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 Le "Carré Bleu"

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MessageSujet: Le "Carré Bleu"   Mer 21 Oct - 19:51

On l’appelle le « Carré Bleu ». Son nom vient certainement de la forme de la salle de taille moyenne, parfaitement, idéalement, presque divinement … carrée.

Située à quelques pas de la salle des professeurs, le Haut Conseil de Konoha avait décidé d’ouvrir, depuis de nombreuses années maintenant, une pièce à même de répondre aux attentes de ses élites. Là où les enseignants ont leur petit coin rien que pour eux, le « Carré Bleu » est entièrement réservés à ceux qui arborent fièrement – ou non – le grade de chuunin et de juunin. Parce que les équipes ne sont jamais réellement stables, parce qu’elles évoluent en fonction de la mission auxquelles on les attribue, en fonction des disponibilités et des relations que les shinobi se sont crées au fil du temps, le « Carré Bleu » remplit toute sorte de fonction : c’est avant tout un lieu de détente où, entre deux missions, les ninjas de classe moyenne et les ninjas d’élite peuvent se reposer. Peu à peu, le « Carré Bleu » se remplit de shinobi et de kunoichi et devint une plaque tournante de tout chuunin ou juunin voulant s’intégrer véritablement dans le village. Bientôt, les autorités déposèrent purement et simplement leurs ordres de missions dans cette salle, avec l’assurance d’être transmis le plus rapidement possible, ce qui incita d’autant les militaires d’y passer régulièrement.

Le « Carré Bleu » est également muni de nombreux ouvrages entassés dans une large bibliothèque. Elle présente notamment quelques manuels sur les techniques du village mais la majorité des œuvres analysent et décomposent la géographie, les systèmes politiques, les cultures et les relations internationales qui configurent le monde shinobi, de sorte qu’il est possible de trouver en quelques heures toutes sortes d’informations nécessaires au bon déroulement d’une mission dans n’importe quel pays que se soit. La grande majorité des archives y sont également entreposée, la plupart n’étant, certes, que de vulgaires copies de dossiers fidèlement classés dans les bureaux du Haut Conseil et du Poste de Police de l’ANBU.

Citation :
Aux Chuunin et Juunin de Konoha … celui qui prend la dernière tasse de café en refait pour tous les autres. Merci.


***



Iki frappa violemment la porte qui valsa devant lui. Elle s’écrasa bruyamment contre le mur et ne bougea plus, comme si elle venait simplement de comprendre la leçon qu’on venait de lui donner. Le shinobi s’avança fièrement dans la grande salle puis, après quelques grands pas chaloupés d’un froncement des sourcils et d’un mouvement des épaules exagéré, s’arrêta et fixa lentement le Carré Bleu.

Iki – Vide …

Hizu sortit de derrière le mur et sauta sur son dos, enlaçant ses bras autour de son cou. D’un geste du bras, elle poussa Iki en avant et ils s’enfoncèrent ainsi tous deux dans la grande pièce. Le souffle lui manquait de plus en plus, néanmoins le juunin ne pouvait s’empêcher de sourire, comme un grand enfant sourit lorsqu’on lui tend son cadeau. Iki n’avait jamais eu de cadeau, il considérait cela comme une futilité de la vie, quelque chose de si peu agréable et d’éphémère qu’elle en devenait inutile.

Il tomba dans un siège et laissa Hizu grimper sur ses jambes. Ses mouvements devinrent alors plus limpides, lents, bien plus sensuels. Elle termina son étreinte par un baiser le long de son cou, puis remonta jusqu’à ses lèvres, qu’elle effleura. C’était un cadeau comme un autre, tout aussi futile, tout aussi inutile, et tout aussi éphémère. Mais, mon dieu, que c’était bon.

Hizu – Je ne t’ai pas encore félicité pour ta promotion.

Il sourit et mordilla sa lèvre inférieure.

Iki – Je déteste qu’on me félicite.

Hizu – Clair. T’es qu’un imbécile au dessus de tout ça.

Elle se retourna rapidement et se blottit contre lui, sa tête dans le creux de son bras. Ses mains zigzaguaient le long de son bras tandis que ses pieds se mêlaient aux siens presque inconsciemment. Iki plaça un fin tube blanc entre ses lèvres et gratta machinalement une allumette sur son pantalon. La flamme jaillit et une petite bouffée de fumée embruma rapidement la pièce. Iki appréciait ses petits moments de bonheur, là, assis sur sa chaise les pieds sur le bureau, Hizu qui ronronnait contre lui, presque étouffée par la chaleur qui émanait de son corps qu’elle sombrait dans une veille latente, une cigarette dans le coin de la bouche, dont le foyer se grillait sans difficulté.

Hizu – Tu as vu Keira ?

Il haussa un sourcil. Comprendre les femmes, c’était comprendre comment leur esprit sélectionnait les idées et les exprimait toujours au moment où l’on s’y attendait le moins. S’il avait pu, il l’aurait laissé tomber sur le sol, puis il serait sorti, sans rien dire d’autre qu’un : « on s’en branle de Keira, chérie ».

Iki - On s’en fiche de Keira, chérie.

La nuance fait tout. Il tira généreusement sur sa cigarette et inspira, tranquille. Un léger sourire se dessina sur son visage reposé.

Iki - Ouais, je l’ai vu. Je me demande si je serais dans le même état à son âge.

Hizu pouffa de rire.

Hizu – Si un jour tu atteins sa place, je pense que tu te ficheras de ton âge.

Iki – Grave. Mais pas de ma tronche.

Iki s’étira doucement. Il ne s’imaginait pas à la place de Keira. Il ne s’imaginait même pas dans deux mois, comment pouvait-il ne serait-ce qu’essayer de prévoir ce à quoi il aspirerait. L’avouer n’était pas très difficile : la conseillère lui avait fait forte impression. Contrairement à une grande majorité d’autres hommes et femmes qu’Iki avait pu rencontrer ou ne rencontrerait jamais, Keira n’avait pas eu besoin de dire un mot pour que le Namikaze n’ouvre pas sa grande bouche de con. Elle la respectait pour cela. Et certainement pour son était physique. Il fallait croire que la politique n’était pas si reposante que ça.

Lentement, l’idée de passer le reste de sa vie avec la juunin grimpa dans son esprit et y prit une place prépondérante. Cette peur qui prenait une grande majorité des hommes à cette idée, il ne la ressentait pas. Néanmoins, pour une des rare fois de sa vie, Iki doutait de se lancer dans une telle entreprise. L’amour, les enfants, la fidélité ; ce n’étaient que des concepts stupides. Ce qui changeait, c’était la quantité : l’incertitude du lendemain n’était pas supportable, elle le motivait ; l’incertitude du lendemain à deux, ça, c’était terrifiant.

Iki leva soudainement les yeux vers la porte d’entrée. Il sourit pleinement, une rangée de petites dents blanches apparut sous sa lèvre inférieure. Il resserra le bandeau azuré qui retenait ses courtes mèches rougeâtres et retira sa clope de ses lèvres.

Iki – Tiens, Minato et Hakuba, ça faisait une paye. La dernière fois c’était quand ?

Il leva un doigt vainqueur.

Iki – Ah oui, j’étais encore chuunin !
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MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Ven 23 Oct - 15:37

A la manière d’un enfant, Hakuba tira doucement le bas de la manche du grand manteau vert foncé de Minato.

Hakuba – Minato-kun, Minato-kun, Minato-kun … Laisse moi le détruire. Je t’en prie, laisse le moi.

Minato fronça les sourcils. Son immense main se posa sur l’épaule de son collègue et la retint fermement. Hakuba pouvait tout à fait s’élancer. Oui, il en était capable. Oh, il ne ferait sans doute pas long feu contre le très récent juunin qu’était Iki, néanmoins il serait à même de lui poser quelques problèmes embarrassants.

Hakuba n’aimait pas qu’on se moque de son grade. Le professeur n’aimait pas grande chose de toute manière, ironisait Iki.

Hizu se leva calmement et passa une main dans ses cheveux, comme pour y chasser quelques pensées malsaines. Elle regarda son amant qui se délectait sur sa cigarette puis sourit, à la fois fière et satisfaite de son homme. Au-delà de l’apparence du juunin (qui, elle, ne changerait très certainement jamais), bien des choses avaient évolué ces dernières semaines et, surtout, ces derniers jours. Il l’avait embrassé. C’était ce qui l’avait le plus marqué.

Minato – Je ne crois pas que nous ayons eu l’occasion de te féliciter, Iki-kun.

Il ricana amèrement.

Iki – Y’a pas de quoi, Minato. Fais, si ça peut te faire plaisir, moi je m’en fous.

Hakuba – Tu n’as pas le droit de cracher dans cette soupe. Tu n’as pas le droit …

Iki – Et toi tu me gonfles à toujours répéter deux fois les choses.

Le bras du chuunin balaya la main de Minato qui vola violemment dans les airs. Etrangement, ce dernier ne fit rien pour retenir plus longtemps son collègue et le laissa finalement se diriger en grandes trombes face au Namikaze. Minato n’était pas de ceux qui s’opposaient à la nature. Il mettait en garde (et il avait mis en garde Hakuba, il avait posé cette main lourde de signification sur son épaule et le chuunin, parce qu’il le connaissait mieux que quiconque, l’avait très bien compris) et donnait à celui qui l’écoutait, la mesure du choix. Le recul nécessaire à la décision, afin qu’elle ne soit ni impulsive, ni transformée en un geste émotionnellement inéluctable.

D’un coup de pied dans la chaise qu’Iki balançait d’arrière en avant sur deux pieds, Hakuba renversa le juunin. Iki chuta violemment sur le sol mais resta enfoncé dans le fond de sa chaise, à l’horizontale. Il passa sa main le long de ses lèvres et y déposa le bout de sa cigarette. Il tira dessus et pencha son regard sur la longue cheminée de fumée qui se dégageait finalement de sa bouche. Finalement, il posa ses yeux sur le visage bouillonnant d’Hakuba qui, n’appréciant pas qu’on se moque ainsi de lui, supportait encore moins qu’on l’ignore de cette manière. Il posa sa main sur le col d’Iki et le souleva dans les airs, comme on soulève une petite chose pas bien lourde. Son autre main s’empara du poignet du juunin et, tournant sur lui-même, la bloqua contre son dos. Iki sourit. Il sourit pleinement, satisfait de sa situation quoique délicate. Hakuba restait sérieux, énervé et concentré.

Iki laissa tomber sa cigarette sur le sol et, du bout du pied, l’écrasa sur le sol. Subitement, son autre pied fouetta le tibia du professeur qui chancela en avant. Une seconde d’hésitation, une seconde de relâchement, il n’en fallut pas moins à Iki pour se soustraire de l’autorité physique de son homologue. Son bras se contracta et se défit de la clé de bras puissante d’Hakuba. A son tour il s’empara du poignet qui une seconde auparavant le bloquait. Il ne répéta pas ce mouvement à son tour mais poussa simplement et violemment le coude d’Hakuba vers son buste. Déstabilisé, Hakuba s’effondra facilement sur le râteau que la jambe d’Iki venait de lancer sur ses chevilles. Il n’eut que le temps d’apercevoir, dans les airs, le puissant poing du lion s’effondrer sur lui, alors qu’il chutait encore, sans aucun appui. Hakuba s’effondra sur le sol comme un vulgaire sac. Il se releva aussi rapidement qu’il était tombé et sa main droite s’empara de celle d’Iki. Face à face, la main dans la main, les deux shinobi se toisèrent quelques instants du regard.

Iki passa un bras le long de son épaule. L’accolade fut courte mais intense. Hakuba s’éloigna d’un pas puis s’inclina respectueusement.

Hakuba – Félicitations, Iki-kun. Tu mérites cette promotion.

Il sourit et alluma lentement une cigarette.

Iki – Dis pas n’importe quoi, tu la mériterais aussi.


