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 [Création de l'Equipe Samui] Salle 66

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MessageSujet: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Sam 28 Juil - 2:31

L’heure était matinale. La plupart des citoyens devaient dormir, mais Sainan était déjà debout. Ces derniers jours, il n’était pas parvenu à fermer l’œil. Depuis trois ans maintenant, il avait été nommé Chuunin, suite à sa survie lors de la mission qui coûta la vie à sa propre équipe. Perçu comme un Shinobi pédagogue il avait été nommé Instructeur à l’Académie pendant un temps, durant lequel il avait fait ses armes en tant qu’Instructeur. Il s’occupait beaucoup des jeunes Shinobi et Kunoichi en herbe, à qui ils devaient apprendre les fondements de l’esprit Ninja. Parfois, et de plus en plus souvent, on lui confiait une classe pour exercer en tant que professeur de Ninjutsu, spécialisé dans le Suiton et sa dérivée Hyuuton.

Au sein de la caste assez resserrée des Professeurs de l’Académie de Kiri, il avait su se faire un nom. Sa méthode d’enseignement était très exigeante malgré un jeune âge, qui aurait pu laisser croire à un certain laxisme. Sainan était un professeur froid et dur, tout autant que patient. Il acceptait l’échec de ses élèves tant qu’il répondait d’un acharnement à la réussite. Il n’était pour lui acceptable de se tromper que lorsqu’on avait fait de son mieux pour que ce ne soit pas le cas.

L’homme pensif était entrain de peaufiner le crâne taillé qui lui servait de masque. Il se l’était fabriqué lui-même il y a de cela deux ans. Souvent il s’en était servi lors de missions périlleuses, où il avait dû masquer son identité. A dire vrai, son masque faisait clairement penser à celui que pouvait employer un Oi-nin en mission. A ce sujet peu de personnes savaient réellement ce qu’il en était. D’aucuns disaient que Sainan était l’une des dernières recrues secrètes des rangs Oi-nin, encore en formation en vue d’une accession prochaine au titre de Chasseur de Déserteur. D’autres disaient qu’il arborait déjà la marque des traqueurs. La vérité était à cheval entre les deux. Sainan avait toujours voué une adoration pour ses prédécesseurs prestigieux. Les noms de Shinobu Aisu, Hyô Geïrou ou Iba Hiyori étaient des légendes du Clan, comme du Village, et deux d’entre eux faisaient encore la renommée des unités d’Elite. Le jeune homme nourrissait l’ambition d’atteindre un jour un tel rang.

Après avoir terminé d’affiner son second visage, à l’aspect clairement effrayant pour quiconque avait à l’affronter, Sainan dut partir à l’Académie, où il recevrait ses ordres pour la journée. Se présentant comme tous les jours au bureau des Professeurs, il fut accueilli par Hyô, son aîné, qui lui annonça la nouvelle.

[Hyô] « Bonjour Sainan. Aujourd’hui est un jour particulier. Rends-toi à la salle 66, ton équipe t’attend. Félicitations, te voilà Chef de l’équipe n°2. »

Le jeune homme ne manifesta pas vraiment de signe de joie apparent. Il se contenta d’un léger rictus, et remercia simplement Hyô. Ce dernier ne manqua pas de lui donner une petite lettre scellée de la marque des Brumes. Se retournant, et empruntant le couloir qui le mènerait jusqu’à ses futurs Kun, il eut une pensée profonde pour Mebana et Shuurei. Au fond du corridor, attendaient surement ses élèves. Il appréhendait la rencontre, mais ne le montrerait pas. Mais au fond, il avait hâte de lier pour la première fois les liens inébranlables qui unissent un Sensei à ses apprentis.



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Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Sam 28 Juil - 11:58

Les rayons de soleil commençaient timidement à passer par la fenêtre de mon appartement. Aujourd'hui, la première journée dans ma nouvelle équipe allait commencer. Il fallait se lever assez tôt mais j'avais de plus en plus l'occasion d'être matinale avec les entrainements de Hughe. Cela faisait déjà 2 semaines que je m'entrainais quotidiennement avec lui et il était maintenant venu le temps que j'apprenne à maîtriser le Ninjutsu ainsi qu'à partir en mission en équipe.

Je connaissais de plus en plus le village au fur et à mesure de mes allées et venues dans celui-ci. Je me dirigeai donc sans hésitation vers le bâtiment contenant la salle 66 où les cours devraient débuter.

Il n'y avait pas beaucoup de monde à part d'autres shinobis, eux aussi probablement en cours ce matin. Certains avaient des têtes qui disaient qu'ils seraient bien resté au lit une heure de plus.

La salle 66 était, elle, complètement vide. J'étais donc le premier. Ouf, je n'avais pas envie de me retrouver directement en tête à tête avec mon instructeur. Pas que j'en avais spécialement peur mais j'avais quand même une appréhension à me retrouver seul avec un instructeur qui pourrait être comme Aïdan. Je n'avais aucune idée sur qui serait mon instructeur, j'espérais tomber sur un instructeur comme Hughe.

Je m'assis sur une chaise et attendis perdu dans mes pensées.

MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Sam 28 Juil - 23:42

Assise là où elle était assise, Mizugiwa se trouvait au centre de la ruche kiréenne, le point de convergence de toute une population. La place était immense d’un tout autre point de vue, mais si restreinte pour le monde de Mizugiwa dont la référence demeurait l’océan et sa grandeur inégalée. Tout autour d’elle des grappes de personnes se déplaçaient dans toutes les directions, sans rien laisser deviner de leur destination finale. Des conversations hachées accompagnaient leur passage, des rires également. Les tenues les plus basiques ( simple kimono, par exemple ) distinguaient le groupe des civils, celles dont les tissus et les couleurs accrochaient l’œil révélaient la caste des commerçants et de manière générale les familles aisées ; terminaient le cortège des tenues souvent unies qui collaient au corps de leur propriétaire. Celles-là trahissaient la présence des shinobis et kunoichis. Avec eux, tous ces gens véhiculaient des odeurs rances, principalement provoquées par la transpiration et l’humidité des vêtements. Ce qui pour le nez fin d’une jeune fille était vécu comme une agression parmi tant d’autres parfums : l’odeur de la viande rôtie à la braise, celle des épices étalées au grand air ou le fumet des bouillons vendus à la sauvette.

Mizugiwa n’aimait pas l’atmosphère pesante qui se dégageait de la ruche. Elle n’avait choisi cet endroit qu’à cause de sa fontaine, assez profonde pour qu’elle y laisse barboter ses pieds et une bonne partie de ses jambes. A la manière intense qu’elle avait de fixer l’eau, Mizugiwa ne remarquait pas les nombreux regards qui se tournaient constamment vers elle. Ainsi n’était-elle pas consciente des murmures qu’elle soulevait à propos de la couleur de ses cheveux, de leur étonnante longueur, de la pâleur de sa peau, de son regard sans lueur ou encore de sa posture tournée vers le cercle intérieur de la fontaine. Seul comptait l’eau qui caressait ses orteils et la voûte plantaire de ses pieds. Une eau qui avait perdu de sa chaleur et de sa puissance à être ainsi employée. Mizugiwa se sentait les tripes retournées, pratiquement nauséeuse à ressentir la détresse de cette eau depuis trop longtemps séparée de l’océan. Son empathie prenait la forme d’ondes aquatiques qui émanaient d’elle à intervalle de temps réguliers sans qu’elle n’amorce pourtant le moindre mouvement. Ces ondes se répandaient sur tout la largeur et toute la longueur du bassin. Les murmures des passants ne s’en trouvèrent que plus renforcés.

‘ Mizugiwa ?

Mizugiwa regarda par dessus son épaule. A trois mètres d’elle se trouvait un garçon beaucoup plus grand qu’elle. Il avait des cheveux bruns taillés très courts, de petits yeux de fouine qui tiraient vers l’olive et globalement des traits plein de malice. Mizugiwa le rangea de façon immédiate dans la deuxième catégorie d’individus. Son système de rangement était simple d’accès. La première catégorie était celle des gens qu’elle consentait à voir et englobait pour l’instant les hommes et les femmes masqués qui l’avaient recueilli à Tohoku et sa famille d’accueil. La seconde catégorie regroupait les gens qu’elle ne souhaitait pas revoir. Le garçon qui la dévisageait avec insistance en ce moment même rejoignit sur la liste celui qui l’avait battu jusqu’au sang et Habaki Gengoemon et ses questions constantes.

‘ J’ai un message de l’Académie pour toi.

L’Académie. Mizugiwa ne portait pas ce lieu dans son cœur depuis qu’elle avait découvert un autre genre de ruche que celle qui circulait dans les rues. L’Académie était le repère d’une chose qui échappait totalement à ses sens : la compétition. Elle voyait bien comment les gens de l’Académie la regardaient et comment ils se regardaient entre eux, mais elle ne comprenait pas ce que ces regards signifiaient. La seule chose que Mizugiwa avait compris au contact de l’Académie c’est qu’elle éviterait d’y aller tant que les hommes et les femmes masqués ne lui demanderaient pas de s’y rendre. Elle associait volontiers à cette décision le fait que l’Académie n’avait pas de bassins d’eau où se ressourcer.

‘ Ce sont les hommes et les femmes masqués qui t’envoient ?

‘ On m’avait dit que tu étais bizarre mais j’imaginais pas à ce point. Écoute, prends ce papier et ne pose pas de questions. Salut.

Mizugiwa se retrouva soudain avec une feuille soigneusement repliée entre les mains tandis que le messager disparaissait dans la foule comme s’il fuyait la peste. Parce qu’elle était inébranlable, Mizugiwa n’eut aucun mal à effacer cet épisode de sa mémoire. Elle prit seulement le soin de déplier le papier et d’en lire le contenu. L’écriture était hâtive, d’un bleue intense et le message plutôt sommaire : rends-toi tout de suite en salle 66, un équipier et un chef d’équipe t’y attendent. Une ride apparut soudain au milieu de son front. Elle ne comprenait pas ce qu’on attendait d’elle et encore moins les notions d’équipier et de chef d’équipe. Toute sa vie s’était écoulée au contact des eaux. Elle ne connaissait aucun lien d’être humain à être humain. Rien qui puisse s’apparenter de près ou de loin à ce qu’elle ressentait au contact des eaux.

Mizugiwa prit néanmoins sur elle de faire ce que le papier demandait pour la bonne et simple raison qu’elle ne pouvait pas deviner s’il était oui ou non l’œuvre des hommes et des femmes masqués. Et que dans le doute elle préférait s’activer plutôt que de décevoir, peut-être, celles et ceux qui l’avaient aidé. C’était une impression en elle qui s’apparentait au fait de se sentir redevable, mais Mizugiwa ne connaissait ni ce concept ni ses variantes. Alors elle vivait la chose à sa façon, loin d’imaginer le pouvoir d’un simple merci ou d’une reconnaissance quelconque. De façon très simple, Mizugiwa caressa la surface de l’eau pour lui insuffler un peu de sa chaleur en guise d’au revoir. Elle enjamba ensuite le cercle de pierre sur lequel elle était restée assise jusque là et prit le chemin de l’Académie, les pieds nus et sa chevelure traînant comme une cape derrière ses pas. Comme elle relisait en boucle le message, Mizugiwa ne vit pas la distance fondre entre la fontaine du centre ville et le parvis de l’Académie. Presque de manière mécanique, elle poussa les battants devant elle, traversa le hall noir de monde, monta un escalier, s’engagea dans un long couloir puis elle s’arrêta devant la salle n°66. Sa mémoire absolue lui avait permise de réaliser ce trajet sans lever une seule fois le nez de sa feuille.

