heureusement, les kuméens étaient bien loin de concevoir les choses de la même manière. Le ciel gris, la pluie, les orages menaçant, étaient autant d'éléments qu'ils s'étaient habitués à apprécier au fil du temps. Même ceux qui n'étaient pas originaires du village – mais qui le servait avec loyauté – finissaient toujours pas s'y acclimater. Il ne pouvait en être autrement, le pays de la foudre était ainsi fait.

Comme tous les matins depuis son retour de Konoha, Sho avait prit l'habitude de se réveiller aux aurores et d'aller méditer dans les montagnes pour mieux se préparer à chaque journée qu'il lui était donné de vivre. Le rôle de chuunin instructeur demandait une vigilance et une omniprésence irréprochable. S'il pouvait prétendre aux deux, l'eisei-nin savait pertinemment que l'expérience, et donc le temps, jouait un rôle majeur dans leur maîtrise. Ces séances de méditation quotidienne n'étaient donc là que pour rendre son esprit aussi limpide que possible avant d'affronter le lot de complications que pouvaient engendrer n'importe quelle journée à ce poste.

Sur le chemin du retour, Sho s'arrêta quelques instants dans le parc Yumekuteka, au pied d'un arbre dont les feuilles étaient sujettes à des tremblements à chaque passage du vent réfrigérant. A l'abri de la pluie, il entama la lecture d'un traité sur les plantes rares dissimulées au quatre coins du pays. Une seule de ces plantes attira toutefois son attention parmi la multitude de celles présentes dans l'ouvrage : l'Akajiso. Cette plante, d'après les vagues informations stipulées à son sujet, poussait seulement en haute altitude dans les montagnes encerclant le village. Elle était reconnaissable à ses feuilles d'un rouge de feu et à sa tige presque aussi pourpre que ne l'était les couleurs portées par le Raikage. Comme une grande majorité des plantes rares, l'Akajiso entrait principalement dans la fabrication de recettes médicinales et autres mixtures empoisonnées. Ce qui expliquait pourquoi l'armurier avait tant sollicité l'aide du centre de missions pour en retrouver dans les plus brefs délais. Maintenant qu'il savait où chercher, Sho n'avait plus qu'à attendre la fin des préparatifs. Des préparatifs qui se résumaient, à l'heure actuelle, à une mission de rang D pour ses genins.

La pluie continua de tomber pendant encore dix longues minutes. Quand le déluge s'eut enfin arrêté, Sho reprit son chemin vers l'académie, livre en main. L'architecture et l'agencement des rues n'étaient pas un problème. Tout était si minutieusement gravé dans sa mémoire qu'il n'éprouvait aucun mal à rejoindre l'académie sans jamais regarder dans quelles directions ses pieds se dirigeaient. Il fallait ajouter à cela qu'il n'était pas de ceux qui passaient tout à fait inaperçu dans la masse. Cheveux fourchus partagés entre des mèches rouge brique et pourpre, longue veste assortie et ajustée au corps, kanji tatoué à même le cou, Sho Nagoshi n'était décidemment pas de ceux qu'on bousculait par inadvertance à moins d'être aveugle. Au contraire, il était plutôt le genre de personne avec qui on gardait une certaine distance. Allez savoir pourquoi. Les villageois le croyaient peut-être fou, dérangé, ou peut-être même dangereux, simplement parce qu'il ne cadrait pas à leur style. Mais peu importe dans le font, lui ne s'en souciait pas et cela ne l'accommodait aucunement. Chaque homme et femme de ce monde étaient libres de penser ce qu'il voulait, il n'avait rien à leur prouver.

La route du chuunin s'enfonça partiellement dans un des quartiers est du village. Un quartier réputé pour ses troubles. La lumière commença à décroître à mesure qu'il s'enfonçait dans des ruelles bordées par d'imposantes bâtisses. Puis il y eut comme des bruits étouffés ... comme si quelqu'un tapait dans quelque chose de matelassé. Bien que ces sons troublant se faisaient de plus en plus insistant, Sho continua sa route sans quitter son livre des yeux ...

... enfin jusqu'à cette impasse.

En passant devant, il ne nota que des taches floues du coin de l'oeil. Un nouveau coup étouffé se fit entendre clairement puis un autre et encore un autre. Ils étaient trois. Trois à taper sur un seul. D'une seule impulsion, Sho referma son livre dans un clappement sourd puis il le rangea dans une des poches intérieures de sa veste. Ses yeux perçants décrivirent un demi-cercle et s'arrêtèrent sur l'individu qui était chargé de frapper le " prisonnier ". Par-dessus son épaule il distingua clairement un visage et un bandeau du village. Se pouvait-il que ces hommes fussent entrain de s'en prendre à un shinobi ? Peu probable ... même un simple étudiant pouvait échapper à ce genre d'individus. A moins que, à moins que le shinobi ne refuse de se battre ou que ces hommes ne soient pas ce qu'ils paressaient être. Quoi qu'il pouvait en être, que ces coups soient justifiés ou non, il devait y mettre un terme.

Sho pivota sur ses talons et s'engagea dans l'impasse sans quitter le groupe des yeux.

Les deux hommes qui tenaient la cible furent les premiers à le remarquer. Immédiatement, ils adressèrent un hochement de tête au troisième qui se retourna dans sa direction. Sho dessina un très léger sourire aux coins de ses lèvres – rien d'ironique – puis il salua ce dernier d'un très légèrement hochement de la tête.