***


L’odeur amère mais néanmoins chaleureuse du café se répandit dans la salle. Minato en avala une importante gorgée avant de tirer discrètement la langue due à une température un peu trop élevée du liquide. L’imposant professeur feuilletait ça et là quelques textes qui ne semblaient pas si importants qu’ils n’en avaient l’air. Effectivement, Minato posait plus souvent son regard sur son entourage que sur les longues lignes qui décoraient ça et là son bouquin. Il regardait Iki avec une amertume marquée, même s’il ne considérait pas ce système de grade comme vraiment important. Néanmoins, à ses yeux cela représentait beaucoup, pour Iki, comme pour lui.

La poitrine d’Hizu montait et descendait dans une cadence régulière parfaitement respectée. Ses paupières fermées laissaient à l’imagination la beauté de ses prunelles tandis que ses longues mèches blondes tombaient parfois de la couche au fond du Carré Bleu. Il lui arrivait de se retourner, de maugréer quelques mots incompréhensibles, provoquant un bref sourire sur les visages d’Hakuba et d’Iki.

Hakuba – Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?

Iki expira un grand nuage de fumée et ne sourit pas.

Iki – Probablement me reposer, quelques jours.

Hakuba – Je ne suis pas sûr qu’Hizu soit le meilleur moyen …

Hakuba sourit volontiers. Il redevint très vite sérieux.

Hakuba – Et Okugane, dans toute cette histoire, il devient quoi ?

Iki – Viré, si pas plus. Son sort ne m’intéresse pas tant que ça.

Hakuba – Il devrait pourtant. Ce mec a pourri ta vie…

C’était vrai. Le juunin l’avait fait venir de Shimenu jusqu’ici, il lui avait donné de nombreuses missions, toutes dangereuses, mais pire que tout, il lui avait imposé un style de vie. C’était peut-être pour cela (très certainement en fait) qu’Iki s’était rapidement réfugié dans l’Académie, où il avait pu rencontrer quelques shinobi sans que cela ne dérange personne, et notamment pas Okugane. L’espace d’un instant, il s’avoua comblé de s’entendre si bien avec Hakuba et Minato, avec Yasu et avec Hizu. Cette pensée s’effaça bien rapidement et le juunin se répondit à lui-même en mettant dédaigneusement ses pieds sur la table et en tirant généreusement sur sa cigarette.

Iki – Ouais. Mais franchement, si même lorsqu’il n’est plus là je dois m’occuper de lui, ça va encore foutre la merde un peu partout. Je vais me reposer je te dis, ensuite…

Il leva les yeux vers le plafond.

Iki - Ensuite, j’aurais plein d’autres trucs à faire.

Hakuba – Tant que ça ?

Iki – Tu n’imagines même pas. Vous, les professeurs, vous êtes confortablement installé dans votre siège de bureau la moitié de l’année.

Hakuba grimaça. Il n’appréciait pas qu’on insulte ainsi son travail. Aucun professeur, de manière générale, n’aimait qu’on parle ainsi de leur condition de vie. Cependant Hakuba avait très vite appris à ne plus relever les lancées provoquantes de son ami. D’abord parce qu’en temps normal, il perdait plus souvent qu’autre chose. Et puis, Iki avait cette manière de dire les choses telles qu’elles étaient. Il y a des tabous un peu partout, même dans les rangs de l’Académie. Leur oisiveté, même si s’en n’était pas, parce qu’ils travaillaient dur pour arriver là où ils étaient et que leur travail était respectable, contrastait violemment avec le quotidien des autres shinobi.

L’enseignement était une mission comme une autre. Une mission où l’on ne risquait pas de mourir cependant.

Iki – Le Haut Conseil, c’est un monstre sur patte Hakuba. Ils te tendent la main d’un côté, et te poignarde de l’autre. Je pensais que ma promotion me libérerait.

Hakuba – Okugane n’est plus là, tu ne peux pas être plus libre.

Il ricana.

Iki - Keira ou Okugane, la différence ?

Hakuba resta intrigué. Il fixa le juunin avec insistance.

Iki – Okugane était un ambitieux pathétique. Keira, elle, c’est une salope.

Il pointa son index vers le haut et sourit.

Iki – Une salope gentille.

Hakuba - Tu es sûr qu’on ne nous écoute pas ?

Iki – Il faut un putain de courage pour gérer un village comme Konoha. Je ne veux même pas imaginer toutes les merdes que le Haut Conseil nous cache, mais si cela s’avère nécessaire

Il marqua une pause.

Iki – Alors Keira est une salope gentille, et nécessaire.
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MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Lun 26 Oct - 23:45

On ne se comprend pas toujours. Il arrive que, par moments, l’on fasse certaines choses dont on ne saisit ni la portée, ni l’utilité. Ces faits et actes, ces agissements font régulièrement l’objet de la curiosité de tous. L’image d’un homme manipulé comme une vulgaire marionnette par une force au-dessus de nous, par une force à la fois invisible et étrangement présente, imprégnée dans notre moelle, composant l’essence de ce que nous sommes, cette image intrigue et effraie à la fois. Iki mit quelques années à comprendre sa passivité. Encore aujourd’hui, il ne comprenait pas d’où provenait l’énergie qu’il avait déployée afin de serrer les dents face à Okugane et de simplement lui désobéir. Il avait pris à sa propre charge une mission dont l’issue avait une influence plus ou moins importante sur le résultat de la crise biologique à Konoha. A bien y repenser, si la malade n’avait pas été résorbée, ils vivraient toujours avec ce masque blanc sur le visage, déformant leur voie, les empêchant de fumer, d’embrasser, ni plus, ni moins, de vivre. Un village fantôme enclavé au centre du monde, entouré de denses et hautes forêts sombres. Puis Iki remonta plus loin dans le passé. Près de quatre ans, pour être totalement exact. C’était à cette date-là qu’il avait intégré les rangs des shinobi de Konoha avec le grade de chuunin. A cette date-là également, Iki nourrissait une haine farouche contre le village qui l’avait accueilli. Il n’avait pas hésité à l’insulter, à le profaner et à lui cracher sur la figure comme l’on crache à la figure d’une vulgaire putain. Malgré tout, les putains sont là, le soir suivant, et le soir suivant encore, et encore. Si bien que malgré les multiples preuves de colère qu’il éprouvait à leur égard, bientôt sa colère elle-même se mua en un désagréable dédain. L’espace d’un instant, Iki crut s’avouer qu’il avait perdu. Perdre contre une catin, il n’y a peut-être rien de plus déshonorant au monde pour un homme.

Iki repensa aux nombreuses missions qu’il avait effectué en la compagnie d’Hizu et de Jisuga (et peut-être d’autres, mais ils n’étaient pas intéressants à ses yeux, et comme toutes les autres choses pas intéressantes, il en avait oublié l’existence), pour la solde de Konoha. Ou peut-être bien pour la solde d’un seul homme. Dans le contexte, cela revenait à peu près au même : d’un côté, un commanditaire assoiffé et de sang, et d’argent, et de pouvoir ; de l’autre des opprimés traités en esclaves pour le bien de la première entité. Iki n’avait jamais réellement compté ce que lui devait Konoha et qu’il lui devait, néanmoins à ses yeux une chose était sûre : qu’importe le prix qu’on posait sur sa tête et qu’il récupérait chaque fin du mois dans la petite boite aux lettres de son appartement, la vie n’avait aucune assurance et la mort, elle, était paradoxalement gratuite. Une simple question lui vint alors à l’esprit. C’était peut-être en dévisageant l’air serein de Minato qui dévisageait Hizu autant qu’il dévisageait un épais bouquin, sinon plus, qu’il se rendit compte à quel point sa vie n’avait jamais été celle qu’il réclamait réellement et que, contrairement à son imposant ami, il supportait plus qu’il ne portait le poids de ses rêves, de leurs fardeaux et de leurs conséquences. Un rêve qui se transforme en cauchemar reste une chose sortie personnelle avant tout, se dit-il intérieurement. Des cauchemars, Iki en avait subi bien des dizaines et en avait peut-être résolu le double. De cauchemar, il s’en était extirpé, et d’autres cauchemars, il s’était d’abord embourbé puis dans un dernier effort il l’avait vaincu. Mais aucun de cela n’étaient les siens. Ils appartenaient à un homme, un seul, qui représentait à la fois et l’autorité et la comparaison métaphorique d’une entité. Une entité bien moite, floue et imprécise qu’Iki écrasait de ses pieds chaque fois qu’il avançait d’un pas dans ses ruelles ensoleillées. Iki ne rêvait pas, si bien qu’il s’en sentit vidé. Si toutefois on peut considérer que du vide on peut en retirer une partie afin qu’il n’en reste que plus encore.

Il écrasa instinctivement sa clope en centre du petit cendrier et ne rouvrit pas ses yeux. Hakuba s’était décalé de l’autre côté de la table lorsqu’il avait remarqué la fatigue de son camarade et qu’il considéra que la conversation était bien plus intéressante de l’autre côté, en compagnie de Minato et d’Hizu. Tout aussi instinctivement, Iki en ralluma une autre et, sans tirer dessus, laissa le foyer se consumer de lui-même dans la salle.

Il repensa à toutes les pensées que son âme avait accumulé jusque là : il faisait partie d’une entité qu’il avait haï, il avait parcouru les quatre coins du monde en compagnie de personnes qui s’avérèrent très rapidement être de confiance et aujourd’hui, sans s’en vouloir réellement, il se sentait irrémédiablement vide. Pourquoi n’était-il donc pas parti ? Pourquoi était-il resté ici à supporter les foudres de sa haine et les foudres de l’administration konohéennes ? Des occasions, il en avait eu des dizaines et des dizaines. Des raisons, il en avait tout autant sinon plus. Konoha n’acceptait jamais de comprendre un déserteur, mais après tout, personne n’avait réellement connaissance de son existence, en tant que Lion et en tant que génétiquement unique, sinon Okugane (et aujourd’hui, Okugane ne vaut plus rien). On l’aurait certainement recherché mais il se serait caché. Shimenu, ce fut sa première mauvaise idée. Shimenu serait le premier endroit où ils chercheraient.

D’un geste de la main dans le vide il balaya ses pensées : cela n’avait plus aucune importance puisque jamais Iki n’avait osé, ni même imaginé s’évader de sa prison personnelle. Enclavé, il ne l’était pas seulement. Au-delà du simple fait qu’on l’y oblige, à réaliser toutes ses corvées, il mettait une sorte de cœur à l’ouvrage qui paraissait trompeur, incohérent et irrationnel. Quelque part, il ne s’était jamais inquiété du fait qu’il soit un si compétent shinobi, malgré ses divergences de cœurs, ses divergences sentimentales à l’égard de celui qui commandait ses mains et ses pieds et qui, encore heureux, n’avait aucune emprise sur sa tête et sur sa façon de percevoir le monde. Auquel cas, sûrement, aurait-il fait bien plus que de cracher sur une putain et, qu’à défaut de la violer, il l’aurait très certainement laissé morte sur le trottoir, gisant dans son sang. Il ne s’en était jamais inquiété parce qu’il était conscient de la folie guerrière qui l’habitait depuis le plus jeune âge. Kawazi avait peut-être éludé certains de ses souvenirs que l’enfance, trompeuse, avait effacé de sa mémoire, néanmoins il n’avait jamais réellement oublié quel homme il était réellement. C’était cela qui avait fait de lui, sinon un génie, un excellent lion. Et, par conséquent, c’était ce qui faisait de lui un excellent shinobi, terrifiant d’efficacité. Il n’empêche, si la mort fait toujours peur, elle est souvent supplantée par la blessure. Et la blessure est très régulièrement une bien meilleure option. Aujourd’hui cette excuse lui semblait en partie caduque. Il avait « sauvé » Konoha d’une crise biologique qui ne le touchait à priori en rien. Il aurait simplement pu rentrer chez lui et remuer la désinvolture d’Okugane à son égard dans un petit paquet de cigarette lors d’une sieste bien méritée. L’idée qu’il fasse cela pour le simple plaisir de voir Okugane souffrir, d’une manière ou d’une autre, était plutôt cohérente. Mais Okugane n’était pas toujours là, derrière lui, à lui pourrir la vie.