Au moment où il était coutume de vérifier sa tenue, d’arranger sa coiffure, Mizugiwa ne vérifia pas plus l’état de son débardeur que de ses leggins ou de ses cheveux fuchsia. Elle entra dans la petite salle, remarqua la présence d’un garçon, mais ne s’y intéressa pas, puis tira une chaise à l’écart sur laquelle elle s’assit, ses jambes pliées de façon à garder ses pieds nus sur le bord de l’assise. Elle observa la salle dans ses moindres recoins et s’y sentit très vite mal à l’aise. L’eau lui manquait. Son chant caractéristique aussi bien que sa douceur.


Do. Première note de la Mélodie Débonnaire.

MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Dim 29 Juil - 1:04

A mi-chemin du couloir, Sainan avait terminé de parcourir vaguement le papier qui lui avait été donné. La capacité d’hyper cognition héréditaire des Aisu leur était fort utile dans des moments aussi simples que celui d’une lecture, permettant de faire un tri extraordinairement rapide des informations. Il y était écrit un récapitulatif des parcours et des profils de ses deux élèves. Repliant la lettre décachetée et la rangeant au fond d’une de ses poches, le jeune homme ne tarda pas à arriver devant la porte 66. Derrière l’attendaient surement Soujuu et Mizugiwa.

Sa main pâle et froide attrapa la poignée, et la tourna lentement. Après avoir pénétré cette pièce, plus rien ne serait jamais pareil dans sa vie de Shinobi. Poussant la porte, il sentit son cœur battre un peu plus vite qu’à l’habitude, puis entra définitivement dans la salle de classe. Il donna un premier coup d’œil à ses nouveaux élèves, qui patientaient éloignés l’un de l’autre, sans vraiment daigner se parler pour l’instant.

Il se passa plusieurs secondes durant lesquelles Sainan ne dit pas un mot, pas même un bonjour. Il vint s’asseoir sur un bureau de professeur qui n’était pas prévu à cet effet, et s’installa. Sa stature était assez nonchalante ; il s’était assis à l’angle du bureau, l’une de ses deux jambes pendant devant. Son autre jambe était redressée, le pied ancré sur le bureau, de telle sorte qu’il puisse laisser reposer l’un de ses bras sur son genou. Son autre bras lui servait de pilier, supportant le reste du poids de son buste, toutefois assez léger. Il regarda quelques instants ses Kun, avant de prendre enfin la parole.

[Sainan] « Lorsque l’on m’a demandé de baptiser l’équipe pour laquelle j’allais être Instructeur, j’ai choisi « Samui », ou « le froid ». Le froid peut être salvateur, et il peut être une torture. Le froid fait partie du Pays de l’Eau. Le froid dévore et protège à la fois. Et froid doit savoir être le cœur du Ninja, s’il veut survivre en son monde. »

Il marqua une pause de quelques secondes, regardant tantôt Soujuu et Mizugiwa, chacun son tour. Puis, il reprit.

[Sainan] « Je sais qui vous êtes, et je n’ai pas besoin de vous demander de me le raconter une nouvelle fois. Je ne suis pas beaucoup plus vieux que vous. Il y a encore de cela quelques années j’étais à votre place, et je m’en rappelle comme si c’était hier. Aussi, je connais les questions que vous vous posez et pourrez vous poser durant votre long et difficile apprentissage de la vie Shinobi… »

Le jeune homme bougea légèrement. Sur sa jambe gauche, l’on pouvait voir les marques d’une brûlure indélébile sur sa peau rongée. Ci et là sur son corps, des cicatrices témoignaient d’une expérience rare pour sa vingtaine. Comme à son habitude, Sainan portait un vêtement sombre, ornée d’une capuche qui tombait dans son dos. Il était aisément reconnaissable au masque, taillé dans un crâne, qu’il portait sur le côté de sa tête, quand il ne le mettait pas en mission individuelle. Sur son masque étaient gravées à la main les vagues de Kiri.

[Sainan] « Soujuu, Mizugiwa. On m’a confié la tâche de faire de vous une Kunoichi et un Shinobi d’exception. Il ne tiendra qu’à vous d’être les artisans de votre propre réussite. »

Il regarda Soujuu.

[Sainan] « Soujuu, tu es l’un des Genin les plus félicités de ta promotion. Le Village mise beaucoup sur ta formation. Il te faudra être à la hauteur des attentes de la Brume. »

Il fixa ensuite Mizugiwa.

[Sainan] « Mizugiwa. Tu es encore Aspirante, mais Kiri pense que tu seras capable de tenir le rythme des cours avec celui des missions. L’on ma demandé d’être ton Instructeur car je peux t’aider à développer ce don que peu comprennent. »

Le jeune homme se leva, et alla fixer l’extérieur par la fenêtre. Le Village de Kiri était en pleine effervescence.

[Sainan] « Je serai dur, exigeant, parfois pire. Je n’ai pas la prétention de vous apporter autre chose que ma propre vision de ce qu’est une Shinobi et une Kunoichi. En retour, je veux pour vous une carrière brillante et que vos noms marquent les annales du Brouillard. Vous êtes Kunoichi et Shinobi, que vous l’ayez choisi ou non. D’une façon ou d’une autre, vous devez ou devrez un jour votre vie à Kiri, et la meilleure façon de lui rendre est de le servir jusqu’à la mort. »

Il se retourna, pour terminer son introduction improvisée.

