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 Aire d'entraïnement de Deishui

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MessageSujet: Aire d'entraïnement de Deishui   Jeu 17 Avr - 15:21

Le soleil venait de se lever. Pour une fois, c'était notable, Deishui avait décidé de se lever avant l'aube pour entreprendre un entraînement. En effet, ces premiers jours passés à l'Académie ninja l'avaient convaincu d'une chose : il n'était pas encore à la hauteur. L'entraînement physique étant la seule chose qui aurait pu lui permettre de se distinguer de ses pairs, plus avisés sur les arts shinobis que lui, il lui fallait s'y atteler. Le jeune Da n'était pas friand des efforts répétés néanmoins, c'était ici une nécessité. La promotion au grade supérieur soit une augmentation déterminerait dans quel luxe relatif vivrait son vieux père. Ainsi, le jeune homme marchait tranquillement, l'esprit encombré par divers exercices farfelus, dans les rues de Kumo. Peu nombreux étaient les villageois levés à cette heure. Seuls quelques marchands commençaient à préparer leurs étalages et organiser leurs stocks.

*Calepin, plume, saké, tout y est...Je devrais pouvoir progresser en une journée. Seuls bémols : je ne sais ni où m'exercer ni comment le faire. Tant pis, je ferais sans. Je n'aurais qu'à m'habituer à utiliser mes yeux argentés, sa me permettra d'apprendre à malaxer mon chakra...Puis un peu de course ou de musculation ne me fera pas de mal, juste quelques courbatures pour demain...Galère...*

Deishui avait ouïe dire qu'un secteur d'entraînement, à proximité du village de Kumo, avait été élaboré pour permettre aux shinobi de la Foudre de s'exercer. Il fallait encore trouver ce fameux lieu...Pour l'heure, l'écrivain flânait, cherchant d'un regard flottant des indications sur cet endroit. Tout à coup sa balade fut interrompue par une voix rauque, ou plutôt un grognement...

[???]
Eh toi là ! Ouai toi gamin ! Approche donc par là.


Tournant la tête en direction du son, Deishui tomba nez à nez face à un vieil homme à l'aspect fort original. Il n'était pas le stéréotype du vieux soulard aux habits troués, il ne ressemblait à rien d'existant. Son visage était en partie caché par un capuchon de lin parcouru de bordures argentés, seules sa bouche et ses joues ridés étaient visibles en dessous du tissu. Sa silhouette était celle d'un homme en fin de vie, courbé, tassé par les années. Toutefois, il n'avait ni canne, ni autre objets pour l'empêcher de s'écrouler sur le sol. Son corps était recouvert d'un épais manteau immaculé, bien que recouvert, vers le bas, de poussière. En résumé, ce passant avait l'air d'un riche commerçant, ou peut-être fonctionnaire...C'est poussé par sa curiosité naturelle que Deishui lui obéit et cessa de marcher.

Bonjour, que puis-je pour vous?

C'était le genre de phrase que tout garçon bien éduqué disait aux vénérables séniles. Son interlocuteur, abandonnant son ton animal, répondit :

[???]
Ce que tu peux faire pour moi? Plus grand chose. Par contre, je dois pouvoir faire quelque chose pour toi, moi. Si je ne me trompe pas, tu cherche à devenir meilleur, à devenir un shinobi de la Foudre ai-je tord?


Comment savait-il cela? Etait-ce donc si visible? Peut-être n'était-ce qu'une coïncidence, la fabuleuse providence. L'espace d'un instant, Deishui se demanda si ce n'était pas une farce ou une quelconque entourloupe destinée à lui chaparder le peu de monnaie qu'il possédait. Après tout, les voleurs avaient de quoi s'acheter des vêtements de nobles matières, ce vieillard était peut-être l'un d'eux. Le Doute...

Vous avez visé juste...Néanmoins, quoique vous puissiez faire pour moi, sachez que je ne vous laisserais pas entrevoir le bout de ma bourse.

Vexé par cette réplique cinglante, le vieil homme approcha de l'étudiant. Il posa alors son index sur la poitrine de l'académicien, d'un air de reproche.

