Partagez | 
 

 [Menue-tâche] Histoire sans parole… ou presque. (Kinimo)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

MessageSujet: [Menue-tâche] Histoire sans parole… ou presque. (Kinimo)   Jeu 24 Juin - 1:54

[HS : n'ayant jamais fait de Mission/Menue-tâche, j'ai peut-être raté quelque chose, n'hésitez pas à me le dire !
HS2 : ceci se passe avant les deux RPs avec Mash et Sho.]


Quelle galère… mais pourquoi avait-elle accepté une telle besogne ? Elle n’aurait jamais imaginé que les quelques heures que durerait ce petit travail seraient aussi insupportables… pourtant, à la voir comme ça, Kinimo ne semblait pas spécialement mal en point ! Elle marchait calmement aux cotés d’une jeune fille pleine de vie, se dirigeant vers une destination connue des deux êtres. Alors pourquoi avait-elle envie de hurler ? Disons simplement que la patience n’était pas le fort de la chienne.

Mais revenons quelques heures plus tôt, tandis que l’animal invoqué n’en était encore qu’à se promener dans un petit village plutôt pittoresque. Les quelques maisons qui le composaient avaient été bâties au sein même de la forêt, les arbres fusionnant parfois avec les habitations de façon plutôt déroutante, donnant un certain charme à l’endroit. Les habitants qui vivaient ici étaient sans doute parmi ceux qui préféraient rester à l’écart du reste du monde, interagissant avec l’extérieur uniquement pour acheter vivres et autres nécessités. Bref, la chienne n’avait aucune intention de rester ici pour la journée, surtout qu’elle devait être de retour à Konoha d’ici un ou deux jours. Toutefois, elle prit le temps de vagabonder au milieu des rues, pour peu que l’on puisse nommer ainsi un petit passage herbeux entre deux maisons.

Après quelques minutes de marche sans qu’autre chose que de simples décorations ne captent l’attention de Kinimo, cette-dernière entendit enfin une conversation intéressante en passant devant une des habitations : une dame assez âgée discutait avec un jeune homme dont la tenue vestimentaire montrait clairement qu’il passait la majorité de son temps dans la forêt tant les traces de boue et autres saletés la recouvraient.


« Ne t’en fais pas, fais ce que tu as à faire, je payerai quelqu’un pour ramener Lili chez elle. »

Kinimo se rapprocha discrètement, intéressée par ce qui venait d’être dit : la vieille comptait payer quelqu’un pour raccompagner une gamine chez elle ? Pour peu que ce soit sur la route de Konoha, Kinimo ne perdrait pas trop de temps, et en plus elle tenait là l’occasion de se faire un minimum d’argent : il fallait avouer qu’entre ses voyages incessants et ses recherches, elle n’avait pas souvent eut l’occasion de remonter ses finances, tout était bon à prendre et particulièrement lorsqu’il s’agissait d’argent facile. La chienne s’approcha donc de la vieille dame une fois qu’elle fut seule pour tenter d’obtenir ce petit travail.

« Excusez-moi, vous avez besoin d’aide ? »

L’humaine se retourna, fixa la chienne dans les yeux et attendit quelques instants pour répondre… étrangement, elle n’était absolument pas surprise de voir un animal parler, elle semblait plutôt suspicieuse. Kinimo ne chercha pas à comprendre cette réaction et se contenta de s’asseoir devant la vieille dame, attendant calmement une réponse.

« Ma petite fille doit retourner chez ses parents, mais pour cela elle doit traverser la forêt… je cherche quelqu’un pour l’accompagner. »

La voix de l’humaine était peu chaleureuse comparée à ce qu’avait entendu Kinimo l’instant d’avant. Mais là encore, elle n’en tint pas compte : l’animal n’avait pas besoin d’apprécier cette femme pour travailler pour elle… dés que la vieille eut terminé de parler, Kinimo enchaina donc : de toute façon, elle devait bien se douter que la chienne avait entendu une partie de sa conversation précédente et qu’elle venait uniquement pour l’argent.