[Sainan] « Maintenant que les cartes sont sur la table, c’est à vous de parler. Sentez-vous libres de poser des questions, c’est le moment de le faire. »

A la fin de ses mots, le jeune Aisu esquissa un rictus, preuve manifeste qu’il savait aussi montrer une certaine sympathie.



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Soujuu Aisu
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MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Dim 29 Juil - 11:55

Cela faisait déjà quelques minutes que j'attendais. J'avais eu le temps de parcourir des yeux là pièce dans son entièreté. Elle n'avait rien de spécial, seulement une dizaine de chaises pour les élèves et un bureau pour les professeurs. On pouvait difficilement trouver une classe plus banale.

Heureusement, mon coéquipier ou plutôt ma coéquipière me sortit de ma torpeur matinale. Elle avait de longs cheveux rouges comme je n'en avais jamais vu. Elle devait avoir mon âge, peut être même un peu moins. Elle n'était pas la plus belle fille je j'avais vu mais elle dégageait une aura... hum, comment dire ? Peut être une aura sauvage ? Naturel ? En tout cas, cette fille ne me laissai pas indifférent. Elle m'intriguait énormément, j'avais envie d'en apprendre plus sur elle.

Pour le moment, elle regardait autour d'elle, assise en tailleur sur sa chaise dans l'autre coin de la pièce. Elle semblait mal à l'aise ou contrariée car on pouvait voir son front se plisser exagérément. Au moins, ce n'étais pas compliqué de deviner ses émotions.

J'étais encore en train de penser à elle quand notre nouveau senseï entra. Il était plutôt grand mais pas autant que Hughe et avec les épaules beaucoup moins larges. Malgré sa faible carrure, il n'en demeurait pas moins impressionnant à cause du masque en forme de crane sur le coté de son visage, un peu à la manière des Anbus, ainsi qu'à son regard perçant qui témoignait d'une résolution sans faille. Ce n'était pas un regard méchant ou dur mais plutôt un regard qui dit qu'on peut lui faire confiance pour prendre les meilleurs décisions au bon moment. C'était plutôt rassurant de se dire que je partirai en mission avec un instructeur comme lui.

Seul point négatif, il était assez jeune et, à vu de nez, ne devez pas dépasser les 25 ans. Avait-t-il l'expérience et les connaissances requises pour nous apprendre autre chose que les bases du chakra ? Il faut dire qu'au niveau chakra, je commençais pratiquement au point "0". Je savais malaxer mon chakra plus ou moins correctement mais je ne maitrisais encore aucune technique de type suiton.

Il commençait à faire son speech. Il nous expliqua, en premier lieu, le "pourquoi" du nom de l'équipe qui sonnait effectivement pas trop mal. Je l’arborerais sans doute avec fierté.

Ensuite, il aborda brièvement son jeune âge sans expliquer pourquoi il était devenu chuunin si jeune. Je remarquais d'ailleurs qu'une de ses jambes portait des traces de brulures. Peut être une piste pour comprendre son ascension ? Encore une question que je poserais plus tard et que je rangea dans la longue liste des questions en suspens.

Après, curieusement, il me fit des éloges. Hughe avait du parler de moi en bien apparemment. Du coup, cela me mettait déjà la pression avant même le commencement ! J'appris par la même occasion le nom de la fille aux cheveux fuchsias, mizugiwa.... je crois que ça voulait dire "bord de l'eau", c'était un joli nom. Il collait bien avec le village.

Il termina par décrire brièvement sa façon d'enseigner qui risquait d'être un peu rude. Cela ne m'effraya pas beaucoup. Il m'avait l'air d'être un homme bon bien qu'avec sans doute un passé douloureux. Pour l'instant, je lui faisais confiance et c'est tout ce qui comptait.

Il conclu en demandant si nous avions des réponses mais comme je n'en avais pas immédiatement, je regarda ma coéquipière pour voir si elle allait en poser une. J'avais l'impression que son front était encore plus plissé, on aurait dit qu'elle n'était vraiment pas dans son élément.

MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Lun 30 Juil - 13:35

L’atmosphère devenait de plus en plus pesante pour Mizugiwa à mesure que le temps s’écoulait. C’était pour elle comme être enfermée dans une cage, être privée du bon air et surtout de sa liberté. L’eau et l’air étaient deux composantes majeures de son équilibre émotionnel. Alors se retrouver à respirer l’oxygène d’autres personnes sans au moins disposer d’un bac d’eau pour compenser revenait à lui faire vivre un moment particulièrement désagréable. Ce qui n’aiderait certainement pas à rehausser la cote de popularité de l’Académie à ses yeux, voir de celle des personnes qu’elle devait maintenant rencontrer. Son regard roula vers le garçon qui était installé à quelques chaises de la sienne. Elle remarqua le blanc pur de ses cheveux et le teint hâlé de sa peau à cause du contraste qu’ils proposaient, puis elle les délaissa pour fixer son attention sur le bureau inoccupé. Le message disait qu’elle trouverait un équipier et un chef d’équipe mais non seulement le compte n’était pas bon mais elle n’avait toujours pas la moindre idée de la signification de son contenu. Ce qui avait la force redoutable de la faire se sentir hors de ses frontières et surtout de ses repères.