[???]
Me prendrais-tu pour l'un de ces ignobles menteurs? Quel manque de raffinement. Je peux faire bien des choses pour toi gamin, à commencer par t'enseigner la politesse. Cependant, je crains que tu n'en ai l'envie et que ton seul but soit d'atteindre un niveau plus honorable n'est-ce pas? Vu ta tête, je dois toucher juste. Je te propose donc un entrainement et je n'attends en retour de toi qu'efforts et détermination. La jeunesse ne sait plus faire d'efforts par elle même, certains se prennent pour une élite alors qu'en réalitée, il ne sont rien qu'une bande de flémards occupés à se reposer sur les maigres acquis. Enfin...Acceptes-tu?


Il n'était certainement pas question de refuser. D'un hochement de tête, le jeune Da acquiesça...En guise d'excuse, il salua le vénérable.

Avant de commencer, peut-être est-il préférable de savoir qui nous sommes l'un l'autre...Pour ma part, je m'appelle Deishui Da.

Le vieil homme marmonna quelque chose d'inaudible avant de rétorquer avec autorité :

[???]
Deishui Da hein? Hmmm...Pour toi, je serais Yudachi...Pourtant, durant l'entraînement, tu m'appelleras Maître. Question de hiérarchie.


C'est alors que le vieux Yudachi se mit en marche, prenant les devant. Sa démarche n'était pas gauche, bien au contraire. Il avait l'air noble, charismatique. Ces pas ne traduisaient aucune hésitation, foulant avec rythme le sol poussiéreux des ruelles du village. La foule commençait à affluer mais bien heureusement, le Maître s'en accommodait, feignant d'être infirme pour libérer un passage. Rapidement, Deishui et son professeur venu de nul part atteignirent les portes de Kumo que le jeune étudiant avait déjà traversé en compagnie de son père lors de son arrivée. Cette fois ci, aucun garde ne vint perturber la progression du duo : ce Yudachi était peut-être quelqu'un de respecté au sein du village...
En dehors de l'enceinte, le Maître emprunta un chemin encombré par de nombreux petit rochers aiguisés. Au loin, après le sentier, on entendait des cri soudain s'élever...Le lieu d'entraînement des shinobis de Kumo.
Après cinq ou dix minutes de progression, au cours desquelles l'étudiant pu admirer de magnifiques rivières de pierres éventrées, la paire d'un jour arriva finalement sur un vaste plateau. Là encore, les rocs, semblables à des rasoirs, parsemaient le sol. On pouvait entendre la rumeur lointaine des armes s'entrechoquant, sûrement deux ninjas qui se mesuraient en combat amical. Mais ce à quoi Deishui prêta le plus d'attention était les paroles que se lançait le vieux Yudachi à lui même. Des murmures s'échappaient de ses lèvres alors qu'il faisait le tour de l'aire d'entraînement...


[Yudachi]
...C'est peut-être risqué...Trop je n'en sais trop rien...Si il est véritablement l'un des notre, il pourra survivre, dans le cas contraire, il fondra dans l'éternelle faiblesse. L'exercice s'annonce complexe. A t'il conscience de ce qu'il est? Que sait-il de son don? L'accomplissement du shinobi, y résistera t'il? Seul l'élite le peut...Nous verrons bien..


Finalement, le vieux maître s'en retourna vers un Deishui interrogateur. Ce dernier n'avait pas compris un traître mot des marmonnements de cet inconnu.La seule chose qui l'inquiéta quelque peu fut le termes survivre...Ainsi cet entraînement serait dangereux. Qu'importe, ce n'était peut-être qu'un délire de la part du vieux citoyen et au pire, il n'aurait qu'à tout arrêter en fuyant. Yudachi se retourna vers son élève, un fin sourire sur ses lèvres.

[Yudachi]
Ce lieu, utilisé pour les exercices de ninjas est des plus somptueux, qu'en dis-tu? Ne trouve tu pas que ces rochers, aux reflets dorés, témoignent d'une beauté céleste? Enfin nous ne sommes pas venus ici pour discuter de ce qui nous entoure.


La décéption se fit ressentir dans les yeux de l'écrivain, lui qui s'imaginait déjà tirer feuilles et plume pour faire l'apologie de ces rochers et de ce ciel si nuancé...Quoiqu'il en soit, il lui fallait bien oublier les plaisirs de la vie pendant quelques temps, afin de pouvoir subvenir aux besoin de son père et aux siens. De plus, ce vieil homme était énigmatique, chose qui ravissait Deishui...Une nouvelle page de son carnet serait consacré à ce personnage hauts en mystères.