· SHO · Quoi que ce garçon ait fait, deux hommes sont de trop dans l'équation.

La voix limpide du chuunin fut interrompue par les ricanements des trois individus. A les voir de si près, Sho doutait désormais qu'ils n'eussent qu'une seule goutte de chakra en eux. Alors pourquoi ce shinobi n'avait pas pu agir ? La réponse restait introuvable.

· ? · Qu'est ce qui a ? Toi aussi tu veux y goûter ?

L'approche diplomatique ... toujours plus noble.

· SHO · L'hôpital a déjà bien assez de travail, je ne vais pas en plus de ça leur rapporter trois nouveaux patients. Allons, laissez-le et rentrez chez vous.

De nouveaux ricanements. A croire qu'il n'était pas prit au sérieux. L'homme qui lui faisait face dessina un sourire dément et voulu faire un pas vers lui quand Sho tendit son bras gauche en avant, paume tournée vers lui, pour lui faire comprendre qu'il ne devait pas faire un pas de plus. L'homme s'arrêta plus par curiosité qu'autre chose.

· SHO · Rentrez chez vous ...

Un dernier murmure en espérant que cela change tout. Rien à faire, le résultat fut sans appel. L'homme s'avança, menaçant, suivi de près par les deux autres. Sho n'eut qu'à lever son bras droit et à y faire affluer une quantité de chakra pour dissuader le trio d'imbéciles. D'une seconde à l'autre, il pouvait décider de rabattre son bras contre son corps et ainsi propulser une lame d'énergie contre eux. Fort heureusement, l'apparition d'une aura bleutée autour de son bras réussit à les dissuader de poursuivre dans leur voie. Ils fuirent sans demander leur reste. Sho fit alors affluer son chakra dans ses mains puis il forma une série de signes qu'il conclut par un murmure.

· SHO · Jinsei Noshi

Le shinobi blessé put alors ressentir une vague régénératrice naître dans ses entrailles et se répandre dans tout son corps. La douleur disparaîtrait, les saignements s'arrêteraient, comme si rien de tout ça n'était arrivé. Il n'était plus blessé.

· SHO · Tu es très résistant comme garçon. Que faisais-tu ici en si bonne compagnie ?

Ironique ? Il fallait avouer que l'ironie n'était pas forcément ce qui collait le plus à la peau de Sho. Le ton était léger, un peu monotone, sans malveillance aucune. Une manière comme une autre de détendre l'atmosphère sans avoir à demander s'il allait bien ou quel était son nom.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Mer 25 Mar - 22:56

Quelques instants passèrent. Mes yeux se fermaient lentement. Oui, pas de quoi s'inquiéter, ils arrêteraient bientôt, fouilleraient mon corps, ne trouveraient rien, et partiraient déçus.

Mais non, ça ne se passerait pas comme ça.

Le destin d'un autre avait décidé de croiser le mien. Et il ne fallut pas longtemps pour que le trio des boulets disparaissent sans demander leur reste. Le tour de passe passe énergitique n'y était pas pour rien

· SHO · Jinsei Noshi

Une douce éruption bienfaitrice vint chatouiller mes entrailles. A vrai dire, la douleur ne me dérangeait pas. Voilà bien longtemps que j'étais complètement déphasé. L'hémoglobine stoppait son flot incessant vers le sol humide. Lasses, les coupures s'étaient refermées : elles ne me plieraient pas.

· SHO · Tu es très résistant comme garçon. Que faisais-tu ici en si bonne compagnie ?

Ananda - Je me dirigeais vers l'Académie.

La suite, il le comprendrait seul. Taciturne, n'est-ce pas ? Vous le saurez, je n'ai jamais été très doué pour tenir la conversation. Aneko, elle, y arrivait. Je crois que ça l'aidait à tenir le coup. Moi, j'aimais écouter. Cette voix suave aux reliefs accidentés, cette multitude de couleurs, elle me faisait vivre. Ne plus l'entendre, c'était perdre l'émotion des sens. Voilà bien longtemps que je ne ressentais plus rien.
Pas de remerciements non plus. Pour quelqu'un qui méprisait l'impolitesse du gang des couilles molles d'il y a quelques minutes, ça pouvait être paradoxal. Mais c'était comme ça. Je suis un homme complexe, voyez vous.

A la place, je regardai mon sauveur. Un grand tas de muscles souriant au regard doux et agréable à regarder. J'en profitai donc pour m'y attarder quelques secondes. Et la première reflexion fut pour les fuyards dont je trouvais la décision plutôt judicieuse. De cet individu émanait une puissance sourde, tapie au tréfond de son être. En ce sens, il attisait ma curiosité.

Si je voulais poursuivre mon rêve, il faudrait un jour que je tue celui qui m'a sauvé la vie... Comme tous les autres d'ailleurs.


Toutefois, entre le rêve et la folie, il n'y a qu'un pas. Je n'en étais pas encore à ce stade, et je ne suis pas suicidaire. Aujourd'hui, il s'agit de regarder, et comprendre. Peut être changer de voie, reconnaître mon erreur. Mais sa mémoire n'était pas encore honorée... Et les preuves de la bonté de l'être humain, trop faibles en ce jour pour apaiser cette plaie béante, celle que j'ai au coeur depuis tant de jours, d'heures, de minutes, de secondes...