Comme pour répondre à ses attentes c’est ce moment que choisit la porte pour s’ouvrir. Un homme la referma derrière lui. Mizugiwa remarqua tout de suite le masque qui lui rappela celui des hommes et des femmes masqués sans toutefois s’y apparenter vraiment. Mizugiwa conclut très sobrement qu’il n’appartenait pas à leur famille. Elle le suivit discrètement du coin de l’œil en entourant ses jambes à l’aide de ses bras. L’homme trouva sa place sur le bureau dans une posture que Mizugiwa trouva peu confortable. Cet air sombre qu’il traînait sur lui n’eut aucune conséquence sur le comportement de Mizugiwa. Elle n’était pas plus affectée par les comportements mystérieux que distants ou autoritaires. Mizugiwa n’y attachait, pour ainsi dire, aucune importance. Les êtres humains ne l’effrayaient pas. Rien ne l’effrayait car la frayeur n’existait tout simplement dans son monde. Quand l’homme décida de briser le silence, Mizugiwa posa simplement son menton entre ses genoux et porta toute son attention sur le son de sa voix à défaut de le regarder dans les yeux.

‘ Lorsque l’on m’a demandé de baptiser l’équipe pour laquelle j’allais être Instructeur, j’ai choisi « Samui », ou « le froid ». Le froid peut être salvateur, et il peut être une torture. Le froid fait partie du Pays de l’Eau. Le froid dévore et protège à la fois. Et froid doit savoir être le cœur du Ninja, s’il veut survivre en son monde... Je sais qui vous êtes, et je n’ai pas besoin de vous demander de me le raconter une nouvelle fois. Je ne suis pas beaucoup plus vieux que vous. Il y a encore de cela quelques années j’étais à votre place, et je m’en rappelle comme si c’était hier. Aussi, je connais les questions que vous vous posez et pourrez vous poser durant votre long et difficile apprentissage de la vie Shinobi…

Le froid ne possédait rien de salvateur aux yeux de Mizugiwa. Le froid tuait. C’était sa seule caractéristique. L’eau froide mourait. Le corps froid mourait. Une âme froide mourait. Rien ne résistait au froid si ce n’est la flamme, qu’elle soit réelle ou intérieure. Mizugiwa ne laisserait jamais son cœur devenir froid, quoi qu’en dise cet homme. La seule raison pour laquelle elle redoutait la mort, c’était par peur de perdre sa seule amie et unique repère. Privée d’elle, Mizugiwa n’était plus rien. En retour, elle avait la sensation que l’eau avait toujours eu besoin d’elle. C’est comme ça qu’elle le ressentait et c’était suffisant pour survivre par tous les moyens, y compris celui d’être une kunoichi. Mizugiwa n’avait pas oublié ce que la femme au masque de louve lui avait dit à ce sujet. Tuer pour ne pas être tué. Elle saurait le faire…

‘ Soujuu, Mizugiwa. On m’a confié la tâche de faire de vous une Kunoichi et un Shinobi d’exception. Il ne tiendra qu’à vous d’être les artisans de votre propre réussite. Soujuu, tu es l’un des Genin les plus félicités de ta promotion. Le Village mise beaucoup sur ta formation. Il te faudra être à la hauteur des attentes de la Brume.

Mizugiwa apprit de cette façon le prénom du garçon à quelques mètres d’elle. Soujuu… dans la langue de Tohoku, cela signifiait manœuvre. C’était une bien maigre signification pour qui croyait au pouvoir de la signification des noms. Heureusement pour Soujuu, ce n’était pas quelque chose qui intéressait Mizugiwa. Un nom était un nom ni plus ni moins pour elle. En revanche, un mot retint beaucoup plus son attention : Genin. Mizugiwa avait retenu ce que les hommes et les femmes masqués lui avaient enseigné sur leur village. A Kiri, la hiérarchie ne s’échelonnait pas de la même façon que dans le reste du pays. Ici, les Aspirants représentaient la base du triangle. Suivaient les Genin, les Chuunin, les Juunin, les Sannins, et le Kage, le somment du triangle. Si Mizugiwa se fiait seulement à ça, Soujuu avait plus de pouvoir qu’elle. Mais Mizugiwa ne classait pas la puissance de la même façon. Dans son classement, l’intérêt de la personne à ses yeux s’additionnait à la puissance de son ruisseau intérieur. Sur ce plan, Soujuu était un novice. Son eau frétillait à chaque instant et perdait par conséquent de sa force. Mizugiwa gageait que personne ne lui avait appris que l’eau coulait en lui et que c’était elle qui lui prêtait sa force. Sans eau, il ne valait pas plus qu’un rocher.

‘ Mizugiwa. Tu es encore Aspirante, mais Kiri pense que tu seras capable de tenir le rythme des cours avec celui des missions. L’on ma demandé d’être ton Instructeur car je peux t’aider à développer ce don que peu comprennent.

Le front de Mizugiwa se creusa un peu plus à ce moment là. L’homme venait de lui parler d’un don mais elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’il voulait dire. Elle regarda dans le vague en remuant sa mémoire pour savoir si les hommes et les femmes masqués lui avaient parlé d’un don, mais rien ne lui vint précisément à l’esprit.

‘ Je serai dur, exigeant, parfois pire. Je n’ai pas la prétention de vous apporter autre chose que ma propre vision de ce qu’est une Shinobi et une Kunoichi. En retour, je veux pour vous une carrière brillante et que vos noms marquent les annales du Brouillard. Vous êtes Kunoichi et Shinobi, que vous l’ayez choisi ou non. D’une façon ou d’une autre, vous devez ou devrez un jour votre vie à Kiri, et la meilleure façon de lui rendre est de le servir jusqu’à la mort… Maintenant que les cartes sont sur la table, c’est à vous de parler. Sentez-vous libres de poser des questions, c’est le moment de le faire.

