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 Salle des Profs [Arai et Sho]

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MessageSujet: Salle des Profs [Arai et Sho]   Jeu 18 Juin - 21:23

*Parfois, je me demande… *

Un brin d’herbe coincé entre deux pouces reçoit son premier baiser, un sifflement strident s’en échappe. Ce n’est pas le cri d’une vierge apeurée, mais bien là le hurlement d’une herbe violée. Drôle de jeu, pénible son, une occupation comme une autre en pleine nature.
Les enfants courent, les mères aussi mais visiblement pas pour les mêmes raisons, les pères eux, ne sont pas là. Probablement occupés avec une autre. Une autre occupation. Des parents, deux, l’un ou l’autre, Arai ne les avait plus. Enfin, plus vraiment, ceux-ci perdaient leur vie peu à peu dans la maladie et la folie. Aucun remède, le temps uniquement, et tout ce que celui-ci peut faire c’est abréger leurs souffrances après les avoir accentuées. Triste destin qu’est celui de l’homme.

Il se lève, relâche sa victime, la libérant parmi les siennes dans ce paradis vert et prend la route. Cette sensation de vide, ne pas savoir où se diriger, errer. Comme un animal solitaire, sans but précis autre que la survie passive. Trouver une femelle, se reproduire, en voilà un programme utile.

*Parfois, je me demande… *

Rien à faire. Qu’est-ce qu’on se fait chier. Bien entendu, on raye forcément les élèves dont il faut s’occuper, les parents à visiter, les supérieurs à qui rendre des comptes. On dégage tout ce qui n’est pas amusant. Pour une fois, une fois par semaine, un jour sur sept, chier sur les autres et ne faire que ce qui plait.
Le problème est, que quand on bosse durant longtemps sans prendre ce type de journée, et bien la première fois est comme toutes les autres. On sait pas comment faire. On commence par quoi ? Arai lui aurait tendance à tourner longtemps autour du pot, ce n’était pas un fonceur, un ‘droit au but’. La déchirure est fatale.

*Parfois, je me demande pourquoi je reviens toujours au même sujet…*

Les pulsions sont normales après tout. Mais quand on est seul, c’est plutôt triste. D’un point de vue extérieur encore plus qu’intérieur.
Un serpent, ça se… ? Non, ça meurt. Un panda alors ? ça mord. Mais quoi donc ? Une poule. Ouais, une poule, usage unique, plutôt fluide, et en plus une fois fini tu balances ça aux renards et ya plus de traces. Une poule c’est bien.
Mais… on en trouve où des poules ?

Nan mais faut arrêter. Quelle idée ! Va faire les courses tiens ! Ou va récurer tes chiottes, mais fais un truc utile.

Une poule c’pas utile ? …

*Parfois, je me demande, vraiment… *

C’est à se demander si Sousei ne comprenait pas ce qu’il pensait tout le long de la journée. Une telle symbiose, peut-être échangeaient-ils des pensées également. Enfin, les pensées d’un serpent devaient pas être bien claires à déchiffrer. « Sssss sssSSSsss » Ya mieux pour discuter télépathiquement.
A croire que cette remarque ne lui avait plus. Il sortit de sa poche habituelle, sortit partiellement son corps ondulé du col du chuunin et vint se dresser face à lui, accusateur. Un coup de langue en bonus.

[Arai] – Nan mais je déconnais c’est bon… Quoi ? Que je m’assois ? Là dans l’herbe au milieu du parc ?

Comme quoi, ça se comprenait plutôt bien finalement.