Ma jeunesse avait péri ce jour-là dans un râle de sang étouffé. C'était l'automne, comme en ce moment. Les marques sont venues d'un coup. Le soir même, je me suis asséché. Mon coeur s'est sillonné, s'est craquelé. Mes trains se sont éffondrés et j'ai su que je n'avais plus rien à redouter du temps.
Mon âme a été déchiquetée en une nuit pas les ombres des années à venir, qui ne consisteraient qu'en une longue et harassante vengeance envers le monde de ceux qui jouent du pouvoir, et prennent des vies pour leur plaisir. Mon visage s'est racorni comme du vieux papier abandonné au soleil
.
C'est presque attendrissant, ce visage ravagé qui vous vient soudain. Cette lourde fatigue, ces tranchées sous les yeux, ces traces d'un combat perdu d'avance, durant le sommeil.

J'étais rompu au sortir de la nuit.
Il y avait encore de l'eau dans ce grand corps sec. Les larmes se sont glissés dans le creux de mes artères.

Et aujourd'hui, je contemplais cet homme, au regard serein, sans savoir ce que l'avenir allait me réserver.

Ananda - Merci

C'est à peu près tout ce qui me vint à l'esprit. Puis je regardai la flaque ensanglantée, qui étonnament, reflétait mon visage.
Je me suis reconnu pourtant, j'ai reconnu ce fantôme qui me faisait
face dans le miroir et qui me souriait, cette longue caresse du temps
qui passe, s'enfuit, s'envole, glisse entre vos doigts vous attrape par la main et vous emporte à jamais.


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MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Ven 27 Mar - 16:08

¤,.°o°O Chapitre 7 : Croître et Grandir O°o°.,¤
« Par un jour de pluie »
-2-

Sho ne tarda guère longtemps à obtenir une réponse du garçon qui lui faisait face. Il apprit ainsi que ce dernier avait cherché à rejoindre l'Académie avant de tomber sur ce trio de truands. L'information pouvait paraître anodine dans le contexte actuel mais elle ne l'était pas tout à fait aux yeux du chuunin. Il y avait plusieurs raisons à ce qu'un shinobi se rende à l'Académie. Pour un étudiant, il s'agissait d'apprendre les bases de l'art ninja. Pour un genin, il était davantage question d'assister aux cours particuliers associés à sa discipline. Pour un chuunin ou un jounin, l'Académie était avant tout une source de documentations importantes. La salle de littérature comptait un si grand nombre d'ouvrages de toutes sortes qu'il était impossible de ne pas y mettre au moins un pied de toute sa vie. Pour autant, Sho jugea que le garçon devait être de rang genin. Un étudiant ne pouvant pas porter le bandeau frappé du symbole de Kumo, et un chuunin ne pouvant lui être totalement inconnu sachant qu'il avait déjà eu l'opportunité de tous les rencontrer au premier jour de son passage en grade.

De fait, cette rencontre devenait fortement intéressante. Pour un chef d'équipe comme Sho, croiser la route de nouveaux genins était toujours de bon augure. C'était une manière comme une autre de découvrir de nouveaux individus et d'en apprendre assez d'eux pour pouvoir apporter de légères modifications aux méthodes d'instruction en vigueur.

Ce garçon ne ressemblait à aucun de ceux qu'il avait pu côtoyer au cours de sa vie. Il y avait comme une lueur éteinte dans son regard. Sho n'avait eu que quelques fractions de secondes pour s'en apercevoir – le genin n'étant visiblement pas homme à soutenir trop longtemps les regards lancés dans sa direction. Il ne les fuyait pas mais semblait absorber par d'autres choses ; des choses plus intimes. Sho avait l'étrange impression que ses yeux étaient tournés vers lui mais qu'il ne le regardait pas pour autant. Comme s'il était prisonnier d'un autre univers ou tout simplement de pensées trop enfouies. En un tel instant, cette impression aurait pu être confirmé par le traumatisme qu'il venait de subir en se faisant attaquer de la sorte. Mais une petite voix disait à Sho que cela n'avait aucun rapport. Tout simplement parce qu'il avait décidé d'encaisser les coups sans y répondre et donc qu'il n'attachait, sans doute, aucune importance à ce qu'il venait de se produire.

Quelque chose tracassait ce genin. Quoi ? Il était bien délicat de le savoir. Mais si Sho savait bien une chose, c'est qu'il ne fallait forcer personne à parler de ses démons intérieurs. Un jour viendrait où ils sortiraient de leur propre chef. Tout ce qu'il pouvait attendre, était que ce jour se présente au plus vite. Le reste n'avait pas grande importance dans une telle situation.

Un remerciement plus tard et Sho l'observa se tourner vers les étendues de sang à ses pieds. Encore une fois, il parut captif, absent. Le passé pouvait avoir de drôles de ressentiments dans le présent au même titre que le futur et l'appréhension qu'on pouvait lui vouer. De là à savoir s'il était vraiment question de temps au fond de ses yeux éteints ... cela restait un mystère, même pour le plus grand des observateurs.