[Yudachi]
Commençons. Ecoutes moi attentivement. Nous allons débuter, enfin surtout toi, débuter un travail de longue haleine. En théorie, nul pré-requis physique ou intellectuel n'est demandé pour mener à bien cet exercice, seule la volonté décidera de la réussite ou non. Cependant, comme tu dois le supposer, si cet exercice est aussi éfficasse que le soutien et accessible à tous, pourquoi n'est-il pas mis en place à l'académie ninja? La réponse est simple : la réussite ou l'échec de cet entraînement peut entraîner la mort, pas la mort physique, mais la destruction de toute ambition, toute motivation. Je te laisses une dernière fois le choix, une fois ta réponse donnée, n'espère même pas faire machine arrière, soi certain de ta décision.


L'intonation du vieil homme avait changé. Il était beaucoup plus dynamique et imposant qu'auparavant. Deishui réfléchissait. Avait-il déjà été confronté à ce genre de situations? Jamais. C'était un quitte ou double où la chance n'avait pas sa place. Le jeune Da n'avait jamais participé aux jeux d'argents et de hasard lorsqu'il y avait été invité durant ses années passés au cirque. Il considérait l'argent comme quelque chose de trop indispensable, à ce jour, pour les vieilles gens incapable de se débrouiller seules. Si il avait été solitaire, il se serait probablement laissé guidé par cette envie qui habite chaque hommes, ce frisson de savoir que l'on peut ou tout gagner, ou tout perdre simplement en jetant des dés. Mais la responsabilité avait, jusqu'à aujourd'hui empêché Deishui de sombrer dans le cercle infernal du jeu. Néanmoins, à cet instant, le choix était présenté différemment : soit il deviendrais, comme lui avait promis Yudachi, un potentiel genin, soit il resterait cet étudiant médiocre au premier regard.

*Il y a des fois, comme sa, où il faut savoir mettre en jeu ses espoirs au péril de les voir détruits. Si j'échoue, je ne perdrais que l'une de mes nombreuses possibilités de carrières. Après quoi, il ne me restera qu'à trouver un autre travail, plus fatiguant, moins bien payé, pour assurer à Père de convenables vieux jours. Je doute franchement que son entraînement puisse m'ôter toute envie de vivre alors pourquoi devrais-je être éffrayé? Fut-il plus convainquant que n'importe quel orateur, ce Yudachi ne m'impressionne pas, il n'est qu'heureuse providence. *

D'un air de défi, bien qu'il tenait plutôt une posture dégagée et détendue, Deishui répliqua au vieil homme :

Je pense que nous pouvons commencer. Comme vous devez l'avoir deviner, je n'ai rien à perdre, n'ayant encore rien acquis dans cet étrange monde qu'est celui des shinobis. Avec sa, ma devise m'empêche d'être découragé par vos mots, fussent-ils forts et percutants. Tant qu'il y a du rhum, il y a de l'espoir. Paroles vulgaires pour certains, profondes pour d'autre.

Le vieux maître, en guise de réaction, se contenta de sourire. Durant une ou deux minutes, les deux protagonistes échangèrent des regards intenses. Le plus jeune cherchait à percer les secrets de son professeur alors que celui ci tâchait de détecter le moindre signe d'hésitation dans les yeux du Da. Mais rien...Ces yeux n'exprimaient pas la moindre peur, juste une sérénité tirée d'une philosophie basée sur le plaisir et l'observation. Se délecter de la simplicité. Comment ce type à l'aspect banal pouvait-il avoir hérité d'un don des plus nobles? Ses pupilles vertes ajoutaient là encore un facteur d'intérrogation sur la question. Finalement, Yudachi murmura d'un air résolu :

[Yudachi]
Qu'il en soit ainsi.


Il dévisagea son disciple puis débuta son explication. Sa tête était légèrement orientée vers le ciel qui se faisait plus sombre malgré l'heure encore matinale.