Et il s’assit, tel un gamin à qui la mère avait donné un ordre en le grondant. Puis il attendit. Le serpent était sortit complètement et s’était posté sur un petit roc, la tête toujours dressée à la verticale, imposante. – Enfin, tout est relatif… -
Arai observait l’animal, il l’écoutait. Aucune parole était perceptible, seulement des sensations à décrypter.
Ils méditèrent, pendant un moment, assis face à face. Il sentait un échange d’énergie, comme si leur chakra se mêlaient l’un à l’autre. Cette expérience imprévue et soudaine allait peut-être lui apporter quelque chose. Il faut punir les gosses sur le lieu et l’instant, sinon ils comprennent pas pourquoi ils sont punis. Arai allait se prendre une grosse fessée. Restait plus qu’à attendre ce doux bruit de choc, regarder cette onde puissante moduler son fessier jusqu’à en faire rougir ses joues.
Malheureusement, son cul resta blanc.

Il faisait un peu froid maintenant. Une certaine humidité se faisait ressentir. Pas très agréable. Arai avait l’interdiction d’ouvrir les yeux avant que cet ordre ne se faisait sentir. Complètement plongé dans sa méditation, il poursuivait ce sifflement silencieux presque mélodieux, tel un guide accompagnant les pèlerins sur la voie divine. Manquerait plus que Dieu ait un cheveu sur la langue tiens, comment briser un mythe.
Les battements de son cœurs se firent plus lents, plus doux. Sa température descendit encore un peu. Des fourmillements se faisaient ressentir aux bouts de ses doigts, une démangeaison apparaissait, tranquillement.
Et ces changements continuèrent de s’accentuer pendant une, voire deux heures, durant lesquelles Arai restait assis.

Mais, c’était bon. Le sifflement s’était interrompu, il pouvait ouvrir les yeux. Et il le fit, timidement, craintif d’avoir mal compris. La lumière l’éblouît un instant et quand sa vue fut recouvrée, il n’apercevait plus Sousei face à lui. Mais, il le sentit à l’intérieur de la poche de sa veste.

Respirant un bon coup, il se leva. Il se demandait bien ce qu’avait pu lui apporter un tel… temps.

*Parfois, je me demande ce que je fous… méditer avec un serpent que je crois être mon maître. Nan mais vraiment… *

Haaa se gratter. C’était enfin possible. Main droite en carton !
Euh, non pas en carton.

Arai resta figé un long moment face à cet étrange spectacle. Il s’était arrêté net au contact de sa peau, sans pouvoir se gratter, horrifié.
Il n’osa même pas y poser un seul doigt, et il dû prendre plusieurs minutes pour en détacher son regard.
D’un geste décidé mais écoeuré il rentra sa main dans sa manche, le plus loin possible et se mit à courir.

L’académie… L’hôpital…

L’académie. A l’hôpital, sauraient-ils gérer un truc pareil ? Normalement oui, mais on est tous idiot une fois, au moins, dans sa vie.

Une fois sur les lieux, il tenta de se frayer un chemin parmi la foule d’aspirants, de genins et quelques chuunins trainards. Une salle de profs ! Il s’arrêta de justesse devant, manquant de peu de se la traverser avec la tête. Il toqua une fois, puis une autre, et encore une autre… et ce jusqu’à ce que quelqu’un ne réponde.

Un cliquetis se fit finalement entendre, et la porte de bois s’entrouvrit.

[ ???] – Oui ? C’est pour quoi ?

[Arai] – Tsumetai-kun, dit-il pour se saluer en inclinant légèrement la tête. Il transpirait à grosses gouttes et tremblait de tout son long. Regardez ma main !

Sceptique, son interlocuteur regarda cette dite main à présent sortie de sa manche. Et de nouveau sceptique il regarda le jeune chuunin. Qui, a son tour observa alors sa main.
Plus rien, normale comme l’autre.

[Arai] – Après un instant de silence et de bégaiement. Mais, je vous assure elle était pleine de… de… de trucs…

Je vous jure…


*Parfois, je me demande… Mais quel naze.*

[Sho, c’est pour toi =D (c’toi, ou pas, qui a ouvert la porte)]



MessageSujet: Re: Salle des Profs [Arai et Sho]   Lun 22 Juin - 20:28

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« Prévention »
-1-

? # C'est le calme plat aujourd'hui.