« Je veux bien m’en occuper, indiquez-moi simplement l’endroit exact où je dois l’emmener et j’accompagnerais cette fille. »

L’humaine plongea sa main gauche dans sa poche avant d’en ressortir une petite bourse qu’elle tendit à la chienne devant elle sans rien dire. Elle voulait payer d’avance ? Qu’es-ce que cela voulait dire ? Décidément, les réactions de cette humaine étaient étranges jusqu’au bout… néanmoins Kinimo n’avait aucune raison de refuser… elle attrapa donc le petit sac dans sa gueule et attendit la suite : il manquait toujours la destination, ainsi que la fille. Car après tout, où était la gamine ? Et pourquoi cette vieille continuait à la regarder de cet air suspicieux ? Son regard commençait à devenir vraiment gênant… enfin l’humaine rouvrit la bouche pour parler, ajoutant un détail qui, bien qu’étonnant, n’était pas pour déplaire à la chienne :

« Je vais vous montrer précisément l’endroit sur une carte… mais avant j’aimerais vous demander une chose. Durant votre trajet avec Lili, ma petite fille, ne parlez pas. Faites-vous passer pour une chienne comme les autres, même si je ne sais pas ce que vous êtes exactement… disons qu’elle a eut une très mauvaise expérience avec une créature dans votre genre et que vous risquez de lui faire peur. Bien sûr, vous pouvez toujours refuser… »

La chienne se contenta d’hocher la tête : autant commencer tout de suite ! Dés que la vieille dame eut la tête tournée, Kinimo passa une patte sur une des pétales de la fleur qui ornait son oreille gauche, faisant apparaitre un petit sac rempli d’argent dans lequel elle put déposer la bourse. Après quelques instants, le sac disparut à nouveau dans un petit nuage de fumée blanche… la femme revint deux minutes plus tard une carte à la main, accompagnée d’une petite fille qui semblait avoir un peu moins de dix ans. Elle avait un véritable visage d’ange entre ses longs cheveux blonds, ses yeux bleus et le petit sourire qu’elle afficha en voyant la chienne qui l’accompagnerait tout le long du trajet. La grand-mère posa la carte au sol devant Kinimo, désignant de son doigt l’endroit jusqu’où elle servirait d’escorte à l’enfant : en effet, c’était assez loin d’ici, ils allaient en avoir pour une bonne journée de marche. Par contre, fait assez ennuyeux pour la chienne, ce n’était pas exactement sur sa route et elle allait devoir faire un détour par les cotes du pays avant de retourner à Konoha… bref, elle perdrait au maximum un jour, du moment qu’elle n’arrivait pas en retard cela importait peu. Et après tout, elle n’allait pas refuser maintenant… il n’y avait plus qu’à se mettre en route. Kinimo salua de la tête la vieille dame avant de jeter un coup d’œil à l’enfant : il ne fallait pas qu’elle lui parle ? Bien, cette petite ne devait pas être du genre à désobéir… le voyage pourrait même être appréciable !

Du moins c’était ce qu’elle espérait… malheureusement…s’il y a une chose particulièrement gênante lorsque l’on est incapable d’ouvrir la bouche, c’est les autres par contre peuvent parler sans restriction. De plus la gamine n’était pas dupe, dés les premières minutes elle remarqua que Kinimo comprenait absolument tout ce qu’elle racontait. Quoi de mieux que quelqu’un avec qui parler qui ne vous interrompra jamais ?

Qu’es-ce que c’était que cette gamine incapable de se taire ne serait-ce que deux minutes ? Voilà déjà une heure que Kinimo marchait en sa compagnie, et l’enfant devait avoir résumé à peu près la moitié de sa vie… et encore, si ce n’était que ça ! Il y avait aussi ces questions récurrentes auxquelles Kinimo, muette, ne pouvait pas répondre… « On arrive bientôt ? », « Oh c’est quoi ça ? », « On peut s’arrêter ? » ! Sans parler des moments où la gamine s’amusait à essayer d’attraper la chienne dans ses bras, à lui tirer la queue, les oreilles, ou encore à essayer d’attraper la fleur sur sa tête… bref, de petit ange l’enfant était passée à petit démon ! Et elle allait encore devoir la supporter plusieurs heures… finalement la vieille n’aurait pas du payer d’avance ! La chienne hésitait maintenant à partir en laissant cette môme au milieu de la forêt… heureusement pour l’humaine, sa conscience l’en empêchait…
Elle n’avait qu’à marcher droit devant elle, à ignorer cette enfant… penser à autre chose ! C’était pourtant simple non ?