Sho eut une pensée pour Ine, la spécialiste en genjutsu qu'il avait eu à affronter au cours du Tournoi Chuunin. Ses pouvoirs lui auraient été d'une grande aide. Sa capacité à percer l'esprit de quiconque devenait sa cible, lui aurait certainement permit de comprendre ce qui pouvait se tramer dans la tête de ce jeune homme. Mais le genjutsu n'était pas la voie qu'il avait choisie. Les maux de l'esprit ne lui étaient pas méconnus pour autant, seulement il s'était fait maître dans la guérison des blessures physiques et non mentales.

Une goutte de pluie puis deux ... puis une multitude de gouttes s'abattirent sur la scène. Les toitures se remirent à chantonner des mélodies inconnues des Hommes.

· SHO · Je me rendais moi-même à l'Académie pour y faire quelques recherches. Que dirais-tu de faire le chemin ensemble ?

Ces mots avaient soudainement brisés le silence. Sho glissa ses mains au fond des poches de sa veste et fixa son interlocuteur du moment, en attente d'une réponse. Il leva ensuite rapidement ses yeux vers le ciel assombris puis il ajouta sur un ton détaché :

· SHO · Quoi que tu décides, nous ferions mieux de nous mettre en route rapidement.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Ven 27 Mar - 18:42

Les premières gouttes de pluie matinales avaient décidé de tomber à ce moment précis. La flaque rougeoyante devint rapidement pieuvre rouge aux tentacules foncées. Bientôt, plus aucune trace de combat ne resterait sur le champ de bataille éphémère, si toutefois bataille il y avait eu...

· SHO · Je me rendais moi-même à l'Académie pour y faire quelques recherches. Que dirais-tu de faire le chemin ensemble ?


De nouveau, je regardai le shinobi. Sa proposition était simple, directe, et je n'avais aucune raison de la refuser. Cette fois, mes yeux furent captés par les siens. Profonds, sincères, ils respiraient la quiétude. Je soufflai, épuisé par de telles sensations. Oui, certainement, cet homme respirait la bonté.

Ananda :
Pourquoi pas.

En cet instant, je voulus sourire. Mes muscles ne purent d'y résoudre. Je m'en inquiétai : avais-je oublié comment faire ? Je m'en rendais compte... Petit à petit, un grand vide me rongeait. Je m'érodais sous le poids de douleurs trop intactes. Mais il ne tenait qu'à moi de les détruire, ou plutôt, d'en faire abstraction.

· SHO · Quoi que tu décides, nous ferions mieux de nous mettre en route rapidement.

Oui, je me devais de remplir ce gouffre, il le fallait pour moi, ma santé, mon esprit, mon rêve aussi. Le premier pas du peut-être le plus dur, il n'était pas évident de réactiver des us et des coutumes aussi enfouis depuis ces deux dernières années.
Ananda : Oui, allons-y.


Mais soit. Ce n'était pas une excuse, aussi mes lèvres se mouvèrent-elles dans un effort inhumain. Alors que nos pas s'activèrent sous le battement irrégulier des gouttes de pluie, ma voix s'exprima d'elle-même, et avec un plaisir encore enfoui.

Je...

La main tendue, elle n'était pas encore pour aujourd'hui. Apparemment, la sortie du mutisme non plus. J'aurais voulu engager la conversation, mais lorsque l'air chatouillait mes cordes vocales, il y avait comme un verrou invisible. Un filin, qui toujours, m'empêchait d'aller plus en avant, de peur de m'embraser.


Mais le coeur y était, cher inconnu, le coeur y était...


[Désolé pour la petite longueur de la chose, mais je préfère ça plutôt que de radoter ^^]



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MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Lun 30 Mar - 10:54

¤,.°o°O Chapitre 7 : Croître et Grandir O°o°.,¤
« Par un jour de pluie »
-3-

La réponse tomba. Elle était positive. Sho dessina un léger sourire aux coins de ses lèvres puis il abandonna la vision du ciel pour ramener son regard sur le genin. Il lui adressa un hochement de tête pour lui faire signe qu'il était lui aussi prêt à partir puis ils se mirent en route d'un commun accord. Leurs pas les conduisirent loin de l'impasse plongée dans la pénombre pour des ruelles plus larges et donc plus exposées à la lumière du jour.

Un silence respectueux planait au-dessus de leur tête. Étrangement, ce silence n'avait rien de gênant. Sho n'était pas un grand bavard en soit et le genin qui l'accompagnait ne semblait pas coller à cette image, lui aussi. Il y eut bien ce sursaut, ce début de phrase, ou en tout cas ce qui y ressemblait fortement mais la voix du genin s'interrompit comme si elle venait de butter contre un mur invisible. Bien qu'il l'avait très clairement entendu, Sho continua son chemin comme si rien ne s'était produit. Les réactions que lui avait offert ce garçon depuis leur rencontre laissaient penser à une profonde timidité – bien que Sho en soupçonnait peut-être davantage – il valait donc mieux faire mine qu'il n'avait rien entendu et le laisser à ses pensées. Après tout, il lui arrivait lui-même de ne pas trouver ses mots dans certaines circonstances. Il n'aurait sans doute pas aimé qu'on le force à parler dans ce genre de moments alors il n'allait sûrement pas forcer un autre à le faire.