Sho, accoudé à la fenêtre, ne se donna pas la peine de tourner la tête pour reconnaître la personne qui s’était vraisemblablement adressée à lui. La voix douce et mielleuse qu’il venait d’entendre ne pouvait appartenir qu’à Mae Miyake, la belle chuunin en charge de l’éducation des aspirants.

SHO # Ce n’est peut-être pas si mal.

Répondit-il en esquissant un sourire.

MAE # Tu n’as pas tort. Hier, par exemple, j’ai passé la journée entière à faire le trajet entre l’académie et le palais du Raikage. Ce n’était vraiment pas une partie de plaisir.

S’exclama Mae en terminant sur un profond soupire de lassitude.

Sho l’entendit reculer une chaise et s’y affaler comme si le poids du quotidien était soudainement devenu trop lourd pour ses épaules. Inévitablement, il eut une pensée pour Arata qui, selon les dernières nouvelles, éprouvait une attirance toute prononcée pour Mae. Il l’imagina à ses côtés, à cet instant précis, tremblant de tout son long, le regard fuyant pour ne pas avoir à croiser celui de Mae. Cette pensée accentua un peu plus la courbe de son sourire alors qu’il pivotait sur ses talons pour se tourner vers l’adorable kunoichi aux cheveux châtains clairs.

Mae étouffa une expression de surprise en le regardant.

MAE # SHO ?! Sho, c’est bien toi ?

L’eisei-nin rit et acquiesça d’un hochement de la tête.

MAE # C’est incroyable ! Qu’est ce que tu as fais à tes cheveux ?! Je ... je veux dire mais ... oh regarde toi comme tu as changé !

Balbutia-t-elle d’un air hystérique.

SHO # On dirait bien.

Les yeux grands ouverts, la Mae qui était assise en face de lui ressemblait à une véritable folle. Sûrement venait-elle de se rendre compte qu’elle s’était adressée à lui en le confondant avec quelqu’un d’autre. Chose considérée comme impensable auparavant car personne n’avait de cheveux aussi colorés que ceux de Sho. Tout ce qui avait fait sa singularité avait disparu au profit d’autres particularités : sa longue veste rouge brique avait disparu, il lui avait préféré un simple haut noir à manches courtes qui avait la caractéristique d’épouser la forme de ses pectoraux aussi bien que celle de ses abdominaux ; à la taille, il avait opté pour une ceinture en lin noir à l’arrière de laquelle il avait attaché le fourreau de son katana à l’horizontal ; ceinture qui venait entourer un pantalon large de couleur noir ; quant à ses cheveux, il avait délaissé le rouge et le violet pour des mèches blanches qui avaient tendance à briller d’un bleu turquoise sous certains reflets. Autant dire que le cotckail était toujours aussi explosif mais simplement d’une toute autre manière que par le passé.

MAE # Je ne t’avais pas reconnu en entrant ...

Fit-elle après avoir retrouvé une expression plus habituelle.

MAE # ... ça te va bien, tu sais. Tu es ....

Plusieurs coups retentirent soudainement à la porte. Sho lova immédiatement ses pupilles dans le coin de ses yeux tandis que Mae tournait un regard noir vers la dite porte. Un calme plat s’installa dans toute la salle. Tous les chuunin et juunin présents avaient cessés leur activité et regardaient désormais la porte avec une sorte d’appréhension. L’un d’eux, Utamara Takeda, qui se trouvait être le plus proche de l’entrée, se leva puis interrogea l’individu à l’origine du tapage.

D’où il se trouvait, Sho n’avait pas le loisir de pouvoir entendre leur conversation. Il lança donc un regard interrogateur à Mae qui semblait, pour le coup, beaucoup plus au fait de leur échange qu’il ne l’était. Voyant qu’elle ne remarquait pas son regard, il essaya tant bien que mal de capter son attention.

SHO # Mae ... Mae ... MAE !

Chuchota-t-il si bruyamment que quelques regards se tournèrent vers lui.

Comme si elle venait de sortir d’un mauvais rêve, Mae cligna frénétiquement des yeux avant de lui jeter un regard en biais.