Non… non vraiment, une nouvelle heure s’était achevée, et Kinimo n’en pouvait plus. Pourtant il restait encore un énorme trajet à parcourir. Si elle voulait arriver à destination avant de devenir folle, la chienne allait devoir trouver une solution pour calmer l’enfant ! Surtout que la fille faisait tout ce qu’elle pouvait pour perdre du temps. Que ce soit ralentir elle-même, empêcher Kinimo d’avancer, ou tout simplement s’arrêter pour une raison ou une autre. A ce rythme, ils n’arriveraient pas chez cette fille avant la tombée de la nuit…

Une heure encore s’était écoulée… la jeune fille trébucha, tombant sur l’herbe la tête la première. Kinimo se doutait qu’elle l’avait fait exprès, néanmoins si par un étrange hasard elle s’était vraiment blessée… il valait mieux aller voir ce qu’il en était. La chienne se rapprocha donc de l’humaine, lâchant un petit aboiement à son intention tout en vérifiant qu’elle ne s’était pas faite mal. Evidemment qu’elle allait bien ! Si seulement elle avait put réellement trébucher, histoire de se calmer quelque peu… mais non, la petite profita que la chienne soit à sa portée pour l’étouffer à moitié dans ses bras en riant de sa petite blague. Kinimo de son coté devait garder son calme et réprimer cette envie qui lui venait de mordre le bras de la gamine… et lorsqu’enfin la petite peste la relâcha, elle dut se contenter de soupirer avant de reprendre sa route, ne cherchant même pas à vérifier si la fille la suivait : malheureusement même si elle le voulait, elle ne pourrait pas l’abandonner là ! L’enfant était bien décidée à suivre son guide jusqu’au bout… même si la chienne décidait subitement de changer de route ! Kinimo ferma les yeux, espérant ainsi retrouver son calme… mais ce ne fut pas suffisant… voilà que Lili essayait à nouveau d’attraper la fleur sur la tête de la chienne ! Kinimo craqua… pourtant ce n’était pas son genre, mais après plusieurs heures ainsi… elle oublia totalement ce pour quoi elle avait été payée.


« Mais arrête ! »

Silence… les deux êtres se regardaient dans les yeux, chacun la bouche entrouverte comme s’ils venaient seulement de se reconnaitre l’un l’autre. Kinimo était désespérée… elle ne s’était pas imaginée que le choc serait aussi dure ! La petite tremblait de peur, son visage si joyeux l’instant d’avant était déformé par la terreur… et surtout, véritable miracle, elle ne parlait plus. Mais également, elle ne bougeait plus ! La chienne ne savait plus quoi faire : devait-elle s’excuser ? Expliquer la raison de son silence à l’enfant ? Faire comme si de rien était ? La situation semblait bloquée : tant qu’elle ne choisirait pas une solution, elles n’avanceraient plus… Kinimo tenta donc le tout pour le tout, espérant avoir repris suffisamment son calme pour que sa voix soit douce et n’effraie pas plus l’enfant qu’elle ne l’était déjà.

« Désolé… écoute, je… »

Mauvais choix… la petite fille semblait encore plus horrifiée à présent. Elle poussa un puissant cri de terreur avant de s’enfuir à toute vitesse à l’opposé de Kinimo.
Qu’avait-elle bien pu vivre pour être aussi effrayée par la simple présence d’un animal parlant, alors qu’elle paraissait totalement insouciante l’instant d’avant ? Aucune idée… en tout cas, la chienne devait réparer son erreur maintenant, elle devrait rattraper cette gamine : même si l’endroit n’était pas vraiment dangereux, on ne pouvait pas non plus dire qu’une petite fille seule soit en sécurité ici ! Kinimo courrait juste derrière elle, essayant de la ramener à la raison en lui parlant, de lui expliquer, de lui prouver qu’elle ne lui voulait aucun mal… mais rien à faire, l’enfant hurlait de plus bel à chaque fois que la chienne ouvrait la bouche ! Kinimo se résolu donc à se taire à nouveau, espérant que l’enfant se calmerait tôt ou tard… et qu’il n’arriverait rien de grave d’ici là !