[Yudachi]
L'entraînement se déroulera en une seule phase réunissant plusieurs objectifs. Connaître tes limites, tester ta résistance physique t psychologique, aiguiser ton sens de l'analyser, forger ta volonté... Quels sont les intérêts de cela? C'est l'une des questions que tu dois te poser. Or, pour qu'un exercice porte ses fruits, l'élève doit avoir assimilé son but. Actuellement, tu ne connais pas tes limites. La souffrance et l'effort te permettront de flirter avec elle, parfois même de la surmonter. Tu apprendras aussi à connaître tes faiblesses ce qui te poussera à les combler, du mieux que tu le pourras. Une faille ne se supprime pas, même les plus grands ne le peuvent, elle est seulement réduite à un petit gouffre, invisible pour les moins observateurs.


Le vieillard tourna volontairement le dos à Deishui puis tira l'une de ses mains noueuses de sa poche. Son poing se resserra avec vigueur.

[Yudachi]
Parviens à survivre durant trente six heures face à moi, sans fuir ni trembler. J'userais de toutes les combinaisons possibles pour te faire éprouver une douleur telle que tu seras tenté d'abandonner. Résiste moi et les objectifs visés seront atteint.


C'est à ce moment là que Deishui pu entrevoir, entre la main de Yudachi, une paires d'aiguilles scintillantes...Elles roulaient entre ses doigts, chatouillant sa peau. Le jeune homme commençait à entrevoir l'envers de cet entraînement...Ce vieillard n'était pas n'importe qui, il comptait s'investir...Blesser...Peut-être même tuer. Le Da ne devait toutefois rien révéler des sentiments et des pensés traversant son esprit, au risque de tomber ce masque de félicité.

Je suis donc entre vos mains pour trente six heures...Maître....Laps de temps au terme duquel se dressera devant vous un homme prêt à recevoir un salaire plus honorable.

Ne sachant à quoi s'attendre, Deishui tâcha simplement de sortir ses mains des poches de son kimono. Il pensa un instant à sa bouteille de rhum ou à sa fiole de saké, à l'intérieur de son manteau, qui pourraient, une fois vides, lui servir d'arme en cas de pépin majeur.

MessageSujet: Re: Aire d'entraïnement de Deishui   Ven 18 Avr - 11:48

[Deishui: + 12 XP RP]

MessageSujet: Re: Aire d'entraïnement de Deishui   Ven 25 Avr - 21:21

La première action du vieux Yudachi ne fut pas de lancer ses aiguilles meurtrières....Sa silhouette se désagrégeait dans l'air ambiant, comme un mirage emporté par une brise de vent. Le vieux Yudachi avait disparu, volatilisé tel un prestidigitateur tel qu'en avait connu Deishui. Pourtant, cette fois ci, le fameux truc ne se laissait pas découvrir aussi facilement. On aurait dit de la magie, de la véritable magie...Le Da regardait de ci et de là, en quête de ce vieillard au kimono de lin doublé. Personne. Il y avait peu d'endroits où se cacher, quelques rochers éventrés d'une dizaines de mètres de hauteurs auraient pu servir de planque pour un butin mais pour un homme, cela se révélait fort peu probable.
Le vent se leva, le ciel devint menaçant : l'orage approchait. Les rayons du soleil étaient à présent absorbés dans leur quasi totalité par l'épais manteau de nuages gris. La rumeur des autres entraînements était lointaine, inaudible. A présent, l'élève et son maître improvisé étaient enfermés dans une bulle, un combat, une épreuve.
L'étudiant de Kumo posa instinctivement sa main à l'intérieur de son kimono, sur la seule arme en sa possession : une bouteille de rhum, pleine.


*A bien des reprises j'ai appris à fuir, échappant ainsi à ceux qui constituaient mon gagne pain quotidien...Pourtant, je n'ai jamais eut à résister face à quelque chose d'invisible...Qu'importe, je surmonterais cette condition légèrement handicapante. Tâchez de me frappez, Maître Yudachi, je ne vous laisserais pas filer et vous ferais avaler le contenu de ma chère bouteille. Après quoi, vous passerez trente six heures à vomir sur ce sol rocailleux, épineux.*

Tel un arbalétrier prêt à dégainer, Deishui se tenait prêt à encaisser pour riposter aussi sec.Ne sachant pas d'où proviendrait l'attaque, y eut-il une attaque, et ne connaissant pas sa nature, il tâcha de fermer les yeux pour entendre ce qui l'entourait. Son entreprise fut vaine compte tenu de la brise devenue bourrasques. C'est alors que la voix du vénérable résonna à travers l'aire d'entraînement, comme si celle ci était délimitée par des murs invisibles répercutant le son. Elle n'exprimait qu'un calme parfait, chose que Deishui tentait de dégager à défaut d'en être habité.