Malgré l’autorisation qui lui était offerte de parler, Mizugiwa resta encore un peu de temps silencieuse. Elle était totalement absorbée par ce qu’elle venait d’entendre. Elle ne savait pas ce que kunoichi signifiait pour cet homme mais elle ressentait l’abysse entre leur conception respective. Mizugiwa n’avait pas l’intention de mourir pour un tas de pierre et à plus grande échelle de mourir tout court. Il disait qu’elle devrait sa vie à Kiri mais il se trompait. Kiri n’était rien pour elle et ne serait jamais rien. Elle protégerait ce village pour y garder les rares personnes qui l’avaient aidé mais son aide s’arrêterait là. Elle n’avait pas d’attachement à donner ni de sentiment à offrir. Elle n’aspirait qu’à sa propre harmonie et concédait seulement à protéger celle des personnes qu’elle acceptait dans son entourage. Le reste lui était incompréhensible et resterait donc inconnu.

Comme elle était recroquevillée dans son coin et qu’elle ne regardait personne, Mizugiwa ne fit pas attention au regard que lui lança Soujuu dont le silence devait signifier qu’il acceptait les termes du contrat. Mizugiwa entrouvrit soudain sa bouche. Et bien que son regard n’était pas dirigé vers l’homme, le son de sa voix claire et fragile lui était clairement destinée :

‘ Tu as parlé plus que Soujuu… tu dois être le chef d’équipe du message… tu connais mon nom, mais je ne connais pas le tiens…

L’intonation n’y était pas, mais la question était pourtant belle et bien posée. L’intérêt était d’apprendre le strict nécessaire : un nom à associer à un visage et à une attitude. Le vouvoiement était lui aussi proscrit, non pas par irrespect, mais parce que Mizugiwa ne savait pas l’utiliser. Une lueur étincela soudain dans ses yeux alors qu‘un pincement lui saisissait le cœur en repensant aux propos que l‘homme leur avait tenus. Elle reprit, un ton en-dessous, pour exprimer un propos qui ressemblait à une confidence :

‘ Je ne veux pas mourir… je ne vais pas mourir pour Kiri... Une équipe est comme une famille d’accueil ? … une famille ne laisse pas mourir son enfant… elle ne peut pas vouloir que son enfant meure pour elle. Si tu es le chef de famille tu ne peux pas laisser Kiri nous tuer… jamais…


Mi. Deuxième note de la Mélodie Débonnaire.

MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Lun 30 Juil - 19:08

Il sembla que son introduction, quoiqu’un peu longue, soit suffisamment claire pour que le premier de ses élèves, sur lequel Sainan porta son regard, n’y voit pas de questions éventuelles. Le garçon semblait assez d’accord, si ce n’est satisfait, des modalités d’instructions. Cela plut au jeune Aisu, qui avait toujours eu pour habitude de bien s’entendre avec quiconque respectait ses injonctions. D’une stratégie rare et d’une vision d’ensemble très bonne lors des combats, il s’était toujours plus ou moins imposé comme le meneur des équipes dans lesquelles il avait été affecté pour certains commanditas.

La petite aspirante qui portait le seul prénom de Mizugiwa tarda un peu à répondre, ou à faire signe d’un quelconque intérêt pour ce qui venait d’être dit. Bien loin d’être impolie, elle semblait tout bonnement absente, perdue dans ses pensées, tandis que son regard était tourné dans le vide. Finalement, au bout de quelques lentes secondes, elle prit la parole. Tout dans ses mots reflétait l’incompréhension et l’ingénuité. Sainan se rappela le papier qu’il avait rapidement parcouru quelques instants plus tôt, avant de rentrer dans la salle. L’écoutant continuer ses interrogations, légitimes pour quiconque découvraient le fonctionnement d’un Village Caché, le jeune homme recomposait le profil parfait de sa jeune élève. Il allait falloir lui parler seul à seule.

Sainan fit quelques pas vers Soujuu, et lui offrit un sourire en coin des lèvres. Posant sa main sur le bureau du garçon, il lui parla doucement. La proximité offrait à Soujuu le soin de voir plus clairement les nombreux sceaux inscrits sur la peau de Sainan.

[Sainan] « Je m’appelle Sainan… Soujuu, cours préparer tout ce qu’il te faut. Nous partons de Kiri dans trois heures précises. Nous nous retrouverons devant l’entrée du Village, aux Portes. Je compte sur toi. »

Sur ces dernières paroles à son Kun, l’Aisu le laissa s’éclipser, et alla s’approcher de Mizugiwa. Celle-ci semblait toujours à moitié perdue, comme tétanisée de façon permanente. Sainan alla s’installer en face d’elle, sur un pupitre, s’asseyant dans la même position qu’il avait pris quelques minutes plus tôt sur son bureau. Il la regarda un peu, et songeait à ce qu’elle venait de lui dire. L’homme aimait parler avec justesse et concision, aussi il assemblait ses idées en vue de lui répondre du mieux qu’il pouvait.

L’heure était difficile et psychologiquement déterminante. Jamais personne au Village ne l’avait éveillée à la connaissance de ce qu’elle était pourtant, et Sainan ne savait pas si cela était à lui de le faire pour la première fois. Pour autant, il avait été nommé Instructeur, son instructeur, et à qui incomberait mieux cette tâche rude qu’à lui… Le jeune homme ressentit pour la première fois depuis longtemps l’affaiblissement de la compassion, et expira de façon audible, pensif. Il aborda une réponse avec une voix calme et un léger sourire.