Mais Kinimo semblait jouer de malchance… après quelques minutes de course au milieu de la forêt, Lili se retrouva au bord d’une falaise. Elle n’était pas très haute, deux ou trois mètres au plus, mais c’était amplement suffisant pour que l’enfant se blesse. La chienne n’osait plus s’approcher, de peur que sa protégée ne recule à nouveau et tombe dans le précipice derrière elle… les deux filles étaient maintenant face à face, l’une toute tremblotante au bord du gouffre, l’autre extrêmement inquiète… à nouveau la situation était figée. Si Kinimo ouvrait la bouche, il ne faisait aucun doute que la petite reculerait de peur, tombant dans le fossé derrière elle. Alors que devait-elle faire ? Kinimo fit un pas en avant… un autre… espérant que de son coté l’enfant ne ferait pas de faux pas, qu’elle ne tenterait pas le diable… encore un pas… plus que quelques mètres et elle pourrait attraper cette petite fille pour l’éloigner du rebord… encore un pas…
Hélas, ce fut le pas de trop.
L’enfant recula d’un pas à son tour, posant son pied dans le vide derrière elle : au début, elle ne comprit pas ce qui lui arrivait… le sol se dérobait sous ses pieds et elle tomba la tête la première en arrière… puis durant quelques secondes à peine, elle sentit le vent la fouetter dans le dos tandis qu’une ombre lui cacha brièvement la lumière du soleil. D’ailleurs, cette ombre bondit sur elle ! La petite voulut pousser un cri, mais tout était déjà fini et une autre créature s’occupa de crier de douleur à sa place. Pourtant, le sol n’était pas dure… et elle n’avait pas l’air de s’être blessée. De plus, l’ombre avait disparue. Que s’était-il passé ?

Kinimo était passée… et plus précisément, elle était passée sous la jeune fille pour amortir sa chute. Le saut en soi n’avait rien d’un exploit pour elle, par contre servir ainsi d’amortisseur pour un enfant sautant du haut d’un peu plus de deux mètres, ce n’était pas dans ses habitudes. Lorsque la petite se redressa, elle remarqua le tas de poils bruns clairs en dessous d’elle et s’en écarta rapidement, les mains sur sa bouche : son esprit était maintenant tiraillé entre son passé et ce que venait de faire Kinimo… la chienne de son coté se sentit soulagée d’un poids en sentant l’humaine se retirer de sur elle, néanmoins elle ne s’en sortait pas sans blessure. Rien de grave heureusement, mais dans la panique du moment elle n’avait pas put faire en sorte de protéger son corps en plus de celui de la gamine. Bref, quelques semaines de repos après quelques soins et tout irait mieux… du moment qu’elle rentrait à Konoha à la date prévue, Hakai ne lui en voudrait pas de se reposer un peu de son voyage, surtout si elle était blessée.
Pour le moment, le véritable problème, c’était cette gamine. Kinimo n’osait même pas se relever, de peur de l’effrayer à nouveau. Elle se contentait de la fixer de son regard océan, priant intérieurement pour que les choses ne s’empirent pas…


« Qui… es-tu ?... »

La petite parlait à nouveau… était-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Sans doute une bonne, au vue la situation… peut être se remettait-elle enfin du choc ! Mais Kinimo devait-elle répondre ? La dernière fois qu’elle avait ouvert la bouche, la petite s’était enfuie en courant… la chienne se redressa, laissant échapper un petit couinement de douleur : elle s’était au moins froissée une cote… il fallait juste espérer que ce ne soit pas pire que ça. Elle fixa la gamine dans les yeux, hésitant à nouveau sur la réaction qu’elle devait avoir. Le mieux restait encore de tâter le terrain… si après ça la petite s’enfuyait à nouveau, ce serait peine perdue. La chienne s’assit donc au milieu de l’herbe et se remit à parler, doucement, d’une voix qui se voulait la plus rassurante possible.

« S’il te plait… ne t’enfuit pas, je vais tout te dire. »

La petite se remit à blêmir. Mais heureusement pour Kinimo, elle semblait combattre sa peur puisqu’elle resta sur place cette fois : peut-être son désir de comprendre était-il plus fort que la frayeur que lui inspirait l’animal parlant ? Quoi qu’il en soit, la chienne en profita immédiatement pour expliquer les raisons de son silence tout le long du trajet.