La pluie tombait désormais avec une certaine délicatesse sur le village. La mélodie engendrée par le tintement des gouttes contre les toitures avait décru à mesure que les minutes s'égrainaient. Elle ne ressemblait plus qu'à un lointain murmure auquel il fallait prêter l'oreille pour en entendre les notes. Au loin, plus à l'ouest, quelques éclaircies commencèrent à percer l'épaisse couche nuageuse, signe que la journée ne se déroulerait pas tout à fait sur le même ton du lever au coucher du soleil. Les deux shinobis passèrent devant une grande fontaine d'eau pure au beau milieu d'une place marchande. Les étalages étaient déjà de sortie et les commerçants s'afféraient déjà à leurs corvées matinales en attendant d'accueillir les premiers clients de la journée. Fruits, légumes, épices, la place ressemblait à une rotonde multicolore où un arc-en-ciel de nuances faisait s'affronter les couleurs chaudes aux couleurs froides. Il s'en dégageait une odeur incroyablement riche. L'air en était irrémédiablement imbibé. En cet instant, il aurait d'ailleurs suffit de fermer ses yeux et de respirer à plein poumon pour voyager au-delà de ces terres et du temps pour des contrées verdoyantes sur font de forêts rouge orangé. Ironie de l'histoire, cette place était surnommée l'Eden par bons nombres de kuméens. Sho y comprit.

Malheureusement, leur destination se trouvant plus loin vers le nord ouest, les deux shinobis traversèrent la place sans s'arrêter puis ils disparurent dans une ruelle étroite et sombre qui les mena jusqu'à une artère mouvementée du village qui, selon toute vraisemblance, semblait aboutir en plein centre-ville. Ici, les kuméens et kuméennes étaient si nombreux qu'il était à se demander si la pluie n'avait pas cessé de tomber. Bien que se ne fut nullement le cas, les villageois s'étaient tant habitués à elle qu'il ne suffisait plus qu'elle tombe pour que leur journée s'arrête.

L'artère comptait parmi les plus larges de Kumo. De part et d'autres de sa chaussée, s'élevaient de grands bâtiments résidentiels dont les façades oscillaient sensiblement entre l'ocre et le blanc en passant par le beige. Chaque fenêtres et balcons comptaient son propre lot de fleurs et autres plantes aromatiques que les résidents s'étaient habitués à cultiver chez eux afin d'égayer leur journée ou encore leur papille. Sho regardait cela du coin de l'oeil sans même détourner sa tête. Son sourire s'accentua en repensant au premier jour de son arrivée à Kumo, aux premiers regards qu'il avait pu portés sur toutes ces singularités de la culture kuméenne. Lui qui était originaire d'une vallée lointaine et rurale était arrivé en territoire urbain ... et quel territoire ! L'un des grands villages cachés du monde shinobi ! A cette idée, Sho décida de rompre le silence pour faire partager son simple point de vu à son compagnon de route.

· SHO · Voila bien quelques années que je vis ici et je m'émerveille encore devant tant d'agitation et de particularités. Kumo est un bien drôle de village et peut se vanter de ne ressembler à aucun autre par le monde.

Le centre-ville et sa foule plus compacte se détachait maintenant très significativement au font de leur champ de vision.

· SHO · Même Konoha ne s'y apparente pas.

Aucune question. Une simple affirmation.

Parler de pays lointains et de villages mythiques pouvait suffire à titiller l'intérêt de n'importe qui. Sho doutait toutefois fortement que l'intérêt était ce qui manquait le plus à son compagnon de route. Il avait simplement trouvé en ces quelques mots une manière de discuter sans trop remuer les sentiments personnels de ce dernier et sans même le forcer à se joindre à la conversation. Là où beaucoup aurait cherché à poser un nom et un prénom sur un visage, un grade, ou encore une spécialité, Sho jugeait qu'il suffisait au contraire de discuter de la pluie et du beau temps pour vraiment apprendre à connaître la personne. Son nom, sa spécialité, n'étaient que des artifices qu'on finissait toujours par écarter au profit de ses impressions envers l'individu. L'affirmation qu'il venait de prononcer n'était là que pour servir ce but : tendre une perche en laissant le choix à autrui d'en saisir ou non l'extrémité sans que l'un ou l'autre des choix ne puisse influer sur la suite des évènements.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Mar 31 Mar - 0:57

Le duo venait de traverser rapidement le centre-ville de Kumo, sans le moindre effet de mon côté. A vrai dire, j'avais vécu toute mon enfance dans les rues du village des nuages. J'en connaissais chaque ruelle, chaque bar miteux, chaque pavé, chaque magasin, où j'avais tant volé déjà.

· SHO ·
Voila bien quelques années que je vis ici et je m'émerveille encore
devant tant d'agitation et de particularités. Kumo est un bien drôle de
village et peut se vanter de ne ressembler à aucun autre par le monde.


Par réflexe, j'arquai un sourcil. Comment pouvait-on être émerveillé par une ville aussi sordide ? Personnellement, j'avais toujours vécu ma vie ici comme un calvaire. C'est vrai que je n'avais jamais pris le temps d'admirer les choses simples, de me receuillir.

Il faut dire que le ventre vide, on pense moins à faire du tourisme. Je retournai la tête, pour voir depuis notre petite colline au Nord-Ouest la masse grouillante d'individus qui erraient dans les rues. Certains avaient l'air heureux. Posture de facade ? Tant de personnes ? Non, c'était impossible. Ainsi, il existait des gens qui aimaient vivre à Kumo... Ce qui est sur, c'est qu'il y a plusieurs Kumos. Né dans les quartiers de l'Ouest, on peut certainement apprécier les petits détails de la vie dans le sens où la majorité du temps consiste à occuper un grand vide permis par le travail de majordomes, ou de femmes de ménage.