Iki se releva lentement. Il laissa sa tête tomber entre ses deux épaules et posa sa cigarette sur ses deux lèvres. Suspendues dans le vide, les cendres tombèrent en un gros paquet gris et éclatèrent au contact du sol. Un fin sourire satisfait perça son visage, bien qu’il ne sache vraiment pourquoi il apparut. Peut-être le plaisir d’avoir quelques minutes tranquilles pour lui, pour réfléchir et pour prendre du recul. S’il avait eu ce temps-là, si on ne l’avait pas fait bosser comme un forcené durant ces trois dernières années, peut-être ce passage aujourd’hui clos de sa vie se serait-il bien mieux passé. Peut-être même n’aurait-il jamais existé. Peut-être …

Finalement, il décida de se lever. Ses deux yeux s’ouvrirent lentement, afin que la lumière du jour ne l’assaille pas trop. Il avait vraiment besoin de repos. L’image de son lit se dessina dans sa tête et il sourit, intérieurement. Ses paupières fatiguées se soulevèrent, même si elles paraissaient lourdes, trop lourdes. Iki ne se sentait pas particulièrement bien, même si rien ne devait véritablement trouver le bonheur latent dans lequel il vivait depuis la démission d’Okugane et sa promotion. Il soulevait ses jambes avec une extrême fatigue, comme si ce geste lui demandait des efforts inconsidérés. Hizu se joignit à lui très rapidement, sous le regard amusé de Minato et d’Hakuba. Les deux chuunins l’accompagnèrent du regard jusqu’à la porte, sa main dans celle d’Iki, et lui firent un « au revoir » souriant de la main. La porte se referma derrière Iki qui, quelque pas plus tard, s’effondra contre le mur. Il ne montrait aucun signe d’une quelconque douleur alors Hizu se permit un sourire auquel Iki fit mine de répondre.

Iki – Je vais partir quelques temps, Hizu.

Shimenu n’était pas un secret pour la jeune femme. Toutes les missions qu’Iki avait effectuées, Hizu les avait faites avec lui. Elle n’était certes pas une très grande experte du corps à corps cependant il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que les déplacements, la défense, et la manière de frapper de son ami n’avait rien de commun avec les autres shinobi de Konoha. Il ne lui raconta que plus tard d’où il venait, quelle était son histoire mais, de toute manière elle savait. Ses yeux orangés par les Rois Lions l’avaient trompée. Son dossier aussi, un peu.

Iki – Je dois retrouver Kawazi à Shimenu. Lui seul a les réponses à mes questions. Et puis … je dois prendre l’air. Okugane n’est plus là, je peux profiter de la liberté qu’on m’offre. Désolé.

Hizu posa la paume de ses mains contre le mur, de part et d’autre du visage d’Iki et colla son front contre celui de son partenaire. Iki put ressentir son souffle agité et irrégulier, parfois bloqué, parfois intense. Hizu souffrait, c’était certain. Elle souffrait de ne pas profiter plus qu’elle ne le méritait de sa présence. Elle souffrait de voir ses espoirs envolés, dissolus. Elle souffrait de comprendre ses raisons, de les accepter parce que c’était la seule chose à faire mais de lui en vouloir de la quitter ainsi.

Hizu ne s’y était jamais réellement préparé, au jour où il partirait. Sans elle.

Hizu – Je comprends.

Quelques larmes perlèrent le long de ses paupières mais n’osèrent couler le long de sa joue.

Iki – Je ne suis pas sûr. Si je m’en vais, je n’ai aucune idée de quand je reviendrais. Ni de comment. Shimenu est un lieu très particulier pour moi. Beaucoup de choses s’y sont passées durant mon enfance, et pas ces choses que tu as lu dans mon dossier ou que j’ai eu le courage de …

Il s’en était presque voulu. Pourtant, étant donné l’effort qu’il avait fourni à expliquer une brève partie de sa vie, Iki ne regrettait pas. Cela aurait été un peu trop compliqué, certainement.

Iki – Ecoute, la seule chose que je puisse te dire, c’est que je reviendrais. Quand, comment, j’en sais rien. Je reviendrais, c’est tout. Déso …

Elle le gifla.

Hizu – Ne t’excuse pas … J’ai été stupide de penser qu’un jour …

Ses larmes roulèrent sur la joue d’Hizu et tombèrent sur son pied. Elles étaient terriblement froides, et tristes à la fois. La juunin se releva et resta droite face à lui quelques secondes. Iki ne bougea pas, il ne fit rien d’autre que de regarder le visage de son amie, baissé, caché par de nombreuses mèches. Cette sensation, son souffle le long de ses lèvres, il aurait du le deviner. Mais non, il ne regrettait pas. Iki devait partir, c’était presque une condition de vie. La mort, elle, ne le méritait probablement pas, il n’avait pas l’intention de mourir. En pleurant, elle s’en alla. A travers le couloir, ses pas résonnaient calmement et pressaient son cœur à chaque fois, comme si elle lui marchait dessus. Il ne regrettait pas, non.

Kawazi avait les réponses à ses questions, lui seul pouvait déterminer quelle était la clé. Iki avait trouvé une porte qu’il ne savait pas ouvrir, et comme à chaque fois il demandait l’aide de son maître, le seul qu’il n’ait jamais eu. Il faut croire qu’en trois ans à Konoha, il n’avait pas évolué, il n’avait pas réellement changé ; de portes, il n’en avait trouvé aucune. Sa main remonta jusque sur sa joue qu’il caressa, se mordillant la lèvre inférieure. Une douleur le piquait chaque fois qu’il touchait ce morceau de peau que la main d’Hizu avait méchamment fouettée. Il se crispa et grimaça. Il alluma une cigarette, soupira puis se remit droit et déambula dans le couloir, s’éloignant lentement du Carré Bleu.

Iki – Iki Namikaze, petit juunin de Konoha …

Il tira généreusement sur sa cigarette et expulsa un gros nuage de fumée presque opaque. D’une main tremblante, il poussa les portes de l’Académie et sortit sous le ciel bleu de Konoha, l’air encore humide des derniers jours de pluies.

Un sourire frais mais fatigué étira ses traits.

Iki – Tu n’es qu’un sombre idiot.
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MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Lun 26 Oct - 23:48

Iki : +50 XP

Fin du topic me concernant, mais cette salle est réellement ouverte à tout le monde, et, notamment, aux chuunin et juunin. Bon jeu à tous =)

La suite aura lieu dans un prochain topic dans le Pays du Feu, narrant le départ d'Iki pour Shimenu et la Rokushishi Ryu. Bonne lecture à tous =)

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Sam 7 Nov - 19:50

[Suite du Domaine du Tigre]

L'avenir, c'est l'oubli ¤ Part 2

Dans le hall de l’académie, un courant d’air anormal se fit sentir. Au centre de celui-ci, deux silhouettes se dessinèrent de haut en bas. Rapidement, tout remous d’air cessa et les couloirs ressemblaient à nouveau à ce qu’ils avaient toujours été. Sur les panneaux d’affichage, les feuilles épinglées revinrent se coller à leur paroi tutrice. Les quelques personnes présentes terminèrent de les dévisager et reprirent leur route, parfois en soupirant, parfois en pestant… ou encore sans réaction particulière.

Taka, quant à elle, leva les yeux vers le plafond puis les murs. A l’académie, rien n’avait changé. Ca faisait longtemps qu’elle n’y était plus retournée, faute de temps et surtout d’intérêt. Elle sembla chercher du regard la direction à prendre puis elle se tourna vers Kinari en souriant. Celui-ci rangea ses mains dans ses poches avant de se mettre en route, direction la salle des profs. Calmement, la jeune fille lui emboita le pas, sans même prononcer un mot. Ils saluèrent deux ou trois têtes connues avant d’emprunter l’angle d’un couloir pour déboucher directement sur une portion totalement rénovée. La kunoichi haussa les sourcils avant de s’avancer un peu plus et par la suite, de passer le cadre d’une porte qui était immédiatement sur sa droite. A l’intérieur, il n’y avait presque exclusivement que des Chuunin et Juunin. Elle reconnaissait là un ancien élève qui ne pouvait être que Genin… non pas qu’il faisait tâche, mais pour une fois, les subalternes étaient en nombre vraiment inférieur. Elle fit un petit tour de salle du regard, s’attardant sur l’agencement des lieux et leur degré de fréquentation.

Pour être honnête, ça ressemblait plus à un foyer pour gradé qu’à un carrefour utile à la profession, du moins c’était la première impression laissée. Elle se doutait que les choses n’étaient certainement pas comme dans le concept initial. Elle fit un pas en avant comme si elle avait été l’ombre de Kinari, puis elle se tourna vers lui d’un air de demander s’il se présentait souvent dans cette pièce là. Il la regarda en rigolant légèrement.

[Kinari] C’est vrai que tu es partie pendant près d’un mois… Voici le dernier bébé de l’académie. On l’appelle le Carré bleu, et devine pourquoi ?! Bah c’est une salle carrée et… bleue. Bref ! A la base c’est pour « favoriser la cohésion entre les membres d’un grade moyen ou supérieur ».

Il avait pris un air pincé de coincé tout à fait tordant, illustrant à la jeune fille qu’il ne perdait pas son humour de toujours. Il sourit à son tour avant de continuer sa brève présentation.

[Kinari] Ca a l’air d’une salle de jeu ou de repos… sans doute d’un cafet’, mais faut pas croire, pour ceux qu’ont rien à faire, c’est devenu un sacré lieu de rendez vous. Bref, devant ce succès, les grands pontes ont eu l’idée de rajouter des tableaux d’affichages pour faire circuler toutes sortes d’informations. Et… là bas derrière le comptoir, tu peux trouver les ordres de mission disponibles, référencé et classés par catégorie.

Sinon… bah tu peux toujours prendre un café ou une boisson… tu peux faire une partie de cartes avec les squatteurs de fauteuils et encore bien d’autres choses. Je crois même que certains profitent de cet endroit pour nouer contact avec de belles et jeunes chuunin en recherche de gloire ou d’affection…

Il lui servit un clin d’œil tout à fait amical auquel elle répondit par une brève moue. Tsss ! Comme si elle était une fille à chercher n’importe quelle paire de lèvres à embrasser. Elle choisissait ses fréquentations, elle ! Hum… sans doute tellement qu’elle s’isolait plus qu’autre chose. Elle secoua la tête pour chasser ces pensées là de son esprit, puis elle s’avança de façon autonome au milieu de la salle en symbole de prise des lieux. Le blondinet qui l’accompagnait se dirigea directement vers la machine à café. Quant à elle, la jeune fille s’avança directement au comptoir pour jeter un œil de l’autre côté. Elle fit le tour de l’espace de travail avant d’en faire le tour. Une fois à l’opposé, elle parcouru une brève liste qui était disposée là, à plat, où des références diverses se succédaient les unes les autres. Ses yeux se tournèrent vers les casiers sur sa droite où ses doigts ne tardèrent pas à se balader.