MAE # Tsumetai ... ça ne me dit rien. Est-ce que tu connais un Tsumetai toi ?

Bien qu’il n’avait aucune idée de la raison pour laquelle elle lui posait cette question, Sho se mit à sonder sa mémoire en quête du nom Tsumetai. Sur le coup, il aurait certainement avoué ne pas en connaître mais les loquets de son esprit s’ouvrirent sur un souvenir en particulier : celui où il se voyait suivre un long cortège essentiellement composé de genin et de civils vers la tour du Hokage. Tsumetai .... Tsumetai ... oui, il avait déjà entendu ce nom là-bas. Arai Tsumetai pour être exact. Le chuunin qui avait participé à la mise en sûreté des participants du tournoi.

Qu’était-il venu chercher ici ?

MAE # Il parle de sa main ... et sa voix trahit son affolement, tu devrais peut-être allez voir ?

Murmura Mae à son attention.

Les sourcils légèrement froncés, Sho fixa ses yeux émeraude en se demandant quel genre de problèmes pouvait amener cet homme à s’affoler. La question ne fit qu’un tour dans sa tête. Le pas langoureux, il se dirigea vers la porte et s’arrêta aux côtés d’Utamara dont l’expression du visage exprimait un profond désintérêt. Son regard lumineux glissa de son visage à celui d’Arai qui lui brillait par son petit air démentiel. Décidemment, il y avait bien quelque chose qui ne tournait pas rond dans cette histoire.

SHO # Laisse je vais m’en occupé.

Dit-il à l’attention d’Utamara.

SHO # Tsumetai-san, à vous voir on dirait que quelque chose ne va pas. Est-ce que je peux vous aider ?

D’un coup d’oeil rapide, très discret, Sho chercha le moindre détail troublant. Il remarqua ainsi sa main tremblante et les gouttes de sueur qui perlaient sur son front, signe d’un état de panique avancé. Inquiet, Sho sortit dans le couloir et referma la porte derrière lui.

SHO # Vous êtes mal en point peut-être devrais-je vous conduire à l’hôpital ..

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Salle des Profs [Arai et Sho]   Mer 22 Juil - 18:15

[Haaan je me sens minable xD. Mais j'étais bloqué question inspiration, j'avais surtout besoin de la participation de ton perso, et sans toi c'difficile =p. Je t'ai laissé un endroit à compléter "lol"... Je ne sais pas encore trop comment ton perso pourrait répondre à ma question. J'imagine tu me suis, sinon le RP prend fin, mais comment réponds-tu ? ^^ Donc t'éditeras mon post Very Happy Tchou !]

Perplexe le ninja laissa place à un second, qui lui semblait plus loquace, plus curieux. Mais c’était trop tard, tout avait disparu, sa main était des plus banales. Frustrant, déstabilisant, Arai se sentait pris de honte. Déranger ainsi un groupe de chuunin probablement occupés à autre chose, pour rien. Enfin, rien en apparence, le traumatisme cependant était réel. Son interlocuteur sortit et referma la porte derrière lui, leur laissant le silence comme seul compagnon. La tension monta, Arai n’était pas très à l’aise et il sentait bien que ce curieux personnage s’inquiétait quelque peu aussi.

Etait-il inquiet pour cette main maintenant normale ? Ou plutôt pour l’état mental du chuunin affolé ? Ca aurait été compréhensible en tout cas.

[Sho] – Vous êtes mal en point peut-être devrais-je vous conduire à l’hôpital…

Asile ? ou hôpital… ?

[Arai] – Je… suis vraiment désolé. Il essuya son front du revers de sa manche et repris. Ma main avait changé de composition métabolique. Et… ça a disparu… Je ne sais pas si l’hôpital pourrait régler quelque chose de la sorte. Le mal semblait plus… enfin moins habituel.