Je conçois qu'une telle naissance puisse procurer de la joie, ou à défaut, une absence de peine. Lorsqu'on est né au delà du centre-ville, vers les sombres quartiers de l'Est, on voit les choses différemment. Sho engagea de nouveau la discussion, bien qu'elle s'estompât aussi vite qu'elle était commencée.



· SHO · Même Konoha ne s'y apparente pas.


La perche était lancée, pour sûr. Je ne sus pas quoi répondre aux premiers abords. Cette petite phrase montrait que cet homme, qui devait pourtant avoir mon âge, avait déjà beaucoup vécu. J'aurais pu l'interroger sur ses voyages, et à coup sûr, j'aurais eu le droit à un magnifique récit, agréable, frais comme le vent. En cet instant toutefois, je n'en avais pas envie. En guise de réponse, je lui donnai ma propre vision de ce village.

Ananda :
Ce village m'écoeure. J'aimerais voyager, un jour. Vivre.

Oui, vivre. Fuir ces fantômes, ces ruelles sales, ces gamins avec qui j'ai tant traîné et dont le destin fut autre que le mien, les conduisant vers la folie des substances hasardeuses, les méandres des liquides hypnotiques, la folie des anges déchus...Je m'étais accroché, comme un singe à une branche, bien maigre cependant, dans l'espoir de construire avant d'être détruit.
Petit être chanceux, qui devrait bénir le ciel d'être présent ici, en ces lieux, l'esprit sain et le corps en bonne santé. Soit, j'en ferai quelque chose de cette chance, et j'irai cracher sur vos tombes avant de rejoindre la mienne, vous qui m'avez laissé subir ici.

Je regardais de nouveau le chuunin qui m'accompagnait. Je ne connaissais pas son nom, mais ça n'avait pas d'importance. Un visage est bien plus révélateur que quelques lettres. Certains prêtent au nom un pouvoir mystique, prophétique, ils voient en quelques caractères typographiés le reflet de l'âme, l'incarnation des qualités et des défauts de celui qui doit le porter. A vrai dire, j'avais toutes les raisons d'être plutôt d'accord. Ananda, la solitude... Fichtrement bien trouvé. Les portes de l'académie étaient maintenant visibles de nous deux.

Ananda :
Avec ce qu'il s'est passé, je suis en retard. Aussi, je me demandaissi je pouvais vous accompagner aujourd'hui, pendant votre passage à l'Académie. Je ne vous dérangerai pas.

Je parlai en le regardant droit dans les yeux. Je ne savais pas parler autrement. Des paroles lancées en l'air ne valent rien. Pour qu'ils imprègnent leur interocuteur, les mots doivent jaillir tout droit jusqu'à la cible.

Derrière nous, l'immense complexe de l'académie shinobi de Kumo, qui, orgeuilleusement, trônait en haut de sa colline, sur les habitations alentours. Une infrastructure aussi légère que les nuages, blanche, aux toits arrondis comme des champignons, et muni de vastes étendues verdoyantes. Il y faisait bon vivre. Et dire qu'on y venait pour apprendre à tuer... Aujourd'hui, la porte de bronze symbolisait simplement la fin du trajet, et peut-être la fin de la rencontre avec le chuunin au regard paisible.

Je ne l'espérais pas. Il y avait dans son visage une teinte de quiétude qui m'attirait.
Son sourire appelait les êtres à l'apaisement, et j'avais envie d'en profiter un peu plus, quitte à me faire passer un savon par mon instructeur. De toute façon, ça ne changerait pas de l'habitude, alors autant faire contre mauvaise fortune bon coeur...



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MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Jeu 2 Avr - 19:55

¤,.°o°O Chapitre 7 : Croître et Grandir O°o°.,¤
« Par un jour de pluie »
-4-

Les pas des deux shinobis semblaient rythmer leur avancée vers l'académie comme une route sans fin. Si de nombreuses bâtisses surplombaient encore celle de l'académie, Sho pouvait aisément se l'imaginer en transparence à quelques centaines de mètres de là. A l'allure qu'ils allaient, il ne leur faudrait guère plus d'une dizaine de minutes pour arriver devant le grand portail qui servait d'entrée. C'est alors que la voix du genin transperça ses pensées et l'amena à s'interroger sur des choses bien plus intéressantes que le temps qu'il leur faudrait encore pour atteindre leur destination.

Kumo l'écoeurait ..

Ces mots en auraient étonnés plus d'un, voir choqués. Car après tout, comment pouvait-on servir dignement un village si on ne ressentait aucune attirance pour lui ? Comment pouvait-on porter un bandeau frappé d'un insigne distinctif si ce symbole n'avait, dans le font, aucune signification ? Quels méandres de sa vie avaient amené ce garçon à porter si peu d'intérêt au village qu'il s'était pourtant juré de défendre en acceptant le bandeau qu'il portait à cette heure ? Sho ne pouvait le deviner. Néanmoins, il se savait chargé d'un devoir envers Kumo. Un devoir qu'il avait saisi comme une chance depuis le jour où il avait franchi les grandes portes du village caché des Nuages. Peut-être les points de vue pouvaient différer selon le cheminement de chacun et ses aspirations, mais tous autant qu'ils étaient derrière ces murs, ils étaient kuméens. Rien ne pourrait jamais changer quoi que ce soit à cela. Pour cette seule raison, aucun d'eux ne pouvaient s'abaisser à de tels propos.