*A… B… C… Ouais non on va éviter les missions de rang D je suis plus une Genin. Disons seule… je prendrai C. B si je trouve quelqu’un pour m’accompagner. En parlant de ça, faut avouer que c’est plutôt pas mal fréquenté dans le coin, ce pourrait-être sympathique d’y faire des rencontres. Et puis, ce serait l’occasion de trouver une équipe digne de ce nom. Je me demande si Riku passe souvent par là…*

Elle releva brièvement la tête pour vérifier qu’il n’était pas déjà sur les lieux. Non, personne qu’elle connaissait, sauf bien sûr l’autre avec ses cheveux jaunes. Il semblait connaître du peuple, lui… En tout cas il blaguait déjà avec un rouquin, inconnu au bataillon. Beurk… Taka n’aimait pas les rouquins. Elle trouvait que c’était pas humain d’avoir cette couleur de pilosité. Elle fronça les sourcils un instant, s’attardant sur les cheveux du dit roux, puis elle descendit progressivement le long de sa tenue pour s’en aller imaginer…

*Oulà ! Allez hop ! Cherche ta mission avant de penser à n’importe quoi. On disait donc C ou B.*

Elle tira un premier tiroir dans lequel les dossiers s’alignaient. Il y en avait de toute sorte, des enquêtes, des recherches du transport… D’ailleurs, celle là semblait l’intéresser pas mal, au même titre qu’une autre qui la guiderait tout droit vers le pays de l’herbe. Charmante coïncidence, elle qui se rappelait en avoir parlé il y a peu, au détour d’un sentier dans la région d’Ekô. Elle grimaça en se rappelant quel fou furieux elle avait croisé dans cette forêt. Un frisson la parcourut avant qu’elle ne se remette à fouiller dans les dossiers. Elle trifouilla encore quelques secondes, voire minutes, puis elle referma le tout. C’était bon, elle avait surement trouvé une ou deux mission pas trop compliqués pour reprendre sur de bonnes bases. Ce fait, elle s’écarta, satisfaite, de ce coin là et s’en alla, comme si elle visitait, jusqu’au tableau des informations. Ses yeux parcoururent rapidement la surface, captant des bribes de nouvelles par ci par là jusqu’à ce que quelque chose de particulier les attire. Dans le coin, en bas à gauche du panneau, était affiché un trombinoscope des nouveaux promus du mois. Parmi ce, un nom et une photo lui sautèrent au visage et avant qu’elle ne s’en soit rendu compte, son poing se crispait sur lui même.

Devant la feuille, son visage se serra soudain, arborant presque une expression menaçant que le pauvre morceau de papier ne méritait pas. S’il avait été vivant, il aurait d’une part pris un coup de poing, d’autre par réveillé un instinct tout à fait étrange chez la jeune fille car il arborait fièrement le nom d’une personne qu’elle connaissait bien et qu’elle avait côtoyée lorsqu’elle n’était qu’une Chuunin toute récente. Pourtant, le temps passait et bien plus vite qu’on ne pouvait le voir. Elle pesta intérieurement, notamment contre Hakai qui s’était évertué à lui dire que Kenji restait le même. Pourtant, c’était une affirmation fausse. On avait fini par en faire un gradé, ce qui voulait dire qu’il avait plus que mûri. Quand-est-ce que Kenji était devenu un leader ? Avait-il trouvé la fibre pour devenir un chef d’équipe ? Ce, sans la participation de Taka. Ou était le temps où on l’affectait à une unité dont la jeune fille était la dirigeante ? Il fallait le reconnaître, elle avait sûrement perdu beaucoup de temps là où son ami n’avait cessé de s’entraîner, de se perfectionner et de grandir. Sa mâchoire se serra, son poing à nouveau… Kenji n’était plus un enfant. Il fallait qu’elle reprenne l’entrainement, c’en devenait une affaire d’orgueil jusqu’à… ce qu’une main se pose sur son épaule et la sorte de tout ceci.

[Kinari] Ca va pas ? T’as lu un drame ou quoi ?

Le jeune homme insouciant se mit à rire, ignorant totalement ce déversement d’adrénaline que la nouvelle avait provoqué chez la jeune fille. Elle tourna la tête vers son collègue en souriant légèrement.



[Taka] C’est rien… Je remarque que beaucoup de choses changent. J’ai l’impression que le temps me file entre les doigts et je n’aime pas ça.

[Kinari] Ah… ca ! C’est un peu notre problème à tous. T’imagines ? T’as vu le type à qui je parlais à côté de la cafetière ? Dis-toi que c’était un de mes élèves il y a seulement deux ans. Quand j’y pense ! Il a bien grandi le bougre. Il se prépare à partir en mission, là.

Les deux confrères s’échangèrent un sourire sincère avant de se tourner mutuellement vers le tableau. Un peu plus haut, il y avait aussi la liste des pertes des deux derniers mois, sans doute un peu plus. Taka perdit sa bonne expression, se remémorant nombre de choses peu joyeuses.

[Taka] Quand on commence, on croit tous que ninja c’est un grand rêve magnifique et qu’on va sauver le monde… On n’était pas les premiers, on n’est pas les derniers. Ce garçon là… Celui qui a été promu ce mois-ci, je le connais bien. Enfin, je le connaissais bien. Ca fait longtemps que je ne l’ai plus vu. Je me rappelle de ses paroles il y a quelques temps, tellement graves et pourtant si innocentes.

Le jeune homme émit un petit rictus avant de regarder la jeune fille du coin de l’œil.

[Kinari] Ecoute, Taka… Je sais que c’est pas facile facile pour toi en ce moment. En fait, je le sais depuis que je te connais parce que, même si tu l’as jamais dit, tu réfléchis tout le temps et tu broies du noir. Faut que tu te relèves, sinon tu pourras jamais construire l’avenir de ce pays… Et pourtant, seuls les Dieux savent combien on a besoin de personnes comme toi. Ne serait-ce que pour former la prochaine génération.

Je sais pas à quoi ça tient, mais t’as ce petit truc qui fait que tes leçons sont écoutées, sauf peut-être par toi. Mais ça, c’est un problème bien connu. Arrête de te prendre le citron, c’est mauvais pour la santé du cigare et tu le sais. Alors ce que tu vas faire, c’est aller prendre l’air en attendant demain ou après demain. Après ça tu reprendras l’entrainement et, si tu veux, on partira en mission ensemble.

Elle eut un petit sourire gêné. Même si elle ne le remerciait pas, on sentait qu’elle le faisait du fond du cœur, dans son silence.

[Kinari] Tu vois ! C’est pour ça qu’il faut que tu gardes la pêche ! Tous ces petits trucs là, ces petites expressions qui veulent tout dire bien que tu gardes ton timide silence… Tout ça c’est très bien, et ça plait. Crois-moi.

Elle se tourna subitement vers lui, sous les regards de quelques uns, un peu trop curieux.

[Taka] Franchement ! T’aurais pas de copine, je penserais que tu me dragues. Quoi qu’il en soit… tu as raison. On se voit plus tard.

[Kinari] D’accord, prends le temps de te reposer.

Elle lui sourit une dernière fois afin qu’il lui fasse confiance puis elle se retourna et quitta le carré bleu sans même énoncer un « au revoir » pour le reste de l’assemblée de toute façon trop occupée à glander. Le blondinet la regarda s’en aller en souriant lui aussi.

*Elle se cache encore derrière un sourire… Cette fille me fera toujours halluciner.*

*Du repos ? Il n’y a qu’un endroit pour ça… Grand parc de Konoha… tu m’as manqué.*




[Suite au Parc Seibutsu]



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

~ Registre des missions ~
D:0/0 | C:2/0 | B:0/1 | A:0/0

~ Assassinats ~
Aucun


Dernière édition par Uchiha Taka le Dim 27 Déc - 5:40, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Lun 16 Nov - 21:45

C’était le moment, Kenji venait de passer chuunin. Cela ne faisait que quelques jours qu’il avait combattu Iki et que ce dernier lui avait annoncé la nouvelle qu’il attendait depuis des années. Il avait eu le temps de panser ses plais et de faire un rapide bilan de ce qu’il avait accomplit jusqu’à présent. Maintenant, il était un peu plus gradé et responsable, on lui faisait confiance. Takeshi lui avait dit de prendre le contrôle d’une équipe et c’était ce qu’il avait fait avec l’équipe neuf de Konoha. Il était assez fier des progrès de ses élèves, Azumi semblait la plus puissante mais Ying ne restait pas loin avec une détermination sans faille. Tout proche il y avait Shinjin qui ne demandait qu’à se transcender. Kenji n’aurait jamais pensé donner autant aux autres il y a peu, mais son esprit avait comprit des choses qui restaient flous dans son esprit depuis tant de temps. Une barrière c’était levé et l’enclos ouvert lui ouvrait de nouveau horizon.

Il était Kenji Uchiha, Chuunin de Konoha.

Il marchait tranquillement dans les ruelles de Konoha accompagné de Taki, lui aussi venait de monter en grade. Il enseignait aussi pour une équipe dont le numéro échappé à l’esprit du jeune garçon. Même si Kenji l’avait maintenant surpassé, il restait ensemble lors des entrainements du clan, un lien spécial les unissait que l’enfant prodige avait du mal à reconnaître tandis que Taki savait qu’ils étaient amis. Voir son ami aussi interrogateur le faisait tout autant sourire. Ce dernier prit la parole un ton enjoué.

[Taki] – Alors, tu vas faire souffrir ton équipe aujourd’hui ?

Kenji esquissa un petit sourire avant de se passer doucement une main dans les cheveux.

[Kenji] – Je suis pas leur nourrice, je vais pas passer toutes mes journées avec eux…

[Taki] – Tu rigoles ! Fais gaffes, tu vas en faire des ninjas moyens, faut les pousser un peu ! Aujourd’hui, je les emmène en forêt, un petit parcours du combattant leur fera du bien. Tu fais quoi si t’es pas eux ?

Les pupilles sombres du jeune garçon se braquèrent. Il savait très bien ce qu’il allait faire mais il n’avait pas envie que Taki le sache, les préjugés étaient si vite arrivé. Il se racla doucement la gorge et murmura quelques mots.

[Kenji] – Disons qu’aujourd’hui c’est moi qui vais souffrir.

[Taki] – Je vois… Faudra se faire une revanche bientôt !

Taki fit un dernier sourire à son ami et partit dans une ruelle sur la droite de Kenji. Ce dernier s’arrêta quelques secondes, il se demandait vraiment ce qu’il était entrain de faire. Il était si seul d’habitude et il s’était habitué à cette solitude mais étrangement le fait d’avoir passé du temps avec Iki et Reiko l’avait changé. Il acceptait la compagnie de Taki ou des élèves de son équipe. Il leur enseignait son savoir et partageait avec eux. Comme s’il n’était plus lui-même…

Un enfant courant sans regarder devant lui le percutant par l’épaule. Il s’excusa et continua son chemin dans la même course effrénée. Kenji ne lui en tint pas rigueur et secoua la tête. Il était monté en grade et il devait aller voir Reiko. Il partit alors en direction de l’académie l’esprit un peu troublé mais le pas confiant. La grande bâtisse se dessina à l’horizon, ce n’était pas la première fois qu’il y entrait en tant que professeur mais cela faisait toujours étrange de ne plus être un élève cherchant de l’aide. Il esquissa un sourire en voyant les jeunes aspirants courir pour ne pas être en retard à leur cours de la journée. La jeunesse, les pousses de Konoha qui feraient l’avenir de ce village.

Il poussa la porte d’entrée et salua d’un bref signe de tête la secrétaire derrière son comptoir. Il ne l’appréciait pas et elle le lui rendait bien. Donc, dans un commun accord, il ne se disait que bonjour sans chercher plus loin. Kenji passa derrière le comptoir et poussa la porte de la salle des gradés.

Elle était spacieuse et bien organisée. Des sièges confortables trônaient sur sa droite et non loin un petit bar avait été dressé pour y déposer quelques denrées et la fameuse cafetière. Sur sa gauche des chaises autours d’une table de simple facture. La pièce était incroyablement carrée, le soleil pénétrant dans le lieu par une belle fenêtre ouverte reflétait le bleu azur des murs dans une sensation de voyage marin. La salle n’était pas vide et Kenji y reconnu quelques professeurs. Hiryuu était assit à la table se perdant dans des livres sur la maîtrise exceptionnelle du feu qu’il possédait. Minato bavardait dans un coin avec Yasu et d’autre individu partageait entre eux mais l’Uchiha ne les connaissait pas.