[Sainan] « Et je ne laisserai jamais personne vous tuer, toi et Soujuu. Je t’en fais la promesse… »

Ce serment, il se l’était déjà juré à lui-même lorsqu’il avait été nommé Chuunin. Il refuserait de toute son âme que se reproduise le jour funeste où il avait vu sa propre équipe périr sous ses yeux. Jamais cela ne lui arriverait, et jamais il ne perdrait ses élèves. Sainan pensa ensuite à ce qu’il pourrait dire à une jeune éveillée du don Aisu, alors que celle-ci ne pouvait poser de nom sur son affinité avec l’Eau. Il se rappela son jeune âge, la découverte assez solitaire de son Hyuuton et de sa Maîtrise rare des Eaux. Il retraça l’Histoire des Aisu de Kiri… Dans tous les cas, il le savait, il n'avait pas d'autre choix que de prendre Mizugiwa sous son aile. Elle était seule, et il ne pouvait laisser pour compte une héritière du don des Astres.

[Sainan] « Tout ce que tu découvres est très compliqué pour toi, j’en mesure bien la difficulté Mizugiwa. Il serait inutile que je t’explique ce qui t’a amené proche des murs de Kiri, mais sache que tu as surement été attirée ici sans t’en rendre compte, parce que nous sommes toujours en quête des nôtres, et que Kiri attire les enfants des Eaux. »

Il matérialisa dans le creux de sa main, gravée d’un Sceau, un petit bloc de glace, tandis que ses pupilles s’illuminèrent légèrement d’une lueur azur.

[Sainan] « Je sais l’amour que tu portes aux Eaux, la quiétude et le bien-être que son contact t’apporte, la douleur qu’engendre votre séparation. Pour toi, je serai plus qu’une famille d’accueil. Considère-moi comme un frère, ou un parent, à qui il incombe d’être à tes côtés. En revanche, très rares seront les moments de paix et de recueil. C’est au combat et dans les missions que nous serons réunis. »

Il lui fallait ensuite conceptualiser le Village Caché, donner à sa Kun une idée vague de ce que Kiri devait représenter pour elle.

[Sainan] « Le Village Caché dans lequel tu te trouves est ta famille d’accueil. Il t’a sauvé d’une mort certaine. La meilleure façon de lui rendre la pareille est de le servir, comme je le fais, de lutter à ton échelle pour sa propre existence. Tu dois le savoir Mizugiwa, le monde est hostile et douloureux. Il te faudra être forte, et écouter mes instructions. »

Il dissipa la glace qu’il avait invoquée.

[Sainan] « Tu es une héritière des Eaux, une fille des étoiles. A Kiri, l’on a baptisé les fils et filles en possession du don qui est le tien les Aisu. Tel est le nom de mon Clan, et de ce qui sera le tien. »

Arrêtant de parler, Sainan repartit vers la porte de la salle de classe. Il allait falloir partir bientôt. Il fit demi-tour.

[Sainan] « Suis-moi maintenant. Et sache que tant que tu resteras à mes côtés, jamais il ne te sera fait aucun mal. Nous sommes faits du même sang… »

Il ouvrit la porte, attendant que Mizugiwa le rejoigne.

[HRP] Mizu', tu peux prendre encore le temps de faire une réponse si tu le souhaites. Pour toi Soujuu c'est ok. La suite arrive très bientôt, une fois ce RP terminé Smile [/HRP]



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MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Mar 31 Juil - 14:15

‘ Et je ne laisserai jamais personne vous tuer, toi et Soujuu. Je t’en fais la promesse…

Il était dangereux de promettre quelque chose à voix haute, de promettre quelque chose qui dépendait de beaucoup de choses, mais si peu de sa propre personne. Sainan n’en était peut-être pas conscient, mais il venait de signifier quelque chose de très important aux yeux de Mizugiwa, qui mieux que quiconque, savait combien il en coûtait de promettre. Une seule promesse avait jamais sculpté son existence, celle de ne jamais abandonner l’eau, de toujours revenir à elle. Cette promesse unique en son genre, Mizugiwa l’avait faite en tenant compte de tous ses sentiments. Elle n’avait rien écarté, car écarté le moindre élément au moment de prendre une grande décision revenait forcément à prendre une mauvaise décision. Alors, elle espérait que Sainan ne faisait pas des promesses en l’air, et qu’il mesurait bien toute l’étendue de son engagement envers elle, parce qu’il devrait désormais tuer tous ceux qui essayeraient de la tuer.

‘ Tout ce que tu découvres est très compliqué pour toi, j’en mesure bien la difficulté Mizugiwa. Il serait inutile que je t’explique ce qui t’a amené proche des murs de Kiri, mais sache que tu as surement été attirée ici sans t’en rendre compte, parce que nous sommes toujours en quête des nôtres, et que Kiri attire les enfants des Eaux.

Mizugiwa se redressa sur sa chaise, les jambes toujours repliées contre sa poitrine. Elle dévisagea longuement Sainan, pour la première fois. Laissé entendre qu’elle n’était pas la seule à être ce qu’elle était provoqua une scission profonde dans l’esprit de Mizugiwa. Les images de nombreux mauvais traitements qu’elle avait reçus remontèrent à la surface. Partout où elle avait voyagé, les gens s’étaient montrés violents avec elle. Personne n’avait jamais voulu de sa présence. On l’avait traité de tous les noms, dont la plupart ne trouvait aucune signification dans son vocabulaire. On l’avait souvent battu à mort, pour l’obliger à continuer sa route. Chaque coup qu’elle avait reçu, Mizugiwa l’avait machinalement enregistré dans un coin de sa tête ainsi que le visage de son auteur. A présent, tout lui revenait en mémoire. De colère, de tristesse, de peine, Mizugiwa n’en ressentait pourtant aucune, parce qu’elle avait la présence d’esprit de croire qu’on ne pouvait juger une décision sans l’avoir prise soi-même. Une personne supposée normale aurait peut-être cherché vengeance, se serait laissé consumer par sa haine, mais Mizugiwa n’était pas de cette fabrication là. Elle croyait, intelligemment, que tout avait une raison. Cela valait, aussi, pour les coups qu’on prenait tout au long de sa vie.