Personne ne choisissait son lieu de naissance ni sa famille. Les choses étaient ainsi faîtes qu'on le veuille ou non.

Pour autant, Sho ne laissa aucun rictus négativistes figer son visage. Lui qui venait de loin et qui avait toujours considérer Kumo comme le signe de sa propre liberté ne pouvait porter aucun jugement sur ceux qui n'avaient pas acquit la même vision que lui. Peut-être ce garçon avait trop souffert, peut-être n'avait-il jamais entrevu la moindre once de bonheur à vivre dans un des grands villages de ce monde, car de fait, Kumo n'était pas fait que de bleu et de rose. Sa propre expérience avait amené Sho à ne pas croiser de trop grandes difficultés ou en tout cas aucune difficulté qui ne fut surmontable. Pouvait-il en dire autant de ce garçon ? Probablement pas. Chaque parole avait son lot de raisons et bien que celles de ce dernier semblaient prendre leur source dans un passé trouble, Sho s'accapara le bon côté des choses et répondit sur un ton doux et léger.

· SHO · Accepte de rejoindre mon équipe et peut-être découvriras-tu une face de Kumo que tu n'avais, jusque là, pas même soupçonnée.

Pour appuyer davantage sur ce qu'il venait de dire, le chuunin aux cheveux rouges brique et violet plongea son regard d'ambre dans celui de son interlocuteur. Il le fixa ainsi pendant quelques secondes sans ralentir la cadence de ses pas.

L'information aurait pu paraître irréelle aux yeux de beaucoup et pourtant. Sho venait bien d'inviter ce shinobi à se joindre à l'équipe de trois genins qu'il avait déjà à sa charge. Pour quelles raisons ? Tout simplement parce qu'il le savait habité d'une volonté rare et d'un calme qui apporterait certainement un petit plus à cette team 2 pourtant déjà bien étoffée. Il avait beau ne pas le connaître en profondeur – après tout qui pouvait prétendre à un tel exploit – mais il avait l'intime conviction que sa présence pourrait apporter quelque chose à ses futurs camarades si jamais il acceptait, comme la leur pourrait lui être tout aussi bénéfique. Alors peut-être, un jour, viendrait-il à reconsidérer sa vision du village et qui sait, à l'aimer pour ses bons côtés. Sho l'espérait. Il ne voulait pas voir grandir des générations d'hommes et de femmes persuadés que ce village ne valaient pas plus que la poussière qui pouvait se soulever après chacun de leur pas. Il avait vu ce que l'Asahi avait pu faire. Il avait vu ce que la haine de certains déserteurs pouvait amener comme détresse. Il était à son sens hors de question de laisser qui que ce soit s'épanouir en croyant que son village d'origine ne pouvait rien pour lui. Au contraire, il avait le pouvoir de tout changer comme il avait tout changé dans la vie du Nagoshi.

Les contours du portail de l'académie apparurent brusquement dans le champ de vision de Sho comme si celui-ci était soudainement sortit de nul part. Mais ce sont les paroles du genin qui retinrent son attention. Ainsi, il souhaitait l'accompagner dans ses déambulations prévues à l'intérieur de l'imposant complexe qui s'ouvrait devant eux. Cette fois, Sho s'arrêta. Il sortit les mains de ses poches et en plongea une sous sa veste pour en sortir l'ouvrage dont il avait commencé la lecture quelques minutes plus tôt. Il le feuilleta soigneusement, lut un passage, puis il le referma avant de se tourner vers son voisin.

· SHO · Je ne vois aucun inconvénient à ce que tu m'accompagnes. Pense seulement à me donner ton nom et celui de ton instructeur. Comme ça, je pourrai l'informer sur les raisons de ton absence.

Sho dessina un très léger sourire pour réconforter son interlocuteur.

· SHO · Ne t'en fais pas, je ne lui dirai rien de ce qui s'est passé ce matin. Il saura simplement que tu m'as aidé dans mes recherches.

Après quoi, Sho s'aventura le premier par delà le portail sans attendre de réponses de la part du genin. Si son désir était de l'accompagner, il n'avait de toute façon pas d'autres choix que de le suivre là où il se rendrait. Sho n'allait certainement pas le forcer. Ainsi, les deux hommes se glissèrent de couloir en couloir jusqu'à deux grandes portes de bois rouge. Au-dessus d'elles, on pouvait lire dans une écriture raffinée " Salle de littérature ". Sho poussa les portes et s'engouffra ensuite dans la grande bibliothèque de l'académie en quête d'un ouvrage bien particulier..

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Dans les taudis de l'Est, près de la bordure extérieure   Ven 3 Avr - 16:07

· SHO · Accepte de rejoindre mon équipe et peut-être découvriras-tu une face de Kumo que tu n'avais, jusque là, pas même soupçonnée.

Je m'attendais à tout, sauf à ça... Mais je n'eus pas le temps de répondre que le chuunin m'interpella.

· SHO ·
Je ne vois aucun inconvénient à ce que tu m'accompagnes. Pense
seulement à me donner ton nom et celui de ton instructeur. Comme ça, je
pourrai l'informer sur les raisons de ton absence.