Son entrée ne changea pas grand-chose. Rares étaient ceux qui tournèrent la tête et Kenji n’en avait que faire. Il se passa doucement une main dans sa chevelure sombre et partit vers le comptoir du petit bar avant de tirer un tabouret et de s’y installer. Il jeta un bref regard autour de lui et vit que Reiko n’était pas là, ce n’était pas un problème, il allait l’attendre. Il n’avait prévu que cela aujourd’hui. Mais le un petit tableau où quelques post-it étaient accrochés attrapa son attention. Il lança son regard sombre sur ce dernier et y vit avec étonnement son visage. Il ne savait pas comme l’académie avait eu cette information et il n’aimait pas qu’on l’expose ainsi, comme un animal. Il faisait parti des promus de mois, un honneur ridicule. Il tourna la tête et rapporta son intérêt sur les missions disponibles.

Il avait en tête de sortir son équipe pour qu’ils puissent faire leur premier pas en dehors du village. Mais il ne fallait pas quelque chose de trop risqué ou il risquerait de devoir faire tout le travail à leur place et ce n’était pas le but de l’exercice. Il vit quelques missions de rang C, mais il n’y avait rien qui attiré son œil de professeur, il lâcha alors le tableau du regard se disant qu’il verrait cela plus tard.

Il tourna ses pupilles d’ombres vers la porte d’entrée et patienta sans excitation.

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Mar 8 Déc - 1:53

Une nouvelle journée, magnifique journée, en cet havre de sagesse et d'apprentissage qu'est l'Académie.
Échos qui résonnent dans les couloirs, de chuchotements, d'éclats de rire, de conversations animées ou effacées, un tout qui forme ce bruit de fond si apaisant, si agréable, si familier parmi lequel je me déplace avec assurance, aisance, presque les yeux fermés, sans toute fois abuser, qui sait ce qui pourrait se heurter à moi sur ma route ? Un élève peu averti, un émissaire pressé, bien d'autres choix !
Mais cela se révèlerait une rencontre intéressante, quoi qu'il en soit.
Car cette vie est belle, unique, passionnante, à cette fraîcheur que seul peut donner le caractère éphémère de celle-ci ... Vivre intensément, vivre passionnément ...
Ainsi est ma façon d'être, avec moi comme avec mon entourage ...
Un entourage qui m'aime, me soutient, que j'aime et soutiens tout autant ...
Une vie magnifique, que je souhaite partager avec tous, une vie si belle, que voir de si nombreuses personnes la gâcher en des desseins futiles me désole ...
Qu'importe, aujourd'hui, je suis à l'Académie, et mon devoir est d'enseigner à ses nombreux étudiants, jeunes glands qui deviendront chênes, afin qu'ils deviennent le futur de Konoha, le futur du Pays du Feu.
Le futur d'une existence meilleure et en paix.


-Reiko, tu es bien rêveuse aujourd'hui.


Je secoue doucement la tête, avant de la tourner doucement vers mon amie et collègue, Asana Koshi.
Comment la définir, me demanderez vous ? Et bien ... Sommes toutes semblables à moi, tout du moins sur notre façon d'envisager le monde et la vie.
Mais je serais pourtant bien orgueilleuse, de tenterune quelconque comparaison.
Disons juste qu'elle est ... pure. Elle fait partie de ses personnes appréciant chaque moment de la journée, qui profite des petits plaisirs anodins de la vie, qui se moque du paraître pour faire ressortir sa vrai personnalité, radieuse au possible ...
Et qui pourrait croire, qu'elle est maîtresse dans les nobles arts du Taijutsu ?
Maîtrise exceptionnelle d'un des arts ninjas les plus agressifs, les moins regardant quant à la souffrance causée à autrui ... Mais aussi de protéger. Car toute puissance que l'on possède, n'est au sens morale du terme "bonne" ou "mauvaise" que selon l'utilisation pour laquelle celle-ci est employée.
Asana, une bien merveilleuse personne ... Mais qui ne peut se targuer de l'être ?
Un sourire enjoué se dessine sur mes lèvres, naturellement.


-Juste un peu, chère Asana ... Je pensais à ce que je ferai, cet après-midi, je suis en permission.

-Oh, je vois ! Tu mérites bien du repos, avec toute la paperasse et autre trucs ennuyeux ...

Elle fit une moue très expressive, qui nous arrache des éclats de rire cristallins, élèves se retournant à notre passage, surpris, interloqués, désapprobateurs pour les plus sérieux.
Qu'importe, pourquoi nous priverions nous de ces petits plaisirs de la vie quotidienne ?
La vie est si belle, lorsque le rire vient la peupler de son doux tintement mirifique.


-Je pensais me rendre au Carré Bleu ... Histoire de prendre un bouquin, pour occuper le temps si besoin est.

-Si tu tiens tellement à occuper tes moments de repos, attend moi après les cours ! J'aimerai tant que tu prennes la pose pour moi ... J'ai déjà les couleurs en tête, vois-tu, un doux écarlate ...

Si il y a bien une chose qu'Asana aime le plus au monde, à part enseigner, c'est bien l'art.
Sensible à toutes formes de beauté, elle réussit toujours à capter l'essence d'une œuvre, l'essence d'une personne ou d'un objet ... Et surtout, réussir à la retranscrire à travers ses magnifiques peintures.
Je ne peux empêcher un nouveau sourire, plus radieux, de venir s'installer sur mon visage, contre mon grès, bien que je ne fais aucun effort pour le déloger de sa position, à vrai dire.


-Ce serait tellement adorable de ta part ...

-J'y tiens, chère Reiko, après les cours tu n'y échapperas pas.

Nouveau éclat de rire, complice, avant de nous arrêter au seuil de la porte, d'un amphithéâtre.

-Je donne cours ici, tu sauras trouver la salle ?

Regard pétillant, voix légèrement narquoise, alors que je prend une voix faussement pompeuse.

-Ta sollicitude m'affecte, vraiment, mais ne t'inquiète point pour moi, je trouverai mon chemin à travers ce dédale de couloirs et passages sinueux.

Clin d’œil malicieux, avant que sur un grand sourire, l’on se quitte pour vaquer à nos occupations respectives : Donner cours à une promotion d’étudiants enthousiastes et impatients, pour Asana, chercher mon ouvrage, pour ma part.
Alors que je vagabonde dans les couloirs, avec pourtant une destination bien définie, je repense encore à cette … œuvre d’art, qu’est ce livre … Écrit par l’un des virtuoses dans la manipulation du Katon, il a cherché à retranscrire l’essence même de cet élément … Ses origines, sa nature, son emprise … Un ouvrage bien métaphysique, en somme.
Tellement passionnant, et dire que je n’ai pu en feuilleter que les premières pages, juste l’introduction, une introduction si tentante …
Peut-on demander plus qu’une journée ensoleillée, alors qu’on se retrouve installé sur un banc confortable, avec agréable lecture et thé ardent, délicieux ?
Petits plaisirs anodins de la vie, si délectables …
La vie est si belle.

~*~


Porte poussée doucement, alors que je m’introduis dans la salle des shinobis gradés, le Carré Bleu.
Juste un petit tour d’horizon, regard qui balaye la salle, reconnaissant collègues et autres ninjas en fonction, cherchant un endroit de détente, ou un lieu de savoir.
Et, finalement, regard qui s’arrête sur quelqu’un que je ne m’attendais pas à voir ici, maintenant : Le jeune Uchiha Kenji.
Interrogation qui s’installe dans mes pupilles, alors que je m’approche de lui, avec en tête un certain nombre de questions … Questions balayées tout de suite, alors que je remémore la liste des nouveaux promus.
Sotte que je peux être parfois. Sourire qui se dessine à cette pensée, et à la fierté que je ressens pour mon élève.
Cela ne faisait pas si longtemps, que je lui avais enseigné le Oodama Rasengan, après tout …
Un ton doux, comme la brise légère, mon ton habituel en somme, s’élève alors que je m’adresse à lui.


-Kenji, je suis heureuse, si heureuse de te voir ici … Chuunin, alors, quel effet cela te fait-il ?

Des paroles d’une banalité certaine, j’en conviens, mais des plus adaptées à la situation.
Le passage au grade de Chuunin avait été pour moi une étape importante dans ma carrière de shinobi … C’était le début des responsabilités, des missions plus risquées, mes débuts à l’Académie … Des choses qui me rendent si heureuse, encore aujourd’hui.
La vie est si belle, après tout.
Je le contemple un moment, regard posé sur le sien, son regard posé sur le mien, silence avec plein de sens, de sous-entendus.
Si il est là, ce n’est pas par hasard. Il est là pour moi. Il est là pour la promesse que je lui ai fait.
Et, même si j’aurais dû m’en trouver un peu froissée, ça ne me dérange pas.
Je suis curieuse, de voir si il arrivera à maîtriser, avec autant d’aisance, ma récompense …


-Si tu veux bien me suivre, j’ai une envie de café pressante.

Petit sourire, alors que sans attendre sa réponse, je me dirige d’un pas aérien vers la table où trône la cafetière, que je prenne deux tasses à coté de celle-ci, pose une feuille de café, air presque absent, alors que je contemple le liquide sombre se déverser dans un flot continu.

-Tu n'as pas oublié, pas vrai ?

Je le regarde, au-dessus de mon épaule, alors qu'un fin sourire s'étire sur ses lèvres.
Comme je m'y attendais, en fait. Je repose mon regard, moins vague cette fois-ci, sur la tasse de café remplie, alors qu'avec une légère pointe de frustration dans les iris, je constate un fait dérangeant : Plus de café.
Et la règle, ici, c'est que quand il y en a plus, c'est le dernier à l'avoir vidée qui doit la remplir.
Petit soupir, de lassitude. Flemme qui m'envahit, alors que je saisis la tasse remplie, et la tend à Kenji, sourire aux lèvres.


-Ca attendra pour moi, tu m'accompagnes ?

~*~


Ronronnement de la machine à café, qui remplit lentement mais sûrement la cafetière, vide il y a à peine quelques minutes.
Une mine qui semble concentrée, regard fixant le dessus de la machine, alors que je cherche mes mots, les meilleurs pour qu'il comprenne l'ampleur, l'importance de ce que je m'apprête à lui révéler.
Pas sûre que ce soit les meilleures, mais si je ne dis rien, l'on risque de rester dans cette situation un long moment.


-Comme tu le sais sûrement, Kenji, les techniques sont classées selon leur puissance, de D la moins *dangereuse* à S, la plus *dangereuse* ... Or, il existe des techniques dont la puissance est telle, que leur apprentissage est soumis à des limitations importantes. Ces techniques ... Leur puissance est à la hauteur des sacrifices nécessaires à leur apprentissage, et à leur utilisation. Au point où on les appela "Techniques Interdites".

Un sourire éclaire mon visage, alors qu'après avoir rempli ma tasse, je porte à mes lèvres le liquide ardent, amer, et pourtant si agréable au goût.

-Alors ..?

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Sam 26 Déc - 3:53

Kenji n’eut pas à patienter longtemps dans la salle des professeurs. Il en fut ravit car le banc sur lequel il était installé n’était pas des plus confortables. Il redressa légèrement les épaules à l’approche de l’enseignante qui lui donnait des cours particuliers depuis quelques jours. Leur relation c’était affirmée depuis quelques semaines. Kenji ressentait une véritable compréhension de la part de la directrice de l’académie de Konoha et il devait avouer qu’il appréciait cela. Même s’il cachait de nombreuse chose, elle comprenait ce qu’il faisait et pourquoi il le faisait. C’était rare, et lorsque cela arrivait il savait le rendre à ces individus exceptionnels comme l’étaient Reiko ou Taka.

Il esquissa un petit sourire lorsqu’elle le félicita pour sa promotion. Mais il ne répondit pas, cela ne servait à rien c’était une pure question rhétorique. Il la suivit jusqu’à la machine à café où elle tenta dans un cirque absolu de se servir une tasse. Elle lui demanda s’il n’avait pas oublié leur marché, c’était une pure folie que de croire que l’Uchiha allait oublier cela. Il ne dit rien tellement la réponse lui semblait évidente. Il aimait bien Reiko mais il ne serait pas venu perdre son temps à l’académie alors qu’il avait une équipe en charge et des responsabilités avec son clan. S’il était arrivé ici, c’était car l’enseignante l’y avait convié quelques semaines plutôt lorsqu’il aurait eu sa promotion. Il allait recevoir une sorte de présent dont il espérait beaucoup.