Les bras retombèrent tous deux près de son corps, ballants, sa tête baissée n’indiquait rien de très assuré. Il fixait sa main, perplexe, dubitatif, puis porta de nouveau son regard sur celui du chuunin face à lui. Sa crinière rougeâtre rendait le personnage moins sérieux que son attitude le faisait croire.

[Arai] – Je suis pourtant ninja médecin vous savez. Mais je n’ai pas de réponse à cela. Peut-être que les professeurs en médecine de l’académie pourraient me renseigner. J’ai entendu parler de l’un d’entre eux, enfin une. Spécialiste en poisons et autres maux, je crois. Tu m’accompagnerais ? Tu as le droit de refuser !

[Sho] – REP’

Les deux chuunins s’aventurèrent alors dans les couloirs, direction une salle des profs plus gradée. Tout le long du chemin Arai se tenait la dite main, inquiet. Mal à l’aise il ne sentait pas parler en cette situation, mais, quelque peu curieux et gêné, les questions vinrent toutes seules.

[Arai]- Je suis Arai Tsumetai, chuunin, mais tu as dû le comprendre tout à l’heure non ? C’est honteux en tant que médecin de devoir demander l’aide d’autrui tu ne trouves pas ? J’ai une vision du ninja médical très fermée, il doit pouvoir se soigner seul, quelque soit son mal. Tu me diras, j’ai encore beaucoup à apprendre. Beaucoup…
Et toi ? Excuse-moi de rebondir aussi promptement, mais, j’ai la sensation de t’avoir déjà croisé quelque part. J’en remets pas une image par contre, t’as une idée ?


Il s’interrompit brusquement, et repris aussitôt.

Haa, voilà que je te tutoie… Je suis désolé. Je peux ?... Ha voilà la salle.

Commune à plein d’autre, la porte était simplement accompagnée d’un écriteau précisant la nature de la salle qui se cachait derrière. Arai frappa trois fois de sa main valide. Ne désirant pas s’imposer, il attendit, se postant sur le côté, dos contre le mur. Personne ne passait dans le couloir. Les étudiants devaient probablement être en cours avec leurs professeurs respectifs, les chuunins glandaient dans leur salle pour certains, et pour d’autres l’entraînement était sûrement de mise. En parlant de ‘training’, ça faisait un moment qu’Arai ne s’y était pas plongé. Alucard avait été son dernier maître, l’espace d’une petite semaine. Il devait maintenant attendre que celui revienne de son petit périple. Alucard voyageait souvent apparemment, toujours à la recherche de quelque chose. Et il n’avait pas voulu lui dire ‘quoi’. Un chuunin était pourtant posté à ses côtés en ce moment même. Ni à la salle, ni à l’entraînement, mais là pour lui, l’accompagnant dans sa quête mystérieuse. Peut-être voudrait-il partager un instant d’expérience après cela… La question serait posée en temps voulu, d’abord le dialogue.

[Arai] – Tu sais… J’ai la sensation que même un professeur ne pourra répondre à mes questions. Raah il faut que j’arrête d’être pessimiste ainsi. Je change de sujet mais… tu aimes les serpents ?



MessageSujet: Re: Salle des Profs [Arai et Sho]   Sam 25 Juil - 13:30

¤,.°o°O Chapitre 8 : L'Ombre Croissante O°o°.,¤
« Prévention »
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Des rencontres, Sho en avait vécu des dizaines depuis que ses pas foulaient le Pays de la Foudre. Pour autant, il n’avait encore jamais rencontré de personnage aussi intriguant que celui qui se tenait devant lui à ce moment précis. Sans doute était-ce le grain de folie qui se décelait dans sa voix et parfois même dans son regard. Les shinobis n’étaient en général pas très doués pour exprimer des émotions fortes comme la panique, la peur, ou encore la joie incommensurable. Arai Tsumetai était l’exception. Sa gestuelle, son regard, ses mots, toutes ses réactions exprimaient ses pensées les plus profondes comme s’il ne suffisait à l’assistance que de le regarder pour le comprendre de A à Z. Même si cela restait prétentieux de l’affirmer, Sho n’en était pas très loin. Il sentait bien que les choses échappaient totalement au contrôle de son homologue. Si la raison d’un tel désarroi ne lui apparaissait pas comme une évidence, il commençait à réaliser ô combien les apparences pouvaient entraîner Arai sur une pente glissante.