[Yudachi]
Premier principe : rester toujours sur ses gardes, quelque soit la situation. Le moindre égarement peut coûter la vie, parfois bien plus. Trouver l'ennemi sans être une proie facile pour lui. En seras-tu capable, gamin?


Etait-ce du bluff ou une véritable menace? Considérant l'unique option mise à sa disposition, le blondinet rétorqua en guise de provocation :

Qu'attendez vous ?! Frappez ! Osez le ! A moins que vous ne vous reposiez sur vos acquis, tel les fénéa...

Une soudaine douleur au niveau de l'épaule empêcha ce Deishui subitement insolent de terminer sa phrase. Deux fines entailles avaient été faites sur son kimono et sur sa peau. Quelques gouttes de sang maculaient le sol...Abasourdis, le jeune homme regarda la sang s'écouler le long de son bras. Son souffle en fut coupé. La peur grandissait en lui. Il n'avait pas eut le temps de faire le traître mouvement, ni même de voir les aiguilles lui cisailler le bras. Comment ce vieil homme était-il parvenu à agir aussi rapidement? Après une brève réflexion, l'élève chercha des yeux une traces des deux aiguilles. Mais rien. Cela signifiait une chose, simple et effrayante : les aiguilles causant les entailles n'avaient pas été lancés, Yudachi s'était déplacé pour blesser, en l'effleurant, son novice.

*Une telle vitesse...C'est inconcevable...Comment a t'il pu? Ses muscles semblaient atrophiés, son souffle court...Je n'ai pas eut le temps ni la possibilité de brandir la bouteille...*

Une nouvelle fois, la voix de Yudachi secoua le rythme régulier du vent.

[Yudachi]
Astucieux, le fait de vouloir volontairement te faire avoiner pour me capturer et me fracasser ta flasque sur le crâne. Seul soucis, comment attraper ce que l'on ne peut voir et encore moins toucher? Mais ne te laisses pas abattre, cela fait seulement cinq petites minutes que nous avons commencer, il t'en reste encore un bon morceau à endurer !


Comme l'actes suivant la parole, Deishui ressentit une nouvelle douleur au niveau de son autre épaule : le Maître avait à nouveau frappé, usant de sa fabuleuse vitesse et de ses deux aiguilles à l'aspect inoffensif. Que faire? A ce rythme là, le jeune homme ne tarderait pas à ressembler à un vulgaire morceau de viande haché. Le vent caressait sa peau à présent recouverte d'une fine pellicule de sang. A plusieurs reprises, toutes les trente secondes pour être plus exacte, Yudachi assénait de nouvelles entailles sur le corps de son disciple. Ce dernier, en guise de résistance, ne pu qu'étouffer ses cris, lamentations. Il sentait son esprit virevolter, inutilisable. Se laissait-il emporter? Il ne fallait pas...

*Dois-je utiliser mes yeux d'argent? En suis-je capable? Ils me permettent d'aiguiser ma vie mais...Serait-ce suffisant? Je n'ai guère le choix... Et vu la douleur, il ne reste qu'une alternative pour me calmer..Rha...Divine bouteille de rhum, je savais bien que tu me servirais pour m'entraîner.*

Avec peine, profitant du laps de temps que lui laissait constamment et volontairement le vieil homme pour souffler, Deishui déboucha sa bonbonne et laissa glisser l'alcool dans sa gorge. L'effet fut immédiat. Ses blessures, aussi nombreuses soient-elles, avaient comme disparues. Son rythme cardiaque devint plus calme, moins sujet aux variations soudaines. Seul bémol, l'étudiant de Kumo paraissait avoir grand mal pour tenir sur ses deux jambes, c'était là le prix à payer.

Même pas mal ! Vous pouvez frapper ! Je sens rien ! Plus rien du tout ah ah !