Ils burent ensemble quelques gouttes du breuvage chaud censé réchauffer les cœurs et motiver le corps. Kenji sentit le goût légèrement amer du café couler le long de son sternum pour venir se perdre dans son ventre. Il était rare qu’il boive autre chose que de l’eau ou du thé pour purifier ses muscles et son corps. Il avait une hygiène de vie remarquable où il ne fumait pas, ne buvait pas et s’abreuvait que très rarement de boisson qui n’avait pas forcément quelque chose de très naturelle. Il était un oiseau blanc et pur, fier de sa posture.

Elle prit la parole entre deux gorgées pour attirer l’attention de son élève. Avec un tel sujet de conversation elle ne pouvait que le captiver. Elle lui parla de technique, de danger, et surtout d’interdit. C’était un sujet qu’il avait cru quasiment tabou dans le village caché de la feuille après son aparté avec Iki. En effet, le juunin lui avait dit de laisser tomber cette lubie sur les techniques interdites, mais aujourd’hui Reiko lui en servait sur un plateau d’argent comme un présent pour des années de dur labeur.

Il esquissa un petit sourire alors qu’elle terminait sa prise de parole tout en buvant une dernière gorgée de son café. Il posa doucement la tasse sur la table et plongea son regard noir dans celui de son enseignante. Il n’était plus un enfant encore genin, il avait murit et on avait fait de lui un gradé. Il n’avait plus à se sentir petit ou faible face à d’autre plus imposant que lui. Maintenant, il regardait les gens comme ses égaux car il savait qu’il avançait sur le chemin de la vie. Il souffla quelques mots pour lancer la conversation.

[Kenji] – Je suis déjà venu ici pour en parler avec le corps enseignant et je me suis fais doucement réprimander… Mais aujourd’hui la situation à l’air d’avoir évolué.

Kenji croisa les bras tout en s’accoudant à la table où se tenait la cafetière. Il inspira doucement en fermant les yeux assimilant la nouvelle que lui exprimait implicitement Reiko. Il ouvrit alors un nouveau regard sur la directrice de l’académie, plus décisif, plus motivé.

[Kenji] – Je sais que ces techniques peuvent être très dangereuses pour l’utilisateur mais elles peuvent aussi être la clef de la réussite d’une mission. Je trouve fascinant de se dire que des techniques, qui ont été créé par des shinobis, sont si puissantes qu’il en devient dangereux de les utiliser. Mais alors à quoi servirait-il de les avoir créée ?

Il sourit à la jeune enseignante avant de se redresser et de s’approcher un peu plus d’elle. Il espérait ne pas avoir suscité trop d’inquiétude dans les pensées de son professeur. Ses paroles pouvaient être mal interprétées mais il avait confiance en elle. Il voyait ce visage radieux qui pouvait illuminer une pièce à lui tout seul. Cette chevelure mauve ondulant avec grâce dans chacun de ses mouvements et ce regard pétillant de vie et de bonté qui ne lui faisait jamais défaut. Il était sûr qu’elle comprenait ce à quoi pensait l’Uchiha. Il était fort, mais il était seul et manquait d’aventure. On ne l’avait pas encore affecté à la moindre mission et l’ennui menaçait de le ronger. Il y avait pourtant son équipe de jeunes aspirants, mais il ne pouvait se permettre de passer toutes ses journées avec eux. Ils devaient apprendre aussi à se débrouiller seul et sans l’aide de leur chef. Il inspira doucement avant de murmurer quelques mots qui vinrent caresser tendrement les oreilles de Reiko dans un souffle de voix à peine audible.

[Kenji] – N’ayez crainte, je ne suis pas un fou assoiffé de pouvoir. Je ne suis pas bête et je comprends pourquoi elles sont interdites. Mais pourquoi offrir cela à un simple chuunin ?

Il se doutait que les techniques interdites n’étaient pas données à tous les promus. C’était, sinon, une façon bien trop simpliste d’en obtenir. Qui plus est, les chuunin n’étaient que des shinobis de rang intermédiaire. C’était étrange et Kenji ne manqua pas de questionner du regard son professeur qu’il appréciait. Il ne voulait pas de la pitié, juste de la reconnaissance. Et après son long et laborieux entrainement à l’Oodama Rasengan, la directrice de l’académie lui ouvrait une porte pour gagner encore plus en force, en puissance. Cette dernière lui donnerait la reconnaissance et il deviendrait enfin quelqu’un. Il ne serait plus une ombre trainant derrière un chef. Peu à peu, il marquait de son emprunte le village, et tous ceux qui le rencontraient un jour ou l’autre. Malgré son caractère peut-être un peu froid et rude, Kenji ne laissait personne indifférent, et la part de mystère qui flottait tout autour de lui faisait naître un tourbillon de question dans l’esprit de ses interlocuteurs.

Il sourit intérieurement en regardant Reiko car il savait que pour elle tout cela était faux.

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Mar 16 Fév - 16:54

Reiko avait déjà entendu des paroles comme celles que venaient de tenir Kenji. En général, ces ninjas là avaient un regard avide d’ambition et assoiffé de reconnaissance. Mais lorsqu’elle voyait l’obscurité des pupilles de l’Uchiha, elle ne ressentait qu’une douceur enfantine, cachée derrière une froideur créée de toute pièce. Il connaissait cette technique de protection si souvent utilisée par les âmes en peines. Cette envie de dédaigner le monde entier dans un ennui total alors que l’on aime ce qui nous entoure. C’était pour cela qu’elle voulait entrainer Kenji seul à seul. Elle voulait lui parler, le comprendre, jouer avec ses émotions. Il n’était plus un petit garçon, elle le savait et le ressentait très bien lorsqu’elle parlait avec lui. Mais il y avait encore dans son attitude un petit bémol qui faisait qu’il ne pourrait évoluer dans la hiérarchie de Konoha. Un « je ne sais quoi » qui souvent fait la différence. C’était une sorte de défi qui la ramenait dans l’ancien temps où elle était une simple chef d’équipe.

De nos jours, avec le métier de directrice elle ne passait que peu de temps dans les amphithéâtres pour aider. C’était quelque chose qui lui manquait de temps à autre, alors maintenant qu’elle en avait l’occasion, elle aillait enseigner. Ce n’était pas seulement un cours pour apprendre une technique, c’était tout un univers, tout une conscience à faire assimiler à un jeune garçon dont on c’était servit comme d’un pantin. Reiko n’était peut-être pas aussi influente dans le village que les grands de ce nom, elle connaissait tout de même l’histoire de Takeshi et par conséquence celle de son disciple. Lorsqu’elle allait dans le quartier Uchiha, elle s’était aperçu que l’histoire différée que ce que lui avait raconté d’autre professeur. Mais ce qu’elle aurait apprécié entendre c’était la version de Kenji. Elle savait que c’était impossible et c’était pour cela qu’elle ne poserait pas la question directement.

L’orgueil d’un Uchiha…

Elle fut légèrement surprise par le ton suave et doux employé par son élève sur ses derniers mots. Son visage s’illumina et elle joua le jeu en approchant elle aussi son visage du garçon. Elle plongea son regard d’ambre dans les yeux d’ébènes de Kenji dans une atmosphère joueuse.

[Reiko] – Qui te dis que tu es un simple chuunin ?

[Kenji] –

Le regard du jeune garçon restait inexpressif mais elle savait au fond d’elle qui devait être tout aussi amusé qu’elle. Elle se redressa sur sa chaise puis posa une main réconfortante sur l’épaule de Kenji comme une mère le faisait avec un enfant. Elle prit garde à ne pas laisser cette émotion trop jaillir de son geste de peur que l’Uchiha le prenne mal. Il était chuuni après tout, elle devait le considérer comme un semblable.

[Reiko] – Ne te pose pas trop de question, beaucoup ne chercherait pas à comprendre et prendrait ce que je t’offre.

[Kenji] – Je ne suis pas comme les autres, mais je prends votre offre Reiko sama.

Reiko sourit de plus belle et se leva d’un petit bond de la chaise où elle était assit.

[Reiko] – Bien, alors suis-moi !

Reiko partit en tête de fils traversant à nouveau la fameuse salle remplie de professeur. Elle en salua la plus part même si elle allait surement les revoir dans quelques heures après l’entrainement de son élève. Kenji n’adressa que des regards neutres à ceux qui l’entouraient attirant les foudres des plus susceptibles et l’interrogation des plus intellectuels. Ils finirent par sortir de la pièce pour se perdre dans les couloirs de l’académie. Reiko savait très bien où elle se rendait, elle connaissait les lieux par cœur depuis le temps qu’elle arpentait ces couloirs. Elle était le capitaine de ce bateau, et le guide des matelots qui vivaient à son bord.

Elle trouva rapidement ce qu’elle cherchait et Kenji n’eut pas à patienter donc bien longtemps. Ils entrèrent dans un amphithéâtre vide. C’était pourtant un début d’après-midi qui aurait dût être consacré au cours mais ce lieu ne semblait plus avoir vue une classe depuis fort longtemps. Le tableau vert était penché sur le côté tandis que les bancs du premier rang étaient quasiment tous cassés. C’était un spectacle assez troublant dans une académie, un lieu qui est censé former les générations futures dans un si piteux état. Kenji se passa doucement une main dans sa chevelure sombre et interrogea du regard Reiko qui lui répondit par une mine assez grave.

[Reiko] – Cette salle n’était plus aux normes et faire les améliorations étaient plus couteux que de créer un nouvelle amphithéâtre. Alors nous avons transformé cette salle en petite salle d’entrainement.

Elle avança de quelque pas dans la salle et passa sa main sur un bureau, encore en bon état, pour s’assurer de sa solidité. Elle posa doucement son fessier dessus tout en croisant les bras. Elle sourit à Kenji qui s’approcha du centre de la pièce d’un pas lent. Son regard analysait ce qui l’entourait dans une minutie étrange. Des bouts de bois jonchaient le sol, une lampe au plafond menaçait de leur tomber dessus à tout moment et pourtant, paradoxalement ce bureau était restait intact. Il avait du mal à se faire à l’idée qu’une salle de formation pouvait finir dans cet état même si elle était utilisée pour l’entrainement.

[Reiko] – Ne sois pas étonné Kenji, tu vas le voir par toi-même, on apprend pas que des techniques de bases ici.

Kenji se passa doucement une main dans sa chevelure sombre en esquissant un petit sourire en direction de Reiko. Il la trouva étonnement jolie assise sur le bureau avec un air légèrement autoritaire sur le visage. D’un geste de la main il dézippa le haut de sa veste tout en observant les formes de l’enseignante. Elle le ramena à la réalité d’une voix douce mais bien présente.

[Reiko] – On va améliorer une technique que tu as appris depuis tout petit. Fais-moi un clone Kenji.

[Suite de la séquence dans l'Amphi Ninjutsu, mais je ne prendrais plus Reiko.]