Tout d’abord, Arai confirma ce que Mae lui avait confié quelques secondes auparavant. Sa main avait bien changé de composition métabolique d’après ses dires. Même si cela apparaissait comme très peu probable à Sho, il n’était pas un de ces esprits hermétiques, fermés aux choses les plus invraisemblables. S’il n’avait jamais vu, encore jusqu’à aujourd’hui, une main ou n’importe quel autre membre changer radicalement d’état physique cela n’en demeurait pas moins impossible. Rien n’était vraiment impossible dans leur monde. Ses propres expériences le prouvaient.

Ensuite, Arai lui révéla qu’il était lui-même membre de la branche Eisei mais que son expérience en la matière ne lui permettait pas de guérir ce « mal » dont il semblait souffrir de plus en plus visiblement. Sho pensa immédiatement à Akai Juutai. Même si les professeurs en médecine se comptaient en grand nombre dans le village, il n’en connaissait pas de meilleur, à son goût, que la belle et froide juunin qu’il avait suivi depuis l’obtention de son bandeau. D’ailleurs, cette idée sembla rejoindre celle de son homologue qui selon toute vraisemblance souhaitait lui aussi se tourner vers une spécialiste des poisons et antidotes de tout genre. Sur le coup, Sho ne releva pas le tutoiement, trop concentré qu’il était à essayer de comprendre pourquoi Arai voulait rencontrer plus particulièrement une spécialiste en poison. Était-ce lié à ce changement de composition ? Savait-il des choses qu’il ne lui avait pas encore dîtes ?

La question d’Arai siffla dans son esprit et Sho revint à la réalité. Les yeux de son interlocuteur le fixaient, visiblement gênés. Un léger sourire sur ses lèvres, il répondit :

SHO # Je connais quelqu’un qui serait susceptible de vous aider. Peut-être que nous la trouverons dans la salle des professeurs à cette heure, auquel cas il nous faudra rejoindre l’hôpital pour la rencontrer. Quel que soit notre destination, quel genre de médecin serais-je si je ne vous accompagnais pas.

Sur ces bonnes paroles, Sho glissa ses mains au fond de ses poches et se mit en marche. Arai suivit le mouvement et tous deux s’enfoncèrent dans le dédale de couloirs que représentait l’académie.

Après une trentaine de mètres parcourus, Arai rompit le silence avec une facilité presque déconcertante. Ce qui ne manqua pas d’accentuer légèrement le sourire de Sho. En l’écoutant parler, il comprit un tas de choses sur lui, sur ses valeurs, sa conception du monde shinobi, et un tas de choses que seul les analystes confirmés étaient capables de relever dans ce genre de discours. Arai avait par exemple une vision très particulière du médecin moderne. A ses yeux, celui-ci devait par tous les moyens réussir à traiter ses propres maux sans jamais avoir recourt à un tiers. Si cette vision prêtait à rire dans certaines circonstances, elle n’était pas véritablement insensée pour autant. Une telle conception n’était possible que dans de très rares cas où l’eisei ne faisait plus qu’un avec sa discipline. Il devenait alors un maître en la matière. Un prodige capable d’accomplir toute sorte de miracles. Kumo comptait un de ces prodiges aux connaissances si avancées qu’elles en faisaient tremblés les fondations du monde. Ce prodige n’était autre que le chef des Immortels, Haita.

Arai voulait désormais que Sho se présente, ce qu’il fit aussitôt avec une légèreté toute prononcée.

SHO # Nous nous sommes déjà croisé, en effet. C’était à l’examen chuunin de Konoha. Plus précisément au terme de la seconde épreuve, lorsque l’Asahi a frappé. J’étais l’un des genin kuméens engagés dans ce tournoi. Sho Nagoshi, c’est ainsi que je me nomme.