Le vénérable ne prit point la peine de répondre. Peut-être était-il amusé par la conduite de cet élève fort particulier, peut-être au contraire désespérait-il de le voir dans une situation impitoyable. Quoiqu'il en soit, les attaques, elles, continuaient sans perdre de leur intensité. Le sol rocailleux de l'aire d'entraînement était à présent recouverte de sang, certes pas en grande quantité mais la tâche persistait. Une heure passa ainsi, une heure faite de gémissements et de rires étrangement mêlés. L'homme ivre est un spécimen fort curieux.
Désormais, le temps n'avait plus d'importance pour Deishui. Il était dans un autre univers, fait de battement de paupières, de cris étranglés, de coups de vents et autres sons qui lui apparaissaient maintenant comme lointains. Il endurait le martyr avec pour seul lot de consolation son rhum. Mais voilà que la dernière goutte s'était évaporé dans son gosier. Vide, ainsi était la bouteille. Les yeux à demi clos du jeune Da s'écartèrent, laissant place à une expression de désespoir. Etait-ce la fin? C'est à ce moment là que la voix du vieillard retentit clairement dans les oreilles du blondinet. Peut être que Yudachi était face à son élève, mais vu l'état de celui ci, il ne craignait rien. Les lacérations s'étaient arrêtés.


[Yudachi]
Tu as tenu deux heures, c'est un bel exploit mais tu semble à bout...Dommage. Avant que tu ne t'éffondre, j'aimerais vérifier une chose. Connais-tu l'existence de capacités, innés, qui peuvent permettre à une personne d'avoir un odorat plus développée, de manipuler certains éléments voir même d'aiguiser leurs sens oculaire?


Chancelant, Deishui tâcha d'analyser ce qu'il venait d'entendre. Ce vieil homme savait-il quelque chose sur ses yeux d'argents? Il n'y avait qu'un moyen d'en avoir le cœur net. Au prix d'une fastidieuse concentration, il faut avouer qu'éveiller un tel talent n'était pas chose aisé lorsque l'on est ivre, Deishui lâcha en expulsant un peu de chakra vers ses yeux :

Mes yeux hein...Regardez ! Les yeux d'argents ! Sont beaux hein? Hé hé !

Le jeune homme paradait fièrement autour de la silhouette floue de son maître. Ses yeux avaient perdus leur teinte émeraude pour faire place à un blanc pur. Du côté de la perception, Deishui sentait le ciel le chatouiller, il voyait tout peu distinctement dans un champ de vision de trois cent soixante degrés. Le vieux Yudachi reprit, l'air sérieux :

[Yudachi]
Tu as donc bien ce don, ce sens noble coule dans tes veines...Vois-tu Deishui, ce que tu appelle tes yeux d'argents sont en réalité l'un des trésors les plus précieux d'une famille : les Hyuugas. Leurs yeux sont capables de voir bien des choses, au plus profond des choses pour être plus exact. On appelle ces yeux si particuliers le Byakugan.


Ce dernier mot résonna comme une révélation. Bien que le Da n'en eut pas réellement conscience vu son état, ce vieil homme venait de lever le voile sur un passé qui n'était pas sencé être découvert. Hyuugas, Byakugan, il avait été décidé que Deishui en serait privé : cela ne semblait pas être l'avis de tous. Le jeune homme continuait de parader comme un coq dans sa basse cours. Yudachi conclus alors avant d'assommer son élève :

[Yudachi]
Deishui, nous nous reverrons...


Un simple coup sur la nuque avait suffit à placer cet académicien dans les vapes. Il reniflait tellement l'alcool que si la police de Kumo l'avait retrouvé ainsi il se serait fait jeté en cellule de dégrisement pour de longues et pénibles heures. Yudachi ne laissa toutefois pas son novice allongé sur le sol de pierre. Délicatement, il le prit puis dans ses bras et, le visage serein, presque heureux l'emmena en direction de Kumo.

[Yudachi]
Tu es courageux...Tu deviendras fort...


Arrow Village de Kumo, Centre Ville, [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]


$ Nindo $
"Tant qu'il a du Rhum, il y a de l'espoir !

MessageSujet: Re: Aire d'entraïnement de Deishui   Lun 29 Sep - 19:24

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