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Ven 26 Fév - 13:40

Kenji : +21 XP
Uzumi (Reiko) : +12 XP
Taka : +14 XP

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Lun 7 Juin - 14:50

Début d'une période un peu plus claire... Elle n'en avait pas la sensation, mais elle espérait du moins de plus faire défaut. Trop passivité, trop pu d'engouement pour ce qui l'entourait... elle n'avait plus le goût de grand chose mais elle savait ne pas pouvoir s'arrêter là. Il y avait tant de paroles qui lui revenaient si souvent en tête, tant de faits dont elle se rappelait sans jamais pouvoir les analyser comme il se devait. Taka manquait de beaucoup de choses qu'elle ne savait pas où trouver, et le cours du temps n'aidait pas forcément à la rassurer car elle avait pris la fâcheuse habitude d'imaginer l'écoulement des secondes heures et minutes comme quelque chose qui lui filait entre les doigts et lui laissait toujours moins de moyens pour grimper vers la lumière. Mais elle se rappelait aussi qu'elle n'était probablement pas seul... pas tant qu'elle ne se clôturait pas elle même l'esprit.
C'était tôt le matin et la maison dormait encore. La chuunin ne savait si Hakai avait déjà quitté son sommeil mais elle était sûre de celui de sa petite soeur. Pour dire, elle qui devait déjà être levée aux aurore n'en était même pas à l'heure de son réveil. Taka s'extirpa doucement du lit et se dévêtit en silence avant de mettre sur ses épaule sa tenue de travail. Elle accrocha ses gants à sa ceinture puis gagna le reste de la maison, s'attachant au petit rituel matinal. Lorsqu'elle se tourna pour la dernière fois, ce fut l'image d'un séjour sombre où les places de chacun avaient été aménagées en vue de leur petit déjeuner. Elle eut un petit soupir triste puis quitta le domicile familial un livre en main, en s'efforçant de vider son esprit. Sa destination? L'académie. Oui... l'académie où elle n'avait plus remis les pieds depuis un très long moment.
Étrangement elle était déjà ouverte... surement la fin des services de maintenance. Ses premiers pas dans les couloirs la menèrent là où elle avait le moins de mauvais souvenirs, mais aussi là où elle avait surement passé le moins de temps. Le carré bleu s'ouvrit timidement devant elle. Ses sièges étaient inoccupés, de même que cet outil de distraction dont elle n'avait jamais compris l'intérêt. C'était une sorte de table, représentant un terrain vert où des barres transversales étaient installées, tenant sur leur solide axe de fer une multitude de silhouettes humaines dont les pieds étaient en plomb et destinée à frapper dans une balle. Elle passa à côté du dit objet et posa sa main sur l'une des poignées, faisant vaguement remuer l'une des barres centrales, celles où le plus de bonshommes se trouvaient. Ne saisissant toujours pas en quoi ceci pouvait attirer autant les garçons, elle haussa les épaules et se tourna vers les tableaux d'affichage.
Il y avait toujours autant d'ordres de missions disponibles. Elle aurait bien aimé y jeter un oeil et partir là, dans l'instant qui suivait, mais cet acte aurait été jugé d'une étonnante lâcheté teintée d'égoïsme. De plus, la dernière fois qu'elle avait décidé de partir sans préparation, sa démarche s'était soldée par un échec cuisant. Il ne s'agissait plus de ruminer tout ceci, mais d'en tirer les leçons qu'il était bon d'apprendre. Il était tard, mais pas trop... La Chuunin alla jusqu'à la cafetière. L'heure n'était pas bien avancée mais elle savait que le temps passerait vite et que les premiers arrivants demanderaient à être servis d'un bon café chaud. Aussi, elle décida d'en préparer un, le meilleur qu'elle pouvait avec les moyens du bord. Alors que le gargouillement de la machine emplissait la salle, elle posa son livre et pris place aux ordinateurs, entamant de fouiller parmi les fiches des étudiants, détaillant certains profils, passant très rapidement sur d'autres.
Sa main guida la souris jusqu'à ce que le curseur se pose sur l'icône d'un calendrier. Le mois en cours s'étala sous ses yeux, rempli de toutes sortes d'activité. Elle cliqua sur la case de ce début de matinée et programma son propre événement qui dans l'instant fut transmis à tout le service informatique du bâtiment. Se prenant une petite minute, elle alla afficher un petit coupon à l'entrée de l'académie, et revint monopoliser la machine.
Ce n'était pas un bien grand mal... elle était seule de toute façon, le visage éclairé par l'écran et son reflet brillant dans les yeux.



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

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MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Lun 7 Juin - 18:50

Le soleil se laissait deviner par quelques rayons derrière les montagnes qui bordaient au loin le pays du feu. La pénombre était encore bien présente, et la fraicheur de la nuit ne se laissait pas disparaître sans un dernier effort pour subsister. Les dernières étoiles dans le ciel s’effaçaient derrière un manteau de lumière tandis que la lune les avait quittées depuis un bon moment. Le soleil ne se lèverait que dans une trentaine de minutes, et pourtant tout était déjà prêt pour féliciter son arrivée. La rosée matinale était en place avec la présence de quelques chenilles qui s’abreuvaient. C’était le jour qui se levait sur le village caché de la feuille.

Kenji s’était légèrement levé avant le soleil. Encore pied nu, il avait repoussé les draps de sa couchette pour se redresser. Il s’était étiré de tout son corps avant de se mettre sur pied. Lentement, le pas encore un peu endormi, il s’était dirigé vers la baie vitrée de sa chambre et il l’ouvrit d’un geste un peu plus convaincant que ses pas. Une petite bise matinale vint le surprendre et fouetta son visage avec force. Cela le réveilla assez soudainement, mais il en avait prit l’habitude. Il avança alors jusqu’à la rambarde de bois pour si accouder et observer le soleil se lever. Sa main vint flirter avec ses cheveux dans un petit frisson. Il n’était vêtu que d’un bas et même dans le pays du feu le froid était bien présent tant que le soleil n’avait pas reprit ses droits.

L’Uchiha jeta son regard sur le grand lac où vivaient les Cygnes du Domaine du même nom. Il aimait chaque matin les voir se réveiller avec les premières lueurs de l’espoir doré. C’était toujours les mères qui ouvraient les premières leur pupille noire. Elles se mettaient à chanter pour réveiller toute leur communauté. Le chef restait en retrait, il avait le droit à un repos plus long que ses homologues, car justement, il était le guide. Kenji esquissa un petit sourire à cette scène de vie tout en visant le soleil qui laissait pointer sa lumière avec plus d’ardeur derrière l’horizon.

Son regard se vida tandis que son corps regagnait en chaleur. Il pensait à ce qui allait l’attendre aujourd’hui. Des indices traînaient sur son bureau, il y avait là les trois dossiers de ses élèves. Azumi Itô, qui était celle qui avait le plus de potentielle, possédait un dossier irréprochable, presque un peu trop pour une kunoichi. Elle était gentille, mais il allait falloir qu’elle évolue rapidement pour ne pas tomber dans l’excès. Son jeune âge l’excusait aux yeux de Kenji. De prés, suivait le dossier de Ying Niwa. Même sur le terrain, la jeune fille n’était jamais loin d’Azumi. L’Uchiha avait réussi à étouffer rapidement le sentiment de jalousie qui avait commencé à brûler à l’intérieur de Ying, mais il ne fallait pas crier victoire trop tôt. Il gardait ainsi, toujours un œil sur les réactions de sa protégée. Le dernier dossier était plus épineux pour la journée qui allait suivre. Il s’agissait de Shinjin Hyûuga. Certes, Kenji n’avait jamais tenu compte de l’handicape de son élève ou encore de ses origines mais aujourd’hui le chuunin avait prévu une rencontre parents – professeur et il ne savait pas comment allaient réagir les tuteurs du Hyûuga. C’était l’une des grandes interrogations de la journée qui s’ouvrait à lui… Il se passa doucement sa main sur la nuque comme pour assouplir les muscles présents et reprit conscience de ce qui l’entourait. Il avait confiance en lui, il était un bon professeur pour son équipe et cette dernière l’adorait.

Il reprit alors position dans sa chambre et s’habilla rapidement, les armoiries du clan toujours bien visible dans son dos. Le soleil venait tout juste de se lever et même si le rendez-vous avec les parents n’étaient quand fin de matinée il devait aller à l’académie assez pour tôt pour se préparer. La villa du chef Uchiha était étrangement silencieuse, malgré le fait qu’il se soit levé très tôt, Kenji était seul dans la demeure. Shiori avait tout de même préparé le déjeuné avant de délaisser la villa du Cygne. Le Chuunin n’y touche pas pour autant et sortit directement. Il n’eut le temps de faire que quelques pas dans la grande allée que dominait sa maison qu’une voix familière l’attrapa.

[Laly] – Kenji ! Kenji !

Kenji s’arrêta et soupira intérieurement sans laisser transparaître la mauvaise humeur que faisait naître en lui la présence de la jeune fille trop sournoise à son goût.

[Kenji] – Laly.

La jeune fille était vêtue d’une tenue de combat mauve pourvu d’un décolleté assez généreux. L’Uchiha y perdit son regard quelques instants tandis que Laly souriait.

[Laly] – Je veux me mesurer à toi.

Elle plongea son regard noir d’Uchiha dans celui de l’enfant prodige. Elle possédait à cet instant un petit air légèrement provocant. Elle voulait manipuler Kenji pour réussir à avoir ce qu’elle souhaitait. Mais le jeune garçon c’était déjà fait prendre une fois et s’était promis de ne plus recommencer. Il fixa alors encore plus intensément Laly tout en gardant un visage neutre.

[Kenji] – Aucun intérêt.

Sa voix était tranchante et fut accompagnée d’un nuage de fumée dans lequel Kenji disparut.

***

Kenji réapparut soudainement devant les portes de l’académie de Konoha. Le soleil venait tout juste de se lever, mais il n’était pas encore sortit totalement de sa torpeur nocturne. La chaleur avait par contre reprit ses droits et quelques habitants du village pointaient leur nez sur les terrasses de cafés pour déjeuner. Kenji pénétra alors dans la grande bâtisse où tout avait commencé. Il fût légèrement étonné de voir que la secrétaire n’était pas encore à son poste mais il ne lui en tint pas rigueur. Ses pas le menèrent rapidement au « carré bleu ». Salle de repos des professeurs, salle de rencontre pour les professeurs.

Sa main se posa doucement sur la poignée de la porte et il l’ouvrit en silence. La salle était encore dans une pénombre matinale qui était étonnamment reposante. Kenji fixa rapidement les lieux et n’aperçut qu’une vague silhouette au fond, assise devant un ordinateur. Etre devant cet engin si tôt le matin lui arracha un petit sourire tandis qu’il prenait la direction de la cafetière. Tout en avançant, la silhouette devenait de plus en plus nette. Comme si une ombre prenait forme devant lui, il n’eut pas besoin de faire cent pas pour reconnaître facilement Taka. Quelque chose, au creux de son estomac se resserra. Il secoua la tête, comme pour chasser cette sensation mais c’était un effort fait sans réussite. Il se passa doucement une main dans sa chevelure d’ébène et sortit en silence deux tasses à café. La cafetière encore chaude lui permit de les remplir et il s’approcha à pas de loup de la kunoichi. Une fois derrière son dos, il pouvait distinctement reconnaître les formes généreuses de sa comparse Uchiha. Il murmura alors quelques mots tout en esquissant un petit sourire.

[Kenji] – J’espère que tu n’as pas passé la nuit ici…

Il désigna l’écran d’un regard et lui tendit une tasse de café.

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Lun 7 Juin - 23:31

Il n'y avait qu'un imposant silence qui régnait dans la pièce vide de toute vie. Enfin c'était beaucoup dire puisqu'une seule âme avait résisté face à ce calme presque étouffant. De temps à autres, un petit cliquetis se faisait entendre, puis un ensemble de bruits de touches. Juste devant le nez de la jeune fille, la cafetière émettait quelques volutes de vapeur, signe que son contenu était bien chaud. Ses yeux se perdirent dans le vague pendant un instant, puis elle se replongea dans son furieux pianotage. Il ne fallut que cinq minutes supplémentaires pour que le petit monde du carré bleu, devenu le sien durant quelques dizaines de minutes, ne lui appartienne plus.