Les présentations faites, les deux hommes arrivèrent à destination. Arai toqua à trois reprises contre la porte d’entrée de la salle des professeurs mais aucune réponse ne lui fut rendue. Beaucoup d’entre eux devaient actuellement assurés leur fonction dans les différents amphithéâtres disponibles au sein de l’académie. D’autres encore, étaient en mission secrètes aux quatre coins du monde afin de garantir les intérêts du village. Quant à Akai Juutai, si elle n’était pas ici, alors il y avait fort à croire qu’elle se trouvait dans son laboratoire ou bien, elle aussi, dans sa salle de classe. Mais comme si cela ne semblait pas l’importer, Sho leva ses yeux couleur d’ambre vers l’écriteau et poursuivit sur un ton monotone.

SHO # Il n’y a rien d’honteux dans le fait de demander de l’aide, surtout à ses collègues. Nous sommes tous là pour nous entraider. Même les plus grands ont besoin d’aide. Seul, nous ne sommes pas grand chose.

Au terme, Sho reporta son regard vers Arai.

SHO # Vous pouvez me tutoyer, seulement si vous me laissez vous vouvoyez le temps que j’apprenne à vous connaître.

Le duo resta planté devant la porte pendant encore quelques minutes. Sho toqua à son tour à une seule reprise, en vain. La salle était vraisemblablement vide. Il ne restait donc plus qu’une solution s’ils voulaient trouver Akai Juutai. Sho adressa un signe de tête à Arai pour lui faire comprendre qu’il n’avait qu’à le suivre et tous deux se replongèrent momentanément dans le dédale de couloirs. Au détour d’un grand hall, ils croisèrent le chemin d’Yoigoshi Ibaru, visiblement très pressée. Sho eut tout juste le temps de lui demander si elle savait où il pouvait trouver Akai qu’Yoigoshi lui répondit brièvement qu’elle devait se trouver où il savait avant de disparaître au pas de course. Sho glissa une main dans son épaisse crinière rougeâtre en prenant un air amusé.

SHO # Tsumetai-san, je crois que nous allons devoir nous rendre à l’hôpital si nous voulons résoudre le problème de votre main.

Sans rien ajouter de plus pour le moment, Sho descendit un grand escalier jusqu’au grand hall d’entrée. Il se dirigea ensuite vers les portes de l’académie, talonné de près par Arai. Les mains toujours enfoncées dans ses poches, il s’arrêta sur le palier de la porte et jeta un regard par-dessus son épaule à l’intention de son camarade. Un sourire amusé aux coins des lèvres, il lui dit ceci :

SHO # Je n’ai jamais vu de serpent de ma vie.

Puis comme si de rien n’était, il poursuivit sa route qui devait à présent le conduire de l’académie à l’hôpital. La question sur les serpents avait pourtant été posée il y a quelques minutes, quand ils étaient encore devant la porte de la salle des professeurs, mais Sho avait décidé de calquer un détail bien précis du comportement d’Arai Tsumetai : l’imprévu de ses paroles. Le jeune Nagoshi, l’énigmatique Nagoshi, avait depuis longtemps appris que la meilleure manière d’en apprendre davantage sur quelqu’un était de copier un de ses traits de caractère pour mieux déceler les nuances de son comportement lorsqu’il aurait l’illusion de se retrouver devant un fragment de son propre reflet. Opportuniste ? Manipulateur ? Allez savoir. Sho était un puit sans fond, une énigme.

SHO # Je vous emmène à l’hôpital pour que vous puissiez rencontrer Juutai-sama. Ibaru-sama aurait pu répondre à vos questions mais comme vous avez pu le voir, elle semblait plutôt pressée. Si ce n’est pas trop indiscret, quelles questions allez-vous lui poser ?

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Salle des Profs [Arai et Sho]   Jeu 30 Juil - 21:24

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MessageSujet: Re: Salle des Profs [Arai et Sho]   

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