« Je suis désolé… ta grand-mère m’avait demandé de ne rien dire devant toi, sans doute savait-elle que tu réagirais ainsi. Je te le jure… je n’ai rien avoir avec ce qui a put t’arriver dans le passé. »

Malheureusement, la chienne n’avait rien pour appuyer ses propos. Il était tellement simple d’user de mots pour tromper les gens… la petite continuerait probablement à se méfier malgré tout ce qu’elle pourrait dire. Par ailleurs, sa propre phrase marqua Kinimo : qu’était-il arrivé à cette enfant pour qu’elle soit aussi marquée par cet événement ? Jusqu’ici, tout ce qu’elle savait était que Lili avait eut une mauvaise expérience avec un autre animal doué de parole. Mais la vieille dame ne lui avait rien raconté de plus ! C’est donc tout naturellement que la question sortit de la bouche de Kinimo sans même qu’elle ne s’en rende compte :

« Que t’est-il arrivé d’aussi effrayant ? »

Sans doute la petite ne s’attendait-elle pas à cette question, puisqu’elle cessa immédiatement de trembler, ouvrant de grands yeux ronds pour dévisager cette chienne face à elle. Lentement et sans détacher son regard de l’animal, la petite osa tout de même se baisser jusqu’à ce que ses genoux touchent terre. Elle entrouvrit la bouche mais son explication ne semblait pas encore prête à sortir : il fallut attendre que Kinimo s’allonge entièrement sur l’herbe pour que l’enfant se sente un peu plus en sécurité. Enfin elle commença son récit…

« Quand j’étais petite… j’avais un chien qui te ressemblait. Ses poils étaient un peu moins doux que les tiens, et un peu plus sombres. Mais il était très beau et je l’adorais ! »

Au fur et à mesure que Lili parlait, elle semblait reprendre confiance. Kinimo resta évidemment complètement silencieuse, se contentant de dresser les oreilles en entendant le mot "chien" : jusqu’ici, elle ne comprenait évidemment toujours pas la peur de la petite, mais sans doute l’explication viendrait-elle plus tard. Elle se contenta donc d’écouter la suite, évitant de croiser le regard de la petite pour ne pas l’effrayer. Elle laissa donc ses yeux se balader autour d’elles, essayant vaguement de repérer les environs pendant que l’enfant parlait.

« On le laissait toujours se balader partout dans les bois, j’allais même souvent avec lui. Mais un jour… il n’est pas revenu de sa promenade. Croyant d’abord qu’il s’était perdu, je suis allé voir là où on allait toujours lorsqu’on était ensemble, et… et… »

La petite commençait à sangloter, terminant avec peine ses phrases : Kinimo pouvait aisément deviner la suite, néanmoins elle laissa l’enfant aller jusqu’au bout. Jusqu’ici, il n’y avait toujours aucune créature parlante dans cette histoire ! Respirant lentement, la petite essaya de se calmer avant de reprendre d’une voix tremblotante :

« Il était là… devant moi… il ne bougeait plus… et à coté de lui… il y avait… un… ce… ce gros chien, tout noir ! Il y avait du sang partout, sur l’herbe, sur eux, sur les arbres… pourquoi ? Pourquoi il avait fait ça ?! »

Elle dut s’arrêter à nouveau dans son récit, perturbée par ses sanglotements qui n’en finissaient pas. Des larmes se mirent à couler le long de ses joues tandis qu’elle cachait son visage entre ses petites mains d’enfant. Elle termina son récit rapidement, préférant passer les détails douloureux pour elle :

« Et… il m’a parlé comme tu l’as fait, avant de sauter sur moi… je sais qu’il voulait me faire mal, mais mon grand-père m’a retrouvé à temps. Ensuite je… je ne sais plus, je me suis retrouvée chez moi. »