Malgré la délicatesse du geste, la poignée avait trahi l'arrivée d'un ou une gradé. Elle s'arrêta une seconde, décidant finalement qu'elle ne l'accueillerait pas. De toute façon, elle n'était pas chez elle et en aucun cas elle n'avait besoin d'en faire autant. La personne qui pénétra la pièce s'arrêta une seconde sur le pas de la porte le temps d'examiner l'endroit quasi inoccupé. Malgré qu'elle n'en vit pas les yeux, Taka sentit le regard de cet illustre inconnu se poser sur elle. Pendant une seconde rien ne se passa, puis la personne entama sa course vers l'endroit où se tenait la jeune fille. Plusieurs possibilités s'offraient alors. Soit elle venait dire bonjour, soit elle avait besoin de l'ordinateur, soit elle venait se faire un café. La Chuunin passa sur une fiche d'un aspirant qui avait été intégré dans l'année et dont le suivi semblait vraiment mal effectué. Elle ferma la fenêtre puis en ouvrit une autre avant de lever brièvement son regard sur... sur Kenji.

Elle avait toujours du mal à le reconnaître, il avait beaucoup changé et elle n'avait eu l'occasion de le voir que trop peu souvent. La jeune fille détourna finalement ses yeux afin de ne pas paraître impolie puis elle entama une nouvelle lecture de son écran. En face, son ami ne prononça non plus aucun mot, préférant entamer le temps qu'il passerait dans cette pièce avec un bon café. On entendit deux tasses s'entrechoquer légèrement puis du liquide se transvaser depuis le récipient de la machine jusque dans les dites tasses. La kunoichi s'arrêta un instant puis tira d'un recoin la boite à sucre qu'elle posa sur le comptoir entre elle et le Chuunin. Ce fait, le garçon s'approcha silencieusement de la demoiselle et lui adressa la première phrase.

Kenji – J'espère que tu n'as pas passé la nuit ici...

Elle se retourna, lui adressant un léger sourire, puis elle saisit la tasse en le remerciant du chef. Elle ferma ce qu'elle regardait puis tourna sur le siège installé face à l'écran pour se tenir cette fois ci face au jeune Uchiha. C'est là qu'elle décida de prendre la parole.

Taka – Pourquoi? Tu m'aurais tenu compagnie? Elle adressa un large sourire à son ami avant de quitter le siège puis elle lui fit signe. Si tu as besoin de la place, j'ai terminé. Sur ces petits mots, elle se décala et entama une marche, passant derrière lui en faisant glisser là une délicate et douce main le long de sa ceinture scapulaire. Ses doigts coulèrent d'une épaule jusqu'à la nuque du garçon puis ils allèrent jusqu'à la deuxième épaule avant de décoller définitivement de son corps. Elle fit quelques pas qui indiquaient clairement qu'elle était sur le point de rejoindre un des tabourets qui se trouvaient face au comptoir, histoire de ne pas perdre ce contact naissant avec le Chuunin. Elle posa ses yeux sur lui. Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vus... Depuis le casino. J'espère que tu ne m'en veux pas pour ce qui s'y est dit.

Elle marqua un temps puis s'installa sur un tabouret toujours en regardant le garçon, sans le moindre air de défi ou de provocation. C'était un regard... normal pour la jeune fille. Il y avait toujours cette petite teinte d'on ne savait quoi, sans doute s'était-elle même accentuée avec le temps.

Taka – En fait, je n'ose pas passer te voir. D'abord parce que je n'ai pas envie de croiser les membres de ta demeure... Mais surtout parce que je suis certaine de déranger à toute heure du jour et de la nuit. Donc... je n'ai d'autre choix que de m'abstenir. Elle attrapa un sucre et un mélangeur puis elle entama un long remous dans sa tasse. Ses yeux noirs se perdirent dans le café tout aussi sombre que la pénombre du matin ne mettait pas franchement en valeur. C'était sûrement le principal défaut de cette salle... La journée, elle était claire comme de la roche calcaire, mais au petit matin comme à ce moment, elle était plus sombre que l'orifice d'un arrière train, pour se passer d'une autre expession tout aussi imagée La jeune fille sembla afficher une moue qui n'était pas tout à fait visible en raison de l'inclinaison de son visage. Elle semblait attendre, même si les mots qu'elle venait de prononcer n'était pas franchement des questions.



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MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Mer 9 Juin - 12:56

Kenji esquissa un petit sourire lorsque la jeune fille joua de ses doigts le long de son dos. Il ne tressaillit pourtant pas, mais apprécia tout de même la manière. Il sentait le doux parfum de Taka enivrer ses sens tout autour de lui comme un s’il se délectait de l’odeur d’une fleure. Il se passa doucement une main dans sa chevelure sombre, soutenant le regard de son interlocutrice avec conviction. Il aimait être avec elle, pour lui parler ou tout simplement l’écouter. Ce qui était un fait rare avec l’Uchiha. Il s’intéressait à elle alors qu’il reniait la plus part des gens qui l’entouraient. Mais la jeune fille, au même titre que Takeshi, Reiko et quelques rares autres personnes, avait une place importante dans la vie du jeune chuunin. Le destin voulait qu’il se rencontre…

Il n’avait pas besoin de l’ordinateur, il ne s’intéressait que très peu à ces choses informatiques. Il s’était approché pour saluer la jeune fille seulement. De là, à dire qu’il aurait passé la nuit avec elle si elle avait veillé, c’était un peu trop facile. L’Uchiha décelé l’ironie, mais il n’était pas non plus à la disposition de la Tigresse. L’oiseau blanc était indépendant, quoi qu’il arrivait. Il prit alors position sur un petit tabouret en face de Taka et bût une petite gorgée du liquide noir et chaud. Il prit son temps pour apprécier sa boisson tout en fixant Taka d’un regard d’ébène et profond.

[Taka] – Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vus... Depuis le casino. J'espère que tu ne m'en veux pas pour ce qui s'y est dit.

La jeune fille marqua un temps d’arrête tandis que Kenji ne changea pas d’expression sur son visage. Il posa doucement la tasse sur le comptoir où ils s’étaient tous les deux installés et détourna le regard dans le vide comme si les souvenir de leur dernière rencontre remontaient à lui. Il était impossible de percevoir ce que pensait vraiment Kenji à cet instant, beaucoup le trouvait trop mystérieux pourtant tout était bien clair dans son esprit. Il connaissait Taka depuis longtemps, et il ne lui en voulait pas même s’ils avaient eu un débat assez houleux durant une partie de Shôgi. Il n’était pas un enfant capricieux mais un chuunin mature qui enseignait son art. Il redonna toute son attention à la Tigresse avant de prendre la parole de manière assez douce.

[Kenji] – Les avis peuvent être divergeant, cela n’empêche en rien une bonne entente.

Il lui sourit avant de reprendre une expression plus habituelle. Il bu à nouveau une gorgée de café dans un silence assez étrange. Ce n’était pas ce type d’absence gênante qui m’était mal à l’aise les deux protagonistes, mais autre chose. Comme une simple satisfaction de juste se revoir. Pourtant, lorsque Taka prit une nouvelle fois la parole, la pensée de Kenji changea.

[Taka] – En fait, je n'ose pas passer te voir. D'abord parce que je n'ai pas envie de croiser les membres de ta demeure... Mais surtout parce que je suis certaine de déranger à toute heure du jour et de la nuit. Donc... je n'ai d'autre choix que de m'abstenir.

Que la jeune fille ne souhaite voir les membres du Cygne n’était pas très choquant. La plus part du clan n’aimait que très peu les autres domaines et encore moins l’orgueil de l’oiseau blanc. Ce qui dérangeait le plus Kenji c’était la dernière remarque de la Tigresse. Il se demanda alors qu’elle image il renvoyait réellement aux autres. Celle d’un homme froid et sans cesse occupé ? Il n’était pas encore majeur, il ne fallait pas l’oublier. Sa maturité précoce était surtout dût à ce que la vie lui avait réservé tout au long de son parcours. Il baissa le regard quelques instants en direction de sa tasse à moitié pleine. Son visage se ferma l’espace d’un instant tandis que les premiers rayons de soleil perçaient les volets du « carré bleu ». Une ombre zébrée apparue alors aux pieds des deux Uchiha. Tout cela ne dura qu’une seconde ou deux, après quoi, Kenji reprit le dessus. Il leva ses pupilles noires en direction de la jeune fille et esquissa un petit sourire.

[Kenji] – Depuis quand mademoiselle Taka Uchiha me dérangerait-elle en me rendant visite ?

Il marqua une pause avant de continuer sur un ton plus sérieux.

[Kenji] – Je suis tout autant fautif. Je pense à toi souvent et pourtant je ne viens jamais dans le Tigre. Je pourrais te dire que les missions, mon équipe ou encore les entrainements me prennent du temps mais cela ne serait pas vraiment la vérité. J’aurais dû trouver le temps de venir te voir.

Il ne mentait pas. Il appréciait réellement la compagnie de Taka et pourtant il ne la voyait que très peu souvent. C’était le paradoxe de leur relation. Ils étaient lié par quelque chose de surnaturel, quelque chose de fort et puissant, et pourtant ils ne se voyaient pas de plusieurs mois parfois, sans que cela n’affecte leur relation. Kenji était embringué dans sa routine d’entrainement, mission et d’enseignement. Se confortant dans un certain plaisir de non-changement. Pourtant, il pensait souvent à la jeune fille…

MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Sam 12 Juin - 12:38

[Tin... j'avais mais rien du tout dans le bide....]

Elle l'observait le temps de sa réponse. Kenji était de ces personnes qu'il ne fallait pas quitter du regard, simplement parce que la plus petite expression capable de se dessiner sur son visage était un indice rare. C'était surement la seule personne qu'elle regardait aussi attentivement. Finalement, elle quitta le Chuunin des yeux, buvant une gorgée de son café et manquant de grimacer. Comment pouvait-on avaler ce genre de truc? Sans au moins trois sucres, c'était horriblement amer et avec ça ne laissait qu'un goût très persistant dans la bouche et qui pouvait devenir gênant. Elle joua un peu avec sa bouche comme pour combattre cette saveur, puis ses yeux tombèrent sur les ombres déjà cibles du regard de Kenji.

Il esquissa un sourire avant de lancer une brève réplique ironique. Elle sourit elle aussi, sans même l'observer, laissant ses cheveux longs et pendant assombrir son visage.

Kenji – Je suis tout autant fautif. Je pense à toi souvent et pourtant je ne viens jamais dans le Tigre. Je pourrais te dire que les missions, mon équipe ou encore les entraînements me prennent du temps mais cela ne serait pas vraiment la vérité. J'aurais du trouver le temps de venir te voir.

Les yeux de la jeune fille se levèrent, sans qu'elle n'exprime la moindre expression, comme si elle devenait le miroir de la personne qui lui faisait face, comme si elle s'adaptait à chaque situation, en l'occurrence, en relançant ce que dégageait son interlocuteur.

Taka – On est tous plus ou moins pris... Et puis bon, c'est pas grave puisqu'on est là et qu'on a l'occasion de parler. Son expression neutre se changea en un grand sourire, sans doute un peu malicieux. En plus, petit menteur, je sais que tu t'es au moins baladé une fois dans le domaine du Tigre. Bon, peut-être qu'il était tard, mais tu y es venu quand même. La jeune fille laissa planer un petit silence pendant lequel haussa les épaules. De toute façon, c'est pas franchement dynamique en ce moment pour moi.

Évidemment, c'était là le début d'un long mensonge. Mais malgré qu'ils fussent ce qu'ils étaient, elle ne pouvait pas dire à Kenji que Hakai était chez elle, ni tout ce qu'elle avait appris ces derniers jours. La kunoichi termina sa tasse et la déposa là où elle devait aller... à la poubelle. Qu'il était pratique de disposer de ces objets en plastique facile à consommer puis jeter. Le visage de la jeune fille se redressa ensuite tandis qu'elle continuait son mouvement jusqu'à la fenêtre de la pièce où elle observait l'extérieur telle une espionne.

Taka – J'y pense... Ca m'étonne que tu sois là de si bonne heure. Il n'y a que quelques fous pour investir l'académie à l'aube, comme ça.



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

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MessageSujet: Re: Le "Carré Bleu"   Jeu 24 Juin - 20:38

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