‘ Je sais l’amour que tu portes aux Eaux, la quiétude et le bien-être que son contact t’apporte, la douleur qu’engendre votre séparation. Pour toi, je serai plus qu’une famille d’accueil. Considère-moi comme un frère, ou un parent, à qui il incombe d’être à tes côtés. En revanche, très rares seront les moments de paix et de recueil. C’est au combat et dans les missions que nous serons réunis. Le Village Caché dans lequel tu te trouves est ta famille d’accueil. Il t’a sauvé d’une mort certaine. La meilleure façon de lui rendre la pareille est de le servir, comme je le fais, de lutter à ton échelle pour sa propre existence. Tu dois le savoir Mizugiwa, le monde est hostile et douloureux. Il te faudra être forte, et écouter mes instructions.

L’éclat de glace qui tournoyait lentement dans la main de Sainan attira un temps le regard de Mizugiwa. Elle ne l’observa pas avec une pointe de contemplation, mais avec curiosité. C’était un bel éclat. Il lui rappelait la pellicule infime, mais pourtant bien réelle, qui délimitait l’eau et l’écume au bord des plages de sable blanc. La plus grosse partie de son attention s’attacha néanmoins aux paroles de Sainan. Elle ne comprit pas tous les tenants et les aboutissants de son discours mais elle réussit à saisir son intention. Pour Mizugiwa, il était difficile de s’imaginer appartenir à une famille, surtout une famille aussi grande que Kiri. Toute sa jeune existence, elle l’avait passée seule en compagnie de l’eau. L’idée qu’elle puisse compter pour une ou plusieurs personnes prendrait du temps à percer la complexité de son raisonnement, voir même de ses sens. De la même manière qu’on ne peut pas demander tout de suite à un enfant de peindre sans déborder, on ne pouvait pas demander à Mizugiwa de comprendre ce qui restait encore incompréhensible à ses yeux. La répétition des évènements, leur intensité, l’expérience en somme, viendrait un jour ou l’autre à bout de cette barrière. Personne ne pouvait deviner quand est-ce que ce miracle se produirait, mais il se produirait un jour ou l’autre, fatalement.

‘ Tu es une héritière des Eaux, une fille des étoiles. A Kiri, l’on a baptisé les fils et filles en possession du don qui est le tien les Aisu. Tel est le nom de mon Clan, et de ce qui sera le tien.

Aisu… ce mot elle l’avait déjà entendu, et cela ne remontait pas à si longtemps que ça. Le visage d’Habaki Gengoemon s’imposa nettement à elle, les propos qu’il lui avait tenus également. Le froid était lié aux Aisu d’après lui. Si elle en croyait Sainan, c’était bel et bien le cas, mais pas seulement. Ils étaient, d’après lui, les enfants de l’eau et des étoiles. Mizugiwa se reconnut forcément dans cette brève description car elle ne pouvait nier le lien qu’elle attachait à l’une comme aux autres. Sainan se disait Aisu, lui aussi, bien que Mizugiwa ne perçut pas en lui quelque chose de comparable à ce qu’elle ressentait. Tout était très confus pour elle. Il lui faudrait certainement le temps de digérer tout ça, de réfléchir pour mieux comprendre. Face au regard de Sainan, elle savait qu’elle ne disposait pas de ce temps pourtant nécessaire, alors elle se laissa aller à d’autres pensées, plus simples, plus concrètes, pour ne pas avoir à réfléchir tout de suite.

Sainan se leva et Mizugiwa l’accompagna du regard. Devant la porte, il se retourna soudain vers elle.

‘ Suis-moi maintenant. Et sache que tant que tu resteras à mes côtés, jamais il ne te sera fait aucun mal. Nous sommes faits du même sang…

Un frère, un même sang, Mizugiwa ne savait pas comment saisir l’importance de ces nouveaux liens. Elle se sentait seulement capable de suivre son instinct, et cet instinct lui dictait de suivre Sainan, d’attendre, et de voir ce qu’il se passerait. C’est donc sans la moindre hésitation que Mizugiwa descendit de sa chaise et rejoignit Sainan à la porte de la salle 66. Elle marqua néanmoins un arrêt à côté de lui et sans le regarder, palpa son avant-bras de ses doigts pâles et extrêmement fins. Elle ressentit par ce biais tout ce qu’elle avait besoin de ressentir pour réellement continuer. Les pulsassions de son cœur, le flux sanguin dans ses veines, l’eau dont il était essentiellement constitué, elle discerna l’ensemble des données qui faisait d’un être humain un être humain.

‘ Ton eau a connu beaucoup de remous… ne la laisse pas se fragiliser encore…

Elle relâcha le bras de Sainan et s’engagea dans le couloir. Mizugiwa ne dispensait jamais de mise en garde, elle ne donnait aucune leçon à qui que ce soit, dans sa bouche tout, ou presque, sonnait comme une vérité absolue.


Sol. Troisième et dernière note de la Mélodie Débonnaire.
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MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   Mer 1 Aoû - 19:42

Mizugiwa : +16XP
EDIT STAFF 2: Après concertation avec le staff, je t'envoie un MP pour te faire part des modifications.

Soujuu : + 6XP

Sainan : + 15XP
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MessageSujet: Re: [Création de l'Equipe Samui] Salle 66   

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