Il y avait trop d'informations à la fois pour mon cerveau, qui n'avait pas été mis à aussi lourde contribution depuis déjà quelques temps... Et là, mon interlocuteur enchaînait les demandes, plus ou moins directes, avec la rapidité d'un livreur de sushis. Répondre à la va-vite n'était pas ma tasse de thé, surtout pour des questions aussi importantes. Aussi, je laissai un long silence bien pesant comme il faut envahir l'atmosphère. Mon regard ne visait plus rien, il était déconnecté de mon cerveau, au moins le temps que ce dernier ne reprenne le dessus et que je puisse lancer mes perceptions à nouveau.

Un chuunin voulait de moi dans son équipe... Hautement improbable, et pourtant, j'étais bien sur d'avoir entendu ça... Dans cette académie, même une fois le grade de shinobi de rang inférieur obtenu, on n'entre dans une équipe qu'à la demande des chuunins instructeurs. Les autres sont condamnés à errer dans l'école, à suivre des cours réservés aux étudiants, ou à travailler pour l'Académie comme trieur de papiers ou livreur de courriers. Pour ma part, j'avais réussi à me trouver un instructeur, mais ce n'était qu'un vieux Genin ronchon, las de rater l'examen de rang supérieur, et qui passait sa colère et sa rancoeur sur les quelques élèves qu'il prennait. En fait, nous étions 5, et aucun de nous n'avait voulu atterir ainsi. Mais il est clair que l'origine sociale des ninjas conditionne en grande partie leur affectation dans une équipe. Pour un simple kuméen de l'Est, intégrer une équipe shinobi digne de ce nom relevait au mieux du challenge, au pire de l'exploit. Alors à cet instant, recevoir une invitation de la part d'un chuunin instructeur, c'était presque impossible à croire. Je franchissais enfin une nouvelle étape dans une quête, illusoire certes, mais qui était la mienne, et que je défendrais jusqu'au bout.

Je me décidai à répondre ainsi :

Ananda :
J'accepte avec plaisir votre invitation. Mais j'aimerais vous imposer une condition. Que vous acceptiez que je vous montre le visage du Kumo que je connais, et que vous non plus, n'auriez jamais imaginé.

Si échange il y avait, il se devait d'être réciproque. Et je me doutais que la portée de mes mots n'avait pas pu être totale lorsque j'avais exprimé mon dégoût. Logique, puisque peu de personnes, shinobis en tête, ne connaissent la vie qu'on peut mener à l'Est, là où le soleil se couche, et confisque sa lumière aux enfants qui non contents de crèver de faim, sont assaillis également par le froid.

Il fallut également que je réponde à la deuxième question du chuunin, dont je ne connaissais toujours pas le nom. Et pour le coup, je trouvai sa ruse très habile : feinter la découverte du nom en prétextant de prévenir l'instructeur. J'émis un petit rictus, avant de répondre de bon coeur. De toute façon, mon prénom n'était un secret pour personne. Mais la dénomination ne serait que partielle, car jamais ma mène ne nous avait dit notre nom de famille. Il faut dire que jamais je ne lui ai demadé non plus. Dans les taudis, avoir un nom est un gadget, il ne sert à rien. Il n'est pas là pour montrer la force d'un clan, la richesse d'une dynastie, ou la gloire d'un parent proche. A l'Est, le nom n'est qu'immatriculation, un rajout bancal et inutile qu'on s'accroche dans l'espoir d'y trouver réconfort. Personnellement, je n'avais pas fait ce choix, et c'est naturellement que je répondis :

Je m'appelle Ananda. Je suis rattaché à l'enseignement de Hetan Ideyoki, doyen Genin de l'Académie. A cette heure là, vous devriez le trouver dans le jardin, une bouteille de saké à la main.

Puis je me tus, j'en avais déjà assez dit, en tout cas suffisamment pour que l'homme en face de moi puisse faire ce qu'il voulait. De mon côté, je ne connaissais pas encore grand chose. Mais j'étais patient : un nom est un cadeau que l'on donne à l'autre. Il faut le mériter. Son nom, je l'obtiendrai en temps voulu, naturellement, et n'en tirerai que plus de plaisir. Tout en parlant, nous nous étions mis à marcher dans les couloirs dédalesques de l'Académie, avant d'atteindre une grande double porte ornée d'un écriteau, que je ne sus pas déchiffrer. C'est une autre particularité, chez les habitants de l'Est : la lecture est un luxe qu'on ne se permet que lorsqu'on a plus faim, frois, soif ou autre. Autant dire que je n'avais eu que quelques maigres instants pour m'initier à cette pratique, si bien que je ne reconnaissais que quelques kanjis dispersés ça et là. En tout cas, impossible pour moi de lire ces énormes idéogrammes, esthétiquement parfaits, mais sans aucune signification pour mon esprit...

C'était bien ce que je craignais : la bibliothèque. J'étais déjà entré ici, en tant qu'étudiant, pour réviser l'examen de passage. Je me rappelai soudain des intenses séances de déchiffrage, et mon apprentissage par coeur des questions types qu'on posait, et des réponses type à donner qui m'avaient sauvé la mise. Les longues séances de raillerie de la part des autres, également, lorsqu'ils découvrirent que la lecture n'était pas mon fort. Bref, ces longues étagères remplies de bouts de papier, de rouleaux et de tables ne m'inspirait guère confiance...









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