Kinimo conclut simplement que sa mémoire d’enfant n’avait pas conservé ces moments difficiles… à moins que l’animal parlant n’ait eut l’occasion de l’assommer avant d’être repoussé par le grand-père. Quoi qu’il en soit, dans cette histoire, c’était surtout cet autre chien qui intriguait Kinimo ! Peut-être son invocateur était-il toujours en vie ? Comment pouvait-elle penser ça en ce moment alors que la petite fondait en larmes devant elle ? Un vieux réflexe probablement… en tout cas, elle n’obtiendrait pas plus d’informations concernant cette histoire aujourd’hui : la petite ne semblait plus en état de parler, c’était à peine si elle avait le temps de respirer au milieu de ses pleurs.
La chienne se redressa sans geste brusque, incapable de laisser cette enfant pleurer devant elle sans rien faire. Elle s’approcha lentement et sans un bruit, craignant que la petite prenne à nouveau peur à chaque nouveau pas qu’elle faisait. Mais étonnamment, l’enfant ne s’enfuit pas et Kinimo put l’atteindre sans aucune difficulté : elle fit une petite léchouille rassurante sur la joue de Lili et frotta délicatement sa tête contre le visage de la petite fille. Aussitôt, celle-ci l’attrapa entre ses bras pour cacher sa tête au milieu du doux pelage de la femelle. Pestant intérieurement d’être à nouveau traitée comme une simple peluche, Kinimo resta tout de même silencieuse et attendit patiemment que Lili se calme.

Une nouvelle heure venait de passer et les pleurs de l’enfant semblaient enfin avoir cessé. L’enfant était toujours assise au milieu de l’herbe : elle caressait à présent le pelage de Kinimo qui préférait de loin ce traitement à tout ce qu’elle avait subit auparavant. Mais il était temps de reprendre la route à présent, car après tout… cette enfant avait des parents qui l’attendaient. La chienne leva la tête, plongeant son regard dans celui de sa petite protégée : elle semblait légèrement plus confiante, mais il valait probablement mieux que Kinimo continue à garder le silence… la chienne se contenta donc d’hocher la tête en s’échappant des bras de la petite fille et reprit la route sans un mot. De toute façon Lili était bien obligée de la suivre, personne d’autre ne l’aiderait à sortir de cette forêt. Et apparemment, elle semblait suffisamment remise de ses émotions pour reprendre la route. La jeune fille se releva, prête à marcher les quelques kilomètres restants qui la séparait de son chez soi. Sauf que maintenant qu’elle connaissait un peu mieux son guide et qu’elle savait que l’animal faisait exprès de garder le silence, elle décida elle-aussi de ne plus ouvrir la bouche tout le long du trajet. Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi sa grand-mère avait laissé cette chienne venir avec elle… sans doute avait-elle deviné depuis le début tout ce qui adviendrait ! Alors pourquoi ? La petite fixa à nouveau Kinimo du regard, se demandant toujours si cette chienne avait quelque chose à voir avec le meurtrier de son propre chien… probablement pas. De toute façon, elle n’avait d’autre choix que de lui faire confiance.

C’est donc dans un calme reposant que Kinimo et Lili terminèrent ce voyage jusqu’à arriver à destination… la chienne n’eut pas l’occasion de croiser les parents de la jeune fille, ni même de visiter ce fameux village qu’était leur destination : dés que Lili commença à reconnaitre les environs, la chienne s’arrêta et la laissa terminer son voyage seule, sans un mot. Ce n’est que dans un ultime regard que les deux filles purent se dire aurevoir avant que la chienne ne se détourne de Lili pour disparaitre à nouveau dans la forêt…

De son coté, Kinimo resterait probablement marquée longtemps par cette aventure : en partie à cause du caractère insupportable de l’enfant et de sa blessure légère… mais surtout à cause de cette histoire de chien noir. Elle voulait absolument le retrouver… peut-être repasserait-elle chez cette grand-mère un jour ou l’autre pour avoir quelques informations ? Quoi qu’il en soit, pour le moment, Kinimo préféra aller faire un tour au bord de la mer, puisqu’elle avait encore un peu de temps devant elle et qu’elle pouvait entendre le bruit relaxant des vagues de là où elle se trouvait : un peu de détente ne lui ferait pas de mal !


MessageSujet: Re: [Menue-tâche] Histoire sans parole… ou presque. (Kinimo)   Mar 20 Juil - 22:23

C'est exactement cela : Menue Tâche accomplie avec brio.

Kinimo :

+ 25 XP
+ 100 £ (la grand-mère, inquiète, t'a grassement rémunérée, pour être sûre que tu prennes soin de sa petite fille Smile)
+ 1 Réputation
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Menue-tâche] Histoire sans parole… ou presque. (Kinimo)
» L'histoire sans fin
» Histoire sans queue ni tête
» L'histoire sans fin...
» L'histoire sans queue ni tête

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ryoma - Le forum des Shinobi :: Ryoma 1.0-